"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe Paul VI
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
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Dimanche 29 août 2010, Vingt-deuxième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,1.7-14.
Un jour de sabbat, Jésus était entré chez un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et on l'observait. Remarquant que les invités choisissaient les premières places, il leur dit cette parabole : « Quand tu es invité à des noces, ne va pas te mettre à la première place, car on peut avoir invité quelqu'un de plus important que toi. Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendrait te dire : 'Cède-lui ta place', et tu irais, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t'a invité, il te dira : 'Mon ami, avance plus haut', et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui sont à table avec toi. Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. » Jésus disait aussi à celui qui l'avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi t'inviteraient en retour, et la politesse te serait rendue. Au contraire, quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; et tu seras heureux, parce qu'ils n'ont rien à te rendre : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 5, Ch 23, p 159 - CD 5, piste 58 -
Je vois Jésus qui marche rapidement sur une grand-route que le vent froid d'un matin d'hiver balaie et durcit. Les champs, des deux côtés de la route, présentent à peine un timide duvet de moissons qui viennent de percer, un voile fin de verdure qui annonce la promesse du futur pain, mais une promesse vraiment à peine perceptible. Il y a encore, à l'ombre, des sillons dépourvus de cette verdure naissante et bénie, et seuls les sillons qui se trouvent dans les endroits plus ensoleillés ont cette verdure si légère et pourtant déjà joyeuse puisqu'elle parle du printemps qui arrive. Les arbres à fruits sont encore dépouillés sans un bourgeon qui se gonfle sur leurs branches obscures. Seuls les oliviers ont leur couleur éternelle gris-vert, aussi triste sous le soleil d'août que dans la faible clarté de cette matinée d'hiver. Et avec eux montrent leur couleur verte, un vert pâteux de céramiques à peine teintées, les feuilles grasses des cactées. Jésus chemine, comme souvent, à deux ou trois pas en avant de ses disciples. Ils sont tous bien enveloppés dans leurs manteaux de laine. A un certain moment, Jésus s'arrête et se retourne pour interpeller ses disciples: “Connaissez-vous le chemin?” “C'est le chemin, mais ensuite où se trouve la maison, nous ne le savons pas, car elle est à l'intérieur des terres… Peut-être là où se trouve ce bosquet d'oliviers…” “Non. Elle doit être là-bas au fond, au contraire, où se trouvent ces gros arbres dépouillés…” “Il devrait y avoir une route pour les chars…” En somme, ils ne savent rien de précis. On ne voit personne sur la route ou dans les champs. Ils avancent au hasard, en cherchant leur route. Ils trouvent une petite maisonnette de pauvres avec deux ou trois petits champs autour. Une fillette est en train de tirer de l'eau à un puits. “Paix à toi, fillette” dit Jésus en s'arrêtant à la limite de la haie qui a un passage pour la circulation. “Paix à toi. Que veux-tu?” “Un renseignement. Où se trouve la maison d'Ismaël le pharisien?” “Tu es égaré, Seigneur. Il te faut revenir au carrefour et prendre celle qui va vers le couchant du soleil. Mais il faut marcher beaucoup, beaucoup, car tu dois retourner là, au carrefour, et puis marcher, marcher. As-tu mangé? Il fait froid, et avec l'estomac vide, on le sent davantage. Entre, si tu veux. Nous sommes pauvres. Mais Toi aussi tu n'es pas riche. Tu peux t'en arranger. Viens.” Et d'une voix perçante, elle appelle: “Maman!” S'amène sur le seuil une femme d'environ trente-cinq, quarante ans. Son visage est honnête mais un peu triste. Dans ses bras elle a un enfant d'environ trois ans, à peine vêtu. “Entre. Le feu est allumé. Je te donnerai du lait et du pain.” “Je ne suis pas seul, j'ai ces amis.” “Qu'ils entrent tous et la bénédiction de Dieu avec les pèlerins que je loge.” Ils entrent dans une cuisine basse et sombre qu'égaie un feu pétillant. Ils s'assoient çà et là sur des coffres bruts. “Maintenant, je vais préparer… C'est le matin… Je n'ai encore rien mis en ordre… Excusez-moi.” “Tu es seule?” C'est Jésus qui parle. “J'ai un mari et des enfants. Sept. Les deux plus grands sont encore au marché de Naïm. Ils doivent y aller parce que mon mari est malade. Une grande douleur!… Les fillettes m'aident. Celui-ci est le plus petit, mais j'en ai encore un autre à peine plus grand.” Le petit, maintenant vêtu de sa tunique, accourt pieds nus vers Jésus et le regarde avec curiosité. Jésus lui sourit. L'amitié se fait. “Qui es-tu?” demande l'enfant avec confiance. “Je suis Jésus.” La femme se retourne pour le regarder attentivement. Elle est restée avec un pain dans les mains, entre le foyer et la table. Elle ouvre la bouche pour parler, mais ensuite elle se tait. L'enfant continue: “Où vas-tu?” “Sur les chemins du monde.” “Pour quoi faire?” “Pour bénir les enfants qui sont bons et leurs maisons où l'on est fidèle à la Loi.” La femme se retourne pour faire un geste, puis elle fait un signe à Judas Iscariote qui est le plus près d'elle. Lui se penche vers la femme qui demande: “Qui est ton ami?” Et Judas, hautain, (il semble que le Messie soit tel grâce à son mérite et à sa bonté): “C'est le Rabbi de Galilée: Jésus de Nazareth. Tu ne le sais pas, femme?” “La Galilée n'est pas à notre portée et moi, j'ai tant de douleurs!… Mais… pourrais-je le Lui dire?” “Tu le peux” dit avec hauteur Judas. Mais il semble un gros bonnet qui accorde une audience… Jésus continue de parler avec l'enfant qui Lui demande s'il a Lui aussi des enfants. Pendant que la fillette déjà vue et une autre un peu plus grande apportent le lait et la vaisselle, la femme va près de Jésus. Elle reste un peu hésitante, puis elle pousse un cri étouffé: “Jésus, aie pitié de mon mari!” Jésus se lève. Il la domine de sa grande taille, mais il la regarde avec tant de bonté qu'elle s'enhardit. “Que veux-tu que je fasse?” “Il est très malade, Gonflé comme une outre, il ne peut se baisser pour travailler. Il ne trouve pas de repos, car il étouffe et s'agite… Et nous avons des enfants encore petits…” “Tu veux que je le guérisse? Mais pourquoi le veux-tu de Moi?” “Parce que c'est Toi. Je ne te connaissais pas, mais j'ai entendu parler de Toi. Le sort t'a conduit chez moi après que par trois fois je t'ai cherché à Naïm et à Cana. Deux fois il y avait aussi mon mari. Il te cherchait, malgré la souffrance qu'il éprouvait à aller en char… Maintenant aussi il est parti avec son frère… On nous avait rapporté que le Rabbi, ayant quitté Tibériade, allait à Césarée de Philippe. Il y est allé pour t'attendre…” “Je ne suis pas allé à Césarée. Je vais chez le pharisien Ismaël, et puis j'irai vers le Jourdain…” “Toi, qui es bon, chez Ismaël?” “Oui. Pourquoi?” “Parce que… parce que… Seigneur, je sais que tu dis de ne pas juger, de pardonner et de s'aimer. Je ne t'ai jamais vu, mais j'ai cherché à savoir de Toi, le plus que je pouvais, et j'ai prié l'Éternel de pouvoir t'entendre au moins une fois. Je ne veux pas faire une chose qui te déplaise… Mais comment on peut ne pas juger Ismaël et l'aimer? Moi, je n'ai rien de commun avec lui et je n'ai donc rien à lui pardonner. Les insolences, qu'il nous jette à la figure quand il rencontre notre pauvreté sur son chemin, nous les secouons avec la même patience que nous secouons la boue ou la poussière qu'il projette sur nous en passant rapidement avec son bige. Mais l'aimer et ne pas le juger, c'est trop difficile… Il est tellement méchant!” “Il est tellement méchant? Avec qui?” “Avec tout le monde. Il opprime ses serviteurs, il prête avec usure, et il a des exigences cruelles. Il n'aime que lui-même. Il est le plus cruel de la région. Il ne mérite rien, Seigneur.” “Je le sais. Tu dis vrai.” “Et tu vas chez lui?” “Il m'a invité.” “Méfie-toi, Seigneur. Il ne l'aura pas fait par amour. Il ne peut t'aimer. Et Toi… tu ne peux l'aimer.” “Moi, j'aime même les pécheurs, femme. Je suis venu pour sauver celui qui est perdu…” “Mais lui, tu ne le sauveras pas. Oh! pardon d'avoir jugé! Toi, tu sais… Tout est bien de ce que tu fais! Pardonne à ma sotte langue et ne me punis pas.” “Je ne te punis pas, mais ne le fais plus. Aime même les méchants, non pas pour leur méchanceté, mais parce que c'est par l'amour qu'on leur obtient la miséricorde qui les convertit. Tu es bonne et désireuse de l'être encore davantage. Tu aimes la Vérité, et la Vérité qui te parle te dit qu'Elle t'aime, car selon la Loi, tu as de la pitié pour l'hôte et le pèlerin et c'est ainsi que tu as élevé tes enfants. Dieu sera ta récompense. Je dois aller chez Ismaël qui m'a invité pour me présenter à ses nombreux amis qui veulent me connaître. Je ne puis attendre ton mari qui, sache-le, est sur le chemin du retour. Mais dis-lui de souffrir encore un peu et de venir tout de suite chez Ismaël. Viens toi aussi. Je le guérirai.” “Oh! Seigneur!…” la femme est à genoux aux pieds de Jésus et le regarde riant et pleurant. Puis elle dit: “Mais c'est le sabbat, aujourd'hui!…” “Je le sais. J'ai besoin que ce soit le sabbat pour dire quelque chose à ce propos à Ismaël. Tout ce que je fais, je le fais dans un but clair et exempt d'erreur. Sachez-le tous, même vous, mes amis qui avez peur et voudriez que je conforme ma conduite aux convenances humaines pour ne pas en subir de dommage. C'est l'amour qui vous guide, je le sais. Mais vous devez savoir aimer mieux celui que vous aimez, en ne faisant jamais passer l'intérêt divin après l'intérêt de celui que vous aimez. Femme, je pars et je t'attends. Qu'il y ait une paix perpétuelle dans cette maison où on aime Dieu et sa Loi, où on respecte le mariage et où on élève saintement les enfants, où on aime le prochain et où on cherche la Vérité. Adieu.” Jésus met la main sur la tête de la femme et des deux fillettes, puis il se penche pour embrasser les enfants plus petits, et il sort. Maintenant un faible soleil d'hiver tempère la fraîcheur de l'air. Un garçon d'environ quinze ans attend avec un char rustique en très mauvais état. “Je n'ai que cela, Seigneur. Mais tu auras plus vite fait et plus commodément.” “Non, femme. Garde frais le cheval pour venir chez Ismaël. Montre-moi seulement la route la plus courte.” Le garçon se met à côté de Lui et, à travers champs et prés, ils vont vers une ondulation de terrain au-delà de laquelle il y a une vaste cuvette de quelques hectares bien cultivée, au milieu de laquelle se trouve une belle maison, large et basse, entourée d'un jardin bien cultivé. “Voici la maison, Seigneur” dit le garçon. “Si tu n'as plus besoin de moi, je vais rentrer à la maison pour aider la mère.” “Va et sois toujours un bon fils. Dieu est avec toi.” Jésus entre dans la somptueuse maison de campagne d'Ismaël. Des serviteurs, en grand nombre, accourent à la rencontre de l'Hôte, certainement attendu. D'autres vont prévenir le maître qui sort à la rencontre de Jésus en Lui faisant de profondes inclinations. “Sois le bienvenu, Maître, dans ma maison!” “Paix à toi, Ismaël ben Fabi. Tu m'as désiré. Je viens. Pourquoi m'as-tu invité?” “Pour avoir l'honneur de t'avoir et te présenter à mes amis. Je veux qu'ils soient aussi les tiens, comme je veux que tu sois pour moi un ami.” “Je suis ami de tout le monde, Ismaël.” “Je le sais. Mais, tu sais! Il est bien d'avoir des amitiés en haut lieu. La mienne et celle de mes amis sont telles. Toi, pardonne-moi de te le dire, tu négliges trop ceux qui peuvent t'appuyer…” “Et tu es de ceux-ci? Pourquoi?” “Je suis de ceux-ci. Pourquoi? Parce que je t'admire et que je veux que tu sois pour moi un ami.” “Ami! Mais sais-tu, Ismaël, le sens que je donne à ce mot? Pour beaucoup un ami cela veut dire une connaissance, pour d'autres un complice, pour d'autres un serviteur. Pour Moi cela veut dire: fidèle à la Parole du Père. Qui n'est pas cela ne peut être un ami pour Moi, ni Moi pour lui.” “Mais c'est justement parce que je veux être fidèle que je veux ton amitié, Maître. Tu ne le crois pas? Regarde: voici Eléazar qui arrive. Demande-lui comme je t'ai défendu auprès des Anciens. Eléazar, je te salue. Viens, car le Rabbi veut te demander une chose.” Profondes salutations et réciproques coups d'œil investigateurs. “Toi, Eléazar, dis ce que j'ai dit du Maître la dernière fois que nous nous sommes réunis.” “Oh! un véritable éloge! Une défense passionnée! Il m'est alors venu l'envie de t'entendre, tant Ismaël parlait de Toi, Maître, comme du Prophète le plus grand venu au peuple d'Israël. Je me souviens qu'il disait que personne n'avait une parole plus profonde que la tienne, n'exerçait une fascination plus grande, et que si tu sauras mettre en œuvre l'épée, comme tu sais parler, il n'y aura pas de roi plus grand que Toi en Israël.” “Mon Royaume!… Il n'est pas humain, ce Royaume, Eléazar.” “Mais le Roi d'Israël?!” “Que s'ouvrent vos esprit pour comprendre les paroles secrètes. Il viendra le Royaume du Roi des rois. Mais non pas selon les estimations humaines. Non pas pour ce qui périt, mais pour ce qui est éternel. On y arrive non par un chemin fleuri et triomphal, ni sur un tapis empourpré du sang ennemi, mais par le rude chemin du sacrifice et par la douce échelle du pardon et de l'amour. Ce sont les victoires contre nous-mêmes qui nous donneront ce Royaume. Et que Dieu veuille que le plus grand nombre d'israélites puissent me comprendre. Mais il n'en sera pas ainsi. Vous pensez ce qui n'est pas. Dans ma main, il y aura un sceptre et c'est le peuple d'Israël qui l'y aura mis, Royal et Éternel. Aucun roi ne pourra l'enlever à ma Maison. Mais beaucoup en Israël ne pourront le voir sans frémir d'horreur, car il aura un nom qui sera atroce pour eux.” “Tu ne nous crois pas capables de te suivre?” “Si vous le vouliez, vous le pourriez. Mais vous ne le voulez pas. Pourquoi vous ne voulez pas? Vous êtes âgés désormais. L'âge devrait vous donner compréhension et justice. Justice aussi pour vous-mêmes. Les jeunes… pourront se tromper et puis se repentir. Mais vous! La mort est toujours proche pour les plus âgés. Eléazar, tu es moins enveloppé dans les théories que beaucoup de tes semblables. Ouvre ton cœur à la Lumière…” Ismaël revient avec cinq autres pharisiens pompeux. “Venez donc dans la maison” dit le maître. Et, quittant l'atrium garni de sièges et de tapis, ils entrent dans une pièce où on leur apporte des amphores et des bassines pour les ablutions. Puis ils passent dans la salle à manger très richement préparée. “Jésus à côté de moi, entre Eléazar et moi” commande le maître. Et Jésus, qui s'était tenu au fond de la salle près des disciples un peu intimidés et laissés de côté, doit s'asseoir à la place d'honneur. Le repas commence avec de nombreux plats de viandes et de poissons rôtis. Des vins et, me semble-t-il, des sirops, ou au moins des eaux miellées, passent et repassent. Tous essaient de faire parler Jésus. L'un d'eux, un vieillard tout tremblotant, demande d'une voix éraillée de vieillard décrépit: “Maître, est-ce vrai ce qu'on dit, que tu as l'intention de modifier la Loi?” “Je ne changerai pas un iota à la Loi. Au contraire, (et Jésus appuie sur les mots) je suis justement venu pour la rendre de nouveau intègre comme quand elle fut donnée à Moïse.” “Voudrais-tu dire qu'elle a été changée?” “Non, jamais. Uniquement qu'elle a subi le sort de toutes les choses élevées mises dans la main de l'homme.” “Que voudrais-tu dire? Précise.” “Je veux dire que l'homme, par suite de l'ancien orgueil ou pour l'ancien foyer de la triple luxure, a voulu en retoucher les paroles droites et en a fait quelque chose qui opprime les fidèles alors que, pour ceux qui les ont retouchées, ce n'est qu'un amas de phrases… qu'on laisse à l'usage des autres.” “Mais, Maître! Nos rabbins…” “C'est une accusation!” “Ne nous déçois pas dans notre désir de t'être utile!…” “Hé! Hé! Ils ont raison de t'appeler révolté!” “Silence! Jésus est mon hôte. Qu'il parle en toute liberté.” “Nos rabbins, pour commencer, se sont ingéniés et ont peiné dans l'intention sainte de rendre plus facile l'application de la Loi. Dieu Lui-même a commencé cet enseignement quand aux paroles des dix commandements Il a ajouté des explications plus détaillées. Cela pour que l'homme n'eût pas l'excuse de ne pas avoir su comprendre. Œuvre sainte donc celle des maîtres qui ont brisé en morceaux, pour les petits de Dieu, le pain donné par Dieu à l'esprit. Mais sainte quand elle poursuivait un but qui était droit. Il n'en fut pas toujours ainsi. Et maintenant moins que jamais. Mais pourquoi voulez-vous me le faire dire, vous qui vous offensez si je vous énumère les fautes des puissants?” “Des fautes! Des fautes! Nous n'avons que des fautes, nous?” “Je voudrais que vous n'ayez que des mérites!” “Mais nous ne les avons pas. Tu le penses et ton regard le dit. Jésus, ce n'est pas en critiquant que l'on acquiert l'amitié des puissants. Tu ne régneras pas. Tu n'en connais pas l'art.” “Je ne demande pas de régner suivant vos idées, et je ne mendie pas des amitiés. C'est l'amour que je veux, mais un amour honnête et saint. Un amour qui va de Moi à ceux que j'aime, et qui se manifeste en usant à l'égard des pauvres de ce dont je prêche l'usage: la miséricorde.” “Moi, depuis que je t'ai entendu, je ne prête plus à usure” dit l'un. “Et Dieu t'en récompensera.” “Le Seigneur m'est témoin que je n'ai plus frappé mes serviteurs qui auraient mérité le fouet, quand on m'a eu dit une de tes paraboles” dit un autre. “Et moi? C'est plus de dix boisseaux d'orge que j'ai laissés dans les champs pour les pauvres!” dit encore un autre. Les pharisiens se louent copieusement. Ismaël n'a pas parlé. Jésus l'interpelle: “Et toi, Ismaël?” “Oh! moi! J'ai toujours usé de miséricorde. Je n'ai qu'à continuer comme j'ai toujours fait.” “C'est bien pour toi! S'il en est ainsi réellement, tu es l'homme qui ne connaît pas les remords.” “Oh! certainement pas!” Jésus le transperce de son œil de saphir. Eléazar touche le bras de Jésus: “Maître, écoute-moi. J'ai un cas spécial à te soumettre. J'ai acquis récemment une propriété d'un malheureux qui s'est ruiné pour une femme. Il me l'a vendue, mais sans me dire qu'il y avait une vieille servante, sa nourrice, maintenant aveugle et presque idiote. Le vendeur n'en veut pas. Moi… je n'en voudrais pas. Mais, la jeter à la rue… Que ferais-tu, Maître?” “Toi, que ferais-tu si tu devais donner un conseil à un autre?” “Je dirais: "Garde-la. Tu ne te ruineras pas pour un pain".” “Et pourquoi parlerais-tu ainsi?” “Mais!… parce que je pense que c'est ainsi que j'agirais et je voudrais qu'on agisse ainsi à mon égard…” “Tu es très près de la Justice, Eléazar. Agis comme tu conseillerais de le faire et le Dieu de Jacob sera toujours avec toi.” “Merci, Maître.” Les autres bougonnent entre eux. “Qu'avez-vous à murmurer?” demande Jésus. “N'ai-je pas parlé juste? Et lui n'a-t-il pas parlé avec justice? Ismaël, défends tes hôtes, toi qui as toujours agi avec miséricorde.” “Maître, tu parles bien, mais… si on agissait toujours ainsi!… On serait victime des autres.” “Et il vaut mieux, selon toi, que ce soient les autres qui soient nos victimes, n'est-ce pas?” “Je ne dis pas cela. Mais il y a des cas…” “La Loi dit d'avoir miséricorde…” “Oui, pour le frère pauvre, pour l'étranger, le pèlerin, la veuve et l'orphelin. Mais cette vieille, qui est tombée dans les bras d'Eléazar, n'est pas sa sœur, ni pèlerine, ni étrangère, ni orpheline ou veuve. Rien pour lui. Ni plus ni moins qu'un vieux tableau, oublié par le vrai maître dans la propriété vendue. Eléazar pourrait donc la chasser sans scrupules d'aucune sorte. Enfin la responsabilité de la mort de la vieille ne lui reviendrait pas, mais reviendrait à son vrai maître…” “… qui ne peut plus la garder puisqu'il est pauvre lui aussi, et par conséquent lui aussi est exempt d'obligations. De sorte que si la petite vieille meurt de faim, c'est elle qui est coupable, n'est-ce pas?” “C'est cela, Maître. C'est le sort de ceux… qui ne servent plus. Les malades, les vieux, les incapables, sont condamnés à la misère, à la mendicité. Et la mort est ce qu'il y a de meilleur pour eux… C'est ainsi depuis que le monde est monde et il en sera toujours ainsi…” “Jésus, aie pitié de moi!” Un cri de détresse entre par les fenêtres fermées, car la salle est fermée et avec les lampes allumées, peut-être à cause du froid. “Qui m'appelle?” “Quelque importun. Je le ferai chasser. Ou quelque mendiant. Je lui ferai donner un pain.” “Jésus, je suis malade. Sauve-moi!” “Je l'ai dit: un importun. Je punirai les serviteurs pour l'avoir fait passer.” Et Ismaël se lève. Mais Jésus, plus jeune d'au moins vingt ans et qui le dépasse du cou et de la tête, le fait se rasseoir en lui mettant la main sur l'épaule et en commandant: “Reste, Ismaël. Je veux voir celui qui me cherche. Faites-le entrer.” Il entre un homme aux cheveux encore noirs. Il peut avoir environ quarante ans. Mais il est enflé comme un tonneau et jaune comme un citron, avec les lèvres violettes entrouvertes et la bouche haletante. Il est accompagné par la femme de la première partie de la vision. L'homme avance avec peine à cause de la maladie et de la crainte. Il voit qu'on le regarde d'un si mauvais œil! Mais Jésus a quitté sa place et il est allé vers le malheureux en le prenant par la main et en l'amenant au milieu de la salle dans l'espace vide entre les tables disposées en fer à cheval. Exactement sous le lampadaire. “Que veux-tu de Moi?” “Maître… je t'ai tant cherché… depuis si longtemps… Je ne veux rien que la santé… pour mes enfants et ma femme… Toi, tu peux tout… Vois à quoi je suis réduit…” “Et tu crois que je puis te guérir?” “Si je le crois!… Tout pas m'est douloureux… toute secousse pénible… mais pourtant j'ai fait des milles pour te chercher… et puis avec le char je t'ai suivi aussi… mais je ne te rattrapais jamais… Si je le crois!… Je suis étonné de n'être pas encore guéri, depuis que ma main est dans la tienne, car tout en Toi est saint, ô Saint de Dieu.” Le pauvre souffle comme un phoque par l'effort qu'il fait pour tant parler. La femme regarde son mari et Jésus, et elle pleure. Jésus les regarde et il sourit. Puis il se tourne et il demande: “Toi, vieux scribe, (il parle au vieux à la voix chevrotante qui a parlé le premier) réponds-moi: est-il permis de guérir pendant le sabbat?” “Pendant le sabbat il n'est permis de faire aucun travail.” “Même pas de sauver quelqu'un du désespoir? Ce n'est pas un travail manuel.” “Le sabbat est consacré au Seigneur.” “Quelle œuvre plus digne d'un jour sacré que de faire qu'un fils de Dieu dise à son Père: "Je t'aime et te loue parce que Tu m'as guéri"?!” “Il doit le faire, même s'il est malheureux.” “Chanania, sais-tu qu'en ce moment ton bois le plus beau est en train de brûler, et que toute la pente de l'Hermon rougit de l'éclat des flammes?” Le vieil homme bondit comme si un aspic l'avait mordu: “Maître, tu dis la vérité ou bien est-ce une plaisanterie?” “Je dis la vérité. Je vois et je sais.” “Oh! malheureux que je suis! Mon bois le plus beau! Des milliers de sicles en cendre! Malédiction! Maudits soient les chiens qui m'y ont mis le feu! Que leurs viscères brûlent comme mon bois!” Le petit vieux est désespéré. “Ce n'est qu'un bois, Chanania, et tu te plains! Pourquoi ne donnes-tu pas louange au Seigneur, dans ce malheur? Lui ne perd pas du bois qui renaît, mais la vie et le pain de ses enfants, et il devrait donner la louange que toi tu ne donnes pas? Donc scribe, il ne m'est pas permis de le guérir le jour du sabbat?” “Maudit sois-tu, lui et le sabbat! J'ai bien autre chose à penser, moi…” et, bousculant Jésus qui lui avait mis une main sur le bras, il sort furieux et on l'entend brailler de sa voix chevrotante pour avoir son char. “Et maintenant?” demande Jésus en tournant son regard vers les autres. “Et maintenant vous, dites-moi: est-ce permis ou non?” Personne ne répond. Eléazar baisse la tête après avoir entrouvert les lèvres, que pourtant il referme, saisi par le froid qui a envahi la salle. “Eh bien, Moi, je vais parler” dit Jésus. Et son aspect est imposant et sa voix est un tonnerre comme toujours quand il va opérer un miracle. “Je vais parler. Je parle. Je dis: homme, qu'il te soit fait selon ce que tu crois. Tu es guéri. Loue l'Éternel. Va en paix.” L'homme reste interdit. Peut-être pensait-il redevenir d'un coup agile comme autrefois. Et il lui semble qu'il n'est pas guéri. Mais qui sait ce qu'il ressent… Il pousse un cri de joie, se jette aux pieds de Jésus et les baise. “Va, va! Sois toujours bon. Adieu!” L'homme sort suivi de la femme qui, jusqu'au dernier moment, se retourne pour saluer Jésus. “Pourtant, Maître… Dans ma maison… Le jour du sabbat…” “Tu n'approuves pas! Je le sais. Et c'est pour cela que je suis venu. Ami, toi? Non. Mon ennemi. Tu n'es pas sincère avec Moi, ni avec Dieu.” “Tu m'offenses, maintenant?” “Non, je dis la vérité. Tu as dit qu'Eléazar n'est pas tenu de secourir cette petite vieille parce qu'elle n'appartient pas à sa propriété. Mais toi, tu avais deux orphelins dans ta propriété. C'étaient les enfants de deux serviteurs fidèles qui sont morts au travail, l'un avec la faux en main, l'autre tuée par une fatigue excessive. Pour que tu la gardes, elle avait dû ajouter à son service celui de son mari. Tu disais: "J'ai fait un contrat pour deux travailleurs et, pour te garder, j'exige ton travail et celui du mort". Et elle te l'a donné, et elle est morte avec l'enfant qu'elle portait, car cette femme était mère, et elle n'a pas eue la pitié que l'on a pour une bête qui engendre. Où sont maintenant ces deux petits?” “Je ne sais pas… Ils sont disparus, un jour.” “Ne mens pas maintenant. Il suffit d'avoir été cruel. Il ne faut pas ajouter le mensonge pour rendre tes sabbats odieux à Dieu, même s'ils sont exempts d'œuvres serviles. Où sont ces petits?” “Je ne sais pas. Je ne sais plus, crois-le.” “Moi, je le sais. Je les ai trouvés un soir de novembre, froid, pluvieux, sombre. Je les ai trouvés affamés et tremblants, près d'une maison, comme deux petits chiens à la recherche d'une bouchée de pain… Maudits et chassés par un homme qui avait des entrailles de chien, un homme pire qu'un chien, car un chien aurait eu pitié de ces deux orphelins. Et toi et cet homme, vous n'avez pas eu pitié. Leurs parents ne te servaient plus, n'est-ce pas? Ils étaient morts. Les morts ne peuvent que pleurer dans leurs tombeaux, en entendant les sanglots de leurs enfants malheureux dont les autres ne s'occupent pas. Cependant les morts portent à Dieu, par leur esprit, leurs pleurs et ceux de leurs enfants orphelins, et ils disent: "Seigneur, exerce-Toi nos vengeances, puisque le monde opprime quand il ne peut plus exploiter". Les deux petits n'étaient pas encore en âge de te servir, n'est-ce pas? Oui et non, car la petite pouvait servir pour glaner… Et tu les as chassés, en leur refusant même le peu de bien qui appartenait au père et à la mère. Ils pouvaient mourir de faim et de froid comme deux chiens sur un chemin. Ils pouvaient vivre en devenant l'un voleur l'autre une prostituée, car la faim porte au péché. Mais que t'importait? Il y a un moment, tu as cité la Loi à l'appui de tes théories. Et la Loi ne dit-elle pas alors: "Ne faites pas de tort à la veuve et à l'orphelin. Si vous leur faites du tort, leurs voix s'élèveront vers Moi, J'entendrai leurs cris et ma fureur s'enflammera et je vous exterminerai par l'épée, et vos femmes resteront veuves et vos enfants orphelins"? N'est-ce pas ce que dit la Loi? Et alors, pourquoi ne l'observes-tu pas? Tu m'as défendu auprès des autres? Et alors pourquoi ne prends-tu pas, en toi-même, la défense de ma Doctrine? Tu veux être pour Moi un ami? Et alors pourquoi fais-tu le contraire de ce que je dis? L'un de vous est en train de courir à perdre haleine, s'arrachant les cheveux à cause de la ruine de son bois. Et il ne se les arrache pas pour les ruines de son cœur! Et toi, qu'attends-tu pour le faire? Pourquoi voulez-vous vous croire parfaits, vous auxquels le sort a donné une haute situation? Et si vous l'êtes en quelque chose, pourquoi ne cherchez-vous pas à l'être en tout? Pourquoi me haïssez-vous parce que je découvre vos plaies? Je suis le Médecin de votre esprit. Est-ce qu'un médecin peut guérir sans découvrir et nettoyer les plaies? Mais ne savez-vous pas qu'un grand nombre, et cette femme qui est sortie est une de ceux-là, méritent la première place au banquet de Dieu en dépit de leur apparence mesquine! Ce n'est pas l'extérieur, c'est le cœur et l'esprit qui ont de la valeur. Dieu vous voit, du haut de son trône, et Il vous juge. Combien Il en voit qui valent mieux que vous! Par conséquent, écoutez. Prenez toujours comme règle de conduite cela: quand on vous invite à un banquet de noces, choisissez toujours la dernière place. Double honneur vous en reviendra quand le maître vous dira: "Ami, avance". Honneur de mérite et honneur d'humilité. Alors que… O triste moment pour un orgueilleux d'avoir la honte de s'entendre dire: "Va là-bas, au fond, car il y a quelqu'un qui est plus que toi". Et faites la même chose dans le banquet secret de votre esprit pour les noces avec Dieu. Qui s'humilie sera exalté, et qui s'exalte sera humilié. Ismaël, ne me hais pas parce que Moi je te soigne. Moi, je ne te hais pas. Je suis venu pour te guérir. Tu es plus malade que cet homme. Tu m'as invité pour te donner du lustre à toi-même et satisfaire tes amis. Souvent tu invites, mais par orgueil et pour ton plaisir. Ne le fais pas. N'invite pas les riches, les parents, les amis. Mais ouvre ta maison, ouvre ton cœur aux pauvres, aux mendiants, aux estropiés, aux boiteux, aux orphelins et aux veuves. Ils ne te donneront en échange que des bénédictions. Mais Dieu les changera pour toi en grâces. Et à la fin… oh! à la fin, quel sort bienheureux pour tous les miséricordieux qui seront récompensés par Dieu à la résurrection des morts! Malheur à ceux qui caressent seulement une espérance de profit et puis ferment leur cœur au frère qui ne peut plus servir. Malheur à eux! Je ferai les vengeances de ceux qui ont été abandonnés.” “Maître… je… je veux te satisfaire. Je prendrai encore ces enfants.” “Non.” “Pourquoi?” “Ismaël?!…” Ismaël baisse la tête. Il veut faire l'humble. Mais c'est une vipère à laquelle on a pressé le venin et elle ne mord plus parce qu'elle sait qu'elle n'en a plus, mais pourtant elle attend le moment de mordre… Eléazar essaie de ramener la paix en disant: “Bienheureux ceux qui prennent part au banquet de Dieu dans leur esprit et dans le Royaume éternel. Mais crois-le, Maître, c'est la vie qui nous apporte des obstacles. Les charges… les occupations…” Jésus dit la parabole du banquet (Mt 22,2-10; Lc 14,16-24) et pour finir: “Les charges… les occupations, as-tu dit. C'est vrai. C'est pour cela que je t'ai dit, au commencement de ce banquet, que mon Royaume se conquiert par des victoires sur soi-même et non par des victoires sur des champs de bataille. La place au grand Banquet est pour ces humbles de cœur qui savent être grands par leur fidèle amour qui ne mesure pas le sacrifice et qui surmonte tout pour venir à Moi. Même une heure suffit pour changer un cœur. Pourvu que ce cœur le veuille. Et il suffit d'une parole. Je vous en ai tant dit. Et je regarde… Dans un cœur va naître une plante sainte. Dans les autres, des ronces pour Moi et, dans ces ronces, des aspics et des scorpions. Peu importe. Je vais droit mon chemin. Qui m'aime me suive. Je vais en appelant à ma suite. Que ceux qui ont le cœur droit viennent à Moi. Je vais en instruisant. Que ceux qui cherchent la justice s'approchent de la Fontaine. Pour les autres… pour les autres c'est le Père Saint qui les jugera. Ismaël, je te salue. Ne me hais pas. Réfléchis. Et rends-toi compte que j'ai été sévère par amour, non par haine. Paix à cette maison et à ceux qui l'habitent, paix à tous si vous la méritez.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 22 août 2010, Vingt-et-unième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 13,22-30.
Dans sa marche vers Jérusalem, Jésus passait par les villes et les villages en enseignant. Quelqu'un lui demanda : « Seigneur, n'y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? » Jésus leur dit : « Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas. Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : 'Seigneur, ouvre-nous', il vous répondra : 'Je ne sais pas d'où vous êtes. ' Alors vous vous mettrez à dire : 'Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places. ' Il vous répondra : 'Je ne sais pas d'où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal. ' Il y aura des pleurs et des grincements de dents quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors. Alors on viendra de l'orient et de l'occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu. Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 5, Ch 53, p 370 - CD 5, piste 139 -
Thomas, qui était en arrière de la troupe des apôtres et qui parlait avec Manaën et Barthélémy, quitte ses compagnons et rejoint le Maître qui est devant avec Margziam et Isaac. “Maître, nous sommes bientôt près de Rama. Tu ne voudrais pas bénir l'enfant de ma sœur? Elle désire tant te voir! Nous pourrions y séjourner, il y a de la place pour tous. Fais-moi ce plaisir, Seigneur!” “Oui, et avec joie! Demain, nous entrerons à Jérusalem reposés.” “Oh! alors je vais en avant pour prévenir! Tu me laisses aller?” “Va. Mais rappelle-toi que je ne suis pas un ami mondain. Ne pousse pas les tiens à beaucoup de dépenses. Traite-moi en "Maître". Tu m'as compris?” “Oui, mon Seigneur. Je le dirai aux parents. Tu viens avec moi, Margziam?” “Si Jésus le veut…” “Va, va, fils.” Les autres, qui ont vu Thomas et Margziam aller en direction de Rama, située un peu à gauche de la route qui va, je crois, de la Samarie à Jérusalem, hâtent le pas pour demander ce qui arrive. “Nous allons chez la sœur de Thomas. J'ai séjourné dans toutes les maisons de vos parents. Il est juste que j'aille aussi chez lui, et c'est pour cela que je l'ai envoyé en avant.” “Alors, si tu permets, aujourd'hui moi aussi j'irai en avant pour voir un peu s'il n'y a rien de nouveau. À ton entrée à la Porte de Damas j'y serai s'il y a des ennuis. Autrement je te verrai… Où, Seigneur?” dit Manaën. “A Béthanie, Manaën. Je vais tout de suite chez Lazare. Mais les femmes, je les laisserai à Jérusalem. Je vais seul et même, je t'en prie, après la halte d'aujourd'hui, accompagne les femmes à leurs maisons.” “Comme tu veux, Seigneur.” “Prévenez le conducteur de nous suivre à Rama.” En effet le char vient lentement par derrière, pour suivre le groupe des apôtres. Isaac et le Zélote restent arrêtés pour l'attendre alors que les autres prennent la route secondaire en pente douce, qui les amène à la petite colline très basse sur laquelle se trouve Rama. Thomas ne se tient pas de joie et il paraît encore plus rouge à cause du contentement qui éclate sur son visage. Il les attend à l'entrée du village. Il court à la rencontre de Jésus: “Quel bonheur, Maître! Toute ma famille est là! Mon père qui voulait tant te voir, ma mère, mes frères! Comme je suis content!” Et il se met à côté de Jésus, plastronnant comme un conquérant à l'heure de son triomphe. La maison de la sœur de Thomas se trouve à un carrefour à l'est de la ville. C'est la maison typique des israélites aisés, avec la façade quasi sans fenêtres, le portail de fer avec son judas, la terrasse qui sert de toit et les murailles du jardin, hautes et sombres, qui se prolongent en arrière de la maison et que dépassent les feuillages des arbres à fruits. Mais aujourd'hui la servante n'a pas besoin de regarder par le judas. Le portail est tout grand ouvert et tous les habitants de la maison sont rassemblés dans l'atrium. Les grandes personnes sont toutes occupées après les enfants, garçons et filles dont la foule serrée, turbulente, exaltée par la nouvelle, rompt continuellement l'ordre hiérarchique et joue devant les adultes aux places d'honneur où se trouvent au premier rang les parents de Thomas et sa sœur avec son mari. Mais quand Jésus est sur le seuil, qui pourrait retenir cette marmaille? Elle ressemble à une couvée qui sort du nid après une nuit de repos. Et Jésus reçoit le choc de cette troupe turbulente et gentille qui s'abat contre ses genoux et l'enserre, levant les petits visages en quête de baisers, et qui ne peut rester tranquille malgré les avertissements paternels ou maternels ou même quelques gifles que Thomas distribue pour rétablir l'ordre. “Laisse-les faire! Laisse-les faire! Si tout le monde pouvait être comme eux!” s'écrie Jésus qui se penche pour contenter toute cette troupe émoustillée. Il peut enfin entrer parmi les salutations plus respectueuses des adultes. Mais ce qui me plaît particulièrement, c'est le salut du père de Thomas, un vieillard typiquement juif, que Jésus relève car il veut l'embrasser “par reconnaissance pour sa générosité qui lui donne un apôtre.” “Oh! Dieu m'a aimé plus que tout autre en Israël. Alors que tout hébreux a son premier-né consacré au Seigneur, moi j'en ai deux qui sont consacrés. le premier et le dernier; et le dernier est encore plus sacré car, sans être lévite ni prêtre, il fait ce que le Grand Prêtre lui-même ne peut pas faire: il voit constamment Dieu et il accueille ses commandements!” dit-il avec sa voix un peu tremblante de vieillard, que l'émotion fait encore trembler davantage. Et il dit pour finir: “Dis-moi seulement une chose pour contenter mon âme. Toi, qui ne mens pas, dis-moi: mon fils, par la façon dont il te suit, est-il digne de te servir et de mériter la Vie éternelle?” “Reste en paix, père. Ton Thomas a une grande place dans le cœur de Dieu par la façon dont il se conduit; et il aura une grande place au Ciel pour la manière dont il aura servi Dieu jusqu'à son dernier soupir.” Thomas halète comme un poisson hors de l'eau par l'émotion que lui donne ce qu'il entend dire. Le vieillard lève ses mains tremblantes alors que deux larmes descendent par les rides profondes pour se perdre dans sa barbe patriarcale, et il dit: “Sur toi la bénédiction de Jacob; la bénédiction du patriarche au juste parmi les fils: que le Tout-Puissant te bénisse par les bénédictions du ciel au-dessus de nous, par les bénédictions de l'abîme au-dessous, par les bénédictions des mamelles et du sein. Que les bénédictions de ton père surpassent celles que lui-même a reçues de son père, et qu'elles se posent sur la tête de Thomas jusqu'à ce que vienne le désir des collines éternelles, sur la tête de celui qui est le nazaréen parmi ses frères!” Et tous répondent: “Qu'il en soit ainsi.” “Et maintenant, Toi, ô Seigneur, bénis cette maison et surtout ceux qui sont le sang de mon sang” dit le vieillard en montrant les enfants. Jésus, en ouvrant les bras, entonne la bénédiction mosaïque et il y ajoute: “Que Dieu, en présence duquel marchèrent vos pères, que Dieu qui m'a nourri depuis ma jeunesse jusqu'à ce jour, que l'ange qui m'a délivré de tout mal, bénisse ces petits, qu'ils portent mon Nom et aussi les noms de mes pères et qu'ils se multiplient largement sur la terre” et il termine en prenant le dernier-né des bras de sa mère pour le baiser sur le front en disant: “Et qu'en toi descendent comme du miel et du beurre les vertus d'élite qui ont habité dans le Juste dont le nom t'a été donné, en le rendant plein de vie pour les Cieux et orné comme le palmier l'est de ses blondes dattes et le cèdre de sa royale frondaison.” Tous les assistants sont émus et extasiés, mais ensuite c'est une explosion de joie qui sort de toutes les bouches et accompagne Jésus qui entre dans la maison et ne s'arrête que lorsqu'il est dans la cour où il présente à ses hôtes sa Mère, les femmes disciples, les apôtres et les disciples. Ce n'est plus le matin, et ce n'est plus le midi. Les rayons maladifs du soleil percent difficilement les nuages ébouriffés de ce temps qui a du mal à se remettre. Le soleil ne va pas tarder de se coucher. C'est le crépuscule. Les femmes ne sont plus là, ni Isaac ni Manaën, alors que Margziam est resté et il est tout heureux aux côtés de Jésus. Il sort de la maison avec Lui, les apôtres et toute la parenté masculine de Thomas, pour voir des vignes qui ont des qualités particulières. Aussi bien le père que le beau-frère de Thomas vantent l'orientation du vignoble et la rareté des vignes qui pour le moment n'ont que des feuilles nouvelles et très tendres. Et Jésus avec bienveillance écoute ces explications intéressantes de taille et de sarclage comme si c'était les choses les plus importantes du monde. À la fin il dit en souriant à Thomas: “Est-ce que je dois bénir cette dot de ta sœur jumelle?” “Oh! mon Seigneur! Je ne suis pas Doras ni Ismaël. Je sais que ta respiration, ta présence dans un lieu sont déjà une bénédiction. Mais si tu veux lever ta main droite sur ces vignes, fais-le, et certainement leur fruit sera saint.” “Et abondant, non? Qu'en dis-tu, père?” “Il suffit qu'il soit saint. Cela suffit! Et moi, je le presserai et je te l'enverrai pour la Pâque prochaine et tu t'en serviras dans le calice rituel.” “C'est dit. J'y compte. Je veux, à la Pâque qui va venir, consommer le vin d'un véritable israélite.” Ils sortent du vignoble pour retourner au village. La nouvelle de la présence dans le pays de Jésus de Nazareth s'est répandue, et les gens de Rama sont tous sur les routes avec un grand désir de l'approcher. Jésus les voit et il dit à Thomas: “Pourquoi ne viennent-ils pas? Ils ont peut-être peur de Moi? Dis-leur que je les aime.” Oh! Thomas ne se le fait pas dire deux fois! Il va d'un groupe à l'autre, si rapide qu'il semble un papillon volant de fleur en fleur. Et ils ne se le font pas dire deux fois non plus les gens qui ont entendu l'invitation. Ils accourent tous, en se donnant le mot, autour de Jésus aussi, lorsqu'ils arrivent au carrefour où se trouve la maison de Thomas, il y a toute une foule discrète qui parle avec respect aux apôtres et aux parents de Thomas, s'informant de choses et autres. Je me rends compte que Thomas a beaucoup travaillé pendant les mois d'hiver et qu'une partie notable de la doctrine évangélique est connue dans le pays, mais ils désirent avoir de Jésus des explications particulières. Quelqu'un, qui a été très impressionné par la bénédiction que Jésus a donnée aux enfants de la maison hospitalière et par ce qu'il a dit de Thomas, demande: “Seront-ils donc tous des justes à cause de ta bénédiction?” “Non à cause d'elle, mais à cause de leurs actions. Moi, je leur ai donné la force de ma bénédiction pour les fortifier dans leurs actions. Mais ce sont eux qui doivent faire les actions et faire seulement de justes actions pour avoir le Ciel. Moi, je bénis tout le monde… mais tous ne se sauveront pas en Israël.” “Et même il s'en sauvera très peu, s'ils vont de l'avant comme ils le font maintenant” murmure Thomas. “Que dis-tu?” “La vérité. Celui qui persécute le Christ et le calomnie, celui qui ne pratique pas ce qu'il enseigne, ne prendra pas part à son Royaume” dit Thomas de sa grosse voix. Quelqu'un le tire par la manche: “Il est très sévère?” demande-t-il en montrant Jésus. “Non. Au contraire il est trop bon.” “Moi, qu'en dis-tu, est-ce que je me sauverai? Je ne suis pas parmi les disciples. Mais tu sais comme je suis et comme j'ai toujours cru à ce que tu me disais. Mais je ne sais pas faire davantage. Que dois-je faire au juste pour me sauver en plus de ce que je fais déjà?” “Demande-le-lui. Il aura la main et le jugement plus doux et plus juste que le mien.” L'homme s'avance et dit: “Maître, je suis fidèle à la Loi et depuis que Thomas m'a répété tes paroles, j'essaie de l'être davantage. Mais je suis peu généreux. Je fais ce que je dois faire absolument. Je m'abstiens de faire ce qu'il n'est pas bien de faire car j'ai peur de l'Enfer. Mais pourtant j'aime mes aises et… je l'avoue, je m'efforce de faire les choses de façon à ne pas pécher mais sans trop me gêner pourtant. Est-ce que je me sauverai en agissant ainsi?” “TU te sauveras. Mais pourquoi être avare avec le bon Dieu qui est si généreux avec toi? Pourquoi ne prétendre pour soi que le salut, obtenu difficilement, et non pas la grande sainteté qui donne tout de suite une paix éternelle? Allons, homme! Sois généreux avec ton âme!” L'homme dit humblement: “J'y réfléchirai, Seigneur. J'y réfléchirai. Je sais que tu as raison et que je fais tort à mon âme en l'obligeant à une longue purification avant d'avoir la paix.” “Bravo! Cette pensée est déjà un commencement de perfectionnement.” Un autre de Rama demande: “Seigneur, sont-ils peu nombreux ceux qui se sauvent?” “Si l'homme savait se conduire avec respect envers lui-même et avec un amour respectueux pour Dieu, tous les hommes se sauveraient comme Dieu le désire. Mais l'homme n'agit pas ainsi. Et comme un sot il s'amuse avec le clinquant au lieu de prendre l'or véritable. Soyez généreux dans votre recherche du Bien. Cela vous coûte? C'est en cela que réside le mérite. Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite. L'autre, large et attirante, c'est une séduction de Satan pour vous dévoyer. Celle du Ciel est étroite, basse, nue et sévère. Pour y passer il faut être agile, léger, sans faste et sans matérialité. Il faut être spirituel pour pouvoir le faire. Autrement, quand sera venue l'heure de la mort, vous n'arriverez pas à la franchir. Et en vérité on en verra beaucoup qui chercheront à entrer sans pouvoir y réussir tant la matérialité les rend obèses, tant les pompes mondaines les rendent compliqués, tant les raidit la croûte du péché, tant l'orgueil qui est leur squelette les rend incapables de se plier. Et alors le Maître du Royaume viendra fermer la porte, et alors ceux qui sont dehors, ceux qui n'auront pas pu entrer au moment voulu, en restant dehors frapperont à la porte en criant: "Seigneur, ouvre-nous! Nous sommes là aussi". Mais Lui dira: "En vérité, Je ne VOUS connais pas, et Je ne sais pas d'où vous venez". Et eux: "Mais comment? Tu ne te souviens pas de nous? Nous avons mangé et bu avec Toi et nous t'avons écouté quand Tu enseignais sur nos places". Mais Lui répondra: "En vérité Je ne vous reconnais pas. Plus Je vous regarde et plus vous m'apparaissez comme rassasiés de ce que J'ai déclaré nourriture impure. En vérité plus Je vous scrute et plus Je vois que vous n'êtes pas de ma famille. En vérité, voici, maintenant Je vois de qui vous êtes les fils et les sujets: de l'Autre. Vous avez pour père Satan, pour mère la Chair, pour nourrice l'Orgueil, pour serviteur la Haine, pour trésor vous avez le péché, les vices sont vos pierres précieuses. Sur votre cœur est écrit 'Égoïsme'. Vos mains sont souillées des vols faits aux frères. Hors d'ici! Loin de Moi, vous tous, artisans d'iniquité". Et alors, alors que des profondeurs des Cieux viendront, étincelants de gloire, Abraham, Isaac, Jacob, et tous les prophètes et les justes du Royaume de Dieu, eux, ceux qui n'auront pas eu amour mais égoïsme, pas le sacrifice mais la mollesse, seront chassés au loin, relégués là où les pleurs sont éternels et où il n'y a que terreur. Et ceux qui seront ressuscités glorieux, venus de l'orient et de l'occident, du nord et du midi, se rassembleront à la table nuptiale de l'Agneau, le Roi du Royaume de Dieu. Et on verra alors que beaucoup qui paraissaient les "plus petits" dans l'armée de la terre seront les premiers dans la population du Royaume. Et de même aussi on verra que tous les puissants d'Israël ne seront pas tous puissants au Ciel, et que tous ceux que le Christ a choisis pour être ses serviteurs n'ont pas su mériter d'être choisis pour la table nuptiale. Mais aussi on verra que beaucoup que l'on croyait "les premiers" seront non seulement derniers, mais ne seront même pas derniers. Car nombreux sont ceux qui sont appelés, mais peu nombreux sont ceux qui de leur élection ont su se faire une vraie gloire.” Pendant que Jésus parle, avec un pèlerinage qui va à Jérusalem ou qui en vient en quête de logement, surviennent des pharisiens. Ils voient le rassemblement et s'approchent pour voir. Ils ont vite fait de reconnaître la tête blonde de Jésus qui se détache sur le mur sombre de la maison de Thomas. “Laissez-nous passer car nous voulons dire un mot au Nazaréen” crient-ils, autoritaires. Sans enthousiasme la foule s'ouvre et les apôtres voient arriver vers eux le groupe des pharisiens. “Maître, paix à Toi!” “Paix à vous. Que voulez-vous?” “Tu vas à Jérusalem?” “Comme tout fidèle israélite.” “N'y va pas! Un danger t'y attend. Nous le savons car nous en venons pour aller à la rencontre de nos familles et nous sommes venus t'avertir ayant appris que tu étais à Rama.” “De qui, s'il est permis de le demander?” demande Pierre soupçonneux et tout prêt à amorcer une dispute. “Cela ne te regarde pas, homme. Sache seulement, toi qui nous appelles serpents, que près du Maître les serpents sont nombreux et que tu ferais bien de te méfier des trop nombreux et trop puissants disciples.” “Hé! Tu ne voudras pas insinuer que Manaën ou…” “Silence, Pierre. Et toi, pharisien, sache qu'aucun danger ne peut détourner un fidèle de son devoir. Si on perd la vie, ce n'est rien. Ce qui est grave, c'est de perdre son âme en contrevenant à la Loi. Mais tu le sais, et tu sais que je le sais. Pourquoi alors me tentes-tu? Tu ne sais peut-être pas que Moi je sais pourquoi tu le fais?” “Je ne te tente pas. C'est la vérité. Beaucoup d'entre nous peuvent être tes ennemis, mais pas tous. Nous, nous ne te haïssons pas. Nous savons qu'Hérode te cherche, et nous te disons: pars. Va-t-en d'ici, car si Hérode s'empare de Toi, il va te tuer. C'est ce qu'il veut.” “C'est ce qu'il veut, mais il ne le fera pas. Cela, je le sais, Moi. Du reste allez dire à ce vieux renard que Celui qu'il recherche est à Jérusalem. En effet j'y vais en chassant les démons, en opérant des guérisons, sans me cacher. Et je le fais et le ferai aujourd'hui, demain et après-demain, jusqu'à ce que mon temps soit achevé. Mais il faut que je marche tant que je ne serai pas arrivé au terme. Et il faut qu'aujourd'hui et puis une autre fois, et une autre fois, et une autre fois encore, j'entre à Jérusalem, car il n'est pas possible que mon chemin s'arrête auparavant. Et il doit s'achever comme il est juste, c'est-à-dire à Jérusalem.” “Le Baptiste est mort ailleurs.” “Il est mort en sainteté, et sainteté veut dire: "Jérusalem". Si maintenant Jérusalem veut dire "Péché" c'est seulement pour ce qui n'est que terrestre et qui bientôt ne sera plus. Mais je parle de ce qui est éternel et spirituel, c'est-à-dire de la Jérusalem des Cieux. C'est en elle, en sa sainteté, que meurent tous les justes et les prophètes. C'est en elle que je mourrai, et c'est inutilement que vous voulez m'amener au péché. Et je mourrai aussi dans les collines de Jérusalem, non pas de la main d'Hérode, mais par la volonté de ceux qui me haïssent plus subtilement que lui, parce qu'ils voient en Moi l'usurpateur du Sacerdoce qu'ils convoitent et Celui qui purifie Israël de toutes les maladies qui le corrompent. Ne mettez donc pas sur le dos d'Hérode tout le désir de tuer, mais prenez chacun votre part car, en vérité, l'Agneau est sur une montagne que gravissent de tous côtés des loups et des chacals pour l'égorger et…” Les pharisiens s'enfuient sous la grêle des brûlantes vérités… Jésus les regarde fuir. Il se tourne ensuite du côté du midi vers une clarté plus lumineuse qui peut-être indique la région de Jérusalem et il dit avec tristesse: “Jérusalem, Jérusalem, qui tues tes prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois n'ai-je pas voulu rassembler tes fils, comme fait l'oiseau sur son nid où il rassemble ses petits sous ses ailes, et tu ne l'as pas voulu! Voilà! On te laissera vide la Maison de ton vrai Maître. Lui viendra, fera, comme le veut le rite, comme doit le faire le premier et le dernier d'Israël, et puis Il s'en ira. Il ne séjournera plus entre tes murs pour les purifier par sa présence. Et je t'assure que toi et tes habitants vous ne me verrez plus, dans ma vraie figure, jusqu'au jour où vous direz: "Béni Celui qui vient au nom du Seigneur"… Et vous de Rama, rappelez-vous ces paroles et toutes les autres pour ne pas être pris, englobés dans le châtiment de Dieu. Soyez fidèles… Allez. La paix soit avec vous.” Jésus se retire dans la maison de Thomas avec tous les membres de la famille et ses apôtres.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 15 août 2010, Solennité de l'Assomption de la Vierge Marie, patronne principale de la France.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,39-56.
En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint, et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi. Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » Marie rendit grâce au Seigneur en disant : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur. Il s'est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. » Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l'Evangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 1, Ch 32, p 126 - CD 1, piste 48 -
Je suis dans un pays montagneux. Ce ne sont pas de hautes montagnes, mais ce ne sont plus des collines. Elles ont déjà des cimes et des gorges de vraies montagnes comme on en voit sur notre Apennin tosco-ombrien. La végétation est drue et magnifique. Il y a en abondance des eaux fraîches qui conservent vertes les prairies et productifs les vergers peuplés de pommiers, de figuiers avec, autour des maisons, des vignes. Ce doit être le printemps car les grappes sont déjà grosses comme des grains de vesce et les pommiers commencent à ouvrir leurs bourgeons qui maintenant paraissent verts, sur les branches supérieures des figuiers il y a des fruits qui sont déjà bien formés. Ensuite les prés ne sont que tapis moelleux aux mille couleurs. Les troupeaux sont en train d’y paître, ou bien ils se reposent, taches blanches sur l’émeraude de l’herbe. Marie gravit, avec sa monture, un chemin en assez bon état qui doit être la principale voie d’accès. Elle monte, parce que le pays dont l’aspect est assez régulier est situé plus haut. Celui qui me renseigne habituellement me dit: “Cet endroit c’est Hébron”. Vous me parliez de Montana. Mais je ne suis pas fixée, je ne sais si “Hébron” désigne tout le pays ou l’agglomération. Je n’en dis donc que ce que j’en sais. Voilà que Marie entre dans la cité. C’est le soir: des femmes sur les portes observent l’arrivée de l’étrangère et en parlent entre elles. Elles la suivent de l’œil et ne se rassurent qu’en la voyant s’arrêter devant une des plus belles maisons située au milieu du pays. Devant se trouve un jardin puis, en arrière et autour, un verger bien entretenu. Vient ensuite une vaste prairie qui monte et descend suivant le relief de la montagne pour aboutir à un bois de haute futaie; ensuite j’ignore ce qu’il y a. La propriété est entourée d’une haie de ronces et de rosiers sauvages. Je ne distingue pas bien ce qu’ils portent. La fleur et le feuillage de ces buissons se ressemblent beaucoup et tant que le fruit n’est pas formé sur les branches, il est facile de se tromper. Sur le devant de la maison, sur le côté donc qui fait face au pays, la propriété est entourée d’un petit mur blanc sur lequel courent des branches de vraies roses, pour l’instant sans fleurs, mais déjà garnis de boutons. Au centre, une grille de fer qui est fermée. On se rend compte que c’est la maison d’un notable du pays ou d’un habitant assez fortuné. Tout, en effet, indique sinon la richesse, au moins l’aisance certainement. Il y a beaucoup d’ordre. Marie descend de sa monture et s’approche de la grille. Elle regarde à travers les barreaux et ne voit personne. Alors elle cherche à manifester sa présence. Une petite femme qui, plus curieuse que les autres l’a suivie, lui indique un bizarre agencement qui sert de clochette. Ce sont deux morceaux de métal fixés sur un axe. Quand on remue l’axe avec une corde, ils battent l’un contre l’autre en faisant un bruit qui imite celui d’une cloche ou d’un gong. Marie tire la corde, mais si gentiment que l’appareil tinte légèrement et personne ne l’entend. Alors, la femme, une petite vieille, tout nez et menton et entre les deux une langue qui en vaut dix, s’accroche à la corde et tire, tire, tire. Un vacarme à réveiller un mort. “C’est cela qu’il faut faire. Autrement comment pouvez-vous faire entendre? Sachez qu’Elisabeth est vieille, et aussi Zacharie. Et à présent il est muet et sourd par-dessus le marché. Les domestiques sont aussi vieux, le savez-vous? N’êtes-vous jamais venue? Connaissez-vous Zacharie? Vous êtes…” Pour délivrer Marie de ce déluge de renseignements et de questions, survient un petit vieux qui boîte. Ce doit être un jardinier ou un agriculteur, car il a en mains un sarcloir et, attachée à la ceinture, une serpette. Il ouvre et Marie entre en remerciant la petite vieille mais… hélas! sans lui répondre. Quelle déception pour la curieuse! A peine à l’intérieur, Marie dit: “Je suis Marie de Joachim et d’Anne, de Nazareth. Cousine de vos maîtres.” Le petit vieux s’incline et salue et se met à crier: “Sara! Sara!” Il rouvre la grille pour faire rentrer l’âne resté dehors parce que Marie, pour se défaire de la petite vieille importune, s’est glissée vite, à l’intérieur et que le jardinier, aussi rapide qu’elle, a fermé la grille, au nez de la commère et, tout en faisant entrer la monture, il dit: “Ah! grand bonheur et grande peine en cette maison! Le Ciel a donné un fils à la stérile, que le Très-Haut en soit béni! Mais Zacharie est revenu, il y a sept mois, muet de Jérusalem. Il se fait comprendre par signes ou en écrivant. Vous l’avez peut-être appris? La patronne vous a tant désirée au milieu de cette joie et de cette peine! Souvent elle parlait de vous avec Sara et disait: "Si j’avais encore ma petite Marie avec moi! Si elle avait encore été au Temple! J’aurais demandé à Zacharie de l’amener. Mais maintenant le Seigneur l’a voulue comme épouse à Joseph de Nazareth. Elle seule pouvait me donner du réconfort dans cette peine et m’aider à prier Dieu, car elle est si bonne, et au Temple tout le monde la pleure. À la dernière fête, quand je suis allée avec Zacharie la dernière fois à Jérusalem pour remercier Dieu de m’avoir donné un fils, j’ai entendu ses maîtresses me dire: "Le Temple semble avoir perdu les chérubins de la Gloire depuis que la voix de Marie ne résonne plus en ces murs". Sara! Sara! Ma femme est un peu sourde, mais viens, viens que je te conduise.” Au lieu de Sara, voilà, en haut d’un escalier au flanc d’un côté de la maison, une femme d’âge plutôt avancé, déjà toute ridée avec des cheveux très grisonnants. Ses cheveux devaient être très noirs parce que très noirs sont encore ses cils et ses sourcils et qu’elle était très brune, le teint de son visage l’indique clairement. Contrastant étrangement avec sa vieillesse évidente, sa grossesse est déjà très apparente, malgré l’ampleur de ses vêtements. Elle regarde en faisant signe de la main. Elle a reconnu Marie. Elle lève les bras au ciel avec un: “Oh!” étonné et joyeux et se hâte, autant qu’il lui est possible, à la rencontre de Marie. Marie aussi toujours réservée dans sa démarche se met à courir agile comme un faon et elle arrive au pied de l’escalier en même temps qu’Elisabeth. Marie reçoit sur son cœur avec une vive allégresse sa cousine qui pleure de joie en la voyant.
Elles restent embrassées un instant et puis Elisabeth se détache de l’étreinte avec un: “Ah!” où se mêlent la douleur et la joie et elle porte la main sur son ventre grossi. Elle penche son visage, pâlissant et rougissant alternativement. Marie et le serviteur tendent les mains pour la soutenir parce qu’elle vacille comme si elle se sentait mal. Mais Elisabeth, après être restée une minute comme recueillie en elle-même, lève un visage tellement radieux qu’il semble rajeuni. Elle regarde Marie avec vénération en souriant comme si elle voyait un ange et puis elle s’incline en un profond salut en disant: “Bénie es-tu parmi toutes les femmes! Béni le Fruit de ton sein! (elle prononce ainsi: deux phrases bien détachées). Comment ai-je mérité que vienne à moi, ta servante, la Mère de mon Seigneur? Voilà qu’au son de ta voix l’enfant a bondi de joie dans mon sein, et lorsque je t’ai embrassée, l’Esprit du Seigneur m’a dit les très hautes vérités dans les profondeurs de mon cœur. Bienheureuse es-tu d’avoir cru qu’à Dieu serait possible même ce qui ne semble pas possible à l’esprit humain! Bénie es-tu parce que, grâce à ta foi, tu feras accomplir les choses qui t’ont été prédites par le Seigneur et les prophéties des Prophètes pour ce temps-ci! Bénie es-tu pour le Salut que tu as engendré pour la descendance de Jacob! Bénie es-tu pour avoir apporté la Sainteté à mon fils qui, je le sens, bondit comme une jeune chevrette pour la joie qu’il éprouve, en mon sein! C’est qu’il se sent délivré du poids de la faute, appelé à être le Précurseur, sanctifié avant la Rédemption par le Saint qui croît en toi!”
Marie, avec deux larmes, qui comme des perles descendent de ses yeux qui rient vers sa bouche qui sourit, le visage levé vers le ciel et les bras levés aussi, dans la pose que plus tard, tant de fois aura son Jésus, s’écrie: “Mon âme magnifie son Seigneur” et elle continue le cantique comme il nous a été transmis. À la fin, au verset: “Il a secouru Israël son serviteur… etc.” elle croise les mains sur sa poitrine, s’agenouille, prosternée jusqu’à terre en adorant Dieu. Le serviteur s’était respectueusement éclipsé quand il avait vu qu’Elisabeth. ne se sentait plus mal et qu’elle confiait ses pensées à Marie. Il revient du verger avec un vieillard imposant aux cheveux blancs et à la barbe blanche, qui de loin, avec de grands gestes et des sons gutturaux, salue Marie. “Zacharie arrive” dit Elisabeth en touchant à l’épaule la Vierge absorbée dans sa prière. “Mon Zacharie est muet. Dieu l’a puni de n’avoir pas cru. Je t’en parlerai plus tard, mais maintenant, j’espère le pardon de Dieu puisque tu es venue, toi la Pleine de Grâce.” Marie se lève et va à la rencontre de Zacharie et s’incline devant lui jusqu’à terre. Elle baise le bord du vêtement blanc qui le couvre jusqu’à terre. Il est très ample ce vêtement et attaché à la taille par un large galon brodé. Zacharie par gestes souhaite la bienvenue, et ensemble ils rejoignent Elisabeth. Ils entrent tous dans une vaste pièce très bien disposée. Ils y font asseoir Marie et lui font servir une tasse de lait qu’on vient de traire - il écume encore - avec des petites galettes. Elisabeth donne des ordres à la servante, finalement apparue avec les mains enfarinées et des cheveux encore plus blancs, qu’ils ne le sont en réalité à cause de la farine dont ils sont saupoudrés. Peut-être était-elle en train de faire le pain. Elle donne aussi à un serviteur, que j’entends appeler Samuel, l’ordre de porter le coffre de Marie dans une chambre qu’elle lui indique. Tous les devoirs d’une maîtresse de maison à l’égard de son hôte. Marie répond entre temps aux questions que lui fait Zacharie en écrivant avec un stylet sur une tablette enduite de cire. Je comprends, par les réponses, qu’il lui parle de Joseph, et qu’il lui demande comment elle se trouve épousée. Mais je comprends aussi que Zacharie n’a eu aucune lumière surnaturelle sur l’état de Marie et sa condition de Mère du Messie. C’est Elisabeth qui, approchant de son mari et lui mettant affectueusement une main sur l’épaule comme pour une chaste caresse, lui dit: “Marie est mère, elle aussi. Réjouis-toi de son bonheur.” Mais elle n’ajoute rien. Elle regarde Marie et Marie la regarde mais ne l’invite pas à en dire plus, et elle se tait. Douce, très douce vision! Elle m’enlève l’horreur que j’avais ressentie à la vue du suicide de Judas. Hier soir, avant de m’endormir, j’ai vu les pleurs de Marie penchée sur la pierre de l’onction, sur le corps inanimé du Rédempteur. Elle était à sa droite, tournant le dos à l’entrée de la grotte sépulcrale. La lumière des torches éclairait son visage et me faisait voir son pauvre visage dévasté par la douleur, inondé de larmes. Elle prenait la main de Jésus, la caressait, la réchauffait sur ses joues, la baisait, en étendait les doigts… un par un les baisait ces doigts désormais inertes. Puis elle lui caressait le visage, se penchait pour baiser la bouche ouverte, les yeux à demi fermés, le front blessé. La lumière rougeâtre des torches fait paraître encore plus vives les plaies de tout ce corps torturé et plus visible la cruauté de la torture qu’il a subie et la réalité de sa mort. Je suis ainsi restée en contemplation tant que mon intelligence est restée lucide. Puis, réveillée de ma somnolence, j’ai prié et me suis mise en position pour un vrai sommeil. C’est alors qu’a commencé la vision ci-dessus. Mais la Maman m’a dit: “Ne remue pas, regarde seulement, tu écriras demain.” Pendant le sommeil, j’ai de nouveau tout revu en songe. Réveillée à 6h3O, j’ai revu tout ce que j’avais vu la veille et en rêve. J’ai écrit, tout en voyant. Puis, vous êtes venu et j’ai pu demander si je devais mettre tout ce qui suit. Ce sont de petits tableaux séparés sur le séjour de Marie dans la maison de Zacharie. (2 avril 1944).
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie. http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 8 août 2010, Dix-neuvième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,32-48.
Jésus disait à ses disciples : « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. Vendez ce que vous avez et donnez-le en aumône. Faites-vous une bourse qui ne s'use pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n'approche pas, où la mite ne ronge pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. S'il revient vers minuit ou plus tard encore et qu'il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Vous le savez bien : si le maître de maison connaissait l'heure où le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra. » Pierre dit alors : « Seigneur, cette parabole s'adresse-t-elle à nous, ou à tout le monde ? » Le Seigneur répond : « Quel est donc l'intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de ses domestiques pour leur donner, en temps voulu, leur part de blé ? Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera à son travail. Vraiment, je vous le déclare : il lui confiera la charge de tous ses biens. Mais si le même serviteur se dit : 'Mon maître tarde à venir', et s'il se met à frapper serviteurs et servantes, à manger, à boire et à s'enivrer, son maître viendra le jour où il ne l'attend pas et à l'heure qu'il n'a pas prévue ; il se séparera de lui et le mettra parmi les infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n'a pourtant rien préparé, ni accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n'en recevra qu'un petit nombre. A qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l'on a beaucoup confié, on réclamera davantage.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 4, Ch 140, p 364 - CD 4 (2ème cd), piste 147-
[Texte identique à celui de la semaine dernière] Jésus se trouve sur une des collines de la rive occidentale du lac. A ses yeux apparaissent les villes et les pays épars sur les rivages de l'une et l'autre côte, mais exactement au-dessous de la colline, se trouvent Magdala et Tibériade, la première avec son quartier riche, avec ses nombreux jardins, nettement séparé des pauvres maisons des pêcheurs, paysans et du menu peuple par un torrent maintenant tout à fait à sec. L'autre qui n'est que splendeur, ignorante de tout ce qui est misère et décadence, et qui rit, belle et toute neuve au soleil, en face du lac. Entre les deux, les jardins potagers, peu nombreux mais bien tenus, de la plaine étroite, et puis les oliviers qui montent à l'assaut des collines. Derrière Jésus, on voit de cette cime la selle du mont des Béatitudes, au pied duquel passe la voie principale qui va de la Méditerranée à Tibériade. C'est peut-être à cause de la proximité de cette vole principale très fréquentée que Jésus a choisi cette localité à laquelle beaucoup de gens peuvent accéder des nombreuses villes du lac ou de l'intérieur de la Galilée et d'où, le soir, il est facile de revenir chez soi ou de trouver l'hospitalité dans beaucoup de pays. La chaleur aussi est tempérée par l'altitude et par les arbres de haute futaie qui, au sommet, ont pris la place des oliviers. Il y a en effet beaucoup de gens, outre les apôtres et les disciples. Des gens qui ont besoin de Jésus pour leur santé, ou pour des conseils, des gens venus par curiosité, des gens qu'ont amené des amis, ou venus pour faire comme les autres. Une foule, en somme. La saison n'est plus sous l'influence de la canicule mais elle tend aux grâces languissantes de l'automne et elle invite plus que jamais à se mettre en route à la recherche du Maître. Jésus a déjà guéri les malades et parlé aux gens et certainement sur le thème des richesses injustes et de la nécessité de s'en détacher pour gagner le Ciel, et de l'absolue nécessité de ce détachement pour être son disciple. Et maintenant, il est en train de répondre aux questions de tel ou tel des disciples riches qui sont un peu troublés par cette exigence. Le scribe Jean dit: “Dois-je donc détruire ce que je possède, en en dépouillant les miens?” “Non. Dieu t'a donné des biens. Fais-les servir à la Justice et uses-en avec justice. C'est-à-dire sers-t-en pour subvenir aux besoins de ta famille, c'est un devoir; traite humainement les serviteurs, c'est de la charité; fais-en profiter les pauvres, subviens aux besoins des disciples pauvres. Voilà que les richesses ne seront pas pour toi un obstacle mais une aide.” Et puis, parlant à tous, il dit: “En vérité je vous dis que le même danger de perdre le Ciel par amour des richesses peut-être aussi le fait d'un disciple plus pauvre si, devenu mon prêtre, il manque à la justice en pactisant avec le riche. Celui qui est riche ou mauvais, bien des fois essaiera de vous séduire par des cadeaux pour que vous approuviez sa manière de vivre et son péché. Et il y en aura, parmi mes disciples, qui succomberont à la tentation des cadeaux. Cela ne doit pas être. Que le Baptiste vous instruise. Vraiment lui, bien qu'il ne fût ni juge ni magistrat, avait la perfection du juge et du magistrat, tels que les décrit le Deutéronome: "Tu n'auras pas de préférences, tu n'accepteras pas de cadeaux, parce qu'ils aveuglent les yeux des sages et altèrent les paroles des justes". Trop souvent l'homme laisse ébrécher l'épée de la justice par l'or qu'un pécheur passe sur le fil. Non, cela ne doit pas être. Sachez être pauvres, sachez savoir mourir, mais ne pactisez jamais avec la faute. Même pas avec l'excuse de faire servir cet or au profit des pauvres. C'est un or maudit et il ne leur procurerait pas du bien. C'est l'or d'une compromission infâme. Vous vous êtes constitués disciples pour être maîtres, médecins et rédempteurs. Que seriez-vous si vous consentiez au mal par intérêt? Des maîtres d'une science mauvaise, des médecins qui tuent le malade, non pas des rédempteurs mais des gens qui coopèrent à la ruine des cœurs.” Un homme de la foule s'avance et dit: “Je ne suis pas disciple, mais je t'admire. Réponds donc à cette question: "Est-il permis à quelqu'un de retenir l'argent d'un autre?"“ “Non, homme. C'est un vol, comme d'enlever la bourse à un passant.” “Même si c'est l'argent de la famille?” “Oui. Il n'est pas juste que quelqu'un s'approprie l'argent de tous les autres.” “Alors, Maître, viens à Abelmain sur la route de Damas et ordonne à mon frère de partager avec moi l'héritage du père qui est mort sans avoir laissé un mot d'écrit. Il a tout pris pour lui, et remarque que nous sommes jumeaux nés d'un premier et unique enfantement. J'ai donc les mêmes droits que lui.” Jésus le regarde et dit: “C'est une situation pénible et certainement ton frère n'agit pas bien. Mais tout ce que je peux faire, c'est de prier pour toi et davantage pour lui pour qu'il se convertisse, et venir dans ton pays pour évangéliser en touchant ainsi son cœur. Le chemin ne m'est pas pénible si je peux mettre la paix entre vous.” L'homme, furieux, bondit: “Et que veux-tu que j'en fasse de tes paroles? Il faut bien autre chose que des paroles, en ce cas!” “Mais ne m'as-tu pas dit de commander à ton frère de…” “Commander ce n'est pas évangéliser. Un ordre est toujours accompagné d'une menace. Menace-le de le frapper dans sa personne, s'il ne me donne pas ce qui m'appartient. Tu peux le faire. Comme tu donnes la santé, tu peux donner la maladie.” “Homme, je suis venu pour convertir, non pour frapper. Mais, si tu as foi dans mes paroles, tu trouveras la paix.” “Quelles paroles?” “Je t'ai dit que je prierai pour toi et pour ton frère, pour que tu sois consolé et que lui se convertisse.” “Des histoires! Des histoires! Je n'ai pas la naïveté d'y croire. Viens et commande.” Jésus, qui était doux et patient, se fait imposant et sévère. Il se redresse - auparavant il se tenait un peu penché sur le petit homme corpulent et enflammé de colère - et il dit: “Homme, qui m'a établi juge et arbitre entre vous? Personne. Mais pour faire disparaître un désaccord entre deux frères, j'acceptais de venir pour remplir ma mission de pacificateur et de rédempteur et, si tu avais cru à mes paroles, en revenant à Abelmain tu aurais trouvé ton frère déjà converti. Tu ne sais pas croire, et tu n'auras pas le miracle. Toi, si le premier tu avais pu mettre la main sur le trésor, tu l'aurais gardé en en privant ton frère parce que, en vérité, si vous êtes nés jumeaux, vous avez aussi des passions jumelles et toi, comme ton frère, vous avez un seul amour: l'or, une seule foi: l'or. Reste donc avec ta foi. Adieu.” L'homme s'en va en maudissant, au scandale de la foule qui voudrait le punir. Mais Jésus s'y oppose. Il dit: “Laissez-le aller. Pourquoi voulez-vous vous salir les mains en frappant une brute? Moi, je lui pardonne, parce qu'il est possédé par le démon de l'or qui fait de lui un dévoyé. Faites-le, vous aussi. Prions plutôt pour ce malheureux afin qu'il redevienne homme à l'âme belle de liberté.” “C'est vrai. Son visage même est devenu horrible par l'effet de sa cupidité. Tu l'as vu?” se demandent l'un à l'autre les disciples et ceux qui étaient près de l'homme cupide. “C est vrai! C'est vrai! Il ne semblait plus être ce qu'il était avant.” “Oui. Quand ensuite il a repoussé le Maître, pour un peu il l'aurait frappé tout en le maudissant, son visage est devenu celui d'un démon.” “D'un démon tentateur. Il voulait porter le Maître à la méchanceté…” “Écoutez” dit Jésus. “Vraiment les altérations de l'âme se reflètent sur le visage. C'est comme si le démon affleurait à la surface de celui qu'il possède. Ils sont peu nombreux ceux qui, étant des démons par leurs actes ou leur attitude, ne trahissent pas ce qu'ils sont. Et ces gens peu nombreux sont parfaits dans le mal et parfaitement possédés. Le visage du juste, au contraire, est toujours beau même s'il est matériellement difforme, par suite d'une beauté surnaturelle qui se répand de l'intérieur sur l'extérieur. Et ce n'est pas par manière de parler mais les faits le démontrent, nous observons chez celui qui est pur de tout vice la fraîcheur de la chair elle-même. L'âme est en nous et nous possède tout entiers. Les puanteurs d'une âme corrompue corrompent même la chair, alors que les parfums d'une âme pure la préservent. L'âme impure pousse la chair à des péchés obscènes, et ces derniers vieillissent et déforment. L'âme pure pousse la chair à une vie pure et cela conserve la fraîcheur et communique la majesté. Faites en sorte qu'en vous demeure la pure jeunesse de l'esprit, ou qu'elle ressuscite si elle est déjà perdue, et veillez à vous garder de toute cupidité que ce soit des sens ou du pouvoir. La vie de l'homme ne dépend pas de l'abondance des biens qu'il possède. Ni cette vie, ni encore moins l'autre: celle qui est éternelle, mais de sa manière de vivre. Et avec la vie, le bonheur de cette terre et du Ciel. Car le vicieux n'est jamais heureux, réellement heureux. Alors que celui qui est vertueux est toujours heureux d'une céleste allégresse, même s'il est pauvre et seul. La mort même ne l'impressionne pas, parce qu'il n'a pas de fautes ni de remords qui lui fassent craindre la rencontre avec Dieu, et qu'il n'a pas de regrets pour ce qu'il laisse sur la terre. Lui sait que c'est au Ciel que se trouve son trésor et, comme quelqu'un qui s'en va prendre possession de l'héritage qui lui revient et d'un héritage saint, il s'en va joyeux, empressé, à la rencontre de la mort qui lui ouvre les portes du Royaume où se trouve son trésor. Faites-vous tout de suite votre trésor. Commencez-le dès votre jeunesse, vous qui êtes jeunes; travaillez infatigablement, vous les plus âgés qui, à cause de votre âge, êtes plus près de la mort. Mais, puisque la mort est une échéance inconnue et que souvent l'enfant tombe avant le vieillard, ne renvoyez pas au lendemain le travail de vous faire un trésor de vertu et de bonnes œuvres pour l'autre vie, de peur que la mort ne vous rejoigne sans que vous ayez mis de côté un trésor pour le Ciel. Nombreux sont ceux qui disent: "Oh! je suis jeune et fort! Pour le moment, je jouis sur la terre, après je me convertirai". Grande erreur! Écoutez cette parabole. La campagne d'un homme riche lui avait rapporté d'abondantes récoltes. Elles étaient vraiment miraculeuses. Il contemple avec joie toute cette richesse qui s'accumule sur ses champs et sur son aire et qui ne trouve pas de place dans les greniers et qu'on abrite sous des hangars provisoires et jusque dans les pièces de la maison, et il dit: "J'ai travaillé comme un esclave, mais la terre ne m'a pas déçu. J'ai travaillé pour dix récoltes et maintenant je veux me reposer pour autant de temps. Comment ferai-je pour loger toute cette récolte? Je ne veux pas la vendre, car cela m'obligerait à travailler pour avoir, l'an prochain, une nouvelle récolte. Voici ce que je vais faire: je démolirai mes greniers et j'en ferai de plus grands pour loger toutes mes récoltes et tous mes biens. Et puis, je dirai à mon âme: 'Oh! mon âme! Tu as maintenant des biens pour plusieurs années. Repose-toi donc, mange et bois et profites-en' ". Cet homme, comme beaucoup, confondait le corps et l'esprit et il mélangeait le sacré au profane, parce que réellement dans les jouissances et l'oisiveté l'âme ne jouit pas mais languit, et celui-là aussi, comme beaucoup, après la première bonne récolte dans les champs du bien, s'arrêtait car il lui semblait avoir tout f ait. Mais, ne savez-vous pas que quand on a mis la main à la charrue, il faut persévérer une année, dix, cent, tant que dure la vie, car s'arrêter est un crime envers soi-même, parce qu'on se refuse une gloire plus grande, et c'est régresser, car celui qui s'arrête, généralement, non seulement ne progresse plus mais revient en arrière? Le trésor du Ciel doit augmenter d'année en année pour être bon, puisque si la Miséricorde divine doit être bienveillante, même avec ceux qui ont eu peu d'années pour le former, elle ne sera pas complice des paresseux qui, ayant une longue vie, font peu de chose. Le trésor doit être en continuelle croissance. Autrement ce n'est plus un trésor qui porte du fruit, mais un trésor inerte et cela se produit au détriment de la paix promise du Ciel. Dieu dit à l'homme sot: "Homme sot qui confonds le corps et les biens de la terre avec ce qui est esprit et qui, d'une grâce de Dieu te fais un mal, sache que cette nuit même on te demandera ton âme et quand elle sera partie, le corps restera sans vie. Ce que tu as préparé, à qui cela reviendra-t-il? L'emporteras-tu avec toi? Non. Tu viendras dépouillé des récoltes terrestres et des œuvres spirituelles en ma présence et tu seras pauvre dans l'autre vie. Il valait mieux faire de tes récoltes des œuvres de miséricorde pour le prochain et pour toi car, en étant miséricordieux pour les autres, tu serais miséricordieux pour ton âme. Et au lieu de nourrir des pensées d'oisiveté, mettre en œuvre des activités d'où tu pouvais tirer un profit utile pour ton corps et de grands mérites pour ton âme, jusqu'au moment où je t'aurais appelé". Et l'homme mourut cette nuit-là, et fut jugé avec sévérité. E vérité, je vous dis qu'il en arrive ainsi pour celui qui thésaurise pour lui-même et ne s'enrichit pas aux yeux de Dieu. Maintenant allez et faites-vous un trésor de l'enseignement qui vous est donné. La paix soit avec vous.” Et Jésus bénit et il se retire dans un bois avec les apôtres et les disciples pour se restaurer et se reposer. Mais, tout en mangeant, il parle encore en continuant l'instruction précédente, en reprenant un thème déjà présenté aux apôtres plusieurs fois et je crois qu'il le sera toujours insuffisamment car l'homme est trop en proie aux peurs sans fondement. “Croyez” dit-il, “que c'est seulement de cet enrichissement de vertu qu'il faut se préoccuper. Et veillez à ce que la vôtre ne soit jamais une préoccupation agitée, inquiète. Le Bien est l'ennemi des inquiétudes, des peurs, des empressements qui se ressentent encore trop de la cupidité, de la jalousie, des méfiances humaines. Que votre travail soit constant, confiant, paisible, sans brusques départs et brusques arrêts. Ainsi font les onagres sauvages, mais personne ne les utilise, à moins d'être fou, pour cheminer en sécurité. Paisibles dans les victoires, paisibles dans les défaites. Même le chagrin pour une erreur commise, qui vous afflige parce que par cette erreur vous avez déplu à Dieu, doit être paisible, réconforté par l'humilité et la confiance. L'accablement, la rancœur envers soi-même est toujours l'indice de l'orgueil, et ainsi même de la défiance. Si quelqu'un est humble, il sait qu'il est un pauvre homme sujet aux misères de la chair qui parfois triomphe. Si quelqu'un est humble, il a confiance non pas tant en lui-même qu'en Dieu et il reste calme, même dans les défaites, en disant: "Pardonne-moi, Père. Je sais que Tu connais ma faiblesse qui parfois l'emporte. Je crois que Tu as pitié de moi. J'ai la ferme confiance que Tu m'aideras à l'avenir encore plus qu'auparavant, bien que je Te donne si peu de satisfaction". Et ne soyez ni indifférents ni avares des biens de Dieu. Donnez de ce que vous avez en fait de sagesse et de vertu. Soyez actifs en matière spirituelle comme les hommes le sont pour les choses de la chair. Et, en ce qui concerne la chair, n'imitez pas les gens du monde qui ne cessent de trembler pour leur lendemain, par peur qu'il leur manque le superflu, que la maladie arrive, qu'arrive la mort, que leurs ennemis puissent leur nuire, et ainsi de suite. Dieu sait de quoi vous avez besoin. Ne craignez donc pas pour votre lendemain. Dégagez-vous des peurs, plus lourdes que les chaînes des galériens. Ne vous mettez pas en peine pour votre vie, ni pour la nourriture, ni pour la boisson, ni pour le vêtement. La vie de l'esprit est plus que celle du corps, et le corps est plus que le vêtement, car c'est par le corps et non par le vêtement que vous vivez et que, par la mortification du corps, vous aidez l'esprit à obtenir la vie éternelle. Dieu sait jusqu'à quand Il laissera votre âme dans votre corps, et jusqu'à ce moment, Il vous donnera ce qui vous est nécessaire. Il le donne aux corbeaux, animaux impurs qui se repaissent de cadavres et qui ont leur raison d'exister justement dans cette fonction qui est la leur de nous débarrasser des corps en putréfaction, et ne vous le donnera-t-Il pas à vous? Eux n'ont pas de. locaux pour les vivres, ni de greniers, et pourtant Dieu les nourrit quand même. Vous êtes des hommes et non pas des corbeaux. Et puis, présentement, vous êtes la fleur des hommes parce que vous êtes les disciples du Maître, les évangélisateurs du monde, les serviteurs de Dieu. Et pouvez-vous penser que Dieu, qui a soin des lys des vallées et les fait croître et les revêt d'un vêtement plus beau que n'en a eu Salomon, sans qu'ils fassent d'autre travail que parfumer en adorant, croyez-vous qu'Il puisse vous oublier même pour le vêtement? Vous qui ne pouvez ajouter par vous-mêmes une dent à votre bouche dégarnie, ni allonger d'un pouce une jambe raccourcie, ni rendre l'acuité à une vue brouillée. Et, si vous ne pouvez faire ces choses, pouvez-vous penser pouvoir éloigner de vous la misère et la maladie et faire sortir de la nourriture de la poussière? Vous ne le pouvez. Mais ne soyez pas des gens de peu de foi. Vous aurez toujours ce qui vous est nécessaire. Ne vous mettez pas en peine comme les gens du monde qui se donnent du mal pour pourvoir à leurs plaisirs. Vous avez votre Père qui sait de quoi vous avez besoin. Vous devez seulement chercher, et que ce soit le premier de vos soucis, le Royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné en plus. Ne craignez pas, vous qui êtes de mon petit troupeau. Il a plu à mon Père de vous appeler au Royaume pour que vous possédiez ce Royaume. Vous pouvez donc y aspirer et aider le Père par votre bonne volonté et votre sainte activité. Vendez vos biens, faites-en l'aumône si vous êtes seuls. Donnez aux vôtres les moyens d'existence qui compensent votre abandon de la maison pour me suivre, car il est juste de ne pas enlever le pain aux enfants et aux épouses. Et, si vous ne pouvez sacrifier les richesses d'argent, sacrifiez les richesses d'affection. Elles aussi sont une monnaie que Dieu estime pour ce qu'elles sont: de l'or plus pur que tout autre, des perles plus précieuses que celles qui sont arrachées aux mers, et des rubis plus rares que ceux des entrailles de la terre. Car renoncer à la famille pour Moi, c'est charité parfaite plus que de l'or sans un atome impur, c'est une perle faite de larmes, un rubis fait du sang qui gémit de la blessure du cœur déchiré par la séparation d'avec le père et la mère, l'épouse et les enfants. Mais ces bourses ne s'usent pas, ce trésor ne s'amoindrit jamais. Les voleurs ne pénètrent pas au Ciel. Le ver ne ronge pas ce qui y a été déposé. Et ayez le Ciel dans votre cœur et votre cœur au Ciel, près de votre trésor. Car le cœur, chez l'homme bon ou chez le méchant, est là où se trouve ce qui vous semble votre cher trésor. Car, de même que le cœur est là où se trouve le trésor (au Ciel), ainsi le trésor est là où se trouve le cœur (c'est-à-dire en vous), et même le trésor est dans le cœur, et avec le trésor des saints se trouve, dans le cœur, le Ciel des saints. Soyez toujours prêts comme celui qui est sur le point de partir en voyage, ou qui attend son maître. Vous êtes les serviteurs du Maître-Dieu. A toute heure Il peut vous appeler où Il est, ou bien venir où vous êtes. Soyez donc toujours prêts à partir ou à Lui faire honneur, la taille ceinte de la ceinture de voyage ou de travail et avec à la main la lampe allumée. Sortant d'une fête de noces avec quelqu'un qui vous a précédés dans les Cieux ou dans la consécration à Dieu sur la terre, Dieu peut se souvenir de vous qui attendez et peut dire: "Allons chez Etienne ou chez Jean ou bien chez Jacques et chez Pierre". Et Dieu est rapide dans sa venue, ou pour dire: "Viens". Soyez donc prêts à Lui ouvrir la porte quand Il arrivera ou à partir s'Il vous appelle. Bienheureux ces serviteurs que le Maître, en arrivant, trouvera en train de veiller. En vérité, pour les récompenser de leur attente fidèle, Il se ceindra le vêtement et, après les avoir fait asseoir à table, Il se mettra à les servir. Il peut venir à la première veille, comme à la seconde ou à la troisième. Vous ne le savez pas. Soyez donc toujours vigilants. Et bienheureux si vous l'êtes et qu'ainsi vous trouve le Maître! Ne vous flattez pas en disant: "On a le temps! Cette nuit Il ne vient pas", il vous en arriverait du mal. Vous ne savez pas. Si quelqu'un savait quand le voleur va venir, il ne laisserait pas sa maison sans surveillance pour que le malandrin puisse en forcer la porte ou les coffres-forts. Vous aussi, soyez prêts car, au moment où vous y penserez le moins, le Fils de l'homme viendra en disant: "C'est l'heure".” Pierre qui a été jusqu'à oublier de finir son repas pour écouter le Seigneur, voyant que Jésus se tait, demande: “Ce que tu dis, c'est pour nous ou pour tous?” “C'est pour vous et pour tous, mais c'est davantage pour vous, car vous êtes comme des intendants mis par le Maître à la tête des serviteurs et vous êtes doublement obligés d'être prêts, à la fois pour vous comme intendants et pour vous comme simples fidèles. Que doit être l'intendant mis par le maître à la tête de ses serviteurs pour donner à chacun au moment voulu sa juste part? Il doit être avisé et fidèle. Pour accomplir son propre devoir, pour faire accomplir à ceux qui sont au-dessous de lui leur propre devoir. Autrement en souffriraient les intérêts du maître qui paie l'intendant pour qu'il agisse en son nom et veille sur ses intérêts en son absence. Bienheureux le serviteur que le maître, en revenant à sa maison, trouve en train d'agir avec fidélité, habileté et justice. En vérité je vous dis qu'il l'établira intendant des autres propriétés aussi, de toutes ses propriétés, se reposant et se réjouissant en son cœur pour la sécurité que ce serviteur lui donne. Mais si ce serviteur dit: "Oh! c'est bon! Le maître est très loin et il m'a écrit que son retour sera retardé. Je peux donc faire ce que bon me semble et puis, quand je verrai que son retour est proche, j'y pourvoirai". Et il commencera à manger et à boire jusqu'à en être ivre et à donner des ordres d'ivrogne. Comme les bons serviteurs qui dépendent de lui refusent de les exécuter pour ne pas faire tort à leur maître, il se met à battre les serviteurs et les servantes jusqu'à les rendre malades et languissants. Il croit être heureux et il dit: "Je goûte enfin ce que c'est qu'être maître et d'être craint de tous". Mais, que lui arrivera-t-il? Il lui arrivera que le maître reviendra au moment où il s'y attend le moins, en le surprenant justement en train d'empocher l'argent ou de corrompre quelque serviteur parmi les plus faibles. Alors, je vous le dis, le maître le chassera de sa place d'intendant et jusque des rangs de ses serviteurs, car il n'est pas permis de garder les infidèles et les traîtres parmi des serviteurs honnêtes. Et il sera d'autant plus puni que le maître l'avait davantage aimé et instruit. Car plus on connaît la volonté et la pensée du maître, plus on est tenu de l'accomplir avec exactitude. S'il n'agit pas comme le maître le lui a dit, en détail, comme à aucun autre, il recevra de nombreux coups, alors que celui, en tant que serviteur de second rang est bien peu au courant et se trompe tout en croyant bien faire, sera moins puni. A qui on a beaucoup donné, il sera beaucoup demandé, et il devra rendre beaucoup, celui qui a été chargé de beaucoup, car mes intendants devront rendre compte même de l'âme d'un tout petit d'une heure. Mon choix n'est pas un frais repos dans un bosquet fleuri. Je suis venu apporter le feu sur la terre, et que puis-je désirer sinon qu'il s'enflamme? Aussi je m'épuise et je veux que vous vous épuisiez jusqu'à la mort et jusqu'à ce que toute la terre soit un brasier de feu céleste. Quant à Moi, je dois être baptisé d'un baptême. Et comme je serai angoissé tant qu'il ne sera pas accompli! Vous ne vous demandez pas pourquoi? Parce que, par ce baptême, je pourrai faire de vous des porteurs du Feu, des agitateurs qui se mouvront dans toutes et contre toutes les couches de la société pour en faire une unique chose: le troupeau du Christ. Croyez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre? Et selon la manière de voir de la terre? Non, mais au contraire, la discorde et la désunion. Parce que, désormais et jusqu'à ce que toute la terre soit un unique troupeau, de cinq qui sont dans une maison, il y en aura deux contre trois, et le père sera contre le fils, et ce dernier contre son père, et la mère contre ses filles, et celles-ci contre celle-là, et les belles-filles et les belles-mères auront un motif de plus de ne pas s'entendre, car il y aura un langage nouveau sur certaines lèvres, et il se produira une sorte de Babel, parce qu'un soulèvement profond ébranlera le royaume des affections humaines et surhumaines. Mais ensuite viendra l'heure où tout s'unifiera en une langue nouvelle que parleront tous ceux que le Nazaréen aura sauvés, et les eaux des sentiments s'épureront alors que les scories tomberont au fond et que brilleront à la surface les eaux limpides des lacs célestes. En vérité, mon service n'est pas un repos selon le sens que l'homme donne à ce mot. Il faut un héroïsme inlassable. Mais je vous le dis: à la fin il y aura Jésus, toujours et encore Jésus, qui ceindra son vêtement pour vous servir et puis s'assiéra avec vous à un banquet éternel et on oubliera fatigue et douleur. Maintenant, puisque plus personne ne nous a cherchés, allons vers le lac. Nous nous reposerons à Magdala. Dans les jardins de Marie de Lazare il y a place pour tous et elle a mis sa maison à la disposition du Pèlerin et de ses amis. Il n'est pas besoin de vous dire que Marie de Magdala est morte avec son péché et que, de son repentir, est née Marie de Lazare, la disciple de Jésus de Nazareth. Vous le savez déjà car la nouvelle a couru comme le frémissement du vent dans une forêt. Mais Moi, je vous dis ce que vous ne savez pas: que tous les biens personnels de Marie de Lazare sont pour les serviteurs de Dieu et pour les pauvres du Christ. Allons…”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 1er août 2010, Dix-huitième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,13-21.
Du milieu de la foule, un homme demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. » Jésus lui répondit : « Qui m'a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages ? » Puis, s'adressant à la foule : « Gardez-vous bien de toute âpreté au gain ; car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas de ses richesses. » Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont les terres avaient beaucoup rapporté. Il se demandait : 'Que vais-je faire ? Je ne sais pas où mettre ma récolte. ' Puis il se dit : 'Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j'en construirai de plus grands et j'y entasserai tout mon blé et tout ce que je possède. Alors je me dirai à moi-même : Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence. ' Mais Dieu lui dit : 'Tu es fou : cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l'aura ? ' Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'être riche en vue de Dieu. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 4, Ch 140, p 357 - CD 4 (2ème cd), piste 147-
Jésus se trouve sur une des collines de la rive occidentale du lac. A ses yeux apparaissent les villes et les pays épars sur les rivages de l'une et l'autre côte, mais exactement au-dessous de la colline, se trouvent Magdala et Tibériade, la première avec son quartier riche, avec ses nombreux jardins, nettement séparé des pauvres maisons des pêcheurs, paysans et du menu peuple par un torrent maintenant tout à fait à sec. L'autre qui n'est que splendeur, ignorante de tout ce qui est misère et décadence, et qui rit, belle et toute neuve au soleil, en face du lac. Entre les deux, les jardins potagers, peu nombreux mais bien tenus, de la plaine étroite, et puis les oliviers qui montent à l'assaut des collines. Derrière Jésus, on voit de cette cime la selle du mont des Béatitudes, au pied duquel passe la voie principale qui va de la Méditerranée à Tibériade. C'est peut-être à cause de la proximité de cette vole principale très fréquentée que Jésus a choisi cette localité à laquelle beaucoup de gens peuvent accéder des nombreuses villes du lac ou de l'intérieur de la Galilée et d'où, le soir, il est facile de revenir chez soi ou de trouver l'hospitalité dans beaucoup de pays. La chaleur aussi est tempérée par l'altitude et par les arbres de haute futaie qui, au sommet, ont pris la place des oliviers. Il y a en effet beaucoup de gens, outre les apôtres et les disciples. Des gens qui ont besoin de Jésus pour leur santé, ou pour des conseils, des gens venus par curiosité, des gens qu'ont amené des amis, ou venus pour faire comme les autres. Une foule, en somme. La saison n'est plus sous l'influence de la canicule mais elle tend aux grâces languissantes de l'automne et elle invite plus que jamais à se mettre en route à la recherche du Maître. Jésus a déjà guéri les malades et parlé aux gens et certainement sur le thème des richesses injustes et de la nécessité de s'en détacher pour gagner le Ciel, et de l'absolue nécessité de ce détachement pour être son disciple. Et maintenant, il est en train de répondre aux questions de tel ou tel des disciples riches qui sont un peu troublés par cette exigence. Le scribe Jean dit: “Dois-je donc détruire ce que je possède, en en dépouillant les miens?” “Non. Dieu t'a donné des biens. Fais-les servir à la Justice et uses-en avec justice. C'est-à-dire sers-t-en pour subvenir aux besoins de ta famille, c'est un devoir; traite humainement les serviteurs, c'est de la charité; fais-en profiter les pauvres, subviens aux besoins des disciples pauvres. Voilà que les richesses ne seront pas pour toi un obstacle mais une aide.” Et puis, parlant à tous, il dit: “En vérité je vous dis que le même danger de perdre le Ciel par amour des richesses peut-être aussi le fait d'un disciple plus pauvre si, devenu mon prêtre, il manque à la justice en pactisant avec le riche. Celui qui est riche ou mauvais, bien des fois essaiera de vous séduire par des cadeaux pour que vous approuviez sa manière de vivre et son péché. Et il y en aura, parmi mes disciples, qui succomberont à la tentation des cadeaux. Cela ne doit pas être. Que le Baptiste vous instruise. Vraiment lui, bien qu'il ne fût ni juge ni magistrat, avait la perfection du juge et du magistrat, tels que les décrit le Deutéronome: "Tu n'auras pas de préférences, tu n'accepteras pas de cadeaux, parce qu'ils aveuglent les yeux des sages et altèrent les paroles des justes". Trop souvent l'homme laisse ébrécher l'épée de la justice par l'or qu'un pécheur passe sur le fil. Non, cela ne doit pas être. Sachez être pauvres, sachez savoir mourir, mais ne pactisez jamais avec la faute. Même pas avec l'excuse de faire servir cet or au profit des pauvres. C'est un or maudit et il ne leur procurerait pas du bien. C'est l'or d'une compromission infâme. Vous vous êtes constitués disciples pour être maîtres, médecins et rédempteurs. Que seriez-vous si vous consentiez au mal par intérêt? Des maîtres d'une science mauvaise, des médecins qui tuent le malade, non pas des rédempteurs mais des gens qui coopèrent à la ruine des cœurs.” Un homme de la foule s'avance et dit: “Je ne suis pas disciple, mais je t'admire. Réponds donc à cette question: "Est-il permis à quelqu'un de retenir l'argent d'un autre?"“ “Non, homme. C'est un vol, comme d'enlever la bourse à un passant.” “Même si c'est l'argent de la famille?” “Oui. Il n'est pas juste que quelqu'un s'approprie l'argent de tous les autres.” “Alors, Maître, viens à Abelmain sur la route de Damas et ordonne à mon frère de partager avec moi l'héritage du père qui est mort sans avoir laissé un mot d'écrit. Il a tout pris pour lui, et remarque que nous sommes jumeaux nés d'un premier et unique enfantement. J'ai donc les mêmes droits que lui.” Jésus le regarde et dit: “C'est une situation pénible et certainement ton frère n'agit pas bien. Mais tout ce que je peux faire, c'est de prier pour toi et davantage pour lui pour qu'il se convertisse, et venir dans ton pays pour évangéliser en touchant ainsi son cœur. Le chemin ne m'est pas pénible si je peux mettre la paix entre vous.” L'homme, furieux, bondit: “Et que veux-tu que j'en fasse de tes paroles? Il faut bien autre chose que des paroles, en ce cas!” “Mais ne m'as-tu pas dit de commander à ton frère de…” “Commander ce n'est pas évangéliser. Un ordre est toujours accompagné d'une menace. Menace-le de le frapper dans sa personne, s'il ne me donne pas ce qui m'appartient. Tu peux le faire. Comme tu donnes la santé, tu peux donner la maladie.” “Homme, je suis venu pour convertir, non pour frapper. Mais, si tu as foi dans mes paroles, tu trouveras la paix.” “Quelles paroles?” “Je t'ai dit que je prierai pour toi et pour ton frère, pour que tu sois consolé et que lui se convertisse.” “Des histoires! Des histoires! Je n'ai pas la naïveté d'y croire. Viens et commande.” Jésus, qui était doux et patient, se fait imposant et sévère. Il se redresse - auparavant il se tenait un peu penché sur le petit homme corpulent et enflammé de colère - et il dit: “Homme, qui m'a établi juge et arbitre entre vous? Personne. Mais pour faire disparaître un désaccord entre deux frères, j'acceptais de venir pour remplir ma mission de pacificateur et de rédempteur et, si tu avais cru à mes paroles, en revenant à Abelmain tu aurais trouvé ton frère déjà converti. Tu ne sais pas croire, et tu n'auras pas le miracle. Toi, si le premier tu avais pu mettre la main sur le trésor, tu l'aurais gardé en en privant ton frère parce que, en vérité, si vous êtes nés jumeaux, vous avez aussi des passions jumelles et toi, comme ton frère, vous avez un seul amour: l'or, une seule foi: l'or. Reste donc avec ta foi. Adieu.” L'homme s'en va en maudissant, au scandale de la foule qui voudrait le punir. Mais Jésus s'y oppose. Il dit: “Laissez-le aller. Pourquoi voulez-vous vous salir les mains en frappant une brute? Moi, je lui pardonne, parce qu'il est possédé par le démon de l'or qui fait de lui un dévoyé. Faites-le, vous aussi. Prions plutôt pour ce malheureux afin qu'il redevienne homme à l'âme belle de liberté.” “C'est vrai. Son visage même est devenu horrible par l'effet de sa cupidité. Tu l'as vu?” se demandent l'un à l'autre les disciples et ceux qui étaient près de l'homme cupide. “C est vrai! C'est vrai! Il ne semblait plus être ce qu'il était avant.” “Oui. Quand ensuite il a repoussé le Maître, pour un peu il l'aurait frappé tout en le maudissant, son visage est devenu celui d'un démon.” “D'un démon tentateur. Il voulait porter le Maître à la méchanceté…” “Écoutez” dit Jésus. “Vraiment les altérations de l'âme se reflètent sur le visage. C'est comme si le démon affleurait à la surface de celui qu'il possède. Ils sont peu nombreux ceux qui, étant des démons par leurs actes ou leur attitude, ne trahissent pas ce qu'ils sont. Et ces gens peu nombreux sont parfaits dans le mal et parfaitement possédés. Le visage du juste, au contraire, est toujours beau même s'il est matériellement difforme, par suite d'une beauté surnaturelle qui se répand de l'intérieur sur l'extérieur. Et ce n'est pas par manière de parler mais les faits le démontrent, nous observons chez celui qui est pur de tout vice la fraîcheur de la chair elle-même. L'âme est en nous et nous possède tout entiers. Les puanteurs d'une âme corrompue corrompent même la chair, alors que les parfums d'une âme pure la préservent. L'âme impure pousse la chair à des péchés obscènes, et ces derniers vieillissent et déforment. L'âme pure pousse la chair à une vie pure et cela conserve la fraîcheur et communique la majesté. Faites en sorte qu'en vous demeure la pure jeunesse de l'esprit, ou qu'elle ressuscite si elle est déjà perdue, et veillez à vous garder de toute cupidité que ce soit des sens ou du pouvoir. La vie de l'homme ne dépend pas de l'abondance des biens qu'il possède. Ni cette vie, ni encore moins l'autre: celle qui est éternelle, mais de sa manière de vivre. Et avec la vie, le bonheur de cette terre et du Ciel. Car le vicieux n'est jamais heureux, réellement heureux. Alors que celui qui est vertueux est toujours heureux d'une céleste allégresse, même s'il est pauvre et seul. La mort même ne l'impressionne pas, parce qu'il n'a pas de fautes ni de remords qui lui fassent craindre la rencontre avec Dieu, et qu'il n'a pas de regrets pour ce qu'il laisse sur la terre. Lui sait que c'est au Ciel que se trouve son trésor et, comme quelqu'un qui s'en va prendre possession de l'héritage qui lui revient et d'un héritage saint, il s'en va joyeux, empressé, à la rencontre de la mort qui lui ouvre les portes du Royaume où se trouve son trésor. Faites-vous tout de suite votre trésor. Commencez-le dès votre jeunesse, vous qui êtes jeunes; travaillez infatigablement, vous les plus âgés qui, à cause de votre âge, êtes plus près de la mort. Mais, puisque la mort est une échéance inconnue et que souvent l'enfant tombe avant le vieillard, ne renvoyez pas au lendemain le travail de vous faire un trésor de vertu et de bonnes œuvres pour l'autre vie, de peur que la mort ne vous rejoigne sans que vous ayez mis de côté un trésor pour le Ciel. Nombreux sont ceux qui disent: "Oh! je suis jeune et fort! Pour le moment, je jouis sur la terre, après je me convertirai". Grande erreur! Écoutez cette parabole. La campagne d'un homme riche lui avait rapporté d'abondantes récoltes. Elles étaient vraiment miraculeuses. Il contemple avec joie toute cette richesse qui s'accumule sur ses champs et sur son aire et qui ne trouve pas de place dans les greniers et qu'on abrite sous des hangars provisoires et jusque dans les pièces de la maison, et il dit: "J'ai travaillé comme un esclave, mais la terre ne m'a pas déçu. J'ai travaillé pour dix récoltes et maintenant je veux me reposer pour autant de temps. Comment ferai-je pour loger toute cette récolte? Je ne veux pas la vendre, car cela m'obligerait à travailler pour avoir, l'an prochain, une nouvelle récolte. Voici ce que je vais faire: je démolirai mes greniers et j'en ferai de plus grands pour loger toutes mes récoltes et tous mes biens. Et puis, je dirai à mon âme: 'Oh! mon âme! Tu as maintenant des biens pour plusieurs années. Repose-toi donc, mange et bois et profites-en' ". Cet homme, comme beaucoup, confondait le corps et l'esprit et il mélangeait le sacré au profane, parce que réellement dans les jouissances et l'oisiveté l'âme ne jouit pas mais languit, et celui-là aussi, comme beaucoup, après la première bonne récolte dans les champs du bien, s'arrêtait car il lui semblait avoir tout f ait. Mais, ne savez-vous pas que quand on a mis la main à la charrue, il faut persévérer une année, dix, cent, tant que dure la vie, car s'arrêter est un crime envers soi-même, parce qu'on se refuse une gloire plus grande, et c'est régresser, car celui qui s'arrête, généralement, non seulement ne progresse plus mais revient en arrière? Le trésor du Ciel doit augmenter d'année en année pour être bon, puisque si la Miséricorde divine doit être bienveillante, même avec ceux qui ont eu peu d'années pour le former, elle ne sera pas complice des paresseux qui, ayant une longue vie, font peu de chose. Le trésor doit être en continuelle croissance. Autrement ce n'est plus un trésor qui porte du fruit, mais un trésor inerte et cela se produit au détriment de la paix promise du Ciel. Dieu dit à l'homme sot: "Homme sot qui confonds le corps et les biens de la terre avec ce qui est esprit et qui, d'une grâce de Dieu te fais un mal, sache que cette nuit même on te demandera ton âme et quand elle sera partie, le corps restera sans vie. Ce que tu as préparé, à qui cela reviendra-t-il? L'emporteras-tu avec toi? Non. Tu viendras dépouillé des récoltes terrestres et des œuvres spirituelles en ma présence et tu seras pauvre dans l'autre vie. Il valait mieux faire de tes récoltes des œuvres de miséricorde pour le prochain et pour toi car, en étant miséricordieux pour les autres, tu serais miséricordieux pour ton âme. Et au lieu de nourrir des pensées d'oisiveté, mettre en œuvre des activités d'où tu pouvais tirer un profit utile pour ton corps et de grands mérites pour ton âme, jusqu'au moment où je t'aurais appelé". Et l'homme mourut cette nuit-là, et fut jugé avec sévérité. E vérité, je vous dis qu'il en arrive ainsi pour celui qui thésaurise pour lui-même et ne s'enrichit pas aux yeux de Dieu. Maintenant allez et faites-vous un trésor de l'enseignement qui vous est donné. La paix soit avec vous.” Et Jésus bénit et il se retire dans un bois avec les apôtres et les disciples pour se restaurer et se reposer. Mais, tout en mangeant, il parle encore en continuant l'instruction précédente, en reprenant un thème déjà présenté aux apôtres plusieurs fois et je crois qu'il le sera toujours insuffisamment car l'homme est trop en proie aux peurs sans fondement. “Croyez” dit-il, “que c'est seulement de cet enrichissement de vertu qu'il faut se préoccuper. Et veillez à ce que la vôtre ne soit jamais une préoccupation agitée, inquiète. Le Bien est l'ennemi des inquiétudes, des peurs, des empressements qui se ressentent encore trop de la cupidité, de la jalousie, des méfiances humaines. Que votre travail soit constant, confiant, paisible, sans brusques départs et brusques arrêts. Ainsi font les onagres sauvages, mais personne ne les utilise, à moins d'être fou, pour cheminer en sécurité. Paisibles dans les victoires, paisibles dans les défaites. Même le chagrin pour une erreur commise, qui vous afflige parce que par cette erreur vous avez déplu à Dieu, doit être paisible, réconforté par l'humilité et la confiance. L'accablement, la rancœur envers soi-même est toujours l'indice de l'orgueil, et ainsi même de la défiance. Si quelqu'un est humble, il sait qu'il est un pauvre homme sujet aux misères de la chair qui parfois triomphe. Si quelqu'un est humble, il a confiance non pas tant en lui-même qu'en Dieu et il reste calme, même dans les défaites, en disant: "Pardonne-moi, Père. Je sais que Tu connais ma faiblesse qui parfois l'emporte. Je crois que Tu as pitié de moi. J'ai la ferme confiance que Tu m'aideras à l'avenir encore plus qu'auparavant, bien que je Te donne si peu de satisfaction". Et ne soyez ni indifférents ni avares des biens de Dieu. Donnez de ce que vous avez en fait de sagesse et de vertu. Soyez actifs en matière spirituelle comme les hommes le sont pour les choses de la chair. Et, en ce qui concerne la chair, n'imitez pas les gens du monde qui ne cessent de trembler pour leur lendemain, par peur qu'il leur manque le superflu, que la maladie arrive, qu'arrive la mort, que leurs ennemis puissent leur nuire, et ainsi de suite. Dieu sait de quoi vous avez besoin. Ne craignez donc pas pour votre lendemain. Dégagez-vous des peurs, plus lourdes que les chaînes des galériens. Ne vous mettez pas en peine pour votre vie, ni pour la nourriture, ni pour la boisson, ni pour le vêtement. La vie de l'esprit est plus que celle du corps, et le corps est plus que le vêtement, car c'est par le corps et non par le vêtement que vous vivez et que, par la mortification du corps, vous aidez l'esprit à obtenir la vie éternelle. Dieu sait jusqu'à quand Il laissera votre âme dans votre corps, et jusqu'à ce moment, Il vous donnera ce qui vous est nécessaire. Il le donne aux corbeaux, animaux impurs qui se repaissent de cadavres et qui ont leur raison d'exister justement dans cette fonction qui est la leur de nous débarrasser des corps en putréfaction, et ne vous le donnera-t-Il pas à vous? Eux n'ont pas de. locaux pour les vivres, ni de greniers, et pourtant Dieu les nourrit quand même. Vous êtes des hommes et non pas des corbeaux. Et puis, présentement, vous êtes la fleur des hommes parce que vous êtes les disciples du Maître, les évangélisateurs du monde, les serviteurs de Dieu. Et pouvez-vous penser que Dieu, qui a soin des lys des vallées et les fait croître et les revêt d'un vêtement plus beau que n'en a eu Salomon, sans qu'ils fassent d'autre travail que parfumer en adorant, croyez-vous qu'Il puisse vous oublier même pour le vêtement? Vous qui ne pouvez ajouter par vous-mêmes une dent à votre bouche dégarnie, ni allonger d'un pouce une jambe raccourcie, ni rendre l'acuité à une vue brouillée. Et, si vous ne pouvez faire ces choses, pouvez-vous penser pouvoir éloigner de vous la misère et la maladie et faire sortir de la nourriture de la poussière? Vous ne le pouvez. Mais ne soyez pas des gens de peu de foi. Vous aurez toujours ce qui vous est nécessaire. Ne vous mettez pas en peine comme les gens du monde qui se donnent du mal pour pourvoir à leurs plaisirs. Vous avez votre Père qui sait de quoi vous avez besoin. Vous devez seulement chercher, et que ce soit le premier de vos soucis, le Royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné en plus. Ne craignez pas, vous qui êtes de mon petit troupeau. Il a plu à mon Père de vous appeler au Royaume pour que vous possédiez ce Royaume. Vous pouvez donc y aspirer et aider le Père par votre bonne volonté et votre sainte activité. Vendez vos biens, faites-en l'aumône si vous êtes seuls. Donnez aux vôtres les moyens d'existence qui compensent votre abandon de la maison pour me suivre, car il est juste de ne pas enlever le pain aux enfants et aux épouses. Et, si vous ne pouvez sacrifier les richesses d'argent, sacrifiez les richesses d'affection. Elles aussi sont une monnaie que Dieu estime pour ce qu'elles sont: de l'or plus pur que tout autre, des perles plus précieuses que celles qui sont arrachées aux mers, et des rubis plus rares que ceux des entrailles de la terre. Car renoncer à la famille pour Moi, c'est charité parfaite plus que de l'or sans un atome impur, c'est une perle faite de larmes, un rubis fait du sang qui gémit de la blessure du cœur déchiré par la séparation d'avec le père et la mère, l'épouse et les enfants. Mais ces bourses ne s'usent pas, ce trésor ne s'amoindrit jamais. Les voleurs ne pénètrent pas au Ciel. Le ver ne ronge pas ce qui y a été déposé. Et ayez le Ciel dans votre cœur et votre cœur au Ciel, près de votre trésor. Car le cœur, chez l'homme bon ou chez le méchant, est là où se trouve ce qui vous semble votre cher trésor. Car, de même que le cœur est là où se trouve le trésor (au Ciel), ainsi le trésor est là où se trouve le cœur (c'est-à-dire en vous), et même le trésor est dans le cœur, et avec le trésor des saints se trouve, dans le cœur, le Ciel des saints. Soyez toujours prêts comme celui qui est sur le point de partir en voyage, ou qui attend son maître. Vous êtes les serviteurs du Maître-Dieu. A toute heure Il peut vous appeler où Il est, ou bien venir où vous êtes. Soyez donc toujours prêts à partir ou à Lui faire honneur, la taille ceinte de la ceinture de voyage ou de travail et avec à la main la lampe allumée. Sortant d'une fête de noces avec quelqu'un qui vous a précédés dans les Cieux ou dans la consécration à Dieu sur la terre, Dieu peut se souvenir de vous qui attendez et peut dire: "Allons chez Etienne ou chez Jean ou bien chez Jacques et chez Pierre". Et Dieu est rapide dans sa venue, ou pour dire: "Viens". Soyez donc prêts à Lui ouvrir la porte quand Il arrivera ou à partir s'Il vous appelle. Bienheureux ces serviteurs que le Maître, en arrivant, trouvera en train de veiller. En vérité, pour les récompenser de leur attente fidèle, Il se ceindra le vêtement et, après les avoir fait asseoir à table, Il se mettra à les servir. Il peut venir à la première veille, comme à la seconde ou à la troisième. Vous ne le savez pas. Soyez donc toujours vigilants. Et bienheureux si vous l'êtes et qu'ainsi vous trouve le Maître! Ne vous flattez pas en disant: "On a le temps! Cette nuit Il ne vient pas", il vous en arriverait du mal. Vous ne savez pas. Si quelqu'un savait quand le voleur va venir, il ne laisserait pas sa maison sans surveillance pour que le malandrin puisse en forcer la porte ou les coffres-forts. Vous aussi, soyez prêts car, au moment où vous y penserez le moins, le Fils de l'homme viendra en disant: "C'est l'heure".” Pierre qui a été jusqu'à oublier de finir son repas pour écouter le Seigneur, voyant que Jésus se tait, demande: “Ce que tu dis, c'est pour nous ou pour tous?” “C'est pour vous et pour tous, mais c'est davantage pour vous, car vous êtes comme des intendants mis par le Maître à la tête des serviteurs et vous êtes doublement obligés d'être prêts, à la fois pour vous comme intendants et pour vous comme simples fidèles. Que doit être l'intendant mis par le maître à la tête de ses serviteurs pour donner à chacun au moment voulu sa juste part? Il doit être avisé et fidèle. Pour accomplir son propre devoir, pour faire accomplir à ceux qui sont au-dessous de lui leur propre devoir. Autrement en souffriraient les intérêts du maître qui paie l'intendant pour qu'il agisse en son nom et veille sur ses intérêts en son absence. Bienheureux le serviteur que le maître, en revenant à sa maison, trouve en train d'agir avec fidélité, habileté et justice. En vérité je vous dis qu'il l'établira intendant des autres propriétés aussi, de toutes ses propriétés, se reposant et se réjouissant en son cœur pour la sécurité que ce serviteur lui donne. Mais si ce serviteur dit: "Oh! c'est bon! Le maître est très loin et il m'a écrit que son retour sera retardé. Je peux donc faire ce que bon me semble et puis, quand je verrai que son retour est proche, j'y pourvoirai". Et il commencera à manger et à boire jusqu'à en être ivre et à donner des ordres d'ivrogne. Comme les bons serviteurs qui dépendent de lui refusent de les exécuter pour ne pas faire tort à leur maître, il se met à battre les serviteurs et les servantes jusqu'à les rendre malades et languissants. Il croit être heureux et il dit: "Je goûte enfin ce que c'est qu'être maître et d'être craint de tous". Mais, que lui arrivera-t-il? Il lui arrivera que le maître reviendra au moment où il s'y attend le moins, en le surprenant justement en train d'empocher l'argent ou de corrompre quelque serviteur parmi les plus faibles. Alors, je vous le dis, le maître le chassera de sa place d'intendant et jusque des rangs de ses serviteurs, car il n'est pas permis de garder les infidèles et les traîtres parmi des serviteurs honnêtes. Et il sera d'autant plus puni que le maître l'avait davantage aimé et instruit. Car plus on connaît la volonté et la pensée du maître, plus on est tenu de l'accomplir avec exactitude. S'il n'agit pas comme le maître le lui a dit, en détail, comme à aucun autre, il recevra de nombreux coups, alors que celui, en tant que serviteur de second rang est bien peu au courant et se trompe tout en croyant bien faire, sera moins puni. A qui on a beaucoup donné, il sera beaucoup demandé, et il devra rendre beaucoup, celui qui a été chargé de beaucoup, car mes intendants devront rendre compte même de l'âme d'un tout petit d'une heure. Mon choix n'est pas un frais repos dans un bosquet fleuri. Je suis venu apporter le feu sur la terre, et que puis-je désirer sinon qu'il s'enflamme? Aussi je m'épuise et je veux que vous vous épuisiez jusqu'à la mort et jusqu'à ce que toute la terre soit un brasier de feu céleste. Quant à Moi, je dois être baptisé d'un baptême. Et comme je serai angoissé tant qu'il ne sera pas accompli! Vous ne vous demandez pas pourquoi? Parce que, par ce baptême, je pourrai faire de vous des porteurs du Feu, des agitateurs qui se mouvront dans toutes et contre toutes les couches de la société pour en faire une unique chose: le troupeau du Christ. Croyez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre? Et selon la manière de voir de la terre? Non, mais au contraire, la discorde et la désunion. Parce que, désormais et jusqu'à ce que toute la terre soit un unique troupeau, de cinq qui sont dans une maison, il y en aura deux contre trois, et le père sera contre le fils, et ce dernier contre son père, et la mère contre ses filles, et celles-ci contre celle-là, et les belles-filles et les belles-mères auront un motif de plus de ne pas s'entendre, car il y aura un langage nouveau sur certaines lèvres, et il se produira une sorte de Babel, parce qu'un soulèvement profond ébranlera le royaume des affections humaines et surhumaines. Mais ensuite viendra l'heure où tout s'unifiera en une langue nouvelle que parleront tous ceux que le Nazaréen aura sauvés, et les eaux des sentiments s'épureront alors que les scories tomberont au fond et que brilleront à la surface les eaux limpides des lacs célestes. En vérité, mon service n'est pas un repos selon le sens que l'homme donne à ce mot. Il faut un héroïsme inlassable. Mais je vous le dis: à la fin il y aura Jésus, toujours et encore Jésus, qui ceindra son vêtement pour vous servir et puis s'assiéra avec vous à un banquet éternel et on oubliera fatigue et douleur. Maintenant, puisque plus personne ne nous a cherchés, allons vers le lac. Nous nous reposerons à Magdala. Dans les jardins de Marie de Lazare il y a place pour tous et elle a mis sa maison à la disposition du Pèlerin et de ses amis. Il n'est pas besoin de vous dire que Marie de Magdala est morte avec son péché et que, de son repentir, est née Marie de Lazare, la disciple de Jésus de Nazareth. Vous le savez déjà car la nouvelle a couru comme le frémissement du vent dans une forêt. Mais Moi, je vous dis ce que vous ne savez pas: que tous les biens personnels de Marie de Lazare sont pour les serviteurs de Dieu et pour les pauvres du Christ. Allons…”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/
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