"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe Paul VI
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
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Dimanche 1er novembre 2020, Solennité de la Toussaint

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,1-12a. 
En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris 
Correspondance dans "l'Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 3, Ch 170, p 89
  • Ancienne traduction :  Tome 3, Ch 30, p 150
  • CD 3 (1er cd), piste 51
  • Tome 3, pistes 51
Jésus parle aux apôtres en leur assignant à chacun une place pour diriger et surveiller la foule qui monte dès les premières heures de la matinée, avec des malades portés sur les bras ou sur des brancards ou qui se traînent avec des béquilles. Dans la foule, il y a Etienne et Hermas. L'air est pur et un peu frais mais le soleil a vite fait de tempérer cet air de montagne un peu vif. C'est tout avantage, car le soleil donne à l'air une fraîcheur qui n'est pas désagréable. Les gens s'assoient sur des pierres ou des rochers épars dans la vallée entre les deux cimes. Certains attendent que le soleil ait séché l'herbe humide de rosée pour s'asseoir à même le sol. Il y a une foule nombreuse venue de toutes les régions de Palestine, et de toutes conditions. Les apôtres sont perdus dans la foule, mais comme des abeilles qui vont et viennent du pré au rucher, ils reviennent de temps à autre auprès du Maître, pour le renseigner, pour le questionner, pour avoir le plaisir que le Maître les regarde de près. Jésus monte un peu plus haut que le pré qui est au fond de la vallée, s'adosse à la paroi d'un rocher et commence à parler. “Plusieurs m'ont demandé pendant une année de prédication: "Mais, Toi, qui te dis le Fils de Dieu, dis-nous ce qu'est que le Ciel, ce qu'est que le Royaume, ce qu'est Dieu, car nous avons des idées confuses. Nous savons que le Ciel existe avec Dieu et les anges. Mais personne n'est jamais venu nous dire comment il est, puisque il est fermé aux justes". On m'a même demandé ce qu'est que le Royaume et ce qu'est Dieu. Et je me suis efforcé de vous expliquer ce qu'est que le Royaume et ce qu'est Dieu. Efforcé, non parce qu'il m'était difficile de m'expliquer, mais parce qu'il m'est difficile, pour un ensemble de circonstances, de vous faire accepter une vérité qui se heurte, en ce qui concerne le Royaume, contre tout un édifice d'idées qui se sont accumulées au cours des siècles, et en ce qui concerne Dieu contre la sublimité de sa Nature. D'autres encore m'ont demandé: "C'est bien pour ce qui est du Royaume et ce qui est de Dieu. Mais comment conquiert-on celui-ci et celui-là?" Ici aussi j'ai cherché à vous expliquer patiemment l'âme véritable de la Loi du Sinaï. Celui qui fait sienne cette âme s'approprie le Ciel. Mais pour vous expliquer la Loi de Sinaï il faut aussi faire entendre le ton sévère du Législateur et de son Prophète. S'ils promettent des bénédictions à ceux qui l'observent, ils menacent de peines terribles et de malédictions ceux qui désobéissent. La manifestation du Sinaï fut terrible et cette terreur se reflète dans toute la Loi, se reflète dans tous les siècles et dans toutes les âmes. Mais Dieu n'est pas seulement Législateur. Il est Père. Et un Père d'une immense bonté. Peut-être, et sans aucun doute, vos âmes affaiblies par le péché d'origine, par les passions, par les péchés, par des égoïsmes de toutes sortes les vôtres et ceux d'autrui, ces derniers vous faisant une âme irritée, les vôtres une âme fermée, ne peuvent s'élever à la contemplation des infinies perfections de Dieu et de la bonté, encore moins que de toute autre, parce c'est la vertu qui avec l'amour est le moins le partage des mortels. La bonté! Oh! la douceur d'être bons, sans haine, sans envie, sans orgueil! Avoir des yeux qui ne regardent que pour aimer, des mains qui ne se tendent que pour des gestes d'amour, des lèvres qui ne profèrent que des paroles d'amour, et un cœur, un cœur surtout qui uniquement rempli d'amour force les yeux, les mains, et les lèvres à des actes d'amour! Les plus savants d'entre vous savent de quels dons Dieu avait enrichi Adam, pour lui et pour ses descendants. Même les plus ignorants parmi les fils d'Israël savent qu'il y a en nous un esprit. Seuls les pauvres païens l'ignorent, cet hôte royal, ce souffle vital, cette lumière céleste qui sanctifie et vivifie notre corps. Mais les plus savants savent quels dons avaient été donnés à l'homme, à l'esprit de l'homme. Dieu n'a pas été moins généreux pour l'esprit, que pour la chair et le sang de la créature qu'Il avait faite avec un peu de boue et avec son souffle. Comme Il avait donné les dons naturels de beauté et d'intégrité, d'intelligence et de volonté, le don de s'aimer soi-même et d'aimer les autres, de la même façon Il avait donné les dons moraux avec la soumission des sens à la raison. Ainsi dans la liberté et la maîtrise de soi et de la propre volonté, dont Dieu avait doté Adam, ne s'insinuait pas le pervers esclavage des sens et des passions, mais libre était l'amour de soi, libre la volonté, libre une juste jouissance, qui ne vous fait pas esclaves en vous faisant sentir ce poison que Satan a répandu et qui déborde, en vous amenant hors du lit limpide sur des terrains fangeux, dans des marais malsains où fermentent les fièvres des sens charnels et des sens moraux. Pour que vous sachiez que le désir de la pensée vient aussi du sens. Et ils eurent des dons surnaturels, à savoir la Grâce sanctifiante, le destin supérieur, la vision de Dieu. La Grâce sanctifiante: la vie de l'âme. Cette chose extrêmement spirituelle déposée dans notre âme spirituelle. La Grâce qui nous fait fils de Dieu car elle nous préserve de la mort du péché, et celui qui n'est pas mort "vit" dans la maison du Père: le Paradis; dans mon Royaume: le Ciel. Qu'est-ce que cette Grâce qui sanctifie et qui donne Vie et Royaume? Oh! n'employez pas des flots de paroles! La Grâce c'est l'amour. La Grâce, par conséquent, c'est Dieu. C'est Dieu qui en s'admirant dans la créature qu'Il a créée parfaite s'y aime, s'y contemple, s'y désire, se donne ce qui est sien pour multiplier son avoir, pour jouir de cette multiplication, pour s'aimer en tant d'êtres qui sont d'autres Lui-Même. Oh! fils! Ne frustrez pas Dieu de ce qui est son droit! Ne dépouillez pas Dieu de ce qui est son avoir! Ne décevez pas Dieu en ce qui est son désir! Pensez qu'Il agit par amour. Même si vous n'existiez pas, Lui serait toujours l'Infini et sa puissance n'en serait pas diminuée. Mais Lui, bien qu'étant complet dans sa mesure infinie, sans mesure, veut non pas pour Lui ni en Lui - Il ne le pourrait pas puisque Il est déjà l'Infini - mais pour le Créé, sa créature, Lui veut augmenter l'amour bien que ce Créé contienne déjà ce qui permet de donner la Grâce: l'Amour, pour que vous le portiez en vous à la perfection des saints et pour que vous reversiez ce trésor, tiré du trésor que Dieu vous a donné avec sa Grâce et augmenté de toutes vos œuvres saintes, de toute votre vie héroïque de saints, dans l'Océan infini où Dieu se trouve: dans le Ciel. Divines, divines, divines citernes de L'Amour! C'est ce que vous êtes, et à votre être n'est pas donnée la mort, car vous êtes éternels comme Dieu, étant Dieu. Vous existerez et votre être ne connaîtra pas de fin, parce qu'immortels comme les esprits saints qui vous ont suralimentés, en revenant en vous enrichis de vos propres mérites. Vous vivez et nourrissez, vous vivez et enrichissez, vous vivez et formez cette très sainte chose qui est la Communion des esprits, depuis Dieu, Esprit Très Parfait, jusqu'à ce tout petit qui vient de naître qui prend pour la première fois le sein maternel. Ne me jugez pas mal au fond de votre cœur, vous qui êtes savants! Ne dites pas: "C'est un fou' C'est un menteur! Il faut qu'il soit fou pour parler de la Grâce en nous, puisque la Faute nous en a privés, il ment en nous disant déjà unis à Dieu". Oui, la Faute existe; oui, la séparation existe. Mais devant la puissance du Rédempteur, la Faute, séparation cruelle survenue entre le Père et les fils, croulera comme une muraille secouée par le nouveau Samson. Déjà je l'ai saisie et je la secoue et elle vacille, et Satan tremble de colère et d'impuissance ne pouvant rien contre mon pouvoir et se voyant arracher tant de proies et devenir plus difficile l'entraînement de l'homme au péché. Parce que quand, par mon intermédiaire je vous aurai amené à mon Père, et que par l'effusion de mon sang et par ma douleur vous serez devenus purs et forts, la Grâce reviendra en vous vivante, éveillée, puissante et vous serez des triomphateurs, si vous le voulez. Dieu ne vous fait pas violence dans votre pensée ni non plus dans votre sanctification. Vous êtes libres. Mais Il vous rend la force. Il vous délivre de la domination de Satan. À vous de reprendre le joug infernal, ou de mettre à votre âme des ailes d'ange. Tout dépend de vous pour me prendre comme frère pour que je vous g“ de et vous nourrisse d'une nourriture immortelle. "Comment conquérir Dieu et son Royaume en suivant une autre voie plus douce que la voie sévère du Sinaï?" dites-vous. Il n'y a pas d'autre chemin, il y a celui-ci. Mais cependant ne le regardons pas sous le jour de la menace, mais sous le jour de l'amour. Ne disons pas: "Malheur si je ne fais pas ceci!" en restant tremblants dans l'attente du péché, de n'être pas capable de ne pas pécher. Mais disons: "Bienheureux serai-je si je fais ceci" et avec un élan de joie surnaturelle, joyeux, élançons-nous vers ces béatitudes, qui naissent de l'observation de la Loi comme les roses naissent dans un buisson épineux.
"Bienheureux si je suis pauvre en esprit, car alors le Royaume des Cieux est à moi! 
Bienheureux si je suis doux, parce que j'aurai la Terre en héritage! 
Bienheureux si je suis capable de pleurer sans me révolter, car je serai consolé! 
Bienheureux si plus que du pain et du vin qui rassasient la chair, j'ai faim de justice. La Justice me rassasiera! Bienheureux si je suis miséricordieux, car je profiterai de la divine miséricorde! 
Bienheureux si je suis pur de cœur, car Dieu se penchera sur mon cœur pur, et moi je Le verrai! 
Bienheureux si j'ai l'esprit de paix, car Dieu m'appellera son fils, car je serai dans la paix et dans l'amour, et Dieu est l'Amour qui aime celui qui est semblable à Lui! 
Bienheureux si, par fidélité à la justice, je suis persécuté parce que pour me dédommager des persécutions de la terre, Dieu me donnera le Royaume des Cieux! 
Bienheureux si on m'outrage et si on m'accuse à tort pour savoir être ton fils, ô Dieu! Ce n'est pas la désolation mais la joie que cela doit m'apporter, car cela me mettra au niveau de tes meilleurs serviteurs, les Prophètes, qui furent persécutés pour la même raison et avec lesquels je crois fermement que je partagerai la même récompense, grande, éternelle, dans le Ciel qui m'appartient!" 
Regardons ainsi le chemin du salut, à travers la joie des saints. "Bienheureux serai-je si je suis pauvre en esprit". Oh! fièvre satanique des richesses à quels délires tu conduis les hommes! Les riches, les pauvres. Le riche qui vit pour son or, idole infâme de son esprit en ruines. Le pauvre qui vit de la haine qu'il a pour le riche qui possède l'or, et même s'il ne se rend pas matériellement homicide, il proclame ses anathèmes contre les riches, leur souhaitant toutes sortes de maux. Il ne suffit pas de ne pas commettre le mal, il faut encore ne pas désirer le faire. Celui qui maudit en souhaitant malheurs et mort ne diffère pas beaucoup de celui qui tue matériellement, car il a en lui le désir de voir périr celui qu'il hait. En vérité je vous dis que le désir n'est qu'un acte que l'on retient, comme le fruit d'une conception déjà formé mais non expulsé. Le désir mauvais empoisonne et corrompt, car il dure davantage que l'acte violent. Il s'enracine plus profondément que l'acte lui-même. Celui qui est pauvre en esprit, s'il est matériellement riche ne pèche pas à cause de l'or, mais avec son or il réalise sa sanctification parce qu'il en fait de l'amour. Aimé et béni, il est semblable à ces sources qui sauvent les voyageurs dans les déserts et qui se donnent sans avarice, heureuses de pouvoir se donner pour soulager ceux qui désespèrent. S'il est réellement pauvre, il est joyeux dans sa pauvreté et trouve son pain agréable. Il est joyeux car il échappe à la fièvre de l'or, son sommeil ignore les cauchemars et il se lève bien reposé pour se mettre tranquillement à son travail qui lui est léger parce qu'il le fait sans avidité et sans envie. L'homme peut être riche matériellement avec l'or, moralement par ce qu'il affectionne. Sous le nom d'or, on comprend non seulement les ressources pécuniaires, mais les maisons, les champs, les bijoux, les meubles, les troupeaux, tout ce qui en somme donne l'aisance à la vie. Les richesses morales consistent dans: les liens de parenté ou de mariage, les amitiés, les richesses intellectuelles, les charges publiques. Comme vous le voyez, pour la première catégorie le pauvre peut dire: "Oh! pour moi, il me suffit de ne pas envier celui qui possède et je me contente de la situation qui m'est imposée"; pour la seconde, celui qui est pauvre doit encore se surveiller car le plus misérable des hommes peut devenir coupable si son esprit n'est pas détaché. Celui qui s'attache immodérément à quelque chose, celui-là pèche. Vous direz: "Mais alors, nous devons haïr le bien que Dieu nous a accordé? Mais alors, pourquoi commande-t-Il d'aimer le père, la mère, l'épouse, les enfants et pourquoi dit-Il: 'Tu aimeras ton prochain comme toi-même'? ". Il faut distinguer. Nous devons aimer le père, la mère, l'épouse et le prochain, mais dans la mesure que Dieu nous a fixée: "comme nous-mêmes". Tandis que Dieu doit être aimé par-dessus tout et avec tout nous-mêmes. Nous ne devons pas aimer Dieu comme nous aimons ceux qui nous sont les plus chers: celle-ci parce qu'elle nous a allaités, cette autre parce qu'elle dort sur notre poitrine et qu'elle nous donne des enfants, mais nous devons l'aimer avec tout nous-mêmes: c'est-à-dire avec toute la capacité d'aimer qui existe dans l'homme: amour de fils, amour d'époux, amour d'ami et oh! ne vous scandalisez pas! amour de père. Oui, pour les intérêts de Dieu, nous devons avoir le même soin qu'un père a pour ses enfants pour lesquels il veille avec amour sur ses biens et les développe, et s'occupe et se préoccupe de sa croissance physique et culturelle et de sa réussite dans le monde. L'amour n'est pas un mal et ne doit pas devenir un mal. Les grâces que Dieu nous accorde ne sont pas un mal et ne doivent pas devenir un mal. Elles sont amour. C'est par amour qu'elles sont données. C'est avec amour qu'il faut user de ces richesses d'affections et de biens que Dieu nous accorde. Et seul celui qui ne s'en fait pas des idoles, mais des moyens pour servir Dieu dans la sainteté, montre qu'il n'a pas d'attachement coupable pour ces biens. Il pratique alors la sainte pauvreté d'esprit qui se dépouille de tout pour être plus libre de conquérir le Dieu Saint, Suprême Richesse. Conquérir Dieu, c'est-à-dire posséder le Royaume des Cieux. "Bienheureux serai-je si je suis doux". Cela peut sembler contraster avec les exemples de la vie journalière. Ceux qui manquent de douceur semblent triompher dans les familles, dans les villes et les nations. Mais est-ce un vrai triomphe? Non. C'est la peur qui en apparence tient soumis ceux qui sont accablés par un despote, mais en réalité, ce n'est qu'un voile qui cache le bouillonnement de la révolte contre le tyran. Ils ne possèdent pas les cœurs de leurs familiers, ni de leurs concitoyens, ni de leurs sujets ceux qui sont coléreux et dominateurs. Ils ne soumettent pas les intelligences et les esprits à leurs enseignements ces maîtres du "je l'ai dit et je l'ai dit". Mais ils ne forment que des autodidactes, des gens qui recherchent une clef qui puisse ouvrir les portes closes d'une sagesse ou d'une science dont ils soupçonnent l'existence et qui est opposée à celle qu'on leur impose. Ils n'amènent pas à Dieu ces prêtres qui ne vont pas à la conquête des esprits avec une douceur patiente, humble, aimante, mais qui semblent des guerriers armés qui se lancent à l'attaque, tant ils marchent avec violence et intransigeance contre les âmes... Oh! pauvres âmes! Si elles étaient saintes, elles n'auraient pas besoin de vous, prêtres, pour rejoindre la Lumière. Elles l'auraient déjà en elles. Si elles étaient justes, elles n'auraient pas besoin de vous, juges, pour être retenues par le frein de la justice. Elles l'auraient déjà en elles. Si elles étaient saines, elles n'auraient besoin de personne pour les soigner. Soyez donc doux. Ne mettez pas les âmes en fuite. Attirez-les par l'amour, car la douceur c'est de l'amour tout comme la pauvreté d'esprit. Si vous êtes doux vous aurez la Terre en héritage. Vous amènerez à Dieu ce domaine qui appartenait à Satan. En effet votre douceur, qui est aussi amour et humilité, aura vaincu la Haine et l'Orgueil, en tuant dans les âmes le roi abject de l'orgueil et de la haine, et le monde vous appartiendra et donc appartiendra à Dieu, car vous serez les justes qui reconnaissent Dieu comme le Maître absolu de la création, à qui on doit donner louange et bénédiction et rendre tout ce qui Lui appartient. "Bienheureux serai-je si je sais pleurer sans me révolter". La douleur existe sur la terre, et la douleur arrache des larmes à l'homme. La douleur n'existait pas. Mais l'homme l'a apportée sur la terre, et par la dépravation de son intelligence s'efforce de la faire croître, de toutes les façons. Il y a les maladies, les malheurs qu'amènent la foudre, la tempête, les avalanches, les tremblements de terre, mais voilà que l'homme pour souffrir et surtout pour faire souffrir - car nous voudrions que ce soit non pas nous, mais les autres qui pâtissent des moyens étudiés pour faire souffrir - voilà que l'homme invente des armes meurtrières toujours plus terribles et des tortures morales toujours plus astucieuses. Que de larmes l'homme arrache à l'homme à l'instigation de son roi secret, Satan! Et pourtant, en vérité je vous dis que ces larmes n'amoindrissent pas l'homme mais le perfectionnent. L'homme est un enfant distrait, un étourdi superficiel, un être d'intelligence tardive jusqu'à ce que les larmes en fassent un adulte, réfléchi, intelligent. Seuls ceux qui pleurent ou qui ont pleuré savent aimer et comprendre. Aimer les frères qui pleurent comme lui, les comprendre dans leurs douleurs, les aider avec une bonté qui a éprouvé comme cela fait mal d'être seul quand on pleure. Et ils savent aimer Dieu, car ils ont compris que tout est douleur excepté Dieu, parce qu'ils ont compris que la douleur s'apaise si on pleure sur le cœur de Dieu, parce qu'ils ont compris que les larmes résignées qui ne brisent pas la foi, qui ne rendent pas la prière aride, qui ne connaissent pas la révolte, changent de nature, et de douleur deviennent consolation. Oui. Ceux qui pleurent en aimant le Seigneur seront consolés. "Bienheureux serai-je si j'ai faim et soif de justice". Du moment où il naît jusqu'au moment où il meurt, l'homme est avide de nourriture. Il ouvre la bouche à sa naissance pour saisir le tétin, il ouvre les lèvres pour absorber de quoi se restaurer dans les étreintes de l'agonie. Il travaille pour se nourrir. La terre est pour lui comme un sein gigantesque auquel il demande incessamment sa nourriture pour ce qui meurt. Mais, qu'est l'homme? Un animal? Non, c'est un fils de Dieu. En exil pendant des années plus ou moins nombreuses, mais sa vie n'est pas finie quand il change de demeure. Il y a une vie à l'intérieur de la vie comme dans une noix il y a le cerneau. Ce n'est pas la coque qui est la noix, mais c'est le cerneau intérieur qui est la noix. Si vous semez une coque de noix, rien ne pousse, mais si vous semez la coque avec la pulpe, il naît un grand arbre. Il en est ainsi de l'homme. Ce n'est pas la chair qui devient immortelle, c'est l'âme. Et il faut la nourrir pour l'amener à l'immortalité à laquelle, par amour, elle peut amener la chair dans la résurrection bienheureuse. La nourriture de l'âme, c'est la Sagesse et la Justice. On les absorbe comme un liquide et une nourriture fortifiants. Et plus on s'en nourrit, plus augmente la sainte avidité de posséder la Sagesse et de connaître la Justice. Mais il viendra un jour où l'âme insatiable de cette sainte faim sera rassasiée. Ce jour viendra. Dieu se donnera à son enfant, il l'attachera directement à son sein, et l'enfant au Paradis se rassasiera de la Mère admirable qui est Dieu Lui-même et ne connaîtra jamais plus la faim mais se reposera bienheureux sur le sein divin. Aucune science humaine n'atteint cette science divine. La curiosité de l'intelligence peut être satisfaite, mais pas les besoins de l'esprit. Et même à cause de la différence de saveur, l'esprit éprouve du dégoût et détourne sa bouche du tétin amer, préférant souffrir de faim qu'absorber une nourriture qui n'est pas venue de Dieu. N'ayez aucune crainte, vous qui êtes assoiffés ou affamés de Dieu! Restez fidèles et vous serez rassasiés par Celui qui vous aime. "Bienheureux serai-je si je suis miséricordieux". Qui, d'entre les hommes, peut dire: "Je n'ai pas besoin de miséricorde"? Personne. Or si dans l'ancienne Loi il est dit: "Oeil pour œil et dent pour dent" pourquoi ne devrait-on pas dire dans la nouvelle: "Qui aura été miséricordieux trouvera miséricorde"? Tous ont besoin de pardon. Eh bien: ce n'est pas la formule et la forme d'un rite, qui ne sont que des symboles extérieurs accordés à l'opaque esprit humain, qui obtiennent le pardon. Mais c'est le rite intérieur de l'amour, ou encore de la miséricorde. Que si on a imposé le sacrifice d'un bouc ou d'un agneau et l'offrande de quelques pièces de monnaie, cela fut fait parce qu'à la base de tout mal on trouve encore toujours deux racines: la cupidité et l'orgueil. La cupidité est punie par la dépense qu'il faut faire pour l'offrande, l'orgueil par la confession publique du rite: "Je célèbre ce sacrifice parce que j'ai péché". Et cela se fait aussi pour annoncer les temps et les signes des temps, et le sang répandu est la figure du Sang qui sera répandu pour effacer les péchés des hommes. Bienheureux donc celui qui sait être miséricordieux pour ceux qui sont affamés, nus, sans toit, pour ceux encore plus misérables qui sont ceux qui ont un mauvais caractère qui fait souffrir ceux qui le possèdent et ceux qui vivent avec eux. Ayez de la miséricorde. Pardonnez, compatissez, secourez, instruisez, soutenez. Ne vous enfermez pas dans une tour de cristal en disant: "Moi, je suis pur, et je ne descends pas parmi les pécheurs". Ne dites pas: "Je suis riche et heureux et je ne veux pas entendre parler des misères d'autrui". Pensez que plus vite que la fumée que disperse un grand vent votre richesse peut se dissiper et aussi votre santé, votre aisance familiale. Et rappelez-vous que le cristal fait office de loupe et que ce qui serait passé inaperçu en vous mêlant à la foule, vous ne pourrez plus le tenir caché si vous vous établissez dans une tour de cristal, seuls, séparés, éclairés de tous côtés. Miséricorde pour accomplir un sacrifice secret, continuel, saint d'expiation et obtenir miséricorde. "Bienheureux serai-je si j'ai le cœur pur". Dieu est Pureté. Le Paradis est le Royaume de la Pureté. Rien d'impur ne peut entrer au Ciel où est Dieu. Par conséquent, si vous êtes impurs, vous ne pourrez entrer dans le Royaume de Dieu. Mais, oh! joie! Joie anticipée que Dieu accorde à ses fils! Celui qui est pur possède dès cette terre un commencement de Ciel, car Dieu se penche sur celui qui est pur, et l'homme qui vit sur la terre voit son Dieu. Il ne connaît pas la saveur des amours humaines mais il goûte, jusqu'à l'extase, la saveur de l'amour divin. Il peut dire: "Je suis avec Toi et Tu es en moi. Je te possède donc et je te connais comme l'époux très aimable de mon âme". Et croyez que celui qui possède Dieu subit, inexplicables à lui-même, des changements substantiels qui le rendent saint, sage, fort. Sur ses lèvres s'épanouissent des paroles, et ses actes possèdent une puissance qui n'est pas de la créature, mais de Dieu qui vit en elle. Qu'est la vie de celui qui voit Dieu? Béatitude. Et vous voudriez vous priver d'un pareil don par une fétide impureté? "Bienheureux serai-je si j'ai un esprit pacifique". La paix est une des caractéristiques de Dieu. Dieu n'est que dans la paix. Car la paix est amour alors que la guerre est haine. Satan, c'est la Haine. Dieu, c'est la Paix. Personne ne peut se dire fils de Dieu et Dieu ne peut reconnaître pour son fils un homme qui a un esprit irascible et toujours prêt à déchaîner des tempêtes. Non seulement, mais de même ne peut se dire fils de Dieu celui qui, ne déchaînant pas personnellement des tempêtes, ne contribue pas par sa grande paix à calmer les tempêtes suscitées par d'autres. Le pacifique répand la paix même s'il se tait. Maître de lui-même et j'ose dire maître de Dieu, il la porte comme une lampe porte sa lumière, comme un encensoir répand son parfum, comme une outre porte son liquide, et il produit la lumière parmi les nuées fumantes des rancœurs. Il purifie l'air des miasmes des aigreurs, il calme les flots furieux des procès par cette huile suave qu'est l'esprit de paix qui émane des fils de Dieu. Faites que Dieu et les hommes puissent vous appeler ainsi. "Bienheureux serai-je si je suis persécuté pour mon amour de la Justice ". L'homme est tellement satanisé qu'il hait le bien partout où il se trouve, qu'il hait celui qui est bon, comme si celui qui est bon, jusque par son silence, l'accusait et lui faisait des reproches. En effet la bonté de quelqu'un fait paraître encore plus noire la méchanceté du méchant. En effet la foi du vrai croyant fait ressortir encore plus vivement l'hypocrisie du faux croyant. En effet, il ne peut pas ne pas être détesté par ceux qui sont injustes, celui qui par sa manière de vivre témoigne sans cesse en faveur de la justice. Et alors, voilà qu'on se déchaîne contre ceux qui aiment la justice. Ici, aussi, c'est comme pour les guerres. L'homme progresse dans l'art satanique de persécuter plus qu'il ne progresse dans l'art saint de l'amour. Mais il ne peut que persécuter ce dont la vie est brève. L'éternel qui est dans l'homme échappe aux pièges et acquiert ainsi une vitalité plus vigoureuse du fait de la persécution. La vie s'enfuit par les blessures qui saignent ou pour les privations qui épuisent celui qui est persécuté, mais le sang fait la pourpre du futur roi et les privations sont autant d'échelons pour s'élever jusqu'aux trônes que le Père a préparés pour ses martyrs, auxquels sont réservés les sièges royaux du Royaume des Cieux. "Bienheureux serai-je si on m'outrage et me calomnie". Ne faites que ce qui peut mériter que votre nom soit inscrit dans les livres célestes, là où ne sont pas notés les noms d'après les mensonges des hommes et les louanges décernées à ceux qui les méritent le moins. Mais où, par contre, sont inscrites avec justice et amour les œuvres des bons pour qu'ils puissent recevoir la récompense promise à ceux qui sont bénis de Dieu. Jusqu'à présent on a calomnié et outragé les Prophètes. Mais quand s'ouvriront les portes des Cieux, comme des rois imposants, ils entreront dans la Cité de Dieu et ils seront salués par les anges, chantant de joie. Vous aussi, vous aussi, outragés et calomniés pour avoir appartenu à Dieu, aurez le triomphe céleste et quand le temps sera fini et le Paradis rempli, alors toute larme vous sera chère parce que par elle vous aurez conquis cette gloire éternelle qu'au nom du Père je vous promets. Allez. Demain je vous parlerai encore. Que restent seulement les malades pour que je les secoure dans leurs peines. Que la paix soit avec vous, et que la méditation du salut par le moyen de l'amour vous mette sur la route qui aboutit au Ciel.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie. http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 25 octobre 2020, Trentième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22,34-40.
Les pharisiens, apprenant qu'il avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent et l'un d'entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l'épreuve :« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qu'il y a dans l'Écriture - dans la Loi et les Prophètes - dépend de ces deux commandements. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 9, Ch 596, p 422
  • Ancienne traduction : Tome 9, Ch 15, p 97
  • CD 9, piste 36
  • USB Tome 9, piste 36
Jésus entre au Temple encore plus bondé que les jours précédents. Il est tout en blanc aujourd'hui, dans son vêtement de lin. C'est une journée étouffante. Il va adorer dans l'Atrium des Israélites, suivi d'un cortège de gens, alors que d'autres ont déjà pris les meilleures places sous les portiques, et la plupart sont des gentils, qui ne pouvant aller au-delà de la première cour, au-delà du Portique des Païens, ont profité du fait que les hébreux ont suivi le Christ pour prendre des places de faveur. Mais un groupe bien nombreux de pharisiens les dérange. Ils ont toujours leurs façons arrogantes et se fraient un chemin, de force, pour s'approcher de Jésus penché sur un malade. Ils attendent qu'il l'ait guéri, puis ils envoient près de Lui un scribe pour l'interroger. Vraiment il y avait entre eux une brève discussion parce que Joël, dit Alamot, voulait aller interroger le Maître. Mais un pharisien s'y oppose, et d'autres le soutiennent en disant: “Non. Il est connu que tu es du parti du Rabbi, bien que tu agisses secrètement. Laisse aller Urie…” “Urie, non” dit un autre jeune scribe que je ne connais pas du tout. “ Urie a trop d'âpreté quand il parle. Il exciterait la foule. J'y vais, moi.” Et sans écouter davantage les protestations des autres, il va près du Maître juste au moment où Jésus congédie le malade en lui disant: “Aie foi. Tu es guéri. La fièvre et la souffrance ne reviendront jamais plus.” “Maître, quel est le plus grand des commandements de la loi?” Jésus, qui l'avait derrière Lui, se retourne et le regarde. Un doux sourire lumineux éclaire son visage et puis il lève la tête, car il a la tête penchée à cause du scribe qui est de petite taille et qui de plus reste penché pour Lui rendre honneur. Jésus tourne son regard sur la foule, il fixe le groupe des pharisiens et docteurs et il aperçoit le visage pâle de Joël à demi-caché derrière un pharisien gros et richement vêtu. Son sourire s'accentue. C'est comme une lumière qui va caresser le scribe honnête. Puis il rabaisse la tête pour regarder son interlocuteur et lui répond: “Le premier de tous les commandements est: "Écoute, ô Israël: le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces". C'est le premier et suprême commandement. Le second ensuite est semblable à celui-ci: "Tu aimeras ton prochain comme toi-même". Il n'y a pas de commandements plus grands que ceux-ci. Ils renferment toute la Loi et les prophètes.” “Maître, tu as répondu avec sagesse et avec vérité. Il en est ainsi. Dieu est unique et il n'y en a pas d'autre en dehors de Lui. L'aimer de tout son propre cœur, de toute sa propre intelligence, de toute son âme et de toutes ses forces, et aimer le prochain comme soi-même a beaucoup plus de valeur que tous les holocaustes et tous les sacrifices. J'en suis tout à fait persuadé quand je médite les paroles de David: "A Toi ne plaisent pas les holocaustes; le sacrifice à Dieu, c'est l'esprit contrit".” “Tu n'es pas loin du Royaume de Dieu car tu as compris quel est l'holocauste qui est agréable à Dieu.” “Mais quel est l'holocauste le plus parfait?” demande vite et à voix basse le scribe, comme s'il disait un secret. Jésus rayonne d'amour en laissant tomber cette perle dans le cœur de celui qui s'ouvre à sa doctrine, à la doctrine du Royaume de Dieu, et il lui dit, en se penchant sur lui: “L'holocauste parfait c'est d'aimer comme nous-mêmes ceux qui nous persécutent et ne pas avoir de rancœur. Celui qui fait cela, possédera la paix. Il est dit: les doux posséderont la Terre et ils jouiront de l'abondance de la paix. En vérité je te dis que celui qui sait aimer ses ennemis atteint la perfection et possède Dieu.” Le scribe le salue respectueusement et s'en retourne vers son groupe qui lui reproche à voix basse d'avoir loué le Maître, et ils lui disent avec colère: “Que Lui as-tu demandé secrètement? Es-tu aussi par hasard séduit par Lui?” “J'ai entendu l'Esprit de Dieu parler sur ses lèvres.” “Tu es un sot. Crois-tu peut-être qu'il est le Christ?” “Je le crois.” “En vérité, d'ici peu nous verrons vides les écoles de nos scribes et eux s'en aller errants derrière cet homme. Mais d'où vois-tu en Lui le Christ?” “D'où, je ne sais pas. Je sais que je sens que c'est Lui.” “Fou!” Ils lui tournent le dos, fâchés. Jésus a observé le dialogue et quand les pharisiens passent devant Lui en groupe serré pour s'en aller fâchés, il les appelle pour leur dire: “Écoutez-moi. Je veux vous demander quelque chose. D'après vous, que vous semble-t-il du Christ ? De qui est-il le fils?” “Ce sera le fils de David” répondent-ils, en marquant le “sera”, car ils veulent Lui faire comprendre que Lui pour eux n'est pas le Christ.“ Et comment donc David, inspiré par Dieu, l'appelle-t-il: Seigneur, en disant: "Le Seigneur a dit à mon Seigneur: 'Assieds-toi à ma droite jusqu'à ce que j'ai fait de tes ennemis l'escabeau de tes pieds' "? Si donc David appelle le Christ: Seigneur, comment le Christ peut-il être son fils?” Ne sachant que répondre ils s'éloignent en remâchant leur poison. Jésus se déplace du lieu où il était, tout envahi par le soleil, pour aller plus loin où se trouvent les bouches du Trésor, près de la salle du Gazophilacium. Ce côté, encore à l'ombre, est occupé par des rabbis qui pérorent avec de grands gestes adressés à leurs auditeurs hébreux dont le nombre augmente de plus en plus comme, à mesure que les heures passent, ne cesse d'augmenter l'affluence des gens vers le Temple. Les rabbis s'efforcent de démolir par leurs discours les enseignements que le Christ a donnés les jours précédents ou le matin même. Et toujours plus ils élèvent la voix, plus ils voient augmenter la foule des fidèles. En effet le lieu, bien que très vaste, fourmille de gens qui vont et viennent en tous sens…
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 18 octobre 2020, Vingt-neuvième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22,15-21.
Alors les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d'Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens. Donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? »Mais Jésus, connaissant leur perversité, riposta : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l'épreuve ?Montrez-moi la monnaie de l'impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d'argent. Il leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? -De l'empereur César », répondirent-ils. Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 9, Ch 594, p 413
  • Ancienne traduction : Tome 9, Ch 13, p 89
  • CD 9, piste 32
  • USB Tome 9, piste 32
Ils vont rentrer dans la ville, toujours par le même sentier écarté qu'ils ont pris le matin d'avant, comme si Jésus ne voulait pas être entouré par les gens qui l'attendent avant d'être dans le Temple, auquel on accède vite en entrant dans la ville par la Porte du Troupeau, qui est près de la Probatique. Mais aujourd'hui plusieurs des septante-deux l'attendent déjà au-delà du Cédron, avant le pont, et dès qu'ils le voient apparaître au milieu des oliviers verts gris, dans son vêtement pourpre, ils vont à sa rencontre. Ils se réunissent pour aller vers la ville. Pierre, qui regarde en avant, en bas de la pente, soupçonnant toujours de voir apparaître quelque mal intentionné, voit parmi le vert frais des dernières pentes un amas de feuilles fanées et qui pendent, qui se penchent au-dessus de l'eau du Cédron. Les feuilles recroquevillées et mourantes, ayant çà et là des taches qui ressemblent à de la rouille, ressemblent à celles d'une plante que les flammes ont desséchées. De temps à autre la brise en détache une et l'enfouit dans les eaux du torrent. “Mais c'est le figuier d'hier ! Le figuier que tu as maudit!” crie Pierre en montrant de la main la plante desséchée et en tournant la tête pour parler au Maître. Tous accourent, sauf Jésus qui avance de son pas habituel. Les apôtres racontent aux disciples l'antécédent de ce qu'ils voient et tous ensemble commentent en regardant stupéfaits Jésus. Ils ont vu des milliers de miracles sur les hommes et les éléments, mais celui-ci les frappe comme les autres ne l'ont pas fait. Jésus, qui est survenu, sourit en voyant ces visages stupéfaits et craintifs, et il dit: “Et quoi? Vous êtes tellement émerveillés qu'à ma parole un figuier se soit desséché? Ne m'avez-vous pas vu peut-être ressusciter les morts, guérir les lépreux, donner la vue aux aveugles, multiplier les pains, calmer les tempêtes, éteindre le feu ? Et vous êtes stupéfaits qu'un figuier se dessèche?” “Ce n'est pas pour le figuier. C'est que hier il était robuste quand tu l'as maudit, et maintenant il est sec. Regarde, il est friable comme de l'argile sèche. Ses branches n'ont plus de moelle. Regarde, elles s'en vont en poussière” et Barthélemy réduit en poussière entre ses doigts des branches qu'il a facilement cassées. “Elles n'ont plus de moelle. Tu l'as dit. Et c'est la mort quand il n'y a plus de moelle, aussi bien dans un arbre que dans une nation, que dans une religion, mais qu'il y a seulement la dure écorce et le feuillage inutile: férocité et extérieur hypocrite. La moelle, blanche, entière, pleine de sève, correspond à la sainteté, à la spiritualité. L'écorce dure et le feuillage inutile à l'humanité dépourvue de vie spirituelle et juste. Malheur aux religions qui deviennent humaines parce que leurs prêtres et leurs fidèles n'ont plus l'esprit vital. Malheur aux nations dont les chefs ne sont que férocité et verbosité tapageuse dépourvue d'idées fertiles! Malheur aux hommes auxquels manque la vie de l'esprit!” “Pourtant si tu devais dire cela aux grands d'Israël, encore que ta parole soit juste, tu ne serais pas sage. Ne te flatte pas que jusqu'à présent ils t'ont laissé parler. Toi-même le dis que ce n'est pas par conversion de cœur, mais par calcul. Sache alors, Toi aussi, calculer la portée et les conséquences de tes paroles. Parce qu'il y a aussi la sagesse du monde en dehors de la sagesse de l'esprit. Et il faut savoir en user à notre avantage. Car enfin, pour l'instant, on est dans le monde, et pas dans le Royaume de Dieu” dit l'Iscariote sans amertume, mais d'un ton doctoral. “Le vrai sage c'est celui qui sait voir les choses sans que les ombres de la propre sensualité et les réflexions du calcul les altèrent. Je dirai toujours la vérité de ce que je vois.” “Mais, en somme, ce figuier est mort parce que tu as été Toi à le maudire, ou bien… c'est un pur hasard… un signe… je ne sais pas?” demande Philippe. “C'est tout ce que tu dis. Mais ce que j'ai fait vous aussi vous pourrez le faire si vous arrivez à avoir la foi parfaite. Ayez-la dans le Seigneur Très-Haut. Et quand vous l'aurez, en vérité je vous dis que vous pourrez cela et encore davantage. En vérité je vous dis que si quelqu'un arrive à avoir la confiance parfaite dans la force de la prière et dans la bonté du Seigneur, il pourra dire à cette montagne: "Déplace-toi de là et jette-toi dans la mer" et si en le disant il n'hésite pas en son cœur, mais croit que ce qu'il ordonne peut se réaliser, ce qu'il a dit se réalisera.” “Et nous semblerons des magiciens et nous serons lapidés, comme il est dit pour qui exerce la magie. Ce serait un miracle bien sot et à notre détriment!” dit l'Iscariote en hochant la tête. “Tu es sot, toi qui ne comprends pas la parabole!” lui réplique Jude. Jésus ne parle pas à Judas, il parle à tous: “Je vous dis, et c'est une ancienne leçon que je répète à cette heure: quelque chose que vous demandiez par la prière, ayez la foi de l'obtenir et vous l'aurez. Mais si avant de prier vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez d'abord et faites la paix afin d'avoir pour ami votre Père qui est dans les Cieux, qui vous pardonne tant et vous comble tant, du matin au soir et du couchant à l'aurore.” Ils entrent au Temple. Les soldats de l'Antonia les regardent passer. Ils vont adorer le Seigneur, puis reviennent dans la cour où les rabbis enseignent. Tout de suite vers Jésus, avant encore que les gens n'arrivent et ne se groupent autour de Lui, s'approchent des saphorim, des docteurs d'Israël et des hérodiens et, avec un respect menteur, après l'avoir salué, ils Lui disent: “Maître, nous savons que tu es sage et véridique, et que tu enseignes la voie de Dieu sans tenir compte de rien ni de personne, excepté de la vérité et de la justice, et que tu te soucies peu du jugement des autres sur Toi, mais seulement de conduire les hommes au Bien. Dis-nous alors: est-il permis de payer le tribut à César ou bien n'est-il pas licite de le faire? Que t'en semble-t-il?” Jésus les regarde de l'un de ces regards d'une pénétrante et solennelle perspicacité, et il répond: “Pourquoi me tentez-vous hypocritement? Et pourtant quelqu'un de vous sait que l'on ne me trompe pas avec des honneurs hypocrites! Mais montrez-moi une pièce de monnaie de celles qui servent pour le tribut.” Ils Lui présentent une pièce de monnaie. Il l'observe au recto et au verso et, en la tenant appuyée sur la paume de sa main gauche, il la frappe de l'index de sa main droite en disant: “De qui est cette image et que dit cette inscription?” “C'est la figure de César et l'inscription porte son nom. Le nom de Caius Tibère César qui est maintenant empereur de Rome.” “Et alors rendez à César ce qui appartient à César et donnez à Dieu ce qui est à Dieu” et il leur tourne le dos après avoir rendu la pièce à celui qui la Lui avait donnée. Il écoute tel ou tel des nombreux pèlerins qui l'interrogent, réconforte, absout, guérit. Les heures passent. Il sort du Temple pour aller peut-être hors de la porte, pour prendre la nourriture que Lui apportent les serviteurs de Lazare qui en ont été chargés. Quand il rentre au Temple, c'est l'après-midi. Il est inlassable. Grâce et sagesse coulent de ses mains posées sur les malades, de ses lèvres pour des conseils personnels donnés à ceux nombreux qui l'approchent. Il semble qu'il veuille tous les consoler, les guérir tous, avant de ne plus pouvoir le faire. C'est déjà le couchant et les apôtres, fatigués, sont assis par terre sous le portique, abasourdis par ce mouvement continuel de la foule dans les cours du Temple à l'approche de Pâque. À ce moment s'approchent de l'Inlassable des riches, certainement des riches à en juger par leurs vêtements somptueux. Mathieu, qui ne sommeille que d'un œil, se lève pour secouer les autres. Il dit: “Des sadducéens vont trouver le Maître. Ne le laissons pas seul pour qu'ils ne l'offensent pas ou ne cherchent pas à Lui faire tort et à le mépriser encore.” Ils se lèvent tous pour rejoindre le Maître qu'ils entourent immédiatement. Je crois deviner qu'il y a eu des représailles quand ils sont allés au Temple ou qu'ils y sont revenus à sexte. Les sadducéens, qui rendent honneur à Jésus avec des courbettes exagérées, Lui disent: “Maître, tu as répondu si sagement aux hérodiens que nous est venu le désir d'avoir nous aussi un rayon de ta lumière. Écoute: Moïse a dit: "Si quelqu'un meurt sans enfant, que son frère épouse la veuve pour donner une descendance à son frère". Or, il y avait parmi nous sept frères. Le premier, après avoir épousé une jeune fille, mourut sans laisser de descendance et ainsi, il laissa sa femme à son frère. Le second mourut aussi sans laisser de descendance, et de même le troisième qui épousa la veuve des deux qui l'avaient précédé, et il en fut de même jusqu'au septième. Finalement après avoir épousé les sept frères, la femme mourut. Dis-nous: à la résurrection des corps, s'il est assurément vrai que les hommes ressuscitent et que notre âme survit et s'unit de nouveau au corps au dernier jour, en reformant les vivants, lequel des sept frères aura la femme, puisqu'ils l'ont eue tous les sept sur la Terre?” “Vous vous trompez. Vous ne savez comprendre ni les Écritures ni la puissance de Dieu. Très différente de celle-ci sera l'autre vie, et dans le Royaume éternel n'existeront pas comme dans celui-ci les nécessités de la chair. Car, en vérité, après le jugement final la chair ressuscitera et se réunira à l'âme immortelle pour reformer un tout, vivant comme et mieux que n'est vivante maintenant ma personne et la vôtre, mais elle ne sera plus sujette aux lois et surtout aux impulsions et aux abus qui existent maintenant. À la résurrection les hommes et les femmes ne se marieront pas, mais ils seront semblables aux anges de Dieu dans le Ciel qui ne se marient pas, tout en vivant dans l'amour parfait qui est divin et spirituel. Quant à la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu comment du buisson Dieu a parlé à Moïse? Que dit alors le Très Haut? "Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob". Il n'a pas dit: "J'ai été", pour faire comprendre qu'Abraham, Isaac et Jacob avaient existé, mais n'existaient plus. Il a dit: "Je suis". Parce qu'Abraham, Isaac et Jacob existent. Immortels. Comme tous les hommes dans leur partie immortelle, tant que les siècles dureront, et ensuite avec la chair ressuscitée pour l'éternité. Ils existent comme existe Moïse, les prophètes, les justes, comme, malheureusement, existe Caïn, et ils existent ceux du déluge, et les sodomites, et tous ceux qui sont morts en faute mortelle. Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants.” “Est-ce que Toi aussi tu mourras et ensuite seras vivant?” disent-ils pour le tenter. Ils sont déjà las de leur douceur. Leur rancœur est telle qu'ils ne savent pas se contenir. “Je suis le Vivant et ma Chair ne connaîtra pas la Décomposition. L'arche nous a été enlevée et l'actuelle sera enlevée même comme symbole. Le Tabernacle nous a été enlevé et sera détruit. Mais le vrai Temple de Dieu ne pourra être enlevé ni détruit. Quand ses adversaires croiront l'avoir fait, alors ce sera le moment qu'il s'établira dans la véritable Jérusalem, dans toute sa gloire. Adieu.” Et il se hâte vers la Cour des Israélites car les trompettes d'argent appellent au sacrifice du soir.

Jésus me dit: “Comme je t'ai fait remarquer l'expression "à mon calice" dans la vision où la mère de Jean et de Jacques demande une place pour ses fils, je te dis de même de remarquer dans la vision d'hier le passage: "celui qui tombera contre cette pierre se fracassera". Dans les traductions on se sert toujours de "sur". J'ai dit contre, et non pas sur. Et c'est une prophétie contre les ennemis de mon Église. Ceux qui la contrecarrent en se jetant contre Elle, parce qu'Elle est la Pierre angulaire, se trouvent fracassés. L'histoire de la Terre, depuis vingt siècles, confirme ce que je dis. Les persécuteurs de l'Église se fracassent en se jetant contre la Pierre angulaire. Cependant aussi, et qu'ils y pensent aussi ceux qui, parce qu'ils appartiennent à l'Église, se croient à l'abri des châtiments divins, celui sur qui tombera le poids de la condamnation du Chef et Époux, de cette Épouse qui est la mienne, de ce Corps Mystique qui est le mien, celui-là sera écrasé. Et pour prévenir une objection des scribes et sadducéens toujours vivants et malveillants pour mes serviteurs, je dis: Si dans ces dernières visions se trouvent des phrases qui ne sont pas dans les Évangiles, telles que celles de la fin de la vision d'aujourd'hui, et des passages où je parle du figuier desséché et d'autres encore, qu'eux se rappellent que les évangélistes étaient toujours de ce peuple, et qu'ils vivaient dans les temps où tout heurt un peu trop vif pouvait avoir des répercussions violentes et nuisibles aux néophytes. Qu'ils relisent les Actes des Apôtres et ils verront qu'elle n'était pas paisible la fusion de tant de pensées différentes, et que s'ils s'admiraient mutuellement, en reconnaissant leurs mérites réciproques, il ne manqua pas parmi eux des dissentiments parce que les pensées des hommes sont variées et toujours imparfaites. Et pour éviter des ruptures plus profondes entre une pensée et une autre, éclairés par l'Esprit-Saint, les Évangélistes omirent volontairement dans leurs écrits des phrases qui auraient choqué l'excessive susceptibilité des hébreux et scandalisé les gentils, qui avaient besoin de croire parfaits les hébreux, qui formaient le noyau d'où venait l'Église, pour ne pas s'éloigner en disant: "Ils sont comme nous". Connaître les persécutions du Christ, oui. Mais les maladies spirituelles du peuple d'Israël désormais corrompu, surtout dans les classes les plus élevées, non. Ce n'était pas bien. Et ils les voilèrent le plus qu'ils purent. Qu'ils observent comment les Évangiles deviennent de plus en plus explicites, jusqu'au limpide Évangiles de mon Jean, à mesure qu'ils étaient écrits à une époque plus éloignée de mon Ascension vers mon Père. Jean est le seul à rapporter entièrement même les taches les plus douloureuses du noyau apostolique en nommant ouvertement Judas "voleur", et il rappelle intégralement les bassesses des juifs (chapitre 6 - la volonté feinte de me faire roi, les disputes au Temple, l'abandon d'un grand nombre après le discours sur le Pain du Ciel, l'incrédulité de Thomas). Dernier survivant, ayant vécu assez pour voir l'Église déjà forte, il lève les voiles que les autres n'avaient pas osé lever. Mais maintenant l'Esprit de Dieu veut que l'on connaisse même ces paroles, et qu'ils en bénissent le Seigneur car ce sont autant de lumières et autant d'indications pour les justes de cœurs.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 11 octobre 2020, Vingt-huitième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22,1-14.
Jésus se remit à parler en paraboles :« Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d'autres serviteurs dire aux invités : 'Voilà : mon repas est prêt, mes boeufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez au repas de noce. 'Mais ils n'en tinrent aucun compte et s'en allèrent, l'un à son champ, l'autre à son commerce ;les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : 'Le repas de noce est prêt, mais les invités n'en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce. 'Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives. Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce,et lui dit : 'Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?' L'autre garda le silence.  Alors le roi dit aux serviteurs : 'Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents. 'Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux.  »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 3, Ch 206, p 368
  • Ancienne traduction : Tome 3, Ch 68, p 401
  • CD 3 (2ème cd), piste 59
  • USB Tome 3, piste 144
Jésus est réellement infatigable. Alors que le soleil disparaît avec le souvenir du rouge du crépuscule, au premier bruit strident des grillons, indécis, solitaire, Jésus se dirige au milieu d'un pré récemment fauché. L'herbe, en mourant, exhale une odeur pénétrante et agréable. À sa suite, les apôtres, les Marie, Marthe et Lazare avec ceux de sa maison, Isaac avec ses disciples et, je dirais, toute la ville de Béthanie. Parmi les serviteurs il y a le vieillard et la femme, les deux qui, au mont des Béatitudes, ont trouvé réconfort, même pour leur vie quotidienne. Jésus s'arrête pour bénir le patriarche qui, en pleurant, Lui baise la main et qui caresse l'enfant qui chemine à côté de Jésus en lui disant: “Bienheureux toi qui peux toujours le suivre! Sois bon, sois attentif, fils! C'est pour toi une grande chance! Une grande chance! Sur ta tête est suspendue une couronne... Oh! bienheureux!” Quand tout le monde est en place, Jésus commence à parler: “Ils sont partis, nos pauvres amis qui avaient besoin d'être bien réconfortés dans l'espérance, la certitude, qu'il faut peu de connaissances pour être admis dans le Royaume, qu'il suffit d'un minimum de vérité sur lequel travaille la bonne volonté. Maintenant je vous parle à vous, beaucoup moins malheureux car vous êtes dans de bien meilleures conditions matérielles et avec des secours plus importants du Verbe. Mon amour va vers eux avec ma seule pensée. Ici, pour vous, mon amour vient de plus avec la parole. Vous recevez sur la terre comme au Ciel le secours d'une plus grande force car à celui qui a davantage reçu, il sera demandé davantage. Eux, les pauvres amis qui sont en train de retourner à leur galère, ne peuvent avoir qu'un minimum de bien et, par contre, ils ont un maximum de souffrance. Aussi pour eux, il n'y a que les promesses de la bienveillance car toute autre chose serait superflue. En vérité je vous dis que leur vie est pénitence et sainteté et il ne faut pas leur imposer autre chose. Et en vérité je vous dis aussi que pareils aux vierges sages, ils ne laisseront pas éteindre leur lampe jusqu'à l'heure de l'appel. La laisser éteindre? Non. Cette lumière est tout leur bien. Ils ne peuvent la laisser éteindre. En vérité, je vous dis que, comme Moi je suis dans le Père, ainsi les pauvres sont en Dieu. C'est pour cela que Moi, Verbe du Père, j'ai voulu naître pauvre et demeurer pauvre. Parce que parmi les pauvres, je me sens plus proche du Père qui aime les petits et qu'eux aiment de toutes leurs forces. Les riches ont tant de choses. Les pauvres n'ont que Dieu. Les riches ont des amis. Les pauvres sont seuls. Les riches ont beaucoup de consolations. Les pauvres n'en ont pas. Les riches ont des distractions. Les pauvres n'ont que leur travail. Pour les riches, l'argent leur rend tout facile. Les pauvres ont encore la croix de devoir craindre les maladies, les disettes car ce serait pour eux la faim et la mort. Mais les pauvres ont Dieu. C'est leur Ami. C'est leur Consolateur. Celui qui les distrait de leur pénible présent par les espérances célestes. Celui à qui l'on peut dire - et eux savent le dire et le disent parce que précisément ils sont pauvres, humbles et seuls -: "Père, accorde-nous ta miséricorde". Ce que je dis sur cette propriété de Lazare, mon ami et l'ami de Dieu bien que si riche, peut paraître étrange. Mais Lazare est une exception parmi les riches. Lazare est arrivé à cette vertu qu'il est très difficile de trouver sur la terre et encore plus difficile à pratiquer pour l'enseigner à autrui. La vertu de la liberté à l'égard des richesses. Lazare est juste. Il ne s'en offense pas. Il ne peut s'en offenser car il sait que lui est le riche-pauvre et que, par conséquent, il n'est pas atteint par mon reproche caché. Lazare est juste. Il reconnaît que dans le monde des grands, il en est comme je dis. Je parle donc et je dis: en vérité, en vérité je vous dis qu'il est beaucoup plus facile à un pauvre qu'à un riche d'être en Dieu; et au Ciel de mon Père et du vôtre, beaucoup de sièges seront occupés par ceux qui sur la terre ont été méprisés, étant les plus petits, comme la poussière que l'on piétine. Les pauvres gardent en leurs cœurs les perles de la parole de Dieu. Elles sont leur unique trésor. Celui qui n'a qu'une seule richesse veille sur elle. Celui qui en possède plusieurs est préoccupé et distrait et il est orgueilleux, et il est sensuel. À cause de tout cela, il n'admire pas avec des yeux humbles et énamourés le trésor qui lui vient de Dieu, et il le confond avec les autres trésors, qui ne sont précieux qu'en apparence, les trésors que sont les richesses de la terre. Il pense: "Je daigne accueillir les paroles de quelqu'un qui est comme moi en sa chair!" et il émousse sa capacité de goûter ce qui est surnaturel par les fortes saveurs de la sensualité. Saveurs fortes!... Oui, très épicées pour dissimuler leur puanteur et leur goût de pourriture... Mais, écoutez, et vous comprendrez mieux comment les inquiétudes, les richesses et les ripailles empêchent d'entrer dans le Royaume des Cieux. Un jour, un roi fit les noces de son fils. Vous pouvez imaginer quelle fête il y eut dans le palais du roi. C'était son unique fils et, arrivé à l'âge voulu, il épousait son aimée. Celui qui était père et roi voulut que tout fût joie autour de la joie de son aimé devenu finalement l'époux de la bien-aimée. Parmi les nombreuses fêtes nuptiales, il fit aussi un grand repas. Et il le prépara à loisir, veillant sur chaque détail pour que ce fût une réussite magnifique, digne des noces du fils du roi. Au moment voulu, il envoya ses serviteurs dire à ses amis et à ses alliés et aussi aux principaux grands de son royaume que les noces étaient fixées pour tel soir et qu'ils étaient invités, qu'ils vinssent pour faire un digne entourage au fils du roi. Mais amis, alliés et grands du royaume n'acceptèrent pas l'invitation. Alors le roi, pensant que les premiers serviteurs ne s'étaient pas expliqués comme il faut, en envoya encore d'autres chargés d'insister et de dire: "Mais venez! Nous vous en prions. Maintenant tout est prêt. La salle est préparée. Des vins précieux ont été apportés de partout et déjà dans les cuisines on a amené les bœufs et les animaux gras pour qu'on les cuise. Les esclaves pétrissent la farine pour faire des desserts et d'autres pilent les amandes dans les mortiers pour faire des friandises très fines auxquelles ils mélangent les arômes les plus rares. Les danseuses et les musiciens les plus distingués ont été engagés pour la fête. Venez donc pour ne pas rendre inutile tant de préparatifs". Mais les amis, les alliés et les grands du royaume ou bien refusèrent, ou bien dirent: "Nous avons autre chose à faire" ou bien ils firent semblant d'accepter l'invitation mais ensuite se rendirent à leurs affaires, les uns à leurs champs, les autres à leurs commerces ou à d'autres choses encore moins nobles. Enfin il y en eut qui, ennuyés par tant d'insistance, prirent les serviteurs du roi et les tuèrent pour les faire taire, parce qu'ils insistaient: "Ne refuse pas cela au roi parce qu'il pourrait t'en arriver malheur". Les serviteurs revinrent vers le roi et lui rapportèrent tout ce qui s'était passé. Le roi, enflammé d'indignation, envoya ses troupes punir les assassins de ses serviteurs et châtier ceux qui avaient méprisé son invitation, se réservant de récompenser ceux qui avaient promis de venir. Mais, le soir de la fête, à l'heure fixée, il ne vint personne. Le roi indigné appela ses serviteurs et leur dit: "Qu'il ne soit pas dit que mon fils reste sans personne pour le fêter en cette soirée de ses noces. Le banquet est prêt, mais les invités n'en sont pas dignes. Et pourtant le banquet nuptial de mon fils doit avoir lieu. Allez donc sur les places et les chemins, mettez-vous aux carrefours, arrêtez les passants, rassemblez ceux qui s'arrêtent et amenez-les ici. Que la salle soit pleine de gens qui fassent fête à mon fils". Les serviteurs s'en allèrent. Sortis dans les rues, répandus sur les places, envoyés aux carrefours, ils rassemblèrent tous ceux qu'ils trouvèrent, bons ou mauvais, riches ou pauvres, et les amenèrent à la demeure du roi, leur donnant les moyens pour être dignes d'entrer dans la salle du banquet. Puis ils les y conduisirent et, comme le roi le voulait, elle fut pleine d'un public joyeux. Mais le roi entra dans la salle pour voir si on pouvait commencer les festivités et il vit un homme qui, malgré les moyens que fournissaient les serviteurs, n'était pas en habits de noces. Il lui demanda: "Comment se fait-il que tu sois entré ici sans les vêtements de noces?" Et il ne sut que répondre car en effet il n'avait pas d'excuses. Alors le roi appela ses serviteurs et leur dit: "Saisissez-le, attachez-lui les pieds et les mains et jetez-le hors de ma demeure dans la nuit et la boue gelée. Là il sera dans les larmes et les grincements de dents comme il l'a mérité pour son ingratitude et l'offense qu'il m'a faite, et à mon fils plus qu'à moi, en entrant avec un habit pauvre et malpropre dans la salle du banquet où ne doit entrer que celui qui est digne d'elle et de mon fils". Comme vous le voyez, les soucis du monde, la cupidité, la sensualité, la cruauté attirent la colère du roi, font en sorte que ceux qui sont pris par tous ces embarras n'entrent jamais plus dans la maison du Roi. Et vous voyez aussi comment même parmi ceux qui sont invités, par bienveillance à l'égard de son fils, il y en a qui sont punis. Combien il y en a au jour d'aujourd'hui sur cette terre à laquelle Dieu a envoyé son Verbe!Les alliés, les amis, les grands de son peuple, Dieu les a vraiment invités par l'intermédiaire de ses serviteurs et les fera inviter d'une manière pressante à mesure que l'heure de mes Noces approchera. Mais ils n'accepteront pas l'invitation parce que ce sont de faux alliés, de faux amis et qu'ils ne sont grands que de nom car ils sont pleins de bassesse. (Jésus élève de plus en plus la voix et ses yeux, à la lueur du feu qui a été allumé entre Lui et les auditeurs pour éclairer la soirée où manque encore la lune qui est en décroissance et se lève plus tard, ses yeux jettent des éclairs de lumière comme s'ils étaient deux pierres précieuses.) Oui, ils sont pleins de bassesse et, à cause de cela, ils ne comprennent pas que c'est pour eux un devoir et un honneur d'accepter l'invitation du Roi. Orgueil, dureté, luxure dressent un mur dans leurs cœurs. Et, dans leur méchanceté, ils me haïssent et ne veulent pas venir à mes noces. Ils ne veulent pas venir. Ils préfèrent aux noces les tractations avec une dégoûtante politique, avec l'argent encore plus dégoûtant, avec la sensualité qui est tout ce qu'il y a de plus dégoûtant. Ils préfèrent le calcul astucieux, la conjuration, la conjuration sournoise, le piège, le crime. Moi, je condamne tout cela au nom de Dieu. On hait pour cette raison la voix qui parle et les fêtes auxquelles elle invite. Dans ce peuple on peut chercher ceux qui tuent les serviteurs de Dieu: les Prophètes qui sont les serviteurs jusqu'à ce jour; mes disciples qui sont les serviteurs à partir de ce jour. En ce peuple on peut trouver ceux qui essayent de tromper Dieu et qui disent: "Oui, nous venons" mais qui pensent en leur for intérieur: "Jamais de la vie!" Il y a tout cela en Israël. Et le Roi du Ciel, pour donner aux noces de son Fils un digne apparat, enverra chercher aux carrefours des gens qui ne sont ni des amis, ni des grands, ni des alliés, mais qui sont simplement le peuple qui y circule. Déjà - et par ma main, par ma main de Fils et de serviteur de Dieu - le rassemblement est commencé. Ils viendront qui qu'ils soient... Et déjà ils sont venus. Et Moi je les aide à se faire propres et beaux pour la fête des noces. Mais il s'en trouvera, oh! pour leur malheur il y en aura qui profiteront même de la magnificence de Dieu, qui leur donne parfums et vêtements royaux pour les faire paraître ce qu'ils ne sont pas: riches et dignes, il y en aura qui profiteront indignement de toute cette bonté pour séduire, pour gagner... Individus aux âmes farouches, enlacés par le poulpe répugnant de tous les vices... et qui soustrairont parfums et vêtements pour en tirer un gain illicite, s'en servant non pour les noces du Fils, mais pour leurs noces avec Satan. Eh bien cela arrivera car nombreux sont ceux qui sont appelés mais peu nombreux ceux qui, pour savoir rester fidèles à l'appel, arrivent à être choisis. Mais il arrivera aussi qu'à ces hyènes, qui préfèrent la putréfaction à une nourriture vivante, sera infligé le châtiment d'être jetés hors de la salle du Banquet dans les ténèbres et la boue d'un marais éternel où retentit l'horrible rire de Satan chaque fois qu'il triomphe d'une âme et où résonnent éternellement les pleurs désespérés des idiots qui suivirent le Crime au lieu de suivre la Bonté qui les avait appelés. Levez-vous et allons nous reposer. Je vous bénis, ô habitants de Béthanie, tous. Je vous bénis et vous donne ma paix. Et je te bénis en particulier Lazare, mon ami, et toi, Marthe. Je bénis mes disciples anciens et nouveaux que j'envoie par le monde appeler, appeler aux noces du Roi. Agenouillez-vous que je vous bénisse tous. Pierre, dis la prière que je vous ai enseignée et dis-la debout, à côté de Moi, parce que c'est ainsi que doivent la dire ceux qui sont destinés à cela par Dieu.” L'assemblée s'agenouille toute entière sur le foin. Il ne reste debout que Jésus en son habit de lin, grand et très beau, et Pierre en son vêtement marron foncé, enflammé par l'émotion, tremblant presque, qui prie avec sa voix qui n'est pas belle, mais virile, allant doucement par crainte de se tromper: “Notre Père ... ”On entend quelques sanglots... d'hommes, de femmes ... Margziam, agenouillé devant Marie qui lui tient ses petits mains jointes, regarde Jésus avec un sourire d'ange et dit doucement: “Regarde, Mère, comme il est beau! Et comme il est beau aussi mon père! Il semble être au Ciel... Maman est-elle ici qui nous regarde?”Et Marie, dans un murmure qui se termine par un baiser, répond: “Oui, chéri. Elle est ici et elle apprend la prière.” “Et moi, est-ce que je l'apprendrai?” “Elle la murmurera à ton âme pendant que tu dors et moi, je te la répèterai pendant le jour.” L'enfant incline sa tête brune sur la poitrine de Marie et reste ainsi pendant que Jésus bénit avec la toujours solennelle bénédiction mosaïque. Puis tous se lèvent et regagnent leurs maisons. Seul Lazare suit encore Jésus, entre avec Lui dans la maison de Simon pour rester encore avec Lui. Tous les autres entrent aussi. L'Iscariote se met dans un coin à demi obscur, mortifié. Il n'ose pas s'approcher tout près de Jésus comme font les autres... Lazare se félicite avec Jésus. Il dit: “Oh! Cela me fait de la peine de te voir partir. Mais je suis plus content que si je t'avais vu partir avant hier!” “Pourquoi, Lazare?” “Parce que tu me paraissais tellement triste et fatigué... Tu ne parlais pas, tu souriais peu... Hier et aujourd'hui tu es redevenu mon saint et doux Maître, et cela me donne tant de joie ... ” “Je l'étais même si je me taisais ... ” “Tu l'étais. Mais tu es sérénité et parole. Nous voulons cela de Toi. Nous buvons notre force à ces fontaines. Et alors ces fontaines paraissaient taries. Nous souffrions de la soif... Tu vois que même les gentils en sont étonnés et sont venus les chercher ... ”L'Iscariote, auquel s'était approché Jean de Zébédée, ose parler: “C'est vrai, ils m'avaient demandé à moi aussi... Car j'étais tout près de l'Antonia, espérant te voir.” “Tu savais où j'étais” répond brièvement Jésus.“Je le savais, mais j'espérais que tu n'aurais pas déçu ceux qui t'attendaient. Même les romains ont été déçus. Je ne sais pourquoi tu as agi ainsi ... ” “Et c'est toi qui me le demandes? N'es-tu pas au courant des humeurs du Sanhédrin, des pharisiens, d'autres encore, à mon égard?” “Quoi? Tu aurais eu peur?” “Non. J'avais la nausée. L'an dernier, quand j'étais seul - Moi seul contre tout un monde qui ne savait pas même si j'étais prophète - j'ai montré que je n'avais pas peur et je t'ai gagné par l'audace que j'ai montrée. J'ai fait entendre ma voix contre tout un monde qui criait. J'ai fait entendre la voix de Dieu à un peuple qui l'avait oubliée. J'ai purifié la Maison de Dieu des souillures matérielles qui s'y trouvaient n'espérant pas la laver des souillures morales bien plus graves qui y ont leur nid. Je n'ignore pas en effet l'avenir des hommes mais c'était pour faire mon devoir par zèle pour la Maison du Seigneur Éternel devenue le séjour bruyant de changeurs malhonnêtes, d'usuriers, de voleurs, pour secouer de leur torpeur ceux que des siècles de négligence sacerdotale avaient fait tomber dans une léthargie spirituelle. C'était la sonnerie de rassemblement pour mon peuple pour l'amener à Dieu... Cette année, je suis revenu... et j'ai vu que le Temple est toujours le même... Qu'il est pire encore. Ce n'est plus un repaire de voleurs, mais l'endroit où l'on fait conjure et puis il deviendra le siège du Crime, et puis un lupanar et puis, finalement, il sera détruit par une force plus puissante que celle de Samson et l'on en chassera une caste indigne de s'appeler sainte. Inutile de parler en ce lieu où, tu t'en souviens il me fut interdit de parler. Peuple traître! Peuple empoisonné en ses chefs, qui ose interdire à la Parole de Dieu de parler dans sa Maison! Cela me fut interdit. Je me suis tu par amour pour les plus petits. Ce n'est pas encore l'heure de me tuer. Trop de gens ont besoin de Moi, et mes apôtres ne sont pas encore assez forts pour recevoir dans leurs bras mes enfants: le Monde. Ne pleure pas, Mère, toi qui es bonne pardonne à ton Fils son besoin de dire, à qui veut ou peut s'illusionner, la vérité que je connais... Je me tais... Mais malheur à ceux par qui Dieu est réduit au silence!... Mère, Margziam, ne pleurez pas!... Je vous en prie que personne ne pleure.” Mais, en réalité, tout le monde pleure, plus ou moins douloureusement.Judas, pâle comme un mort, dans son vêtement jaune et rouge à rayures ose encore parler, d'une voix ridicule de pleurnicheur: “Crois bien, Maître, que je suis étonné et contristé... Je ne sais pas ce que tu veux dire... Je ne sais rien... C'est vrai que je n'ai vu personne du Temple. J'ai rompu les relations avec tous ... Mais, si tu le dis, ce sera vrai ... ” “Judas!... Sadoc, aussi, tu ne l'as pas vu?”Judas baisse la tête en bredouillant: “C'est un ami ... C'est comme tel que je l'ai vu, non pas comme appartenant au Temple ... ”Jésus ne répond pas. Il se tourne vers Isaac et Jean d'Endor auxquels il fait des recommandations concernant leur travail. Pendant ce temps, les femmes réconfortent Marie qui pleure et l'enfant qui pleure de voir pleurer Marie. Lazare aussi et les apôtres sont attristés, mais Jésus vient à eux. Il a repris son doux sourire, et alors qu'il embrasse la Mère et caresse l'enfant, il dit: “Et maintenant, je vous salue, vous qui restez. Car demain, à l'aube, nous partirons. Adieu Lazare. Adieu Maximin. Joseph, je te remercie pour tous les services rendus à ma Mère et aux femmes disciples qui m'attendaient. Merci pour tout. Toi, Lazare, bénis encore Marthe en mon nom. Je reviendrai bientôt. Viens, Mère, te reposer. Vous aussi, Marie et Salomé, s'il est dans votre intention de venir vous aussi.” “Bien sûr que nous venons!” disent les deux Marie. “Alors au lit. La paix à tous. Que Dieu soit avec vous.” Il fait un geste de bénédiction et il sort, en tenant l'enfant par la main et la Mère embrassée... Le séjour à Béthanie est terminé.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 4 octobre 2020, Vingt-septième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,33-43.
« Écoutez une autre parabole : Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le moment de la vendange, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de la vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l'un, tuèrent l'autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d'autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais ils furent traités de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : 'Ils respecteront mon fils.' Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : 'Voici l'héritier : allons-y ! tuons-le, nous aurons l'héritage !'Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien, quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il donnera la vigne en fermage à d'autres vignerons, qui en remettront le produit en temps voulu. » Jésus leur dit : « N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C'est là l'oeuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit.»
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 9, Ch 592, p 399
  • Ancienne traduction : Tome 9, Ch 11, p 77        (CD 9, piste 28)
Le ciel commence à blanchir du côté de l'orient tout en étant encore criblé d'étoiles. Les chemins sont enveloppés dans une pénombre plus pénible que l'obscurité de la nuit que la lune tempérait de sa blanche clarté. Mais le soldat romain a de bons yeux, et voyant Jésus s'avancer vers la porte, il va à sa rencontre.“Salut. Je t'ai attendu…” Il s'arrête hésitant. “Parle sans crainte. Que veux-tu de Moi?” “Savoir. Tu as dit: "La paix que je donne demeure même dans la guerre car c'est une paix d'âme". Je voudrais savoir quelle est cette paix et ce que c'est que l'âme. Comment l'homme qui est en guerre peut-il être en paix? Quand on ouvre le temple de Janus, on ferme celui de la Paix. Les deux choses ne peuvent exister ensemble dans le monde.” Il parle adossé au muret verdâtre d'un petit jardin, dans une ruelle étroite comme un sentier dans des champs, humide, sombre, obscur, au milieu de pauvres maisons. À part une légère lueur que fait voir le casque bruni, on ne voit rien des deux qui parlent. L'ombre enveloppe les visages et les corps dans une unique obscurité. La voix de Jésus résonne douce et lumineuse dans sa joie de jeter une semence de lumière chez le païen: “Dans le monde, en vérité, la paix et la guerre ne peuvent exister ensemble. L'une exclut l'autre. Mais dans l'homme de guerre peut exister la paix même s'il fait une guerre commandée. Il peut exister ma paix. Parce que ma paix vient du Ciel et elle n'est pas blessée par le fracas de la guerre et la férocité des massacres. Elle, chose divine, envahit la chose divine que l'homme a en lui-même, et que l'on appelle l'âme.” “Divine? En moi? César est divin. Moi, je suis fils de paysans. Maintenant je suis un légionnaire sans aucun grade. Si je suis brave je pourrai peut-être devenir centurion. Mais divin, non.” “Il y a en toi une partie divine: c'est l'âme. Elle vient de Dieu, du vrai Dieu. Aussi elle est divine, perle vivante dans l'homme, et elle se nourrit de choses divines et vivantes: la foi, la paix, la vérité. La guerre ne la trouble pas. La persécution ne la blesse pas. La mort ne la tue pas. Seul le mal, faire ce qui est mauvais, la blesse ou la tue, et la prive aussi de la paix que Moi je donne. Car le mal sépare l'homme de Dieu.” “Et qu'est-ce que le mal?” “Être dans le paganisme et adorer les idoles quand la bonté du vrai Dieu nous a fait connaître qu'existe le vrai Dieu. Ne pas aimer son père, sa mère, ses frères et le prochain. Voler, tuer, être rebelle, être luxurieux, être faux. C'est cela le mal.”  “Ah! alors, moi je ne peux pas avoir ta paix! Je suis soldat et on nous commande de tuer. Pour nous alors, il n'y a pas de salut?!” “Sois juste dans la guerre comme dans la paix. Accomplis ton devoir sans férocité et sans avidité. Pendant que tu combats et que tu conquiers pense que l'ennemi est semblable à toi, et que toute ville a ses mères et ses jeunes filles comme ta mère et tes sœurs, et sois un preux sans être une brute. Tu ne sortiras pas de la justice et de la paix et ma paix restera en toi.” “Et ensuite?” “Et ensuite? Que veux-tu dire?”  “Après la mort? Qu'advient-il du bien que j'ai fait et de l'âme dont tu dis qu'elle ne meurt pas si on ne fait pas le mal?” “Elle vit, elle vit ornée du bien que tu as fait, dans une paix joyeuse, plus grande que celle dont on jouit sur la Terre.” “Alors en Palestine, un seul avait fait le bien! J'ai compris.” “Qui?” “Lazare de Béthanie. Son âme n'est pas morte!” “En vérité, c'est un juste. Pourtant beaucoup lui sont semblables et meurent sans ressusciter, mais leur âme vit dans le Dieu vrai. Car l'âme a une autre demeure, dans le Royaume de Dieu. Et celui qui croit en Moi entrera dans ce Royaume.” “Même moi, romain?” “Même toi, si tu crois à la Vérité.” “Qu'est-ce que la Vérité?” “Je suis la Vérité, et le Chemin pour aller à la Vérité, et je suis la Vie et je donne la Vie car celui qui accueille la Vérité accueille la Vie.” Le jeune soldat réfléchit… se tait… Puis il lève son visage: un visage encore pur de jeune homme et il a un sourire limpide, serein, et il dit: “J'essayerai de me rappeler cela et d'en savoir plus encore. Il me plaît…” “Comment t'appelles-tu?” “Vital, de Bénévent. Des campagnes de la ville.” “Je me souviendrai de ton nom. Rends vraiment vital ton esprit en le nourrissant de Vérité. Adieu. On ouvre la porte. Je sors de la ville.” “Salut!” “Jésus va rapidement vers la porte et prend en hâte le chemin qui conduit au Cédron et au Gethsémani et de là au Camp des Galiléens.Dans les oliviers de la montagne, il rejoint Judas de Kériot qui monte lui aussi vers le camp qui s'éveille. Judas fait un geste presque d'épouvante en se trouvant en face de Jésus. Jésus le regarde fixement, sans parler. “Je suis allé apporter la nourriture aux lépreux. Mais… j'en ai trouvé deux à Hinnom, cinq à Siloan. Les autres: guéris. Encore là, mais si bien guéris qu'ils m'ont prié d'avertir le prêtre. J'étais descendu au point du jour pour être libre ensuite. La chose va faire du bruit. Un si grand nombre de lépreux guéris ensemble après que tu les as bénis en présence de tant de gens!”Jésus ne parle pas. Il le laisse parler… Il ne lui dit ni: “Tu as bien fait”, ni autre chose ayant trait à l'action de Judas et au miracle, mais s'arrêtant à l'improviste et regardant fixement l'apôtre, il lui demande: “Eh bien? Qu'est-ce que cela a changé de t'avoir laissé la liberté et l'argent?” “Que veux-tu dire?” “Ceci: je te demande si tu t'es sanctifié depuis que je t'ai rendu la liberté et l'argent. Et tu me comprends… Ah! Judas! Souviens-toi! Souviens-toi toujours: tu as été celui que j'ai aimé plus que tout autre, en recevant de toi moins d'amour que tous les autres m'en ont donné. En recevant même une haine plus grande, car c'était la haine de quelqu'un que je traitais en ami, que la haine la plus féroce du plus féroce pharisien. Et rappelle-toi encore ceci: que Moi, même maintenant je ne te hais pas mais, pour autant que cela dépend du Fils de l'homme, je te pardonne. Va, maintenant. Il n'y a plus rien à se dire entre toi et Moi. Tout est déjà fait…”Judas voudrait dire quelque chose, mais Jésus, d'un geste impérieux, lui fait signe d'aller en avant… Et Judas, tête basse comme un vaincu, s'en va… A la limite du Camp des Galiléens les apôtres et les deux serviteurs de Lazare sont déjà prêts. “Où as-tu été, Maître? Et toi, Judas? Vous étiez ensemble?” Jésus devance la réponse de Judas: “J'avais quelque chose à dire à des cœurs. Judas est allé chez les lépreux… Mais ils sont tous guéris, sauf sept.” “Oh! pourquoi y es-tu allé? Je voulais venir moi aussi!” dit le Zélote. “Pour être libre maintenant de venir avec nous” dit encore Jésus. “Allons. Nous entrerons dans la ville par la Porte du Troupeau. Faisons vite.” Il va en avant, en passant par les oliveraies qui conduisent du Camp, à moitié route entre Béthanie et Jérusalem, à l'autre petit pont qui passe le Cédron près de la Porte du Troupeau. Des maisons de paysans sont éparses sur les pentes, et tout en bas, près des eaux du torrent, un figuier ébouriffé se penche sur la rivière. Jésus se dirige vers lui et il cherche si dans le feuillage fourni et gras il y a quelque figue mûre. Mais le figuier est tout en feuilles, nombreuses, inutiles, mais il n'a pas un seul fruit sur ses branches. “Tu es comme beaucoup de cœurs en Israël. Tu n'as pas de douceurs pour le Fils de l'homme, et pas de pitié. Qu'il ne puisse plus jamais naître de toi un seul fruit et que personne ne se rassasie de toi à l'avenir” dit Jésus. Les apôtres se regardent. La colère de Jésus pour la plante stérile, peut-être sauvage, les étonne. Mais ils ne disent rien. Ce n'est que plus tard, après avoir passé le Cédron, que Pierre Lui demande: “Où as-tu mangé?” “Nulle part.” “Oh! Alors tu as faim! Voici là-bas un berger avec quelques chèvres qui paissent. Je vais demander du lait pour Toi. Je fais vite” et il s'en va à grands pas et revient doucement avec une vieille écuelle pleine de lait. Jésus boit et il rend le bol au pastoureau qui a accompagné Pierre, en le caressant…Ils entrent dans la ville et montent au Temple, et après avoir adoré le Seigneur, Jésus revient dans la cour où les rabbis donnent leurs leçons. Les gens l'entourent et une mère, venue de Cintium, présente son enfant qu'un mal a rendu aveugle, je crois. Il a les yeux blancs comme s'il avait une vaste cataracte sur la pupille ou un albugo.Jésus le guérit en effleurant les orbites avec les doigts. Et puis de suite il commence à parler: ,“Un homme acheta un terrain. Il y planta des vignes, construisit une maison pour les fermiers, une tour pour la surveillance, des celliers et des endroits pour presser le raisin, et en confia l'entretien à des fermiers en qui il avait confiance. Puis il s'en alla au loin. Quand arriva le temps où les vignes purent donner des fruits, les vignes ayant poussé au point de donner des fruits, le maître de la vigne envoya ses serviteurs chez les fermiers pour retirer le revenu de la récolte. Mais les fermiers entourèrent ces serviteurs, ils en frappèrent une partie à coups de bâtons, en lapidèrent une partie avec de lourdes pierres en les blessant grièvement, et en tuèrent une partie. Ceux qui purent revenir vivants chez le maître, racontèrent ce qui leur était arrivé. Le maître les soigna et les consola, et il envoya d'autres serviteurs encore plus nombreux. Les fermiers les traitèrent comme ils avaient traité les premiers. Alors le maître de la vigne dit: "Je vais leur envoyer mon cher fils. Certainement ils respecteront mon héritier". Mais les fermiers, l'ayant vu venir et ayant su que c'était l'héritier, s'appelèrent l'un l'autre en disant: "Venez, réunissons-nous pour être nombreux. Entraînons-le dehors, dans un endroit écarté, et tuons-le. Son héritage nous restera". Ils l'accueillirent avec des honneurs hypocrites, l'entourèrent comme pour lui faire fête. Ensuite ils le ligotèrent après l'avoir embrassé, le frappèrent fortement et avec mille moqueries, ils l'amenèrent au lieu du supplice et le tuèrent.Maintenant, vous, dites-moi. Ce père et maître s'apercevra un jour que son fils et héritier ne revient pas, et découvrira que ses fermiers, auxquels il avait donné la terre fertile pour qu'ils la cultivent en son nom, en jouissant de ce qui était juste et en donnant à leur seigneur ce qui était juste, ont tué son fils. Alors que fera-t-il?” et Jésus darde ses iris de saphir, enflammés comme par un soleil, sur ceux qui sont venus et spécialement sur les groupes des juifs les plus influents, pharisiens et scribes répandus dans la foule. Personne ne parle.“Dites donc! Vous au moins, rabbis d'Israël. Dites une parole de justice qui persuade le peuple de la justice. Moi, je pourrais dire une parole qui ne serait pas bonne, d'après votre pensée. Parlez donc vous, pour que le peuple ne soit pas induit en erreur.”Les scribes, contraints, répondent ainsi: “Il punira les scélérats en les faisant périr d'une manière atroce, et il donnera sa vigne à d'autres fermiers pour qu'ils lui la cultivent honnêtement, en lui donnant le revenu de la terre qui leur est confiée.” “Vous avez bien parlé. Il est écrit dans l'Ecriture: "La pierre que les constructeurs ont rejetée est devenue pierre angulaire. C'est une œuvre faite par le Seigneur et c'est une chose admirable à nos yeux". Puisque donc ceci est écrit, et vous le savez, et vous estimez juste que soient punis atrocement ces fermiers meurtriers du fils héritier du maître de la vigne, et qu'elle soit donnée à d'autres fermiers qui la cultivent honnêtement, voilà que pour ce motif, je vous dis: "Le Royaume de Dieu vous sera enlevé et il sera donné à des gens qui en produisent des fruits. Et celui qui tombera contre cette pierre se brisera, et celui sur lequel la pierre tombera sera écrasé".” Les chefs des prêtres, les pharisiens et les scribes, par un acte vraiment… héroïque, ne réagissent pas. Si forte est la volonté d'atteindre un but! Pour beaucoup moins d'autres fois ils l'ont contré, et aujourd'hui où le Seigneur Jésus leur dit ouvertement que le pouvoir leur sera enlevé, ils n'éclatent pas en reproches, ils ne font pas d'actes de violence, ils ne menacent pas, faux agneaux patients qui sous l'apparence hypocrite de douceur cachent l'immuable cœur du loup. Ils se bornent à s'approcher de Lui qui a repris sa marche en avant et en arrière en écoutant tel et tel des nombreux pèlerins qui sont rassemblés dans la vaste cour, et desquels beaucoup Lui demandent conseil pour des questions qui intéressent l'âme ou pour des situations familiales ou sociales, en attendant de pouvoir Lui dire quelque chose après l'avoir écouté donner un jugement à un homme sur une question embrouillée d'héritage: elle a produit division et rancœur entre les différents héritiers à cause d'un fils du père qu'il a eu d'une servante de la maison mais qu'il a adopté. Les fils légitimes ne le veulent pas avec eux, ni comme héritier dans le partage des maisons et des terres. Ils ne veulent plus avoir rien en commun avec le bâtard et ils ne savent pas comment résoudre la question car, avant sa mort, le père a fait jurer que comme toujours il avait partagé le pain entre le fils illégitime et les légitimes dans la même mesure, ainsi ils devaient partager l'héritage dans la même mesure.Jésus dit à celui qui l'interroge au nom des trois autres frères”Sacrifiez tous une parcelle de terre pour la vendre de façon à réunir une somme d'argent équivalente au cinquième de la fortune totale et donnez-le au fils illégitime en lui disant: "Voilà ta part. Tu n'es pas frustré de ce qui t'appartient et on n'a pas fait tort à la volonté de notre père. Va et que Dieu soit avec toi". Et soyez généreux en lui donnant même davantage que la valeur stricte de sa part. Faites-le avec des témoins qui soient justes et personne ne pourra sur la Terre, ni au-delà de la Terre, élever une voix de reproche et de scandale. Et vous aurez la paix entre vous et en vous, n'ayant pas le remords d'avoir désobéi à votre père et n'ayant pas parmi vous celui qui, vraiment innocent, a été pour vous une cause de trouble plus que si on avait mis un voleur parmi vous.” L'homme dit: “Ce bâtard, en vérité, a enlevé la paix à notre famille, la santé à notre mère qui est morte de chagrin, et une place qui ne lui appartient pas.” “Ce n'est pas lui le coupable, homme. C'est celui qui l'a engendré. Lui n'a pas demandé à naître pour porter la marque de bâtard. Ce fut la convoitise de votre père qui l'engendra pour lui donner la douleur et pour vous donner la douleur. Soyez donc justes envers l'innocent qui paie déjà durement une faute qui n'est pas la sienne. N'ayez pas d'anathème pour l'esprit de votre père. Dieu l'a jugé. Il n'est pas besoin des foudres de vos malédictions. Honorez le père, toujours, même s'il est coupable, non pour lui-même, mais parce qu'il a représenté sur la Terre votre Dieu, vous ayant créés par ordre de Dieu et étant le seigneur de votre maison. Les parents viennent immédiatement après Dieu. Rappelle-toi le Décalogue, et ne pèche pas. Va en paix.” Les prêtres et les scribes s'approchent alors de Lui pour l'interroger: “Nous t'avons entendu. Tu as dit ce qui était juste. Un conseil plus sage n'aurait pu le donner Salomon. Mais dis-nous, Toi qui opères des prodiges et donnes des jugements tels que seul le sage roi pouvait en donner, par quelle autorité fais-tu ces choses? D'où te vient un tel pouvoir?”Jésus les regarde fixement. Il n'est ni agressif ni méprisant, mais très imposant. Il dit: “Moi aussi, j'ai à vous poser une question, et si vous me répondez, je vous dirai par quelle autorité, Moi, homme sans autorité de charges et pauvre - car c'est cela que vous voulez dire - je fais ces choses. Dites: le baptême de Jean, d'où venait-il? Du Ciel ou de l'homme qui le donnait? Répondez-moi. Par quelle autorité Jean le donnait-il comme rite purificateur et pour vous préparer à la venue du Messie, puisque Jean était encore plus pauvre, plus ignorant que Moi, et sans charge d'aucune sorte, ayant passé sa vie dans le désert depuis son enfance?”Les scribes et les prêtres se consultent entre eux. Les gens, les yeux grands ouverts et les oreilles attentives, sont prêts à protester et à acclamer si les scribes disqualifient le Baptiste et offensent le Maître, ou s'ils paraissent déconfits par la question du Rabbi de Nazareth, divinement sage, se serrent autour d'eux. Il est frappant le silence absolu de cette foule qui attend la réponse. Il est si profond que l'on entend la respiration et les chuchotements des prêtres ou des scribes qui communiquent entre eux quasi sans parler, et observent pendant ce temps le peuple dont ils devinent les sentiments prêts à exploser. Enfin, ils se décident à répondre. Ils se tournent vers le Christ qui, appuyé à une colonne, les bras croisés, les scrute sans jamais les perdre de vue, et ils disent: “Maître, nous ne savons par quelle autorité Jean faisait cela ni d'où venait son baptême. Personne n'a pensé à le demander au Baptiste pendant qu'il était vivant, et lui ne l'a jamais dit spontanément.” “Et Moi non plus je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais de telles choses.” Il leur tourne le dos en appelant à Lui les douze et, fendant la foule qui l'acclame, il sort du Temple. Quand ils sont déjà dehors, au-delà de la Probatique, Barthélemy Lui dit: “Ils sont devenus très prudents tes adversaires. Peut-être vont-ils se convertir au Seigneur qui t'a envoyé et te reconnaître pour le Messie saint.” “C'est vrai. Ils n'ont pas discuté ta question ni ta réponse…” dit Mathieu. “Qu'il en soit ainsi. C'est beau que Jérusalem se convertisse au Seigneur, son Dieu” dit encore Barthélemy. “Ne vous faites pas des illusions! Cette partie de Jérusalem ne se convertira jamais. Ils n'ont pas répondu autrement parce qu'ils ont craint la foule. Je lisais leur pensée bien que n'entendant pas leurs paroles dites à voix basse.” “Et que disaient-ils?” demande Pierre.“Ils disaient cela. Je désire que vous le sachiez pour les connaître à fond et que vous puissiez donner une exacte description à ceux qui viendront plus tard des cœurs des hommes de mon temps. S'ils ne m'ont pas répondu, ce n'est pas qu'ils se convertissent au Seigneur, mais parce qu'ils disaient entre eux: "Si nous répondons: 'Le baptême de Jean venait du Ciel' le Rabbi répondra: 'Et alors pourquoi n'avez-vous pas cru à ce qui venait du Ciel et enseignait la préparation au temps messianique?', et si nous disons: 'De l'homme' alors ce sera la foule qui se rebellera en disant: 'Et alors pourquoi ne croyez-vous pas à ce que Jean, notre prophète, a dit de Jésus de Nazareth?' Il vaut donc mieux dire: 'Nous ne savons pas' ". Voilà ce qu'ils disaient. Ce n'était pas parce qu'ils étaient revenus à Dieu, mais par un lâche calcul, et pour ne pas avoir à reconnaître par leurs bouches que je suis le Christ et que je fais ces choses que je fais parce que je suis l'Agneau de Dieu dont a parlé le Précurseur. Et Moi non plus, je n'ai pas voulu dire par quelle autorité je fais les choses que je fais. Déjà, de nombreuses fois, je l'ai dit dans ces murs et dans toute la Palestine, et mes prodiges parlent encore plus que mes paroles. Maintenant je ne le dirai plus par mes paroles. Je laisserai parler les prophètes et mon Père, et les signes du Ciel, car le moment est venu où tous ces signes vont être donnés. Ceux qui ont été dits par les prophètes et marqués des symboles de notre histoire, et ceux que j'ai dits: le signe de Jonas; vous vous souvenez de ce jour à Cédès? C'est le signe qu'attend Gamaliel. Toi, Etienne, toi, Hermas, et toi, Barnabé qui as quitté tes compagnons aujourd'hui pour me suivre, certainement plusieurs fois vous avez entendu le rabbi parler de ce signe. Eh bien, bientôt le signe sera donné.”Il s'éloigne en montant à travers les oliviers de la montagne, suivi des siens et de nombreux disciples (des septante-deux) en plus d'autres, comme Joseph Barnabé qui le suit pour l'entendre parler encore.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 27 septembre 2020, Vingt-sixième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,28-32. 
Jésus disait aux chefs des prêtres et aux anciens : « Que pensez-vous de ceci ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : 'Mon enfant, va travailler aujourd'hui à ma vigne'. Celui-ci répondit : 'Je ne veux pas. ' Mais ensuite, s'étant repenti, il y alla. Abordant le second, le père lui dit la même chose. Celui-ci répondit : 'Oui, Seigneur ! ' et il n'y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier ». Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean Baptiste est venu à vous, vivant selon la justice, et vous n'avez pas cru à sa parole ; tandis que les publicains et les prostituées y ont cru. Mais vous, même après avoir vu cela, vous ne vous êtes pas repentis pour croire à sa parole.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris 
Correspondance dans "l'Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 6, Ch 407, p 351
  • Ancienne traduction : Tome 6, Ch 96, p 126        (CD 6 (1er cd), piste 45)
Jésus y arrive par une fraîche aurore. Et elles sont belles ces fertiles campagnes du bon Nicodème aux premiers rayons du soleil. Belles, bien que beaucoup de champs soient déjà fauchés et présentent le morne aspect des champs après la mort des blés, qui en meules d'or ou encore étendus comme des cadavres sur le sol, attendent d'être transportés sur les aires. Et avec eux meurent les bleuets étoilés couleur de saphir, les gueules-de-loup violettes, les corolles minuscules des scabieuses, les calices fragiles des campanules, les corolles riantes des camomilles et des marguerites, les coquelicots aux couleurs criardes, et cent autres fleurs en étoiles, en épis, en grappes, en corolles, riaient auparavant là où s'étend maintenant la couleur jaune des chaumes. Mais pour consoler le deuil de la terre dépouillée des blés il y a les frondaisons des arbres fruitiers de plus en plus pimpants avec leurs fruits qui grossissent et prennent des teintes variées et qui, en ce moment, brillent d'une poussière de diamants formée par la rosée que le soleil n'a pas encore évaporée. Les paysans sont déjà au travail, heureux d'arriver à la fin du pénible travail de la moisson. Ils chantent tout en fauchant et rient gaiement rivalisant à qui sera le plus agile et le plus adroit à manier la faux et lier les gerbes… De nombreux bataillons de paysans bien nourris qui sont heureux de travailler pour un bon maître. Et, aux bords des champs ou derrière ceux qui lient les gerbes, des enfants, des veuves, des vieillards qui attendent pour glaner et qui attendent sans inquiétude, parce qu'ils savent qu'il y en aura pour tout le monde, comme toujours, “par ordre de Nicodème” comme l'explique une veuve à Jésus qui l'interroge. “Lui surveille” dit-elle “pour qu'on laisse exprès de nombreux épis hors des gerbes, pour nous. Et non content encore d'une telle charité, après avoir pris une quantité convenable proportionnée à la semence, il nous distribue le reste. Oh! il n'attend pas pour le faire l'année sabbatique! Mais toujours il fait bénéficier le pauvre de son blé et il fait de même pour les oliviers et les vignes. C'est pour cela que Dieu le bénit par des récoltes miraculeuses. Les bénédictions des pauvres sont comme la rosée sur les graines et sur les fleurs et font que chaque graine produise plus d'épis et qu'aucune fleur ne tombe sans qu'un fruit se forme. Puis, cette année, il nous a fait savoir que tout est pour nous, parce que c'est une année de grâce. De quelle grâce parle-t-il, je ne sais pas. Si ce n'est qu'on dit entre nous les pauvres et parmi ses heureux serviteurs, que lui est secrètement un disciple de Celui qui se dit le Christ qui prêche l'amour pour les pauvres pour témoigner de l'amour à Dieu… Peut-être Toi tu le connais si tu es un ami de Nicodème… Car les amis ont habituellement les mêmes affections… Joseph d'Arimathie, par exemple, est un grand ami de Nicodème et on dit aussi de lui qu'il est un ami du Rabbi… Oh! Qu'ai-je dit! Que Dieu me pardonne! J'ai nui à deux bons de la plaine!…” La femme est consternée. Jésus sourit et demande: “Pourquoi, femme?” “Parce que… Oh! Dis-moi, es-tu un véritable ami de Nicodème et de Joseph, ou es-tu quelqu'un du Sanhédrin, un des faux amis qui nuiraient aux deux bons s'ils avaient la certitude qu'ils sont des amis du Galiléen?” “Rassure-toi. Je suis un véritable ami des deux bons. Mais tu sais beaucoup de choses, ô femme! Comment les sais-tu?” “Oh! nous les connaissons tous! Ceux de la haute avec haine, les petits gens avec amour. Parce que, même si nous ne le connaissons pas, nous aimons le Christ, nous les abandonnés que Lui seul aime et qu'il apprend à aimer. Et nous tremblons pour Lui… Si perfides sont les juifs, les pharisiens, les scribes et les prêtres!… Mais je te scandalise… Pardonne-moi. C'est une langue de femme et qui ne sait pas se taire… Mais c'est parce que toute la douleur nous vient d'eux, les puissants qui nous oppriment sans pitié et qui nous obligent à des jeûnes que ne prescrit pas la Loi, mais qui sont imposés par la nécessité de trouver de l'argent pour payer toutes les dîmes qu'eux, les riches, ont mises sur les pauvres… Et c'est pour cela que tout l'espoir est dans le Royaume de ce Rabbi qui, s'il est si bon maintenant qu'il est persécuté, que sera-t-il donc quand il pourra être roi?” “Son Royaume n'est pas de ce monde, ô femme. Lui n'aura ni palais ni armées. Il n'imposera pas de lois humaines. Il ne distribuera pas de l'argent, mais il apprendra aux meilleurs à le faire. Et les pauvres trouveront non pas deux ou dix ou cent amis parmi les riches, mais tous ceux qui croient dans le Maître uniront leurs biens pour aider leurs frères sans biens. Car, désormais, on n'appellera plus "prochain" son semblable, mais "frère", au nom du Seigneur.” “Oh!…” La femme est stupéfaite en songeant à cette ère d'amour. Elle caresse ses enfants, sourit, puis elle lève la tête, et elle dit: “Alors tu m'assures que je n'ai pas nui à Nicodème… en parlant avec Toi? Cela m'est venu si spontanément… Tes yeux sont si doux!… Si serein est ton aspect!… Je ne sais pas… Je me sens en sécurité comme si j'étais près d'un ange de Dieu… C'est pour cela que j'ai parlé…” “Tu ne lui as pas nui, sois-en certaine. Au contraire tu as donné à mon ami une grande louange pour laquelle je le féliciterai, et il me sera plus cher que jamais. Tu es de cette région?” “Oh! non, Seigneur. Je suis d'entre Lida et Bettegon. Mais quand il s'agit d'être soulagé, Seigneur, on court, même si la route est longue! Plus longs sont les mois d'hiver et de faim…” “Et plus longue que la vie est l'éternité. Il faudrait avoir pour l'âme la sollicitude que l'on a pour la chair, et courir là où sont les paroles de vie…” “C'est ce que je fais avec les disciples du Rabbi Jésus, cet homme bon, sais-tu? Le seul qui soit bon des trop nombreux rabbins que nous avons.” “Tu fais bien, femme” dit Jésus en souriant. Mais il fait signe à André et à Jacques de Zébédée qui sont avec Lui, pendant que les autres sont allés à la maison de Nicodème, de ne pas faire tout un manège pour faire comprendre à la femme que le Rabbi Jésus est celui qui lui parle. “Certes que je fais bien. Moi, je veux être exempte du péché de ne pas l'avoir aimé et cru… Ils disent que c'est le Christ… Moi, je ne le connais pas, mais je veux croire car je pense qu'il arrivera malheur à ceux qui ne veulent pas le reconnaître comme tel.” “Et si ses disciples se trompaient?” dit Jésus pour la tenter. “Cela ne peut-être, Seigneur. Ils sont trop bons, humbles et pauvres pour penser qu'ils suivent quelqu'un qui n'est pas saint. Et puis… J'ai parlé avec des gens guéris par Lui. Ne fais pas le péché de ne pas croire, Seigneur! Tu damnerais ton âme… Enfin… moi je pense que, même si nous nous trompions tous et si Lui n'était pas le Roi promis, il est certainement saint et ami de Dieu, s'il dit ces paroles et guérit les âmes et les corps… Et avoir de l'estime pour les bons, cela fait toujours du bien.” “Tu as bien parlé, persiste dans ta foi… Voilà Nicodème…” “Oui. Avec des disciples du Rabbi. En effet ils sont dans les campagnes en train d'évangéliser les moissonneurs. Pas plus tard qu'hier, nous avons mangé de leur pain.” Nicodème, en vêtements courts, avance pendant ce temps sans apercevoir le Maître et il ordonne aux paysans de ne pas enlever un seul des épis qu'ils ont coupés. “Pour nous, nous en avons, du pain… Donnons le don de Dieu à ceux qui en sont privés. Et donnons-le sans crainte. Nous aurions pu avoir les moissons détruites par une gelée tardive. Il ne s'en est pas perdu un grain. Rendons à Dieu son pain en le donnant à ses enfants malheureux. Et je vous assure qu'elle sera encore plus fructueuse, à mille pour cent, la récolte de l'année prochaine parce que Lui a dit: "Une mesure débordante sera donnée à celui qui a donné".” Les paysans, respectueux et joyeux, écoutent et approuvent le Maître. Et Nicodème, de champ en champ, de groupe en groupe, répète son bon ordre. Jésus, à demi caché par un rideau de roseaux près d'un fossé de séparation, approuve et sourit. Il sourit d'autant plus que Nicodème approche davantage et est imminente la rencontre et la surprise. Le voilà qui saute le petit fossé pour aller vers d'autres champs… Et voilà qu'il reste pétrifié en face de Jésus qui lui tend les bras. Il retrouve enfin la parole: “Maître saint, mais comment donc chez moi, Toi bénit?” “Pour te connaître, s'il y en avait encore besoin, par les paroles de tes témoins les plus vrais: ceux que tu combles de bienfaits…” Nicodème est à genoux, courbé jusqu'au sol, et à genoux aussi les disciples dirigés par Etienne et Joseph d'Emmaüs de la montagne. Les paysans comprennent, les pauvres comprennent, et tous sont à terre, dans leur stupeur pleine de vénération. “Levez-vous. Jusqu'à tout à l'heure, j'étais le voyageur qui inspire confiance… Voyez-moi encore comme tel, et aimez-moi sans peur. Nicodème, j'ai envoyé chez toi les dix qui manquent…” “J'ai passé la nuit dehors pour veiller à ce que fût exécuté un ordre…” “Oui. Dieu te bénit pour cet ordre. Quelle voix t'a dit que c'est une année de grâce, et pas l'année qui vient, par exemple?” “… Je ne sais pas… et je sais… Je ne suis pas prophète. Mais je ne suis pas obtus et à mon intelligence s'est unie une lumière du Ciel. Mon Maître… je voulais que les pauvres jouissent des dons de Dieu, pendant que Dieu est encore parmi les pauvres… Et je n'osais pas espérer te posséder, pour donner une suave saveur et une puissance sanctificatrice à ces blés, à mes olives, et aux vignes et aux vergers qui seront pour les pauvres enfants de Dieu, mes frères… Mais maintenant que tu es ici, lève ta main bénie et donne ta bénédiction, afin que, avec la nourriture de la chair, descende sur ceux qui s'en nourriront la sainteté qui émane de Toi.” “Oui, Nicodème, c'est un juste désir que le Ciel approuve.” Et Jésus ouvre les bras pour bénir. “Oh! Attends! Que j'appelle les paysans” et avec un sifflet, il siffle par trois fois, un sifflement aigu qui se répand dans l'air tranquille et provoque la course des moissonneurs, des glaneurs, des curieux qui arrivent de tous côtés. Une petite foule… Jésus ouvre les bras et dit: “Par la vertu du Seigneur, par le désir de son serviteur, que la grâce du salut de l'esprit et de la chair descende dans chaque graine, chaque grain de raisin, et toute olive ou en tout fruit, qu'elle rende prospères et sanctifie ceux qui s'en nourrissent avec un esprit bon, pur de concupiscence et de haine, et désireux de servir le Seigneur en obéissant à sa divine et parfaite Volonté.” “Qu'il en soit ainsi” répondent Nicodème, André, Jacques et les autres disciples… “Qu'il en soit ainsi” répète la petite foule, en se levant, car elle s'était agenouillée pour que Jésus la bénisse. “Suspends les travaux, ami. Je veux leur parler.” “Un don dans le don. Merci pour eux, ô Maître!” Ils vont à l'ombre d'un verger feuillu et attendent d'être rejoints par les dix envoyés à la maison qui accourent essoufflés et déçus de ne pas avoir trouvé Nicodème. Puis Jésus parle: “La paix soit avec vous. À vous tous qui m'entourez, je veux proposer une parabole et que chacun en recueille l'enseignement et la partie qui lui convient davantage. Écoutez: un homme avait deux fils. S'étant approché du premier, il lui dit: "Mon fils, viens travailler aujourd'hui dans la vigne de ton père". C'était une grande marque d'honneur de son père! Il jugeait le fils capable de travailler là où jusqu'alors c'était le père qui avait travaillé. C'était signe qu'il voyait en son fils de la bonne volonté, de la constance, des capacités, de l'expérience, et de l'amour pour le père. Mais le fils, un peu distrait par des choses du monde, craignant de paraître un serviteur - Satan use de ces mirages pour éloigner du bien - craignant des moqueries et peut-être aussi des représailles des ennemis de son père, qui n'osaient pas lever la main sur lui mais qui auraient eu moins d'égards pour le fils, répondit: "Je n'y vais pas. Je ne désire pas y aller". Le père alla alors trouver l'autre fils pour lui dire ce qu'il avait dit au premier. Et le second fils répondit aussitôt: "Oui, père, j'y vais tout de suite". Pourtant qu'arriva-t-il? Le premier fils avait l'âme droite. Après un moment de faiblesse dans la tentation, de révolte, il se repentit d'avoir déplu à son père, et sans rien dire il s'en alla à la vigne. Il travailla tout le jour jusque tard dans la soirée. Il revint satisfait à la maison avec dans le cœur la paix du devoir accompli. Le second, au contraire, menteur et faible, sortit de la maison, c'est vrai, mais ensuite il perdit son temps à flâner dans le village, à faire des visites inutiles à des amis influents dont il espérait tirer du profit. Et il disait dans son cœur: "Le père est vieux et il ne sort pas de la maison. Je lui dirai que j'ai obéi, et il le croira…" Mais le soir venu pour lui aussi, il revint à la maison, son aspect las d'homme oisif, ses vêtements sans faux plis, le manque d'assurance du salut donné au père qui l'observait et le comparaît avec l'aîné, qui était revenu fatigué, sale, mal peigné, mais joyeux et sincère avec son regard franc, humble et bon, qui, sans vouloir se vanter du devoir accompli, voulait pourtant dire au père: "Je t'aime et avec vérité, tellement que pour te faire plaisir, j'ai vaincu la tentation", parlaient clairement à l'intelligence du père, qui embrassa son fils fatigué en lui disant: "Tu es béni parce que tu as compris l'amour!" En effet qu'en pensez-vous? Lequel des deux avait aimé? Certainement vous dites: "Celui qui avait fait la volonté de son père". Et qui l'avait faite? Le premier ou le second fils?” “Le premier” répond la foule unanime. “Le premier. Oui. En Israël aussi, et vous vous en lamentez, ce ne sont pas ceux qui disent: "Seigneur! Seigneur!" en se frappant la poitrine sans avoir au cœur un vrai repentir de leurs péchés - et c'est si vrai que leur cœur devient de plus en plus dur - ce ne sont pas ceux qui observent les rites avec ostentation pour qu'on les appelle saints, mais dans la vie privée sont sans charité et sans justice; ce ne sont pas eux, qui se révoltent, en vérité, contre la Volonté de Dieu qui m'envoie et qui l'attaquent comme si c'était la volonté de Satan, et cela ne sera pas pardonné; ce ne sont pas eux qui sont les saints aux yeux de Dieu. Mais ce sont ceux qui, en reconnaissant que Dieu fait bien tout ce qu'Il fait, accueillent l'Envoyé de Dieu et écoutent ses paroles pour savoir mieux faire, toujours mieux ce que veut le Père, qui sont saints et chers au Très-Haut. En vérité je vous le dis: les ignorants, les pauvres, les publicains, les courtisanes passeront avant beaucoup de ceux que l'on appelle "maîtres", "puissants", "saints", et entreront dans le Royaume de Dieu. Et ce sera justice. En effet Jean est venu vers Israël pour le conduire sur les chemins de la Justice, et une trop grande partie en Israël ne l'a pas cru, l'Israël qui se donne à lui-même les titres de "docte et saint", mais les publicains et les courtisanes ont cru en lui. Et Moi je suis venu, et les doctes et les saints ne me croient pas, mais croient en Moi les pauvres, les ignorants, les pécheurs. Et j'ai fait des miracles, et à ces miracles ils n'ont même pas cru, et il ne leur est pas venu le repentir de ne pas croire en Moi. Au contraire leur haine est venue sur Moi et sur ceux qui m'aiment. Eh bien je dis: "Bienheureux ceux qui savent croire en Moi, et faire cette volonté du Seigneur en laquelle se trouve le salut éternel". Augmentez votre foi et soyez constants. Vous posséderez le Ciel parce que vous aurez su aimer la Vérité. Allez. Dieu soit avec vous, toujours.” Il les bénit et les congédie, et puis, à côté de Nicodème, il va vers la maison du disciple pour y rester pendant la grosse chaleur…
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/