"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe Paul VI
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
Print Friendly and PDF

Dimanche 30 mars 2008 - Deuxième dimanche de Pâques - Dimanche de la miséricorde.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,19-31.
Ce même soir, le premier jour de la semaine, les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint.Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »Or, l'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n'était pas avec eux quand Jésus était venu.Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant. »Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »Il y a encore beaucoup d'autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre. Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans Maria Valtorta : Tome 10, chap 13, p 65 - CD10 , piste 22 -
Ils sont rassemblés au Cénacle. La soirée doit être bien avancée car aucun bruit ne vient plus de la rue ni de la maison. Je pense que ceux aussi qui étaient venus avant se sont tous retirés ou dans leurs propres maisons ou pour dormir, fatigués par tant d'émotions.Les dix de leur côté, après avoir mangé des poissons, dont il reste encore quelques-uns sur un plateau posé sur la crédence, sont en train de parler sous la lumière d'une seule flamme du lampadaire la plus proche de la table. Ils y sont encore assis autour et ils ont des conversations morcelées. Ce sont presque des monologues car il semble que chacun, plutôt qu'avec son compagnon, parle avec lui-même. Et les autres le laissent parler, en parlant peut-être à leur tour de toute autre chose. Pourtant ces conversations décousues, qui donnent l'impression des rayons d'une roue démontée, on sent qu'elles se rapportent à un seul sujet qui en est le centre bien qu'ainsi éparpillées, et que c'est Jésus.“Je ne voudrais pas que Lazare ait mal entendu et que les femmes aient compris mieux que lui…” dit Jude d'Alphée.“A quelle heure la romaine dit-elle l'avoir vu?” demande Mathieu.Personne ne lui répond.“Demain je vais à Capharnaüm” dit André.“Quelle merveille! Agir de telle façon que ce soit juste à ce moment-là que sort la litière de Claudia!” dit Barthélemy.“Nous avons mal fait, Pierre, de nous éloigner tout de suite ce matin… Si nous étions restés nous l'aurions vu comme la Magdeleine” dit Jean en soupirant.“Moi, je ne comprends pas comment il peut être à Emmaüs et en même temps dans le palais. Et être ici, chez sa Mère, et en même temps chez la Magdeleine et chez Jeanne…” se dit à lui-même Jacques de Zébédée.“Il ne viendra pas. Je n'ai pas suffisamment pleuré pour le mériter… Il a raison. Je dis qu'il me fait attendre pendant trois jours à cause de mes trois reniements. Mais comment, comment ai-je pu faire cela?”“Comme il était transfiguré, Lazare! Je vous dis qu'il paraissait, lui, un soleil. Je pense qu'il lui est arrivé comme à Moïse après avoir vu Dieu. Et tout de suite - n'est-ce pas, vous qui étiez là? -tout de suite après avoir offert sa vie!” dit le Zélote.Personne ne l'écoute.Jacques d'Alphée se tourne vers Jean et dit: “Comment a-t-il dit à ceux d'Emmaüs? Il me semble qu'il nous a excusé, n'est-ce pas? N'a-t-il pas dit que tout est arrivé à cause de notre erreur d'israélites sur la façon de comprendre son Royaume?”Jean ne l'écoute pas. Il se tourne pour regarder Philippe et dit à l'air… car il ne parle pas à Philippe: “Pour moi, il me suffit de savoir qu'il est ressuscité. Et puis… Et puis que mon amour soit toujours plus fort. Vous avez vu, hein! Si vous regardez de près il est allé en proportion de l'amour que nous avons eu: la Mère, Marie-Magdeleine, les enfants, ma mère et la tienne, et puis Lazare et Marthe… Quand à Marthe? Je dis quand elle a entonné le psaume de David: "Le Seigneur est mon berger. Il ne me manquera rien. Il m'a mis dans un lieu d'abondants pâturages. Il m'a conduit aux eaux qui désaltèrent. Il a appelé mon âme à Lui…" Tu te souviens comment elle nous a fait sursauter avec ce chant inattendu? Et ces paroles sont en relation avec ce qu'elle a dit: "Il a appelé mon âme à Lui". En effet Marthe semble avoir retrouvé sa route… Avant elle était égarée, elle, la courageuse! Peut-être qu'en l'appelant il lui a dit l'endroit où il la veut. C'est même certain, car s'il lui a donné rendez-vous il doit savoir où elle sera. Qu'aura-t-il voulu dire en disant: "l'accomplissement des noces"?”Philippe, qui l'a regardé un moment et puis l'a laissé monologuer, dit en gémissant: “Moi je ne saurai pas quoi Lui dire s'il vient… Je me suis enfui… et je sens que je vais fuir. D'abord, c'était par peur des hommes. Maintenant, c'est par peur de Lui.”“Tous disent qu'il est très beau. Peut-il jamais être plus beau qu'il ne l'était déjà?” se demande Barthélemy.“Moi, je Lui dirai: "Tu m'as pardonné sans me parler quand j'étais publicain. Pardonne-moi aussi maintenant par ton silence car ma lâcheté ne mérite pas que tu me parles"“ dit Mathieu.“Longin dit qu'il s'est demandé: "Dois-je Lui demander de guérir ou de croire"? Mais son cœur a dit: "De croire" et alors la Voix a dit: "Viens à Moi" et il a senti la volonté de croire et en même temps la guérison. C'est exactement ce qu'il m'a dit” affirme Jude d'Alphée.“Moi, je suis toujours arrêté à la pensée que Lazare a été récompensé tout de suite à cause de son offrande… J'ai dit, moi aussi: "Ma vie pour ta gloire". Mais il n'est pas venu” dit en soupirant le Zélote.“Que dis-tu, Simon? Toi qui es cultivé, dis-moi: que dois-je Lui dire pour Lui faire comprendre que je l'aime et que je Lui demande pardon? Et toi, Jean? Tu as parlé beaucoup avec la Mère, aide-moi. Ce n'est pas de la pitié de laisser seul le pauvre Pierre!”Jean est ému de compassion pour son compagnon humilié et il dit: “Mais… mais moi, je Lui dirais simplement: "Je t'aime". Dans l'amour est compris aussi le désir du pardon et le repentir. Pourtant… je ne sais pas. Simon, que dis-tu?”Et le Zélote: “Moi je dirais ce qui était le cri des miraculés: "Jésus, aie pitié de moi!". Je dirais: "Jésus" et c'est tout, car il est bien plus que le Fils de David!”“C'est bien ce que je pense et ce qui me fait trembler. Oh! je me cacherai la tête… Ce matin aussi j'avais peur de le voir et…”“… et puis tu es entré le premier. Mais ne crains pas ainsi. On dirait que tu ne le connais pas” lui dit Jean pour l'encourager.La pièce s'illumine vivement comme par un éclair éblouissant. Les apôtres se cachent le visage, craignant que ce soit la foudre, mais ils n'entendent pas de bruit et ils lèvent la tête.Jésus est au milieu de la pièce, près de la table. Il ouvre les bras en disant: “La Paix soit avec vous.”Personne ne répond. Les uns sont plus pâles, d'autres plus rouges, ils le fixent tous, craintifs et suggestionnés, fascinés et en même temps comme pris par le désir de fuir.Jésus fait un pas en avant en souriant davantage. “Mais ne craignez pas ainsi! C'est Moi. Pourquoi êtes-vous ainsi troublés? Ne me désiriez-vous pas? Ne vous avais-je pas fait dire que je serais venu? Ne vous l'avais-je pas dit dès le soir de Pâque?”Personne n'ose parler. Pierre pleure déjà et Jean sourit déjà pendant que les deux cousins, les yeux brillants et remuant les lèvres sans réussir à parler, semblent deux statues représentant le désir.“Pourquoi avez-vous dans vos cœurs des pensées si opposées entre le doute et la foi, entre l'amour et la crainte? Pourquoi voulez-vous être encore chair et non pas esprit, et avec celui-ci seulement, voir, comprendre, juger, agir? Sous la flamme de la douleur ne s'est-il pas brûlé entièrement le vieux moi et n'a-t-il pas surgi le nouveau moi d'une vie nouvelle? Je suis Jésus. Votre Jésus ressuscité, comme il vous l'avait dit. Regardez. Toi qui as vu mes blessures et vous qui ignorez ma torture. Car ce que vous savez est bien différent de la connaissance exacte qu'en a Jean. Viens, toi, le premier. Tu es déjà tout à fait pur, si pur que tu peux me toucher sans crainte. L'amour, l'obéissance, la fidélité t'avaient déjà rendu pur. Mon Sang, dont tu as été tout inondé quand tu m'as déposé de la Croix, a fini de te purifier. Regarde. Ce sont de vraies mains et de vraies blessures. Observe mes pieds. Vois comment cette marque est celle du clou? Oui, c'est vraiment Moi et non pas un fantôme. Touchez-moi. Les spectres n'ont pas de corps. Moi, j'ai une vraie chair sur un vrai squelette.” Il met sa main sur la tête de Jean qui a osé aller près de Lui: “Tu sens? Elle est chaude et lourde.” Il lui souffle sur le visage: “Et ceci c'est la respiration.”“Oh! mon Seigneur!” Jean murmure doucement, ainsi…“Oui, votre Seigneur. Jean, ne pleure pas de crainte et de désir. Viens vers Moi. Je suis toujours Celui qui t'aime. Assoyons-nous, comme toujours, à la table. N'avez-vous rien à manger? Donnez-le moi donc.”André et Mathieu, avec des mouvements de somnambules, prennent sur les crédences les pains et les poissons, et un plateau avec un rayon de miel à peine entamé dans un coin.Jésus offre la nourriture et mange et il donne à chacun un peu de ce qu'il mange. Et il les regarde, si bon mais si majestueux, qu'ils en sont paralysés.Le premier qui ose parler c'est Jacques, frère de Jean: “Pourquoi nous regardes-tu ainsi?”“Parce que je veux vous connaître.”“Tu ne nous connais pas encore?”“Comme vous ne me connaissez pas. Si vous me connaissiez, vous sauriez qui je suis et vous trouveriez les mots pour me dire votre tourment. Vous vous taisez, comme en face d'un étranger puissant que vous craignez. Tout à l'heure vous parliez… Cela fait presque quatre jours que vous vous parlez à vous-mêmes en disant: "Je Lui dirai ceci…" en disant à mon Esprit: "Reviens, Seigneur, que je puisse te dire ceci". Maintenant je suis venu et vous vous taisez? Suis-je tellement changé que je ne vous paraisse plus Moi? Ou bien êtes-vous tellement changés que vous ne m'aimez plus?”Jean, assis près de son Jésus, fait son acte habituel de mettre la tête sur sa poitrine en murmurant: “Moi je t'aime, mon Dieu” mais il se raidit pour s'interdire cet abandon par respect pour le resplendissant Fils de Dieu. En effet Jésus semble dégager une lumière tout en étant d'une Chair semblable à la nôtre. Mais Jésus l'attire sur son Cœur et alors Jean ouvre les digues à ses pleurs bienheureux.C'est le signal pour tous de le faire.Pierre, deux places après Jean, glisse entre la table et son siège et il pleure en criant: “Pardon, pardon! Enlève-moi de cet enfer où je suis depuis tant d'heures. Dis-moi que tu as vu mon erreur pour ce qu'elle a été. Pas de l'esprit, mais de la chair qui a dominé le cœur. Dis-moi que tu as vu mon repentir… Il durera jusqu'à la mort. Mais Toi… mais Toi dis-moi que comme Jésus je ne dois pas te craindre… et moi, et moi je chercherai de faire si bien que je me ferai pardonner même par Dieu… et mourir… ayant seulement un grand purgatoire à faire.”“Viens ici, Simon de Jonas.”“J'ai peur.”“Viens ici. Ne sois pas plus lâche.”“Je ne mérite pas de venir près de Toi.”“Viens ici. Que t'a dit la Mère? "Si tu ne le regardes pas sur ce suaire, tu n'auras pas le courage de le regarder jamais plus". Oh! homme sot! Ce Visage ne t'a-t-il pas dit, par son regard douloureux, que je te comprenais et que je te pardonnais? Et pourtant je l'ai donné ce linge, pour réconfort, pour guide, pour absolution, pour bénédiction… Mais que vous a fait Satan pour vous aveugler à ce point? Maintenant Moi, je te dis: si tu ne me regardes pas maintenant que sur ma gloire j'ai encore étendu un voile pour me mettre à la portée de votre faiblesse, tu ne pourras jamais plus venir sans peur à ton Seigneur. Et que t'arrivera-t-il alors? Tu as péché par présomption. Veux-tu maintenant pécher de nouveau par obstination? Viens, te dis-je.”Pierre se traîne sur ses genoux, entre la table et les sièges, avec les mains sur son visage en pleurs. Jésus l'arrête, quand il est à ses pieds, en lui mettant la main sur la tête. Pierre, en pleurant plus fort, prend cette main et la baise dans un vrai sanglot sans frein. Il ne sait dire que: “Pardon! Pardon!”Jésus se dégage de son étreinte et, en faisant levier de sa main sous le menton de l'apôtre, il l'oblige à lever la tête et fixe ses yeux rougis, brûlés, déchirés par le repentir avec ses yeux brillants et sereins. Il semble vouloir lui transpercer l'âme, puis il dit: “Allons. Enlève l'opprobre de Judas. Baise-moi où il m'a baisé. Lave, avec ton baiser, la marque de la trahison.”Pierre lève la tête pendant que Jésus se penche encore davantage, et il effleure sa joue… puis il incline la tête sur les genoux de Jésus, et il reste ainsi… comme un vieil enfant qui a fait du mal, mais qui est pardonné.Les autres, maintenant qu'ils voient la bonté de leur Jésus, retrouvent un peu de hardiesse et ils s'approchent comme ils peuvent.Viennent d'abord ses cousins… Ils voudraient dire tant de choses et n'arrivent à rien dire. Jésus les caresse et leur donne du courage par son sourire.Mathieu vient avec André. Mathieu en disant: “Comme à Capharnaüm…” et André: “Moi, moi… je t'aime, moi.”Barthélemy vient en gémissant: “Je n'ai pas été sage, mais sot. Lui est sage” et il montre le Zélote auquel Jésus sourit déjà.Jacques de Zébédée vient et murmure à Jean: “Dis-le-lui, toi…” Jésus se tourne et dit: “Tu l'as dit depuis quatre soirs et depuis autant de temps j'ai eu de la compassion pour toi.”Philippe, en dernier lieu, vient tout courbé, mais Jésus le force à lever la tête et lui dit: “Pour prêcher le Christ, il faut davantage de courage.”Maintenant ils sont tous autour de Jésus. Ils s'enhardissent tout doucement. Ils retrouvent ce qu'ils ont perdu ou craint d'avoir perdu pour toujours. Affleurent de nouveau la confiance, la tranquillité et, bien que Jésus soit si majestueux qu'il tient ses apôtres dans un respect nouveau, ils trouvent finalement le courage de parler.C'est son cousin Jacques qui dit en soupirant: “Pourquoi nous as-tu fait cela, Seigneur? Tu savais que nous ne sommes rien et que toute chose vient de Dieu. Pourquoi ne nous as-tu pas donné la force d'être à tes côtés?”Jésus le regarde et sourit.“Maintenant tout est arrivé. Et tu ne dois plus rien souffrir, mais ne me demande plus cette obéissance. Chaque heure m'a vieilli d'un lustre et tes souffrances que l'amour et Satan augmentaient également, dans mon imagination, de cinq fois ce qu'elles ont été, ont vraiment consumé toutes mes forces. Il ne m'est resté rien d'autre pour continuer à obéir que de tenir, comme quelqu'un qui se noie avec les mains blessées, ma force avec la volonté comme des dents qui serrent une planche, pour ne pas périr… Oh! ne demande plus cela à ton lépreux!”Jésus regarde Simon le Zélote et sourit.“Seigneur, tu sais ce que voulait mon cœur. Mais, ensuite, je n'ai plus eu de cœur… comme s'ils me l'avaient arraché les gredins qui t'ont pris… et il m'est resté un trou d'où fuyaient toutes mes pensées antérieures. Pourquoi as-tu permis cela, Seigneur?” demande André.“Moi… tu parles de cœur? Moi je dis que j'ai été quelqu'un qui n'a plus de raison, comme quelqu'un qui reçoit un coup de massue sur la nuque. Quand la nuit venue je me suis trouvé à Jéricho… Oh! Dieu! Dieu!… Mais un homme peut-il périr ainsi? Je crois que c'est ainsi la possession. Maintenant je comprends ce qu'est cette chose redoutable!…” Philippe écarquille encore les yeux en se rappelant sa souffrance.“Tu as raison, Philippe. Moi je regardais en arrière. Je suis âgé et non dépourvu de sagesse, et je ne savais plus rien de ce que j'avais su jusqu'à cette heure. Je regardais Lazare, si déchiré mais si sûr, et je me disais: "Comment peut-il se faire que lui sache encore trouver une raison et moi plus rien?"“ dit Barthélemy.“Moi aussi, je regardais Lazare. Et, puisque je sais à peine ce que tu nous as expliqué, je ne pensais pas au savoir, mais je disais: "Si au moins j'avais le même cœur!" Au contraire je n'avais que douleur, douleur, douleur. Lazare avait la douleur et la paix… Pourquoi tant de paix pour lui?”Jésus regarde tour à tour d'abord Philippe, puis Barthélemy, puis Jacques de Zébédée. Il sourit et se tait.Jude dit: “Moi j'espérais arriver à voir ce que certainement Lazare voyait. Aussi je restais toujours près de lui… Son visage!… Un miroir. Un peu avant le tremblement de terre de Vendredi il était comme quelqu'un qui meurt broyé, et puis il devint tout d'un coup majestueux dans sa douleur. Vous rappelez-vous quand il dit: "Le devoir accompli donne la paix"? Nous crûmes nous tous que c'était seulement un reproche pour nous ou une approbation pour lui-même. Maintenant je pense qu'il le disait pour Toi. C'était un phare dans nos ténèbres Lazare. Combien tu lui as donné, Seigneur!”Jésus sourit et se tait.“Oui. La vie. Et peut-être avec elle tu lui as donné une âme différente. Pourquoi, enfin, lui est-il différent de nous? En effet, il n'est plus un homme. Il est déjà quelque chose de plus qu'un homme et, à cause de ce qu'il était dans le passé, il aurait dû être encore moins parfait d'esprit que nous. Mais lui s'est fait, et nous… Seigneur, mon amour a été vide comme certains épis. Il n'a donné que de la balle” dit André.Et Mathieu: “Moi, je ne puis rien demander. Car j'ai déjà tant eu avec, ma conversion. Mais, oui! J'aurais voulu avoir ce qu'a eu Lazare. Une âme donnée par Toi, car je pense moi aussi comme André…”“La Magdeleine et Marthe ont été aussi des phares. Serait-ce la race. Vous ne les avez pas vues. L'une était pitié et silence. L'autre! Oh! si nous avons été tous un faisceau autour de la Bénie, c'est parce que Marie de Magdala nous a groupés par les flammes de son courageux amour. Oui, j'ai dit: la race. Mais je dois dire: l'amour. Ils nous ont dépassés en fait d'amour. C'est pour cela qu'ils ont été ce qu'ils ont été” dit Jean.Jésus sourit et continue de se taire.“Ils en ont été grandement récompensés pourtant…”“C'est à eux que tu es apparu.”“A tous les trois.”“A Marie, tout de suite après ta Mère…”Il est visible que les apôtres ont un regret pour ces apparitions privilégiées.“Marie te sait ressuscité depuis déjà tant d'heures. Et nous, c'est seulement maintenant que nous pouvons te voir…”“Il n'y a plus de doutes en elles. En nous, au contraire, voilà… c'est seulement maintenant que nous sentons que rien n'est fini. Pourquoi à elles, Seigneur, si tu nous aimes encore et si tu ne nous repousses pas?” demande Jude d'Alphée.“Oui. Pourquoi aux femmes, et en particulier à Marie? Tu as même touché son front et elle dit qu'il lui semble porter une couronne éternelle. Et à nous, tes apôtres, rien…”Jésus ne sourit plus. Son visage n'est pas troublé, mais il ne sourit plus. Il regarde sérieusement Pierre qui a parlé le dernier, reprenant de la hardiesse à mesure que sa peur se dissipe, et il dit: “J'avais douze apôtres. Et je les aimais de tout mon Cœur. Je les avais choisis, et comme une mère j'avais pris soin de les faire grandir dans ma Vie. Je n'avais pas de secrets pour eux. Je leur disais tout, je leur expliquais tout, je leur pardonnais tout. Leurs idées humaines, leurs étourderies, leurs entêtements… tout. Et j'avais des disciples. Des disciples riches et des pauvres. J'avais des femmes au passé ténébreux ou de faible constitution. Mais les préférés, c'était les apôtres.Mon heure est venue. L'un m'a trahi et livré aux bourreaux. Trois ont dormi pendant que je suais du sang. Tous, sauf deux, ont fui par lâcheté. Un m'a renié par peur bien qu'il eût l'exemple de l'autre, jeune et fidèle. Et, comme si cela ne suffisait pas, j'ai eu parmi les douze le suicide d'un désespéré et un qui a tant douté de mon pardon qu'il n'a cru que difficilement, et grâce à la parole maternelle, à la Miséricorde de Dieu. En sorte que si j'avais regardé ma troupe, et si j'avais attaché sur elle un regard humain, j'aurais dû dire: "A part Jean, fidèle par amour, et Simon, fidèle à l'obéissance, je n'ai plus d'apôtres". C'est cela que j'aurais dû dire pendant que je souffrais dans l'enceinte du Temple, au Prétoire, dans les rues et sur la Croix.J'avais des femmes… L'une d'elles, la plus coupable dans le passé, a été, comme Jean l'a dit, la flamme qui a soudé les fibres brisées des cœurs. Cette femme c'est Marie de Magdala. Tu m'as renié et tu as fui. Elle a bravé la mort pour rester près de Moi. Insultée, elle a découvert son visage, prête à recevoir les crachats et les gifles en pensant qu'elle ressemblait ainsi davantage à son Roi crucifié. Méprisée, au fond des cœurs, à cause de sa foi tenace en ma Résurrection, elle a su continuer à croire. Déchirée, elle a agi. Désolée, ce matin, elle a dit: "Je me dépouille de tout, mais donnez-moi mon Maître". Peux-tu encore demander: "Pourquoi à elle?"J'avais des disciples pauvres, des bergers. Je les ai peu approchés, et pourtant comme ils ont su me confesser par leur fidélité!J'avais des disciples timides, comme toutes les femmes de ce pays. Et pourtant elles ont su quitter leurs maisons et venir dans la marée d'un peuple qui me blasphémait, pour me donner le secours que mes apôtres m'avaient refusé.J'avais des païennes qui admiraient le "philosophe". J'étais cela pour elles. Mais elles ont su s'abaisser aux usages hébreux, les puissantes romaines, pour me dire, à l'heure de l'abandon d'un monde ingrat: "Nous sommes pour Toi des amies".J'avais le visage couvert de crachats et de sang. Les larmes et la sueur coulaient sur mes blessures. La saleté et la poussière m'incrustaient la peau. Quelle est la main qui m'a essuyé? La tienne? Ou la tienne? Ou la tienne? Aucune de vos mains. Celui-ci était près de la Mère. Celui-ci rassemblait les brebis dispersées. Vous. Et si mes brebis étaient dispersées comment pouvaient-elles me donner du secours? Tu cachais ton visage par peur du mépris du monde pendant que ton Maître était couvert par le mépris de tout le monde, Lui qui était innocent.J'avais soif. Oui. Sache aussi cela. Je mourais de soif. Je n'avais plus que fièvre et douleur. Le Sang avait déjà coulé au Gethsémani, tiré par la douleur d'être trahi, abandonné, renié, frappé, submergé par le nombre infini des fautes et par la rigueur de Dieu. Et il avait coulé au Prétoire… Qui a pensé à me donner une goutte pour mon gosier brûlé? Une main d'Israël? Non. La pitié d'un païen. La même main qui, par un décret éternel, m'ouvrit la poitrine pour montrer que mon Cœur avait déjà une blessure mortelle, et c'était celle que l'absence d'amour, la lâcheté, la trahison, m'avaient faite. Un païen. Je vous le rappelle: "J'ai eu soif et tu m'as donné à boire". Il n'y en eut pas un pour me réconforter dans tout Israël. Ou par impossibilité de le faire, comme la Mère et les femmes fidèles, ou par mauvaise volonté. Et un païen trouva pour l'inconnu la pitié que mon peuple m'avait refusée. Il trouvera au Ciel la gorgée qu'il m'a donnée.En vérité, je vous le dis: j'ai refusé tout réconfort, car quand on est Victime, il ne faut pas adoucir son sort, mais je n'ai pas voulu repousser le païen dans l'offrande duquel j'ai goûté le miel de tout l'amour qui me sera donné par les gentils pour compenser l'amertume que m'a donnée Israël. Il ne m'a pas enlevé la soif. Mais le découragement, oui. C'est pour cela que j'ai pris cette gorgée ignorée. Pour attirer à Moi celui qui déjà penchait vers le Bien. Que le Père le bénisse pour sa pitié!Vous ne parlez plus? Pourquoi ne me demandez-vous pas encore pourquoi j'ai agi ainsi? Vous n'osez pas le demander? Je vais vous le dire. Je vais tout vous dire des pourquoi de cette heure.Qui êtes-vous? Mes continuateurs. Oui. Vous l'êtes malgré votre égarement. Que devez-vous faire? Convertir le monde au Christ. Convertir! C'est la chose la plus difficile et la plus délicate, mes amis. Le dédain, le dégoût, l'orgueil, le zèle exagéré sont tous très nuisibles pour réussir. Mais comme rien ni personne ne vous auraient amené à la bonté, à la condescendance, à la charité, pour ceux qui sont dans les ténèbres, il a été nécessaire - vous comprenez? - il a été nécessaire que vous ayez, une bonne fois, brisé votre orgueil d'hébreux, de mâles, d'apôtres, pour faire place à la vraie sagesse de votre ministère, à la douceur, à la pitié, à l'amour sans arrogance ni dégoût.Vous voyez que tous vous ont surpassé dans la foi et dans l'action parmi ceux que vous regardiez avec mépris ou une compassion orgueilleuse. Tous. Et l'ancienne pécheresse. Et Lazare, trempé d'une culture profane, le premier qui a pardonné et guidé en mon Nom. Et les femmes païennes. Et la faible épouse de Chouza. Faible? En réalité, elle vous surpasse tous! Première martyre de ma foi. Et les soldats de Rome. Et les bergers. Et l'hérodien Manaën. Et jusqu'au rabbin Gamaliel. Ne sursaute pas, Jean. Crois-tu que mon Esprit était dans les ténèbres? Tous. Et cela pour que demain, en vous rappelant votre erreur, vous ne fermiez pas votre cœur à ceux qui viennent à la Croix.Je vous le dis. Et déjà je sais que, bien que je vous le dise, vous ne le ferez que quand la Force du Seigneur vous pliera comme des brindilles à ma Volonté, qui est d'avoir des chrétiens de toute la Terre. J'ai vaincu la Mort, mais elle est moins dure que le vieil hébraïsme. Mais je vous plierai.Toi, Pierre, au lieu de rester en pleurs et humilié, toi qui dois être la Pierre de mon Église, grave ces amères vérités dans ton cœur. La myrrhe sert à préserver de la corruption. Imprègne-toi donc de myrrhe. Et quand tu voudras fermer ton cœur et l'Église à quelqu'un d'une autre foi, rappelle-toi que ce n'est pas Israël, pas Israël, pas Israël, mais Rome qui m'a défendu et a voulu avoir pitié. Rappelle-toi que ce n'est pas toi, mais une pécheresse qui a su rester au pied de la Croix et a mérité de me voir la première. Et pour ne pas mériter le blâme sois l'imitateur de ton Dieu. Ouvre ton cœur et l'Église en disant: "Moi, le pauvre Pierre, je ne puis mépriser car si je méprise je serai méprisé par Dieu et mon erreur redeviendra vivante à ses yeux". Malheur si je ne t'avais pas brisé ainsi! Ce n'est pas un berger mais un loup que tu serais devenu.”Jésus se lève avec la plus grande majesté.“Mes fils, je vous parlerai encore pendant le temps que je resterai parmi vous. Mais pour l'instant je vous absous et vous pardonne. Après l'épreuve qui, si elle a été humiliante et cruelle, a été aussi salutaire et nécessaire, que vienne en vous la paix du pardon. Et avec elle dans vos cœurs redevenez mes amis fidèles et courageux. Le Père m'a envoyé dans le monde. Je vous envoie dans le monde pour continuer mon évangélisation. Des misères de toutes sortes viendront à vous pour vous demander du soulagement. Soyez bons en pensant à votre misère quand vous êtes restés sans votre Jésus. Soyez éclairés. Dans les ténèbres, il n'est pas permis de voir. Soyez purs pour donner la pureté. Soyez amour pour aimer. Puis viendra Celui qui est Lumière, Purification et Amour. Mais, en attendant, pour vous préparer à ce ministère, je vous communique l'Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez leurs péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. Que votre expérience vous rende justes pour juger. Que l'Esprit Saint vous rende saints pour sanctifier. Que la volonté sincère de surmonter votre manque vous rende héroïques pour la vie qui vous attend. Ce que j'ai encore à dire, je vous le dirai quand l'absent sera revenu. Priez pour lui. Restez dans ma paix et sans agitation de doute sur mon amour.”Et Jésus disparaît comme il était entré, laissant une place vide entre Jean et Pierre. Il disparaît dans une lueur qui fait fermer les yeux tant elle est forte.Et quand les yeux éblouis se rouvrent, ils trouvent seulement que la paix de Jésus est restée, flamme qui brûle et qui soigne et consume les amertumes du passé dans un désir unique: servir.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie.

Dimanche 23 mars 2008, Saint dimanche de Pâques.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,1-9.
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau.Le matin de Pâques, Marie-Madeleine couru trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. »Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau.Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas.Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là,et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans Maria Valtorta : Tome 10, chap 5, p 27 - CD10 , piste 8 -
Pendant ce temps les femmes, qui sont sorties de la maison, cheminent en rasant les murs, ombres dans l'ombre. Pendant quelque temps elles se taisent, toutes emmitouflées et rendues craintives par tant de silence et de solitude. Puis, rassurées par le calme absolu de la ville, elles se groupent et osent parler.“Les portes seront-elles déjà ouvertes?” demande Suzanne.“Certainement. Regarde le premier jardinier qui entre avec ses légumes. Il va au marché” répond Salomé.“Ils ne nous diront rien?” demande encore Suzanne.“Qui?” demande la Magdeleine.“Les soldats, à la Porte Judiciaire. Par là… il y en a peu qui entrent et encore moins qui sortent… Nous donnerons des soupçons…”“Et avec cela? Ils nous regarderont. Ils verront cinq femmes qui vont vers la campagne. Nous pourrions être aussi des personnes qui, après avoir fait la Pâque, vont vers leurs villages.”“Pourtant… pour ne pas attirer l'attention de quelque malintentionné, pourquoi ne sortons-nous pas par une autre porte, en faisant ensuite le tour en rasant les murs?”“Nous allongerons la route.”“Mais nous serons plus tranquilles. Prenons la Porte de l'Eau…”“Oh! Salomé! Si j'étais à ta place, je choisirais la Porte Orientale! Plus long serait le tour que tu devrais faire! Il faut faire vite et revenir vite”. C'est la Magdeleine qui est si tranchante.“Alors une autre, mais pas la Judiciaire. Sois gentille…” demandent-elles toutes.“C'est bien. Alors, puisque vous le voulez, passons chez Jeanne. Elle a recommandé de le lui faire savoir. Si nous y étions allées directement on pouvait s'en passer. Mais puisque vous voulez faire un tour plus long passons chez elle…”“Oh! oui. À cause aussi des gardes qu'on a mis là… Elle est connue et on la craint…”“Moi, je dirais de passer aussi chez Joseph d'Arimathie. C'est le propriétaire de l'endroit.”Mais oui! Faisons un cortège maintenant pour ne pas attirer l'attention! Oh! quelle sœur craintive j'ai! Ou plutôt, sais-tu, Marthe? Faisons ainsi. Moi, je vais en avant et je regarde. Vous, vous venez derrière avec Jeanne. Je me mettrai au milieu du chemin s'il y a du danger, et vous me verrez, et nous reviendrons en arrière. Mais je vous assure que les gardes, devant ceci, j'y ai pensé (et elle montre une bourse pleine de pièces de monnaie), nous laisserons tout faire.”“Nous le dirons aussi à Jeanne, tu as raison.”“Alors, laissez-moi aller.”“Tu vas seule, Marie? Je viens avec toi” dit Marthe qui craint pour sa sœur.“Non, tu vas avec Marie d'Alphée chez Jeanne. Salomé et Suzanne t'attendront près de la porte, à l'extérieur des murs. Et puis vous viendrez par la route principale toutes ensemble. Adieu.”Et Marie-Magdeleine coupe tout autre commentaire possible en s'en allant rapidement avec son sac de baumes et son argent dans son sein.Elle vole tant sa marche est rapide sur le chemin qui devient plus gai avec le premier rose de l'aurore. Elle franchit la Porte Judiciaire pour aller plus vite et personne ne l'arrête…Les autres la regardent aller, puis tournent le dos à la bifurcation des routes où elles étaient et en prennent une autre, étroite et sombre, qui s'ouvre ensuite, à proximité du Sixte, sur une route plus large et dégagée où il y a de belles maisons. Elles se séparent encore, Salomé et Suzanne continuent leur chemin pendant que Marthe et Marie l'Alphée frappent à la porte ferrée et se montrent à l'ouverture que le portier entrouvre.Elles entrent et vont trouver Jeanne qui, déjà levée et entièrement vêtue de violet très foncé qui la rend encore plus pâle, manipule aussi des huiles avec sa nourrice et une servante.“Vous êtes venues? Dieu vous en récompense. Mais si vous n'étiez pas venues, j'y serais allée de moi-même… Pour trouver du réconfort… car beaucoup de choses sont restées troublées depuis ce jour redoutable. Et pour ne pas me sentir seule je dois aller contre cette Pierre et frapper et dire: "Maître, je suis la pauvre Jeanne… Ne me laisse pas seule Toi aussi…"“ Jeanne pleure doucement mais toute désolée pendant qu'Esther, sa nourrice, fait de grands gestes incompréhensibles derrière sa maîtresse en lui mettant son manteau.“Je pars, Esther.”“Que Dieu te réconforte!”Elles sortent du palais pour rejoindre leurs compagnes. C'est à ce moment qu'arrive le bref et fort tremblement de terre qui jette de nouveau dans la panique les habitants de Jérusalem, encore terrorisés par les événements du Vendredi.Les trois femmes reviennent sur leurs pas précipitamment et restent dans le large vestibule, au milieu des servantes et des serviteurs qui crient et invoquent le Seigneur, et elles y restent, craignant de nouvelles secousses…… La Magdeleine, de son côté, est exactement à la limite de la ruelle qui conduit au jardin de Joseph d'Arimathie quand la surprend le grondement puissant et pourtant harmonieux de ce signe céleste alors que, dans la lumière à peine rosée de l'aurore qui s'avance dans le ciel où encore à l'occident résiste une étoile tenace, et qui rend blond l'air jusqu'alors vert clair, s'allume une grande lumière qui descend comme si c'était un globe incandescent, splendide, qui coupe en zig zag l'air tranquille.Marie de Magdala en est presque effleurée et renversée sur le sol. Elle se penche un moment en murmurant: “Mon Seigneur!” et puis se redresse comme une tige après le passage du vent et court encore plus rapidement vers le jardin. Elle y entre rapidement comme un oiseau poursuivi et qui cherche son nid du côté du tombeau taillé dans le roc. Mais bien qu'elle aille vite elle ne peut être là quand le céleste météore fait office de levier et de flamme sur le sceau de chaux mis pour renforcer la lourde pierre, ni quand avec le fracas final la porte de pierre tombe en donnant une secousse qui s'unit à celle du tremblement de terre qui, s'il est bref, est d'une violence telle qu'il terrasse les gardes comme s'ils étaient morts.Marie, en arrivant, voit ces inutiles geôliers du Triomphateur jetés sur le sol comme une gerbe d'épis fauchés. Marie-Magdeleine ne rapproche pas le tremblement de terre de la Résurrection. Mais, voyant ce spectacle, elle croit que c'est le châtiment de Dieu sur les profanateurs du Tombeau de Jésus et elle tombe à genoux en disant: “Hélas! Ils l'ont enlevé!”Elle est vraiment désolée, et elle pleure comme une fillette venue, sure de trouver son père qu'elle cherche, et qui trouve au contraire la demeure vide. Puis elle se lève et s'en va en courant trouver Pierre et Jean. Et comme elle ne pense qu'à prévenir les deux, elle ne pense plus à aller à la rencontre de ses compagnes, à s'arrêter sur le chemin, mais rapide comme une gazelle elle repasse pas le chemin déjà fait, franchit la Porte Judiciaire et vole sur les routes qui sont un peu animées, s'abat contre le portail de la maison hospitalière et la bat et la secoue furieusement.La maîtresse lui ouvre. “Où sont Jean et Pierre?” demande Marie-Magdeleine haletante.“Là” et la femme lui indique le Cénacle.Marie de Magdala entre et dès qu'elle est à l'intérieur, devant les deux étonnés, elle dit à voix basse par pitié pour la Mère et plus angoissée que si elle avait crié: “Ils ont enlevé le Seigneur du Tombeau! Qui sait où ils l'ont mis!” et pour la première fois elle titube et vacille et pour ne pas tomber elle se raccroche où elle peut.“Mais comment? Que dis-tu?” demandent les deux.Et elle, haletante: “Je suis allée en avant… pour acheter les gardes… afin qu'ils nous laissent faire. Eux sont là comme morts… Le Tombeau est ouvert, la pierre par terre… Qui? Qui a pu faire cela? Oh! venez! Courons…”Pierre et Jean partent tout de suite. Marie les suit pendant quelques pas, puis elle revient en arrière. Elle saisit la maîtresse de la maison, la secoue avec violence dans son prévoyant amour et lui souffle au visage: “Garde-toi bien de faire passer quelqu'un chez elle (et elle montre la porte de la pièce de Marie). Rappelle-toi que c'est moi la maîtresse. Obéis et tais-toi.”Puis elle la laisse épouvantée et elle rejoint les apôtres qui à grands pas vont vers le Tombeau…… Suzanne et Salomé, pendant ce temps, après avoir quitté leurs compagnes et rejoint les murs, sont surprises par le tremblement de terre. Effrayées, elles se réfugient sous un arbre et restent là, combattues entre le désir violent d'aller vers le Tombeau et celui de courir chez Jeanne. Mais l'amour triomphe de la peur et elles vont vers le Tombeau.Elles entrent encore effrayées dans le jardin et voient les gardes évanouis… elles voient une grande lumière qui sort du Tombeau ouvert. Cela augmente leur effroi et finit de se rendre complet quand, se tenant par la main pour s'encourager mutuellement, elles se présentent sur le seuil et voient dans l'obscurité de la chambre sépulcrale une créature lumineuse et très belle, qui sourit doucement, et les salue de la place où elle est: appuyée à droite de la pierre de l'onction dont la grisaille disparaît devant une si incandescente splendeur.Elles tombent à genoux, étourdies de stupeur.Mais l'ange leur parle doucement: “N'ayez pas peur de moi. Je suis l'ange de la divine Douleur. Je suis venu pour me réjouir de la fin de celle-ci. Il n'est plus de douleur du Christ, d'humiliation pour Lui dans la mort. Jésus de Nazareth, le Crucifié que vous cherchez, est ressuscité. Il n'est plus ici! Il est vide l'endroit où vous l'avez déposé. Réjouissez-vous avec moi. Allez. Dites à Pierre et aux disciples qu'il est ressuscité et qu'il vous précède en Galilée. Vous le verrez encore là pour peu de temps, selon ce qu'il a dit.”Les femmes tombent le visage contre terre et quand elles le lèvent elles s'enfuient comme si elles étaient poursuivies par un châtiment. Elles sont terrorisées et murmurent: “Nous allons mourir! Nous avons vu l'ange du Seigneur!”Elles se calment un peu en pleine campagne, et se concertent. Que, faire? Si elles disent ce qu'elles ont vu, on ne les croira pas. Si elles disent aussi de venir de là, elles peuvent être accusées par les juifs d'avoir tué les gardes. Non. Elles ne peuvent rien dire ni aux amis ni aux ennemis…Craintives, rendues muettes, elles reviennent par un autre chemin à la maison. Elles entrent et se réfugient dans le Cénacle. Elles ne demandent même pas de voir Marie… Et là, elles pensent que ce qu'elles ont vu est une tromperie du Démon. Humbles comme elles le sont, elles jugent “qu'il n'est pas possible qu'il leur ait été accordé de voir le messager de Dieu. C'est Satan qui a voulu les effrayer pour les éloigner de là.”Elles pleurent et prient comme des fillettes effrayées par un cauchemar…… Le troisième groupe, celui de Jeanne, Marie d'Alphée et Marthe, vu qu'il n'arrive rien de nouveau se décide à aller là où certainement leurs compagnes les attendent. Elles sortent dans les rues où maintenant il y a des gens apeurés qui commentent le nouveau tremblement de terre et le rattachent aux faits du Vendredi et voient aussi des choses qui n'existent pas.“Il vaut mieux qu'ils soient tous effrayés! Peut-être les gardiens le seront aussi et ne feront pas d'objection” dit Marie d'Alphée.Et elles vont rapidement vers les murs. Mais pendant qu'elles y vont, Pierre et Jean, suivis de la Magdeleine, sont déjà arrivés au jardin.Jean, plus rapide, arrive le premier au Tombeau. Les gardes n'y sont plus et l'ange n'y est plus. Jean s'agenouille, craintif et affligé, sur le seuil ouvert, pour vénérer et recueillir quelque indice des choses qu'il voit. Mais il voit seulement entassés par terre les linges mis par dessus le Linceul.“Il n'y est vraiment pas, Simon! Marie a bien vu. Viens, entre, regarde.”Pierre, tout essoufflé par la grande course qu'il a faite, entre dans le Tombeau. Il avait dit en route: “Je ne vais pas oser m'approcher de cet endroit.” Mais maintenant il ne pense qu'à découvrir où peut être le Maître. Et il l'appelle aussi, comme s'il pouvait être caché dans quelque coin obscur.L'obscurité, à cette heure matinale, est encore forte dans le Tombeau auquel ne donne de la lumière que la petite ouverture de la porte sur laquelle font de l'ombre Jean et la Magdeleine… Et Pierre a du mal à voir et doit s'aider de ses mains pour se rendre compte… Il touche, en tremblant, la table de l'onction et il voit qu'elle est vide…“Il n'y est pas, Jean! Il n'y est pas!… Oh! Viens toi aussi! J'ai tant pleuré que je n'y vois presque pas avec ce peu de lumière.”Jean se relève et entre. Et pendant qu'il le fait Pierre découvre le suaire placé dans un coin, bien plié avec à l'intérieur le Linceul soigneusement roulé.“Ils l'ont vraiment enlevé. Les gardes, ce n'était pas pour nous, mais pour faire cela… Et nous l'avons laissé faire. En nous éloignant, nous l'avons permis…”“Oh! où l'auront-ils mis?”“Pierre, Pierre! Maintenant… c'est vraiment fini!”Les deux disciples sortent anéantis.“Allons, femme. Tu le diras à la Mère…”“Moi, je ne m'éloigne pas. Je reste ici… Quelqu'un viendra… Oh! moi, je ne viens pas… Ici il y a encore quelque chose de Lui. Elle avait raison, la Mère… Respirer l'air où il a été c'est l'unique soulagement qui nous reste.”“L'unique soulagement… Maintenant tu vois toi aussi que c'était une folie d'espérer…” dit Pierre.Marie ne répond même pas. Elle s'affaisse sur le sol, justement près de la porte, et elle pleure pendant que les autres s'en vont lentement.Puis elle lève la tête et regarde à l'intérieur et, à travers ses larmes, elle voit deux anges assis à la tête et aux pieds de la pierre de l'onction. Elle est si abrutie, la pauvre Marie, dans sa plus ardente bataille entre l'espérance qui meurt et la foi qui ne veut pas mourir, qu'elle les regarde hébétée, sans même s'en étonner. Elle n'a plus que des larmes la courageuse qui a résisté à tout en héroïne.“Pourquoi pleures-tu, femme?” demande un des deux enfants lumineux, car ils ont l'aspect de très beaux adolescents.“Parce qu'ils ont emporté mon Seigneur et je ne sais où ils me l'ont mis.”Marie n'a pas peur de leur parler, elle ne demande pas: “Qui êtes vous?” Rien. Rien ne l'étonne plus. Tout ce qui peut étonner une créature, elle l'a déjà subi. Maintenant elle n'est plus qu'une chose brisée qui pleure sans force ni retenue.L'enfant angélique regarde son compagnon et sourit, et l'autre aussi. Et dans un éclair de joie angélique tous deux regardent dehors, vers le jardin tout en fleurs avec les millions de fleurs qui se sont ouvertes au premier soleil sur les pommiers touffus de la pommeraie.Marie se tourne pour voir ce qu'ils regardent et elle voit un Homme très beau, et je ne sais pas comment elle peut ne pas le reconnaître tout de suite.Un Homme qui la regarde avec pitié et lui demande: “Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu?”Il est vrai que c'est un Jésus assombri par sa pitié envers une créature que trop d'émotions ont épuisée et qu'une joie imprévue pourrait faire mourir, mais je me demande vraiment comment elle peut ne pas le reconnaître.Et Marie, au milieu de ses sanglots: “Ils m'ont pris le Seigneur Jésus! J'étais venue pour l'embaumer en attendant qu'il ressuscite… J'ai rassemblé tout mon courage et mon espérance, et ma foi, autour de mon amour… et maintenant je ne le trouve plus… Et même j'ai mis mon amour autour de ma foi, de mon espérance et de mon courage, pour les défendre des hommes… Mais tout est inutile! Les hommes ont enlevé mon Amour et avec Lui ils m'ont tout enlevé… O mon seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi je le prendrai… Je ne le dirai à personne… Ce sera un secret entre toi et moi. Regarde: je suis la fille de Théophile, la sœur de Lazare, mais je reste à genoux devant toi, pour te supplier comme une esclave. Veux-tu que je t'achète son Corps? Je le ferai. Combien veux-tu? Je suis riche. Je puis te donner autant d'or et de gemmes qu'il pèse. Mais rends-le-moi. Je ne te dénoncerai pas. Veux-tu me frapper? Fais-le. Jusqu'au sang si tu veux. Si tu as de la haine pour Lui, fais-la-moi payer. Mais rends-le-moi. Oh! ne m'appauvris pas de cette misère, ô mon seigneur! Pitié pour une pauvre femme!… Pour moi, tu ne le veux pas? Pour sa Mère, alors. Dis-moi! Dis-moi où est mon Seigneur Jésus. Je suis forte. Je le prendrai dans mes bras et je le porterai comme un enfant dans un lieu sûr. Seigneur… seigneur… tu le vois… depuis trois jours nous sommes frappés par la colère de Dieu à cause de ce qu'on a fait au Fils de Dieu… N'ajoute pas la Profanation au Crime…”“Marie!” Jésus rayonne en l'appelant. Il se dévoile dans sa splendeur triomphante.“Rabboni!” Le cri de Marie est vraiment “le grand cri” qui ferme le cycle de la mort. Avec le premier, les ténèbres de la haine enveloppèrent la Victime des bandes funèbres, avec le second les lumières de l'amour accrûrent sa splendeur.Et Marie se lève au cri qui emplit le jardin, court aux pieds de Jésus, et voudrait les baiser.Jésus l'écarte en la touchant à peine au front avec l'extrémité des doigts: “Ne me touche pas! Je ne suis pas encore monté vers mon Père avec ce vêtement. Va trouver mes frères et amis et dis-leur que je monte vers mon Père et le vôtre, vers mon Dieu et le vôtre. Et ensuite je viendrai vers eux.” Et Jésus disparaît, absorbé par une lumière insoutenable.Marie baise le sol où il se trouvait et court vers la maison. Elle entre comme une fusée car le portail est entrouvert pour livrer passage au maître qui sort pour aller à la fontaine; elle ouvre la porte de la pièce de Marie et elle s'abandonne sur son cœur en criant: “Il est ressuscité! Il est ressuscité!” et elle pleure, bienheureuse.Et pendant qu'accourent Pierre et Jean, et que du Cénacle s'avancent Salomé et Suzanne apeurées et qu'elles écoutent son récit, voilà qu'entrent aussi par la rue Marie d'Alphée avec Marthe et Jeanne qui toutes essoufflées disent que “elles y sont allées elles aussi et qu'elles ont vu deux anges qui se disaient le gardien de l'Homme-Dieu et l'ange de sa Douleur et qu'ils ont donné l'ordre de dire aux disciples qu'il était ressuscité.”Et comme Pierre secoue la tête, elles insistent en disant: “Oui. Ils ont dit: "Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts? Il n'est pas ici. Il est ressuscité comme il le disait quand il était encore en Galilée. Ne vous le rappelez-vous pas? Il disait: 'Le Fils de l'homme doit être livré aux mains des pécheurs et être crucifié, mais le troisième il ressuscitera' ".”Pierre secoue la tête en disant: “Trop de choses ces jours-ci! Vous en êtes restées troublées.”La Magdeleine relève la tête du sein de Marie et elle dit: “Je l'ai vu, je lui ai parlé. Il m'a dit qu'il monte vers le Père et qu'il vient ensuite. Comme il était beau!” et elle pleure comme elle n'a jamais pleuré, maintenant qu'elle n'a plus à se torturer elle-même pour s'opposer au doute qui surgit de tous côtés.Mais Pierre et Jean aussi restent très hésitants. Ils se regardent mais leurs yeux se disent: “Imaginations de femmes!”Suzanne aussi et Salomé osent alors parler, mais l'inévitable différence dans les détails des gardes qui d'abord sont là comme morts et ensuite ne sont plus là, des anges qui tantôt sont un et tantôt deux et qui ne se sont pas montrés aux apôtres, des deux versions sur la venue de Jésus ici et sur le fait qu'il précède les siens en Galilée, fait que le doute et, même, la persuasion des apôtres augmente de plus en plus.Marie, la Mère bienheureuse, se tait en soutenant la Magdeleine… Je ne comprends pas le mystère de ce silence maternel.Marie d'Alphée dit à Salomé: “Retournons-y toutes les deux. Voyons si nous sommes toutes ivres…” Et elles courent dehors.Les autres restent, paisiblement ridiculisées par les deux apôtres, près de Marie qui se tait, absorbée dans une pensée que chacun interprète à sa façon et sans que personne comprenne que c'est de l'extase.Les deux femmes âgées reviennent: “C'est vrai! C'est vrai! Nous l'avons vu. Il nous a dit près du jardin de Barnabé: "Paix à vous. Ne craignez pas. Allez dire à mes frères que je suis ressuscité et qu'ils aillent d'ici quelques jours en Galilée. Là nous serons encore ensemble". C'est ainsi qu'il a parlé. Marie a raison. Il faut le dire à ceux de Béthanie, à Joseph, à Nicodème, aux disciples les plus fidèles, aux bergers, aller, agir, agir… Oh! il est ressuscité!…” Elles pleurent toutes bienheureuses.“Vous êtes folles, femmes. La douleur vous a troublées. La lumière vous a semblé un ange. Le vent, une voix. Le soleil, le Christ. Je ne vous critique pas, je vous comprends mais je ne puis croire qu'à ce que j'ai vu: le Tombeau ouvert et vide et les gardes partis avec le Cadavre volatilisé.”“Mais si les gardes eux-mêmes disent qu'il est ressuscité! Si la ville est en émoi et si les Princes des Prêtres sont fous de colère parce que les gardes ont parlé dans leur fuite éperdue! Maintenant ils veulent qu'ils disent autre chose et les paient pour cela. Mais déjà on le sait, et si les juifs ne croient pas à la Résurrection, ne veulent pas croire, beaucoup d'autres croient…”“Hum! Les femmes!…” Pierre hausse les épaules et il va s'en aller.Alors la Mère, qui a toujours sur son cœur la Magdeleine qui pleure comme un saule sous une averse à cause de sa trop grande joie et qui baise ses cheveux blonds, lève son visage transfiguré et dit une courte phrase: “Il est réellement ressuscité. Je l'ai eu dans mes bras et j'ai baisé ses plaies.” Et puis elle se penche sur les cheveux de la passionnée et elle dit: “Oui, la joie est encore plus forte que la douleur. Mais ce n'est qu'un grain de sable de ce que sera ton océan de joie éternelle. Heureuse es-tu d'avoir par dessus la raison fait parler ton esprit.”Pierre n'ose plus nier… et avec un de ces passages du Pierre d'autrefois, qui maintenant revient affleurer, dit et crie comme si c'était des autres et non pas de lui que dépendait le retard: “Mais alors, s'il en est ainsi, il faut le faire savoir aux autres, à ceux qui sont dispersés dans les campagnes… chercher… agir… Allons, remuez-vous. S'il devait vraiment venir… qu'il nous trouve au moins” et il ne s'aperçoit pas qu'il reconnaît encore qu'il ne croit pas aveuglément à sa Résurrection. Jésus dit:“Les prières ardentes de Marie ont anticipé de quelque temps ma Résurrection.J'avais dit: "Le Fils de l'homme va être tué mais il ressuscitera le troisième jour". J'étais mort à trois heures de l'après-midi du vendredi. Soit que vous comptiez les jours par leurs noms, soit que vous comptiez les heures, ce n'était pas l'aube du dimanche qui devait me voir ressusciter. Comme heures, il y avait seulement trente-huit heures au lieu de septante-deux que mon Corps était resté sans vie. Comme jours, je devais au moins arriver au soir de ce troisième jour pour dire que j'avais été trois jours dans la tombe.Mais Marie a anticipé le miracle. Comme quand par sa prière elle a ouvert les Cieux quelques années avant l'époque fixée pour donner au monde son Salut, ainsi maintenant elle obtient d'anticiper de quelques heures pour donner du réconfort à son cœur mourant.Et Moi, au début de l'aube du troisième jour, je suis descendu comme le soleil et par ma splendeur j'ai brisé les sceaux des hommes, si inutiles devant la puissance de Dieu. J'ai fait levier avec ma force pour renverser la pierre veillée inutilement, de mon apparition j'ai fait la foudre qui a terrassé les gardes trois fois inutiles mis pour la garde d'une mort qui était Vie, que nulle force humaine ne pouvait empêcher d'être telle.Bien plus puissant que votre courant électrique, mon Esprit est entré comme une épée de Feu divin pour réchauffer la froide dépouille de mon Cadavre et au nouvel Adam l'Esprit de Dieu a insufflé la vie, en se disant à Lui-même: "Vis. Je le veux".Moi qui avais ressuscité les morts quand je n'étais que le Fils de l'homme, la Victime désignée pour porter les fautes du monde, ne devais-je pas pouvoir me ressusciter Moi-même maintenant que j'étais le Fils de Dieu, le Premier et le Dernier, le Vivant éternel, Celui qui a dans ses mains les clefs de la Vie et de la Mort? Et mon Cadavre a senti la Vie revenir en Lui.Regarde: comme un homme qui s'éveille après le sommeil produit par une énorme fatigue, j'ai une respiration profonde et je n'ouvre pas encore les yeux. Le sang revient circuler dans les veines peu rapide encore, il ramène la pensée à l'esprit. Mais je viens de si loin! Regarde: comme un blessé qu'une puissance miraculeuse guérit, le sang revient dans les veines vides, remplit le cœur, réchauffe les membres, les blessures se cicatrisent, les bleus et les blessures disparaissent, la force revient. Mais j'étais tellement blessé! Voilà: la Force agit. Je suis guéri. Je suis éveillé. Je suis revenu à la Vie. J'étais mort. Maintenant je vis! Maintenant je ressuscite!Je secoue les linges de mort, je jette l'enveloppe des onguents. Je n'ai pas besoin d'eux pour paraître la Beauté éternelle, l'éternelle Intégrité. Je me revêts d'un vêtement qui n'est pas de cette Terre, mais tissé par Celui qui est mon Père et qui a tissé la soie des lys virginaux. Je suis revêtu de splendeur. Je suis orné de mes plaies qui ne suintent plus du sang mais dégagent de la lumière. Cette lumière qui sera la joie de ma Mère et des bienheureux, et la vue insoutenable des maudits et des démons sur la Terre et au dernier jour.L'ange de ma vie d'homme et l'ange de ma douleur sont prosternés devant Moi et adorent ma Gloire. Ils sont ici tous les deux mes anges. L'un pour jouir de la vue de Celui qu'il a gardé et qui maintenant n'a plus besoin de défense angélique. L'autre, qui a vu mes larmes pour voir mon sourire, qui a vu mon combat pour voir ma victoire, qui a vu ma douleur pour voir ma joie.Et je sors dans le jardin plein de boutons de fleurs et de rosée. Et les pommiers ouvrent leurs corolles pour faire un arc fleuri au-dessus de ma tête de Roi, et les plantes font un tapis de gemmes et de corolles à mes pieds qui reviennent fouler la Terre rachetée après que j'ai été élevé sur elle pour la racheter. Et ils me saluent le premier soleil, et le doux vent d'avril, et la nuée légère qui passe, rose comme la joue d'un enfant, et les oiseaux dans les feuillages. Je suis leur Dieu. Ils m'adorent.Je passe parmi les gardes évanouis, symbole des âmes en faute mortelle qui ne sentent pas le passage de Dieu.C'est Pâques, Marie! C'est bien le "Passage de l'Ange de Dieu"! Son Passage de la mort à la vie. Son Passage pour donner la Vie à ceux qui croient en son Nom. C'est Pâques! C'est la Paix qui passe dans le monde. La Paix qui n'est plus voilée par la condition d'homme mais qui est libre, complète dans l'efficience de Dieu qui lui est revenue.Et je vais trouver la Mère. Il est bien juste que j'y aille. Cela l'a été pour mes anges. Ce doit l'être bien plus pour celle qui, en plus d'être ma gardienne et mon réconfort, a été celle qui m'a donné la vie. Avant encore de revenir au Père dans mon vêtement d'Homme glorifié, je vais voir ma Mère. J'y vais dans la splendeur de mon vêtement paradisiaque et de mes Gemmes vivantes. Elle peut me toucher, elle peut me baiser car elle est la Pure, la Belle, l'Aimée, la Bénie, la Sainte de Dieu.Le nouvel Adam va à la nouvelle Eve. Le mal est entré dans le monde par la femme et c'est par la Femme qu'il a été vaincu. Le Fruit de la Femme a désintoxiqué les hommes de la bave de Lucifer. Maintenant s'ils veulent ils peuvent être sauvés. Elle a sauvé la femme restée si fragile après la blessure mortelle.Et après qu'à la Pure, à laquelle par droit de Sainteté et de Maternité il est juste qu'aille son Fils-Dieu, je me présente à la femme rachetée, à celle qui est le chef de file, à celle qui représente toutes les créatures féminines que je suis venu délivrer de la morsure de la luxure, pour qu'elle dise à celles qui vont vers Moi pour guérir, qu'elles aient foi en Moi, qu'elles croient en ma Miséricorde qui comprend et pardonne, que pour vaincre Satan qui fouille leurs chairs, elles regardent ma Chair ornée des cinq plaies.Je ne me fais pas toucher par elle. Elle n'est pas la Pure qui peut toucher sans le contaminer le Fils qui revient au Père. Elle a encore beaucoup à purifier par la pénitence, mais son amour mérite cette récompense. Elle a su ressusciter par sa volonté du tombeau de ses vices, étrangler Satan qui la possédait, défier le monde par amour pour son Sauveur, elle a su se dépouiller de tout ce qui n'est pas amour, elle a su n'être plus que l'amour qui se consume pour son Dieu.Et Dieu l'appelle: "Marie". Entends-la répondre: "Rabboni!" Il y a son cœur dans ce cri. C'est à elle, qui l'a mérité, que je donne la charge d'être la messagère de la Résurrection. Et encore une fois elle sera méprisée comme si elle avait déliré. Mais rien ne lui importe à Marie de Magdala, à Marie de Jésus, du jugement des hommes. Elle m'a vu ressuscité et cela lui donne une joie qui apaise tout autre sentiment.Tu vois comme j'aime même celui qui a été coupable, mais a voulu sortir de la faute? Ce n'est même pas à Jean que je me montre d'abord, mais à la Magdeleine. Jean avait déjà eu de Moi la qualité de fils. Il le pouvait avoir car il était pur et il pouvait être le fils non seulement spirituel, mais aussi donnant et recevant ces besoins et ces soins qui concernent la chair, à la Pure et de la Pure de Dieu.Marie-Magdeleine, la ressuscitée à la Grâce, a la première vision de la Grâce Ressuscitée.Quand vous m'aimez jusqu'à vaincre tout pour Moi, je vous prends la tête et le cœur malades dans mes mains transpercées et je vous souffle au visage ma Puissance. Et je vous sauve, je vous sauve, fils que j'aime. Vous redevenez beaux, sains, libres, heureux. Vous redevenez les fils aimés du Seigneur. Je vous fais porteurs de ma Bonté parmi les pauvres hommes, les témoins de ma Bonté envers eux, pour les persuader d'Elle et de Moi.Ayez, ayez, ayez foi en Moi. Ayez l'amour. Ne craignez pas. Que vous rende sûrs de l'amour de votre Dieu tout ce que j'ai souffert pour vous sauver.Et toi, petit Jean, souris après avoir pleuré. Ton Jésus ne souffre plus. Il n'y a plus ni Sang ni blessures, mais la lumière, la lumière, la lumière et la joie et la gloire. Ma joie et ma lumière sont en toi, jusqu'à ce que vienne l'heure du Ciel.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie.

Dimanche 16 mars 2008, Dimanche des Rameaux et de la Passion.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 26,14-75.27,1-66.
Alors, l'un des Douze, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui proposèrent trente pièces d'argent.Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent dire à Jésus : « Où veux-tu que nous fassions les préparatifs de ton repas pascal ? »Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : 'Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c'est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.'»Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze.Pendant le repas, il leur déclara : « Amen, je vous le dis : l'un de vous va me livrer. »Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, l'un après l'autre : « Serait-ce moi, Seigneur ? »Il leur répondit : « Celui qui vient de se servir en même temps que moi, celui-là va me livrer.Le Fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux l'homme par qui le Fils de l'homme est livré ! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né ! »Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C'est toi qui l'as dit ! »Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, en disant : « Prenez, mangez : ceci est mon corps. »Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, en disant :« Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude en rémission des péchés.Je vous le dis : désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu'au jour où je boirai un vin nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. »Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.Alors Jésus leur dit : « Cette nuit, je serai pour vous tous une occasion de chute ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées.Mais après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. »Pierre lui dit : « Si tous viennent à tomber à cause de toi, moi, je ne tomberai jamais. »Jésus reprit : « Amen, je te le dis : cette nuit même, avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois. »Pierre lui dit : « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous les disciples en dirent autant.Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani et leur dit : « Restez ici, pendant que je m'en vais là-bas pour prier. »Il emmena Pierre, ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée, et il commença à ressentir tristesse et angoisse.Il leur dit alors : « Mon âme est triste à en mourir. Demeurez ici et veillez avec moi. »Il s'écarta un peu et tomba la face contre terre, en faisant cette prière : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. »Puis il revient vers ses disciples et les trouve endormis ; il dit à Pierre : « Ainsi, vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ?Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l'esprit est ardent, mais la chair est faible. »Il retourna prier une deuxième fois : « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! »Revenu près des disciples, il les trouva endormis, car leurs yeux étaient lourds de sommeil.Il les laissa et retourna prier pour la troisième fois, répétant les mêmes paroles.Alors il revient vers les disciples et leur dit : « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer ! La voici toute proche, l'heure où le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs !Levez-vous ! Allons ! Le voici tout proche, celui qui me livre. »Jésus parlait encore, lorsque Judas, l'un des Douze, arriva, avec une grande foule armée d'épées et de bâtons, envoyée par les chefs des prêtres et les anciens du peuple.Le traître leur avait donné un signe : « Celui que j'embrasserai, c'est lui : arrêtez-le. »Aussitôt, s'approchant de Jésus, il lui dit : « Salut, Rabbi ! », et il l'embrassa. Jésus lui dit : « Mon ami, fais ta besogne. » Alors ils s'avancèrent, mirent la main sur Jésus et l'arrêtèrent.Un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l'oreille.Jésus lui dit : « Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l'épée périront par l'épée.Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père, qui mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d'anges ?Mais alors, comment s'accompliraient les Écritures ? D'après elles, c'est ainsi que tout doit se passer. »A ce moment-là, Jésus dit aux foules : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus m'arrêter avec des épées et des bâtons ? Chaque jour, j'étais assis dans le Temple où j'enseignais, et vous ne m'avez pas arrêté.Mais tout cela est arrivé pour que s'accomplissent les écrits des prophètes. » Alors les disciples l'abandonnèrent tous et s'enfuirent.Ceux qui avaient arrêté Jésus l'amenèrent devant Caïphe, le grand prêtre, chez qui s'étaient réunis les scribes et les anciens.Quant à Pierre, il le suivait de loin, jusqu'au palais du grand prêtre ; il entra dans la cour et s'assit avec les serviteurs pour voir comment cela finirait.Les chefs des prêtres et tout le grand conseil cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire condamner à mort.Ils n'en trouvèrent pas ; pourtant beaucoup de faux témoins s'étaient présentés. Finalement il s'en présenta deux,qui déclarèrent : « Cet homme a dit : 'Je peux détruire le Temple de Dieu et, en trois jours, le rebâtir.' »Alors le grand prêtre se leva et lui dit : « Tu ne réponds rien à tous ces témoignages portés contre toi ? »Mais Jésus gardait le silence. Le grand prêtre lui dit : « Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Messie, le Fils de Dieu. »Jésus lui répond : « C'est toi qui l'as dit ; mais en tout cas, je vous le déclare : désormais vous verrez le Fils de l'homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel. »Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant : « Il a blasphémé ! Pourquoi nous faut-il encore des témoins ? Vous venez d'entendre le blasphème !Quel est votre avis ? » Ils répondirent : « Il mérite la mort. »Alors ils lui crachèrent au visage et le rouèrent de coups ; d'autres le giflèrenten disant : « Fais-nous le prophète, Messie ! qui est-ce qui t'a frappé ? »Quant à Pierre, il était assis dehors dans la cour. Une servante s'approcha de lui : « Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen ! »Mais il nia devant tout le monde : « Je ne sais pas ce que tu veux dire. »Comme il se retirait vers le portail, une autre le vit et dit aux gens qui étaient là : « Celui-ci était avec Jésus de Nazareth. »De nouveau, Pierre le nia : « Je jure que je ne connais pas cet homme. »Peu après, ceux qui se tenaient là s'approchèrent de Pierre : « Sûrement, toi aussi, tu fais partie de ces gens-là ; d'ailleurs ton accent te trahit. »Alors, il se mit à protester violemment et à jurer : « Je ne connais pas cet homme. » Aussitôt un coq chanta.Et Pierre se rappela ce que Jésus lui avait dit : « Avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois. » Il sortit et pleura amèrement.Le matin venu, tous les chefs des prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire condamner à mort.Après l'avoir ligoté, ils l'emmenèrent pour le livrer à Pilate, le gouverneur.Alors Judas, le traître, fut pris de remords en le voyant condamné ; il rapporta les trente pièces d'argent aux chefs des prêtres et aux anciens.Il leur dit : « J'ai péché en livrant à la mort un innocent. » Ils répliquèrent : « Qu'est-ce que cela nous fait ? Cela te regarde ! »Jetant alors les pièces d'argent dans le Temple, il se retira et alla se pendre.Les chefs des prêtres ramassèrent l'argent et se dirent : « Il n'est pas permis de le verser dans le trésor, puisque c'est le prix du sang. »Après avoir tenu conseil, ils achetèrent avec cette somme le Champ-du-Potier pour y enterrer les étrangers.Voilà pourquoi ce champ a été appelé jusqu'à ce jour le Champ-du-Sang.Alors s'est accomplie la parole transmise par le prophète Jérémie : Ils prirent les trente pièces d'argent, le prix de celui qui fut mis à prix par les enfants d'Israël,et ils les donnèrent pour le champ du potier, comme le Seigneur me l'avait ordonné.On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur, qui l'interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus déclara : « C'est toi qui le dis. »Mais, tandis que les chefs des prêtres et les anciens l'accusaient, il ne répondit rien.Alors Pilate lui dit : « Tu n'entends pas tous les témoignages portés contre toi ? »Mais Jésus ne lui répondit plus un mot, si bien que le gouverneur était très étonné.Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que la foule demandait.Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas.La foule s'étant donc rassemblée, Pilate leur dit : « Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ? ou Jésus qu'on appelle le Messie ? »Il savait en effet que c'était par jalousie qu'on l'avait livré.Tandis qu'il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : « Ne te mêle pas de l'affaire de ce juste, car aujourd'hui j'ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. »Les chefs des prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus.Le gouverneur reprit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils répondirent : « Barabbas ! »Il reprit : « Que ferai-je donc de Jésus, celui qu'on appelle le Messie ? » Ils répondirent tous : « Qu'on le crucifie ! »Il poursuivit : « Quel mal a-t-il donc fait ? » Ils criaient encore plus fort : « Qu'on le crucifie ! »Pilate vit que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le désordre ; alors il prit de l'eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je ne suis pas responsable du sang de cet homme : cela vous regarde ! »Tout le peuple répondit : « Son sang, qu'il soit sur nous et sur nos enfants ! »Il leur relâcha donc Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et le leur livra pour qu'il soit crucifié.Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans le prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde.Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d'un manteau rouge.Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête ; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s'agenouillaient en lui disant : « Salut, roi des Juifs ! »Et, crachant sur lui, ils prirent le roseau, et ils le frappaient à la tête.Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l'emmenèrent pour le crucifier.En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix.Arrivés à l'endroit appelé Golgotha, c'est-à-dire : Lieu-du-Crâne, ou Calvaire,ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ; il en goûta, mais ne voulut pas boire.Après l'avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ;et ils restaient là, assis, à le garder.Au-dessus de sa tête on inscrivit le motif de sa condamnation : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. »En même temps, on crucifie avec lui deux bandits, l'un à droite et l'autre à gauche.Les passants l'injuriaient en hochant la tête :« Toi qui détruis le Temple et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu, et descends de la croix ! »De même, les chefs des prêtres se moquaient de lui avec les scribes et les anciens, en disant :« Il en a sauvé d'autres, et il ne peut pas se sauver lui-même ! C'est le roi d'Israël : qu'il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui !Il a mis sa confiance en Dieu ; que Dieu le délivre maintenant s'il l'aime ! Car il a dit : 'Je suis Fils de Dieu.' »Les bandits crucifiés avec lui l'insultaient de la même manière.A partir de midi, l'obscurité se fit sur toute la terre jusqu'à trois heures.Vers trois heures, Jésus cria d'une voix forte : « Éli, Éli, lama sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? »Quelques-uns de ceux qui étaient là disaient en l'entendant : « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! »Aussitôt l'un d'eux courut prendre une éponge qu'il trempa dans une boisson vinaigrée ; il la mit au bout d'un roseau, et il lui donnait à boire.Les autres dirent : « Attends ! nous verrons bien si Élie va venir le sauver. »Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l'esprit.Et voici que le rideau du Temple se déchira en deux, du haut en bas ; la terre trembla et les rochers se fendirent.Les tombeaux s'ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent,et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens.A la vue du tremblement de terre et de tous ces événements, le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus, furent saisis d'une grande crainte et dirent : « Vraiment, celui-ci était le Fils de Dieu ! »Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient à distance : elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir.Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.Le soir venu, arriva un homme riche, originaire d'Arimathie, qui s'appelait Joseph, et qui était devenu lui aussi disciple de Jésus.Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna de le lui remettre.Prenant le corps, Joseph l'enveloppa dans un linceul neuf,et le déposa dans le tombeau qu'il venait de se faire tailler dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l'entrée du tombeau et s'en alla.Cependant Marie Madeleine et l'autre Marie étaient là, assises en face du tombeau.Quand la journée des préparatifs de la fête fut achevée, les chefs des prêtres et les pharisiens s'assemblèrent chez Pilate,en disant : « Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur a dit, de son vivant : 'Trois jours après, je ressusciterai.'Donne donc l'ordre que le tombeau soit étroitement surveillé jusqu'au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent voler le corps et ne disent au peuple : 'Il est ressuscité d'entre les morts.' Cette dernière imposture serait pire que la première. »Pilate leur déclara : « Je vous donne une garde ; allez, organisez la surveillance comme vous l'entendez. »Ils partirent donc et assurèrent la surveillance du tombeau en mettant les scellés sur la pierre et en y plaçant la garde.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans Maria Valtorta : Tome 9, chap 19, p 175 - CD9 , piste 65 -
Les disciples se regardent terrifiés. Ils se scrutent, se suspectant l'un l'autre. Pierre fixe l'Iscariote dans un réveil de tous ses doutes. Jude Thaddée se lève brusquement pour regarder à son tour l'Iscariote au-dessus de Mathieu.Mais l'Iscariote a tant d'assurance! À son tour, il regarde fixement Mathieu comme s'il le suspectait, puis il fixe Jésus et sourit en demandant: “Serait-ce moi, celui-là?” Il paraît le plus sûr de son honnêteté et qu'il parle ainsi pour ne pas laisser tomber la conversation.Jésus répète son geste en disant: “Tu le dis, Judas de Simon. Ce n'est pas Moi, c'est toi qui le dis. Je ne t'ai pas nommé. Pourquoi t'accuses-tu? Interroge ton admoniteur intérieur, ta conscience d'homme, la conscience que le Dieu Père t'a donnée pour te conduire en homme, et rends-toi compte si elle t'accuse. Tu le sauras avant tous. Mais si elle te rassure, pourquoi dis-tu une parole et penses-tu à une chose dont il est anathème même d'en parler ou d'y penser par plaisanterie?”Jésus parle avec calme. Il semble qu'il soutienne la thèse proposée comme peut le faire un savant à sa classe. L'émoi est grand, mais le calme de Jésus l'apaise.Cependant Pierre qui soupçonne le plus Judas - peut-être le Thaddée aussi, mais il le paraît moins, désarmé comme il l'est par la désinvolture de l'Iscariote - tire Jean par la manche. Quand Jean, qui s'est tout serré contre Jésus en entendant parler de trahison, se tourne, il lui murmure: “Demande-lui qui c'est.”Jean reprend sa position et lève seulement la tête comme pour baiser Jésus et en même temps Lui murmure à l'oreille: “Maître, qui est-ce?”Et Jésus, très doucement, en lui rendant le baiser dans les cheveux: “Celui auquel je vais donner un morceau de pain trempé.”Et prenant un pain encore entier, pas le reste de celui qui a servi pour l'Eucharistie, en détache une grosse bouchée, la trempe dans la sauce de l'agneau dans le plateau, il allonge le bras au-dessus de la table et dit: “Prends, Judas. Tu aimes cela.”“Merci, Maître. Oui, j'aime cela” et ne sachant pas ce qu'est cette bouchée, il la mange, alors que Jean, horrifié, va jusqu'à fermer ses yeux pour ne pas voir l'horrible rire de l'Iscariote pendant qu'il mange à belles dents le pain accusateur.“Bon! Va, maintenant que je t'ai fait plaisir” dit Jésus à Judas. “Tout est accompli, ici (il marque beaucoup ce mot). Ce qui reste encore à faire ailleurs, fais-le vite, Judas de Simon.”“Je t'obéis de suite, Maître. Ensuite je te rejoindrai au Gethsémani. Tu vas là, n'est-ce pas, comme toujours?”“J'y vais… comme toujours… oui.”“Qu'a-t-il à faire?” demande Pierre. “Il va seul?”“Je ne suis pas un enfant” plaisante Judas qui met son manteau.“Laisse-le aller. Lui et Moi savons ce qu'il y a à faire” dit Jésus.“Oui, Maître.” Pierre se tait. Peut-être pense-t-il qu'il a péché en soupçonnant son compagnon. La main sur le front, il réfléchit.Jésus serre Jean sur son cœur et se tourne pour lui murmurer dans les cheveux: “Ne dis rien à Pierre pour le moment. Ce serait un scandale inutile.”“Adieu, Maître. Adieu, amis.” Judas salue.“Adieu” dit Jésus.Et Pierre: “Je te salue, garçon.”Jean, la tête presque sur le sein de Jésus, murmure: “Satan!” Jésus seul l'entend et soupire. Ici tout s'arrête, mais Jésus dit: “Je suspends par pitié pour toi. Je te donnerai la fin de la Cène à un autre moment.” (la cène continue)Il y a quelques minutes de silence absolu. Jésus a la tête inclinée, en caressant machinalement les cheveux blonds de Jean.Puis il se secoue, lève la tête, tourne son regard, a un sourire qui réconforte les disciples. Il dit: “Quittons la table et asseyons-nous tous les uns près des autres, comme autant de fils autour de leur père.”Ils prennent les lits-sièges qui étaient derrière la table (ceux de Jésus, Jean, Jacques, Pierre, Simon, André et du cousin Jacques) et ils les portent de l'autre côté.Jésus prend place sur le sien, toujours entre Jacques et Jean. Mais quand il voit qu'André va s'asseoir à la place laissée par l'Iscariote, il crie: “Non, pas là.” Un cri impulsif que son extrême prudence ne réussit pas à empêcher. Puis il se reprend en parlant ainsi: “Il n'est Pas besoin de tant de place. En restant assis, on peut tenir sur eux seuls. Ils suffisent. Je vous veux très proches.”Jacques de Zébédée appelle Pierre: “Assieds-toi ici. Moi, je m'assois sur ce petit tabouret, aux pieds de Jésus.”“Que Dieu te bénisse, Jacques! Je le désirais tant!” dit Pierre, et il se serre contre son Maître qui est ainsi serré de près par Jean et Pierre, avec Jacques à ses pieds.Jésus sourit: “Je vois que commence à opérer la parole dite auparavant. Les bons frères s'aiment. Moi aussi, je te dis, Jacques: "Que Dieu te bénisse". Ce geste aussi, l'Éternel ne l'oubliera pas, et tu le trouveras là-haut.Moi je puis tout ce que je demande. Vous l'avez vu. Il a suffi d'un de mes désirs pour que le Père accorde au Fils de se donner en Nourriture à l'homme. Avec ce qui vient d'arriver le Fils de l'homme a été glorifié car c'est un témoignage de pouvoir le miracle qui n'est possible qu'aux amis de Dieu. Plus le miracle est grand et plus est sûre et profonde cette divine amitié. C'est un miracle qui, par sa forme, sa durée et sa nature, par son étendue et les limites qu'il atteint, est le plus fort qui puisse exister. Je vous le dis: il est si puissant, surnaturel, inconcevable pour l'homme orgueilleux, que bien peu le comprendront comme il doit être compris et que beaucoup le négligeront. Que dirai-je alors? Condamnation pour eux? Non. Je dirai: pitié!Mais plus grand est le miracle, plus grande est la gloire qui en revient à son auteur. C'est Dieu Lui-même qui dit: "Voilà, mon bien-aimé a voulu cela, il l'a eu, et c'est Moi qui le Lui ai accordé, parce qu'il possède une grande grâce à mes yeux". Et ici Il dit: "Il a une grâce sans limites comme est infini le miracle accompli par Lui". De même à la gloire qui revient à l'auteur du miracle de la part de Dieu il y a la gloire qui de son auteur revient au Père. Car toute gloire spirituelle, venant de Dieu, revient à sa source. Et la gloire de Dieu, bien qu'elle soit infinie, s'accroît toujours plus et brille par la gloire de ses saints. C'est pourquoi je vous dis: de même que le Fils de l'homme a été glorifié par Dieu, ainsi Dieu a été glorifié par le Fils de l'homme. J'ai glorifié Dieu en Moi-même. À son tour Dieu glorifiera son Fils en Lui. C'est bientôt qu'Il va le glorifier.Exulte, Toi qui reviens à ton Siège, ô Essence spirituelle de la Seconde Personne! Exulte, ô chair qui vas remonter après un si long exil dans la fange. Et ce n'est pas le Paradis d'Adam, mais le Paradis sublime du Père qui va t'être donné comme demeure. S'il a été dit que par la stupeur d'un commandement de Dieu, donné par la bouche d'un homme, le soleil s'est arrêté, que n'arrivera-t-il pas dans les astres quand ils verront le prodige de la Chair de l'Homme monter et prendre place à la droite du Père dans sa Perfection de matière glorifiée? Mes petits enfants, c'est pour peu de temps encore que je reste avec vous. Et vous, ensuite, vous me chercherez comme des orphelins cherchent leur père mort. Et en pleurant, vous irez en parlant de Lui et vous frapperez en vain à son tombeau muet, et puis encore vous frapperez aux portes azurées du Ciel, avec votre âme lancée dans une suppliante recherche d'amour, disant: "Où est notre Jésus? Nous le voulons. Sans Lui, il n'y a plus de lumière dans le monde, ni de joie, ni d'amour. Rendez-le nous, ou bien laissez-nous entrer. Nous voulons être où il est". Mais, pour le moment, vous ne pouvez venir où je vais. Je l'ai dit aussi aux juifs: "Ensuite vous me chercherez, mais où je vais vous ne pouvez venir". Je le dis aussi à vous.Pensez à la Mère… Elle non plus ne pourra venir où je vais. Et pourtant j'ai quitté le Père pour venir à elle et me faire Jésus dans son sein sans tache. Et pourtant c'est de l'Inviolée que je suis venu dans l'extase lumineuse de ma Naissance. Et c'est de son amour, devenu lait, que je me suis nourri. Je suis fait de pureté et d'amour car Marie m'a nourri de sa virginité fécondée par l'Amour parfait qui vit dans le Ciel. Et pourtant c'est par elle que j'ai grandi, en lui coûtant fatigues et larmes… Et pourtant je lui demande un héroïsme tel que jamais il n'en a été accompli, et par rapport auquel celui de Judith et de Jahel sont des héroïsmes de pauvres femmes discutant avec leur rivale près de la fontaine de leur village. Et pourtant personne ne lui est pareil quand il s'agit de m'aimer. Et, malgré cela, je la laisse et je vais où elle ne viendra que dans beaucoup de temps. Pour elle ce n'est pas le commandement que je vous donne à vous: "Sanctifiez-vous année par année, mois par mois, jour par jour, heure par heure, pour pouvoir venir à Moi quand ce sera votre heure". En elle est toute grâce et toute sainteté. C'est la créature qui a tout eu et qui a tout donné. Il n'y a rien à ajouter ni à enlever. C'est le très saint témoignage de ce que peut Dieu.Mais pour être certain qu'il y a en vous la capacité de pouvoir me rejoindre, et d'oublier la douleur du deuil de la séparation de votre Jésus, je vous donne un commandement nouveau. Et c'est que vous vous aimiez les uns les autres. Comme je vous ai aimés, de même aimez-vous l'un l'autre. C'est par cela que l'on saura que vous êtes mes disciples. Quand un père a de nombreux fils, par quoi reconnaît-on qu'ils sont tels? Pas tellement par l'aspect physique - car il y a des hommes qui sont semblables à un autre homme avec lequel ils n'ont aucun rapport de sang ni non plus de nation -mais par l'amour commun pour la famille, pour leur père, et entre eux. Et le père une fois mort, la bonne famille ne se désagrège pas, parce qu'il y a un même sang et que c'est toujours celui qui vient de la semence du père, et il noue des liens que la mort elle-même ne délie pas parce que l'amour est plus fort que la mort. Or, si vous vous aimez même après que je vous aurai quittés, tous reconnaîtront que vous êtes mes fils et par conséquent mes disciples et que vous êtes frères entre vous, ayant eu un seul père.”“Seigneur Jésus, mais où vas-tu?” demande Pierre.“Je vais où, pour le moment, tu ne peux me suivre. Mais plus tard tu me suivras.”“Et pourquoi pas maintenant? Je t'ai toujours suivi depuis que tu m'as dit: "Suis-moi". J'ai tout quitté sans regret… Or, si tu t'en allais sans ton pauvre Simon, en me laissant sans Toi, mon Tout, alors que pour Toi j'ai quitté le peu de bien que j'avais, ce ne serait pas juste ni beau de ta part. Tu vas à la mort? C'est bien. Mais moi aussi je viens. Allons ensemble dans l'autre monde. Mais auparavant je t'aurai défendu. Je suis prêt à donner ma vie pour Toi.”“Tu donneras ta vie pour Moi? Maintenant? Maintenant non. En vérité, oh! c'est en vérité que je te le dis: le coq n'aura pas encore chanté que tu m'auras renié trois fois. Maintenant c'est encore la première veille. Puis viendra la seconde… et puis la troisième. Avant que résonne le chant du coq tu auras par trois fois renié ton Seigneur.”“Impossible, Maître ! Je crois à tout ce que tu dis, mais pas à cela. Je suis sûr de moi.”“Maintenant, pour l'instant tu es sûr, mais c'est parce que tu m'as encore. Tu as Dieu avec toi. D'ici peu le Dieu Incarné sera pris et vous ne l'aurez plus. Et Satan, après vous avoir déjà appesantis - ton assurance elle-même est une ruse de Satan, un poids pour t'appesantir - vous effraiera. Il vous insinuera: "Dieu n'existe pas. Moi j'existe". Et pourtant, bien que votre esprit sera aveuglé par l'épouvante, vous raisonnerez encore, et vous comprendrez que quand Satan est le maître du moment, le Bien est mort et le Mal agissant, l'esprit abattu et l'humain triomphant. Alors vous resterez comme des guerriers sans chef, poursuivis par l'ennemi, et dans votre frayeur de vaincus vous courberez l'échine devant le vainqueur, et pour n'être pas tués vous renierez le héros tombé - Mais, je vous en prie, que votre cœur ne se trouble pas. Croyez en Dieu, et croyez aussi en Moi. Croyez en Moi, contre toutes les apparences. Qu'il croie dans ma miséricorde et dans celle du Père aussi bien celui qui reste que celui qui fuit. Aussi bien celui qui se tait que celui qui ouvrira la bouche pour dire: "Je ne le connais pas". Croyez également dans mon pardon. Et croyez que quelles que soient dans l'avenir vos actions, dans le Bien et dans ma Doctrine, dans mon Église par conséquent, elles vous donneront une même place dans le Ciel. Dans la maison de mon Père il y a beaucoup de demeures. S'il n'en était pas ainsi, je vous l'aurais dit. Car je vais en avant, vous préparer une place pour vous. N'agissent-ils pas ainsi les bons pères quand ils doivent amener ailleurs leur petite famille? Ils vont à l'avance préparer la maison, le mobilier, les provisions, et puis ils viennent prendre leurs enfants les plus chers. Ils agissent ainsi par amour, pour que rien ne manque aux petits et qu'ils ne souffrent pas dans le nouveau village. J'agis de même et pour le même motif. Maintenant je m'en vais. Et quand j'aurai préparé une place pour chacun dans la Jérusalem céleste, je viendrai de nouveau, je vous prendrai avec Moi pour que vous soyez avec Moi où je suis, où il n'y aura ni mort, ni deuil, ni larmes, ni cris, ni faim, ni douleur, ni ténèbres, ni feu, mais seulement lumière, paix, béatitude et chant. Oh! chant des Cieux très hauts quand les douze élus seront sur les trônes avec les douze patriarches des douze tribus d'Israël, et chanteront dans l'ardeur du feu de l'amour spirituel, dressés sur la mer des béatitudes, le cantique éternel qui aura pour arpège l'éternel alléluia de l'armée angélique… Je veux que vous soyez là où je serai. Et vous savez où je vais et vous en connaissez le chemin.”“Mais, Seigneur! Nous ne savons rien. Tu ne nous dis pas où tu vas. Comment pouvons-nous savoir le chemin à prendre pour venir vers Toi et pour abréger l'attente?” dit Thomas.“Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie. Vous me l'avez entendu dire et expliquer plusieurs fois et, en vérité certains, qui ne savaient même pas qu'il existe un Dieu, se sont avancés sur le chemin, sur mon chemin et ont déjà de l'avance sur vous. Oh! où es-tu, brebis perdue de Dieu que j'ai ramenée au bercail? Où es-tu, toi dont l'âme est ressuscitée?”“Qui? De qui parles-tu? De Marie de Lazare? Elle est à côté, avec ta Mère. Tu la veux? Ou bien tu veux Jeanne? Certainement elle est dans son palais, mais si tu veux, nous allons l'appeler…”“Non. Pas elles… Je pense à celle qui ne sera dévoilée que dans le Ciel… et à Fotinaï… Elles m'ont trouvé et n'ont plus quitté mon chemin. À l'une j'ai indiqué le Père comme Dieu vrai et l'Esprit comme lévite dans cette adoration individuelle. À l'autre, qui ne savait même pas qu'elle avait un esprit, j'ai dit: "Mon nom est Sauveur. Je sauve celui qui a bonne volonté de se sauver. Je suis Celui qui cherche ceux qui sont perdus pour leur donner la Vie, la Vérité et la Pureté. Qui me cherche me trouve". Et toutes deux ont trouvé Dieu… Je vous bénis. Eves faibles devenues plus fortes que Judith… Je viens, où vous êtes je viens… Vous me consolez… Soyez bénies!…”“Montre-nous le Père, Seigneur, et nous serons pareilles à elles” dit Philippe.“Depuis si longtemps je suis avec vous, et toi, Philippe, tu ne m'as pas encore connu? Qui me voit mon Père. Comment donc peux-tu dire: "Montre-nous le Père"? Tu n'arrives pas à croire que je suis dans le Père et le Père est en Moi? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de Moi-même. Mais le Père qui demeure en Moi accomplit toutes mes œuvres, et vous ne croyez pas que je suis dans le Père et Lui est en Moi? Que dois-je dire pour vous faire croire? Mais si vous ne croyez pas aux paroles, croyez au moins aux œuvres. Je vous dis et je vous le dis avec vérité: celui qui croit en Moi fera les œuvres que je fais, et en fera encore de plus grandes, parce que je vais au Père. Et tout ce que vous demanderez au Père en mon nom je le ferai pour que le Père soit glorifié en son Fils. Et je ferai ce que vous me demanderez au nom de mon Nom. Mon Nom est connu, pour ce qu'il est réellement, à Moi seul, au Père qui m'a engendré et à l'Esprit qui procède de notre amour. Et par ce Nom tout est possible. Qui pense, à mon Nom avec amour m'aime, et obtient. Mais il ne suffit pas de m'aimer. Il faut observer mes commandements pour avoir le véritable amour. Ce sont les œuvres qui témoignent des sentiments, et au nom de cet amour, je prierai le Père, et Lui vous donnera un autre Consolateur pour qu'Il reste pour toujours avec vous. Quelqu'un que Satan et le monde ne peuvent atteindre, l'Esprit de Vérité que le monde ne peut recevoir et ne peut frapper, car il ne le voit pas et ne le connaît pas. Il s'en moquera. Mais Lui est si élevé que le mépris ne pourra l'atteindre alors que, compatissant au-delà de toute mesure, Il sera toujours avec celui qui l'aime, même s'il est pauvre et faible. Vous le connaîtrez car Il demeure déjà avec vous et bientôt sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins. Je vous l'ai déjà dit: "Je reviendrai à vous". Mais je viendrai avant que ce soit l'heure de venir vous prendre pour aller dans mon Royaume. Je viendrai à vous. D'ici peu, le monde ne me verra plus. Mais vous me voyez et vous me verrez parce que je vis et vous vivez, parce que je vivrai et vous aussi vivrez. Ce jour-là, vous saurez que je suis en mon Père, et vous en Moi, et Moi en vous. En effet, celui qui accueille mes préceptes et les observe, celui-là m'aime, et celui qui m'aime sera aimé de mon Père et il possédera Dieu car Dieu est charité et celui qui aime a Dieu en lui. Et je l'aimerai car en lui je verrai Dieu, et je me manifesterai à lui en me faisant connaître dans les secrets de mon amour, de ma sagesse, de ma Divinité Incarnée. Ce seront mes retours parmi les fils de l'homme que j'aime bien qu'ils soient faibles et même ennemis. Mais ceux-ci seront seulement faibles. Et je les fortifierai et je leur dirai: "Lève-toi!", je dirai: "Viens dehors!", je dirai: "Suis-moi", je dirai: "Écoute", je dirai: "Écris"… et vous êtes parmi ceux-ci.”“Pourquoi, Seigneur, te manifestes-tu à nous et pas au monde?” demande Jude Thaddée.“Parce que vous m'aimez et observez mes paroles. Celui qui agira ainsi sera aimé de mon Père et Nous viendrons à lui et Nous établirons notre demeure chez lui, en lui. Alors que celui qui ne m'aime pas n'observe pas mes paroles et agit selon la chair et le monde. Maintenant sachez que ce que je vous ai dit n'est pas parole de Jésus de Nazareth, mais parole du Père parce que Je suis le Verbe du Père qui m'a envoyé. Je vous ai dit ces choses en parlant ainsi, avec vous, parce que je veux vous préparer Moi-même à la possession complète de la Vérité et de la Sagesse. Mais vous ne pouvez encore comprendre et vous souvenir. Pourtant, quand viendra à vous le Consolateur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, alors vous pourrez comprendre et Lui vous enseignera tout et vous rappellera ce que je vous ai dit.Je vous laisse ma paix. Je vous donne ma paix. Je vous la donne non comme la donne le monde, ni même comme jusqu'à présent je vous l'ai donnée: le salut béni du Béni à ceux qui sont bénis. Plus profonde est la Paix que maintenant je vous donne. En cet adieu, je vous communique Moi-même, mon Esprit de paix, comme je vous ai communiqué mon Corps et mon Sang, pour qu'en vous reste une force dans la bataille imminente. Satan et le monde vont déchaîner la guerre contre votre Jésus. C'est leur heure. Ayez en vous la Paix, mon Esprit qui est un esprit de paix, car je suis le Roi de la Paix. Ayez-la pour ne pas être trop abandonnés. Celui qui souffre avec la paix de Dieu en lui, souffre mais sans blasphème et sans désespoir. Ne pleurez pas. Vous avez bien entendu que j'ai dit: "Je vais au Père et puis je reviendrai". Si vous m'aimiez au-delà de la chair vous vous réjouiriez, car je vais au Père après un si long exil… Je vais vers Celui qui est plus grand que Moi et qui m'aime. Je vous l'ai dit maintenant, avant que cela s'accomplisse, comme je vous ai dit toutes les souffrances du Rédempteur avant d'aller vers elles afin que, quand tout sera accompli, vous croyiez toujours plus en Moi. Ne vous troublez pas ainsi! Ne vous effrayez pas. Votre cœur a besoin d'équilibre… Je n'ai plus que peu à vous parler… et j'ai encore tant à dire! Arrivé au terme de mon évangélisation, il me semble n'avoir encore rien dit et tant, tant, tant il reste encore à faire. Votre état augmente cette sensation. Et que dirai-je, alors? Que j'ai manqué à mon devoir? Ou que vous êtes si durs de cœur que cela n'a servi à rien? Vais-je douter? Non. Je me fie à Dieu et je vous confie à Lui vous, mes bien-aimés. Lui accomplira l'œuvre de son Verbe. Je ne suis pas comme un père qui meurt et n'a d'autre lumière que l'humaine. J'espère en Dieu., Et même en sentant en Moi se presser tous les conseils dont je vois que vous avez besoin et en voyant fuir le temps, je vais tranquille vers mon sort. Je sais que sur les semences tombées en vous, va descendre une rosée qui les fera toutes germer, et puis viendra le soleil du Paraclet, et elles deviendront un arbre puissant. Il va venir le prince de ce monde, avec qui je n'ai rien à faire. Et, si ce n'avait été dans un but de rédemption, il n'aurait rien pu sur Moi. Mais cela arrive afin que le monde sache que j'aime le Père et que je l'aime jusqu'à l'obéissance qui me soumet à la mort et que je fais ce qu'Il m'a ordonné.C'est l'heure de partir. Levez-vous, et écoutez les ultimes paroles. Je suis la vraie Vigne et c'est mon Père qui la cultive. Tout sarment qui ne porte pas de fruit Lui le coupe et celui qui porte du fruit Il le taille pour qu'il en porte encore plus. Vous êtes déjà purifiés par ma parole. Demeurez en Moi et Moi en vous pour continuer à être tels. Le sarment détaché de la vigne ne peut faire de fruit. Il en est ainsi pour vous si vous ne restez pas en Moi. Je suis la Vigne et vous les sarments. Celui qui reste uni à Moi porte des fruits abondants. Mais si l'un se détache, il devient un rameau sec que l'on jette au feu et que l'on brûle, car sans l'union avec Moi, vous ne pouvez rien faire. Restez donc en Moi, et que mes paroles restent en vous, puis demandez ce que vous voulez et cela vous sera fait. Mon Père sera toujours d'autant plus glorifié que vous porterez davantage de fruit et que vous serez davantage mes disciples. Comme le Père m'a aimé, il en est de même pour Moi avec vous. Demeurez dans mon amour qui sauve. En m'aimant vous serez obéissants, et l'obéissance fait croître l'amour réciproque. Ne dites pas que je me répète. Je connais votre faiblesse, et je veux que vous vous sauviez. Je vous ai dit ces choses pour que la joie que j'ai voulu vous donner soit en vous et soit complète. Aimez-vous, aimez-vous! C'est mon nouveau commandement. Aimez-vous réciproquement plus que chacun de vous ne s'aime lui-même. Il n'y a pas de plus grand amour que celui de qui donne sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis et Moi, je donne ma vie pour vous. Faites ce que je vous enseigne et commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître, alors que vous, vous savez ce que je fais. Vous savez tout de Moi. Je vous ai manifesté non seulement Moi-même, mais aussi le Père et le Paraclet, et tout ce que j'ai entendu de Dieu. Ce n'est pas vous qui vous êtes choisis. Mais c'est Moi qui vous ai choisis et je vous ai élus pour que vous alliez parmi les peuples et que vous fassiez du fruit en vous et dans les cœurs de ceux qui seront évangélisés, et que votre fruit demeure, et que le Père vous donne tout ce que vous demanderez en mon nom.Ne dites pas: "Et alors si tu nous as choisis, pourquoi as-tu choisi un traître? Si tu connais tout, pourquoi as-tu fait cela?" Ne vous demandez pas non plus qui est celui-là. Ce n'est pas un homme, c'est Satan. Je l'ai dit à l'ami fidèle et je l'ai laissé dire par le fils aimé. C'est Satan. Si Satan ne s'était pas incarné, l'éternel singe de Dieu, en une chair mortelle, ce possédé n'aurait pas pu se soustraire à mon pouvoir de Jésus. J'ai dit: "possédé". Non. Il est beaucoup plus: il est anéanti en Satan.”“Pourquoi, Toi qui as chassé les démons, ne l'as-tu pas délivré?” demande Jacques d'Alphée.“Le demandes-tu par amour pour toi, craignant de l'être? Ne le crains pas.”“Moi alors?”“Moi?”“Moi?”“Taisez-vous. Je ne dis pas ce nom. J'use de miséricorde, et vous, faites la même chose.”“Mais pourquoi ne l'as-tu pas vaincu? Tu ne le pouvais pas?”“Je le pouvais. Mais pour empêcher Satan de s'incarner pour me tuer, j'aurais dû exterminer la race humaine avant la Rédemption. Qu'aurais-je racheté alors?”“Dis-le-moi, Seigneur, dis-le-moi!” Pierre s'est glissé à genoux et secoue Jésus avec frénésie, comme s'il était en proie au délire. “Est-ce moi? Est-ce moi? Je m'examine? Il ne me semble pas. Mais Toi… Tu as dit que je te renierai… Et je tremble… Oh! quelle horreur si c'était moi!…”“Non, Simon de Jonas, pas toi.”“Pourquoi m'as-tu enlevé mon nom de "Pierre"? Je suis donc redevenu Simon? Tu le vois? Tu le dis!… C'est moi! Mais comment ai-je pu? Dites-le… dites-le vous… Quand est-ce que j'ai pu devenir traître?… Simon?… Jean?… Mais parlez!…”“Pierre, Pierre, Pierre! Je t'appelle Simon parce que je pense à notre première rencontre quand tu étais Simon. Et je pense comment tu as toujours été loyal dès le premier moment. Ce n'est pas toi. Je te le dis Moi: Vérité.”“Qui alors?”“Mais c'est Judas de Kériot! Tu ne l'as pas encore compris?” crie le Thaddée qui n'arrive plus à se contenir.“Pourquoi ne me l'as-tu pas dit avant? Pourquoi?” crie aussi Pierre.“Silence. C'est Satan. Il n'a pas d'autre nom. Où vas-tu, Pierre?”“Le chercher.”“Dépose tout de suite ce manteau et cette arme. Ou bien je dois te chasser et te maudire?”“Non, non! Oh! mon Seigneur! Mais moi… mais moi… Je suis peut-être malade de délire, moi? Oh! Oh!” Pierre pleure après s'être jeté par terre aux pieds de Jésus.“Je vous donne le commandement de vous aimer et de pardonner. Avez-vous compris? Si dans le monde il y a aussi la haine, qu'en vous il n'y ait que l'amour. Pour tous. Combien de traîtres vous trouverez sur votre route! Mais vous ne devez pas haïr et rendre le mal pour le mal. Autrement le Père vous haïra. Avant vous, j'ai été haï et trahi, Moi. Et pourtant, vous le voyez, je ne hais pas. Le monde ne peut aimer ce qui n'est pas comme lui. Il ne vous aimera donc pas. Si vous lui apparteniez il vous aimerait, mais vous n'êtes pas du monde, car je vous ai pris du milieu du monde, et c'est pour cela que vous êtes haïs.Je vous ai dit: le serviteur n'est pas plus que le maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi. S'ils m'ont écouté, ils vous écouteront vous aussi. Mais ils feront tout à cause de mon nom parce qu'ils ne connaissent pas, ne veulent pas connaître Celui qui m'a envoyé. Si je n'étais pas venu et si je n'avais pas parlé, ils ne seraient pas coupables, mais maintenant leur péché est sans excuse. Ils ont vu mes œuvres, entendu mes paroles, et pourtant ils m'ont haï, et avec Moi le Père, parce que le Père et Moi, nous sommes une seule Unité avec l'Amour. Mais il était écrit: "Tu m'as haï sans raison". Cependant quand sera venu le Consolateur, l'Esprit de vérité qui procède du Père, ce sera Lui qui rendra témoignage de Moi, et vous aussi, vous me rendrez témoignage parce que dès le début vous avez été avec Moi.Ceci je vous le dis pour que, quand ce sera l'heure, vous ne soyez pas abattus et scandalisés. Il va venir le temps où ils vous chasseront des synagogues et où celui qui vous tuera pensera rendre ainsi un culte à Dieu. Ils n'ont connu ni le Père ni Moi. C'est là leur excuse. Je ne vous ai pas dit ces choses en les développant autant avant maintenant, parce que vous étiez comme des enfants à peine nés. Mais maintenant la mère vous quitte. Je m'en vais. Vous devez vous accoutumer à une autre nourriture. Je veux que vous la connaissiez.Personne ne me demande plus: "Où vas-tu?" La tristesse vous rend muets. Et pourtant, c'est un bien pour vous aussi que je m'en aille, autrement le Consolateur ne viendra pas. C'est Moi qui vous l'enverrai. Et quand Il sera venu, par le moyen de la sagesse et de la parole, les œuvres et l'héroïsme qu'Il versera en vous, Il convaincra le monde de son péché déicide et de la justice de ma sainteté. Et le monde sera nettement divisé en réprouvés, ennemis de Dieu, et en croyants. Ces derniers seront plus ou moins saints, selon leur volonté. Mais le jugement du prince du monde et de ses serviteurs sera fait. Je ne puis vous en dire davantage car vous ne pouvez encore comprendre. Mais Lui, le Divin Paraclet, vous donnera la Vérité entière car Il ne parlera pas de Lui-même, mais Il dira tout ce qu'Il aura entendu de l'esprit de Dieu et Il vous annoncera l'avenir. Il prendra ce qui vient de Moi, c'est-à-dire de ce qui encore appartient au Père, et vous le dira.Encore un peu de temps pour se voir, ensuite vous ne me verrez plus. Et ensuite encore un peu de temps, et puis vous me verrez.Vous murmurez entre vous et dans votre cœur. Écoutez une parabole. La dernière de votre Maître.Quand une femme a conçu et arrive à l'heure de l'enfantement, elle est dans une grande affliction car elle souffre et gémit. Mais quand son petit enfant est venu au jour, et qu'elle le serre sur son cœur, toute peine cesse et la tristesse se change en joie parce qu'un homme est venu au monde.Ainsi pour vous. Vous pleurerez et le monde rira de vous, mais ensuite votre tristesse se changera en joie. Une joie que le monde ne connaîtra jamais. Vous êtes tristes maintenant, mais quand vous me reverrez, votre cœur deviendra plein d'une joie que personne n'aura plus le pouvoir de vous ravir. Une joie tellement pleine qu'elle estompera tout besoin de demander à la fois pour l'esprit et pour le cœur et pour la chair. Vous vous repaîtrez seulement de ma vue, oubliant toute autre chose. Mais justement, à partir de ce moment-là vous pourrez tout demander en mon nom, et cela vous sera donné par le Père pour que vous ayez toujours plus de joie. Demandez, demandez. Et vous recevrez.L'heure vient où je pourrai vous parler ouvertement du Père. Ce sera parce que vous aurez été fidèles dans l'épreuve et tout sera surmonté. Votre amour sera parfait du fait qu'il vous aura donné la force dans l'épreuve. Et ce qui vous manquera, je vous l'ajouterai en le prenant de mon immense trésor et en disant: "Père, tu le vois. Ils m'ont aimé en croyant que je suis venu de Toi". Descendu dans le monde, maintenant je le quitte et je vais au Père, et je prierai pour vous.”“Oh! maintenant, tu t'expliques. Maintenant nous savons ce que tu veux dire et que tu sais tout et que tu réponds sans que personne t'interroge. Vraiment tu viens de Dieu!”“Vous croyez maintenant? À la dernière heure? Cela fait trois ans que je vous parle! Mais déjà en vous opère le Pain qui est Dieu et le Vin qui est Sang qui n'est pas venu de l'homme et vous donne le premier frisson de la déification. Vous deviendrez des dieux si vous persévérez dans mon amour et dans ma possession. Non pas comme l'a dit Satan à Adam et Eve, mais comme je vous le dis. C'est le vrai fruit de l'arbre du Bien et de la Vie. Le Mal est vaincu en qui s'en nourrit, et la Mort est morte. Qui en mange vivra éternellement et deviendra "dieu" dans le Royaume de Dieu. Vous serez des dieux si vous restez en Moi. Et pourtant voilà… bien qu'ayant en vous ce Pain et ce Sang, puisque arrive l'heure où vous serez dispersés, vous vous en irez pour votre compte et vous me laisserez seul… Mais je ne suis pas seul. J'ai le Père avec Moi. Père, Père! Ne m'abandonne pas! Je vous ai tout dit… Pour vous donner la paix, ma paix. Vous serez encore opprimés. Mais ayez foi. J'ai vaincu le monde.”Jésus se lève, ouvre les bras en croix et dit avec un visage lumineux la sublime prière au Père. Jean la rapporte intégralement.Les apôtres pleurent plus ou moins ouvertement et bruyamment.Pour finir, ils chantent un hymne.Jésus les bénit, puis il ordonne: “Mettons nos manteaux maintenant et partons. André, dis au chef de maison de laisser tout ainsi, par ma volonté. Demain… cela vous fera plaisir de revoir ce lieu.” Jésus le regarde. Il paraît bénir les murs, le mobilier, tout. Puis il prend son manteau et s'éloigne, suivi des disciples. Près de Lui se trouve Jean auquel il s'appuie.“Tu ne salues pas la Mère?” Lui demande le fils de Zébédée.“Non. Tout est déjà fait. Ne faites pas de bruit.”Simon, qui a allumé une torche à la lampe, éclaire le vaste corridor qui va à la porte. Pierre ouvre avec précaution le portail et ils sortent tous sur le chemin et puis, faisant jouer une clef, ils ferment du dehors et ils se mettent en route. Jésus dit:“De l'épisode de la Cène, en plus de la considération de la charité d'un Dieu qui se fait nourriture pour les hommes, ressortent quatre enseignements principaux.Un: la nécessité pour tous les fils de Dieu d'obéir à la Loi.La Loi disait que l'on devait pour Pâque consommer l'agneau selon le rituel donné par le Très-Haut à Moïse et Moi, vrai Fils du vrai Dieu, je ne me suis pas considéré, à cause de ma qualité divine, comme exempt de la Loi. J'étais sur la Terre: Homme parmi les hommes et Maître des hommes. Je devais donc faire mon devoir d'homme envers Dieu comme les autres et mieux qu'eux. Les faveurs divines n'exemptent pas de l'obéissance et de l'effort vers une sainteté toujours plus grande. Si vous comparez la sainteté la plus élevée à la perfection divine, vous la trouvez toujours pleine de défauts et par conséquent obligée de s'efforcer elle-même de les éliminer et de rejoindre un degré de perfection autant que possible semblable à celui de Dieu.Deux: la puissance de la prière de Marie.J'étais Dieu fait Chair. Une Chair qui pour être sans tache possédait la force spirituelle pour dominer la chair. Et pourtant je ne refuse pas, j'appelle au contraire l'aide de la Pleine de Grâce, qui même en cette heure d'expiation aurait trouvé, c'est vrai, sur sa tête le Ciel fermé, mais pas au point de ne pas réussir à en détacher un ange, Elle, Reine des Anges, pour réconforter son Fils. Oh! non pas pour elle, la pauvre Maman! Elle aussi a goûté l'amertume de l'abandon du Père, mais par sa douleur offerte pour la Rédemption elle m'a obtenu de pouvoir surmonter l'angoisse du Jardin des Oliviers et porter à terme la Passion dans toute sa multiforme âpreté dont chacune visait à laver une forme et un moyen de péché.Trois: la maîtrise de soi-même et l'endurance de l'offense, charité sublime par dessus tout, ne peuvent l'avoir que ceux qui font vie de leur vie la Loi de Charité, que j'avais proclamée. Et non seulement proclamée, mais pratiquée réellement.Qu'a pu être pour Moi d'avoir avec Moi à ma table celui qui me trahissait, de devoir me donner à lui, de devoir m'humilier à lui, de devoir partager avec lui le calice rituel et de poser mes lèvres là où lui les avait posées et de les faire poser à ma Mère, vous ne pouvez pas l'imaginer. Vos médecins ont discuté et discutent sur la rapidité de ma fin et lui donnent pour origine une lésion cardiaque due aux coups de la flagellation. Oui, pour ces coups aussi mon cœur était devenu malade. Mais il l'était déjà depuis la Cène. Brisé, brisé dans l'effort de devoir subir à côté de Moi le Traître. J'ai commencé alors de mourir physiquement. Le reste n'a été qu'une aggravation de l'agonie qui existait déjà. Tout ce que j'ai pu faire, je l'ai fait car je n'étais qu'un avec la Charité. Même à l'heure où le Dieu-Charité s'éloignait de Moi, j'ai su être charité, car dans mes trente-trois années, j'avais vécu de charité. On ne peut arriver à une perfection telle que celle qui demande de pardonner et de supporter celui qui nous offense si on n'a pas l'habitude de la charité. Moi, je l'avais et j'ai pu pardonner et supporter ce chef-d'œuvre d'Offenseur que fut Judas.Quatre: le Sacrement opère d'autant plus que l'on est digne de le recevoir. Si on s'en est rendu digne par une constante volonté qui brise la chair et rend l'esprit souverain, en vainquant les concupiscences, en pliant l'être aux vertus, en le tendant comme un arc vers la perfection des vertus et surtout de la Charité.En effet quand quelqu'un aime, il tend à réjouir celui qu'il aime. Jean, qui m'aimait comme personne et qui était pur, eut du Sacrement le maximum de transformation. Il commença à partir de ce moment à être l'aigle auquel il est familier et facile de s'élever jusqu'au Ciel de Dieu et de fixer le Soleil éternel. Mais malheur à celui qui reçoit le Sacrement sans en être tout à fait digne, mais qui au contraire a fait croître sa constante indignité humaine par les fautes mortelles. Alors il devient non pas un germe de préservation et de vie, mais de corruption et de mort. Mort de l'esprit et putréfaction de la chair qui en "crève", comme dit Pierre de celle de Judas. Elle ne répand pas le sang, liquide toujours vital et beau dans sa pourpre, mais son intérieur noirci par toutes les passions, pourriture qui se déverse de la chair décomposée comme de la charogne d'un animal immonde, objet de dégoût pour les passants. La mort de celui qui profane le Sacrement est toujours la mort d'un désespéré et ne connaît donc pas le tranquille trépas propre à celui qui est en grâce, ni l'héroïque trépas de la victime qui souffre d'une manière aiguë mais avec le regard fixé au Ciel et l'âme assurée de la paix. La mort du désespéré est marquée de contorsions et de terreurs atroces, c'est une convulsion horrible de l'âme déjà saisie par la main de Satan qui l'étrangle pour l'arracher à la chair et la suffoque par sa respiration nauséabonde. Voilà la différence entre celui qui passe à l'autre vie après s'y être nourri de charité, de foi, d'espérance et de toute autre vertu et doctrine céleste et du Pain angélique qui l'accompagne avec ses fruits, mieux si de sa présence réelle, dans le dernier voyage, et celui qui trépasse après une vie de brute avec une mort de brute que la Grâce et le Sacrement ne réconfortent pas. La première, c'est la fin sereine du saint auquel la mort ouvre le Royaume éternel. La seconde, c'est la chute effrayante du damné qui se sent précipité dans la mort éternelle et connaît en un instant ce qu'il a voulu perdre sans pouvoir désormais y porter remède. Pour l'un c'est l'enrichissement, pour l'autre le dépouillement. Pour l'un la joie, pour l'autre la terreur.Voilà ce que vous vous donnez selon votre foi et votre amour, ou votre incroyance et le mépris de mon don. C'est l'enseignement de cette contemplation.” (...)Jésus dit:“Horrible, mais pas inutile. Trop de gens croient que Judas a commis une chose de peu d'importance. Certains arrivent même à dire qu'il a eu du mérite car sans lui la Rédemption ne serait pas venue et par conséquent il est justifié devant Dieu.En vérité je vous dis que si l'Enfer n'avait pas déjà existé, et existé parfait en ses tourments, il aurait été créé pour Judas encore plus horrible et éternel, parce que de tous les pécheurs et de tous les damnés il est le plus damné et le plus pécheur, et pour lui éternellement il n'y aura pas d'adoucissement de sa condamnation.Le remords aurait pu aussi le sauver, s'il avait fait du remords un repentir. Mais lui n'a pas voulu se repentir. Au premier crime de trahison, encore pardonnable à cause de la grande miséricorde qu'est mon affectueuse faiblesse, il a joint les blasphèmes, les résistances aux voix de la Grâce qui voulaient encore lui parler à travers les souvenirs, à travers les terreurs, à travers mon Sang et mon manteau, à travers mon regard, à travers les traces de l'institution de l'Eucharistie, à travers les paroles de ma Mère. Il a résisté à tout. Il a voulu résister comme il avait voulu trahir. Comme il a voulu maudire. Comme il a voulu se suicider. C'est la volonté qui compte dans les choses, dans le bien comme dans le mal.Quand quelqu'un tombe sans la volonté de tomber, je pardonne. Tu vois Pierre. Il m'a renié. Pourquoi? Il ne le savait même pas lui exactement. Un lâche, Pierre? Non. Mon Pierre n'était pas un lâche. Contre la cohorte et les gardes du Temple il avait osé frapper Malchus pour me défendre et risqué d'être tué de ce fait. Ensuite, il S'était enfui, sans avoir la volonté de le faire. Ensuite, il avait renié, sans avoir la volonté de le faire. Par la suite, il a bien su rester et avancer sur le chemin sanglant de la Croix, sur mon Chemin, jusqu'à arriver à la mort de la croix. Il a su par la suite donner de Moi un excellent témoignage au point d'être tué à cause de sa foi intrépide. Je le défends, mon Pierre. Sa défaillance a été la dernière de son humanité, mais sa volonté spirituelle n'était pas présente à ce moment. Elle dormait, émoussée par le poids de son humanité. Quand elle s'éveilla, elle ne voulut pas rester dans le péché et voulut être parfaite. Je lui ai pardonné tout de suite.Judas n'as pas voulu. Tu dis qu'il paraissait fou et enragé. il l'était d'une rage satanique. Sa terreur à la vue du chien, animal rare, en particulier à Jérusalem, venait du fait qu'on l'attribuait à Satan, depuis un temps immémorial, cette forme pour apparaître aux mortels. Dans les livres de magie, on dit encore qu'une des formes préférées de Satan pour apparaître est celle d'un chien mystérieux ou d'un chat ou d'un boue. Judas, déjà en proie à la terreur qui lui venait de son crime, convaincu qu'il appartenait à Satan à cause de ce crime, vit Satan en cette bête errante.Celui qui est coupable voit en tout des ombres de peur. C'est sa conscience qui les crée. Ensuite Satan excite ces ombres qui pourraient encore donner le repentir à un cœur, et en fait des larves horribles qui amènent au désespoir. Et le désespoir porte au dernier crime, au suicide. À quoi bon jeter le prix de la trahison, quand ce dépouillement n'est le fruit que de la colère et n'est pas fortifié par une volonté droite de se repentir? Dans ce cas, se dépouiller des fruits du mal devient méritoire, mais comme il l'a fait, non. Sacrifice inutile.Ma Mère, et c'était la Grâce qui parlait et la Trésorière qui donnait le pardon en mon nom, lui dit: "Repens-toi, Judas. Il pardonne…" Oh! si je lui aurais pardonné! S'il s'était jeté aux pieds de la Mère en disant: "Pitié!", elle, la Mère de Pitié, l'aurait recueilli comme un blessé et sur ses blessures sataniques, par lesquelles l'Ennemi lui avait inoculé le Crime, aurait répandu ses larmes qui sauvent et me l'aurait amené, au pied de la Croix, en le tenant par la main pour que Satan ne pût le saisir et les disciples le frapper, amené pour que mon Sang tombât d'abord sur lui, le plus grand des pécheurs. Et elle aurait été, elle, la Prêtresse admirable sur son autel, entre la Pureté et la Faute, parce qu'elle est la Mère des vierges et des saints, mais aussi la Mère des pécheurs.Mais lui n'a pas voulu. Méditez le pouvoir de la volonté dont vous êtes les arbitres absolus. Par elle vous pouvez avoir le Ciel ou l'Enfer. Méditez ce que veut dire persister dans la faute.Le Crucifié, Celui qui se tient les bras ouverts et attachés pour vous dire qu'il vous aime, et qu'il ne veut pas vous frapper, qu'il ne peut vous frapper parce qu'il vous aime et préfère se refuser de pouvoir vous embrasser, unique douleur de son état de crucifié, plutôt que d'avoir la liberté de vous punir, le Crucifié, objet de divine espérance pour ceux qui se repentent et veulent quitter la faute, devient pour les impénitents un objet d'une telle horreur qu'elle les fait blasphémer et user de violence envers eux-mêmes. Meurtriers de leur esprit et de leur corps à cause de leur persistance dans la faute. Et la vue de Celui qui est doux, qui s'est laissé immoler dans l'espoir de les sauver, prend l'apparence d'un spectre horrifiant. Maria, tu t'es lamentée de cette vision. Mais c'est le Vendredi de la Passion, ma fille. Tu dois souffrir. Aux souffrances que tu endures à cause de mes souffrances et de celles de Marie, tu dois joindre tes souffrances à cause de l'amertume de voir les pécheurs rester pécheurs. Elle a été notre souffrance, celle-là. Elle doit être la tienne. Marie a souffert et souffre encore de cela, comme de mes tortures. Tu dois donc souffrir cela. Maintenant, repose. Dans trois heures tu seras toute mienne et de Marie. Je te bénis, violette de ma passion et passiflore de Marie.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie.