"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe Paul VI
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
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Dimanche 25 février 2018, Deuxième dimanche de Carême

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,2-10.
Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l'écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux.Ses vêtements devinrent resplendissants, d'une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et ils s'entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie.» De fait, il ne savait que dire, tant était grande leur frayeur. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le.» Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. En descendant de la montagne, Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu'ils avaient vu, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette consigne, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d'entre les morts ».
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 5, Ch 349
  • Ancienne traduction :  Tome 5, Ch 37, p 248         (CD 5, piste 94)
Qui parmi les hommes n'a jamais vu, au moins une fois, une aube sereine de mars? S'il s'en trouve quelqu'un, c'est un grand infortuné car il ignore une des grâces les plus belles de la nature, quand elle se réveille au printemps, redevenue vierge, petite fille, comme elle devait l'être au premier jour. C'est une grâce pure dans tout ce qu'elle présente, depuis les herbes nouvelles où brille la rosée, jusqu'aux fleurettes qui s'ouvrent comme des enfants qui naissent, jusqu'au premier sourire de la lumière du jour, jusqu'aux oiseaux qui s'éveillent dans un frôlement d'ailes et qui disent leur premier “cip?” interrogateur qui prélude à tous leurs discours mélodieux de la journée, jusqu'à l'odeur même de l'air qui a perdu pendant la nuit, par l'action de la rosée et l'absence de l'homme, toute souillure de poussière, de fumée et d'exhalaisons de corps humains. C'est dans cette grâce que cheminent Jésus, les apôtres et les disciples. Avec eux se trouve aussi Simon d'Alphée. Ils vont vers le sud-est, franchissant les collines qui forment une couronne autour de Nazareth, ils passent un torrent et traversent une plaine étroite entre les collines de Nazareth et des montagnes vers l'est. Ces montagnes sont précédées du cône à moitié coupé du Thabor qui me rappelle étrangement en son sommet la coiffure de nos carabiniers vue de profil. Ils le rejoignent. Jésus s'arrête et dit: “Que Pierre, Jean et Jacques de Zébédée viennent avec Moi sur la montagne. Vous autres disséminez-vous à la base en vous séparant sur les routes qui la côtoient et prêchez le Seigneur. Vers le soir, je veux être de nouveau à Nazareth. Ne vous éloignez donc pas. La paix soit avec vous.” Et s'adressant aux trois qu'il a appelés, il dit: “Allons.” Et il commence la montée sans plus se retourner en arrière et d'un pas si rapide que Pierre a du mal à le suivre. A un arrêt Pierre, rouge et en sueur, Lui demande hors d'haleine: “Mais où allons-nous? Il n'y a pas de maisons sur la montagne. Au sommet, il y a cette vieille forteresse. Veux-tu aller prêcher là?” “J'aurais pris l'autre versant, mais tu vois que je lui tourne le dos. Nous n'irons pas à la forteresse et ceux qui y sont ne nous verront même pas. Je vais m'unir à mon Père et je vous ai voulu avec Moi, parce que je vous aime. Allons, vite!” “Oh! mon Seigneur! Ne pourrions-nous marcher un peu plus doucement et parler de ce que nous avons entendu et vu hier et qui nous a tenus éveillés toute la nuit pour en parler?” “Aux rendez-vous de Dieu il faut toujours se rendre rapidement. Allons, Simon Pierre! Là-haut, je vous ferai reposer.” Et il reprend la montée…

(Jésus dit: “Joignez ici la Transfiguration que tu as eue le 5 Août 1944, mais sans la dictée qui lui est jointe. Après avoir fini de copier la Transfiguration de l'an dernier, P.M. copiera ce que je te montre maintenant.”)

Je suis avec mon Jésus sur une haute montagne. Avec Jésus, il y a Pierre, Jacques et Jean. Ils montent encore plus haut et le regard se porte vers des horizons ouverts dont une belle et tranquille journée permet de voir nettement les détails jusque dans les lointains. La montagne ne fait pas partie d'un ensemble montagneux comme celui de la Judée, elle s'élève isolée et, par rapport à l'endroit où nous nous trouvons, elle a l'orient en face, le nord à gauche, le sud à droite et en arrière à l'ouest la cime qui dépasse encore de quelques centaines de pas. Elle est très élevée et l'œil peut découvrir un large horizon. Le lac de Génésareth semble un morceau de ciel descendu pour s'encadrer dans la verdure, une turquoise ovale enserrée dans des émeraudes de différentes teintes, un miroir qui tremble et se ride sous un vent léger et sur lequel glissent, avec l'agilité des mouettes, les barques aux voiles tendues, légèrement penchées vers l'onde azurine, vraiment avec la grâce du vol d'un alcyon qui survole l'eau à la recherche d'une proie. Puis, voilà que de l'immense turquoise sort une veine, d'un bleu plus pâle là où la grève est plus large, et plus sombre là où les rives se rapprochent et où l'eau est plus profonde et plus sombre à cause de l'ombre qu'y projettent les arbres qui croissent vigoureux près du fleuve qui les nourrit de sa fraîcheur. Le Jourdain semble un coup de pinceau presque rectiligne dans la verdure de la plaine. Des petits villages sont disséminés à travers la plaine des deux côtés du fleuve. Quelques-uns sont tout juste une poignée de maisons, d'autres sont plus vastes, avec déjà des airs de villes. Les grand-routes sont des lignes jaunâtres dans la verdure. Mais ici, du côté de la montagne, la plaine est beaucoup mieux cultivée et plus fertile, très belle. On y voit les diverses cultures avec leurs différentes couleurs riant au beau soleil qui descend du ciel serein. Ce doit être le printemps, peut-être mars, si je tiens compte de la latitude de la Palestine, car je vois les blés déjà grands, mais encore verts, qui ondulent comme une mer glauque, et je vois les panaches des plus précoces parmi les arbres à fruits qui étendent des nuées blanches et rosées sur cette petite mer végétale, puis les prés tout en fleurs avec le foin qui a déjà poussé, dans lesquels les brebis qui paissent semblent des tas de neige amoncelée un peu partout sur la verdure. Tout à côté de la montagne, sur des collines qui en forment la base, des collines basses et de peu d'étendue, se trouvent deux petites villes, l'une vers le sud et l'autre vers le nord. La plaine très fertile s'étend particulièrement et avec plus d'ampleur vers le sud. Jésus, après un court arrêt à l'ombre d'un bouquet d'arbres, qu'il a certainement accordé par pitié pour Pierre qui dans les montées fatigue visiblement, reprend l'ascension. Il va presque sur la cime, là où se trouve un plateau herbeux que limite un demi-cercle d'arbres du côté de la côte. “Reposez-vous, amis, je vais là-bas pour prier” et il montre de la main un énorme rocher, un rocher qui affleure de la montagne et qui se trouve par conséquent non vers la côte mais vers l'intérieur, vers le sommet. Jésus s'agenouille sur l'herbe et appuie sa tête et ses mains au rocher, dans la pose qu'il aura aussi dans sa prière au Gethsémani. Le soleil ne le frappe pas, car la cime Lui donne de l'ombre. Mais le reste de l'emplacement couvert d'herbe est tout égayé par le soleil jusqu'à la limite de l'ombre du bouquet d'arbres sous lequel se sont assis les apôtres. Pierre enlève ses sandales, en secoue la poussière et les petits cailloux et il reste ainsi, déchaussé, ses pieds fatigués dans l'herbe fraîche, presque allongé, la tête sur une touffe d'herbe qui dépasse et lui sert d'oreiller. Jacques l'imite, mais pour être plus à l'aise, il cherche un tronc d'arbre pour s'y appuyer le dos couvert de son manteau. Jean reste assis et observe le Maître. Mais le calme de l'endroit, le petit vent frais, le silence et la fatigue viennent aussi à bout de lui, et sa tête tombe sur la poitrine et les paupières sur ses yeux. Aucun des trois ne dort profondément, mais ils sont sous le coup de cette somnolence estivale qui les étourdit. Ils sont éveillés par une clarté si vive qu'elle fait évanouir celle du soleil et qui se propage et pénètre jusque sous la verdure des buissons et des arbres sous lesquels ils se sont installés. Ils ouvrent leurs yeux étonnés et ils voient Jésus transfiguré. Il est maintenant tel que je le vois dans les visions du Paradis, naturellement sans les Plaies et sans la bannière de la Croix, mais la majesté du visage et du corps est pareille, pareille en est la clarté et pareil le vêtement qui est passé d'un rouge foncé à un tissu immatériel de diamant et de perles qui est son vêtement au Ciel. Son visage est un soleil qui émet une lumière sidérale, mais très intense, et ses yeux de saphir y rayonnent. Il semble encore plus grand, comme si sa gloire avait augmenté sa taille. Je ne saurais dire si la clarté, qui rend phosphorescent même le plateau, provient toute entière de Lui ou bien si à sa clarté propre se mélange toute celle qu'a concentrée sur son Seigneur toute la lumière qui existe dans l'Univers et dans les Cieux. Je sais que c'est quelque chose d'indescriptible. Jésus est maintenant debout, je dirais même qu'il est au-dessus de la terre car entre Lui et la verdure du pré il y a une sorte de vapeur lumineuse, un espace fait uniquement de lumière et sur lequel il semble qu'il se dresse. Mais elle est si vive que je pourrais me tromper et l'impossibilité de voir le vert de l'herbe sous les pieds de Jésus pourrait venir de cette lumière intense qui vibre et produit des ondes, comme on le voit parfois dans les incendies. Des ondes, ici, d'une couleur blanche incandescente. Jésus reste le visage levé vers le ciel et il sourit à une vision qui le transporte. Les apôtres en ont presque peur, et ils l'appellent, car il ne leur semble plus que ce soit leur Maître tant il est transfiguré. “Maître! Maître!” appellent-ils doucement mais d'une voix angoissée. Lui n'entend pas. “Il est en extase” dit Pierre tout tremblant. “Que peut-il bien voir?” Les trois se sont levés. Ils voudraient s'approcher de Jésus, mais ils ne l'osent pas. La lumière augmente encore avec deux flammes qui descendent du ciel et se placent aux côtés de Jésus. Quand elles sont arrêtées sur le plateau, leur voile s'ouvre et il en sort deux personnages majestueux et lumineux. L'un est plus âgé, au regard perçant et sévère et avec une longue barbe séparée en deux. De son front partent des cornes de lumière qui m'indiquent que c'est Moïse. L'autre est plus jeune, amaigri, barbu et poilu, à peu près comme le Baptiste auquel je dirais qu'il ressemble pour la taille, la maigreur, la conformation et la sévérité. Alors que la lumière de Moïse est d'une blancheur éclatante comme celle de Jésus, surtout pour les rayons du front, celle qui émane d'Élie ressemble à la flamme vive du soleil. Les deux Prophètes prennent une attitude respectueuse devant leur Dieu Incarné et bien que Jésus leur parle familièrement ils n'abandonnent pas leur attitude respectueuse. Je ne comprends pas un mot de ce qu'ils disent. Les trois apôtres tombent à genoux, tremblants, le visage dans les mains. Ils voudraient regarder, mais ils ont peur. Finalement Pierre parle: “Maître, Maître! Écoute-moi.” Jésus tourne les yeux en souriant vers son Pierre qui s'enhardit et dit: “C'est beau d'être ici avec Toi, Moïse et Élie. Si tu veux, nous faisons trois tentes pour Toi, pour Moïse et pour Élie, et nous nous tiendrons ici pour vous servir…” Jésus le regarde encore et il sourit plus vivement. Il regarde aussi Jacques et Jean, d'un regard qui les embrasse avec amour. Moïse aussi et Élie regardent fixement les trois. Leurs yeux étincellent. Ce doit être comme des rayons qui pénètrent les cœurs. Les apôtres n'osent pas dire autre chose. Effrayés, ils se taisent. Ils semblent un peu ivres et comme stupéfaits. Mais quand un voile qui n'est pas un nuage ni du brouillard, qui n'est pas un rayon, enveloppe et sépare les Trois glorieux derrière un écran encore plus brillant que celui qui les entourait déjà et les cache à la vue des trois, une Voix puissante et harmonieuse vibre et remplit d'elle-même tout l'espace, les trois tombent le visage contre l'herbe. “Celui-ci est mon Fils Bien-Aimé, en qui Je me suis complu. Écoutez-le.” Pierre, en se jetant à plat ventre, s'écrie: “Miséricorde pour moi, pécheur! C'est la Gloire de Dieu qui descend!” Jacques ne souffle mot. Jean murmure avec un soupir, comme s'il allait s'évanouir: “Le Seigneur parle!” Personne n'ose relever la tête, même quand le silence est redevenu absolu. Ils ne voient donc pas non plus le retour de la lumière à son état naturel de lumière solaire pour montrer Jésus resté seul et redevenu le Jésus habituel dans son vêtement rouge. Il marche vers eux en souriant, il les secoue, les touche et les appelle par leurs noms. “Levez-vous! C'est Moi. Ne craignez pas” dit-il, car les trois n'osent pas lever le visage et invoquent la miséricorde de Dieu sur leurs péchés, craignant que ce soit l'Ange de Dieu qui veut les montrer au Très-haut. “Levez-vous, donc. Je vous le commande” répète Jésus avec autorité. Eux lèvent le visage et ils voient Jésus qui sourit. “Oh! Maître, mon Dieu!” s'écrie Pierre. “Comment ferons-nous pour vivre auprès de Toi, maintenant que nous avons vu ta Gloire? Comment ferons-nous pour vivre parmi les hommes et nous, hommes pécheurs, maintenant que nous avons entendu la Voix de Dieu?” “Vous devrez vivre auprès de Moi et voir ma gloire jusqu'à la fin. Soyez-en dignes car le temps est proche. Obéissez au Père qui est le mien et le vôtre. Retournons maintenant parmi les hommes, parce que je suis venu pour rester parmi eux et les amener à Dieu. Allons. Soyez saints en souvenir de cette heure, soyez forts et fidèles. Vous aurez part à ma gloire la plus complète. Mais ne parlez pas maintenant de ce que vous avez vu, à personne, pas même à vos compagnons. Quand le Fils de l'homme sera ressuscité d'entre les morts, et retourné dans la gloire de son Père, alors vous parlerez. Parce qu'alors il faudra croire pour avoir part à mon Royaume.” “Mais Élie ne doit-il pas venir afin de préparer à ton Royaume? Les rabbis le disent.” “Élie est déjà venu et il a préparé les voies au Seigneur. Tout arrive comme il a été révélé. Mais ceux qui enseignent la Révélation ne la connaissent pas, ne la comprennent pas. Ils ne voient pas et ils ne reconnaissent pas les signes des temps et les envoyés de Dieu. Élie est revenu une première fois. Il reviendra une seconde fois quand les derniers temps seront proches pour préparer les derniers à Dieu. Mais maintenant il est venu pour préparer les premiers au Christ, et les hommes n'ont pas voulu le reconnaître, ils l'ont tourmenté et mis à mort. Ils feront la même chose au Fils de l'homme car les hommes ne veulent pas reconnaître ce qui est leur bien.” Les trois penchent la tête, pensifs et tristes, et ils descendent par le chemin par où ils sont montés avec Jésus. … Et c'est encore Pierre qui dit, dans une halte à mi-chemin: “Ah! Seigneur! Je dis moi aussi comme ta Mère hier: "Pourquoi nous as-tu fait cela?" et je dis aussi: "Pourquoi nous as-tu dit cela?" Tes dernières paroles ont effacé de nos cœurs la joie de la vue glorieuse! C'est une grande journée de peur que celle-ci! Ce qui nous a d'abord effrayé, c'est la grande lumière qui nous a éveillés, plus forte que si la montagne avait brûlé, ou que si la lune était descendue pour rayonner sur le plateau, sous nos yeux; puis ton aspect et ta façon de te détacher du sol, comme si tu allais t'envoler. J'ai eu peur que Toi, dégoûté des iniquités d'Israël, tu ne retournes aux Cieux, peut-être sur l'ordre du Très-haut. Puis j'ai eu peur de voir apparaître Moïse que les gens de son temps ne pouvaient regarder sans voile tant resplendissait sur son visage le reflet de Dieu, et c'était un homme, et maintenant c'est un esprit bienheureux et enflammé de Dieu, et Élie… Miséricorde divine! J'ai cru être arrivé à mon dernier moment, et tous les péchés de ma vie, depuis le temps où tout petit je volais des fruits dans le garde-manger du voisin, jusqu'au dernier quand je t'ai mal conseillé ces derniers jours, tous me sont venus à l'esprit. Avec quel tremblement je m'en suis repenti! Puis il m'a semblé que ces deux justes m'aimaient… et j'ai osé parler. Mais même leur amour me faisait peur car je ne mérite pas l'amour de pareils esprits. Et après… et après!… La peur des peurs! La voix de Dieu!… Jéhovah qui a parlé! À nous! Il nous a dit: "Écoutez-le" Toi. Et Il t'a proclamé: "Son Fils Bien-Aimé en qui Il se complaît". Quelle peur! Jéhovah!… à nous!… Certainement il n'y a que ta force qui nous a gardés en vie!… Quand tu nous as touchés et tes doigts brûlaient comme des pointes de feu, j'ai eu la dernière épouvante. J'ai cru que c'était l'heure du jugement et que l'Ange me touchait pour me prendre l'âme et la porter au Très-haut… Mais comment ta Mère a-t-elle fait pour voir… pour entendre… pour vivre, en somme, cette heure dont tu as parlé hier, sans mourir, elle qui était seule, jeune, sans Toi?” “Marie, la Sans Tache, ne pouvait avoir peur de Dieu. Eve n'en eut pas peur tant qu'elle fut innocente. Et il y avait Moi. Moi, le Père et l'Esprit, Nous, qui sommes au Ciel, sur la terre et en tout lieu, et qui avions notre Tabernacle dans le cœur de Marie” dit doucement Jésus. “Quelle chose! Quelle chose!… Mais après tu as parlé de mort… Et toute joie est finie… Mais pourquoi justement à nous trois tout cela? Ce n'était pas bien de la donner à tous cette vision de ta gloire?” “C'est justement parce que vous vous évanouissez en entendant parler de la mort, et mort par supplice, du Fils de l'homme, que l'Homme-Dieu a voulu vous fortifier pour cette heure et pour toujours, par la connaissance anticipée de ce que je serai après la Mort. Rappelez-vous tout cela pour le dire en son temps… Avez-vous compris?” “Oh! oui, Seigneur. Il n'est pas possible d'oublier, et ce serait inutile de le raconter. Ils diraient que nous sommes "ivres".” Ils reprennent leur marche vers la vallée mais, arrivés à un certain endroit, Jésus tourne par un sentier rapide en direction d'Endor, c'est-à-dire du côté opposé à celui où il a quitté les disciples. “Nous ne les trouverons pas” dit Jacques. “Le soleil commence à descendre. Ils seront en train de se rassembler en t'attendant à l'endroit où tu les as quittés.” “Viens et n'aie pas de sottes pensées.” En effet, au moment où le maquis fait place à une prairie qui descend en pente douce pour arriver à la grand-route, ils voient la masse des disciples accrue de voyageurs curieux, de scribes venus de je ne sais où, qui s'agitent au pied de la montagne., “Hélas! Des scribes!… Et ils discutent déjà!” dit Pierre en les montrant du doigt. Et il descend les derniers mètres à contrecœur. Mais ceux qui sont en bas les ont vus et se les montrent, et puis se mettent à courir vers Jésus en criant: “Comment donc, Maître, de ce côté? Nous allions venir à l'endroit convenu, mais les scribes nous ont retenus par des discussions, et un père angoissé par des supplications.” “De quoi discutiez-vous?” “Pour un possédé. Les scribes se sont moqués de nous parce que nous n'avons pas pu le délivrer. Judas de Kériot a essayé encore, c'était pour lui un point d'honneur, mais inutilement. Alors nous leur avons dit: "Mettez-vous y vous". Ils ont répondu: "Nous ne sommes pas des exorcistes". Par hasard il est passé des gens qui venaient de Caslot-Thabor, parmi lesquels se trouvaient deux exorcistes. Mais aucun résultat. Voici le père qui vient te prier. Écoute-le.” En effet un homme s'avance en suppliant et il s'agenouille devant Jésus qui est resté sur le pré en pente, de sorte qu'il est au-dessus du chemin au moins de trois mètres et qu'il est bien visible pour tous, par conséquent. “Maître” Lui dit l'homme “je suis allé avec mon fils à Capharnaüm pour te chercher. Je t'amenais mon malheureux fils pour que tu le délivres, Toi qui chasses les démons et guéris toutes sortes de maladies. Il est pris souvent par un esprit muet. Quand il le prend, il ne peut que pousser des cris rauques comme une bête qui s'étrangle. L'esprit le jette à terre, et lui se roule en grinçant des dents, en écumant comme un cheval qui ronge le mors, et il se blesse ou risque de mourir noyé ou brûlé, ou bien écrasé, car l'esprit plus d'une fois l'a jeté dans l'eau, dans le feu ou en bas des escaliers. Tes disciples ont essayé, mais n'ont pas pu. Oh! Seigneur plein de bonté! Pitié pour moi et pour mon enfant!” Jésus flamboie de puissance pendant qu'il crie: “O génération perverse, ô foule satanique, légion rebelle, peuple d'Enfer incrédule et cruel, jusqu'à quand devrai-je rester à ton contact? Jusqu'à quand devrai-je te supporter?” Il est imposant si bien qu'il se fait un silence absolu et que cessent les railleries des scribes. Jésus dit au père: “Lève-toi et amène-moi ton fils.” L'homme s'en va et revient avec d'autres hommes, au milieu desquels se trouve un garçon d'environ douze-quatorze ans. Un bel enfant, mais au regard un peu hébété comme s'il était abasourdi. Sur le front rougit une longue blessure et plus bas se trouve la trace blanche d'une cicatrice ancienne. Dès qu'il voit Jésus qui le fixe de ses yeux magnétiques, il pousse un cri rauque et il est pris par des contorsions convulsives de tout le corps, alors qu'il tombe à terre en écumant et en roulant les yeux, de sorte que l'on voit seulement le blanc des yeux, alors qu'il se roule par terre dans la convulsion caractéristique de l'épilepsie. Jésus s'avance de quelques pas pour être près de lui, et il dit: “Depuis quand cela arrive-t-il? Parle fort pour que tout le monde entende.” L'homme, en criant, pendant que le cercle de la foule se resserre et que les scribes se placent plus haut que Jésus pour dominer la scène, dit: “Depuis son enfance, je te l'ai dit: souvent il tombe dans le feu, dans l'eau, en bas des escaliers et des arbres, parce que l'esprit l'assaille à l'improviste et le flanque ainsi pour en venir à bout. Il est tout couvert de cicatrices et de brûlures. C'est beaucoup s'il n'est pas resté aveugle par les flammes du foyer. Aucun médecin, aucun exorciste n'a pu le guérir, ni non plus tes disciples. Mais Toi, si comme je le crois fermement, tu peux quelque chose, aie pitié de nous et secours-nous.” “Si tu peux le croire, tout m'est possible, car tout est accordé à celui qui croit.” “Oh! Seigneur, si je crois! Mais si encore ma foi n'est pas suffisante, augmente ma foi, Toi, pour qu'elle soit complète et obtienne le miracle” dit l'homme en pleurant, agenouillé près de son fils plus que jamais en convulsions. Jésus se redresse, recule deux pas, et pendant que la foule resserre plus que jamais le cercle, il crie à haute voix: “Esprit maudit qui rends l'enfant sourd et muet et le tourmentes, je te le commande: sors de lui, et n'y rentre jamais plus!” L'enfant, tout en restant couché sur le sol, fait des sauts effrayants, s'arc-boutant et poussant des cris inhumains, puis, après un dernier sursaut par lequel il se retourne à plat ventre en se frappant le front et la bouche contre une pierre qui dépasse de l'herbe et qui se rougit de sang, il reste immobile.“Il est mort!” crient plusieurs. “Pauvre enfant!”, “Pauvre père!” disent, en les plaignant, les meilleurs. Et les scribes railleurs: “Il t'a bien servi le Nazaréen!”, ou bien: “Maître, comment se fait-il? Cette fois Belzébuth te fait faire piètre figure…” et ils rient haineusement. Jésus ne répond à personne, pas même au père qui a retourné son fils et lui essuie le sang de son front et de ses lèvres blessés, en gémissant et en appelant Jésus. Mais le Maître se penche et il prend l'enfant par la main. Et celui-ci ouvre les yeux en poussant un soupir, comme s'il s'éveillait d'un rêve, il s'assied et sourit. Jésus l'attire à Lui, le fait mettre debout, et le remet au père, pendant que la foule crie enthousiasmée et que les scribes s'enfuient, poursuivis par les railleries de la foule… “Et maintenant allons” dit Jésus à ses disciples. Et après avoir congédié la foule, il contourne la montagne en se dirigeant vers la route déjà faite le matin. Jésus dit: “Je t'ai préparé à méditer ma Gloire. Demain (fête de la Transfiguration) l'Église la célèbre. Mais je veux que mon petit Jean la voie dans sa vérité pour la mieux comprendre. Je ne te choisis pas seulement pour connaître les tristesses de ton Maître et ses douleurs. Celui qui sait rester avec Moi dans la douleur doit prendre part avec Moi à ma joie. Je veux que toi, devant ton Jésus qui se montre à toi, tu aies les mêmes sentiments d'humilité et de repentir que mes apôtres.Jamais d'orgueil. Tu serais punie en me perdant. Un continuel souvenir de ce que je suis Moi, et de ce que tu es, toi. Une continuelle pensée de tes manquements et de ma perfection pour avoir un cœur lavé par la contrition. Mais, en même temps, aussi une si grande confiance en Moi. J'ai dit: "Ne craignez pas. Levez-vous. Allons. Allons parmi les hommes car je suis venu pour rester avec eux. Soyez saints, forts et fidèles en souvenir de cette heure". Je le dis aussi à toi et à tous mes préférés parmi les hommes, à ceux qui me possèdent d'une manière spéciale. Ne craignez rien de Moi. Je me montre pour vous élever non pour vous réduire en cendres. Levez-vous: que la joie du don vous donne la vigueur et ne vous engourdisse pas dans la jouissance du quiétisme en vous croyant déjà sauvés parce que je vous ai montré le Ciel. Allons ensemble parmi les hommes. Je vous ai invités à des œuvres surhumaines par des visions surhumaines et des instructions, pour que vous puissiez m'aider davantage. Je vous associe à mon œuvre. Mais moi, je n'ai pas connu et je ne connais pas de repos. Car le Mal ne se repose jamais et le Bien doit être toujours actif pour annuler le plus possible le travail de l'Ennemi. Nous nous reposerons quand le Temps sera accompli. Maintenant il faut marcher inlassablement, travailler continuellement, se consumer sans se lasser pour la moisson de Dieu. Que mon contact continuel vous sanctifie, que mes instructions continuelles vous fortifient, que mon amour de prédilection vous rende fidèles contre toute embûche. Ne soyez pas comme les anciens rabbins qui enseignaient la Révélation et puis n'y croyaient pas, au point de ne pas reconnaître les signes des temps et les envoyés de Dieu. Reconnaissez les précurseurs du Christ dans son second avènement puisque les forces de l'Antéchrist sont en marche et, en faisant exception à la mesure que je me suis imposée, car je sais que vous buvez certaines vérités non par esprit surnaturel mais par soif de curiosités humaines, je vous dis en vérité que ce qu'un grand nombre croiront une victoire sur l'Antéchrist, une paix désormais prochaine, ce ne sera qu'une halte pour donner le temps à l'Ennemi du Christ de se retremper, de guérir ses blessures, de réunir son armée pour une lutte plus cruelle. Reconnaissez, vous qui êtes les "voix" de votre Jésus, du Roi des rois, du Fidèle et du Véridique qui juge et combat avec justice et sera le Vainqueur de la Bête et de ses serviteurs et prophètes, reconnaissez votre Bien et suivez-le toujours. Que nulle apparence trompeuse ne vous séduise et que nulle persécution ne vous abatte. Que votre "voix" dise mes paroles. Que votre vie soit pour cette œuvre. Et si vous avez sur la terre le même sort que le Christ, que son Précurseur et qu'Élie, soit sanglant ou sort tourmenté par des tortures morales, souriez à votre sort à venir et assuré qui vous sera commun avec celui du Christ, de son Précurseur et de son Prophète. Égal dans le travail, dans la douleur, dans la gloire. Ici-bas Moi, Maître et Exemple. Là-haut, Moi Récompense et Roi. Me posséder sera votre béatitude. Ce sera oublier la douleur. Ce sera ce que toute révélation est encore insuffisante à vous faire comprendre car la joie de la vie future est trop au-dessus des possibilités imaginatives de la créature encore unie à la chair.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 18 février 2018, Premier dimanche de Carême

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,12-15.
Jésus venait d'être baptisé. Aussitôt l'Esprit le pousse au désert. Et dans le désert il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient. Après l'arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 1, Ch 46
  • Ancienne traduction :  Tome 2, Ch 5, p 22        (CD 2 (1er CD), piste 7)
Je vois la solitude pierreuse déjà vue à ma gauche dans la vision du Baptême de Jésus au Jourdain. Cependant, je dois y avoir pénétré profondément, parce que, en fait, je ne vois plus le beau fleuve aux eaux lentes et azurées ni la veine verte qui le côtoie sur ses deux rives, alimentée par cette artère aquatique. Ici, rien que la solitude, des pierres, une terre brûlée, réduite à l’état de poussière jaunâtre qu’à chaque instant le vent soulève en petits tourbillons. On dirait le souffle dune bouche fiévreuse tant ils sont secs et brûlants, torturants aussi pour la poussière qu’ils entraînent avec eux dans le nez et la gorge. Çà et là, très rares, des petits buissons épineux dont on ne sait comment ils peuvent résister dans cette désolation. On dirait quelques rares touffes de cheveux sur le crâne d’un homme chauve. Au-dessus, un ciel impitoyablement azuré; en bas le sol aride, autour, des rochers et le silence. C’est tout ce que je vois comme nature. Un énorme rocher forme un embryon de grotte. Assis sur une roche traînée à l’intérieur, Jésus se tient adossé à la paroi. Il s’y repose du soleil brûlant. Celui qui m’avertit intérieurement m’indique que cette roche sur laquelle il est assis lui sert aussi d’agenouilloir et d’oreiller quand il prend quelques heures de repos, enroulé dans son manteau à la lueur des étoiles et dans l’air froid de la nuit. De fait, là tout près, se trouve la besace que je lui ai vu prendre à son départ de Nazareth. C’est tout son avoir et comme elle est flasque, je comprends qu’elle est vide du peu de nourriture qu’y avait mise Marie. Jésus est très maigre et pâle. Il est assis avec les coudes appuyés sur les genoux et les avant-bras portés en avant, les mains jointes avec les doigts entrelacés. Il médite. De temps à autre il lève son regard et le promène alentour et regarde le soleil presque au zénith dans le ciel azuré. De temps en temps et en particulier après avoir regardé les alentours et levé les yeux vers la lumière du soleil, il ferme les yeux et s’appuie sur le rocher qui lui sert d’abri, comme pris de vertige. Je vois apparaître l’horrible gueule de Satan. Il ne se présente pas sous la forme où nous nous le représentons avec cornes, queue, etc. etc. On dirait un Bédouin enveloppé dans son habit et son manteau qui semble un domino de mascarade. Sur la tête, le turban dont les pans lui descendent jusqu’aux épaules pour les abriter, et sur les côtés du visage, de sorte que de ce dernier on ne voit qu’un triangle étroit, très brun avec des lèvres minces et tordues, des yeux très noirs et renfoncés, d’où sortent des éclairs magnétiques. Deux pupilles qui te pénètrent jusqu’au fond du cœur où on ne lit rien, ou une seule parole: mystère. Le contraire de l’œil de Jésus qui vous fascine lui aussi par ses effluves magnétiques qui vous pénètrent jusqu’au cœur mais où on lit aussi que dans son cœur il n’y a que bonté et amour pour toi. Œil de Jésus est pour l’âme une caresse. Œil de Satan est un double poignard qui vous perce et vous brûle. Il s’approche de Jésus: “Tu es seul?” Jésus le regarde sans répondre. “Comment es-tu arrivé ici? Tu t’es perdu?” Jésus le regarde de nouveau et se tait. “Si j’avais de l’eau dans ma gourde, je t’en donnerais. Mais je n’en ai pas. Mon cheval est crevé et je me dirige à pied vers le gué. Là je boirai et je trouverai quelqu’un qui me donne un pain. Je connais la route. Viens avec moi, je te conduirai.” Jésus ne lève plus les yeux. “Tu ne réponds pas? Sais-tu que si tu restes ici tu vas mourir? Déjà le vent se lève. Il va y avoir la tempête. Viens.” Jésus serre les mains dans une muette prière. “Ah! C’est donc bien toi? Depuis le temps que je te cherche! Et maintenant, cela fait si longtemps que je t’observe. Depuis le moment où tu as été baptisé. Tu appelles l’Éternel? Il est bien loin. Maintenant tu es sur terre et au milieu des hommes. Et chez les hommes, c’est moi qui suis roi. Pourtant, tu me fais pitié et je veux t’aider parce que tu es bon et que tu es venu te sacrifier, pour rien. Les hommes te haïront à cause de ta bonté. Ils ne comprennent que or et mangeaille et jouissance. Sacrifice, souffrance, obéissance sont pour eux des paroles mortes, plus mortes que cette terre-ci et ses alentours. Ils sont plus arides encore que cette poussière. Il n’est que le serpent pour se cacher ici en attendant de mordre et aussi le chacal pour te mettre en pièces. Allons, viens. Ils ne méritent pas que l’on souffre pour eux. Je les connais mieux que toi.” Satan s’est assis en face de Jésus. Il le fouille de son regard terrible, et sourit de sa bouche de serpent. Jésus se tait toujours et prie mentalement.“Tu te défies de moi. Tu as tort. Je suis la sagesse de la terre. Je puis te servir de maître pour t’aider à triompher. Vois: l’important, c’est de triompher. Puis, quand on s’est imposé au monde et quand on l’a séduit, alors on le mène où l’on veut. Mais d’abord, il faut être comme il leur plaît, comme eux, les séduire en leur faisant croire que nous les admirons et que nous les suivons dans leurs pensées. Tu es jeune et beau. Commence par la femme. C’est toujours par elle qu’on doit commencer. Je me suis trompé en amenant la femme à la désobéissance. J’aurais dû la conseiller d’une autre manière. J’en aurais fait un meilleur instrument et j’aurais vaincu Dieu. J’ai été trop pressé. Mais Toi! Je t’enseigne car il y a eu un jour où je t’ai regardé avec une joie angélique et un reste de cet amour est demeuré en moi. Mais Toi, écoute-moi et profite de mon expérience. Donne-toi une compagne. Où Toi, tu ne réussiras pas, elle réussira. Tu es le nouvel Adam: Tu dois avoir ton Eve. Et puis, comment peux-tu comprendre et guérir les maladies des sens, si tu ne sais pas ce que c’est. Ne sais-tu pas que la femme est le noyau d’où naît la plante de la passion et de l’orgueil? Pourquoi l’homme veut-il régner? Pourquoi veut-il être riche, puissant? Pour posséder la femme. Elle est comme l’alouette. Elle a besoin d’un scintillement qui l’attire. L’or et la domination sont les deux faces du miroir qui attire les femmes et la cause des maux du monde. Regarde: derrière mille délits d’apparences diverses il y en a neuf cent, au moins, qui ont leur racine dans la faim de la possession de la femme où dans la volonté d’une femme brûlée d’un désir que l’homme ne satisfait pas encore ou ne satisfait plus. Vas vers la femme si tu veux savoir ce qu’est la vie et après, seulement tu sauras soigner et guérir les maux de l’humanité.Elle est belle, tu sais, la femme! Il n’est rien de plus beau au monde. L’homme possède la pensée et la force. Mais la femme! Sa pensée est un parfum, son contact est caresse de fleurs. Sa grâce est un vin enivrant, sa faiblesse est comme un écheveau de soie ou les boucles frisées d’un bébé entre les mains de l’homme. Sa caresse est une force qui se communique à la nôtre et l’enflamme. La souffrance disparaît, et la fatigue, et les soucis quand il se pose auprès une femme. Elle est entre nos bras comme un bouquet de fleurs. Mais, imbécile que je suis! Tu as faim et je te parle de femme. Ta vigueur est épuisée. Pour cette raison, ce parfum de la terre, cette fleur de la création, ce fruit qui donne et suscite l’amour te paraît sans valeur. Mais regarde ces pierres, comme elles sont rondes et polies, dorées sous les rayons du soleil couchant. Ne dirait-on pas des pains? Toi, Fils de Dieu, Tu n’as qu’à dire: "Je le veux", pour qu’elles deviennent un pain odorant, comme celui qu’à cette heure les ménagères tirent du four pour le repas de la famille. Et ces acacias si arides, si Tu le veux, ne peuvent-ils pas se couvrir de fruits délicieux, de dattes sucrées comme le miel? Rassasie-toi, Fils de Dieu. Tu es le Maître de la terre. Elle se penche pour se mettre à tes pieds et apaiser ta faim. Tu vois comme tu pâlis et chancelles, rien qu’à entendre parler de pain. Pauvre Jésus! Es-tu affaibli au point de ne plus pouvoir commander au miracle? Veux-tu que je le fasse pour Toi? Je ne suis pas à ton niveau, mais je puis faire quelque chose. Je me priverai pendant un an de ma force, je la rassemblerai toute, mais je veux te servir parce que Tu es bon et que je me souviens toujours que Tu es mon Dieu, même si maintenant j’ai démérité de te donner ce nom. Aide-moi de ta prière pour que je puisse…” “Tais-toi. "Ce n’est pas seulement de pain que vit l’homme, mais de toute parole qui vient de Dieu".” Le démon a un sursaut de rage. Il grince des dents et serre les poings, mais il se maîtrise et ses dents se desserrent pour ébaucher un sourire. “Je comprends. Tu es au-dessus des nécessités de la terre et cela te dégoûte de te servir de moi. Je l’ai mérité. Mais, viens alors et vois ce qui se passe dans la Maison de Dieu. Vois comme les prêtres aussi ne se refusent pas à composer entre l’esprit et la chair, parce que, enfin ce sont des hommes et pas des anges. Accomplis un miracle spirituel. Je te porte sur le pinacle du Temple et là-haut, Tu te transfigures en une merveilleuse beauté. Ensuite, appelle les cohortes angéliques et dis leur de te faire de leurs ailes entrelacées une estrade pour tes pieds et de te faire descendre ainsi dans la cour principale. Qu’ils te voient et se rappellent qu’il y a un Dieu. De temps à autre, ces manifestations sont nécessaires parce que l’homme a une mémoire si courte, spécialement pour ce qui est spirituel. Tu sais comme les anges seront heureux de te donner où poser ton pied et une échelle pour que tu descendes!” “Ne mets pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu" a-t-il été dit.” “Tu comprends que même ton apparition ne changerait pas les choses et que le Temple continuerait d’être marché et corruption. Ta divine sagesse le sait, que les cœurs des ministres du Temple sont un nid de vipères qui s’entre dévorent pour arriver au pouvoir. Il n’y a pour les dompter que la puissance humaine. Alors, viens. Adore-moi. Je te donnerai la terre. Alexandre, Cyrus, César, tous les plus grands conquérants du passé, ou encore vivants seront semblables à de vulgaires chefs de caravanes par rapport à Toi qui auras tous les royaumes de la terre sous ton sceptre et avec les royaumes toutes les richesses, toutes les splendeurs de la terre, et femmes, et chevaux et soldats et temples. Tu pourras élever partout ton Signe quand Tu seras le Roi des Rois et le Seigneur du monde. Alors, Tu seras obéi et respecté par le peuple et le sacerdoce. Toutes les castes t’honoreront et Te serviront parce que Tu seras le Puissant, l’Unique, le Seigneur. Adore-moi un seul instant! Enlève-moi la soif que j’ai d’être adoré! C’est elle qui m’a perdu. Mais elle est restée en moi et me brûle. Les flammes de l’Enfer sont fraîcheur de l’air au matin, en comparaison de cette ardeur qui me brûle au-dedans. C’est mon enfer, cette soif. Un instant, un seul instant, ô Christ, Toi qui es bon! Un instant de joie pour l’Éternel Torturé! Fais-moi éprouver ce que veut dire être Dieu et je te serai dévoué, obéissant comme un esclave pour toute la vie, pour toutes tes entreprises. Un instant! Un seul instant, et je ne te tourmenterai plus!” Et Satan se jette à genoux, suppliant. Jésus s’est mis debout, au contraire. Plus amaigri après ces jours de jeûne, il semble encore plus grand. Son visage est terrible de sévérité et de puissance. Ses yeux sont deux saphirs qui jettent des flammes. Sa voix est un tonnerre qui se répercute dans la cavité du rocher et se répand sur les roches et la terre désolée, quand il dit: “Va-t-en Satan. Il est écrit: "Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et serviras Lui seul".” Satan avec un cri déchirant de damné et de haine inexprimable, saute debout, terrible à voir dans sa fureur, dans sa personnalité toute fumante. Et puis il disparaît avec un nouveau hurlement de malédiction. Jésus s’assied, fatigué en appuyant sa tête en arrière contre le rocher. Il paraît à bout. Il sue. Mais des êtres angéliques viennent de leurs ailes renouveler l’air dans la chaleur étouffante de la grotte, la purifiant et la rafraîchissant. Jésus ouvre les yeux et sourit. Je ne le vois pas manger. On dirait qu’il se nourrit du parfum du Paradis et en sort revigoré. Le soleil disparaît au couchant. Jésus prend la besace vide et, accompagné par les anges qui volant au-dessus de Lui lui font une douce lumière, pendant que la nuit tombe très rapidement, il se dirige vers l’Est ou plutôt vers le Nord Est. Il a repris son expression habituelle, sa démarche assurée. Il lui reste seulement comme souvenir de son jeûne prolongé un aspect plus ascétique avec son visage amaigri et pâle et ses yeux ravis dans une joie qui n’est pas de cette terre.

Paroles de Jésus:
“Hier, tu n’avais pas la force que te donne ma volonté et tu n’étais en conséquence qu’un être à moitié vivant. J’ai fait reposer tes membres et je t’ai fait faire l’unique jeûne qui te pèse: celui de ma parole. Pauvre Marie! Tu as fait le mercredi des Cendres. En tout tu as senti le goût de la cendre, parce que tu étais sans ton Maître. Je ne manifestais pas ma présence, mais j’étais là. Ce matin, puisque l’angoisse est réciproque, je t’ai murmuré dans ton demi sommeil: “Agneau de Dieu qui portes les péchés du monde, donne-nous la paix”. Je te l’ai fait répéter plusieurs fois et je l’ai répété en même temps. Tu as cru que j’aurais parlé de ce sujet. Non. C’était d’abord le sujet que je t’ai montré et que je t’expliquerai, ensuite, ce soir je t’expliquerai cet autre. Satan, tu l’as vu, se présente toujours avec un extérieur sympathique, sous un aspect ordinaire. Si les âmes sont attentives et surtout en contact spirituel avec Dieu, elles se rendent compte de cette observation qui les rend circonspectes et promptes pour combattre les embûches du démon. Mais si les âmes sont inattentives au divin, séparées de lui par des tendances charnelles qui les envahissent et les rendent sourdes n’utilisant pas le secours de la prière qui les unit à Dieu et fait couler sa force comme par un canal dans le cœur de l’homme, alors elles s’aperçoivent difficilement du piège dissimulé sous une apparence inoffensive et y tombent. S’en dégager après cela est très difficile. Les deux chemins que prend plus communément Satan pour arriver aux âmes sont l’attrait charnel et la gourmandise. Il commence toujours par le côté matériel de la nature. Après l’avoir démantelé et asservi, il dirige l’attaque vers la partie supérieure. D’abord le côté moral: la pensée avec son orgueil et ses convoitises; puis l’esprit, en lui enlevant non seulement l’amour, mais aussi la crainte de Dieu. L’amour divin n’existe déjà plus quand l’homme l’a remplacé par d’autres amours humains. C’est alors que l’homme s’abandonne corps et âme à Satan pour arriver aux jouissances qu’il poursuit, pour s’y attacher toujours plus. Comment je me suis comporté, tu l’as vu. Silence et prière. Silence. Car si Satan exerce son entreprise de séduction et cherche à nous circonvenir, on doit le supporter sans sottes impatiences et sans peurs déprimantes, mais réagir avec fermeté à sa présence et par la prière à ses séductions. Inutile de discuter avec Satan. Lui serait victorieux car il est fort dans sa dialectique. Il n’y a que Dieu pour le vaincre, et alors recourir à Dieu qui parle par nous, à travers nous, montrer à Satan ce Nom et ce Signe, non pas écrits sur un papier ou gravés sur le bois, mais inscrits et gravés dans les cœurs. Mon Nom, mon Signe. Répliquer à Satan uniquement quand il insinue qu’il est comme Dieu en utilisant la parole de Dieu. Il ne la supporte pas. Puis, après la lutte, vient la victoire et les Anges servent le vainqueur et le protègent contre la haine de Satan. Ils le réconfortent avec une rosée céleste, avec la Grâce qu’ils déversent à pleines mains dans le cœur du fils fidèle, avec une bénédiction qui est une caresse pour l’esprit. Il faut avoir la volonté de vaincre Satan, la foi en Dieu et en son aide, la foi dans la puissance de la prière et la bonté du Seigneur. Alors Satan ne peut nous faire du mal. Va en paix. Ce soir je te réjouirai avec le reste.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 11 février 2018, Sixième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,40-45.
Un lépreux vient trouver Jésus; il tombe à ses genoux et le supplie: « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit: « Je le veux, sois purifié. » A l'instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié. Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère: « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu'il n'était plus possible à Jésus d'entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 1, Ch 63
  • Ancienne traduction :  Tome 2, Ch 26, p 124        (CD 2 (1er CD), piste 44)
Avec la précision d’une photographie parfaite se présente à ma vue spirituelle, depuis ce matin, avant même que l’aube se lève, un pauvre lépreux. C’est vraiment une ruine humaine. Je ne saurais dire quel âge il a, tellement le mal l’a dégradé. Squelettique, demi nu, il montre son corps réduit à l’état d’une momie décharnée. Ses mains et ses pieds sont tordus, il leur manque des parties, de sorte que ces pauvres extrémités ne paraissent plus appartenir à un homme. Les mains désarticulées et tordues ressemblent aux pattes de quelque monstre ailé, les pieds sont comme des sabots de bœuf, tant ils sont réduits et défigurés. Puis la tête!… Je pense qu’un cadavre resté sans sépulture, momifié par le soleil et le vent, aurait une tête comme cette tête. Il reste, par ci, par là quelques touffes de cheveux, collés à la peau jaunâtre et croûteuse comme si la poussière l’avait desséchée sur un crâne, des yeux à peine entr’ouverts et renfoncés, les lèvres et le nez rongés par le mal mettent déjà à nu les cartilages et les gencives, les oreilles ne sont plus que des restes de pavillons informes, par dessus tout cela s’étend une peau parcheminée, jaune comme certains kaolins, sous laquelle les os semblent percer. Cette peau doit avoir pour office de tenir réunis ensemble ces pauvres os dans son sac dérisoire, tout marqué de cicatrices et lacéré de plaies putrides. Une ruine! Cela me fait penser exactement au spectre de la Mort, parcourant la terre, dont le squelette est recouvert d’une peau parcheminée et qui se drape dans un manteau sordide tout en haillons, il n’a pas en mains la faux, mais un bâton noueux arraché sûrement à un arbre. Il est sur le seuil d’une caverne éloignée de toute habitation. Une vraie caverne, tellement délabrée que je ne puis dire si à l’origine c’était un tombeau ou une cabane de bûcherons ou les restes d’une maison démolie. Il regarde du côté de la route, éloignée de plus de 100 mètres de son antre, une voie de grande circulation, poussiéreuse et encore largement ensoleillée. Il n’y a personne sur la route. À perte de vue, soleil, poussière et solitude. Beaucoup plus loin, en montant vers le nord-ouest, ce doit être un pays ou une ville. J’en vois les premières maison à au moins un kilomètre. Le lépreux regarde et soupire, puis il prend une écuelle ébréchée et la remplit à un petit ruisseau. Il boit. Il entre dans un enchevêtrement de ronces, en arrière de l’antre, se penche, arrache au sol des radis sauvages. Il revient au ruisseau, où il les débarrasse du plus gros de la poussière avec le peu d’eau du ruisseau, et les mange lentement, en les portant péniblement à sa bouche, avec ses mains mutilées. Ils doivent être durs comme du bois. Il a du mal à les mastiquer. Il les ensalive copieusement sans arriver à les avaler malgré les gorgées d’eau qu’il absorbe. “Où es-tu, Abel?” crie une voix. Le lépreux remue, il a sur les lèvres quelque chose qui voudrait être un sourire. Mais elles sont tellement rongées ces lèvres que c’est une chose informe cet essai de sourire. Il répond d’une voix étrange, stridulante, qui me fait penser aux cris de certains oiseaux dont j’ignore le nom exact: “Je suis ici! Je ne croyais plus que tu viendrais. Je pensais qu’il t’était arrivé malheur, j’étais triste… Si tu me manques, toi aussi que va-t-il rester au pauvre Abel?”En parlant ainsi il s’achemine vers la route jusqu’à, la distance permise par la Loi. On le voit parce qu’il s’arrête à moitié route. Sur la route arrive un homme qui paraît courir tant il va vite. “Mais est-ce bien toi Samuel? Oh! si ce n’était pas toi celui que j’attends, qui que tu sois, ne me fais pas de mal!” “C’est moi, Abel, c’est bien moi, et en bonne forme. Regarde comme je cours. Je suis en retard, je le sais, et j’en suis peiné pour toi. Mais quand tu sauras… oh! tu seras heureux. Et ici, j’ai non seulement les quignons de pain habituels mais une miche entière, fraîche et bonne, toute pour toi. J’ai aussi un bon poisson et un fromage. Tout pour toi. Je veux que tu fasses la fête, pauvre ami, pour te préparer à une fête plus grande encore.” “Mais comment es-tu si riche? Je n’y comprends rien…” “Tout à l’heure, je te le dirai.” “Et en forme, il semble que ce n’est plus toi!” “Rends-toi donc compte. J’ai su qu’à Capharnaüm se trouvait ce Rabbi qui est saint, et j’y suis allé…” “Arrête, arrête! Je suis infecté.” “Oh! n’importe. Je n’ai plus peur de rien.” L’homme qui n’est autre que le pauvre bossu guéri et bien traité par Jésus se trouve arrivé en fait, de son pas rapide, à quelques pas du lépreux. Il a parlé tout en marchant et il rit, heureux. Mais le lépreux dit encore: “Arrête-toi, au Nom de Dieu. Si quelqu’un te voit…” “Je m’arrête. Regarde: je mets ici les provisions. Mange, pendant que je parle.” Il pose le paquet sur une grosse pierre et l’ouvre. Puis, il s’écarte à quelques pas pendant que le lépreux s’avance et se jette sur ce festin inaccoutumé. “Oh! qu’il y a longtemps que je me suis ainsi régalé. Que c’est bon! Et pense que je serais allé ainsi me reposer, l’estomac vide. Pas un homme de pitié, aujourd’hui… et toi non plus… J’avais mâché des radis…”“Pauvre Abel! J’y pensais, mais je disais: "C’est bien. Maintenant il va être triste, mais ensuite il sera heureux!".” “Heureux, oui, pour cette bonne nourriture. Mais après…” “Non, tu seras heureux pour toujours.” Le lépreux hoche la tête. “Rends-toi compte, Abel, si tu peux avoir la foi, tu seras heureux.” “Mais la foi en qui?” “Dans le Rabbi. Dans le Rabbi qui m’a guéri.” “Mais je suis lépreux, et au dernier degré, comment peut-il me guérir?” “Oh! il le peut. Il est saint.” “Oui, Élisée aussi a guéri Naamân le lépreux… je le sais… Mais moi… Moi je ne puis aller au Jourdain.” “Tu seras guéri sans besoin d’eau. Écoute: ce Rabbi, c’est le Messie, comprends-tu? Le Messie! C’est le Fils de Dieu. Il guérit tous ceux qui ont foi. Il dit: "Je le veux" et les démons s’enfuient, et les membres se redressent, et les aveugles recouvrent la vue.” “Oh! si j’avais la foi, moi! Mais comment puis-je voir le Messie?” “Voilà… je suis venu pour cela. Lui il est là, dans ce pays. Je sais où il est ce soir. Si tu veux… Moi, je me suis dit: "Je le dis à Abel et si Abel reconnaît avoir la foi, je le conduis au Maître".” “Tu es fou, Samuel? Si je m’approche des maisons, je vais être lapidé.” “Non, pas jusqu’aux maisons. La nuit va tomber, je te conduirai jusqu’à ce petit bois. Et puis, j’irai appeler le Maître. Je te l’amènerai…” “Va, va tout de suite! J’arrive par mes propres moyens jusqu’à ce point. Je cheminerai dans le fossé derrière la haie, mais toi, va… va… oh! va chercher, cher ami! Si tu savais ce que c’est que d’avoir ce mal. Et d’avoir l’espoir de guérir!…” Le lépreux ne s’occupe plus de la nourriture. Il pleure et gesticule implorant son ami. “Je pars, et toi, arrive.” L’ancien bossu s’éloigne au pas de course. Abel descend péniblement dans le fossé qui côtoie la route, et qui est encombré de buissons poussés sur le fond desséché. Il y a tout juste au milieu un filet d’eau. La nuit descend pendant que le malheureux glisse parmi les touffes, toujours aux aguets d’un passant sur la route. Deux fois, il s’aplatit sur le fond: la première fois, c’est un cavalier qui passe au trot de sa monture, la seconde fois ce sont trois hommes avec une charge de foin qui se dirigent vers le pays. Puis, il continue. Mais avant lui, Jésus arrive au petit bois avec Samuel. “Il va bientôt être ici. Il va lentement à cause de ses plaies. Prends patience.” “Je ne suis pas pressé.” “Tu le guériras?” “A-t-il la foi?” “Oh!… il mourait de faim. Il voyait cette nourriture, après des années de privation et pourtant il a tout laissé après quelques bouchées, pour courir ici.” “Comment l’as-tu connu?” “Tu sais… je vivais d’aumônes depuis mon malheur et je parcourais les chemins pour aller d’un lieu à l’autre. Je passais ici tous les sept jours et étais entré en relations avec ce pauvre malheureux… Un jour poussé par la faim, il s’était avancé sous un orage capable de mettre les loups en fuite jusqu’au chemin qui conduit au pays, en quête de quelque chose. Il fouillait les ordures comme un chien. J’avais dans ma besace du pain sec que m’avaient donné des personnes compatissantes, et j’ai partagé avec lui. Depuis lors, nous sommes amis et chaque semaine je reviens pour renouveler sa provision. Avec ce que j’ai: si j’ai beaucoup, c’est beaucoup; si c’est peu, c’est peu. Je fais ce que je puis comme si c’était mon frère. C’est depuis le soir que tu m’as guéri, sois en béni, que je pense à lui… et à Toi.” “Tu es bon, Samuel, et pour cela la grâce t’a visité. Qui aime mérite tout de Dieu. Mais voici quelque chose parmi les buissons…” “C’est toi, Abel?” “Oui, c’est moi.” “Arrive. Le Maître t’attend ici, sous le noyer.” Le lépreux sort du fossé et monte sur la berge, il la franchit et s’avance dans un pré. Jésus, adossé à un noyer très élevé, l’attend. “Maître, Messie, Saint, aie pitié de moi!” et il s’affale sur l’herbe aux pieds de Jésus. Le visage collé au sol, il dit encore: “Oh! mon Seigneur, si Tu veux, Tu peux me purifier!” Puis il ose se mettre à genoux, tendre ses bras squelettiques, aux mains tordues et il tend son visage osseux, tout dévasté… Des larmes tombent de ses orbites malades que la lèpre a rongées. Jésus le regarde avec tant de pitié, Il regarde ce fantôme qu’un mal horrible dévore et dont une vraie charité peut seule supporter le voisinage tant il est répugnant et malodorant. Et voici, que Jésus tend une main, sa belle main droite et saine comme pour caresser le pauvret. Celui-ci sans se lever, se rejette en arrière sur ses talons et crie: “Ne me touche pas! Aie pitié de Toi!” Mais Jésus fait un pas en avant. Solennel, respirant une douce bonté, il pose ses doigts sur la tête dévorée par la lèpre et dit à pleine voix, d’une voix qui n’est qu’amour et pourtant impérieuse: “Je le veux, sois purifié!” La main reste quelques minutes sur la pauvre tête. “Lève-toi. Va trouver le prêtre. Accomplis ce que la Loi prescrit. Ne dis pas ce que je t’ai fait, mais seulement sois bon, ne pèche plus jamais. Je te bénis.” “Oh! Seigneur! Abel! Mais tu es tout à fait guéri!” Samuel, qui voit la transformation de son ami, crie de joie. “Oui. Il est sain. Sa foi le lui a mérité. Adieu. La paix soit avec toi.” “Maître! Maître! Maître! Je ne te quitte plus, je ne puis plus te quitter!” “Fais ce que veut la Loi. Puis, nous nous reverrons encore. Pour la seconde fois que ma bénédiction soit sur toi.” Jésus s’éloigne en faisant signe à Samuel de rester. Et les deux amis pleurent de joie, pendant qu’à la lueur d’un quartier de lune ils retournent à la caverne pour s’arrêter une dernière fois à ce repaire infortuné. C’est la fin de la vision.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 4 février 2018, Cinquième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,29-39.
En quittant la synagogue, Jésus, accompagné de Jacques et de Jean, alla chez Simon et André. Or, la belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre. Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade. Jésus s'approcha d'elle, la prit par la main, et il la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous les malades, et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit toutes sortes de malades, il chassa beaucoup d'esprits mauvais et il les empêchait de parler, parce qu'ils savaient, eux, qui il était. Le lendemain, bien avant l'aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ses compagnons se mirent à sa recherche. Quand ils l'ont trouvé, ils lui disent : « Tout le monde te cherche. » Mais Jésus leur répond : « Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle ; car c'est pour cela que je suis sorti. » Il parcourut donc toute la Galilée, proclamant la Bonne Nouvelle dans leurs synagogues, et chassant les esprits mauvais.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 1, Ch 59
  • Ancienne traduction :  Tome 2, Ch 22, p 110        (CD 2 (1er CD), piste 39)
Pierre parle à Jésus. Il dit: “Maître, je voudrais te prier de venir dans ma maison. Je n’ai pas osé te le dire au dernier sabbat, mais… je voudrais que Tu viennes.” “A Bethsaïda?” “Non, ici… dans la maison de ma femme, sa maison natale, je veux dire.” “Pourquoi ce désir, Pierre?” “Eh!… pour beaucoup de raisons… et puis, aujourd’hui, on m’a dit que ma belle-mère est malade. Si tu voulais la guérir, peut-être tu…” “Achève, Simon.” “Je voulais dire… Si Toi tu l’approchais, elle finirait… oui, en somme, tu sais, autre chose est d’entendre parler de quelqu’un et autre chose de le voir et de l’entendre, et si ce quelqu’un, ensuite la guérit, alors…” “Alors la rancune tombe, tu veux dire.” “Non, pas rancune. Mais, tu sais… le pays se partage en plusieurs opinions, et elle… ne sait à qui donner raison. Viens, Jésus.” “Je viens, allons-y. Avertis ceux qui attendent que je parlerai ce soir à ta maison.” Ils vont jusqu’à une maison basse, plus basse encore que celle de Pierre à Bethsaïda, et encore plus proche du lac. Elle en est séparée par une bande de grève, et je crois qu’au cours des tempêtes les vagues viennent mourir au pied du mur de la maison, qui, si elle est basse est en revanche très large comme pour loger beaucoup de monde. Dans le jardin qui s’étend devant la maison, du côté du lac, il n’y a qu’une vigne vieille et noueuse qui couvre une tonnelle rustique et un vieux figuier que les vents du lac ont tout incliné vers la maison. La frondaison désordonnée de l’arbuste frôle les murs et bat contre les châssis des fenêtres fermées pour s’abriter du soleil ardent qui s’abat sur la petite maison. Il n’y a que ce figuier et cette vigne et un puits au muret bas et verdâtre. “Entre, Maître.” Des femmes sont dans la cuisine occupées, qui à réparer les filets, qui à préparer le repas… Elles saluent Pierre, puis s’inclinent, confuses, devant Jésus. Entre temps, elles le dévisagent avec curiosité. “La paix soit à cette maison. Comment va la malade?” “Parle, toi qui es la bru la plus âgée” disent trois femmes à une qui est en train de s’essuyer les mains avec un coin de son vêtement. “Elle a une forte fièvre, une très forte fièvre. Nous l’avons montrée au médecin, mais il dit qu’elle est vieille pour guérir et que quand ce mal passe des os au cœur et donne de la fièvre, surtout à cet âge, on meurt. Elle ne mange plus… Je cherche à lui faire une nourriture appétissante, même maintenant, tu vois, Simon? Je préparais cette soupe qui lui plaisait tant. J’ai choisi les meilleurs poissons dans ceux de tes beaux-frères, mais je ne crois pas qu’elle puisse la manger. Et puis… elle est agitée. Elle se lamente, elle crie, elle pleure, maugrée…” “Prenez patience, comme si vous étiez sa mère, et vous en aurez le mérite auprès de Dieu. Conduisez-moi à elle.” “Rabbi… Rabbi… je ne sais si elle voudra te voir. Elle ne veut voir personne. Je n’ose lui dire: "Je vais t’amener le Rabbi".” Jésus sourit sans perdre son calme. Il se tourne vers Pierre: “C’est à toi d’agir, Simon. Tu es un homme et le plus âgé des gendres, m’as-tu dit. Va.”Pierre fait une grimace significative et obéit. Il traverse la cuisine, entre dans une pièce, et à travers la porte fermée derrière lui, je l’entends parler avec une femme. Il passe dehors la tête et une main et dit: “Viens, Maître, fais vite” et il ajoute plus doucement à peine intelligiblement: “Avant qu’elle ne change d’idée.” Jésus traverse rapidement la cuisine et ouvre toute grande la porte. Debout sur le seuil, Il dit son doux et solennel salut: “La paix soit avec toi.” Il entre, bien qu’on n’ait pas répondu. Il va près d’une couche basse sur laquelle est étendue une petite femme, toute grise, amaigrie, essoufflée par la forte fièvre qui rougit son visage enflammé. Jésus se penche sur le lit, sourit à la petite vieille: “Tu as mal?” “Je meurs!” “Non, tu ne vas pas mourir. Peux-tu croire que je puisse te guérir?” “Et pourquoi le ferais-tu? Tu ne me connais pas.” “A cause de Simon qui m’en a prié… et aussi à cause de toi pour donner à ton âme le temps de voir et d’aimer la Lumière.” “Simon? Il ferait mieux de… Comment donc Simon a-t-il pensé à moi?” “C’est qu’il est meilleur que tu ne crois. Je le connais, et je sais. Je le connais et je suis heureux de l’exaucer.” “Non, femme, pour l’instant tu ne mourras pas. Peux-tu croire en Moi?” “Je crois, je crois. Il me suffit de ne pas mourir!” Jésus sourit encore. Il la prend par la main. La main rugueuse, aux veines gonflées disparaît dans la main juvénile de Jésus. Il se redresse et prend l’attitude qu’il a pour accomplir un miracle. Il crie: “Sois guérie, Je le veux! Lève-toi!” Et il laisse aller la main de la femme. Elle retombe sans que la vieille se plaigne, alors qu’auparavant, quand Jésus la lui avait prise bien que ce fût avec délicatesse, le mouvement avait arraché une plainte à la malade. Un temps bref de silence. Puis la vieille s’écrie à haute voix: “Oh! Dieu des pères! Mais, je n’ai plus rien! Mais je suis guérie! Venez, venez!” Les belles filles arrivent. “Mais regardez!” dit la vieille, “je remue et ne sens plus de douleur et je n’ai plus de fièvre! Regardez comme je suis fraîche! Et le cœur ne semble plus le marteau du forgeron. Ah! je ne meurs plus!” Pas un seul mot pour le Seigneur. Mais Jésus ne se formalise pas. Il dit à la plus âgée des brus: “Habillez-la pour qu’elle se lève. Elle le peut.” Et il s’écarte pour sortir.Simon, mortifié se tourne vers sa belle-mère: “Le Maître t’a guérie. Tu ne lui dis rien?” “Que si! Je n’y pensais pas. Merci, que puis-je faire pour te remercier?” “Être bonne, très bonne. Car l’Éternel a été bon avec toi. Et, si cela ne t’ennuie pas, permets-moi de me reposer aujourd’hui dans ta maison. J’ai parcouru pendant la semaine tous les environs et je suis arrivé à l’aube, ce matin. Je suis las.” “Certainement, certainement! Reste aussi si cela t’arrange.”Mais il y a peu d’enthousiasme dans ses paroles. Jésus, avec Pierre, André, Jacques et Jean va s’asseoir dans le jardin. “Maître!…” “Mon Pierre?” “Je suis confus.” Jésus fait un geste, comme pour dire: “Laisse couler.” Puis il dit: “Ce n’est pas la première, et ce ne sera pas la dernière fois qu’on ne me remercie pas de suite. Mais je ne cherche pas la reconnaissance. Il me suffit de donner aux âmes la manière de se sauver. Je fais mon devoir. À elles de faire le leur.” “Ah! Y en a-t-il eu d’autres comme celle-là? Où?” “Simon curieux! Mais je veux te contenter, bien que je n’aime pas les curiosités inutiles. C’était à Nazareth. Tu te rappelles la maman de Sara? Elle était très malade quand nous sommes arrivés à Nazareth et on nous dit que la petite pleurait. Pour ne pas faire d’elle, qui est bonne et douce, une orpheline, et demain une fillâtre, je suis allé trouver la femme… Je voulais la guérir… mais je n’avais pas encore posé le pied sur le seuil que son mari et un frère me chassèrent en disant: Il Va t-en, va t-en! Nous ne voulons pas d’ennuis avec la synagogue ". Pour eux, pour trop de gens, je suis déjà un rebelle… Je l’ai guérie tout de même… à cause de ses enfants. Et, à Sara qui était au jardin, j’ai dit en la caressant: Je guéris ta mère. Rentre à la maison. Ne pleure plus ". Et la femme fut guérie au même instant et la petite le lui a dit, et aussi au père, et à l’oncle… Et elle fut punie pour m’avoir parlé. Je le sais, car l’enfant est accourue derrière moi pendant que je quittais le pays… Mais n’importe.” “Moi, je l’aurais fait redevenir malade.” “Pierre!” Jésus est sévère. “C’est cela que je t’ai enseigné à toi et aux autres? Qu’as-tu entendu sur mes lèvres dès la première fois que tu m’as entendu? De quoi ai-je parlé comme condition première pour être mes vrais disciples?” “C’est vrai, Maître. Je suis une vraie bête. Pardonne-moi. Mais… je ne peux supporter qu’on ne t’aime pas!” “Oh! Pierre, tu verras bien d’autres indifférences! Tu auras tant de surprises, Pierre! Des personnes que les gens soi-disant "saints" méprisent comme des publicains et qui au contraire seront un exemple pour le monde, un exemple que ne suivront pas ceux qui les méprisent. Des païens qui seront parmi les plus grands fidèles, des prostituées qui deviendront pures à force de volonté et de pénitence, des pécheurs qui se corrigeront…” “Écoute: qu’un pécheur se convertisse… passe encore. Mais une prostituée et un publicain!…” “Tu ne le crois pas?” “Moi, non.” “Tu es dans l’erreur, Simon. Mais voici ta belle-mère qui vient vers nous.” “Maître… je te prie de t’asseoir à ma table.” “Merci, femme. Dieu t’en récompense.” Ils entrent dans la cuisine et s’assoient à table. La vieille sert les hommes en leur distribuant généreusement de la bouillabaisse et du poisson grillé. “Je n’ai rien d’autre” s’excuse-t-elle. Et, pour ne pas perdre l’habitude, elle dit à Pierre: “Ils n’en font que trop, tes beaux-frères, seuls comme ils sont restés, depuis que tu es allé à Bethsaïda! Si au moins cela avait servi à enrichir ma fille… Mais je me rends compte que bien souvent tu es absent et que tu ne pêches pas.” “Je suis le Maître. J’ai été avec Lui à Jérusalem et le sabbat, je reste avec Lui. Je ne perds pas le temps à faire la fête.” “Mais, avec ça, tu ne gagnes rien. Tu ferais mieux, puisque tu veux faire le domestique du Prophète, de t’établir ici de nouveau. Au moins cette pauvre créature, ma fille, pendant que tu fais le saint, aurait des parents pour la nourrir.” “Tu n’as pas honte de parler ainsi devant Lui qui t’a guérie?” “Moi, je ne le critique pas Lui. Lui fait son métier. Je critique toi qui fais le fainéant, car tu ne seras jamais prophète ni prêtre. Tu es un ignorant et un pécheur, un bon à rien.” “Heureusement que Lui est là, sinon…” “Simon, ta belle-mère t’a donné un excellent conseil. Tu peux aller à la pêche d’ici. Tu pêchais même à Capharnaüm auparavant, il me semble. Tu peux y revenir encore maintenant.” “Et habiter ici de nouveau? mais, Maître tu ne…” “Bon, mon Pierre. Si tu es ici, tu seras sur le lac ou avec Moi. Par conséquent, qu’est-ce que cela peut te faire d’habiter dans cette maison?” Jésus a mis la main sur l’épaule de Pierre et il semble que le calme de Jésus passe dans le bouillant apôtre. “Tu as raison. Tu as toujours raison. Je le ferai. Mais… et ceux-ci?” et il montre Jacques et Jean, ses associés. “Ne peuvent-ils pas venir, eux aussi?” “Oh! notre père, et notre mère surtout, seront toujours plus heureux de nous savoir avec Toi qu’avec eux. Ils ne feront pas d’opposition.” “Peut-être aussi que Zébédée viendra” dit Pierre. “C’est plus que probable, et d’autres avec lui. Nous viendrons, Maître, nous viendrons sans faute.” “Est-il ici, Jésus de Nazareth?” demande un petit bambin qui se présente à la porte. “Il est ici, entre.” L’enfant avance et je le reconnais pour un de ceux que j’ai vus dans les premières visions de Capharnaüm. C’est justement celui-là qui tombé aux pieds de Jésus a promis d’être bon… pour manger le miel du Paradis. “Petit ami, avance” lui dit Jésus. Le bambin, un peu intimidé par tant de gens qui le regardent, se rassure et court vers Jésus. Le Maître l’embrasse, le prend sur ses genoux et lui donne une bouchée de son poisson sur un morceau de pain. “Voici, Jésus, c’est pour Toi. Aujourd’hui encore, cette personne m’a dit: "C’est le sabbat. Porte cela au Rabbi de Nazareth et dis à ton ami qu’il prie pour moi". Il sait que tu es mon ami!…” Le bambin rit, heureux, et mange son pain avec le poisson. “Bravo, petit Jacques! Tu diras à cette personne que mes prières montent vers le Père pour lui.” “C’est pour les pauvres?” demande Pierre. “Oui.” “C’est toujours l’offrande habituelle? Regardons.” Jésus lui passe la bourse. Pierre la vide et compte. “Toujours la même forte somme! Mais, qui est cette personne? Dis, petit, qui est-ce?”“Moi, je ne dois pas le dire, et je ne le dirai pas.”“Quel autoritaire! Allons, sois bon, et je te donnerai des fruits.” “Je ne le dirai pas, que tu m’insultes ou me caresses.” “Mais, voyez quelle langue!” “Jacques a raison, Pierre, il tient la parole donnée. Laisse-le tranquille.” “Toi, Maître, tu sais qui est cette personne?” Jésus ne répond pas. Il s’occupe du bambin auquel il donne un autre morceau de poisson grillé bien débarrassé de ses arêtes; mais Pierre insiste, et Jésus doit lui répondre. “Moi, je sais tout, Simon.” “Et nous, nous ne pouvons pas savoir?” “Tu ne guériras jamais de ton défaut?” Jésus lui fait ce reproche tout en souriant. Et il ajoute: “Tu le sauras vite. Le mal voudrait rester caché et ne peut toujours y réussir mais pour le bien qui veut rester secret, pour être méritoire, un jour vient où on le découvre, pour la gloire de Dieu dont la nature resplendit en l’un de ses fils. La nature de Dieu: l’amour. Celui-là l’a compris, car il aime son prochain. Va, Jacques. Porte à cette personne ma bénédiction.” La vision s’achève. Jésus me dit ensuite, à moi, pour moi: “Le salut que tu aimes tant: mon salut: - La paix soit avec toi - Ce doit être ton salut avec tous. Même si c’était mon Vicaire, salue comme j’ai salué et enseigné à saluer. La Paix, n’est-ce pas Dieu Lui-même? La paix, en qui nous reconnaissons la plus belle des choses, n’est-ce pas louer Dieu Lui-même, quand on la loue? Alors, dis: - La paix soit avec toi ". Pas avec vous mais avec toi. Comme je le disais. Et quand parfois il t’arrive de devoir entrer dans une maison, dis: "La paix soit à cette maison". Il n’y a pas de salut plus ample, plus doux, plus saint, qui rappelle davantage mon souvenir que celui-là. Adieu. La paix soit avec toi.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie. http://www.mariavaltorta.com/
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