"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe Paul VI
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
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Dimanche 27 janvier 2008, Troisième dimanche du temps ordinaire.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 4-12,23. Quand Jésus apprit l'arrestation de Jean Baptiste, il se retira en Galilée.Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord du lac, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali.Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète Isaïe :Pays de Zabulon et pays de Nephtali,route de la mer et pays au-delà du Jourdain,Galilée, toi le carrefour des païens : le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays de l'ombre et de la mort, une lumière s'est levée. A partir de ce moment, Jésus se mit à proclamer : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. »Comme il marchait au bord du lac de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans le lac : c'étaient des pêcheurs.Jésus leur dit : « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. »Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.Plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans leur barque avec leur père, en train de préparer leurs filets. Il les appela.Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent.Jésus, parcourant toute la Galilée, enseignait dans leurs synagogues, proclamait la Bonne Nouvelle du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris.
Correspondance dans Maria Valtorta : Tome 2, Chap 7, p 29. CD 2 (1er CD), piste 10.
Je vois Jésus qui chemine le long de la bande verte en bordure du Jourdain. Il est revenu sensiblement à l’endroit où je l’ai vu pour le Baptême, près du gué qui paraît être très connu et fréquenté pour passer sur l’autre rive la Pérée. Mais l’endroit où il y avait des gens, en foule, maintenant paraît désert. Seul quelque voyageur, à pied, à cheval ou à âne le parcourt.Jésus paraît ne leur prêter aucune attention. Il avance sur sa route en remontant vers le Nord comme absorbé dans ses pensées. Quand il arrive à la hauteur du gué, il croise un groupe d’hommes, d’âges variables qui discutent avec animation entre eux et se séparent, une partie allant vers le Sud, l’autre remontant vers le Nord. Parmi ceux qui se dirigent vers le Nord, je vois qu’il y a Jean et Jacques.Jean, le premier, voit Jésus, le montre à son frère et à ses compagnons. Ils parlent un peu entre eux et puis Jean se met à marcher rapidement pour rejoindre Jésus. Jacques le suit plus lentement. Les autres ne s’en occupent pas. Ils marchent lentement en discutant.Quand Jean est près de Jésus, à sa hauteur, à peine à deux ou trois mètres de Lui, il crie: “Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde!”Jésus se retourne et le regarde. Les deux sont à quelques pas l’un de l’autre. Ils s’observent. Jésus avec son regard sérieux et pénétrant, Jean avec son regard pur et rieur dans son charmant visage juvénile qui paraît celui d’une jeune fille. On lui donne, plus ou moins, vingt ans et sur ses joues roses, on ne remarque rien qu’un duvet blond qui paraît un voile d’or.“Qui cherches-tu?” demande Jésus.“Toi, Maître.”“Comment sais-tu que je suis maître?”“C’est le Baptiste qui me l’a dit.”“Et alors, pourquoi m’appelles-tu Agneau?”“Parce que je t’ai entendu nommer ainsi, un jour que tu passais, il y a plus d’un mois.”“Que veux-tu de Moi?”“Que tu nous dises les paroles de vie éternelle et que tu nous consoles.”“Mais qui es-tu?”“Je suis Jean, de Zébédée et celui-ci, c’est mon frère Jacques. Nous sommes de Galilée, nous sommes pêcheurs et nous sommes aussi disciples de Jean. Lui nous disait des paroles de vie et nous l’écoutions, car nous voulons suivre Dieu, et par la pénitence mériter son pardon en préparant les chemins du cœur à la venue du Messie. C’est Toi. Jean l’a dit, car il a vu le signe de la Colombe se poser sur Toi, et nous a dit: "Voici l’Agneau de Dieu". Moi, je te dis: Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, donne nous la paix, parce que nous n’avons plus de guide, et notre âme est troublée.”“Où est Jean?”“Hérode l’a fait arrêter. Il est en prison à Machéronte. Ses plus fidèles parmi nous ont essayé de le délivrer, mais impossible. Nous revenons de là. Laisse-nous venir avec Toi, Maître. Montre-nous où tu habites.”“Venez, mais savez-vous ce que vous cherchez? Qui me suit devra tout abandonner: maison, parents, façon de penser, et même la vie. Je vous ferai mes disciples et mes amis si vous le voulez. Mais Moi, je n’ai ni richesses ni protections. Je suis et le serai davantage pauvre au point de ne pas avoir où reposer ma tête et persécuté plus qu’une brebis perdue n’est poursuivie par les loups. Ma doctrine est encore plus sévère que celle de Jean, car elle interdit le ressentiment. Elle ne concerne pas tant l’extérieur que l’esprit. Vous devrez renaître si vous voulez être miens. Le voulez-vous?”“Oui, Maître. Toi seul as les paroles qui nous donnent la lumière. Elles descendent, et où étaient les ténèbres de la désolation par absence de guide, elles apportent la clarté du soleil.”“Venez donc et marchons. Le long du chemin je vous instruirai.” Paroles de Jésus:“Le groupe qui m’avait rencontré était nombreux, mais un seul me reconnut. Celui qui avait l’âme, la pensée et la chair pures de toute luxure.J’insiste sur la valeur de la pureté. La chasteté est toujours source de lucidité pour la pensée. La virginité affine et puis maintient la sensibilité de l’intelligence et des affections à un degré de perfection que seul celui qui est vierge expérimente.Vierge, on l’est de différentes manières. Forcément et ceci spécialement pour les femmes, quand personne ne vous a choisi en vue du mariage. Cela devrait être pour les hommes aussi, mais cela ne l’est pas. Et cela est mal parce que d’une jeunesse prématurément souillée par la passion ne pourra venir qu’un chef de famille malade dans ses sentiments et souvent dans sa chair.Il y a la virginité voulue, celle des âmes consacrées au Seigneur dans un élan de fidélité. Belle virginité! Sacrifice agréable à Dieu! Mais tous ne savent pas garder cette blancheur du lys qui reste droit sur sa tige tourné vers le ciel, ignorant la boue de la terre, ouvert seulement aux baisers du soleil de Dieu et de ses rosées.Il y en a tant qui ne gardent qu’une fidélité matérielle, mais sont infidèles par leur pensée qui regrette et désire ce qu’elle a sacrifié. Ceux-là ne sont vierges qu’à moitié. Si la chair est intacte, le cœur ne l’est pas. Il fermente, ce cœur, il bouillonne; il émet des fumées sensuelles d’autant plus raffinées et condamnables qu’elles sont des créations de la pensée qui caresse, paît et fait fourmiller les imaginations d’assouvissements illicites pour ceux qui sont libres et plus qu’illicites pour ceux qui ont fait un vœu.C’est alors l’hypocrisie du vœu. Il y a l’apparence mais il manque la réalité. En vérité je vous dis que si quelqu’un vient à Moi avec un lys abîmé par la volonté d’un brutal et qu’un autre vient avec un lys intact matériellement mais souillé par le débordement d’une sensualité caressée et cultivée pour en remplir les heures de solitude, le premier, je l’appelle "vierge" et je dénie cette qualité au second. Et, au premier je donne la double couronne de la virginité et du martyre à cause de sa chair blessée et de son cœur couvert de plaies par une mutilation qu’il n’a pas voulue.La valeur de la pureté est telle que, comme tu l’as vu, Satan s’est préoccupé d’abord de m’amener à l’impureté. Lui sait bien qu’une faute de sensualité démantèle l’âme et en fait une proie facile pour les autres fautes. Le souci de Satan s’est appliqué à l’objectif principal pour me vaincre.Le pain, la faim sont les formes matérielles pour symboliser l’appétit, les appétits que Satan exploite pour arriver à ses fins. Bien différente est la nourriture, qu’il m’offrait pour me faire tomber, comme ivre à ses pieds! Après serait venue la gourmandise, l’argent, la puissance, l’idolâtrie, le blasphème, l’abjuration de la Loi divine. Mais, le premier pas, pour me posséder, c’était cela. C’est le même procédé qu’il utilisa pour blesser Adam.Le monde se moque de ceux qui sont purs. Ceux qui sont souillés par l’impureté s’attaquent à ceux qui sont purs. Jean Baptiste est une victime de la luxure de deux êtres dépravés. Mais si le monde possède encore un peu de lumière, il le doit à ceux qui restent purs au milieu du monde. Ils sont les serviteurs de Dieu et savent comprendre Dieu et répéter les paroles de Dieu. Je l’ai dit: "Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu". Même sur la terre. Ceux dont les fumées des sens ne troublent pas la pensée, "voient" Dieu et l’entendent et le suivent et le montrent aux autres.Jean de Zébédée est un être pur. Il est "le Pur" au milieu de mes disciples. Son âme est une fleur dans un corps angélique. Lui m’appelle avec les paroles de son premier maître et me demande de lui donner la paix. Mais la paix, il la possède en lui-même par la pureté de sa vie et je l’ai aimé à cause de la pureté qui resplendit en lui. C’est à elle que j’ai confié mes enseignements, mes secrets, la Créature qui m’était la plus chère.Il a été mon premier disciple, il m’a aimé dès le premier instant qu’il m’a vu. Son âme s’était fondue avec la mienne du jour où il m’avait vu passer le long du Jourdain et qu’il avait vu le Baptiste me montrer. Même s’il ne m’avait pas rencontré ensuite à mon retour du désert, il m’aurait cherché jusqu’à ce qu’il me trouve. En effet, celui qui est pur est humble et désireux de s’instruire dans la science de Dieu et il va, comme l’eau vers la mer, vers ceux en qui il voit des maîtres de la doctrine céleste.” Autres paroles de Jésus:“Je n’ai pas voulu que tu parles de la tentation de sensualité de ton Jésus. Bien que ta voix intérieure t’ait fait comprendre la tactique de Satan pour m’attirer vers les sens, j’ai préféré que ce soit Moi qui en parle et de n’y plus penser. Il était nécessaire d’en parler, maintenant passons à autre chose. La fleur de Satan, laisse-la sur ses sables. Viens à la suite de Jésus comme Jean. Tu marcheras parmi les épines, mais tu trouveras, au lieu de roses les gouttes de sang de Celui qui les a répandues pour toi, pour vaincre aussi en toi la chair.Je réponds à l’avance à une observation. Jean dit dans son Évangile en parlant de la rencontre avec Moi: "Et le jour suivant". Il semble ainsi que le Baptiste m’ait désigné le jour qui suivait le Baptême et que tout de suite Jean et Jacques m’aient suivi. Cela contredit ce qu’ont dit les autres Évangélistes au sujet des quarante jours passés au désert. Mais prenez cette lecture: "(Après l’arrestation de Jean) un jour, ensuite, les deux disciples de Jean Baptiste auxquels il m’avait indiqué en disant: ‘Voici l’Agneau de Dieu’, en me revoyant, m’appelèrent et me suivirent". Après mon retour du désert.Et ensemble, nous sommes retournés sur les rives du lac de Galilée où je m’étais réfugié pour commencer à partir de là mon Évangélisation, et les deux parlèrent de Moi aux autres pêcheurs. Ils avaient fait toute la route avec Moi et étaient restés une journée entière au foyer hospitalier d’un ami de ma maison, de la parenté. Mais l’initiative de ces conversations vint de Jean de l’âme duquel la volonté de pénitence avait fait, alors qu’elle était déjà si limpide à cause de sa pureté, un chef-d’œuvre de limpidité où la Vérité se réfléchissait avec netteté; il avait ainsi la sainte audace des purs et des généreux qui ne craignent pas de se mettre en avant quand ils voient qu’il s’agit de Dieu, de la vérité, de l’enseignement et des voies de Dieu. Combien je l’ai aimé pour ce caractère personnel fait de simplicité et d’héroïsme!”Une aurore d’une sérénité parfaite sur la Mer de Galilée. Ciel et eau ont des reflets roses peu différents de ceux dont la douceur éclaire les murs des jardinets d’un petit village lacustre d’où s’élèvent et se détachent en se penchant sur les ruelles des chevelures ébouriffées et vaporeuses d’arbres à fruit.Le petit pays se réveille à peine, avec une femme qui s’en va à la fontaine ou à un lavoir et des pêcheurs qui chargent des paniers de poissons et discutent à haute voix avec des marchands venus d’ailleurs, ou qui portent des paniers de poissons à leur domicile. J’ai dit un petit pays, mais il n’est pas tellement petit. Il est plutôt humble, au moins du côté où je le vois, mais vaste, s’étirant en plus grande partie le long du lac.Jean débouche d’une ruelle et se hâte vers le lac. Jacques le suit mais d’un pas beaucoup plus calme. Jean regarde les barques déjà accostées mais ne trouve pas celle qu’il cherche. Il l’aperçoit alors qu’elle est encore à quelques centaines de mètres de la rive, occupée aux manœuvres d’accostage. Il lance très fort, avec les mains en porte-voix un: “Oh! hé!” prolongé qui doit être l’appel habituel. Et puis, quand il voit qu’on l’a entendu il fait avec les bras de grands gestes qui signifient: “Venez, venez.”Les hommes de la barque, s’imaginant je ne sais quoi, foncent à coups de rames, et la barque avance plus rapidement qu’avec la voile, qu’ils amènent, peut-être pour faire plus vite. Quand ils sont à une dizaine de mètres du rivage, Jean n’attend plus. Il enlève son manteau et son long vêtement et les jette sur la grève. Il quitte ses sandales, il lève son vêtement de dessous en le ramenant d’une main jusqu’à l’aine et descend dans l’eau, à la rencontre de ceux qui arrivent.“Pourquoi n’êtes-vous pas venus tous deux?” demande André. Pierre, boudeur, ne dit rien.“Et toi, pourquoi n’es-tu pas venu avec moi et Jacques” répond Jean à André.“Je suis allé pêcher. Je n’ai pas de temps à perdre. Tu as disparu avec cet homme…”“Je t’avais fait signe de venir. C’est bien Lui. Si tu entendais ces paroles!… Nous sommes restés avec Lui toute la journée et jusque tard dans la nuit. Maintenant, nous sommes venus vous dire:Venez ".”“C’est bien Lui? Tu en es certain? Nous l’avons à peine vu alors, quand le Baptiste le montra.”“C’est Lui. Il ne l’a pas nié.”“N’importe qui peut dire ce qui l’arrange pour s’imposer aux gens crédules. Ce n’est pas la première fois…” bougonne Pierre mécontent.“Oh! Simon! Ne parle pas comme çà! C’est le Messie! Il sait tout! Il t’entend!” Jean est affligé, consterné par les paroles de Simon Pierre.“Allons! Le Messie! Et c’est justement à toi qu’il se montre et à Jacques et à André! Trois pauvres ignorants! Il viendra bien autrement le Messie! Et il m’entend! Mais, viens, pauvre gosse! Les premiers soleils printaniers t’ont donné sur la tête. Allons, viens travailler. Ça vaudra mieux. Laisse-là tous ces boniments.”“C’est le Messie, je te le dis. Jean disait des choses saintes, mais celui-là parle de Dieu. Qui n’est pas le Christ ne peut dire de semblables paroles.”“Simon, moi je ne suis pas un enfant. J’ai mon âge et je suis calme et réfléchi. Tu le sais. J’ai peu parlé, mais j’ai beaucoup écouté pendant ces heures où nous sommes restés avec l’Agneau de Dieu. Et je te dis que vraiment, Il ne peut être que le Messie. Pourquoi ne pas croire? Pourquoi ne pas vouloir croire? C’est possible pour toi parce que tu ne l’as pas entendu, mais moi je crois. Nous sommes pauvres et ignorants? Lui dit justement qu’il est venu annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, du Royaume de la paix, aux pauvres, aux humbles, aux petits avant d’en parler aux grands. Il a dit: "Les grands ont déjà leurs jouissances. Elles ne sont pas enviables comparées à celles que je viens apporter. Les grands ont déjà la possibilité d’arriver à comprendre par les ressources de la culture. Mais, Moi je viens vers les ‘petits d’Israël’ et du monde, vers ceux qui pleurent et espèrent, vers ceux qui cherchent la Lumière et ont faim de la vraie Manne. Il ne leur vient, des savants ni lumière ni nourriture, mais seulement fardeaux, obscurité, chaînes et mépris. J’appelle ‘les petits’. Je suis venu retourner le monde. Car j’abaisserai ce qui maintenant est élevé et j’élèverai ce qui maintenant est méprisé. Que celui qui veut vérité et paix, qui veut la vie éternelle vienne à Moi. Qui aime la Lumière, qu’il vienne. Je suis la Lumière du monde". N’est-ce pas comme cela qu’il a parlé, Jean?” Jacques a parlé tranquillement, mais avec émotion.“Oui. Et il a dit: "Le monde ne m’aimera pas. Le grand monde parce qu’il est corrompu par les vices et les relations idolâtriques. Le monde ne voudra pas de Moi, car fils de Ténèbres il n’aime pas la Lumière. Mais la terre n’est pas faite seulement du grand monde. Il y en a qui, bien que mêlés au monde ne sont pas du monde. Il y en a qui sont du monde parce qu’ils y sont emprisonnés comme les poissons pris au filet", c’est exactement ce qu’il a dit parce qu’il parlait sur la rive du lac et il montrait des filets qu’on amenait à la rive avec leurs poissons. Il a dit aussi: "Aucun de ces poissons ne voudrait tomber dans le filet. Les hommes aussi ne voudraient pas, de propos délibéré, être la proie de Mammon. Pas même les plus mauvais, car ceux-ci, à cause de l’orgueil qui les aveugle ne croient pas qu’ils n’ont pas le droit de faire ce qu’ils font. Leur vrai péché, c’est l’orgueil. De lui naissent tous les autres. Mais ceux, ensuite, qui ne sont pas complètement mauvais voudraient encore moins appartenir à Mammon. Mais ils y tombent par légèreté, par un poids qui les entraîne au fond et qui est la faute d’Adam. Je suis venu enlever cette faute et donner en attendant l’heure de la Rédemption, à qui croira en Moi, une force capable de les libérer des lacets qui les retiennent et de leur rendre la liberté de me suivre, Moi, la Lumière du monde".”“Mais alors, s’il a exactement parlé ainsi, il faut aller à Lui tout de suite.”Pierre, avec ses impulsions si franches et qui me plaisent tant, a pris une décision subite. Déjà il la réalise en se pressant de terminer les opérations de débarquement, car, entre temps la barque est arrivée à la rive et les garçons finissent de l’échouer en déchargeant les filets, les cordages et les voiles. “Et toi, imbécile d’André, pourquoi n’es-tu pas allé avec eux?”“Mais… Simon! Tu m’as reproché de ne pas les avoir persuadés de venir avec moi… Toute la nuit tu as bougonné, et maintenant tu me reproches de n’y être pas allé?!…”“Tu as raison… Mais moi, je ne l’avais pas vu… toi, oui… et tu devais avoir vu qu’il n’est pas comme nous… Il aura quelque chose de plus beau!…”“Oh! oui” dit Jean. “Il a un visage! Et des yeux! Pas vrai, Jacques, quel regard?! Et une voix!… Ah! quelle voix! Quand il parle, il semble qu’on rêve au Paradis.”“Vite, vite, allons le trouver. Vous (il parle aux manœuvres) portez tout à Zébédée et dites-lui qu’il s’en débrouille. Nous reviendrons ce soir pour la pêche.”Ils remettent tous, leurs habits, et s’en vont. Mais Pierre, après quelques mètres s’arrête, il prend Jean par le bras et lui demande: “Tu as dit qu’il sait tout et se rend compte de tout…”“Oui. Pense que quand nous avons vu la lune haute sur l’horizon nous avons dit: "Qui sait ce que fait Simon?", Lui a dit:" Il est en train de jeter le filet et s’impatiente de devoir le faire seul car vous n’êtes pas sortis avec la barque jumelle un soir où la pêche est si bonne… Il ne sait pas que d’ici peu il ne pêchera plus qu’avec des filets tout autres pour prendre de toutes autresproies ".”“Miséricorde divine! C’est tout à fait cela! Alors, il se sera rendu compte aussi… aussi, que je l’ai presque traité de menteur… Je ne peux aller vers Lui.”“Oh! Il est si bon. Il sait certainement que tu as eu cette pensée. Il le savait déjà. En effet, quand nous l’avons quitté, en disant que nous allions te trouver, il a dit: "Allez, mais ne vous laissez pas vaincre par les premières paroles de mépris. Qui veut venir avec Moi doit savoir tenir tête aux moqueries du monde et aux défenses des parents, car je suis au-dessus du sang et de la société et j’en triompherai. Et qui est avec Moi triomphera éternellement". Et, il a dit encore: "Sachez parler sans peur. En vous entendant, il viendra, car c’est un homme de bonne volonté".”“C’est cela qu’il a dit? Alors, je viens. Parle, parle encore de Lui tout en marchant. Où est-il?”“Dans une pauvre maison. Ce doit être chez des amis.”“Mais, il est pauvre?”“Un artisan de Nazareth, nous a-t-il dit.”“Et de quoi vit-il maintenant, s’il ne travaille plus?”“Nous ne lui avons pas demandé. Peut-être les parents l’aident.”“Il aurait mieux valu porter des poissons, du pain, des fruits…. quelque chose. Nous allons interroger un rabbi car il est tout comme un rabbi, et plus encore, et nous venons les mains vides!… Ce n’est pas ce qu’attendent nos rabbi…”“Mais Lui n’est pas de leur avis. Nous n’avions que vingt deniers entre Jacques et moi. Nous les lui avons offerts, comme c’est la coutume pour les rabbi. Mais Lui n’en voulait pas, et comme nous insistions, il a dit: "Dieu vous le rende avec les bénédictions des pauvres. Venez avec Moi" et tout de suite il les a distribués à des pauvres gens dont il connaissait le domicile. Nous lui avons demandé: "Et pour Toi, Maître, tu ne gardes rien? "Il a répondu:" La joie de faire la volonté de Dieu et d’être utile à sa gloire ". Nous avons encore ajouté: "Tu nous appelles, Maître. Mais nous, nous sommes tout à fait pauvres. Que devons-nous apporter?". Il nous a répondu, avec un sourire qui nous fait vraiment goûter le Paradis: "C’est un grand trésor que je vous demande "; et nous:" Mais, si nous n’avons rien? "; et Lui: "Un trésor qui a sept noms, et que même le plus humble peut avoir, et que le roi plus riche peut ne pas posséder, vous l’avez et je le veux. Écoutez-en les noms: charité, foi, bonne volonté, droiture d’intention, continence, sincérité, esprit de sacrifice. Cela, je le veux de celui qui me suit, cela seulement, et vous l’avez en vous. Il dort comme la semence, dans le sillon, l’hiver, mais le soleil de mon printemps en fera naître les sept épis". C’est ainsi qu’il a parlé.”“Ah! cela me donne la certitude que c’est le vrai Rabbi, le Messie promis. Il n’est pas dur pour les pauvres, il ne demande pas d’argent… Cela suffit pour dire qu’il est le Saint de Dieu. Allons en toute sécurité.”Et tout se termine.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta - ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie

Dimanche 20 janvier 2008, Deuxième dimanche du temps ordinaire.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1,29-34.
Le lendemain, comme Jean Baptiste voyait Jésus venir vers lui, il dit : « Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ;c'est de lui que j'ai dit : Derrière moi vient un homme qui a sa place devant moi, car avant moi il était.Je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l'eau, c'est pour qu'il soit manifesté au peuple d'Israël. »Alors Jean rendit ce témoignage : « J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui.Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit : 'L'homme sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est celui-là qui baptise dans l'Esprit Saint.'Oui, j'ai vu, et je rends ce témoignage : c'est lui le Fils de Dieu. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris.
Correspondance dans Maria Valtorta - tome 2, chap 3, p 17 - CD 2 (1er CD), piste 5 -
Je vois s’avancer le long d’un sentier le long de la bordure herbeuse et ombragée qui côtoie le Jourdain, mon Jésus. Ce chemin de campagne, plutôt sentier que chemin, semble dessiné par les caravanes et les voyageurs qui pendant des années et des siècles l’ont parcouru pour arriver à un point où le fond du lit se relève et permet de passer à gué. Le sentier continue sur l’autre rive du fleuve et se perd dans la verdure de l’autre berge.Jésus est seul. Il marche lentement et en avançant il arrive derrière Jean. Il avance sans bruit, tout en écoutant la voix tonnante du Pénitent du désert, comme si Jésus était aussi une des nombreuses personnes qui venaient vers Jean pour se faire baptiser et se préparer à la purification pour la venue du Messie. Rien ne distingue Jésus des autres gens. Il semble un homme du peuple pour son vêtement, un seigneur pour la beauté de ses traits, mais aucun signe divin ne le distingue de la foule.Cependant on dirait que Jean sent une particulière émanation spirituelle. Il se retourne et identifie tout de suite la source de cette émanation. Il descend vivement du rocher qui lui servait de chaire et s’en, va d’un air dégagé vers Jésus qui est arrêté à quelques mètres d’un groupe et s’appuie au tronc d’un arbre.Jésus et Jean se fixent un moment. Jésus, avec son regard d’azur, si doux. Jean avec son œil sévère, très noir, plein d’éclairs. Les deux, vus rapprochés sont l’antithèse l’un de l’autre. Tous les deux grands - c’est leur unique ressemblance - ils sont différents pour tout le reste. Jésus blond, aux longs cheveux peignés, au teint blanc ivoire, aux yeux d’azur, au vêtement simple, mais majestueux. Jean, hirsute aux cheveux noirs qui retombent à plat sur les épaules et taillés en escalier, avec une barbe noire coupée à ras qui lui couvre presque tout le visage qui n’empêche pas de découvrir ses joues creusées par le jeûne, des yeux noirs fiévreux, la peau bronzée par le soleil et les intempéries et le poil épais qui la couvre, demi nu avec son vêtement de peau de chameau retenu à la taille par une ceinture de peau et qui lui couvre le torse, descendant à peine au-dessous de ses flancs amaigris et laissant à droite les côtes découvertes, les côtes sur lesquelles se trouve, unique tissu, la peau tannée par l’air. En vis à vis, on dirait un sauvage et un ange.Jean, après avoir fixé sur Lui son regard pénétrant, s’écrie: “Voici l’Agneau de Dieu. Comment peut-il se faire que mon Seigneur vienne vers moi?”Jésus répond tranquillement: “C’est pour accomplir le rite de pénitence.”“Jamais, Seigneur. C’est moi qui dois venir à Toi pour être sanctifié, et c’est Toi qui viens vers moi?”Et Jésus, en lui mettant une main sur la tête, parce que Jean s’était incliné devant Jésus, lui répond: “Permets que tout se fasse comme je veux, pour que s’accomplisse toute justice et que ton rite achemine les hommes vers un plus haut mystère et qu’il leur soit annoncé que la Victime est dans ce monde.”Jean l’observe avec un œil dont une larme adoucit le regard, et le précède vers la rive. Jésus enlève son manteau et sa tunique, gardant une sorte de caleçon court et descend dans l’eau où se trouve déjà Jean. Jean le baptise en Lui versant sur la tête de l’eau du fleuve, avec une sorte de tasse suspendue à sa ceinture et qui semble être une coquille ou une demi-calebasse séchée et vidée.Jésus est proprement l’Agneau, l’Agneau dans la blancheur de sa chair, la modestie de ses traits, la douceur de son regard.Pendant que Jésus remonte sur la rive, et qu’après s’être vêtu, il se recueille en prière, Jean le montre à la foule et témoigne de l’avoir reconnu au signe que l’Esprit de Dieu lui avait indiqué et qui désignait infailliblement le Rédempteur.Mais je suis polarisée par le spectacle de Jésus qui prie et je ne vois plus que cette figure lumineuse qui se détache sur le fond vert de la rive. Paroles de Jésus :“Jean n’avait pas besoin de signe pour lui-même. Son esprit, présanctifié dès le sein de sa mère était en possession de cette vue de l’intelligence surnaturelle qui aurait été le lot de tous les hommes sans la faute d’Adam.Si l’homme était resté en état de grâce, dans l’innocence et la fidélité à son Créateur, il aurait vu Dieu à travers les apparences extérieures. On dit dans la Genèse que le Seigneur Dieu parlait familièrement avec l’homme innocent et que l’homme ne s’évanouissait pas en entendant cette voix et la discernait sans se tromper. Tel était le sort de l’homme: voir et comprendre Dieu, comme un fils à l’égard de son père. Puis la faute est venue et l’homme n’a plus osé regarder Dieu, n’a pu savoir découvrir et comprendre Dieu. Et il le sait de moins en moins.Mais Jean, mon cousin Jean, avait été purifié de la faute quand la Pleine de Grâce s’était penchée avec amour pour embrasser celle qui autrefois stérile était devenue féconde, Elisabeth. Le bébé avait sauté de joie dans son sein en sentant les écailles de la faute tomber de son âme comme une croûte qui tombe d’une plaie au moment de la guérison. L’Esprit Saint qui avait fait de Marie la Mère du Sauveur, commença son œuvre de salut à travers Marie, Ciboire Vivant du Salut Incarné pour cet enfant qui allait naître, destiné à m’être uni, non pas tant par le sang que par la mission qui fit de nous comme les lèvres qui forment la parole. Jean c’était les lèvres et Moi la Parole. Lui le Précurseur dans l’Évangile et sa destinée de martyr. Moi, Celui qui donne ma divine perfection à l’Évangile inauguré par Jean et son martyre pour la défense de la Loi de Dieu.Jean n’avait besoin d’aucun signe, mais pour l’épaisseur de l’esprit des autres, un signe était nécessaire. Sur quoi Jean aurait-il fondé son affirmation sinon sur une preuve irrécusable que les yeux des hommes lents à voir et les oreilles paresseuses auraient perçue?Moi, également, je n’avais pas besoin de baptême. Mais la Sagesse du Seigneur avait jugé que ce devait être l’instant et la façon de se rencontrer. En faisant sortir Jean de sa grotte dans le désert et Moi de ma maison il nous unit en ce moment pour ouvrir sur Moi le Ciel et en faire descendre soi-même, Colombe Divine, sur Celui qui aurait à baptiser les hommes avec cette Colombe et faire descendre du Ciel l’annonce encore plus puissante de cette angélique pensée de mon Père: "Voici mon Fils Bien Aimé, en qui je me suis complu". C’est pour que les hommes n’eussent pas d’excuse ou de doute pour savoir s’ils devraient me suivre ou non.Les manifestations du Christ ont été nombreuses. La première, après la naissance fut celle des Mages, la seconde au Temple, la troisième sur les rives du Jourdain. Puis vinrent les autres manifestations innombrables que je te ferai connaître, parce que mes miracles sont des manifestations de ma nature divine jusqu’aux derniers, de ma Résurrection et de mon Ascension au Ciel. Ma patrie fut comblée de mes manifestations. Comme des semences jetées aux quatre points cardinaux, elles arrivèrent en toute couche et tout endroit de la vie: aux bergers, aux puissants, aux savants, aux incrédules, aux pécheurs, aux prêtres, aux dominateurs, aux enfants, aux soldats, aux Hébreux, aux Gentils.Maintenant encore, elles se répètent, mais comme alors le monde ne les accepte pas ou plutôt il n’accueille pas les miracles actuels et il oublie ceux du passé. Eh bien, je ne renonce pas. Je me répète pour vous sauver, pour vous amener à la foi en Moi.Sais-tu, Marie, ce que tu fais? Ce que je fais plutôt en te faisant voir l’Évangile? C’est une tentative plus forte pour amener les hommes vers Moi. Tu l’as désiré par tes prières ardentes. Je ne me borne plus à la parole. Elle fatigue et les éloigne. C’est un péché, mais c’est ainsi. J’ai recours à la vision, à la vision de mon Évangile et je l’explique pour la rendre plus claire et plus attrayante.A toi, je donne le réconfort de la vision. À tous je donne le moyen de me désirer et de me connaître. Et si encore elle ne sert pas et si comme de cruels enfants ils rejettent le don sans en comprendre la valeur, à toi, le don restera et à eux ira mon indignation. Je pourrai, une fois encore faire l’antique reproche: Nous avons joué de la flûte et vous n’avez pas dansé. Nous avons entonné des lamentations et vous n’avez pas pleuré ".Mais, n’importe. Laissons-les, les "inconvertibles" accumuler sur leurs têtes des charbons ardents et tournons-nous vers les brebis qui cherchent à connaître le Pasteur. Le Pasteur, c’est moi et tu es la houlette qui me les amène.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta - ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie.

Dimanche 13 janvier 2008, Fête du Baptême du Seigneur.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 3,13-17.
Alors Jésus, arrivant de Galilée, paraît sur les bords du Jourdain, et il vient à Jean pour se faire baptiser par lui.Jean voulait l'en empêcher et disait : « C'est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c'est toi qui viens à moi ! »Mais Jésus lui répondit : « Pour le moment, laisse-moi faire ; c'est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste. » Alors Jean le laisse faire.Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l'eau ; voici que les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris.
Correspondance dans Maria Valtorta - tome 2, chap 3, p 17 - CD 2 (1er CD), piste 5 -
Je vois s’avancer le long d’un sentier le long de la bordure herbeuse et ombragée qui côtoie le Jourdain, mon Jésus. Ce chemin de campagne, plutôt sentier que chemin, semble dessiné par les caravanes et les voyageurs qui pendant des années et des siècles l’ont parcouru pour arriver à un point où le fond du lit se relève et permet de passer à gué. Le sentier continue sur l’autre rive du fleuve et se perd dans la verdure de l’autre berge.Jésus est seul. Il marche lentement et en avançant il arrive derrière Jean. Il avance sans bruit, tout en écoutant la voix tonnante du Pénitent du désert, comme si Jésus était aussi une des nombreuses personnes qui venaient vers Jean pour se faire baptiser et se préparer à la purification pour la venue du Messie. Rien ne distingue Jésus des autres gens. Il semble un homme du peuple pour son vêtement, un seigneur pour la beauté de ses traits, mais aucun signe divin ne le distingue de la foule.Cependant on dirait que Jean sent une particulière émanation spirituelle. Il se retourne et identifie tout de suite la source de cette émanation. Il descend vivement du rocher qui lui servait de chaire et s’en, va d’un air dégagé vers Jésus qui est arrêté à quelques mètres d’un groupe et s’appuie au tronc d’un arbre.Jésus et Jean se fixent un moment. Jésus, avec son regard d’azur, si doux. Jean avec son œil sévère, très noir, plein d’éclairs. Les deux, vus rapprochés sont l’antithèse l’un de l’autre. Tous les deux grands - c’est leur unique ressemblance - ils sont différents pour tout le reste. Jésus blond, aux longs cheveux peignés, au teint blanc ivoire, aux yeux d’azur, au vêtement simple, mais majestueux. Jean, hirsute aux cheveux noirs qui retombent à plat sur les épaules et taillés en escalier, avec une barbe noire coupée à ras qui lui couvre presque tout le visage qui n’empêche pas de découvrir ses joues creusées par le jeûne, des yeux noirs fiévreux, la peau bronzée par le soleil et les intempéries et le poil épais qui la couvre, demi nu avec son vêtement de peau de chameau retenu à la taille par une ceinture de peau et qui lui couvre le torse, descendant à peine au-dessous de ses flancs amaigris et laissant à droite les côtes découvertes, les côtes sur lesquelles se trouve, unique tissu, la peau tannée par l’air. En vis à vis, on dirait un sauvage et un ange.Jean, après avoir fixé sur Lui son regard pénétrant, s’écrie: “Voici l’Agneau de Dieu. Comment peut-il se faire que mon Seigneur vienne vers moi?”Jésus répond tranquillement: “C’est pour accomplir le rite de pénitence.”“Jamais, Seigneur. C’est moi qui dois venir à Toi pour être sanctifié, et c’est Toi qui viens vers moi?”Et Jésus, en lui mettant une main sur la tête, parce que Jean s’était incliné devant Jésus, lui répond: “Permets que tout se fasse comme je veux, pour que s’accomplisse toute justice et que ton rite achemine les hommes vers un plus haut mystère et qu’il leur soit annoncé que la Victime est dans ce monde.”Jean l’observe avec un œil dont une larme adoucit le regard, et le précède vers la rive. Jésus enlève son manteau et sa tunique, gardant une sorte de caleçon court et descend dans l’eau où se trouve déjà Jean. Jean le baptise en Lui versant sur la tête de l’eau du fleuve, avec une sorte de tasse suspendue à sa ceinture et qui semble être une coquille ou une demi-calebasse séchée et vidée.Jésus est proprement l’Agneau, l’Agneau dans la blancheur de sa chair, la modestie de ses traits, la douceur de son regard.Pendant que Jésus remonte sur la rive, et qu’après s’être vêtu, il se recueille en prière, Jean le montre à la foule et témoigne de l’avoir reconnu au signe que l’Esprit de Dieu lui avait indiqué et qui désignait infailliblement le Rédempteur.Mais je suis polarisée par le spectacle de Jésus qui prie et je ne vois plus que cette figure lumineuse qui se détache sur le fond vert de la rive. Paroles de Jésus :“Jean n’avait pas besoin de signe pour lui-même. Son esprit, présanctifié dès le sein de sa mère était en possession de cette vue de l’intelligence surnaturelle qui aurait été le lot de tous les hommes sans la faute d’Adam.Si l’homme était resté en état de grâce, dans l’innocence et la fidélité à son Créateur, il aurait vu Dieu à travers les apparences extérieures. On dit dans la Genèse que le Seigneur Dieu parlait familièrement avec l’homme innocent et que l’homme ne s’évanouissait pas en entendant cette voix et la discernait sans se tromper. Tel était le sort de l’homme: voir et comprendre Dieu, comme un fils à l’égard de son père. Puis la faute est venue et l’homme n’a plus osé regarder Dieu, n’a pu savoir découvrir et comprendre Dieu. Et il le sait de moins en moins.Mais Jean, mon cousin Jean, avait été purifié de la faute quand la Pleine de Grâce s’était penchée avec amour pour embrasser celle qui autrefois stérile était devenue féconde, Elisabeth. Le bébé avait sauté de joie dans son sein en sentant les écailles de la faute tomber de son âme comme une croûte qui tombe d’une plaie au moment de la guérison. L’Esprit Saint qui avait fait de Marie la Mère du Sauveur, commença son œuvre de salut à travers Marie, Ciboire Vivant du Salut Incarné pour cet enfant qui allait naître, destiné à m’être uni, non pas tant par le sang que par la mission qui fit de nous comme les lèvres qui forment la parole. Jean c’était les lèvres et Moi la Parole. Lui le Précurseur dans l’Évangile et sa destinée de martyr. Moi, Celui qui donne ma divine perfection à l’Évangile inauguré par Jean et son martyre pour la défense de la Loi de Dieu.Jean n’avait besoin d’aucun signe, mais pour l’épaisseur de l’esprit des autres, un signe était nécessaire. Sur quoi Jean aurait-il fondé son affirmation sinon sur une preuve irrécusable que les yeux des hommes lents à voir et les oreilles paresseuses auraient perçue?Moi, également, je n’avais pas besoin de baptême. Mais la Sagesse du Seigneur avait jugé que ce devait être l’instant et la façon de se rencontrer. En faisant sortir Jean de sa grotte dans le désert et Moi de ma maison il nous unit en ce moment pour ouvrir sur Moi le Ciel et en faire descendre soi-même, Colombe Divine, sur Celui qui aurait à baptiser les hommes avec cette Colombe et faire descendre du Ciel l’annonce encore plus puissante de cette angélique pensée de mon Père: "Voici mon Fils Bien Aimé, en qui je me suis complu". C’est pour que les hommes n’eussent pas d’excuse ou de doute pour savoir s’ils devraient me suivre ou non.Les manifestations du Christ ont été nombreuses. La première, après la naissance fut celle des Mages, la seconde au Temple, la troisième sur les rives du Jourdain. Puis vinrent les autres manifestations innombrables que je te ferai connaître, parce que mes miracles sont des manifestations de ma nature divine jusqu’aux derniers, de ma Résurrection et de mon Ascension au Ciel. Ma patrie fut comblée de mes manifestations. Comme des semences jetées aux quatre points cardinaux, elles arrivèrent en toute couche et tout endroit de la vie: aux bergers, aux puissants, aux savants, aux incrédules, aux pécheurs, aux prêtres, aux dominateurs, aux enfants, aux soldats, aux Hébreux, aux Gentils.Maintenant encore, elles se répètent, mais comme alors le monde ne les accepte pas ou plutôt il n’accueille pas les miracles actuels et il oublie ceux du passé. Eh bien, je ne renonce pas. Je me répète pour vous sauver, pour vous amener à la foi en Moi.Sais-tu, Marie, ce que tu fais? Ce que je fais plutôt en te faisant voir l’Évangile? C’est une tentative plus forte pour amener les hommes vers Moi. Tu l’as désiré par tes prières ardentes. Je ne me borne plus à la parole. Elle fatigue et les éloigne. C’est un péché, mais c’est ainsi. J’ai recours à la vision, à la vision de mon Évangile et je l’explique pour la rendre plus claire et plus attrayante.A toi, je donne le réconfort de la vision. À tous je donne le moyen de me désirer et de me connaître. Et si encore elle ne sert pas et si comme de cruels enfants ils rejettent le don sans en comprendre la valeur, à toi, le don restera et à eux ira mon indignation. Je pourrai, une fois encore faire l’antique reproche: Nous avons joué de la flûte et vous n’avez pas dansé. Nous avons entonné des lamentations et vous n’avez pas pleuré ".Mais, n’importe. Laissons-les, les "inconvertibles" accumuler sur leurs têtes des charbons ardents et tournons-nous vers les brebis qui cherchent à connaître le Pasteur. Le Pasteur, c’est moi et tu es la houlette qui me les amène.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta - ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie.

Dimanche 6 janvier 2008, Solennité de l'Epiphanie du Seigneur.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 2,1-12.
Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d'inquiétude, et tout Jérusalem avec lui.Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d'Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie. Ils lui répondirent :« A Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :Et toi, Bethléem en Judée, tu n'es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d'Israël mon peuple. »Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l'étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : «Allez vous renseigner avec précision sur l'enfant. Et quand vous l'aurez trouvé, avertissez-moi pour que j'aille, moi aussi, me prosterner devant lui.»Sur ces paroles du roi, ils partirent.Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant.Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie.En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe.Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris.
Correspondance dans Maria Valtorta - tome 1, chap 56, p 205 - CD 1, piste 85 -
Je vois qu’augmente la clarté nocturne qui tombe d’un ciel constellé d’étoiles si belles dans le ciel d’Orient, si vivantes et si grandes qu’elles paraissent toutes proches et qu’il serait facile de les rejoindre et de les toucher, ces fleurs qui brillent sur le velours du firmament. Je lève les yeux pour me rendre compte de la source de cette croissance de lumière. Une étoile de grandeur inhabituelle, comme une petite lune, s’avance dans le ciel de Bethléem. Les autres semblent s’éclipser et lui donner passage, comme des suivantes au service de la reine, tant son éclat les surpasse et les fait disparaître. Du globe qui semble un énorme et clair saphir éclairé de l’intérieur par un soleil, part un sillage lumineux dans lequel, à la prédominance du clair saphir se fondent les blonds des topazes, les verts des émeraudes, la lueur opalescente des opales, les clartés sanguines des rubis et les doux scintillements des améthystes. Toutes les pierres précieuses de la terre sont dans ce sillage qui parcourt le ciel d’un mouvement rapide et ondulant comme s’il était vivant. Mais la couleur qui domine, c’est cette couleur qui semble pleuvoir du globe de l’étoile: la paradisiaque couleur de pâle saphir qui descend pour colorer d’argent azuré les maisons, les rues, le sol de Bethléem, berceau du Sauveur.Ce n’est plus la pauvre cité, qui pour nous ne serait qu’une agglomération rurale. C’est une fantastique cité de contes de fées où tout est d’argent. L’eau des fontaines et des vasques est comme du diamant liquide.Avec la splendeur d’un plus vif éclat, l’étoile s’arrête au-dessus de la petite maison qui se trouve sur le côté étroit de la petite place. Ni ses habitants, ni ceux de Bethléem ne la voient parce qu’ils dorment dans les maisons fermées. Cependant l’étoile accélère les palpitations de sa lumière, et sa queue vibre et se balance davantage en décrivant des demi-cercles dans le ciel qui s’éclaire tout entier par l’effet de ce filet d’astres qu’elle entraîne, de ce filet de pierres précieuses qui resplendissent de mille couleurs sur les autres étoiles comme pour leur communiquer une parole joyeuse.La petite maison est toute baignée de ce feu liquide de perles. Le toit de la petite terrasse, le petit escalier de pierre sombre, la petite porte, tout est un bloc de pur argent saupoudré d’une poussière de diamants et de perles. Nul palais de roi n’a eu, ni n’aura un perron semblable à celui-ci fait pour recevoir les pas des anges, pour servir à la Mère qui est la Mère de Dieu. Ses petits pieds de Vierge Immaculée peuvent se poser sur cette éclatante blancheur, ses petits pieds destinés à se poser sur les degrés du trône de Dieu.Mais la Vierge ne sait rien de cette féerie. Elle veille près du berceau du Fils et prie. En son âme elle possède des splendeurs qui surpassent celles dont l’étoile embellit les choses.De la rue principale s’avance un défilé: chevaux harnachés et d’autres conduits à la main, dromadaires et chameaux, les uns montés, les autres chargés. Le son des sabots fait un bruit d’eau qui ruisselle, en les heurtant, sur les pierres d’un torrent. Arrivés sur la place, tous s’arrêtent. Le défilé, sous le rayonnement de l’étoile, est d’une splendeur fantastique. Les ornements des très riches montures, les habits des cavaliers, les visages, les bagages, tout resplendit ravivant et unissant le propre éclat des métaux, des cuirs, des soies, des gemmes, des pelages, à la clarté de l’étoile. Les yeux rayonnent et les bouches sourient parce que une autre splendeur s’est allumée en leur cœur: celle d’une joie surnaturelle.Pendant que les serviteurs se dirigent vers le caravansérail avec les animaux, trois personnages de la caravane descendent de leurs respectives montures qu’un serviteur conduit ailleurs et se dirigent à pied vers la maison. Là, ils se prosternent, front contre terre, baisant la poussière. Ce sont trois personnages puissants comme l’indiquent leurs très riches habits. L’un, de peau très foncée, à peine descendu d’un chameau s’enveloppe tout entier dans un magnifique vêtement de soie blanche. Son front est ceint d’un cercle de métal précieux et il a à la taille une riche ceinture d’où pendent un poignard ou une épée dont la garde est ornée de gemmes. Les deux autres, descendus de deux magnifiques chevaux, sont vêtus l’un d’une étoffe rayée très belle où domine la couleur jaune. Cet habit est fait comme un long domino garni d’un capuchon et d’un cordon qui semblent faits tout d’une pièce en filigrane d’or tant ils sont ornés de broderie d’or. Le troisième porte une chemise de soie bouffante qui sort d’un large et long pantalon serré aux pieds. Il est enveloppé dans un châle très fin, véritable jardin fleuri tant sont vives les couleurs dont il est orné tout entier. Sur la tête un turban retenu par une chaînette ornée de chatons de diamants.Après avoir vénéré la maison où réside le Sauveur, ils se relèvent et se rendent au caravansérail où les serviteurs ont frappé et fait ouvrir.Ici s’arrête la vision.Elle reprend trois heures plus tard avec la scène de l’adoration des Mages à Jésus.Voilà le jour. Un beau soleil resplendit dans un ciel d’après-midi. Un serviteur des trois mages traverse la place et monte le petit escalier de la maisonnette. Il rentre. Il sort. Il retourne à l’auberge.Les trois Mages sortent, suivis chacun de son propre serviteur. Ils traversent la place. Les rares passants se retournent pour regarder les majestueux personnages qui passent très lentement avec solennité. Entre la venue du serviteur et celle des trois, il s’est passé un bon quart d’heure ce qui a donné aux habitants de la maisonnette le temps de se préparer à recevoir les hôtes.Ceux-ci sont encore plus richement vêtus que le soir précédent. Les soies resplendissent, les gemmes brillent, un grand panache de plumes de grand prix parsemé d’écailles encore plus précieuses étincelle sur la tête de celui qui porte le turban. L’un des serviteurs porte un coffre tout orné de marqueteries dont les garnitures métalliques sont en or buriné. Le second porte une coupe d’un travail très fin, couvert par un couvercle tout en or ciselé. Le troisième une sorte d’amphore large et basse, en or également, avec une fermeture en forme de pyramide qui à son sommet porte un brillant. Ces objets doivent être lourds, car les serviteurs ont peine à les porter, spécialement celui qui est chargé du coffre.Les trois montent l’escalier et entrent. Ils pénètrent dans une pièce qui va de la route à l’arrière de la maison. On aperçoit le jardinet par derrière à travers une fenêtre ouverte au soleil. Des portes s’ouvrent dans les deux autres murs, d’où regardent les propriétaires de la maison: un homme, une femme et trois ou quatre enfants entre deux âges.Marie est assise avec l’Enfant sur son sein et Joseph debout à côté. Mais elle se lève aussi et s’incline quand elle voit entrer les trois Mages. Elle est toute vêtue de blanc. Si belle dans son simple habit blanc qui la couvre de la base du cou aux pieds, des épaules aux poignets délicats, si belle avec la tête couronnée de tresses blondes, en son visage que l’émotion couvre d’un rose plus vif, en ses yeux qui sourient avec douceur, avec une bouche qui s’ouvre pour saluer: “Dieu soit avec vous.” Les trois Mages en restent un instant interdits. Puis ils s’avancent, se prosternent à ses pieds et la prient de s’asseoir.Eux non, ils ne s’assoient pas malgré l’invitation de Marie. Ils restent à genoux appuyés sur leurs talons. En arrière et à genoux aussi, sont les trois serviteurs. Ils sont tout de suite derrière le seuil. Ils ont posé devant eux les trois objets qu’ils portaient et ils attendent.Les trois Sages contemplent le Bébé. Il me paraît avoir de neuf mois à un an tant il est éveillé et robuste. Il repose sur le sein de sa Mère. Il sourit et jase avec une voix de petit oiseau. Il est tout vêtu de blanc, comme la Maman, avec des sandalettes minuscules aux pieds. Un petit vêtement très simple: une tunicelle d’où sortent les petits pieds remuants, les mains grassouillettes qui voudraient tout saisir, et surtout le très joli petit visage où brillent les yeux d’azur foncé, et la bouche qui fait des fossettes des deux côtés quand il rit et découvre ses premières petites dents. Les petites boucles de cheveux semblent une poussière d’or tant ils sont brillants et vaporeux. Le plus âgé des Sages parle au nom de tous. Il explique à Marie qu’ils ont vu, une nuit du mois de décembre précédent une nouvelle étoile qui s’est allumée dans le ciel avec une inhabituelle splendeur. Jamais les cartes célestes n’avaient porté cet astre ou ne l’avaient signalé. Son nom était inconnu. Elle n’avait pas de nom. Née du sein de Dieu, elle avait fleuri pour dire aux hommes une vérité bénie, un secret de Dieu. Mais les hommes n’en avaient pas fait cas, car leurs âmes étaient plongées dans la boue. Ils ne levaient pas leurs regards vers Dieu et ne savaient pas lire les paroles qu’Il trace - qu’Il en soit éternellement béni - avec les astres de feu sur la voûte des cieux.Eux l’avaient vue et s’étaient efforcés de comprendre sa voix. Renonçant de bon cœur au peu de sommeil qu’ils accordaient à leurs membres, oubliant de manger, ils s’étaient plongés dans l’étude du Zodiaque. Et les conjonctions des astres, le temps, la saison, les calculs des anciens temps et des combinaisons astronomiques leur avaient dit le nom et le secret de l’étoile. Son nom: “Messie”. Son secret: “Être le Messie venu au monde”. Et ils étaient partis pour l’adorer chacun à l’insu des autres. Traversant monts et déserts, vallées et fleuves, voyageant de nuit, ils étaient venus vers la Palestine car l’étoile allait dans cette direction. Et chacun, des trois points différents de la terre, s’en allait vers cette direction, et ils s’étaient trouvés ensuite ensemble au-delà de la Mer Morte. La volonté de Dieu les avait réunis là, et ensemble ils étaient allés de l’avant se comprenant, bien que chacun parlât sa langue propre, comprenant et pouvant parler les langues des pays traversés par un miracle de l’Éternel.Ensemble ils étaient allés à Jérusalem parce que le Messie devait être le Roi de Jérusalem, le roi des Juifs. Mais l’étoile s’était cachée sur le ciel de cette ville. Ils avaient senti leurs cœurs se briser de douleur et s’étaient examinés pour savoir s’ils avaient démérité de Dieu. Mais s’étant rassurés la conscience, ils étaient allés trouver le roi Hérode pour lui demander dans quel palais était né le Roi des Juifs qu’ils étaient venus adorer. Le roi, ayant réuni les princes des prêtres et les scribes, leur avait demandé où pouvait naître le Messie et ils avaient répondu: “A Bethléem de Juda.”Ils étaient venus vers Bethléem et l’étoile était réapparue à leurs yeux, avait quitté la Cité Sainte et le soir précédent avait augmenté de splendeurs. Le ciel était tout embrasé. Puis, l’étoile s’était arrêtée, rassemblant la lumière des autres étoiles en son rayonnement, au-dessus de cette maison. Ils avaient compris que c’était là que se trouvait le Divin Né. Maintenant ils l’adoraient, offrant leurs pauvres cadeaux et, par-dessus tout, leur cœur qui n’avait jamais cessé de bénir Dieu pour la grâce qu’Il leur avait accordée et d’aimer son Fils dont ils voyaient la sainte Humanité. Ensuite ils retourneraient rendre compte au roi Hérode parce que lui aussi désirait l’adorer.“Voici à la fois, l’or qu’il convient à un roi de posséder, voici l’encens comme il convient à un Dieu , et voici, ô Mère, voici la myrrhe parce que ton Enfant Né, qui est Dieu, est aussi un Homme et dans sa chair et sa vie d’homme il connaîtra l’amertume et la loi inévitable de la mort. Notre amour voudrait ne pas les dire, ces paroles et penser que sa chair est éternelle comme son Esprit. Mais, ô Femme, si nos cartes et surtout nos âmes ne se trompent pas, Lui, ton Fils est le Sauveur, le Christ de Dieu et pour ce motif il devra, pour sauver la terre, prendre sur Lui le mal de la terre dont un des châtiments est la mort. Cette résine est pour cette heure, pour que ses chairs saintes ne connaissent pas la pourriture de la corruption et conservent leur intégrité jusqu’à la résurrection. Qu’à cause de ces dons, Lui se souvienne de nous et sauve ses serviteurs en leur donnant son Royaume.” Pour l’instant, pour en être sanctifiés, qu’elle, sa Mère, offre son petit Enfant “à notre amour. Et en baisant ses pieds descende sur nous la bénédiction céleste.”Marie, qui a surmonté l’effroi provoqué par les paroles des Sages et a caché sous un sourire la tristesse de la funèbre évocation, offre le Bébé. Elle le met sur les bras du plus ancien qui le baise et reçoit ses caresses, et puis le passe aux autres.Jésus sourit et joue avec les chaînettes et les franges des trois. Il regarde avec curiosité l’écrin ouvert plein d’une matière jaune et brillante. Il rit en voyant que le soleil fait un arc-en-ciel en touchant le brillant du couvercle de la myrrhe.Puis les trois rendent le Bébé à sa Mère et se lèvent. Marie aussi se lève. Le plus jeune des Mages donne à son serviteur l’ordre de sortir, alors on s’incline de chaque côté. Les trois parlent encore un peu. Ils ne peuvent se décider à quitter cette maison. Des larmes d’émotion se voient dans tous les yeux. À la fin ils se dirigent vers la sortie, accompagnés de Marie et de Joseph.Le Bébé a voulu descendre et donner sa petite main au plus ancien des trois. Il marche ainsi, une main dans la main de Marie, l’autre dans celle du Sage qui se penche pour le conduire. Jésus a le pas encore incertain de l’enfant et rit en frappant du pied la bande lumineuse que fait le soleil sur le pavé.Arrivés au seuil - il ne faut pas oublier que la pièce prenait toute la longueur de la maison - les trois personnages prennent congé en s’agenouillant une dernière fois et en baisant les pieds de Jésus. Marie, penchée sur le Bébé, prend sa petite main et la guide pour faire un geste de bénédiction sur la tête de chacun des Mages. C’est déjà un signe de croix tracé par les petits doigts de Jésus que guide Marie.Puis les trois descendent l’escalier. La caravane est déjà là toute prête et qui attend. Les bossettes des chevaux resplendissent au soleil couchant. Les gens se sont rassemblés sur la petite place pour voir l’insolite spectacle.Jésus rit en battant les petites mains. La Maman l’a soulevé et appuyé au large parapet qui borde le palier. Elle le tient, avec un bras sur sa poitrine pour l’empêcher de tomber. Joseph est descendu avec les trois et tient l’étrier à chacun d’eux pendant qu’ils montent à cheval ou à chameau.Maintenant, serviteurs et maîtres, tout le monde est en selle. On donne le signal du départ. Les trois se courbent jusque sur le cou de leurs montures pour un ultime salut. Joseph s’incline. Marie aussi, et elle se met à guider la petite main de Jésus en un geste d’adieu et de bénédiction.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta - ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie.
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