"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe Paul VI
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
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Dimanche 25 avril 2010, Quatrième dimanche de Pâques

Évangile de Jésus-Christ selon saint saint Jean 10,27-30.
Jésus avait dit aux Juifs : « Je suis le Bon Pasteur (le vrai berger).» Il leur dit encore : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut rien arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 7, Ch 234, p 553 - CD 7 (2ème cd), piste 111 -
Il n'est pas possible de rester immobile dans la matinée froide et venteuse. Au sommet du Moriah, le vent qui vient du nord-est s'abat piquant, faisant envoler les vêtements et rougissant les visages et les yeux. Et pourtant il y a des gens qui sont montés au Temple pour les prières. Manquent au contraire tous les rabbis avec leurs groupes particuliers d'élèves, et le Portique paraît plus vaste, et surtout plus digne, en l'absence des rassemblements tapageurs et pompeux qui l'occupent d'ordinaire. Et ce doit être une chose très étrange de le voir si vide, car tout le monde s'en étonne comme d'une chose inhabituelle, et Pierre en est même méfiant. Mais Thomas, qui semble encore plus robuste, enveloppé comme il l'est dans un ample et lourd manteau, dit: “Ils se seront enfermés dans quelque pièce de peur de perdre la voix. Tu les regrettes?” et il rit. “Moi, non! Si je pouvais ne jamais plus les voir! Mais je ne voudrais pas que ce fût…” et il regarde l'Iscariote qui ne parle pas, mais qui saisit le coup d'œil de Pierre et dit: “Ils ont vraiment promis de ne pas donner d'autres ennuis, sauf dans le cas où le Maître les… scandaliserait. Certainement ils seront sur leurs gardes, mais puisque ici on ne pèche pas et on n'offense pas, ils sont absents.” “Cela vaut mieux ainsi, et que Dieu te bénisse, garçon, si tu as réussi à les rendre raisonnables.” Il est encore de bonne heure. Il y a peu de gens dans le Temple. Je dis “peu”, et c'est ce qu'il semble, étant donné son immensité qui pour paraître plein a besoin de masses de peuple. Deux ou trois cent personnes ne se voient même pas dans cet ensemble de cours, de portiques, d'atriums, de corridors… Jésus, seul Maître dans le vaste Portique des Païens, va et vient en parlant avec les siens et avec les disciples qu'il a déjà trouvés dans l'enceinte du Temple. Il répond à leurs objections et à leurs questions, éclaire des points qu'eux n'ont pas su éclairer, pour eux-mêmes et pour les autres. Arrivent deux gentils, ils le regardent et s'en vont sans rien dire. Il passe des gens attachés au Temple, ils le regardent mais ne disent rien eux non plus. Quelques fidèles s'approchent, saluent, écoutent, mais ils sont encore peu nombreux. “Restons-nous encore ici?” demande Barthélemy. “Il fait froid et il n'y a personne. Pourtant cela fait plaisir d'être ici ainsi en paix. Maître, aujourd'hui tu es vraiment dans la Maison de ton Père et en Maître” dit en souriant Jacques d'Alphée, et il ajoute: “C'est ainsi que devait être le Temple quand il y avait Néhémie et les rois sages et pieux.” “Moi, je dirais de partir. De là, ils nous épient…” dit Pierre. “Qui? Les pharisiens?” “Non. Ceux qui sont passés avant et d'autres. Partons, Maître…” “J'attends des malades. Ils m'ont vu entrer dans la ville; le bruit s'est certainement répandu. Ils vont venir quand il fera plus chaud. Restons au moins jusqu'au tiers de sexte” répond Jésus. Et il recommence à faire les cents pas pour ne pas rester immobile dans l'air froid. En effet, après quelque temps, quand le soleil cherche à adoucir les effets de la tramontane, une femme arrive avec une fillette malade et elle demande sa guérison. Jésus la satisfait. La femme dépose son obole aux pieds de Jésus en disant: “C'est pour les autres enfants qui souffrent.” L'Iscariote ramasse l'argent. Plus tard, sur un brancard, on apporte un homme âgé dont les jambes sont malades. Et Jésus le guérit. En troisième lieu arrive un groupe de personnes qui prient Jésus de sortir hors des murs du Temple pour chasser le démon d'une fillette dont les cris déchirants se font entendre jusqu'à l'intérieur. Et Jésus se dirige derrière eux, en sortant sur la route qui mène à la ville. Des gens, parmi lesquels il y a des étrangers, se sont serrés autour de ceux qui tiennent la fillette qui écume et se débat en chavirant les yeux. Des gros mots de toutes sortes sortent de ses lèvres et sortent d'autant plus que Jésus s'approche d'elle, de même elle se débat plus fortement. C'est avec peine que la tiennent quatre hommes jeunes et robustes. Et avec les insultes, sortent des cris de reconnaissance pour le Christ, et des supplications angoissées de l'esprit qui la possède pour qu'on ne le chasse pas, et aussi des vérités, répétées avec monotonie: “Allez! Ne me faites pas voir ce maudit! Va-t'en! Va-t'en! Cause de notre ruine. Je sais qui tu es. Tu es… Tu es le Christ. Tu es… Tu n'as pas reçu d'autre onction que celle de là-haut. La puissance du Ciel te couvre et te défend. Je te hais! Maudit! Ne me chasse pas. Pourquoi nous chasses-tu et ne veux-tu pas de nous alors que tu gardes près de Toi une légion de démons dans un seul? Ne sais-tu pas que l'enfer tout entier est dans un seul? Si, tu le sais… Laisse-moi ici, au moins jusqu'à l'heure de…” La parole s'arrête parfois comme étranglée, d'autres fois elle change, ou s'arrête avant, ou se prolonge à travers des cris inhumains comme quand il crie: “Laisse-moi entrer au moins en lui. Ne m'envoie pas là-bas dans l'Abîme! Pourquoi nous hais-tu, Jésus, Fils de Dieu? Est-ce que cela ne te suffit pas ce que tu es? Pourquoi veux-tu aussi nous commander? Nous ne voulons pas de tes ordres, nous! Pourquoi es-tu venu pour nous persécuter, si nous, nous t'avons renié? Va-t'en! Ne nous verse pas dessus les feux du Ciel! Tes yeux! Quand ils seront éteints, nous rirons… Ah! Non! Pas même alors… Tu nous vaines! Tu nous vaines! Sois maudit Toi et le Père qui t'a envoyé, et Celui qui vient de vous et est vous… Aaaah!” Le dernier cri est vraiment épouvantable, le cri d'une créature égorgée dans laquelle entre lentement le fer homicide, et il a commencé du fait que Jésus, après avoir arrêté plusieurs fois, par commandement mental, les paroles de l'obsédée, y met fin en touchant d'un doigt le front de la fillette. Et le cri se termine dans une convulsion horrible jusqu'à ce que, avec un fracas qui tient du ricanement et du cri d'un animal de cauchemar, le démon la quitte en criant: “Mais je ne vais pas loin… Ha! Ha! Ha!” suivi immédiatement d'un bruit sec comme celui de la foudre, bien que le ciel soit absolument clair. Beaucoup s'en vont terrorisés. D'autres s'approchent encore davantage pour observer la fillette qui s'est calmée tout d'un coup en s'affaissant dans les bras de ceux qui la tenaient. Elle reste ainsi quelques instants, et puis elle ouvre les yeux, sourit, se voit parmi les gens sans voile sur le visage et sur la tête, et elle baisse son visage pour le cacher sur le bras qu'elle lève. Ceux qui l'accompagnent voudraient qu'elle remercie le Maître, mais il dit: “Laissez-la dans sa pudeur. Son âme me remercie déjà. Reconduisez-la à sa maison, chez sa mère. C'est sa place de fillette…” et il tourne le dos aux gens pour rentrer dans le Temple, à la place qu'il occupait. “Tu as vu, Seigneur, que plusieurs juifs étaient venus derrière nous? J'en ai reconnu quelques-uns… Les voilà! Ce sont ceux qui nous épiaient avant. Regarde comme ils discutent entre eux…” dit Pierre. “Ils sont en train de décider dans lequel d'entre eux le diable est entré. Il y a aussi Nahum, l'homme de confiance de Anna. C'est l'homme de la situation…” dit Thomas. “Oui. Et tu n'as pas vu parce que tu avais le dos tourné, mais le feu s'est ouvert justement sur sa tête” dit André qui en claque des dents. “J'étais près de lui, et j'ai eu une peur!…” “Vraiment, ils étaient tous unis, eux. Pourtant j'ai vu le feu s'ouvrir sur nous et j'ai cru mourir… J'ai même tremblé pour le Maître. Il paraissait vraiment suspendu au-dessus de sa tête” dit Mathieu. “Mais non. Moi, au contraire, je l'ai vu sortir de la fillette et éclater sur le mur du Temple” réplique Lévi, le berger disciple. “Ne discutez pas entre vous. Le feu n'a indiqué ni celui-ci, ni celui-là. Il a été seulement le signe que le démon s'était enfui” dit Jésus. “Mais il a dit qu'il n'allait pas loin!…” objecte André. “Paroles de démon… Il ne faut pas les écouter. Louons plutôt le Très-Haut pour ces trois fils d'Abraham guéris dans leur corps et leur âme.” Pendant ce temps un grand nombre de juifs sortis d'ici ou de là - mais il n'y a dans leur groupe ni un pharisien, ni un scribe, ni un prêtre - s'approchent de Jésus et l'entourent, et l'un d'eux s'avance en disant: “De grandes choses tu as faites en ce jour! Vraiment des œuvres de prophète et de grand prophète. Et les esprits des abîmes ont dit de Toi de grandes choses, mais leurs paroles ne peuvent être acceptées si ta parole ne les confirme pas. Nous sommes effrayés à cause de ces paroles, mais nous craignons aussi une grande tromperie car on sait que Belzébuth est un esprit de mensonge. Nous ne voudrions pas nous tromper, ni être trompés. Dis-nous donc qui tu es, de ta bouche de vérité et de justice.” “Et ne vous l'ai-je pas dit de nombreuses fois qui je suis? Cela fait presque trois ans que je vous le dis, et avant Moi vous l'a dit Jean au Jourdain et la Voix de Dieu venue des Cieux.” “C'est vrai. Mais nous n'y étions pas les autres fois. Nous… Toi qui es juste, tu dois comprendre notre angoisse. Nous voudrions croire en Toi comme Messie. Mais trop de fois, désormais, le peuple de Dieu a été trompé par de faux Christ. Console notre cœur qui espère et qui attend, par une parole assurée, et nous t'adorerons.” Jésus les regarde sévèrement. Ses yeux semblent percer leur chair et mettre leurs cœurs à nu. Puis il dit: “En vérité de nombreuses fois les hommes savent mieux que Satan dire des mensonges. Non, vous ne m'adorerez pas. Jamais. Quoi que je vous dise. Et même si vous arriviez à le faire, qui adoreriez-vous?” “Qui? Mais notre Messie!” “Vous vaudriez tant? Qui est pour vous le Messie? Répondez pour que je sache ce que vous valez.” “Le Messie? Mais le Messie est celui qui, par ordre de Dieu, réunira Israël dispersé et en fera un peuple triomphal sous le pouvoir duquel sera le monde. Et quoi? Tu ne sais pas ce qu'est le Messie?” “Je le sais comme vous vous ne le savez pas. Donc pour vous c'est un homme qui, surpassant David et Salomon et Judas Maccabée, fera d'Israël la Nation qui sera la reine du monde?” “C'est cela. Dieu l'a promis. Toute vengeance, toute gloire, toute revendication viendra du Messie promis.” “Il est dit: "Tu n'adoreras pas d'autre que le Seigneur ton Dieu". Pourquoi alors m'adoreriez-vous si vous ne pouviez voir en Moi que l'Homme-Messie?” “Et quoi d'autre devons-nous voir en Toi?” “Quoi? Et c'est avec ces sentiments que vous venez m'interroger? Races de vipères sournoises et venimeuses! Et sacrilèges aussi. Car, si en Moi vous ne pouviez voir autre chose que le Messie humain et m'adoriez, vous seriez idolâtres. C'est à Dieu seul qu'il faut donner l'adoration. Et en vérité, je vous dis une fois encore que Celui qui vous parle est plus que le Messie que vous vous représentez avec une mission et des fonctions et des pouvoirs que vous, dépourvus d'esprit et de sagesse, vous imaginez. Le Messie ne vient pas pour donner à son peuple un royaume tel que vous le croyez. Il ne vient pas exercer des vengeances sur d'autres puissants. Son Royaume n'est pas de ce monde et sa puissance dépasse tout autre pouvoir limité de ce monde.” “Tu nous mortifies, Maître. Si tu es Maître et si nous sommes ignorants, pourquoi ne veux-tu pas nous instruire?” “Cela fait trois ans que je le fais, et vous êtes de plus en plus dans les ténèbres parce que vous repoussez la Lumière.” “C'est vrai. C'est peut-être vrai. Mais ce qui a été dans le passé peut ne plus être dans l'avenir. Et quoi? Toi qui as pitié des publicains et des courtisanes et tu absous les pécheurs, veux-tu être sans pitié pour nous, seulement parce que nous avons la tête dure et que nous avons du mal à comprendre qui tu es?” “Ce n'est pas que vous avez du mal. C'est que vous ne voulez pas comprendre. Être hébété ne serait pas une faute. Dieu a tant de lumières qu'Il pourrait faire la lumière dans l'intelligence la plus obtuse mais pleine de bonne volonté. C'est elle qui manque en vous, et même vous avez une volonté opposée. C'est pour cela que vous ne comprenez pas qui je suis.” “C'est peut-être comme tu dis. Tu vois comme nous sommes humbles. Mais nous t'en prions au nom de Dieu, réponds à nos questions. Ne nous tiens pas davantage en suspens. Jusqu'à quand notre esprit devra-t-il demeurer incertain? Si tu es le Christ, dis-le-nous ouvertement.” “Je vous l'ai dit. Dans les maisons, sur les places, sur les routes, dans les villages, sur les monts, le long des fleuves, en face de la mer, devant les déserts, dans le Temple, dans les synagogues, sur les marchés je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas. Il n'y a pas de lieu en Israël qui n'ait entendu ma voix. Jusqu'aux lieux qui portent abusivement le nom d'Israël depuis des siècles, mais qui se sont séparés du Temple, jusqu'aux lieux qui ont donné leur nom à notre terre mais qui de dominateurs sont devenus sujets, et qui pourtant ne se libérèrent jamais complètement de leur erreur pour venir à la Vérité, jusqu'à la Syro-Phénicie que fuient les rabbis comme une terre de péché, tous ont entendu ma voix et appris mon existence. Je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas à mes paroles. J'ai agi, et à mes actions vous n'avez pas apporté votre pensée avec un esprit bon. Si vous l'aviez fait avec l'intention droite de vous renseigner sur Moi, vous seriez arrivés à avoir foi en Moi, car les œuvres que je fais au nom de mon Père témoignent de Moi. Les gens de bonne volonté qui sont venus à ma suite, parce qu'ils m'ont reconnu comme Pasteur, ont cru à mes paroles et au témoignage que donnent mes œuvres. Et quoi? Croyez-vous peut-être que ce que je fais n'a pas pour but votre intérêt? L'intérêt de toutes les créatures? Détrompez-vous. Et ne pensez pas que l'intérêt est donné par la santé de l'individu retrouvée par ma puissance, ou la libération de l'obsession ou du péché de tel ou tel. Cela est un intérêt limité à l'individu. C'est trop peu de chose en comparaison de la puissance qui se trouve libérée et de la source surnaturelle, plus que surnaturelle: divine, qui la libère, pour que ce soit l'unique intérêt. Il y a l'intérêt collectif des œuvres que je fais. L'intérêt d'enlever tout doute à ceux qui sont incertains, de convaincre ceux qui sont opposés en plus que celui de renforcer toujours plus la foi des croyants. C'est pour cet intérêt collectif, en faveur de tous le hommes présents et à venir, car mes œuvres apporteront leur témoignage sur Moi auprès des générations à venir et les convaincront à mon sujet, c'est pour cela que mon Père me donne la puissance de faire ce que je fais. Rien ne se fait sans une fin qui soit bonne dans les œuvres de Dieu. Souvenez-vous en toujours. Méditez cette vérité.” Jésus s'arrête un moment. Il fixe son regard sur un juif qui se tient la tête inclinée et il dit ensuite: “Toi qui es en train de réfléchir ainsi, toi dont le vêtement est couleur d'olive mûre, toi qui te demandes si Satan aussi a été créé pour une bonne fin, ne fais pas le sot pour t'opposer à Moi et chercher l'erreur dans mes paroles. Je te réponds que Satan n'est pas l'œuvre de Dieu mais de la libre volonté de l'ange rebelle. Dieu en avait fait son ministre glorieux et l'avait donc créé pour une bonne fin. Voilà: toi maintenant, en parlant à ton moi, tu dis: "Alors Dieu est sot, puisqu'il avait donné la gloire à un futur rebelle et confié ses volontés à un désobéissant". Je te réponds: "Dieu n'est pas sot, mais parfait dans ses actions et ses pensées. Il est le tout Parfait. Les créatures sont imparfaites, même les plus parfaites. Il y a toujours en elles un point d'infériorité par rapport à Dieu. Mais Dieu, qui les aime, a accordé aux créatures le libre arbitre, pour que par lui la créature se perfectionne dans les vertus et se rende ainsi plus semblable à Dieu son Père". Et je te dis encore, ô moqueur et astucieux chercheur de péché dans mes paroles, que du Mal, qui s'est volontairement formé, Dieu tire encore une bonne fin: celle de servir à rendre les hommes possesseurs d'une gloire méritée. Les victoires sur le Mal sont la couronne des élus. Si le Mal ne pouvait susciter une bonne conséquence pour ceux qui sont de bonne volonté, Dieu l'aurait détruit, car rien de ce qui est dans la Création ne doit être dépourvu d'incitation ou de conséquences bonnes. Tu ne réponds pas? Il t'est dur de devoir proclamer que j'ai lu dans ton cœur et que j'ai triomphé des suppositions injustes de ta pensée tortueuse? Je ne te forcerai pas à le faire. En présence de tant de monde, je te laisserai dans ton orgueil. Je ne réclame pas que tu me proclames victorieux, mais quand tu seras seul avec ceux qui te sont semblables, et avec ceux qui vous ont envoyés, alors avoue aussi que Jésus de Nazareth a lu les pensées de ton esprit et a étranglé tes objections dans ta gorge par la seule arme de sa parole de vérité. Mais laissons là cette interruption personnelle et revenons aux personnes nombreuses qui m'écoutent. Si même une seule de ce grand nombre convertissait son esprit à la Lumière, je serais récompensé de la peine de parler à des pierres, ou plutôt à des tombeaux remplis de vipères. Je disais que ceux qui m'aiment m'ont reconnu comme Pasteur à cause de mes paroles et de mes œuvres. Mais vous, vous ne croyez pas, vous ne pouvez pas croire, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. Qu'êtes-vous? Je vous le demande. Posez-vous la question à l'intérieur de votre cœur. Vous n'êtes pas sots, vous pouvez vous connaître pour ce que vous êtes. Il vous suffit d'écouter la voix de votre âme qui n'est pas tranquille de continuer d'offenser le Fils de Celui qui l'a créée. Vous, tout en sachant ce que vous êtes, vous ne le direz pas. Vous n'êtes ni humbles ni sincères, mais Moi je vous dis ce que vous êtes. Vous êtes en partie des loups, en partie des chevreaux sauvages. Mais aucun d'entre vous, malgré la peau d'agneau que vous portez pour vous faire passer pour des agneaux, n'est un agneau véritable. Sous la toison moelleuse et blanche, vous avez tous les couleurs féroces, les cornes pointues, les crocs et les griffes du bouc ou du fauve, et vous voulez rester tels, car il vous plaît d'être tels, et vous rêvez férocité et révolte. Vous ne pouvez donc m'aimer, et vous ne pouvez me suivre et me comprendre. Si vous entrez dans le troupeau, c'est pour nuire, pour apporter la douleur ou le désordre. Mes brebis ont peur de vous. Si elles étaient comme vous êtes, elles devraient vous haïr, mais elles ne savent pas haïr. Ce sont les agneaux du Prince de la paix, du Maître d'amour, du Pasteur miséricordieux. Et elles ne savent pas haïr. Elles ne vous haïront jamais, comme Moi je ne vous haïrai jamais. Je vous laisse la haine, qui est le fruit mauvais de la triple concupiscence, avec le moi déchaîné dans l'animal homme, qui vit oublieux d'être aussi esprit en plus que chair. Moi, je garde ce qui est mien: l'amour. Et cela je le communique à mes agneaux et je vous l'offre aussi à vous pour vous rendre bons. Si vous vous rendez bons, alors vous me comprendrez et vous viendrez à mon troupeau, semblables aux autres qui s'y trouvent. Nous nous aimerions. Les brebis et Moi, nous nous aimons. Elles m'écoutent, elles reconnaissent ma voix. Vous, vous ne comprenez pas ce qu'est en vérité connaître ma voix. C'est ne pas avoir de doute sur son origine et la discerner entre mille autres voix de faux prophètes, comme une véritable voix venue du Ciel. Maintenant et toujours, même parmi ceux qui se croient des fidèles de la Sagesse, et le sont en partie, il y en aura beaucoup, qui ne sauront pas discerner ma voix des autres voix qui parleront de Dieu avec plus ou moins de justice, mais qui seront toutes des voix inférieures à la, mienne…” “Tu dis toujours que bientôt tu t'en vas et ensuite tu veux dire que toujours tu parleras? Quand tu seras parti, tu ne parleras plus” objecte un juif avec le ton méprisant dont il parlerait à un diminué mental. Jésus répond encore de son ton patient et affligé qui a pris seulement un son sévère quand il a parlé au début aux juifs, et ensuite, quand il a répondu aux objections intérieures de ce juif: “Je parlerai toujours, pour que le monde ne devienne pas tout entier idolâtre. Et je parlerai aux miens, à ceux que j'ai choisis pour vous répéter mes paroles. L'Esprit de Dieu parlera, et eux comprendront ce que les sages eux-mêmes ne sauront pas comprendre. En effet les savants étudieront la parole, la phrase, la manière, le lieu, le comment, l'instrument, à travers lesquels la Parole parle, alors que ceux que j'ai choisis ne se perdront pas dans ces études inutiles, mais écouteront, perdus dans l'amour, et comprendront puisque ce sera l’Amour qui leur parlera. Eux distingueront les pages ornées des savants ou les pages menteuses des faux prophètes, des rabbis d'hypocrisie, qui enseignent des doctrines corrompues ou enseignent ce qu'ils ne pratiquent pas, ils les distingueront des paroles simples, vraies, profondes qui viendront de Moi. Mais le monde les haïra à cause de cela, car le monde me hait Moi-Lumière et il hait les fils de la Lumière, le monde ténébreux qui aime les ténèbres propices à son péché. Mes brebis me connaissent et me connaîtront et me suivront toujours, même sur les chemins sanglants et douloureux que je parcourrai le premier, et qu'eux parcourront après Moi. Les chemins qui conduisent les âmes à la Sagesse. Les chemins que le sang et les pleurs de ceux qui sont persécutés parce qu'ils enseignent la justice, rendent lumineux parce qu'ils brillent dans le brouillard des fumées du monde et de Satan, et sont comme des sillages d'étoiles pour conduire ceux qui cherchent la Voie, la Vérité, la Vie, et ne trouvent personne pour les y conduire, car c'est de cela que les âmes ont besoin: de ceux qui les conduisent à la Vie, à la Vérité, au juste Chemin. Dieu est plein de pitié pour ceux qui cherchent et ne trouvent pas non pas par leur faute, mais par la paresse des pasteurs idoles. Dieu est plein de pitié pour les âmes qui, laissées à elles-mêmes, se perdent et sont accueillies par les ministres de Lucifer, tout prêts à accueillir ceux qui se sont égarés, pour en faire des prosélytes de leurs doctrines. Dieu est plein de pitié pour ceux qui sont trompés seulement parce que les rabbis de Dieu, les prétendus rabbis de Dieu, se sont désintéressés d'eux. Dieu est plein de pitié pour ceux qui vont à la rencontre du découragement, des brouillards, de la mort, par la faute de faux maîtres, qui de maîtres n'ont que le vêtement et l'orgueil d'être appelés de ce nom. Et pour ces pauvres âmes, comme Il a envoyé les prophètes pour son peuple, comme Il m'a envoyé Moi pour le monde entier, ainsi ensuite, après Moi, Il enverra les serviteurs de la Parole, de la Vérité et de l’Amour pour répéter mes paroles. Car ce sont mes paroles qui donnent la Vie. C'est pourquoi mes brebis de mainte nant et de plus tard auront la Vie que je leur donne à travers ma Parole qui est Vie éternelle pour ceux qui l'accueillent, et ne périront jamais et que personne ne pourra arracher de mes mains.” “Nous n'avons jamais repoussé les paroles des vrais prophètes. Nous avons toujours respecté Jean qui a été le dernier prophète” répond un juif avec colère, et ses compagnons lui font écho. “Il est mort à temps pour ne pas être mal vu de vous et être persécuté même par vous. S'il était encore parmi les vivants, son "il n'est pas permis" dit pour un inceste charnel, il vous le dirait aussi à vous qui commettez un adultère spirituel par votre fornication avec Satan contre Dieu, et vous le tueriez comme vous avez l'intention de me tuer.” Les juifs manifestent bruyamment avec colère, déjà disposés à frapper, las de devoir feindre la douceur. Mais Jésus ne s'en préoccupe pas. Il élève la voix pour dominer le tumulte et il crie: “Et vous m'avez demandé qui je suis, ô hypocrites? Vous disiez que vous vouliez le savoir pour être certains? Et vous dites maintenant que Jean a été le dernier prophète? Et par deux fois vous vous condamnez pour un péché de mensonge. Une première fois parce que vous dites n'avoir jamais repoussé les paroles des vrais prophètes, la seconde fois parce qu'en disant que Jean est le dernier prophète et que vous croyez aux vrais prophètes, vous excluez que Moi aussi je sois un prophète, au moins un prophète, et un vrai prophète. Bouches mensongères! Cœurs trompeurs! Oui, en vérité, en vérité, Moi, ici, dans la maison de mon Père, je proclame que je suis plus que Prophète. Moi j'ai ce que mon Père m'a donné. Ce que mon Père m'a donné est plus précieux que tout et que tous, car c'est une chose sur laquelle la volonté et la puissance des hommes ne peuvent porter leurs mains rapaces. J'ai ce que Dieu m'a donné, et qui tout en étant en Moi est toujours en Dieu, et personne ne peut le ravir des mains de mon Père ni à Moi, car c'est la même Nature Divine. Le Père et Moi nous sommes Un.” “Ah! Horreur! Blasphème! Anathème!!” La clameur des juifs résonne dans le Temple et encore une fois les pierres, qui servent aux changeurs et aux marchands de bestiaux pour tenir en place leurs enclos, sont des munitions pour ceux qui cherchent des armes pouvant servir à frapper. Mais Jésus s'élève, les bras croisés sur la poitrine. Il est monté sur un banc de pierre pour être encore plus haut et plus visible et, de là, il les domine des rayons de ses yeux de saphir. Il domine et darde ses regards. Il est si majestueux qu'il les paralyse. Au lieu de lancer les pierres, ils les jettent ou les gardent dans leurs mains, mais sans avoir désormais l'audace de les lancer contre Lui. Même la clameur se calme pour faire place à une frayeur étrange. C'est vraiment Dieu qui se manifeste dans le Christ. Et quand Dieu se manifeste ainsi, l'homme, même le plus arrogant, se fait petit et effrayé. Je pense quel mystère est caché en ayant pu les juifs être si féroces le Vendredi Saint. Quel mystère dans l'absence de ce pouvoir de domination chez le Christ ce jour-là. C'était vraiment l'heure des Ténèbres, l'heure de Satan, et eux seuls régnaient… La Divinité, la Paternité de Dieu avait abandonné son Christ, et Lui n'était plus rien que la Victime… Jésus reste ainsi quelques minutes, puis il recommence à parler à cette foule vendue et lâche qui a perdu toute arrogance par le seul fait d'avoir vu un éclair divin: “Eh bien? Que voulez-vous faire? Vous m'avez demandé qui j'étais. Je vous l'ai dit. Vous êtes devenus furieux. Je vous ai rappelé ce que j'ai fait, je vous ai fait voir et vous rappeler beaucoup d'œuvres bonnes provenant de mon Père et accomplies grâce au Pouvoir qui me vient de mon Père. Pour laquelle de ces œuvres me lapidez-vous? Pour avoir enseigné la justice? Pour avoir apporté aux hommes la Bonne Nouvelle? Pour être venu vous inviter au Royaume de Dieu? Pour avoir guéri vos malades, rendu la vue à vos aveugles, donné le mouvement aux paralytiques, la parole aux muets, pour avoir délivré les obsédés, ressuscité les morts, pour avoir fait du bien aux pauvres, pardonné aux pécheurs, aimé tout le monde, même ceux qui me haïssent: vous et ceux qui vous envoient? Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous donc me lapider?” “Ce n'est pas pour les œuvres bonnes que tu as faites que nous te lapidons, mais pour ton blasphème, parce qu'étant homme, tu te fais Dieu.” “N'est-il pas écrit dans votre Loi: "J'ai dit: vous êtes des dieux et des fils du Très-Haut"? Maintenant s'Il a appelé "dieux" ceux auxquels Il a parlé pour leur donner un ordre: celui de vivre de façon que la ressemblance et l'image de Dieu qui est dans l'homme apparaisse manifestement et que l'homme ne soit ni un démon ni une brute; si les hommes sont appelés des "dieux" dans l'Ecriture, tout inspirée par Dieu, et pour cela l'Ecriture ne peut être modifiée ni annulée selon le plaisir et l'intérêt de l'homme; pourquoi dites-vous que je blasphème, Moi que le Père a consacré et envoyé dans le monde, parce que je dis: "Je suis le Fils de Dieu"? Si je ne faisais pas les œuvres de mon Père, vous auriez raison de ne pas croire en Moi. Mais Moi je les fais. Et vous ne voulez pas croire en Moi. Alors, croyez au moins à ces œuvres afin que vous sachiez et reconnaissiez que le Père est en Moi et que je suis dans le Père.” La tempête des cris et des violences recommence plus forte qu'auparavant. De l'une des terrasses du Temple où certainement ils étaient à l'écoute et cachés des prêtres, des scribes et des pharisiens, poussent de nombreux cris: “Mais emparez-vous de ce blasphémateur. Désormais sa faute est publique. Tous nous avons entendu. À mort le blasphémateur qui se proclame Dieu! Donnez-lui le même châtiment qu'au fils de Salumit de Dabri. Qu'on l'emmène hors de la ville et qu'on le lapide! C'est notre droit! Il est dit: "Que le blasphémateur soit mis à mort".” Les cris des chefs excitent la colère des juifs qui tentent de s'emparer de Jésus et de le remettre lié aux mains des magistrats du Temple qui sont en train d'accourir, suivis par les gardes du Temple. Mais plus rapides qu'eux sont encore une fois les légionnaires. Surveillant depuis l'Antonia, ils ont suivi le tumulte, et ils sortent de leur caserne pour venir à l'endroit où on crie. Et ils n'ont de respect pour personne. Les hampes des lances manœuvrent activement sur les têtes et les échines. Et ils s'excitent mutuellement par des plaisanteries et des gros mots à travailler sur les juifs: “A la niche, chiens! Faites place! Frappe dur sur ce teigneux, Licinus. Partez! La peur vous rend puants plus que jamais! Mais que mangez-vous, corbeaux, pour sentir si mauvais? Tu parles bien, Bassus. Ils se purifient, mais ils empestent. Regarde là ce gros nez! Au mur! Au mur, que nous prenions vos noms! Et vous, hiboux, descendez de là-haut. Désormais nous vous connaissons. Le centurion aura à rédiger un bon rapport pour le Chef. Non! Celui-là laisse-le, c'est un apôtre du Rabbi. Tu ne vois pas qu'il a une figure d'homme et non de chacal? Regarde! Regarde comme ils s'enfuient de ce côté! Et laisse-les aller! Pour les persuader, il faudrait les enfiler tous sur nos lances! Alors seulement nous les aurions domptés! Si cela pouvait être demain! Ah! mais toi, tu es pris et tu ne t'échappes pas. Je t'ai vu, tu sais? La première pierre c'était la tienne. Tu en répondras d'avoir frappé un soldat de Rome… Celui-ci aussi. Il nous a maudit en insultant les enseignes. Ah! Oui? Vraiment? Viens, nous te les ferons aimer dans nos prisons…” Et ainsi, en les chargeant et en les raillant, en arrêtant certains, en mettant les autres en fuite, les légionnaires dégagent la vaste cour. Mais c'est quand les juifs voient arrêter réellement deux des leurs qu'ils se dévoilent pour ce qu'ils sont: lâches, lâches, lâches. Ou bien ils s'enfuient en caquetant comme une volée de poulets qui voient descendre l'épervier, ou bien ils se jettent aux pieds des soldats pour implorer la pitié, avec une servilité et des flatteries révoltantes. Un vieux ridé, un des plus acharnés contre Jésus, s'accroche aux mollets d'un gradé en l'appelant "magnanime et juste". Le gradé s'en dégage par une vigoureuse secousse qui envoie rouler le juif à trois pas en arrière et il crie: “Va-t'en, vieux renard teigneux” et, se tournant vers un compagnon et montrant son mollet, il dit: “Ils ont des ongles de renards et de la bave de serpents. Regarde ici! Par Jupiter Maximus! Maintenant je m'en vais tout de suite aux Thermes pour effacer les marques de ce vieux baveux!” et réellement il s'en va fâché, avec son mollet tout éraflé. J'ai tout à fait perdu Jésus de vue. Je ne pourrais dire où il est allé, par quelle porte il est sorti. J'ai seulement vu, pendant quelque temps, émerger et disparaître dans la confusion, les visages des deux fils d'Alphée et de Thomas, qui luttaient pour se frayer un chemin, et ceux de quelques disciples bergers occupés au même travail. Puis eux aussi sont disparus et il ne m'est resté que les dernières criailleries des perfides juifs occupés à courir çà et là pour empêcher les légionnaires de les arrêter et de les reconnaître. J'ai l'impression que pour les légionnaires ce fut une fête de pouvoir flanquer une raclée aux hébreux pour se dédommager de toute la haine dont ils sont gratifiés.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 18 avril 2010, Troisième dimanche de Pâques

Évangile de Jésus-Christ selon saint saint Jean 21,1-19.
Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord du lac de Tibériade, et voici comment. Il y avait là Simon-Pierre, avec Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m'en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, ils passèrent la nuit sans rien prendre. Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c'était lui. Jésus les appelle : « Les enfants, auriez-vous un peu de poisson ? » Ils lui répondent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n'arrivaient pas à le ramener, tellement il y avait de poisson. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C'est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre l'entendit déclarer que c'était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n'avait rien sur lui, et il se jeta à l'eau. Les autres disciples arrivent en barque, tirant le filet plein de poissons ; la terre n'était qu'à une centaine de mètres. En débarquant sur le rivage, ils voient un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ce poisson que vous venez de prendre. » Simon-Pierre monta dans la barque et amena jusqu'à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s'était pas déchiré. Jésus dit alors : « Venez déjeuner. » Aucun des disciples n'osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c'était le Seigneur. Jésus s'approche, prend le pain et le leur donne, ainsi que le poisson. C'était la troisième fois que Jésus ressuscité d'entre les morts se manifestait à ses disciples. Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, est-ce que tu m'aimes ? » Pierre fut peiné parce que, pour la troisième fois, il lui demandait : « Est-ce que tu m'aimes ? » et il répondit : « Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t'aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c'est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t'emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Puis il lui dit encore : « Suis-moi. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Evangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 10, Ch 19, p 161 - CD 10, piste 57 -
Une nuit calme et une chaleur étouffante. Pas un souffle de vent. Les étoiles, nombreuses et palpitantes, remplissent le ciel serein. Le lac, calme et immobile au point de paraître un très vaste bassin à l'abri des vents, reflète sur sa surface la gloire de ce ciel palpitant d'étoiles. Les arbres, le long des rives, forment un bloc sans frémissement. Si calme est le lac que son flot sur la rive ne donne qu'un très léger bruissement. Quelque barque au large, à peine visible comme une forme vague qui parfois produit une petite étoile à peu de distance de l'eau avec sa lanterne attachée au mât de la voile, pour éclairer l'intérieur de la petite embarcation. Je ne sais pas quel point du lac c'est. Je dirais que c'est celui qui est le plus au midi, là où le lac s'apprête à redevenir fleuve. Aux alentours de Tarichée, dirais-je, non parce que je vois la ville qu'un groupe d'arbres me cache, en s'avançant dans le lac pour faire un petit promontoire montueux, mais j'en juge ainsi d'après les petites étoiles des lanternes des barques qui s'éloignent vers le nord en se détachant des rives du lac. Je dis aux alentours de Tarichée, parce qu'il y a là un groupe de cabanes, si peu nombreuses qu'elles ne forment même pas un village, au pied du petit promontoire. Ce sont de pauvres maisons, de pêcheurs certainement, presque sur le rivage. Des barques sont tirées au sec sur la petite plage, d'autres, déjà prêtes pour naviguer, sont dans l'eau près de la rive et si immobiles qu'elles paraissent fixées au sol, au lieu de se balancer. Pierre sort la tête d'une maisonnette. La lumière tremblante et un feu allumé dans la cuisine fumeuse éclaire par derrière la rude figure de l'apôtre en la faisant ressortir comme un dessin. Il regarde le ciel, il regarde le lac… Il s'avance jusqu'au bord du rivage puis, en tunique courte et les pieds nus, il entre dans l'eau jusqu'à mi-cuisses et caresse le bord d'une barque en avançant son bras musclé. Les fils de Zébédée le rejoignent. “Une belle nuit.” “D'ici peu il y aura la lune.” “Soir de pêche.” “Avec les rames pourtant.” “Il n'y a pas de vent.” “Que faisons-nous?” Ils parlent lentement, en phrases détachées, comme des hommes habitués à la pêche et aux manœuvres des voiles et des filets qui demandent de l'attention, et donc peu de paroles. “Ce serait bien d'y aller. Nous vendrions une partie de la pêche.” Sur la rive viennent les rejoindre André, Thomas et Barthélemy. “Quelle chaude nuit!” s'exclame Barthélemy. “Y aura-t-il de la tempête? Vous rappelez-vous cette nuit?” demande Thomas. “Oh! non! De la bonace, du brouillard peut-être, mais pas de tempête. Moi… moi je vais pêcher. Qui vient avec moi?” “Nous venons tous. Peut-être on sera mieux au large” dit Thomas qui sue et ajoute: “Il fallait ce feu à la femme, mais c'est comme si nous. avions été aux thermes…” “Je vais le dire à Simon. Il est tout seul là-bas” dit Jean. Pierre prépare déjà la barque avec André et Jacques. “Allons-nous jusqu'à la maison? Une surprise pour ma mère…” demande Jacques. “Non. Je ne sais pas si je puis faire venir Margziam. Avant de… de la… Oui, en somme! Avant d'aller à Jérusalem - on était encore à Ephraïm - le Seigneur m'a dit qu'il voulait faire la seconde Pâque avec Margziam. Mais ensuite il ne m'a rien dit d'autre…” “Il me semble à moi qu'il a dit oui” dit André. “Oui. La seconde Pâque, oui. Mais le faire venir avant, je ne sais s'il le veut. J'ai fait tant d'erreurs que… Oh! viens-tu toi aussi?” “Oui, Simon de Jonas. Elle me rappellera beaucoup de choses cette pêche…” “Hé! à tous elle rappellera beaucoup de choses… Et des choses qui ne reviendront plus… On allait avec le Maître dans cette barque, sur le lac… Et moi, je l'aimais bien comme si elle avait été un palais de roi et il me semblait que je ne pourrais vivre sans elle. Mais maintenant que Lui n'y est plus dans la barque… voilà… je suis dedans et je n'en ai plus de joie” dit Pierre. “Personne n'a plus la joie des choses passées. Ce n'est plus la même vie. Et même en regardant en arrière… entre ces heures passées et les heures présentes, il y a au milieu ce temps horrible…” dit Barthélemy en soupirant. “Prêts. Venez. Toi au gouvernail, et nous aux rames. Allons vers la baie de Hippo. C'est un bon endroit. Sou! Hop! Sou! Hop!” Pierre donne le départ et la barque glisse sur l'eau tranquille avec Barthélemy au gouvernail. Thomas et le Zélote servent de mousses, prêts à jeter les filets qu'ils ont déjà étendus. La lune se lève, c'est-à-dire dépasse les monts de Gadara (si je ne me trompe) ou Gamala, en somme ceux qui sont sur la côte orientale mais vers le sud du lac, et le lac en reçoit le rayonnement qui fait une route de diamant sur les eaux tranquilles. “Elle nous accompagnera jusqu'au matin.” “S'il ne vient pas de brume.” “Les poissons quittent le fond, attirés par la lune.” “Si nous faisons bonne pêche, cela tombera bien, car nous n'avons plus d'argent. Nous achèterons du pain et nous apporterons des poissons et du pain à ceux qui sont sur la montagne.” Des paroles lentes avec de longues pauses après chaque mot. “Tu vogues bien, Simon. Tu n'as pas perdu le coup de rame!…” dit le Zélote avec admiration. “Oui… Malédiction!” “Mais qu'as-tu?” demandent les autres. “J'ai… J'ai que le souvenir de cet homme me poursuit partout. Je me souviens de ce jour où l'on luttait avec deux barques à qui voguerait le mieux, et lui…” “Moi, de mon côté, je pensais que l'une des premières fois que j'eus la vision de son abîme de perfidie, ce fut cette fois que nous avons rencontré, ou plutôt que nous avons abordé, les barques des romains. Vous vous souvenez?” dit le Zélote. “Hé! si on se rappelle! Mais!… Lui le défendait… et nous… entre les défenses du Maître et les duplicités de… de notre compagnon, on n'a jamais bien compris…” dit Thomas. “Hum! Moi, plus d'une fois… Mais il disait: "Ne juge pas, Simon!"“ “Le Thaddée l'a toujours soupçonné.” “Ce que je n'arrive pas à croire, c'est que celui-ci n'en ait jamais rien su” dit Jacques en donnant un coup de coude à son frère. Mais Jean baisse silencieusement la tête. “Désormais tu peux en parler” dit Thomas. “Je m'efforce d'oublier. C'est l'ordre que j'ai reçu. Pourquoi voulez-vous me faire désobéir?” “Tu as raison. Laissons-le tranquille” dit le Zélote pour le défendre. “Descendez les filets. Doucement… Ramez, vous. Ramez lentement. Tourne à gauche, Bartholmaï. Accoste. Vire. Accoste. Vire. Le filet est-il tendu? Oui? Levez les rames et attendons” commande Pierre. Comme il est beau le doux lac dans la paix de la nuit, sous le baiser de la lune! Paradisiaque tant il est pur. La lune s'y mire en plein du ciel et lui donne l'aspect du diamant, sa phosphorescence tremble sur les collines, les découvre et semble couvrir de neige les villes de la rive… De temps en temps ils sortent le filet. Une cascade de diamants tombe en produisant des arpèges sur l'argent du lac. Vide. Ils l'immergent de nouveau. Ils se déplacent. Ils n'ont pas de chance… Les heures passent. La lune se couche pendant que la clarté de l'aube se fraie un chemin, incertain, vert azur… Une brume chaude fume du côté des rives, particulièrement vers l'extrémité sud du lac de Tibériade qui en est voilé et aussi Tarichée. Une brume basse, peu épaisse, que le premier rayon de soleil fera disparaître. Pour l'éviter, ils préfèrent côtoyer le côté oriental où elle est moins épaisse pendant qu'à l'ouest, venant du marécage qui est au-delà de Tarichée sur la rive droite du Jourdain, elle s'épaissit comme si le marécage fumait. Ils voguent, attentifs à éviter quelque péril sur ses hauts fonds, eux qui connaissent bien le lac. “Vous, de la barque! N'avez-vous rien à manger?” . Une voix d'homme vient de la rive, une voix qui les fait sursauter. Mais ils haussent les épaules en répondant à haute voix: “Non” et puis entre eux: “Il nous semble toujours l'entendre!…” “Jetez le filet à droite de la barque et vous allez trouver.” La droite, c'est vers le large. Ils jettent le filet, un peu perplexes. Secousses, poids qui fait pencher la barque du côté où se trouve le filet. “Mais c'est le Seigneur!” crie Jean. “Le Seigneur, tu dis?” demande Pierre. “Et tu en doutes? Il nous a semblé que c'était sa voix, mais ceci en est la preuve. Regarde le filet! C'est comme cette fois-là! C'est Lui, te dis-je. O mon Jésus! Où es-tu?” Tous essaient de voir pour percer les voiles de la brume, après avoir bien assuré le filet pour le traîner dans le sillage de la barque, car c'est une manœuvre dangereuse de vouloir le lever. Et ils rament pour aller à la rive. Mais Thomas doit prendre la rame de Pierre qui a enfilé en toute hâte sa courte tunique sur ses braies très courtes. C'était d'ailleurs son unique vêtement comme c'est celui des autres, sauf Barthélemy. Il s'est jeté à la nage dans le lac et il fend à grandes brasses l'eau tranquille, en précédant la barque. Le premier, il met le pied sur la petite plage déserte où sur deux pierres, à l'abri d'un buisson épineux, luit un feu de brindilles. Et là, tout près du feu, se trouve Jésus, souriant et bienveillant. “Seigneur! Seigneur!” Pierre est essoufflé par l'émotion et ne peut dire autre chose. Ruisselant d'eau comme il est, il n'ose pas même toucher le vêtement de son Jésus et il reste prosterné sur le sable, en adoration, avec la tunique qui lui colle dessus. La barque frotte sur le sable et s'arrête. Tous sont debout agités par la joie… “Apportez ici de ces poissons. Le feu est prêt. Venez et mangez” commande Jésus. Pierre court à la barque et il aide à hisser le filet et il saisit dans le tas frétillant trois gros poissons. Il les frappe sur le bord de la barque pour les tuer et les éventre avec son couteau. Mais les mains lui tremblent, oh! pas de froid! Il les rince et les porte où se trouve le feu, il les installe dessus et surveille leur cuisson. Les autres restent à adorer le Seigneur, un peu loin de Lui, craintifs comme toujours devant Lui qui est Ressuscité si divinement puissant. “Voilà: ici il y a du pain. Vous avez travaillé toute la nuit et vous êtes fatigués. Maintenant vous allez vous réconforter. Est-ce prêt, Pierre?” “Oui, mon Seigneur” dit Pierre avec une voix encore plus rauque que d'habitude, penché sur le feu, et il essuie ses yeux qui dégouttent comme si la fumée les faisait pleurer en les irritant en même temps que la gorge. Mais ce n'est pas la fumée qui lui donne cette voix et ces larmes… Il apporte le poisson qu'il a étendu sur une feuille râpeuse, il semble que ce soit une feuille de courge qu'André lui a apportée après l'avoir rincée dans le lac. Jésus offre et bénit. Il coupe le pain et les poissons et il les distribue en faisant huit parts, et il y goûte Lui aussi. Ils mangent avec le respect avec lequel ils accompliraient un rite. Jésus les regarde et sourit. Mais il se tait Lui aussi jusqu'au moment où il demande: “Où sont les autres?” “Sur la montagne, où tu as dit. Et nous sommes venus pour pêcher car nous n'avons plus d'argent et nous ne voulons pas abuser des disciples.” “Vous avez bien fait. Pourtant, dorénavant, vous, les apôtres, vous resterez sur la montagne en prière pour édifier les disciples par votre exemple. Envoyez ceux-ci à la pêche. Quant à vous, il est bien que vous restiez là en prière et pour écouter ceux qui ont besoin de conseils ou peuvent venir pour vous donner des nouvelles. Tenez-les très unis les disciples. Je viendrai bientôt.” “Nous le ferons, Seigneur.” “Margziam n'est pas avec toi?” “Tu ne m'avais pas dit de le faire venir si vite.” “Fais-le venir. Son obéissance est finie.” “Je le ferai venir, Seigneur.” Un silence. Puis Jésus, qui était resté un peu la tête penchée pour réfléchir, lève la tête et fixe son regard sur Pierre. Il le regarde avec son regard des heures de plus grand miracle et de plus grand commandement. Pierre en tressaille presque de peur et se rejette un peu en arrière… Mais Jésus, mettant une main sur l'épaule de Pierre, le retient de force et lui demande, en le tenant ainsi: “Simon de Jonas, m'aimes-tu?” “Certainement, Seigneur! Tu sais que je t'aime” répond Pierre avec assurance. “Pais mes agneaux… Simon de Jonas, m'aimes-tu?” “Oui, mon Seigneur. Et tu sais que je t'aime.” Sa voix est moins assurée, elle est même un peu étonnée par la répétition de cette question. “Pais mes agneaux… Simon de Jonas, m'aimes-tu?” “Seigneur… Tu sais tout… Tu sais si moi je t'aime…” la voix de Pierre tremble car s'il est sûr de son amour il a l'impression que Jésus n'en est pas sûr. “Pais mes brebis. La triple profession d'amour a effacé la triple négation. Tu es entièrement pur, Simon de Jonas et Moi, je te dis: Prends le vêtement de Pontife et porte la Sainteté du Seigneur au milieu de mon troupeau. Ceins tes vêtements à ta ceinture et garde-les ceints jusqu'à ce que de Pasteur toi aussi tu deviendras agneau. En vérité je te dis que quand tu étais plus jeune tu te ceignais par toi-même et tu allais où tu voulais, mais quand tu auras vieilli tu étendras les mains et un autre te ceindra et te conduira là où tu ne voudrais pas. Maintenant pourtant c'est Moi qui te dis: "Ceins-toi et suis-moi sur ma propre voie". Lève-toi et viens.” Jésus se lève et Pierre se lève pour aller vers la rive et les autres se mettent à éteindre le feu en l'étouffant sous le sable. Mais Jean, après avoir ramassé les restes de pain, suit Jésus. Pierre entend le bruit de ses pas et tourne la tête. Il voit Jean et demande en le montrant à Jésus: “Et de lui qu'arrivera-t-il?” “Si je veux qu'il reste jusqu'à ce que je revienne, que t'importe? Toi, suis- moi.” Ils sont sur la rive. Pierre voudrait encore parler; la majesté de Jésus, les paroles qu'il a entendues le retiennent. Il s'agenouille et adore, imité par les autres. Jésus les bénit et les congédie. Ils montent dans la barque et s'éloignent en ramant. Jésus les regarde partir.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 11 avril 2010, Deuxième dimanche de Pâques - Dimanche de la miséricorde

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,19-31.
C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. » Or, l'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n'était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant. » Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il y a encore beaucoup d'autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre. Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l'Evangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 10, Ch 13, p 65 - CD 10, piste 22 -
Ils sont rassemblés au Cénacle. La soirée doit être bien avancée car aucun bruit ne vient plus de la rue ni de la maison. Je pense que ceux aussi qui étaient venus avant se sont tous retirés ou dans leurs propres maisons ou pour dormir, fatigués par tant d'émotions. Les dix de leur côté, après avoir mangé des poissons, dont il reste encore quelques-uns sur un plateau posé sur la crédence, sont en train de parler sous la lumière d'une seule flamme du lampadaire la plus proche de la table. Ils y sont encore assis autour et ils ont des conversations morcelées. Ce sont presque des monologues car il semble que chacun, plutôt qu'avec son compagnon, parle avec lui-même. Et les autres le laissent parler, en parlant peut-être à leur tour de toute autre chose. Pourtant ces conversations décousues, qui donnent l'impression des rayons d'une roue démontée, on sent qu'elles se rapportent à un seul sujet qui en est le centre bien qu'ainsi éparpillées, et que c'est Jésus. “Je ne voudrais pas que Lazare ait mal entendu et que les femmes aient compris mieux que lui…” dit Jude d'Alphée. “A quelle heure la romaine dit-elle l'avoir vu?” demande Mathieu. Personne ne lui répond. “Demain je vais à Capharnaüm” dit André. “Quelle merveille! Agir de telle façon que ce soit juste à ce moment-là que sort la litière de Claudia!” dit Barthélemy. “Nous avons mal fait, Pierre, de nous éloigner tout de suite ce matin… Si nous étions restés nous l'aurions vu comme la Magdeleine” dit Jean en soupirant. “Moi, je ne comprends pas comment il peut être à Emmaüs et en même temps dans le palais. Et être ici, chez sa Mère, et en même temps chez la Magdeleine et chez Jeanne…” se dit à lui-même Jacques de Zébédée. “Il ne viendra pas. Je n'ai pas suffisamment pleuré pour le mériter… Il a raison. Je dis qu'il me fait attendre pendant trois jours à cause de mes trois reniements. Mais comment, comment ai-je pu faire cela?” “Comme il était transfiguré, Lazare! Je vous dis qu'il paraissait, lui, un soleil. Je pense qu'il lui est arrivé comme à Moïse après avoir vu Dieu. Et tout de suite - n'est-ce pas, vous qui étiez là? -tout de suite après avoir offert sa vie!” dit le Zélote. Personne ne l'écoute. Jacques d'Alphée se tourne vers Jean et dit: “Comment a-t-il dit à ceux d'Emmaüs? Il me semble qu'il nous a excusé, n'est-ce pas? N'a-t-il pas dit que tout est arrivé à cause de notre erreur d'israélites sur la façon de comprendre son Royaume?” Jean ne l'écoute pas. Il se tourne pour regarder Philippe et dit à l'air… car il ne parle pas à Philippe: “Pour moi, il me suffit de savoir qu'il est ressuscité. Et puis… Et puis que mon amour soit toujours plus fort. Vous avez vu, hein! Si vous regardez de près il est allé en proportion de l'amour que nous avons eu: la Mère, Marie-Magdeleine, les enfants, ma mère et la tienne, et puis Lazare et Marthe… Quand à Marthe? Je dis quand elle a entonné le psaume de David: "Le Seigneur est mon berger. Il ne me manquera rien. Il m'a mis dans un lieu d'abondants pâturages. Il m'a conduit aux eaux qui désaltèrent. Il a appelé mon âme à Lui…" Tu te souviens comment elle nous a fait sursauter avec ce chant inattendu? Et ces paroles sont en relation avec ce qu'elle a dit: "Il a appelé mon âme à Lui". En effet Marthe semble avoir retrouvé sa route… Avant elle était égarée, elle, la courageuse! Peut-être qu'en l'appelant il lui a dit l'endroit où il la veut. C'est même certain, car s'il lui a donné rendez-vous il doit savoir où elle sera. Qu'aura-t-il voulu dire en disant: "l'accomplissement des noces"?” Philippe, qui l'a regardé un moment et puis l'a laissé monologuer, dit en gémissant: “Moi je ne saurai pas quoi Lui dire s'il vient… Je me suis enfui… et je sens que je vais fuir. D'abord, c'était par peur des hommes. Maintenant, c'est par peur de Lui.” “Tous disent qu'il est très beau. Peut-il jamais être plus beau qu'il ne l'était déjà?” se demande Barthélemy. “Moi, je Lui dirai: "Tu m'as pardonné sans me parler quand j'étais publicain. Pardonne-moi aussi maintenant par ton silence car ma lâcheté ne mérite pas que tu me parles"“ dit Mathieu. “Longin dit qu'il s'est demandé: "Dois-je Lui demander de guérir ou de croire"? Mais son cœur a dit: "De croire" et alors la Voix a dit: "Viens à Moi" et il a senti la volonté de croire et en même temps la guérison. C'est exactement ce qu'il m'a dit” affirme Jude d'Alphée. “Moi, je suis toujours arrêté à la pensée que Lazare a été récompensé tout de suite à cause de son offrande… J'ai dit, moi aussi: "Ma vie pour ta gloire". Mais il n'est pas venu” dit en soupirant le Zélote. “Que dis-tu, Simon? Toi qui es cultivé, dis-moi: que dois-je Lui dire pour Lui faire comprendre que je l'aime et que je Lui demande pardon? Et toi, Jean? Tu as parlé beaucoup avec la Mère, aide-moi. Ce n'est pas de la pitié de laisser seul le pauvre Pierre!” Jean est ému de compassion pour son compagnon humilié et il dit: “Mais… mais moi, je Lui dirais simplement: "Je t'aime". Dans l'amour est compris aussi le désir du pardon et le repentir. Pourtant… je ne sais pas. Simon, que dis-tu?” Et le Zélote: “Moi je dirais ce qui était le cri des miraculés: "Jésus, aie pitié de moi!". Je dirais: "Jésus" et c'est tout, car il est bien plus que le Fils de David!”“C'est bien ce que je pense et ce qui me fait trembler. Oh! je me cacherai la tête… Ce matin aussi j'avais peur de le voir et…” “… et puis tu es entré le premier. Mais ne crains pas ainsi. On dirait que tu ne le connais pas” lui dit Jean pour l'encourager. La pièce s'illumine vivement comme par un éclair éblouissant. Les apôtres se cachent le visage, craignant que ce soit la foudre, mais ils n'entendent pas de bruit et ils lèvent la tête. Jésus est au milieu de la pièce, près de la table. Il ouvre les bras en disant: “La Paix soit avec vous.” Personne ne répond. Les uns sont plus pâles, d'autres plus rouges, ils le fixent tous, craintifs et suggestionnés, fascinés et en même temps comme pris par le désir de fuir. Jésus fait un pas en avant en souriant davantage. “Mais ne craignez pas ainsi! C'est Moi. Pourquoi êtes-vous ainsi troublés? Ne me désiriez-vous pas? Ne vous avais-je pas fait dire que je serais venu? Ne vous l'avais-je pas dit dès le soir de Pâque?” Personne n'ose parler. Pierre pleure déjà et Jean sourit déjà pendant que les deux cousins, les yeux brillants et remuant les lèvres sans réussir à parler, semblent deux statues représentant le désir. “Pourquoi avez-vous dans vos cœurs des pensées si opposées entre le doute et la foi, entre l'amour et la crainte? Pourquoi voulez-vous être encore chair et non pas esprit, et avec celui-ci seulement, voir, comprendre, juger, agir? Sous la flamme de la douleur ne s'est-il pas brûlé entièrement le vieux moi et n'a-t-il pas surgi le nouveau moi d'une vie nouvelle? Je suis Jésus. Votre Jésus ressuscité, comme il vous l'avait dit. Regardez. Toi qui as vu mes blessures et vous qui ignorez ma torture. Car ce que vous savez est bien différent de la connaissance exacte qu'en a Jean. Viens, toi, le premier. Tu es déjà tout à fait pur, si pur que tu peux me toucher sans crainte. L'amour, l'obéissance, la fidélité t'avaient déjà rendu pur. Mon Sang, dont tu as été tout inondé quand tu m'as déposé de la Croix, a fini de te purifier. Regarde. Ce sont de vraies mains et de vraies blessures. Observe mes pieds. Vois comment cette marque est celle du clou? Oui, c'est vraiment Moi et non pas un fantôme. Touchez-moi. Les spectres n'ont pas de corps. Moi, j'ai une vraie chair sur un vrai squelette.” Il met sa main sur la tête de Jean qui a osé aller près de Lui: “Tu sens? Elle est chaude et lourde.” Il lui souffle sur le visage: “Et ceci c'est la respiration.” “Oh! mon Seigneur!” Jean murmure doucement, ainsi… “Oui, votre Seigneur. Jean, ne pleure pas de crainte et de désir. Viens vers Moi. Je suis toujours Celui qui t'aime. Assoyons-nous, comme toujours, à la table. N'avez-vous rien à manger? Donnez-le moi donc.” André et Mathieu, avec des mouvements de somnambules, prennent sur les crédences les pains et les poissons, et un plateau avec un rayon de miel à peine entamé dans un coin. Jésus offre la nourriture et mange et il donne à chacun un peu de ce qu'il mange. Et il les regarde, si bon mais si majestueux, qu'ils en sont paralysés. Le premier qui ose parler c'est Jacques, frère de Jean: “Pourquoi nous regardes-tu ainsi?” “Parce que je veux vous connaître.” “Tu ne nous connais pas encore?” “Comme vous ne me connaissez pas. Si vous me connaissiez, vous sauriez qui je suis et vous trouveriez les mots pour me dire votre tourment. Vous vous taisez, comme en face d'un étranger puissant que vous craignez. Tout à l'heure vous parliez… Cela fait presque quatre jours que vous vous parlez à vous-mêmes en disant: "Je Lui dirai ceci…" en disant à mon Esprit: "Reviens, Seigneur, que je puisse te dire ceci". Maintenant je suis venu et vous vous taisez? Suis-je tellement changé que je ne vous paraisse plus Moi? Ou bien êtes-vous tellement changés que vous ne m'aimez plus?” Jean, assis près de son Jésus, fait son acte habituel de mettre la tête sur sa poitrine en murmurant: “Moi je t'aime, mon Dieu” mais il se raidit pour s'interdire cet abandon par respect pour le resplendissant Fils de Dieu. En effet Jésus semble dégager une lumière tout en étant d'une Chair semblable à la nôtre. Mais Jésus l'attire sur son Cœur et alors Jean ouvre les digues à ses pleurs bienheureux. C'est le signal pour tous de le faire. Pierre, deux places après Jean, glisse entre la table et son siège et il pleure en criant: “Pardon, pardon! Enlève-moi de cet enfer où je suis depuis tant d'heures. Dis-moi que tu as vu mon erreur pour ce qu'elle a été. Pas de l'esprit, mais de la chair qui a dominé le cœur. Dis-moi que tu as vu mon repentir… Il durera jusqu'à la mort. Mais Toi… mais Toi dis-moi que comme Jésus je ne dois pas te craindre… et moi, et moi je chercherai de faire si bien que je me ferai pardonner même par Dieu… et mourir… ayant seulement un grand purgatoire à faire.” “Viens ici, Simon de Jonas.” “J'ai peur.” “Viens ici. Ne sois pas plus lâche.” “Je ne mérite pas de venir près de Toi.” “Viens ici. Que t'a dit la Mère? "Si tu ne le regardes pas sur ce suaire, tu n'auras pas le courage de le regarder jamais plus". Oh! homme sot! Ce Visage ne t'a-t-il pas dit, par son regard douloureux, que je te comprenais et que je te pardonnais? Et pourtant je l'ai donné ce linge, pour réconfort, pour guide, pour absolution, pour bénédiction… Mais que vous a fait Satan pour vous aveugler à ce point? Maintenant Moi, je te dis: si tu ne me regardes pas maintenant que sur ma gloire j'ai encore étendu un voile pour me mettre à la portée de votre faiblesse, tu ne pourras jamais plus venir sans peur à ton Seigneur. Et que t'arrivera-t-il alors? Tu as péché par présomption. Veux-tu maintenant pécher de nouveau par obstination? Viens, te dis-je.” Pierre se traîne sur ses genoux, entre la table et les sièges, avec les mains sur son visage en pleurs. Jésus l'arrête, quand il est à ses pieds, en lui mettant la main sur la tête. Pierre, en pleurant plus fort, prend cette main et la baise dans un vrai sanglot sans frein. Il ne sait dire que: “Pardon! Pardon!” Jésus se dégage de son étreinte et, en faisant levier de sa main sous le menton de l'apôtre, il l'oblige à lever la tête et fixe ses yeux rougis, brûlés, déchirés par le repentir avec ses yeux brillants et sereins. Il semble vouloir lui transpercer l'âme, puis il dit: “Allons. Enlève l'opprobre de Judas. Baise-moi où il m'a baisé. Lave, avec ton baiser, la marque de la trahison.” Pierre lève la tête pendant que Jésus se penche encore davantage, et il effleure sa joue… puis il incline la tête sur les genoux de Jésus, et il reste ainsi… comme un vieil enfant qui a fait du mal, mais qui est pardonné. Les autres, maintenant qu'ils voient la bonté de leur Jésus, retrouvent un peu de hardiesse et ils s'approchent comme ils peuvent. Viennent d'abord ses cousins… Ils voudraient dire tant de choses et n'arrivent à rien dire. Jésus les caresse et leur donne du courage par son sourire.Mathieu vient avec André. Mathieu en disant: “Comme à Capharnaüm…” et André: “Moi, moi… je t'aime, moi.”Barthélemy vient en gémissant: “Je n'ai pas été sage, mais sot. Lui est sage” et il montre le Zélote auquel Jésus sourit déjà.Jacques de Zébédée vient et murmure à Jean: “Dis-le-lui, toi…” Jésus se tourne et dit: “Tu l'as dit depuis quatre soirs et depuis autant de temps j'ai eu de la compassion pour toi.” Philippe, en dernier lieu, vient tout courbé, mais Jésus le force à lever la tête et lui dit: “Pour prêcher le Christ, il faut davantage de courage.”Maintenant ils sont tous autour de Jésus. Ils s'enhardissent tout doucement. Ils retrouvent ce qu'ils ont perdu ou craint d'avoir perdu pour toujours. Affleurent de nouveau la confiance, la tranquillité et, bien que Jésus soit si majestueux qu'il tient ses apôtres dans un respect nouveau, ils trouvent finalement le courage de parler. C'est son cousin Jacques qui dit en soupirant: “Pourquoi nous as-tu fait cela, Seigneur? Tu savais que nous ne sommes rien et que toute chose vient de Dieu. Pourquoi ne nous as-tu pas donné la force d'être à tes côtés?” Jésus le regarde et sourit. “Maintenant tout est arrivé. Et tu ne dois plus rien souffrir, mais ne me demande plus cette obéissance. Chaque heure m'a vieilli d'un lustre et tes souffrances que l'amour et Satan augmentaient également, dans mon imagination, de cinq fois ce qu'elles ont été, ont vraiment consumé toutes mes forces. Il ne m'est resté rien d'autre pour continuer à obéir que de tenir, comme quelqu'un qui se noie avec les mains blessées, ma force avec la volonté comme des dents qui serrent une planche, pour ne pas périr… Oh! ne demande plus cela à ton lépreux!”Jésus regarde Simon le Zélote et sourit. “Seigneur, tu sais ce que voulait mon cœur. Mais, ensuite, je n'ai plus eu de cœur… comme s'ils me l'avaient arraché les gredins qui t'ont pris… et il m'est resté un trou d'où fuyaient toutes mes pensées antérieures. Pourquoi as-tu permis cela, Seigneur?” demande André. “Moi… tu parles de cœur? Moi je dis que j'ai été quelqu'un qui n'a plus de raison, comme quelqu'un qui reçoit un coup de massue sur la nuque. Quand la nuit venue je me suis trouvé à Jéricho… Oh! Dieu! Dieu!… Mais un homme peut-il périr ainsi? Je crois que c'est ainsi la possession. Maintenant je comprends ce qu'est cette chose redoutable!…” Philippe écarquille encore les yeux en se rappelant sa souffrance. “Tu as raison, Philippe. Moi je regardais en arrière. Je suis âgé et non dépourvu de sagesse, et je ne savais plus rien de ce que j'avais su jusqu'à cette heure. Je regardais Lazare, si déchiré mais si sûr, et je me disais: "Comment peut-il se faire que lui sache encore trouver une raison et moi plus rien?"“ dit Barthélemy. “Moi aussi, je regardais Lazare. Et, puisque je sais à peine ce que tu nous as expliqué, je ne pensais pas au savoir, mais je disais: "Si au moins j'avais le même cœur!" Au contraire je n'avais que douleur, douleur, douleur. Lazare avait la douleur et la paix… Pourquoi tant de paix pour lui?” Jésus regarde tour à tour d'abord Philippe, puis Barthélemy, puis Jacques de Zébédée. Il sourit et se tait. Jude dit: “Moi j'espérais arriver à voir ce que certainement Lazare voyait. Aussi je restais toujours près de lui… Son visage!… Un miroir. Un peu avant le tremblement de terre de Vendredi il était comme quelqu'un qui meurt broyé, et puis il devint tout d'un coup majestueux dans sa douleur. Vous rappelez-vous quand il dit: "Le devoir accompli donne la paix"? Nous crûmes nous tous que c'était seulement un reproche pour nous ou une approbation pour lui-même. Maintenant je pense qu'il le disait pour Toi. C'était un phare dans nos ténèbres Lazare. Combien tu lui as donné, Seigneur!” Jésus sourit et se tait. “Oui. La vie. Et peut-être avec elle tu lui as donné une âme différente. Pourquoi, enfin, lui est-il différent de nous? En effet, il n'est plus un homme. Il est déjà quelque chose de plus qu'un homme et, à cause de ce qu'il était dans le passé, il aurait dû être encore moins parfait d'esprit que nous. Mais lui s'est fait, et nous… Seigneur, mon amour a été vide comme certains épis. Il n'a donné que de la balle” dit André. Et Mathieu: “Moi, je ne puis rien demander. Car j'ai déjà tant eu avec, ma conversion. Mais, oui! J'aurais voulu avoir ce qu'a eu Lazare. Une âme donnée par Toi, car je pense moi aussi comme André…” “La Magdeleine et Marthe ont été aussi des phares. Serait-ce la race. Vous ne les avez pas vues. L'une était pitié et silence. L'autre! Oh! si nous avons été tous un faisceau autour de la Bénie, c'est parce que Marie de Magdala nous a groupés par les flammes de son courageux amour. Oui, j'ai dit: la race. Mais je dois dire: l'amour. Ils nous ont dépassés en fait d'amour. C'est pour cela qu'ils ont été ce qu'ils ont été” dit Jean. Jésus sourit et continue de se taire. “Ils en ont été grandement récompensés pourtant…” “C'est à eux que tu es apparu.” “A tous les trois.” “A Marie, tout de suite après ta Mère…” Il est visible que les apôtres ont un regret pour ces apparitions privilégiées. “Marie te sait ressuscité depuis déjà tant d'heures. Et nous, c'est seulement maintenant que nous pouvons te voir…” “Il n'y a plus de doutes en elles. En nous, au contraire, voilà… c'est seulement maintenant que nous sentons que rien n'est fini. Pourquoi à elles, Seigneur, si tu nous aimes encore et si tu ne nous repousses pas?” demande Jude d'Alphée. “Oui. Pourquoi aux femmes, et en particulier à Marie? Tu as même touché son front et elle dit qu'il lui semble porter une couronne éternelle. Et à nous, tes apôtres, rien…”Jésus ne sourit plus. Son visage n'est pas troublé, mais il ne sourit plus. Il regarde sérieusement Pierre qui a parlé le dernier, reprenant de la hardiesse à mesure que sa peur se dissipe, et il dit: “J'avais douze apôtres. Et je les aimais de tout mon Cœur. Je les avais choisis, et comme une mère j'avais pris soin de les faire grandir dans ma Vie. Je n'avais pas de secrets pour eux. Je leur disais tout, je leur expliquais tout, je leur pardonnais tout. Leurs idées humaines, leurs étourderies, leurs entêtements… tout. Et j'avais des disciples. Des disciples riches et des pauvres. J'avais des femmes au passé ténébreux ou de faible constitution. Mais les préférés, c'était les apôtres. Mon heure est venue. L'un m'a trahi et livré aux bourreaux. Trois ont dormi pendant que je suais du sang. Tous, sauf deux, ont fui par lâcheté. Un m'a renié par peur bien qu'il eût l'exemple de l'autre, jeune et fidèle. Et, comme si cela ne suffisait pas, j'ai eu parmi les douze le suicide d'un désespéré et un qui a tant douté de mon pardon qu'il n'a cru que difficilement, et grâce à la parole maternelle, à la Miséricorde de Dieu. En sorte que si j'avais regardé ma troupe, et si j'avais attaché sur elle un regard humain, j'aurais dû dire: "A part Jean, fidèle par amour, et Simon, fidèle à l'obéissance, je n'ai plus d'apôtres". C'est cela que j'aurais dû dire pendant que je souffrais dans l'enceinte du Temple, au Prétoire, dans les rues et sur la Croix. J'avais des femmes… L'une d'elles, la plus coupable dans le passé, a été, comme Jean l'a dit, la flamme qui a soudé les fibres brisées des cœurs. Cette femme c'est Marie de Magdala. Tu m'as renié et tu as fui. Elle a bravé la mort pour rester près de Moi. Insultée, elle a découvert son visage, prête à recevoir les crachats et les gifles en pensant qu'elle ressemblait ainsi davantage à son Roi crucifié. Méprisée, au fond des cœurs, à cause de sa foi tenace en ma Résurrection, elle a su continuer à croire. Déchirée, elle a agi. Désolée, ce matin, elle a dit: "Je me dépouille de tout, mais donnez-moi mon Maître". Peux-tu encore demander: "Pourquoi à elle?" J'avais des disciples pauvres, des bergers. Je les ai peu approchés, et pourtant comme ils ont su me confesser par leur fidélité! J'avais des disciples timides, comme toutes les femmes de ce pays. Et pourtant elles ont su quitter leurs maisons et venir dans la marée d'un peuple qui me blasphémait, pour me donner le secours que mes apôtres m'avaient refusé. J'avais des païennes qui admiraient le "philosophe". J'étais cela pour elles. Mais elles ont su s'abaisser aux usages hébreux, les puissantes romaines, pour me dire, à l'heure de l'abandon d'un monde ingrat: "Nous sommes pour Toi des amies".J'avais le visage couvert de crachats et de sang. Les larmes et la sueur coulaient sur mes blessures. La saleté et la poussière m'incrustaient la peau. Quelle est la main qui m'a essuyé? La tienne? Ou la tienne? Ou la tienne? Aucune de vos mains. Celui-ci était près de la Mère. Celui-ci rassemblait les brebis dispersées. Vous. Et si mes brebis étaient dispersées comment pouvaient-elles me donner du secours? Tu cachais ton visage par peur du mépris du monde pendant que ton Maître était couvert par le mépris de tout le monde, Lui qui était innocent. J'avais soif. Oui. Sache aussi cela. Je mourais de soif. Je n'avais plus que fièvre et douleur. Le Sang avait déjà coulé au Gethsémani, tiré par la douleur d'être trahi, abandonné, renié, frappé, submergé par le nombre infini des fautes et par la rigueur de Dieu. Et il avait coulé au Prétoire… Qui a pensé à me donner une goutte pour mon gosier brûlé? Une main d'Israël? Non. La pitié d'un païen. La même main qui, par un décret éternel, m'ouvrit la poitrine pour montrer que mon Cœur avait déjà une blessure mortelle, et c'était celle que l'absence d'amour, la lâcheté, la trahison, m'avaient faite. Un païen. Je vous le rappelle: "J'ai eu soif et tu m'as donné à boire". Il n'y en eut pas un pour me réconforter dans tout Israël. Ou par impossibilité de le faire, comme la Mère et les femmes fidèles, ou par mauvaise volonté. Et un païen trouva pour l'inconnu la pitié que mon peuple m'avait refusée. Il trouvera au Ciel la gorgée qu'il m'a donnée. En vérité, je vous le dis: j'ai refusé tout réconfort, car quand on est Victime, il ne faut pas adoucir son sort, mais je n'ai pas voulu repousser le païen dans l'offrande duquel j'ai goûté le miel de tout l'amour qui me sera donné par les gentils pour compenser l'amertume que m'a donnée Israël. Il ne m'a pas enlevé la soif. Mais le découragement, oui. C'est pour cela que j'ai pris cette gorgée ignorée. Pour attirer à Moi celui qui déjà penchait vers le Bien. Que le Père le bénisse pour sa pitié! Vous ne parlez plus? Pourquoi ne me demandez-vous pas encore pourquoi j'ai agi ainsi? Vous n'osez pas le demander? Je vais vous le dire. Je vais tout vous dire des pourquoi de cette heure. Qui êtes-vous? Mes continuateurs. Oui. Vous l'êtes malgré votre égarement. Que devez-vous faire? Convertir le monde au Christ. Convertir! C'est la chose la plus difficile et la plus délicate, mes amis. Le dédain, le dégoût, l'orgueil, le zèle exagéré sont tous très nuisibles pour réussir. Mais comme rien ni personne ne vous auraient amené à la bonté, à la condescendance, à la charité, pour ceux qui sont dans les ténèbres, il a été nécessaire - vous comprenez? - il a été nécessaire que vous ayez, une bonne fois, brisé votre orgueil d'hébreux, de mâles, d'apôtres, pour faire place à la vraie sagesse de votre ministère, à la douceur, à la pitié, à l'amour sans arrogance ni dégoût. Vous voyez que tous vous ont surpassé dans la foi et dans l'action parmi ceux que vous regardiez avec mépris ou une compassion orgueilleuse. Tous. Et l'ancienne pécheresse. Et Lazare, trempé d'une culture profane, le premier qui a pardonné et guidé en mon Nom. Et les femmes païennes. Et la faible épouse de Chouza. Faible? En réalité, elle vous surpasse tous! Première martyre de ma foi. Et les soldats de Rome. Et les bergers. Et l'hérodien Manaën. Et jusqu'au rabbin Gamaliel. Ne sursaute pas, Jean. Crois-tu que mon Esprit était dans les ténèbres? Tous. Et cela pour que demain, en vous rappelant votre erreur, vous ne fermiez pas votre cœur à ceux qui viennent à la Croix. Je vous le dis. Et déjà je sais que, bien que je vous le dise, vous ne le ferez que quand la Force du Seigneur vous pliera comme des brindilles à ma Volonté, qui est d'avoir des chrétiens de toute la Terre. J'ai vaincu la Mort, mais elle est moins dure que le vieil hébraïsme. Mais je vous plierai. Toi, Pierre, au lieu de rester en pleurs et humilié, toi qui dois être la Pierre de mon Église, grave ces amères vérités dans ton cœur. La myrrhe sert à préserver de la corruption. Imprègne-toi donc de myrrhe. Et quand tu voudras fermer ton cœur et l'Église à quelqu'un d'une autre foi, rappelle-toi que ce n'est pas Israël, pas Israël, pas Israël, mais Rome qui m'a défendu et a voulu avoir pitié. Rappelle-toi que ce n'est pas toi, mais une pécheresse qui a su rester au pied de la Croix et a mérité de me voir la première. Et pour ne pas mériter le blâme sois l'imitateur de ton Dieu. Ouvre ton cœur et l'Église en disant: "Moi, le pauvre Pierre, je ne puis mépriser car si je méprise je serai méprisé par Dieu et mon erreur redeviendra vivante à ses yeux". Malheur si je ne t'avais pas brisé ainsi! Ce n'est pas un berger mais un loup que tu serais devenu.” Jésus se lève avec la plus grande majesté. “Mes fils, je vous parlerai encore pendant le temps que je resterai parmi vous. Mais pour l'instant je vous absous et vous pardonne. Après l'épreuve qui, si elle a été humiliante et cruelle, a été aussi salutaire et nécessaire, que vienne en vous la paix du pardon. Et avec elle dans vos cœurs redevenez mes amis fidèles et courageux. Le Père m'a envoyé dans le monde. Je vous envoie dans le monde pour continuer mon évangélisation. Des misères de toutes sortes viendront à vous pour vous demander du soulagement. Soyez bons en pensant à votre misère quand vous êtes restés sans votre Jésus. Soyez éclairés. Dans les ténèbres, il n'est pas permis de voir. Soyez purs pour donner la pureté. Soyez amour pour aimer. Puis viendra Celui qui est Lumière, Purification et Amour. Mais, en attendant, pour vous préparer à ce ministère, je vous communique l'Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez leurs péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. Que votre expérience vous rende justes pour juger. Que l'Esprit Saint vous rende saints pour sanctifier. Que la volonté sincère de surmonter votre manque vous rende héroïques pour la vie qui vous attend. Ce que j'ai encore à dire, je vous le dirai quand l'absent sera revenu. Priez pour lui. Restez dans ma paix et sans agitation de doute sur mon amour.” Et Jésus disparaît comme il était entré, laissant une place vide entre Jean et Pierre. Il disparaît dans une lueur qui fait fermer les yeux tant elle est forte. Et quand les yeux éblouis se rouvrent, ils trouvent seulement que la paix de Jésus est restée, flamme qui brûle et qui soigne et consume les amertumes du passé dans un désir unique: servir.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie. http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 4 avril 2010, Saint Jour de Pâques, la Résurrection du Seigneur, solennité des solennités.

 Évangile de Jésus-Christ selon saint saint Jean 20,1-9.
 Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Le matin de Pâques, Marie-Madeleine couru trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. » Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place. C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris 
Correspondance dans "l'Evangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 10, Ch 5, p 27 - CD 10, piste 8 -
 Pendant ce temps les femmes, qui sont sorties de la maison, cheminent en rasant les murs, ombres dans l'ombre. Pendant quelque temps elles se taisent, toutes emmitouflées et rendues craintives par tant de silence et de solitude. Puis, rassurées par le calme absolu de la ville, elles se groupent et osent parler. “Les portes seront-elles déjà ouvertes?” demande Suzanne. “Certainement. Regarde le premier jardinier qui entre avec ses légumes. Il va au marché” répond Salomé. “Ils ne nous diront rien?” demande encore Suzanne. “Qui?” demande la Magdeleine. “Les soldats, à la Porte Judiciaire. Par là… il y en a peu qui entrent et encore moins qui sortent… Nous donnerons des soupçons…” “Et avec cela? Ils nous regarderont. Ils verront cinq femmes qui vont vers la campagne. Nous pourrions être aussi des personnes qui, après avoir fait la Pâque, vont vers leurs villages.” “Pourtant… pour ne pas attirer l'attention de quelque malintentionné, pourquoi ne sortons-nous pas par une autre porte, en faisant ensuite le tour en rasant les murs?” “Nous allongerons la route.” “Mais nous serons plus tranquilles. Prenons la Porte de l'Eau…” “Oh! Salomé! Si j'étais à ta place, je choisirais la Porte Orientale! Plus long serait le tour que tu devrais faire! Il faut faire vite et revenir vite”. C'est la Magdeleine qui est si tranchante. “Alors une autre, mais pas la Judiciaire. Sois gentille…” demandent-elles toutes. “C'est bien. Alors, puisque vous le voulez, passons chez Jeanne. Elle a recommandé de le lui faire savoir. Si nous y étions allées directement on pouvait s'en passer. Mais puisque vous voulez faire un tour plus long passons chez elle…” “Oh! oui. À cause aussi des gardes qu'on a mis là… Elle est connue et on la craint…” “Moi, je dirais de passer aussi chez Joseph d'Arimathie. C'est le propriétaire de l'endroit.” Mais oui! Faisons un cortège maintenant pour ne pas attirer l'attention! Oh! quelle sœur craintive j'ai! Ou plutôt, sais-tu, Marthe? Faisons ainsi. Moi, je vais en avant et je regarde. Vous, vous venez derrière avec Jeanne. Je me mettrai au milieu du chemin s'il y a du danger, et vous me verrez, et nous reviendrons en arrière. Mais je vous assure que les gardes, devant ceci, j'y ai pensé (et elle montre une bourse pleine de pièces de monnaie), nous laisserons tout faire.” “Nous le dirons aussi à Jeanne, tu as raison.” “Alors, laissez-moi aller.” “Tu vas seule, Marie? Je viens avec toi” dit Marthe qui craint pour sa sœur. “Non, tu vas avec Marie d'Alphée chez Jeanne. Salomé et Suzanne t'attendront près de la porte, à l'extérieur des murs. Et puis vous viendrez par la route principale toutes ensemble. Adieu.” Et Marie-Magdeleine coupe tout autre commentaire possible en s'en allant rapidement avec son sac de baumes et son argent dans son sein. Elle vole tant sa marche est rapide sur le chemin qui devient plus gai avec le premier rose de l'aurore. Elle franchit la Porte Judiciaire pour aller plus vite et personne ne l'arrête… Les autres la regardent aller, puis tournent le dos à la bifurcation des routes où elles étaient et en prennent une autre, étroite et sombre, qui s'ouvre ensuite, à proximité du Sixte, sur une route plus large et dégagée où il y a de belles maisons. Elles se séparent encore, Salomé et Suzanne continuent leur chemin pendant que Marthe et Marie l'Alphée frappent à la porte ferrée et se montrent à l'ouverture que le portier entrouvre. Elles entrent et vont trouver Jeanne qui, déjà levée et entièrement vêtue de violet très foncé qui la rend encore plus pâle, manipule aussi des huiles avec sa nourrice et une servante. “Vous êtes venues? Dieu vous en récompense. Mais si vous n'étiez pas venues, j'y serais allée de moi-même… Pour trouver du réconfort… car beaucoup de choses sont restées troublées depuis ce jour redoutable. Et pour ne pas me sentir seule je dois aller contre cette Pierre et frapper et dire: "Maître, je suis la pauvre Jeanne… Ne me laisse pas seule Toi aussi…"“ Jeanne pleure doucement mais toute désolée pendant qu'Esther, sa nourrice, fait de grands gestes incompréhensibles derrière sa maîtresse en lui mettant son manteau. “Je pars, Esther.” “Que Dieu te réconforte!” Elles sortent du palais pour rejoindre leurs compagnes. C'est à ce moment qu'arrive le bref et fort tremblement de terre qui jette de nouveau dans la panique les habitants de Jérusalem, encore terrorisés par les événements du Vendredi. Les trois femmes reviennent sur leurs pas précipitamment et restent dans le large vestibule, au milieu des servantes et des serviteurs qui crient et invoquent le Seigneur, et elles y restent, craignant de nouvelles secousses… … La Magdeleine, de son côté, est exactement à la limite de la ruelle qui conduit au jardin de Joseph d'Arimathie quand la surprend le grondement puissant et pourtant harmonieux de ce signe céleste alors que, dans la lumière à peine rosée de l'aurore qui s'avance dans le ciel où encore à l'occident résiste une étoile tenace, et qui rend blond l'air jusqu'alors vert clair, s'allume une grande lumière qui descend comme si c'était un globe incandescent, splendide, qui coupe en zig zag l'air tranquille. Marie de Magdala en est presque effleurée et renversée sur le sol. Elle se penche un moment en murmurant: “Mon Seigneur!” et puis se redresse comme une tige après le passage du vent et court encore plus rapidement vers le jardin. Elle y entre rapidement comme un oiseau poursuivi et qui cherche son nid du côté du tombeau taillé dans le roc. Mais bien qu'elle aille vite elle ne peut être là quand le céleste météore fait office de levier et de flamme sur le sceau de chaux mis pour renforcer la lourde pierre, ni quand avec le fracas final la porte de pierre tombe en donnant une secousse qui s'unit à celle du tremblement de terre qui, s'il est bref, est d'une violence telle qu'il terrasse les gardes comme s'ils étaient morts. Marie, en arrivant, voit ces inutiles geôliers du Triomphateur jetés sur le sol comme une gerbe d'épis fauchés. Marie-Magdeleine ne rapproche pas le tremblement de terre de la Résurrection. Mais, voyant ce spectacle, elle croit que c'est le châtiment de Dieu sur les profanateurs du Tombeau de Jésus et elle tombe à genoux en disant: “Hélas! Ils l'ont enlevé!” Elle est vraiment désolée, et elle pleure comme une fillette venue, sure de trouver son père qu'elle cherche, et qui trouve au contraire la demeure vide. Puis elle se lève et s'en va en courant trouver Pierre et Jean. Et comme elle ne pense qu'à prévenir les deux, elle ne pense plus à aller à la rencontre de ses compagnes, à s'arrêter sur le chemin, mais rapide comme une gazelle elle repasse pas le chemin déjà fait, franchit la Porte Judiciaire et vole sur les routes qui sont un peu animées, s'abat contre le portail de la maison hospitalière et la bat et la secoue furieusement. La maîtresse lui ouvre. “Où sont Jean et Pierre?” demande Marie-Magdeleine haletante. “Là” et la femme lui indique le Cénacle. Marie de Magdala entre et dès qu'elle est à l'intérieur, devant les deux étonnés, elle dit à voix basse par pitié pour la Mère et plus angoissée que si elle avait crié: “Ils ont enlevé le Seigneur du Tombeau! Qui sait où ils l'ont mis!” et pour la première fois elle titube et vacille et pour ne pas tomber elle se raccroche où elle peut. “Mais comment? Que dis-tu?” demandent les deux. Et elle, haletante: “Je suis allée en avant… pour acheter les gardes… afin qu'ils nous laissent faire. Eux sont là comme morts… Le Tombeau est ouvert, la pierre par terre… Qui? Qui a pu faire cela? Oh! venez! Courons…” Pierre et Jean partent tout de suite. Marie les suit pendant quelques pas, puis elle revient en arrière. Elle saisit la maîtresse de la maison, la secoue avec violence dans son prévoyant amour et lui souffle au visage: “Garde-toi bien de faire passer quelqu'un chez elle (et elle montre la porte de la pièce de Marie). Rappelle-toi que c'est moi la maîtresse. Obéis et tais-toi.” Puis elle la laisse épouvantée et elle rejoint les apôtres qui à grands pas vont vers le Tombeau… … Suzanne et Salomé, pendant ce temps, après avoir quitté leurs compagnes et rejoint les murs, sont surprises par le tremblement de terre. Effrayées, elles se réfugient sous un arbre et restent là, combattues entre le désir violent d'aller vers le Tombeau et celui de courir chez Jeanne. Mais l'amour triomphe de la peur et elles vont vers le Tombeau. Elles entrent encore effrayées dans le jardin et voient les gardes évanouis… elles voient une grande lumière qui sort du Tombeau ouvert. Cela augmente leur effroi et finit de se rendre complet quand, se tenant par la main pour s'encourager mutuellement, elles se présentent sur le seuil et voient dans l'obscurité de la chambre sépulcrale une créature lumineuse et très belle, qui sourit doucement, et les salue de la place où elle est: appuyée à droite de la pierre de l'onction dont la grisaille disparaît devant une si incandescente splendeur. Elles tombent à genoux, étourdies de stupeur. Mais l'ange leur parle doucement: “N'ayez pas peur de moi. Je suis l'ange de la divine Douleur. Je suis venu pour me réjouir de la fin de celle-ci. Il n'est plus de douleur du Christ, d'humiliation pour Lui dans la mort. Jésus de Nazareth, le Crucifié que vous cherchez, est ressuscité. Il n'est plus ici! Il est vide l'endroit où vous l'avez déposé. Réjouissez-vous avec moi. Allez. Dites à Pierre et aux disciples qu'il est ressuscité et qu'il vous précède en Galilée. Vous le verrez encore là pour peu de temps, selon ce qu'il a dit.” Les femmes tombent le visage contre terre et quand elles le lèvent elles s'enfuient comme si elles étaient poursuivies par un châtiment. Elles sont terrorisées et murmurent: “Nous allons mourir! Nous avons vu l'ange du Seigneur!” Elles se calment un peu en pleine campagne, et se concertent. Que, faire? Si elles disent ce qu'elles ont vu, on ne les croira pas. Si elles disent aussi de venir de là, elles peuvent être accusées par les juifs d'avoir tué les gardes. Non. Elles ne peuvent rien dire ni aux amis ni aux ennemis… Craintives, rendues muettes, elles reviennent par un autre chemin à la maison. Elles entrent et se réfugient dans le Cénacle. Elles ne demandent même pas de voir Marie… Et là, elles pensent que ce qu'elles ont vu est une tromperie du Démon. Humbles comme elles le sont, elles jugent “qu'il n'est pas possible qu'il leur ait été accordé de voir le messager de Dieu. C'est Satan qui a voulu les effrayer pour les éloigner de là.” Elles pleurent et prient comme des fillettes effrayées par un cauchemar… … Le troisième groupe, celui de Jeanne, Marie d'Alphée et Marthe, vu qu'il n'arrive rien de nouveau se décide à aller là où certainement leurs compagnes les attendent. Elles sortent dans les rues où maintenant il y a des gens apeurés qui commentent le nouveau tremblement de terre et le rattachent aux faits du Vendredi et voient aussi des choses qui n'existent pas. “Il vaut mieux qu'ils soient tous effrayés! Peut-être les gardiens le seront aussi et ne feront pas d'objection” dit Marie d'Alphée. Et elles vont rapidement vers les murs. Mais pendant qu'elles y vont, Pierre et Jean, suivis de la Magdeleine, sont déjà arrivés au jardin. Jean, plus rapide, arrive le premier au Tombeau. Les gardes n'y sont plus et l'ange n'y est plus. Jean s'agenouille, craintif et affligé, sur le seuil ouvert, pour vénérer et recueillir quelque indice des choses qu'il voit. Mais il voit seulement entassés par terre les linges mis par dessus le Linceul. “Il n'y est vraiment pas, Simon! Marie a bien vu. Viens, entre, regarde.” Pierre, tout essoufflé par la grande course qu'il a faite, entre dans le Tombeau. Il avait dit en route: “Je ne vais pas oser m'approcher de cet endroit.” Mais maintenant il ne pense qu'à découvrir où peut être le Maître. Et il l'appelle aussi, comme s'il pouvait être caché dans quelque coin obscur. L'obscurité, à cette heure matinale, est encore forte dans le Tombeau auquel ne donne de la lumière que la petite ouverture de la porte sur laquelle font de l'ombre Jean et la Magdeleine… Et Pierre a du mal à voir et doit s'aider de ses mains pour se rendre compte… Il touche, en tremblant, la table de l'onction et il voit qu'elle est vide… “Il n'y est pas, Jean! Il n'y est pas!… Oh! Viens toi aussi! J'ai tant pleuré que je n'y vois presque pas avec ce peu de lumière.” Jean se relève et entre. Et pendant qu'il le fait Pierre découvre le suaire placé dans un coin, bien plié avec à l'intérieur le Linceul soigneusement roulé. “Ils l'ont vraiment enlevé. Les gardes, ce n'était pas pour nous, mais pour faire cela… Et nous l'avons laissé faire. En nous éloignant, nous l'avons permis…” “Oh! où l'auront-ils mis?” “Pierre, Pierre! Maintenant… c'est vraiment fini!” Les deux disciples sortent anéantis. “Allons, femme. Tu le diras à la Mère…” “Moi, je ne m'éloigne pas. Je reste ici… Quelqu'un viendra… Oh! moi, je ne viens pas… Ici il y a encore quelque chose de Lui. Elle avait raison, la Mère… Respirer l'air où il a été c'est l'unique soulagement qui nous reste.” “L'unique soulagement… Maintenant tu vois toi aussi que c'était une folie d'espérer…” dit Pierre. Marie ne répond même pas. Elle s'affaisse sur le sol, justement près de la porte, et elle pleure pendant que les autres s'en vont lentement. Puis elle lève la tête et regarde à l'intérieur et, à travers ses larmes, elle voit deux anges assis à la tête et aux pieds de la pierre de l'onction. Elle est si abrutie, la pauvre Marie, dans sa plus ardente bataille entre l'espérance qui meurt et la foi qui ne veut pas mourir, qu'elle les regarde hébétée, sans même s'en étonner. Elle n'a plus que des larmes la courageuse qui a résisté à tout en héroïne. “Pourquoi pleures-tu, femme?” demande un des deux enfants lumineux, car ils ont l'aspect de très beaux adolescents. “Parce qu'ils ont emporté mon Seigneur et je ne sais où ils me l'ont mis.” Marie n'a pas peur de leur parler, elle ne demande pas: “Qui êtes vous?” Rien. Rien ne l'étonne plus. Tout ce qui peut étonner une créature, elle l'a déjà subi. Maintenant elle n'est plus qu'une chose brisée qui pleure sans force ni retenue. L'enfant angélique regarde son compagnon et sourit, et l'autre aussi. Et dans un éclair de joie angélique tous deux regardent dehors, vers le jardin tout en fleurs avec les millions de fleurs qui se sont ouvertes au premier soleil sur les pommiers touffus de la pommeraie. Marie se tourne pour voir ce qu'ils regardent et elle voit un Homme très beau, et je ne sais pas comment elle peut ne pas le reconnaître tout de suite. Un Homme qui la regarde avec pitié et lui demande: “Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu?” Il est vrai que c'est un Jésus assombri par sa pitié envers une créature que trop d'émotions ont épuisée et qu'une joie imprévue pourrait faire mourir, mais je me demande vraiment comment elle peut ne pas le reconnaître. Et Marie, au milieu de ses sanglots: “Ils m'ont pris le Seigneur Jésus! J'étais venue pour l'embaumer en attendant qu'il ressuscite… J'ai rassemblé tout mon courage et mon espérance, et ma foi, autour de mon amour… et maintenant je ne le trouve plus… Et même j'ai mis mon amour autour de ma foi, de mon espérance et de mon courage, pour les défendre des hommes… Mais tout est inutile! Les hommes ont enlevé mon Amour et avec Lui ils m'ont tout enlevé… O mon seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi je le prendrai… Je ne le dirai à personne… Ce sera un secret entre toi et moi. Regarde: je suis la fille de Théophile, la sœur de Lazare, mais je reste à genoux devant toi, pour te supplier comme une esclave. Veux-tu que je t'achète son Corps? Je le ferai. Combien veux-tu? Je suis riche. Je puis te donner autant d'or et de gemmes qu'il pèse. Mais rends-le-moi. Je ne te dénoncerai pas. Veux-tu me frapper? Fais-le. Jusqu'au sang si tu veux. Si tu as de la haine pour Lui, fais-la-moi payer. Mais rends-le-moi. Oh! ne m'appauvris pas de cette misère, ô mon seigneur! Pitié pour une pauvre femme!… Pour moi, tu ne le veux pas? Pour sa Mère, alors. Dis-moi! Dis-moi où est mon Seigneur Jésus. Je suis forte. Je le prendrai dans mes bras et je le porterai comme un enfant dans un lieu sûr. Seigneur… seigneur… tu le vois… depuis trois jours nous sommes frappés par la colère de Dieu à cause de ce qu'on a fait au Fils de Dieu… N'ajoute pas la Profanation au Crime…” “Marie!” Jésus rayonne en l'appelant. Il se dévoile dans sa splendeur triomphante. “Rabboni!” Le cri de Marie est vraiment “le grand cri” qui ferme le cycle de la mort. Avec le premier, les ténèbres de la haine enveloppèrent la Victime des bandes funèbres, avec le second les lumières de l'amour accrûrent sa splendeur. Et Marie se lève au cri qui emplit le jardin, court aux pieds de Jésus, et voudrait les baiser. Jésus l'écarte en la touchant à peine au front avec l'extrémité des doigts: “Ne me touche pas! Je ne suis pas encore monté vers mon Père avec ce vêtement. Va trouver mes frères et amis et dis-leur que je monte vers mon Père et le vôtre, vers mon Dieu et le vôtre. Et ensuite je viendrai vers eux.” Et Jésus disparaît, absorbé par une lumière insoutenable. Marie baise le sol où il se trouvait et court vers la maison. Elle entre comme une fusée car le portail est entrouvert pour livrer passage au maître qui sort pour aller à la fontaine; elle ouvre la porte de la pièce de Marie et elle s'abandonne sur son cœur en criant: “Il est ressuscité! Il est ressuscité!” et elle pleure, bienheureuse. Et pendant qu'accourent Pierre et Jean, et que du Cénacle s'avancent Salomé et Suzanne apeurées et qu'elles écoutent son récit, voilà qu'entrent aussi par la rue Marie d'Alphée avec Marthe et Jeanne qui toutes essoufflées disent que “elles y sont allées elles aussi et qu'elles ont vu deux anges qui se disaient le gardien de l'Homme-Dieu et l'ange de sa Douleur et qu'ils ont donné l'ordre de dire aux disciples qu'il était ressuscité.” Et comme Pierre secoue la tête, elles insistent en disant: “Oui. Ils ont dit: "Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts? Il n'est pas ici. Il est ressuscité comme il le disait quand il était encore en Galilée. Ne vous le rappelez-vous pas? Il disait: 'Le Fils de l'homme doit être livré aux mains des pécheurs et être crucifié, mais le troisième il ressuscitera' ".” Pierre secoue la tête en disant: “Trop de choses ces jours-ci! Vous en êtes restées troublées.” La Magdeleine relève la tête du sein de Marie et elle dit: “Je l'ai vu, je lui ai parlé. Il m'a dit qu'il monte vers le Père et qu'il vient ensuite. Comme il était beau!” et elle pleure comme elle n'a jamais pleuré, maintenant qu'elle n'a plus à se torturer elle-même pour s'opposer au doute qui surgit de tous côtés. Mais Pierre et Jean aussi restent très hésitants. Ils se regardent mais leurs yeux se disent: “Imaginations de femmes!” Suzanne aussi et Salomé osent alors parler, mais l'inévitable différence dans les détails des gardes qui d'abord sont là comme morts et ensuite ne sont plus là, des anges qui tantôt sont un et tantôt deux et qui ne se sont pas montrés aux apôtres, des deux versions sur la venue de Jésus ici et sur le fait qu'il précède les siens en Galilée, fait que le doute et, même, la persuasion des apôtres augmente de plus en plus. Marie, la Mère bienheureuse, se tait en soutenant la Magdeleine… Je ne comprends pas le mystère de ce silence maternel. Marie d'Alphée dit à Salomé: “Retournons-y toutes les deux. Voyons si nous sommes toutes ivres…” Et elles courent dehors. Les autres restent, paisiblement ridiculisées par les deux apôtres, près de Marie qui se tait, absorbée dans une pensée que chacun interprète à sa façon et sans que personne comprenne que c'est de l'extase. Les deux femmes âgées reviennent: “C'est vrai! C'est vrai! Nous l'avons vu. Il nous a dit près du jardin de Barnabé: "Paix à vous. Ne craignez pas. Allez dire à mes frères que je suis ressuscité et qu'ils aillent d'ici quelques jours en Galilée. Là nous serons encore ensemble". C'est ainsi qu'il a parlé. Marie a raison. Il faut le dire à ceux de Béthanie, à Joseph, à Nicodème, aux disciples les plus fidèles, aux bergers, aller, agir, agir… Oh! il est ressuscité!…” Elles pleurent toutes bienheureuses. “Vous êtes folles, femmes. La douleur vous a troublées. La lumière vous a semblé un ange. Le vent, une voix. Le soleil, le Christ. Je ne vous critique pas, je vous comprends mais je ne puis croire qu'à ce que j'ai vu: le Tombeau ouvert et vide et les gardes partis avec le Cadavre volatilisé.” “Mais si les gardes eux-mêmes disent qu'il est ressuscité! Si la ville est en émoi et si les Princes des Prêtres sont fous de colère parce que les gardes ont parlé dans leur fuite éperdue! Maintenant ils veulent qu'ils disent autre chose et les paient pour cela. Mais déjà on le sait, et si les juifs ne croient pas à la Résurrection, ne veulent pas croire, beaucoup d'autres croient…” “Hum! Les femmes!…” Pierre hausse les épaules et il va s'en aller. Alors la Mère, qui a toujours sur son cœur la Magdeleine qui pleure comme un saule sous une averse à cause de sa trop grande joie et qui baise ses cheveux blonds, lève son visage transfiguré et dit une courte phrase: “Il est réellement ressuscité. Je l'ai eu dans mes bras et j'ai baisé ses plaies.” Et puis elle se penche sur les cheveux de la passionnée et elle dit: “Oui, la joie est encore plus forte que la douleur. Mais ce n'est qu'un grain de sable de ce que sera ton océan de joie éternelle. Heureuse es-tu d'avoir par dessus la raison fait parler ton esprit.” Pierre n'ose plus nier… et avec un de ces passages du Pierre d'autrefois, qui maintenant revient affleurer, dit et crie comme si c'était des autres et non pas de lui que dépendait le retard: “Mais alors, s'il en est ainsi, il faut le faire savoir aux autres, à ceux qui sont dispersés dans les campagnes… chercher… agir… Allons, remuez-vous. S'il devait vraiment venir… qu'il nous trouve au moins” et il ne s'aperçoit pas qu'il reconnaît encore qu'il ne croit pas aveuglément à sa Résurrection.
Jésus dit: “Les prières ardentes de Marie ont anticipé de quelque temps ma Résurrection. J'avais dit: "Le Fils de l'homme va être tué mais il ressuscitera le troisième jour". J'étais mort à trois heures de l'après-midi du vendredi. Soit que vous comptiez les jours par leurs noms, soit que vous comptiez les heures, ce n'était pas l'aube du dimanche qui devait me voir ressusciter. Comme heures, il y avait seulement trente-huit heures au lieu de septante-deux que mon Corps était resté sans vie. Comme jours, je devais au moins arriver au soir de ce troisième jour pour dire que j'avais été trois jours dans la tombe. Mais Marie a anticipé le miracle. Comme quand par sa prière elle a ouvert les Cieux quelques années avant l'époque fixée pour donner au monde son Salut, ainsi maintenant elle obtient d'anticiper de quelques heures pour donner du réconfort à son cœur mourant. Et Moi, au début de l'aube du troisième jour, je suis descendu comme le soleil et par ma splendeur j'ai brisé les sceaux des hommes, si inutiles devant la puissance de Dieu. J'ai fait levier avec ma force pour renverser la pierre veillée inutilement, de mon apparition j'ai fait la foudre qui a terrassé les gardes trois fois inutiles mis pour la garde d'une mort qui était Vie, que nulle force humaine ne pouvait empêcher d'être telle. Bien plus puissant que votre courant électrique, mon Esprit est entré comme une épée de Feu divin pour réchauffer la froide dépouille de mon Cadavre et au nouvel Adam l'Esprit de Dieu a insufflé la vie, en se disant à Lui-même: "Vis. Je le veux". Moi qui avais ressuscité les morts quand je n'étais que le Fils de l'homme, la Victime désignée pour porter les fautes du monde, ne devais-je pas pouvoir me ressusciter Moi-même maintenant que j'étais le Fils de Dieu, le Premier et le Dernier, le Vivant éternel, Celui qui a dans ses mains les clefs de la Vie et de la Mort? Et mon Cadavre a senti la Vie revenir en Lui. Regarde: comme un homme qui s'éveille après le sommeil produit par une énorme fatigue, j'ai une respiration profonde et je n'ouvre pas encore les yeux. Le sang revient circuler dans les veines peu rapide encore, il ramène la pensée à l'esprit. Mais je viens de si loin! Regarde: comme un blessé qu'une puissance miraculeuse guérit, le sang revient dans les veines vides, remplit le cœur, réchauffe les membres, les blessures se cicatrisent, les bleus et les blessures disparaissent, la force revient. Mais j'étais tellement blessé! Voilà: la Force agit. Je suis guéri. Je suis éveillé. Je suis revenu à la Vie. J'étais mort. Maintenant je vis! Maintenant je ressuscite! Je secoue les linges de mort, je jette l'enveloppe des onguents. Je n'ai pas besoin d'eux pour paraître la Beauté éternelle, l'éternelle Intégrité. Je me revêts d'un vêtement qui n'est pas de cette Terre, mais tissé par Celui qui est mon Père et qui a tissé la soie des lys virginaux. Je suis revêtu de splendeur. Je suis orné de mes plaies qui ne suintent plus du sang mais dégagent de la lumière. Cette lumière qui sera la joie de ma Mère et des bienheureux, et la vue insoutenable des maudits et des démons sur la Terre et au dernier jour. L'ange de ma vie d'homme et l'ange de ma douleur sont prosternés devant Moi et adorent ma Gloire. Ils sont ici tous les deux mes anges. L'un pour jouir de la vue de Celui qu'il a gardé et qui maintenant n'a plus besoin de défense angélique. L'autre, qui a vu mes larmes pour voir mon sourire, qui a vu mon combat pour voir ma victoire, qui a vu ma douleur pour voir ma joie. Et je sors dans le jardin plein de boutons de fleurs et de rosée. Et les pommiers ouvrent leurs corolles pour faire un arc fleuri au-dessus de ma tête de Roi, et les plantes font un tapis de gemmes et de corolles à mes pieds qui reviennent fouler la Terre rachetée après que j'ai été élevé sur elle pour la racheter. Et ils me saluent le premier soleil, et le doux vent d'avril, et la nuée légère qui passe, rose comme la joue d'un enfant, et les oiseaux dans les feuillages. Je suis leur Dieu. Ils m'adorent. Je passe parmi les gardes évanouis, symbole des âmes en faute mortelle qui ne sentent pas le passage de Dieu. C'est Pâques, Marie! C'est bien le "Passage de l'Ange de Dieu"! Son Passage de la mort à la vie. Son Passage pour donner la Vie à ceux qui croient en son Nom. C'est Pâques! C'est la Paix qui passe dans le monde. La Paix qui n'est plus voilée par la condition d'homme mais qui est libre, complète dans l'efficience de Dieu qui lui est revenue. Et je vais trouver la Mère. Il est bien juste que j'y aille. Cela l'a été pour mes anges. Ce doit l'être bien plus pour celle qui, en plus d'être ma gardienne et mon réconfort, a été celle qui m'a donné la vie. Avant encore de revenir au Père dans mon vêtement d'Homme glorifié, je vais voir ma Mère. J'y vais dans la splendeur de mon vêtement paradisiaque et de mes Gemmes vivantes. Elle peut me toucher, elle peut me baiser car elle est la Pure, la Belle, l'Aimée, la Bénie, la Sainte de Dieu. Le nouvel Adam va à la nouvelle Eve. Le mal est entré dans le monde par la femme et c'est par la Femme qu'il a été vaincu. Le Fruit de la Femme a désintoxiqué les hommes de la bave de Lucifer. Maintenant s'ils veulent ils peuvent être sauvés. Elle a sauvé la femme restée si fragile après la blessure mortelle. Et après qu'à la Pure, à laquelle par droit de Sainteté et de Maternité il est juste qu'aille son Fils-Dieu, je me présente à la femme rachetée, à celle qui est le chef de file, à celle qui représente toutes les créatures féminines que je suis venu délivrer de la morsure de la luxure, pour qu'elle dise à celles qui vont vers Moi pour guérir, qu'elles aient foi en Moi, qu'elles croient en ma Miséricorde qui comprend et pardonne, que pour vaincre Satan qui fouille leurs chairs, elles regardent ma Chair ornée des cinq plaies. Je ne me fais pas toucher par elle. Elle n'est pas la Pure qui peut toucher sans le contaminer le Fils qui revient au Père. Elle a encore beaucoup à purifier par la pénitence, mais son amour mérite cette récompense. Elle a su ressusciter par sa volonté du tombeau de ses vices, étrangler Satan qui la possédait, défier le monde par amour pour son Sauveur, elle a su se dépouiller de tout ce qui n'est pas amour, elle a su n'être plus que l'amour qui se consume pour son Dieu. Et Dieu l'appelle: "Marie". Entends-la répondre: "Rabboni!" Il y a son cœur dans ce cri. C'est à elle, qui l'a mérité, que je donne la charge d'être la messagère de la Résurrection. Et encore une fois elle sera méprisée comme si elle avait déliré. Mais rien ne lui importe à Marie de Magdala, à Marie de Jésus, du jugement des hommes. Elle m'a vu ressuscité et cela lui donne une joie qui apaise tout autre sentiment. Tu vois comme j'aime même celui qui a été coupable, mais a voulu sortir de la faute? Ce n'est même pas à Jean que je me montre d'abord, mais à la Magdeleine. Jean avait déjà eu de Moi la qualité de fils. Il le pouvait avoir car il était pur et il pouvait être le fils non seulement spirituel, mais aussi donnant et recevant ces besoins et ces soins qui concernent la chair, à la Pure et de la Pure de Dieu. Marie-Magdeleine, la ressuscitée à la Grâce, a la première vision de la Grâce Ressuscitée. Quand vous m'aimez jusqu'à vaincre tout pour Moi, je vous prends la tête et le cœur malades dans mes mains transpercées et je vous souffle au visage ma Puissance. Et je vous sauve, je vous sauve, fils que j'aime. Vous redevenez beaux, sains, libres, heureux. Vous redevenez les fils aimés du Seigneur. Je vous fais porteurs de ma Bonté parmi les pauvres hommes, les témoins de ma Bonté envers eux, pour les persuader d'Elle et de Moi. Ayez, ayez, ayez foi en Moi. Ayez l'amour. Ne craignez pas. Que vous rende sûrs de l'amour de votre Dieu tout ce que j'ai souffert pour vous sauver. Et toi, petit Jean, souris après avoir pleuré. Ton Jésus ne souffre plus. Il n'y a plus ni Sang ni blessures, mais la lumière, la lumière, la lumière et la joie et la gloire. Ma joie et ma lumière sont en toi, jusqu'à ce que vienne l'heure du Ciel.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie. http://www.mariavaltorta.com/
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