"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe Paul VI
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
Print Friendly and PDF

Dimanche 28 juin 2009, Treizième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 5,21-43.
Jésus regagna en barque l'autre rive, et une grande foule s'assembla autour de lui. Il était au bord du lac. Arrive un chef de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses piedset le supplie instamment : « Ma petite fille est à toute extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu'elle soit sauvée et qu'elle vive. » Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu'elle l'écrasait. Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans. . . -Elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans aucune amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré -. . . cette femme donc, ayant appris ce qu'on disait de Jésus, vint par derrière dans la foule et toucha son vêtement. Car elle se disait : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. » A l'instant, l'hémorragie s'arrêta, et elle ressentit dans son corps qu'elle était guérie de son mal. Aussitôt Jésus se rendit compte qu'une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? » Ses disciples lui répondaient : « Tu vois bien la foule qui t'écrase, et tu demandes : 'Qui m'a touché ? ' » Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait ce geste. Alors la femme, craintive et tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Mais Jésus reprit : « Ma fille, ta foi t'a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. » Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre pour annoncer à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. A quoi bon déranger encore le Maître ? » Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de la synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. » Il ne laissa personne l'accompagner, sinon Pierre, Jacques, et Jean son frère. Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l'agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L'enfant n'est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l'enfant, et ceux qui l'accompagnent. Puis il pénètre là où reposait la jeune fille. Il saisit la main de l'enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher -elle avait douze ans. Ils en furent complètement bouleversés. Mais Jésus leur recommanda avec insistance que personne ne le sache ; puis il leur dit de la faire manger.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 4, Ch 91, p 26 - CD 4 (1er cd), piste 10 -
La vision s'est manifestée alors que je priais très épuisée et soucieuse et donc bien dans les plus mauvaises conditions pour penser, de moi-même, à de pareilles choses. Mais l'épuisement physique et mental et les soucis se sont dissipés dès l'apparition de mon Jésus et j'écris.

Jésus se trouve sur une route ensoleillée et poussiéreuse qui côtoie les rives du lac. Il se dirige vers le pays, entouré d'une grande foule qui l'attendait certainement et qui se presse autour de Lui bien que les apôtres jouent des bras et des épaules pour qu'il puisse passer et élèvent la voix pour amener la foule à laisser un peu de place. Mais Jésus ne s'inquiète pas de cette bousculade. Dépassant de la tête la foule qui l'entoure, il la regarde avec un doux sourire alors qu'elle se serre autour de Lui, répond aux saluts, caresse quelque enfant qui réussit à se faufiler dans la masse des adultes et à s'approcher de Lui, il pose la main sur la tête des petits enfants que les mères soulèvent au-dessus de la tête des gens, pour qu'il les touche. Tout en marchant lentement, patiemment au milieu de tout ce vacarme et de ces continuelles bousculades qui ennuieraient tout autre que Lui. Une voix d'homme crie: “Faites place, faites place.” C'est une voix angoissée et que beaucoup doivent connaître et respecter comme celle d'un personnage influent car la foule, qui s'ouvre très difficilement tellement elle est serrée, laisse passer un homme d'une cinquantaine d'années, vêtu d'un vêtement long et flou, la tête couverte d'un foulard blanc dont les pans retombent le long du visage et du cou. Arrivé devant Jésus, il se prosterne à ses pieds et dit: “Oh! Maître, pourquoi as-tu été absent si longtemps? Ma fillette est si malade. Personne ne peut la guérir. Toi seul, tu es mon espoir et celui de sa mère. Viens, Maître. Je t'ai attendu avec une angoisse infinie. Viens, viens, tout de suite. Mon unique enfant est en train de mourir…” et il pleure. Jésus pose sa main sur la tête de l'homme en larmes, sur la tête courbée et que secouent des sanglots, et il lui répond: “Ne pleure pas. Aie foi. Ta fillette vivra. Allons auprès d'elle. Lève-toi! Allons!” Jésus dit ces deux derniers mots sur un ton de commandement. Tout d'abord, c'était le Consolateur, maintenant c'est le Dominateur qui parle. Ils se remettent en marche. Jésus a à son côté le père qui pleure, et il le tient par la main. Quand un sanglot plus fort secoue le pauvre homme, je vois Jésus qui le regarde et lui serre la main. Il ne fait rien d'autre, mais quelle force doit refluer dans une âme quand elle se sent ainsi traitée par Jésus! Auparavant, à la place du père, il y avait Jacques, mais Jésus lui a fait céder la place au pauvre père. Pierre est de l'autre côté. Jean est à côté de Pierre et il cherche avec lui à opposer une barrière à la foule, comme font Jacques et l'Iscariote de l'autre côté, près du père qui pleure. Les autres apôtres sont en partie devant, en partie derrière Jésus. Mais il en faudrait d'autres! Surtout les trois qui sont derrière, parmi lesquels je vois Mathieu, n'arrivent pas à retenir la muraille vivante. Mais, quand ils crient un peu trop et, pour un peu, insulteraient la foule indiscrète, Jésus tourne la tête et dit doucement: “Laissez faire ces petits qui sont à Moi!…” A un certain moment, cependant, il se retourne brusquement, il laisse la main du père et il s'arrête. Non seulement il tourne la tête, mais il se retourne complètement. Il semble encore plus grand, car il a pris une attitude de roi. Avec la figure et le regard devenu sévère, inquisiteur, il scrute la foule. Ses yeux envoient des éclairs qui n'expriment non pas la dureté mais la majesté: “Qui m'a touché?” demande-t-il. Personne ne répond. “Qui m'a touché, je répète” insiste Jésus. “Maître” répondent les disciples, “tu ne vois pas comme la foule te presse de tous côtés? Tous te touchent, malgré nos efforts.” “Qui m'a touché pour obtenir un miracle, je le demande. J'ai senti un pouvoir miraculeux sortir de Moi parce qu'un cœur le demandait avec foi. Quel est ce cœur?” Les yeux de Jésus s'abaissent deux ou trois fois, pendant qu'il parle, sur une petite femme d'environ quarante ans, très pauvrement vêtue et très ridée, qui cherche à s'éclipser dans la foule, à se dissimuler dans la cohue. Ces yeux doivent la brûler, elle se rend compte qu'elle ne peut s'enfuir, revient en avant et se jette à ses pieds, le visage presque dans la poussière, les mains tendues en avant qui, cependant, n'osent pas toucher Jésus. “Pardon! C'est moi. J'étais malade. Douze ans que j'étais malade! Tout le monde me fuyait. Mon mari m'a abandonnée. J'ai dépensé tout mon avoir pour qu'on ne me considère pas comme déshonorée, pour vivre comme tout le monde. Mais personne n'a pu me guérir. Tu vois, Maître? Je suis vieille avant l'âge. Ma force s'en est allée avec ce flux inguérissable et avec elle ma paix. On m'a dit que tu es bon. Celui qui me l'a dit a été guéri par Toi de sa lèpre et qui, pour avoir vu pendant tant d'années tout le monde le fuir, n'a pas éprouvé de répulsion pour moi. Je n'ai pas osé le dire avant. Pardon! J'ai pensé que si je te touchais, je serais guérie. Mais je ne t'ai pas rendu impur. J'ai à peine effleuré le bord de ton vêtement là où il traîne sur le sol, sur les ordures du sol… Moi aussi, je suis une ordure… Mais je suis guérie, que tu sois béni! Au moment où j'ai touché ton vêtement, mon mal s'est arrêté. Je suis redevenue comme toutes les femmes. Je ne serai plus évitée par tout le monde. Mon mari, mes enfants, mes parents pourront rester avec moi, je pourrai les caresser. Je serai utile dans ma maison. Merci Jésus, bon Maître. Que tu sois éternellement béni!” Jésus la regarde avec une infinie bonté. Il lui sourit et lui dit: “Va en paix, ma fille. Ta foi t'a sauvée. Sois définitivement guérie. Sois bonne et heureuse. Va.” Pendant qu'il parle encore, arrive un homme, un serviteur je pense. Il s'adresse au père resté pendant tout ce temps dans une attitude respectueuse mais tourmentée comme s'il était sur la braise. “Ta fille est morte, il est inutile d'importuner le Maître davantage. Elle a rendu l'esprit, et déjà les femmes chantent les lamentations. La mère t'envoie dire cela et te prie de venir tout de suite.” Le pauvre père pousse un gémissement. Il porte ses mains au front et le serre en se comprimant les yeux et en se courbant comme s'il avait reçu un coup. Jésus, qui paraît ne devoir rien voir ni rien entendre, attentif comme il l'est à écouter la femme et à lui répondre, se tourne au contraire et pose la main sur les épaules courbées du pauvre père. “Homme, je te l'ai dit: "aie foi". Je te répète: "aie foi". Ne crains pas. Ta fillette vivra. Allons la trouver.” Et il se met en route en tenant étroitement serré contre Lui l'homme anéanti. La foule, devant cette douleur et la grâce déjà survenue, s'arrête intimidée, s'écarte, laisse passer librement Jésus et les siens et puis suit comme un sillage la Grâce qui passe. Ils font ainsi une centaine de mètres environ, peut-être plus - je ne sais pas calculer - et pénètrent toujours plus au centre du pays. Il y a un rassemblement de gens devant une maison de belle apparence, qui commente à haute voix l'évènement, répondant par des cris perçants à des cris plus aigus qui viennent de la porte grande ouverte. Ce sont des cris perçants, aigus, tenus sur une note fixe et qui semblent être dirigés par une voix plus aiguë qui s'élève toute seule et à laquelle répond un groupe de voix plus faibles, puis un autre chœur de voix plus pleines. C'est un vacarme qui ferait mourir quelqu'un qui se porte bien. Jésus ordonne aux siens de rester devant la sortie et il appelle avec Lui Pierre, Jean et Jacques. Il entre avec eux dans la maison en tenant toujours serré le bras du père en larmes. Il semble vouloir lui infuser par cette étreinte la certitude que Lui est là pour le rendre heureux. Les… pleureuses (je dirais: celles qui hurlent) en voyant le chef de famille et le Maître redoublent leurs cris. Elles battent des mains, agitent des tambourins, font résonner des triangles et sur cet… accompagnement appuient leurs lamentations. “Taisez-vous” dit Jésus. “Il ne faut pas pleurer. La fillette n'est pas morte, elle dort.” Les femmes poussent des cris plus forts, et certaines se roulent par terre, se griffent, s'arrachent les cheveux (ou plutôt font semblant) pour montrer qu'elle est bien morte. Les musiciens et les amis secouent la tête devant l'illusion de Jésus. Ils croient bien qu'il s'illusionne. Mais Lui répète un: “Taisez-vous!” tellement énergique que le vacarme, s'il ne cesse pas complètement, devient un bourdonnement et il avance. Il entre dans une petite chambre. Sur le lit est étendue une fillette morte. Maigre, pâle, elle gît déjà revêtue et ses cheveux bruns sont coiffés avec soin. La mère, à droite, pleure près du petit lit et baise la petite main cireuse de la morte. Jésus… comme il est beau en ce moment! Comme je l'ai vu peu de fois! Jésus s'approche avec empressement, il semble glisser sur le sol, en volant, tant il se hâte vers ce petit lit. Les trois apôtres restent contre la porte qu'ils ferment au nez des curieux. Le père s'arrête au pied du lit. Jésus va à la gauche du lit, il tend la main gauche et prend avec elle la petite main de la morte qui s'abandonne. J'ai bien vu. C'est la main gauche de Jésus et la main gauche de la petite. Il lève le bras droit en portant sa main ouverte à la hauteur de ses épaules et puis l'abaisse comme quelqu'un qui jure ou commande. Il dit: “Fillette, je te le dis, lève-toi!” Un instant où tous, sauf Jésus et la morte, restent en suspens. Les apôtres allongent le cou pour mieux voir. Le père et la mère regardent leur enfant, les yeux mornes. Un instant. Puis un soupir soulève la poitrine de la petite morte. Une légère couleur monte au visage de cire et en fait disparaître la teinte livide de la mort. Un sourire se dessine sur les lèvres pâles avant encore que s'ouvrent les yeux, comme si la fillette faisait un beau rêve. Jésus tient toujours la main dans sa main. La fillette ouvre doucement les yeux, elle regarde tout autour d'elle comme si elle venait de s'éveiller. Elle voit d'abord le visage de Jésus qui la fixe de ses yeux magnifiques et qui lui sourit avec une bonté qui l'encourage, et elle Lui sourit. “Lève-toi” répète Jésus et, écartant avec sa main les préparatifs funèbres répandus sur le lit et à côté (fleurs, voiles, etc.), il l'aide à descendre, à lui faire faire ses premiers pas en la tenant toujours par la main. “Donnez-lui à manger, maintenant” commande-t-il. “Elle est guérie. Dieu vous l'a rendue. Remerciez-le, et ne parlez à personne de ce qui est arrivé. Vous savez ce qui lui était arrivé, vous avez cru et vous avez mérité le miracle. Les autres n'ont pas eu foi, il est inutile de chercher à les persuader. A ceux qui nient le miracle, Dieu ne se manifeste pas. Et toi, fillette, sois bonne. Adieu! Paix à cette maison” et il sort en refermant la porte derrière Lui. La vision cesse.

Je vous dirai que les deux détails qui m'ont particulièrement réjoui ont été ceux où Jésus cherche dans la foule qui l'a touché et surtout quand debout près de la petite morte, il lui prend la main et lui ordonne de se lever. La paix, la sécurité sont entrées en moi. Il n'est pas possible que quelqu'un qui a pitié comme Lui et qui est puissant puisse n'avoir pas pitié de nous et ne pas vaincre le Mal qui nous fait mourir. Jésus pour le moment ne fait pas de commentaires, comme il ne dit rien sur d'autres choses. Il me voit presque morte et il ne juge pas opportun que je sois mieux ce soir. Qu'il soit fait comme Lui le veut. Je suis déjà suffisamment heureuse de posséder en moi sa vision.

Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie  http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 21 juin 2009, Douzième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 4,35-41.
Toute la journée, Jésus avait parlé à la foule en paraboles. Le soir venu, il dit à ses disciples : « Passons sur l'autre rive. » Quittant la foule, ils emmènent Jésus dans la barque, comme il était ; et d'autres barques le suivaient. Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait d'eau. Lui dormait sur le coussin à l'arrière. Ses compagnons le réveillent et lui crient : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » Réveillé, il interpelle le vent avec vivacité et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme. Jésus leur dit : « Pourquoi avoir peur ? Comment se fait-il que vous n'ayez pas la foi ? » Saisis d'une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 3, Ch 45, p 264 - CD 3, piste 91 -
Combien a été grande ma douceur d'aujourd'hui. Je travaillais à cette broderie que vous savez et j'écoutais de la musique en compagnie de personnes familières. J'étais donc distraite des choses habituelles. Voilà qu'à l'improviste la vision m'en abstrait en me donnant un autre visage que, heureusement, Paola fut seule à comprendre. Je suis restée avec cette joie tout l'après-midi jusqu'au moment du collapsus habituel. Il est arrivé plus tôt qu'à l'ordinaire parce que, quand j'ai ces visions, mes forces physiques et surtout cardiaques éprouvent une forte dispersion qui ne me fait pas souffrir car elle est compensée par une telle joie spirituelle. Maintenant que tout le monde dort, je vous fais part de ma joie. J'ai "vu" l'Évangile d'aujourd'hui. Notez que ce matin, en le lisant, je m'étais dit: “Voici un épisode évangélique que je ne verrai jamais car il se prête peu à une vision.” Au contraire, au moment où j'y pensais le moins, il est justement venu me combler de joie. Voici ce que j'ai vu.

Une barque à voile pas excessivement grande mais pas petite. C'est une barque de pêche sur laquelle peuvent aisément se mouvoir cinq ou six personnes. Elle fend les eaux d'un lac d'une couleur bleu intense. Jésus dort à la poupe. Il est vêtu de blanc comme à l'ordinaire. Il a la tête posée sur le bras gauche, et sous son bras et sa tête il a mis son manteau gris-bleu replié plusieurs fois. Il est assis, pas allongé, sur le fond de la barque et appuie sa tête sur la tablette qui se trouve à l'extrémité de la poupe. Je ne sais pas le nom que lui donnent les marins. Il dort tranquillement. Il est fatigué. Il est tranquille. Pierre est au gouvernail, André s'occupe des voiles, Jean et deux autres dont je ne sais qui ils sont, remettent en ordre amarres et filets au fond de la barque, comme s'ils avaient l'intention de se préparer à pêcher, peut-être pendant la nuit. Je dirais que le jour décline car le soleil descend déjà à l'occident. Les disciples ont tous remonté leurs tuniques pour être plus libres dans leurs mouvements et pour aller d'un endroit à l'autre de la barque en passant par-dessus les rames, les sièges, les paniers et les filets sans être gênés par leurs vêtements. Ils ont tous enlevé leurs manteaux. Je vois le ciel s'obscurcir et le soleil qui se cache derrière des nuages d'orage débouchés à l'improviste de derrière la pointe d'une colline. Le vent les pousse rapidement vers le lac. Le vent pour l'instant est en haut et le lac est encore tranquille. Seulement il prend une teinte plus sombre et se plisse en surface. Ce ne sont pas encore des vagues mais déjà l'eau commence à remuer. Pierre et André observent le ciel et le lac et se disposent à manœuvrer pour accoster. Mais le vent s'abat sur le lac, et en quelques minutes, tout bouillonne et écume. Les flots qui s'entrechoquent et heurtent le bateau, l'élèvent, l'abaissent, le retournent en tous sens, empêchent la manœuvre du gouvernail comme le vent gêne celle de la voile qu'il faut carguer. Jésus dort. Ni les pas, ni les voix excitées des disciples, ni non plus le sifflement du vent et le choc des vagues contre les flancs du bateau et la proue ne l'éveillent. Ses cheveux flottent au vent et il reçoit quelques embruns. Mais Lui dort. Jean va de la proue à la poupe et le couvre de son manteau qu'il a tiré de dessous une tablette. Il le couvre avec un délicat amour. La tempête devient de plus en plus brutale. Le lac est noir comme si on y avait versé de l'encre, strié par l'écume des vagues. La barque engloutit de l'eau et se trouve poussée au large par le vent. Les disciples suent à la manœuvre et pour écoper l'eau que les vagues projettent. Mais cela ne sert à rien. Eux maintenant pataugent dans l'eau qui leur arrive à mi-jambe et la barque ne cesse de s'alourdir. Pierre perd son calme et sa patience. Il donne le gouvernail à son frère, et en titubant va vers Jésus qu'il secoue vigoureusement. Jésus s'éveille et lève la tête. “Sauve-nous, Maître, nous périssons!” Lui crie Pierre (il lui faut crier pour se faire entendre). Jésus regarde son disciple fixement, il regarde les autres et puis il regarde le lac: “As-tu foi que je puisse vous sauver?” “Vite, Maître” crie Pierre, alors qu'une vraie montagne d'eau, partant du milieu du lac se dirige rapidement sur la pauvre barque. On dirait une trombe tant elle est élevée et effrayante. Les disciples qui la voient venir s'agenouillent et s'agrippent où et comme ils peuvent, persuadés que c'est la fin. Jésus se lève, debout sur la tablette de la proue. Sa figure blanche se détache sur la tempête livide. Il étend les bras vers la lame et dit au vent: “Arrête et tais-toi” et à l'eau: “Calme-toi. Je le veux.” Alors l'énorme vague se dissout en écume qui retombe sans dégâts. Un dernier rugissement qui s'éteint en un murmure, comme était le sifflement du vent qui se change en un soupir. Et sur le lac pacifié revient la sérénité du ciel et l'espérance et la foi dans le cœur des disciples. La majesté de Jésus je ne puis la décrire. Il faut la voir pour la comprendre. Et je la goûte en mon intime, car elle m'est toujours présente et je revois comme était tranquille le sommeil de Jésus et comme était puissant son empire sur les vents et les flots.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 14 juin 2009, Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 14,12-16.22-26.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l'on immolait l'agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour ton repas pascal ? » Il envoie deux disciples : « Allez à la ville ; vous y rencontrerez un homme portant une cruche d'eau. Suivez-le. Et là où il entrera, dites au propriétaire : 'Le maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ? 'Il vous montrera, à l'étage, une grande pièce toute prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. » Les disciples partirent, allèrent en ville ; tout se passa comme Jésus le leur avait dit ; et ils préparèrent la Pâque. Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit, et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps. » Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude. Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'à ce jour où je boirai un vin nouveau dans le royaume de Dieu. » Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 9, Ch 17, p 142 - CD 9, piste 52 -
Un nouveau matin. Si serein! Si joyeux! Il n'y a même plus les rares nuages qui hier erraient lentement sur le cobalt du ciel; il n'y a pas non plus la lourde chaleur qui hier était si accablante. Une brise légère souffle sur les visages. Elle a quelque chose du parfum des fleurs, du foin, de l'air pur. Elle remue lentement les feuilles des oliviers. On dirait qu'elle veut faire admirer la couleur argentée des petites feuilles lancéolées et répandre des fleurs petites, candides, odorantes sur les pas du Christ, sur sa tête blonde, le baiser, le rafraîchir, car chaque fin calice a sa gouttelette de rosée, le baiser, le rafraîchir et puis mourir avant de voir l'horreur menaçante. Et s'inclinent les herbes des pentes pour remuer les clochettes, les corolles, les palmettes de mille fleurs. Étoiles au cœur d'or, les grosses marguerites sauvages se dressent sur leurs tiges comme pour baiser la main qui sera transpercée, et les pâquerettes et les camomilles baisent les pieds généreux qui ne s'arrêteront de marcher pour le bien des hommes que quand ils seront cloués pour donner un bien encore supérieur; les églantines répandent leur parfum et l'aubépine qui n'a plus de fleurs agite ses feuilles dentelées. Elle semble dire: “Non, non” à ceux qui s'en serviront pour tourmenter le Rédempteur. Et “non” disent les roseaux du Cédron. Eux aussi ne veulent pas frapper, leur volonté de petites choses ne veut pas faire de mal au Seigneur. Et peut-être les pierres des pentes se félicitent d'être hors de la ville, sur l'oliveraie pour, de cette façon, ne pas blesser le Martyr. Et ils pleurent les fins liserons rosés que Jésus aimait tant et aussi les corymbes des acacias candides comme des grappes de papillons groupés sur une tige. Peut-être ils pensent: “Nous ne le verrons plus.” Les myosotis fins et purs laissent retomber leurs corolles quand ils touchent le vêtement pourpre que Jésus a mis de nouveau. Il doit être beau de mourir quand cela vient de Jésus qui frappe. Toutes les fleurs, même un muguet perdu, tombé là peut-être incidemment et qui s'est enraciné entre les racines saillantes d'un olivier, est heureux d'être aperçu et cueilli par Thomas et offert au Seigneur… Et heureux sont les mille oiseaux dans les branches de le saluer avec des chants de joie. Oh! ils ne le blasphèment pas les oiseaux que Lui a toujours aimés! Jusqu'à un petit troupeau de brebis qui semble vouloir le saluer malgré leurs pleurs, privées qu'elles sont de leurs petits vendus pour le sacrifice pascal. C'est une lamentation de mères qui parcourt l'air, en bêlant et en appelant leurs petits qui ne reviendront plus elles se frottent contre Jésus en jetant sur Lui leur doux regard. La vue des brebis rappelle aux apôtres la pensée du rite pascal et ils demandent à Jésus quand ils sont presque au Gethsémani: “Où irons-nous consommer la Pâque? Quel endroit choisis-tu? Dis-le, et nous irons tout préparer.” Et Judas de Kériot: “Donne-moi des ordres et j'irai.” “Pierre, Jean, écoutez-moi.” Les deux, qui étaient un peu en avant, s'approchent de Jésus qui les a appelés. “Précédez-nous et entrez dans la ville par la Porte du Fumier. À peine rentrés vous rencontrerez un homme qui vient de En-Rogel avec un broc de cette bonne eau. Suivez-le jusqu'à ce qu'il entre dans une maison. Vous direz à celui qui s'y trouve: "Le Maître dit: 'Où est la pièce où je puis manger la Pâque avec mes disciples?' ". Il vous montrera un grand cénacle prêt. Préparez-y tout ce qu'il faut. Allez vite et ensuite rejoignez-nous au Temple.” Les deux partent en toute hâte. Jésus , au contraire, avance lentement. La matinée est encore si fraîche et les routes qui mènent à la ville montrent tout juste les premiers pèlerins. Ils franchissent le Cédron sur le petit pont qui est avant le Gethsémani. Ils entrent dans la ville. Les portes, peut-être à la suite d'un contre-ordre de Pilate, rassuré par l'absence de discussions autour de Jésus, ne sont plus surveillées par des légionnaires. En effet le plus grand calme règne partout. Oh! on ne peut pas dire que les juifs n'ont pas su se contenir! Personne n'a molesté le Maître ni ses disciples. Respectueux, bien élevés, à défaut d'être affectueux, ils l'ont toujours salué, même quand ceux qui le saluaient étaient les plus haineux du Sanhédrin. Une patience sans égale a accompagné même le réquisitoire d'hier. Et voilà que justement maintenant aussi, car la maison de campagne de Caïphe est justement près de cette porte, voilà que justement maintenant passent, venant de cette maison, un groupe nombreux de pharisiens et de scribes, parmi lesquels le fils d'Anna et Elchias avec Doras et Sadoc. Ce sont des courbettes de personnages aux amples manteaux, qui saluent au milieu d'un ondoiement de vêtements et de franges et de très amples couvre-chefs. Jésus salue et passe, royal dans son vêtement de laine rouge et son manteau d'une teinte plus foncée, le couvre-chef de Sintica à la main, le soleil qui fait de ses cheveux rouge-cuivre une couronne d'or et un voile qui descend brillant jusqu'aux épaules. Les échines se relèvent après son passage et apparaissent des visages d'hyènes enragées. Judas de Kériot, qui ne cessait pas de regarder tout autour de lui avec sa figure de traître, sous prétexte de relacer une sandale, s'écarte sur le bord de la route et, je le vois bien, il fait un signe à ces gens qui l'attendaient… Il laisse avancer le groupe de Jésus et des disciples, toujours occupé après la courroie de sa sandale pour se donner une contenance, puis, rapidement, il passe près de ces gens et murmure: “A la Belle, aux environs de sexte. Un de vous” et il file rapidement pour rejoindre ses compagnons. Franc, effrontément franc!… Ils montent au Temple. Peu d'hébreux encore, mais beaucoup de gentils. Jésus va adorer le Seigneur. Puis il revient en arrière et ordonne à Simon et Barthélemy d'acheter l'agneau en se faisant donner de l'argent par Judas de Kériot. “Mais moi, je pouvais le faire!” dit ce dernier. “Tu auras autre chose à faire. Tu le sais. Il y a cette veuve à laquelle il faut porter l'obole de Marie de Lazare et dire qu'après les fêtes elle aille à Béthanie chez Lazare. Sais-tu où elle est? As-tu bien compris?” “Je sais, je sais! L'endroit m'a été montré par Zacharie qui la connaît bien.” Et il ajoute: “Je suis très content d'y aller, plutôt que d'aller pour l'agneau. Quand est-ce que j'y vais?” “Plus tard. Je ne vais pas m'arrêter longtemps ici. Aujourd'hui je me reposerai car je veux être fort pour ce soir et pour ma prière de la nuit.” “C'est bien.” Voici, je me demande: Jésus qui avait ainsi gardé le silence les jours précédents sur ses intentions pour ne pas donner de détails à Judas, pourquoi maintenant dit-il, répète-t-il ce qu'il va faire dans la nuit? La Passion est-elle déjà commencée par l'aveuglement de sa prévoyance, ou bien cette prévoyance a-t-elle tant grandi qu'il lit dans les livres des Cieux que c'est “cette nuit-là” et que par conséquent il faut le faire savoir à celui qui attend de le savoir pour le livrer à ses ennemis, ou bien a-t-il toujours su que c'est la nuit où doit commencer son Immolation? Je ne sais pas me donner de réponse. Jésus ne me donne pas de réponse. Et je reste avec mes pourquoi pendant que j'observe Jésus qui guérit les derniers malades. Les derniers… Demain, d'ici peu d'heures, il ne le pourra plus… La Terre sera privée du puissant Guérisseur des corps. La Victime, cependant, sur son gibet commencera la série ininterrompue depuis vingt siècles de ses guérisons spirituelles. Aujourd'hui je contemple plus que je ne décris. Mon Seigneur me fait projeter ma vue spirituelle à partir de ce que je vois arriver dans le dernier jour de liberté du Christ jusque dans les siècles… Aujourd'hui je contemple davantage les sentiments, les pensées du Maître que les évènements qui l'entourent. Déjà je comprends, angoissée, sa torture du Gethsémani… Jésus est pressé comme à l'ordinaire par la foule qui a déjà augmenté, qui maintenant est en majorité hébraïque et qui oublie de se hâter vers l'endroit où on sacrifie les agneaux pour s'approcher de Jésus, Agneau de Dieu qui va être immolé. Et elle demande encore, elle veut encore des explications. Nombreux sont les hébreux venus de la Diaspora qui, ayant entendu parler du Christ, du Prophète galiléen, du Rabbi de Nazareth, sont curieux de l'entendre parler et anxieux de s'enlever tout doute possible. Et ceux-ci s'ouvrent un passage en suppliant ainsi ceux de Palestine: “Vous l'avez toujours. Vous savez qui il est. Vous avez sa parole quand vous voulez. Nous sommes venus de loin et nous allons repartir tout de suite après avoir accompli le précepte. Laissez-nous aller à Lui!” La foule s'ouvre difficilement pour leur céder la place. Ils s'avancent vers Jésus et l'observent avec curiosité. Ils parlotent entre eux, groupe par groupe. Jésus les observe aussi tout en écoutant un groupe venu de la Pérée. Quand ils Lui ont offert de l'argent pour ses pauvres comme le font beaucoup, argent qu'il a passé comme toujours à Judas, il les congédie et il se met à parler. “Unis dans la religion, mais de provenances diverses, beaucoup parmi ceux qui sont présents se demandent: "Qui est celui que l'on appelle le Nazaréen?", et leurs espoirs se mêlent à leurs doutes. Écoutez. Il est dit de Moi: "Un rejeton sortira de la racine de Jessé, une fleur viendra de cette racine et sur Lui reposera l'Esprit du Seigneur. Il ne jugera pas selon ce qui apparaît aux yeux, il ne condamnera pas pour ce que l'on entend avec les oreilles, mais il jugera les pauvres avec justice et prendra la défense des humbles. Le rejeton de la racine de Jessé, placé comme un signe parmi les nations, sera invoqué par les peuples et son tombeau sera glorieux. Lui, après avoir élevé sa bannière pour les nations, réunira les réfugiés d'Israël, les gens dispersés de Juda, il les rassemblera des quatre points de la Terre". Il est dit de Moi: "Voici, le Seigneur Dieu vient avec puissance, son bras triomphera. Il porte avec Lui sa récompense, Il a son œuvre devant ses yeux. Comme un berger, Il fera paître son troupeau". Il est dit de Moi: "Voici mon Serviteur avec lequel Je serai, en qui se complaît mon âme. En Lui J'ai répandu mon esprit. Il amènera la justice parmi les nations. Il ne criera pas, il ne brisera pas le roseau fêlé, il n'éteindra pas la mèche qui fume encore, il fera justice selon la vérité. Sans être triste ou turbulent, il arrivera à établir sur la Terre la justice, et les îles attendront sa loi". Il est dit de Moi: "Moi, le Seigneur, Je t'ai appelé dans la justice, Je t'ai pris par la main, Je t'ai préservé, Je t'ai fait alliance du peuple et lumière des nations pour ouvrir les yeux aux aveugles et tirer de la prison les prisonniers, et de la prison souterraine ceux qui gisent dans les ténèbres". Il est dit de Moi: "L'Esprit du Seigneur est sur Moi, car le Seigneur m'a oint pour annoncer la Bonne Nouvelle à ceux qui sont doux, pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour annoncer la liberté aux esclaves, la libération aux prisonniers, pour annoncer l'année de grâce du Seigneur". Il est dit de Moi: "Il est le Fort, il fera paître le troupeau avec la force du Seigneur, avec la majesté du nom du Seigneur son Dieu. Ils se convertiront à Lui, parce que dès à présent il sera glorifié jusqu'aux derniers confins du monde". Il est dit de Moi: "J'irai Moi-même à la recherche de mes brebis. J'irai à la recherche des égarées, je ramènerai celles qui ont été chassées, j 1 attacherai celles qui ont des fractures, je restaurerai les faibles, je surveillerai celles qui sont grosses et robustes, je les ferai paître avec justice". Il est dit: "Il est le Prince de la paix et il sera la paix". Il est dit: "Voici que vient ton Roi, le Juste, le Sauveur. Il est pauvre, il chevauche un ânon. Il annoncera la paix aux nations. Sa domination ira d'une mer à l'autre jusqu'aux extrémités de la Terre". Il est dit: "Septante semaines ont été fixées pour ton peuple, pour ta cité sainte afin que soit enlevée la prévarication, que le péché prenne fin, que soit effacée l'iniquité, que vienne l'éternelle justice, que soient accomplies les visions et les prophéties, et que soit oint le Saint des Saints. Après sept plus soixante-deux viendra le Christ. Après soixante-deux, il sera mis à mort. Après une semaine, il confirmera le testament, mais au milieu de la semaine feront défaut les hosties et les sacrifices et ce sera dans le Temple l'abomination de la désolation et elle durera jusqu'à la fin des siècles".Il n'y aura donc plus d'hosties en ces jours? L'autel n'aura pas de victimes? Il aura la grande Victime. Voilà que la voit le prophète: "Quel est celui qui vient avec les vêtements teints en rouge? Il est beau dans son vêtement et il marche dans la grandeur de sa force". Et comment, Celui qui est pauvre, a-t-il teint son vêtement de pourpre? Voilà que le dit le prophète: "J'ai abandonné mon corps à ceux qui le frappaient, mes joues à celui qui m'arrachait la barbe, je n'ai pas éloigné mon visage de celui qui m'outrageait. Ma beauté et ma splendeur se sont perdues, et les hommes ne m'ont plus aimé. Les hommes m'ont méprisé, considéré comme le dernier! Homme de douleurs, mon visage sera voilé et méprisé et ils me regarderont comme un lépreux, alors que c'est pour tous que je serai couvert de plaies et mis à mort. Voici la Victime. Ne crains pas, ô Israël! Ne crains pas! L'Agneau pascal ne fait pas défaut! Ne crains pas, ô Terre! Ne crains pas. Voici le Sauveur. Comme une brebis il sera conduit à l'abattoir parce qu'il l'a voulu, et il n'a pas ouvert la bouche pour maudire ceux qui le tuent. Après sa condamnation, il sera élevé et consumé dans les souffrances, il aura ses membres déboîtés, ses os découverts, ses pieds et ses mains transpercés. Mais après l'angoisse par laquelle il justifiera un grand nombre, il possédera les multitudes parce que, après avoir livré sa vie à la mort pour le salut du monde, il ressuscitera et gouvernera la Terre, il nourrira les peuples avec les eaux vues par Ézéchiel, qui sortaient du vrai Temple qui, s'il est abattu, se relève par sa propre force, avec le vin dont s'est aussi empourpré le blanc vêtement de l'Agneau sans tache, et avec le Pain venu du Ciel". Assoiffés, venez aux eaux! Affamés, nourrissez-vous! Épuisés et vous malades, buvez mon vin! Venez, vous qui n'avez pas d'argent, vous qui n'avez pas de santé, venez! Et vous qui êtes dans les Ténèbres! Et vous qui êtes morts, venez! Je suis la Richesse et le Salut. Je suis la Lumière et la Vie. Venez, vous qui cherchez le Chemin! Venez, vous qui cherchez la Vérité! Je suis le Chemin et la Vérité! Ne craignez pas de ne pas pouvoir consommer l'Agneau parce que manquent les hosties vraiment saintes dans ce Temple profané. Tous vous aurez à manger de l'Agneau de Dieu venu pour enlever les péchés du monde, comme l'a dit de Moi le dernier des prophètes de mon peuple. De ce peuple auquel je demande: Mon peuple, que t'ai-je fait? En quoi t'ai-je contristé? Que pouvais-je te donner de plus que ce que je t'ai donné? J'ai instruit tes intelligences, j'ai guéri tes malades, j'ai comblé de bienfaits tes pauvres, j'ai rassasié tes foules, je t'ai aimé en tes enfants, j'ai pardonné, j'ai prié pour toi. Je t'ai aimé jusqu'au Sacrifice. Et toi, que prépares-tu pour ton Seigneur? Une heure, la dernière, t'est donnée, ô mon peuple, ô ma cité royale et sainte. Reviens en cette heure au Seigneur ton Dieu!” “Il a dit les vraies paroles!” “C'est ainsi qu'il est dit! Et Lui fait vraiment ce qui est dit!” “Comme un berger, il a eu soin de tous!” “Comme si nous étions des brebis dispersées, malades, dans le brouillard, il est venu nous amener au vrai chemin, nous guérir âme et corps, nous éclairer.” “Vraiment tous les peuples viennent à Lui. Regardez là ces gentils comme ils sont dans l'admiration!” “Il a annoncé la paix.” “Il a donné l'amour.” “Je ne comprends pas ce qu'il dit du sacrifice. Il parle comme si on devait le tuer.” “C'est ainsi, s'il est l'Homme vu par les prophètes, le Sauveur.” “Et il parle comme si tout le peuple devait le maltraiter. Cela n'arrivera jamais. Le peuple, nous, nous l'aimons.” “C'est notre ami. Nous le défendrons.” “Il est galiléen, et nous de Galilée, nous donnerons notre vie pour Lui.” “Il vient de David, et nous ne lèverons notre main que pour le défendre, nous de Judée.” “Et nous qu'il a aimés comme il vous a aimés vous, nous de l'Auranitide, de la Pérée, de la Décapole, pourrions-nous l'oublier? Tous, tous nous le défendrons.” Telles sont les paroles dans la foule désormais très nombreuse. Fragilité des intentions humaines! D'après la position du soleil, je juge qu'il doit être environ neuf heures du matin. Vingt-quatre heures plus tard, ces gens seront depuis plusieurs heures autour du Martyr pour le torturer par la haine et les coups, et hurler pour demander sa mort. Peu, très peu, trop peu parmi les milliers de personnes qui se pressent de tous les endroits de la Palestine et d'au-delà, et qui ont eu lumière, santé, sagesse, pardon du Christ, seront ceux qui non seulement ne chercheront pas à l'arracher à ses ennemis, parce que leur petit nombre par rapport à la multitude de ceux qui le frappent les en empêche, mais aussi ne sauront pas le réconforter en Lui donnant une preuve d'amour et en le suivant avec un visage ami. Les louanges, les marques de sympathie, les commentaires admiratifs se répandent dans la vaste cour comme les flots qui, de la haute mer, s'en vont au loin mourir sur le rivage. Des scribes, des pharisiens, des juifs tentent de neutraliser l'enthousiasme du peuple, et aussi la fermentation du peuple contre les ennemis du Christ, en disant: “Il délire. Sa lassitude est si grande qu'elle l'amène à délirer. Il voit des persécutions là où il y a des honneurs. Sa parole a des torrents de sa sagesse habituelle, mais mêlés à des phrases de délire. Personne ne veut Lui faire du mal. Nous avons compris, compris qui il est…” Mais les gens se méfient d'un pareil changement d'humeur et quelqu'un parmi eux se révolte en disant: “Il a guéri mon fils dément. Je sais ce que c'est que la folie. Ce n'est pas ainsi que parle quelqu'un qui est fou!” Et un autre: “Laisse-les dire. Ce sont des vipères qui ont peur que le bâton du peuple leur brise les reins. Ils chantent pour nous tromper le doux chant du rossignol, mais si tu écoutes bien, il y a le sifflement du serpent.” Et un autre encore: “Sentinelles du peuple du Christ, garde à vous! Quand l'ennemi caresse, il a le poignard caché dans sa manche et il allonge la main pour frapper. Les yeux ouverts et le cœur prêt! Les chacals ne peuvent devenir des agneaux dociles.” “Tu dis bien: le hibou réjouit et enchante les oiseaux naïfs par l'immobilité de son corps et la gaieté menteuse de son salut. Il rit et invite par son cri, mais il est déjà prêt à dévorer.” Et c'est ainsi d'un groupe à l'autre. Mais il y a aussi les gentils, ces gentils qui toujours plus nombreux ne manquent pas d'écouter le Maître en ces jours de fête. Toujours en marge de la foule, car l'exclusivisme hébreu-palestinien est très fort et il les repousse, voulant les premières places autour du Maître, mais eux désirent l'approcher et Lui parler. Un groupe nombreux d'entre eux aperçoit Philippe que la foule a refoulé dans un coin. Ils s'approchent de lui pour lui dire: “Seigneur, nous voudrions voir de près Jésus, ton Maître, et Lui parler au moins une fois.” Philippe se dresse sur la pointe des pieds pour voir s'il découvre quelqu'apôtre plus près du Seigneur. Il voit André et lui crie après l'avoir appelé: “Il y a ici des gentils qui voudraient saluer le Maître. Demande-lui s'il veut les accueillir.” André, séparé de Jésus par quelques mètres, serré dans la foule, se fraie un passage sans beaucoup d'égards, travaillant généreusement des coudes et criant: “Faites place! Faites place, dis-je! Je dois aller vers le Maître.” Il le rejoint et Lui transmet le désir des gentils. “Conduis-les dans ce coin. J'irai les trouver.” Et pendant que Jésus essaie de passer parmi les gens, Jean, qui est revenu avec Pierre, Pierre lui-même, Jude Thaddée, Jacques de Zébédée et Thomas, qui laisse le groupe de ses parents trouvés dans la foule pour aider ses compagnons, s'efforcent de Lui faire un chemin. Voilà Jésus là où sont déjà les gentils qui le saluent. “La paix à vous. Que voulez-vous de Moi?” “Te voir. Te parler. Tes paroles nous ont troublés. Depuis longtemps nous désirions te parler pour te dire que ta parole nous frappe, mais nous attendions de le faire à un moment propice. Aujourd'hui… Tu parles de mort… Nous craignons de ne plus pouvoir te parler si nous ne saisissons pas cette heure. Mais est-il possible que les hébreux puissent tuer leur meilleur fils? Nous sommes gentils, et ta main ne nous a pas fait du bien. Ta parole nous était inconnue. Nous avions entendu parler vaguement de Toi, mais nous ne t'avions jamais vu ni approché. Et pourtant, tu le vois! Nous te rendons hommage. C'est le monde entier qui t'honore avec nous.” “Oui, l'heure est venue où le Fils de l'homme doit être glorifié par les hommes et par les esprits.” Maintenant les gens entourent de nouveau Jésus, avec la différence que les gentils sont au premier rang, et les autres en arrière. “Mais alors, si c'est l'heure de ta glorification, tu ne mourras pas comme tu dis ou comme nous avons compris. Car ce n'est pas être glorifié de mourir de cette façon. Comment pourras-tu réunir le monde sous ton sceptre si tu meurs avant de l'avoir fait? Si ton bras s'immobilise dans la mort, comment pourras-tu triompher et rassembler les peuples?” “C'est en mourant que je donne la vie. En mourant, j'édifie. En mourant, je crée le Peuple nouveau. C'est dans le sacrifice que l'on a la victoire. En vérité je vous dis que si le grain de froment tombé sur la terre ne meurt pas, il reste infécond, mais si au contraire il meurt, voilà qu'il produit beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perdra. Celui qui hait sa vie en ce monde, la sauvera pour la vie éternelle. Moi, ensuite, j'ai le devoir de mourir pour donner cette vie éternelle à tous ceux qui me suivent pour servir la Vérité. Que celui qui veut me servir vienne: la place n'est pas limitée dans mon Royaume à tel ou tel peuple. Quiconque veut me servir qu'il vienne à Moi et me suive, et où je serai, sera aussi mon serviteur. Et celui qui me sert, sera honoré par mon Père, Unique, Vrai Dieu, Seigneur du Ciel et de la Terre, Créateur de tout ce qui existe, Pensée, Parole, Amour, Vie, Chemin, Vérité; Père, Fils, Esprit Saint, Un en étant Trin, Trin tout en étant Unique, Seul, Vrai Dieu. Mais maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je? Je dirai peut-être: "Père sauve-moi de cette heure"? Non, parce que je suis venu pour cela: pour arriver à cette heure. Et alors je dirai: "Père glorifie ton Nom!" Jésus ouvre les bras en croix, une croix pourpre contre la blancheur des marbres du portique, il lève son visage en s'offrant, en priant, en montant avec son âme vers le Père. Et une voix, plus forte que le tonnerre, immatérielle en ce sens qu'elle ne ressemble à aucune voix d'homme, mais très sensible à toutes les oreilles, emplit le ciel serein de la magnifique journée d'avril et elle vibre, plus puissante que l'accord d'un orgue géant, d'une très belle tonalité et elle proclame: “Et Moi, Je l'ai glorifié et Je le glorifierai encore.” Les gens ont eu peur. Cette voix si puissante qu'elle a fait vibrer le sol et ce qui s'y trouve, cette voix mystérieuse, différente de toute autre, qui vient d'une source inconnue, cette voix qui emplit tout l'espace, du nord au midi, de l'orient à l'occident, terrorise les hébreux et stupéfait les païens. Les premiers, quand ils le peuvent, se jettent sur le sol, murmurant dans leur crainte: “Maintenant nous allons mourir! Nous avons entendu la voix du Ciel. Un ange Lui a parlé!” et ils se battent la poitrine en attendant la mort. Les seconds crient: “Un tonnerre! Un grondement! Fuyons! La Terre a rugi! Elle a tremblé!” Mais il est impossible de fuir dans cette cohue qui augmente lorsque les gens, qui étaient encore en dehors des murs du Temple, accourent à l'intérieur en criant: “Pitié pour nous! Courons! Ici, c'est le lieu saint. Il ne se fendra pas le mont où s'élève l'autel de Dieu!” Et ainsi chacun reste où il est, bloqué par la foule et l'épouvante. Sur les terrasses du Temple accourent les prêtres, les scribes, les pharisiens, qui étaient éparpillés dans ses méandres et les lévites et les stratèges, agités, stupéfaits. Mais de tous ceux-là ne descendent, parmi les gens qui sont dans les cours, pas d'autres que Gamaliel avec son fils. Jésus le voit passer, tout blanc dans son vêtement de lin qui est si blanc qu'il resplendit jusque sous le soleil éclatant qui le frappe. Jésus regarde Gamaliel, mais comme s'il parlait pour tout le monde, il élève la voix pour dire: “Ce n'est pas pour Moi, mais pour vous que cette parole est venue du Ciel.” Gamaliel s'arrête, se retourne et il transperce par les regards de ses yeux profonds et très noirs - que l'habitude d'être un maître vénéré comme un demi-dieu rend involontairement durs comme ceux des rapaces - le regard de saphir, limpide, doux, dans sa majesté, de Jésus… Et Jésus continue: “C'est maintenant le jugement de ce monde. C'est maintenant que le Prince des Ténèbres va être chassé dehors. Et Moi, quand je serai élevé j'attirerai tout à Moi, car c'est ainsi que le Fils de l'homme opérera le salut.” “Nous avons appris des livres de la Loi que le Christ vit éternellement. Et Toi tu te dis le Christ et tu dis que tu dois mourir. Et encore tu dis que tu es le Fils de l'homme et que tu sauverais parce qu'on t'élèvera. Qui es-tu donc? Le Fils de l'homme ou le Christ? Et qu'est-ce que le Fils de l'homme?” dit la foule qui reprend de la hardiesse. “Ce sont une unique personne. Ouvrez les yeux à la Lumière. C'est encore pour peu que la Lumière est avec vous. Marchez vers la Vérité tant que vous avez la Lumière parmi vous, afin que les Ténèbres ne vous surprennent pas. Ceux qui marchent dans l'obscurité ne savent pas où ils vont aboutir. Tant que vous avez la Lumière parmi vous, croyez en Elle, pour être fils de la Lumière.” Il se tait. La foule est perplexe et divisée. Une partie s'en va en secouant la tête. Une partie observe l'attitude des principaux dignitaires: pharisiens, chefs des prêtres, scribes… et spécialement de Gamaliel, et ils règlent leurs propres gestes sur cette attitude. D'autres encore approuvent de la tête et s'inclinent devant Jésus avec des signes très clairs qui veulent dire: “Nous croyons! Nous t'honorons pour ce que tu es.” Mais ils n'osent pas se déclarer ouvertement en sa faveur. Ils ont peur des yeux attentifs des ennemis du Christ, des puissants, qui les surveillent du haut des terrasses qui dominent les magnifiques portiques qui entourent l'enceinte du Temple. Gamaliel aussi, après être resté pensif quelques minutes, et qui semble interroger le pavé de marbre pour avoir une réponse aux questions qu'il se pose à lui-même, se dirige de nouveau vers la sortie après un mouvement de la tête et des épaules semblant traduire son désappointement ou son mépris… et il passe tout droit devant Jésus, sans plus le regarder. Jésus, de son côté, le regarde avec compassion… et il élève de nouveau la voix avec force - c'est comme une trompette de bronze - pour dépasser tous les bruits et être entendu par le grand scribe qui s'en va déçu. Il semble parler pour tout le monde, mais il est évident qu'il parle pour lui seul. Il dit d'une voix très forte: “Celui qui croit en Moi ne croit pas, en vérité, en Moi, mais en Celui qui m'a envoyé, et celui qui me voit Celui qui m'a envoyé. Et Celui-là est bien le Dieu d'Israël! Car il n'y a pas d'autre Dieu que Lui. Aussi, je vous dis: si vous ne pouvez croire en Moi en tant que celui que l'on appelle fils de Joseph de David et fils de Marie, de la lignée de David, de la Vierge vue par le prophète, né à Bethléem, comme il est dit par les prophéties, précédé par le Baptiste, comme il est dit encore depuis des siècles, croyez au moins à la Voix de votre Dieu qui vous a parlé du Ciel. Croyez en Moi comme Fils de ce Dieu d'Israël. Que si vous ne croyez pas à Celui qui vous a parlé du Ciel, ce n'est pas Moi que vous offensez, mais votre Dieu dont je suis le Fils. N'ayez pas la volonté de rester dans les ténèbres! Je suis venu au monde comme Lumière afin que celui qui croit en Moi ne reste pas dans les ténèbres. Ne consentez pas à vous créer des remords que vous ne pourriez plus apaiser quand je serai retourné là d'où je suis venu, et qui seraient un bien dur châtiment de Dieu pour votre entêtement. Je suis prêt à pardonner tant que je suis parmi vous, tant que le jugement n'est pas fait, et en ce qui me concerne j'ai le désir de pardonner. Mais différente est la pensée de mon Père, car Moi, je suis la Miséricorde et Lui est la Justice. En vérité je vous dis que si quelqu'un écoute mes paroles et n'en tient pas compte, ce n'est pas Moi qui le juge. Je ne suis pas venu dans le monde pour le juger mais pour le sauver. Mais aussi si Moi je ne juge pas, en vérité je vous dis qu'il y a quelqu'un qui juge vos actions. Mon Père, qui m'a envoyé, juge ceux qui repoussent sa Parole. Oui, celui qui me méprise et ne reconnaît pas la Parole de Dieu et ne reçoit pas les paroles du Verbe, voilà ce qu'il a pour le juger: la parole même que j'ai annoncée, celle qui le jugera au dernier jour. On ne se moque pas de Dieu, est-il dit. Et le Dieu dont on s'est moqué sera terrible pour ceux qui l'auront jugé fou et menteur. Rappelez-vous tous que les paroles que vous m'avez entendu dire sont de Dieu. Car je n'ai pas parlé de Moi-même, mais le Père qui m'a envoyé, Lui-même, m'a prescrit ce que je dois dire et de quoi je dois parler. Et Moi, j'obéis à son commandement car je sais que son commandement est juste. Tout commandement de Dieu est Vie éternelle, et Moi, votre Maître, je vous donne l'exemple de l'obéissance à tout commandement de Dieu. Soyez donc certains que les choses que je vous ai dites et que je vous dis, je les ai dites et je les dis comme mon Père m'a dit de vous les dire. Et mon Père est le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob; le Dieu de Moïse, des patriarches et des prophètes, le Dieu d'Israël, votre Dieu.” Paroles de lumière qui tombent dans les ténèbres qui déjà s'épaississent dans les cœurs! Gamaliel, qui s'était de nouveau arrêté, la tête penchée reprend sa marche… D'autres le suivent en hochant la tête ou en ricanant. Jésus aussi s'en va… Mais avant il dit à Judas de Kériot: “Va où tu dois aller”, et aux autres: “Chacun est libre d'aller où il doit ou bien où il veut. Qu'avec Moi restent les disciples bergers.” “Oh! prends-moi aussi avec Toi, Seigneur!” dit Etienne. “Viens…” Ils se séparent. Je ne sais pas où va Jésus. Mais je sais où va Judas de Kériot. Il va à la Belle Porte, en montant des marches qui mènent de l'Atrium des Gentils à celui des femmes, et après l'avoir traversé, en montant à son extrémité d'autres marches, il jette un coup d'œil dans l'Atrium des Hébreux et, fâché, il frappe le sol du pied parce qu'il ne trouve pas celui qu'il cherche. Il revient sur ses pas. Il voit un des gardes du Temple. Il l'appelle et lui ordonne avec son arrogance habituelle: “Va trouver Eléazar ben Anna. Qu'il vienne tout de suite à la Belle. Judas de Simon l'attend pour des choses graves.” Il s'appuie à une colonne et attend. Après un moment, Eléazar fils d'Anna, Elchias, Simon, Doras, Cornelius, Sadoc, Nahum et d'autres, accourent avec leurs vêtements qui volent au vent. Judas parle à voix basse, mais excitée: “Ce soir! Après la cène. Au Gethsémani. Venez-y et prenez-le. Donnez-moi l'argent.” “Non. Nous te le donnerons quand tu viendras nous prendre ce soir. Nous ne nous fions pas à toi! Nous te voulons avec nous. On ne sait jamais!” raille Elchias. Les autres l'approuvent en chœur. Judas s'enflamme de dédain à cause de l'insinuation. Il jure: “Je jure sur Jéhovah que je dis la vérité!” Sadoc lui répond: “C'est bien. Mais il vaut mieux faire ainsi. Quand c'est l'heure, tu viens, tu prends ceux qui sont chargés de la capture et tu vas avec eux. Qu'il n'arrive pas que les gardes imbéciles arrêtent Lazare au hasard et fassent arriver des malheurs. Tu leur indiqueras l'homme par un signe… Tu dois comprendre! C'est la nuit… il y aura peu de clarté… les gardes seront fatigués, endormis… Mais si tu les guides!… Voilà! Qu'en dites-vous?” Il se tourne vers ses compagnons le perfide Sadoc, et il dit: “Je proposerais comme signal un baiser. Un baiser! Le meilleur signe pour indiquer l'ami trahi. Ah! Ah!” Tous rient: un chœur de démons ricanant. Judas est furieux, mais il ne recule pas. Il ne recule plus. Il souffre pour le mépris qu'ils lui montrent, non pas pour ce qu'il va faire, si bien qu'il dit: “Mais rappelez-vous que je veux l'argent compté dans la bourse avant de sortir d'ici avec les gardes.” “Tu l'auras! Tu l'auras! Nous te donnerons même la bourse pour que tu puisses garder l'argent, comme une relique de ton amour. Ah! Ah! Ah! Adieu, serpent!” Judas est livide. Il est déjà livide. Il ne perdra jamais plus cette couleur et cette expression d'épouvante désespérée. Au contraire, avec les heures, elle s'accentuera toujours jusqu'à être insoutenable à la vue quand il sera pendu à l'arbre… Il s'enfuit… Jésus s'est réfugié dans le jardin d'une maison amie, un jardin tranquille des premières maisons de Sion. Il est entouré de murs élevés et anciens. Il est silencieux et frais, couvert comme il l'est par les feuillages un peu agités des vieux arbres. Une voix de femme peu lointaine chante une douce berceuse. Il a dû se passer des heures car les serviteurs de Lazare, de retour après être allés je ne sais où, disent: “Tes disciples sont déjà dans la maison où on prépare la cène et Jean, après avoir apporté avec nous les fruits aux enfants de Jeanne de Chouza, s'en est allé prendre les femmes pour les accompagner chez Joseph d'Alphée, qui est venu seul aujourd'hui, alors que sa mère ne comptait plus le voir, et puis, de là, à la maison de la cène car c'est le soir.” “Nous irons nous aussi. Elles sont arrivées les heures des cènes…” Jésus se lève pour remettre son manteau. “Maître, il y a là dehors des personnes, des personnes fortunées. Elles voudraient te parler sans être vues par les pharisiens” dit un serviteur. “Fais-les entrer. Esther ne s'y opposera pas. N'est-ce pas, femme?” dit Jésus en se tournant vers une femme d'âge mûr qui accourt pour le saluer. “Non, Maître. Ma maison est la tienne, tu le sais. Tu ne t'en es servi que trop peu!” “Autant qu'il faut pour dire à mon cœur: c'était une maison amie.” Il commande au serviteur: “Conduis ceux qui attendent.” Il entre une trentaine de personnes bien mises. Elles le saluent. Quelqu'un parle au nom de tous: “Maître, tes paroles nous ont secoués. Nous avons entendu en Toi la voix de Dieu. Mais ils nous traitent de fous parce que nous croyons en Toi. Que faire alors?” “Ce n'est pas à Moi qu'il croit celui qui croit en Moi, mais il croit à Celui qui m'a envoyé et dont aujourd'hui vous avez entendu la voix très sainte. Ce n'est pas Moi que voit celui qui me voit, mais il voit Celui qui m'a envoyé, car je suis une seule chose avec mon Père. À cause de cela, je vous dis que vous devez croire pour ne pas offenser Dieu, qui est mon Père et le vôtre, et qui vous aime jusqu'à sacrifier son Fils Unique. S'il y a des doutes dans les cœurs que je sois le Christ, il n'y a pas de doute que Dieu est au Ciel, et la voix de Dieu que j'ai appelé Père, aujourd'hui, au Temple, en Lui demandant de glorifier son Nom, a répondu à Celui qui l'appelait Père, et sans Lui dire "menteur ou blasphémateur" comme disent plusieurs. Dieu a confirmé qui je suis: sa Lumière. Je suis la Lumière venue au monde afin que celui qui croit en Moi ne reste pas dans les Ténèbres. Si quelqu'un entend mes paroles et ensuite ne les met pas en pratique, Moi je ne le juge pas. Je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde. Celui qui me méprise et ne reçoit pas mes paroles a quelqu'un qui le juge. La parole que j'ai annoncée, c'est elle qui le jugera au dernier jour. En effet, elle était sage, parfaite, douce, simple, comme l'est Dieu. Car cette Parole, c'est Dieu. Ce n'est pas Moi, Jésus de Nazareth, appelé le fils de Joseph le menuisier de la race de David et fils de Marie, enfant hébraïque, vierge de la race de David mariée à Joseph, qui ai parlé. Non. Je n'ai pas parlé de Moi-même, mais c'est mon Père, Celui qui est dans les Cieux et dont le nom est Jéhovah, Celui qui aujourd'hui a parlé, Celui qui m'a envoyé, qui m'a prescrit de dire ce que je dois dire et de quoi je dois parler. Et je sais que dans son commandement il y a la vie éternelle. Les choses donc que je dis, je les dis comme me les a dites le Père, et en elles il y a la Vie. C'est pour cela que je vous dis: écoutez-les. Mettez-les en pratique et vous aurez la Vie. Car ma parole est Vie, et celui qui l'accueille, accueille, en même temps que Moi, le Père des Cieux qui m'a envoyé pour vous donner la Vie. Et celui qui a Dieu en lui a en lui la Vie. Allez. Que la paix vienne à vous et y reste.” Il les bénit et les congédie. Il bénit aussi les disciples. Il retient seulement Isaac et Etienne. Il embrasse les autres et les congédie et, quand ils sont partis, il sort le dernier avec les deux, et il va avec eux par les ruelles les plus solitaires et déjà sombres, à la maison du Cénacle. Arrivé là, il embrasse et bénit avec un amour particulier Isaac et Etienne, il les baise, les bénit de nouveau, les regarde partir, et puis il frappe et entre…
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 7 juin 2009, Sainte Trinité, solennité

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28,16-20.
Au temps de Pâques, les onze disciples s'en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s'approcha d'eux et leur adressa ces paroles : " Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde."
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 10, Ch 23, p 211 - CD 10, piste 76 -
A l'orient, l'aurore commence à peine à rougir. Jésus se promène avec sa Mère dans les vallons du Gethsémani. Pas de paroles, seulement des regards d'indicible amour. Peut-être les paroles ont déjà été dites. Peut-être elles n'ont jamais été dites. Ce sont les deux âmes qui ont parlé: celle du Christ, celle de la Mère du Christ. Maintenant c'est une contemplation d'amour, une réciproque contemplation. Elle la connaît la nature humide de rosée, la pure lumière du matin, elles la connaissent les gracieuses créatures de Dieu que sont les herbes, les fleurs, les oiseaux, les papillons. Les hommes sont absents. Moi, je me sens mal à l'aise d'être présente à cet adieu. “Seigneur, je n'en suis pas digne!” c'est mon cri dans les larmes qui tombent de mes yeux en contemplant la dernière heure de l'union terrestre entre la Mère et le Fils et en pensant que nous sommes arrivés au terme de l'amoureuse fatigue, celle de Jésus, celle de Marie et du pauvre, petit, indigne enfant que Jésus a voulu comme témoin de tout le temps messianique, et qui a nom Marie, mais que Jésus aime appeler “Ie petit Jean” et aussi “la violette de la Croix.” Oui. Petit Jean. Petit parce que je suis un rien. Jean parce que je suis vraiment celle à qui Dieu a fait de grandes grâces, et parce que, dans une mesure infinitésimale - mais c'est tout ce que je possède, et en donnant tout ce que je possède, je sais que je donne dans une mesure parfaite qui satisfait Jésus, car c'est le “tout” de mon rien - et parce que, dans une mesure infinitésimale moi, comme le bien-aimé, le grand Jean, j'ai donné tout mon amour à Jésus et à Marie, en partageant avec eux larmes et sourires, en les suivant, angoissée de les voir affligés et de ne pouvoir les défendre de la rancœur du monde au prix de ma propre vie; et maintenant palpitante de la palpitation de leur cœur pour ce qui prend fin pour toujours…Violette, oui. Une violette qui a cherché à se tenir cachée dans l'herbe pour que Jésus ne l'évite pas, Lui qui aimait toutes les choses créées parce qu'œuvres de son Père, mais me presse sous son pied divin et que je puisse mourir en exhalant mon léger parfum dans l'effort de Lui adoucir le contact avec la terre raboteuse et dure. Violette de la Croix, oui. Et son Sang a rempli mon calice jusqu'à le faire se pencher sur le sol…Oh! mon Bien-aimé qui, avant, m'as comblée de ton Sang en me faisant contempler tes pieds blessés, cloués au bois “… et au pied de la croix il y avait un pied de violettes en fleurs et ton Sang tombait goutte à goutte sur le pied de violettes fleuries…” Souvenir lointain et toujours si proche et si présent! Préparation de ce que j'ai été ensuite: ton porte-parole qui maintenant est tout trempé de ton Sang, de tes sueurs et de tes larmes, des larmes de Marie ta Mère, mais qui connaît aussi tes paroles, tes sourires, tout, tout de Toi, et qui exhale le parfum non plus des violettes, mais celui de Toi Seul, mon Unique et Seul Amour, de ce parfum divin qui a bercé hier soir ma douleur et qui vient sur moi, doux comme un baiser, consolant comme le Ciel lui-même, et me fait tout oublier pour vivre de Toi seul…J'ai en moi ta promesse. Je sais que je ne te perdrai pas. Tu me l'as promis et ta promesse est sincère: promesse de Dieu. Je te posséderai encore, toujours. C'est seulement si je péchais par orgueil, mensonge, désobéissance, que je te perdrais. Tu l'as dit, mais tu sais qu'avec ta Grâce pour soutenir ma volonté, je ne veux pécher et j'espère ne pas pécher parce que tu me soutiendras. Je ne suis pas un chêne, je le sais. Je suis une violette. Une tige fragile qui peut plier sous le pied d'un oiseau et même sous le poids d'un scarabée. Mais tu es ma force, ô Seigneur, et mon amour pour Toi est mon aile.Je ne te perdrai pas. Tu me l'as promis. Tu viendras, tout entier pour moi, pour donner de la joie à ta violette mourante. Mais je ne suis pas égoïste, Seigneur. Tu le sais. Tu sais que je voudrais ne plus te voir, mais que d'autres te voient en grand nombre, et qu'ils croient en Toi. À moi, tu as déjà tant donné et je n'en suis pas digne. Vraiment tu m'as aimée comme Toi seul sait aimer tes fils chéris.Je pense comme il était doux de te voir “vivre”. Homme parmi les hommes. Et je pense que je ne te verrai plus ainsi. Tout à été vu et dit. Je sais aussi que tu n'effaceras pas de ma pensée tes actions d'Homme parmi les hommes, et que je n'aurai pas besoin de livres pour me souvenir de Toi, tel que tu as été réellement. Il suffira que je regarde en mon intérieur où toute ta vie est fixée en caractères indélébiles. Mais c'était doux, doux… Maintenant tu montes… La Terre te perd. Marie de la Croix te perd, Maître Sauveur. Tu resteras à elle comme un Dieu très doux, et non plus du Sang mais un miel céleste tu verseras dans le calice violacé de ta violette… Je pleure… J'ai été ta disciple en même temps que les autres sur les chemins de montagne, boisés, ou sur les chemins arides, poussiéreux de la plaine, sur le lac, et près du beau fleuve de ta Patrie. Maintenant tu t'en vas et je ne verrai plus qu'en souvenir Bethléem et Nazareth sur leurs vertes collines d'oliviers, et Jéricho brûlée par le soleil avec le bruissement de ses palmiers, et Béthanie amie, et Engaddi perle perdue dans les déserts, et la belle Samarie, et les plaines fertiles de Saron et d'Esdrelon, et le haut plateau bizarre d'au-delà du Jourdain, et le cauchemar de la Mer Morte, et les villes ensoleillées des bords de la Méditerranée, et Jérusalem, la ville de ta douleur, ses montées et ses descentes, les archivoltes, les places, les faubourgs, les puits et les citernes, les collines et jusqu'à la triste vallée des lépreux où ta miséricorde s'est largement répandue… Et la maison du Cénacle… et la fontaine qui pleure tout près… le petit pont sur le Cédron, l'endroit où tu as sué le sang… la cour du Prétoire… Ah, non! tout ce qui est ta douleur se trouve ici et y restera toujours… Je devrai chercher tous les souvenirs pour les retrouver, mais ta prière au Gethsémani, ta flagellation, ta montée au Golgotha, ton agonie et ta mort, la douleur de ta Mère, non, je n'aurai pas à les chercher: ils me sont toujours présents. Peut-être je les oublierai au Paradis… et il me paraît impossible de pouvoir les oublier même là… Tout souvenir de ces heures atroces, jusqu'à la forme de la pierre sur laquelle tu es tombé, même le bouton de rose rouge qui battait comme une goutte de sang sur le granit, contre la fermeture de ton tombeau… Mon Amour tout divin, ta Passion vit dans ma pensée… et m'en brise le cœur… L'aurore s'est complètement levée. Le soleil est déjà haut sur l'horizon, et les apôtres font entendre leurs voix. C'est un signal pour Jésus et Marie. Ils s'arrêtent. Ils se regardent, l'Un en face de l'Autre, et puis Jésus ouvre les bras et accueille sa Mère sur sa poitrine… Oh! c'était bien un Homme, un Fils de Femme! Pour le croire, il suffit de regarder cet adieu! L'amour déborde en une pluie de baisers sur la Mère toute aimée. L'amour couvre de baisers le Fils tout aimé. Il semble qu'ils ne puissent plus se séparer. Quand il semble qu'ils vont le faire, un autre embrassement les unit encore, et parmi les baisers des paroles de réciproque bénédiction… Oh! c'est vraiment le Fils de l'Homme qui quitte celle qui l'a engendré! C'est vraiment la Mère qui congédie, pour le rendre au Père, son Fils, le Gage de l'Amour à la toute Pure… Dieu qui embrasse la Mère de Dieu!… Finalement la Femme, en tant que Créature, s'agenouille aux pieds de son Dieu qui est pourtant son Fils, et le Fils, qui est Dieu, impose ses mains sur la tête de sa Mère Vierge, de l'éternelle Aimée, et il la bénit au Nom du Père, du Fils et de l'Esprit Saint, puis il se penche et la relève en déposant un dernier baiser sur son front blanc comme un pétale de lys sous l'or de ses cheveux si jeunes encore… Ils vont de nouveau vers la maison et personne, en voyant la paix avec laquelle ils avancent l'Un à côté de l'Autre, ne penserait au flot d'amour qui les a dominés un peu auparavant. Mais quelle différence en cet adieu avec la tristesse des autres adieux désormais dépassés et le déchirement de l'adieu de la Mère à son Fils tué qu'elle devait laisser seul au Tombeau!…En celui-ci, même si les yeux brillent des pleurs naturels de celui qui est sur le point de se séparer de l'Aimé, les lèvres sourient à la joie de savoir que cet Aimé va dans la demeure qui convient à sa Gloire… “Seigneur! Ils sont là dehors, entre le mont et Béthanie, tous ceux que tu avais dit à ta Mère vouloir bénir aujourd'hui” dit Pierre. “C'est bien. Nous allons maintenant les trouver. Mais venez d'abord. Je veux partager encore le pain avec vous.” Ils entrent dans la pièce où dix jours avant se trouvaient les femmes pour la cène du quatorzième jour du second mois. Marie accompagne Jésus jusque là, puis elle se retire. Il reste Jésus et les onze. Sur la table il y a de la viande rôtie, des petits fromages et des petites olives noires, une petite amphore de vin et une d'eau plus grande, et de larges pains. Une table simple, sans apparat pour une cérémonie de luxe, mais uniquement parce qu'il faut bien manger.Jésus offre et fait les parts. Il est au milieu entre Pierre et Jacques d'Alphée. C'est Lui qui les a appelés à ces places. Jean, Jude d'Alphée et Jacques sont en face de Lui, Thomas, Philippe, Mathieu sont d'un côté, André, Barthélemy, le Zélote de l'autre. Ainsi tous peuvent voir leur Jésus… Le repas est bref, silencieux. Les apôtres, arrivés au dernier jour de voisinage avec Jésus, et malgré les apparitions successives, collectives ou individuelles, à partir de la Résurrection, toutes pleines d'amour, n'ont plus jamais perdu cette retenue et cette vénération qui ont caractérisé leurs rencontres avec Jésus Ressuscité.Le repas est fini. Jésus ouvre les mains au-dessus de la table en faisant son geste habituel devant un fait inéluctable et il dit: “Voici venue l'heure où je dois vous quitter pour retourner vers mon Père. Écoutez les dernières paroles de votre Maître. Ne vous éloignez pas de Jérusalem pendant ces jours. Lazare, à qui j'ai parlé, a pourvu une fois encore à réaliser les désirs de son Maître, et il vous cède la maison de la dernière Cène pour que vous ayez une demeure où réunir l'assemblée et vous recueillir en prière. Restez là à l'intérieur pendant ces jours et priez avec assiduité pour vous préparer à la venue de l'Esprit Saint qui vous complétera pour votre mission. Rappelez-vous que Moi, qui pourtant étais Dieu, je me suis préparé par une sévère pénitence à mon ministère d'évangélisateur. Toujours plus facile et plus courte sera votre préparation. Mais je n'exige pas autre chose de vous. Il me suffit seulement que vous priiez assidûment, en union avec les septante-deux et sous la conduite de ma Mère, que je vous recommande avec l'empressement d'un Fils. Elle sera pour vous une Mère et une Maîtresse d'amour et de sagesse parfaite. J'aurais pu vous envoyer ailleurs pour vous préparer à recevoir l'Esprit Saint, mais je veux au contraire que vous restiez ici car c'est Jérusalem négatrice qui doit s'étonner de la continuation des prodiges divins, donnés pour répondre à ses négations. Ensuite, l'Esprit Saint vous fera comprendre la nécessité que l'Église surgisse justement dans cette ville qui, en jugeant humainement, est la plus indigne de la posséder. Mais Jérusalem c'est toujours Jérusalem, même si le péché y est à son comble et si c'est ici que s'est accompli le déicide. Cela ne servira à rien pour elle. Elle est condamnée. Mais si elle est condamnée, tous ses habitants ne le sont pas. Restez ici pour le peu de justes qu'elle a dans son sein, et restez-y parce que c'est la cité royale et la cité du Temple, et parce que comme il est prédit par les prophètes ici, où a été oint et acclamé et où s'est levé le Roi Messie, ici doit commencer son règne sur le monde, et c'est ici encore, où la synagogue a reçu de Dieu le libelle de répudiation à cause de ses crimes trop horribles, que doit surgir le Temple nouveau auquel accourront des gens de toutes nations. Lisez les prophètes: en eux tout est prédit. Ma Mère d'abord, puis l'Esprit Paraclet, vous feront comprendre les paroles des Prophètes pour ce temps. Restez ici jusqu'au moment où Jérusalem vous répudiera comme elle m'a répudié, et haïra mon Église comme elle m'a haï, en couvant des desseins pour l'exterminer. Alors portez ailleurs le siège de cette Église que j'aime, car elle ne doit pas périr. Je vous le dis: l'enfer même ne prévaudra pas sur elle. Mais si Dieu vous assure sa protection, ne tentez pas le Ciel en exigeant tout du Ciel. Allez en Ephraïm comme y alla votre Maître, parce que ce n'était pas l'heure qu'il soit pris par ses ennemis. Je vous dis Ephraïm pour vous dire terre d'idoles et de païens. Mais ce ne sera pas Ephraïm de Palestine que vous devez choisir comme siège de mon Église. Rappelez-vous combien de fois, à vous réunis ou à l'un de vous en particulier, j'ai parlé de cela en vous prédisant qu'il vous faudrait fouler les routes de la terre pour arriver à son cœur et fixer là mon Église. C'est du cœur de l'homme que le sang se propage à travers tous les membres. C'est du cœur du monde que le Christianisme doit se propager par toute la Terre. Pour l'heure, mon Église est semblable à une créature déjà conçue mais qui se forme encore dans la matrice. Jérusalem est sa matrice et en son intérieur son cœur encore petit, autour duquel se rassemblent les membres peu nombreux de l'Église naissante, donne ses petites ondes de sang à ces membres. Mais une fois arrivée l'heure marquée par Dieu, la matrice marâtre expulsera la créature qui s'est formée en son sein, et elle ira dans une terre nouvelle, et y grandira pour devenir un grand Corps qui s'étendra sur toute la Terre, et les battements du cœur de l'Église devenu fort se propageront dans tout son grand Corps. Les battements du cœur de l'Église, affranchie de tout lien avec le Temple, éternelle et victorieuse sur les ruines du Temple mort et détruit, vivant dans le cœur du monde pour dire aux hébreux et aux gentils que Dieu seul triomphe et veut ce qu'Il veut et que ni la rancœur des hommes, ni les troupes d'idoles n'arrêtent son vouloir. Mais cela viendra par la suite, et en ce temps-là vous saurez que faire. L'Esprit de Dieu vous conduira. Ne craignez pas. Pour le moment, rassemblez à Jérusalem la première assemblée de fidèles. Puis d'autres assemblées se formeront à mesure que leur nombre grandira. En vérité je vous dis que les habitants de mon Royaume deviendront rapidement plus nombreux comme des semences jetées dans une excellente terre. Mon peuple se propagera par toute la Terre. Le Seigneur dit au Seigneur: "Puisque Tu as fait cela et que pour Moi Tu ne t'es pas épargné, Je te bénirai et Je multiplierai ta descendance comme les étoiles du ciel et comme les grains de sable qui sont sur le bord de la mer. Ta descendance possédera la porte de ses ennemis et en ta descendance seront bénies toutes les nations de la Terre. Bénédiction est mon Nom, mon Signe et ma Loi, là où ils sont reconnus souverains. Il va venir l'Esprit Saint, le Sanctificateur, et vous en serez remplis. Faites en sorte d'être purs comme tout ce qui doit approcher le Seigneur. J'étais Seigneur, Moi aussi comme Lui. Mais sur ma Divinité j'avais endossé un vêtement pour pouvoir être parmi vous et non seulement pour vous instruire et vous racheter par les organes et le sang de ce vêtement, mais aussi pour porter le Saint des Saints parmi les hommes, sans qu'il fût inconvenant que tout homme, même impur, pût poser son regard sur Celui que craignent de contempler les Séraphins. Mais l'Esprit Saint viendra sans être voilé par la chair, et Il se posera sur vous et Il descendra en vous avec ses sept dons et Il vous conseillera. Maintenant le conseil de Dieu est chose si sublime qu'il faut vous préparer par une volonté héroïque d'une perfection qui vous rende semblables à votre Père et à votre Jésus, et à votre Jésus dans ses rapports avec le Père et l'Esprit Saint. Donc une charité parfaite et une pureté parfaite, pour pouvoir comprendre l'Amour et le recevoir sur le trône de votre cœur. Perdez-vous dans le gouffre de la contemplation. Efforcez-vous d'oublier que vous êtes des hommes, et efforcez-vous de vous changer en séraphins. Lancez-vous dans la fournaise, dans les flammes de la contemplation. La contemplation de Dieu ressemble à une étincelle qui jaillit du choc du silex contre le briquet et produit feu et lumière. C'est une purification le feu qui consume la matière opaque et toujours impure et la transforme en une flamme lumineuse et pure. Vous n'aurez pas le Royaume de Dieu en vous si vous n'avez pas l'amour. Parce que le Royaume de Dieu c'est l'Amour, et il apparaît avec l'Amour, et par l'Amour il s'établit en vos cœurs au milieu de l'éclat d'une lumière immense qui pénètre et féconde, enlève l'ignorance, donne la sagesse, dévore l'homme et crée le dieu, le fils de Dieu, mon frère, le roi du trône que Dieu a préparé pour ceux qui se donnent à Dieu pour avoir Dieu, Dieu, Dieu, Dieu seul. Soyez donc purs et saints grâce à l'oraison ardente qui sanctifie l'homme parce qu'elle le plonge dans le feu de Dieu qu'est la charité.Vous devez être saints. Non pas dans le sens relatif que ce mot avait jusqu'alors, mais dans le sens absolu que je lui ai donné en vous proposant la Sainteté du Seigneur comme exemple et comme limite, c'est-à-dire la Sainteté parfaite. Chez nous, on appelle saint le Temple, saint l'endroit où est l'autel, Saint des Saints le lieu voilé où se trouvent l'arche et le propitiatoire. Mais je vous dis en vérité que ceux qui possèdent la Grâce et vivent saintement par amour pour le Seigneur sont plus saints que le Saint des Saints, parce que Dieu ne se pose pas seulement sur eux, comme sur le propitiatoire qui est dans le Temple pour donner ses ordres, mais Il habite en eux pour leur donner ses amours.Vous rappelez-vous mes paroles de la Dernière Cène? Je vous avais promis alors l'Esprit Saint. Voilà qu'Il va venir pour vous baptiser non plus avec l'eau, comme Jean l'a fait avec vous pour vous préparer à Moi, mais avec le feu pour vous préparer à servir le Seigneur comme il le veut de vous. Voilà que Lui va être ici, d'ici peu de jours. Et après sa venue, vos capacités croîtront sans mesure et vous serez capables de comprendre les paroles de votre Roi et de faire les œuvres que Lui vous a dit de faire pour étendre son Royaume sur la Terre.” “Reconstruiras-tu alors, après la venue de l'Esprit Saint, le Royaume d'Israël?” Lui demandent-ils en l'interrompant. “Il n'y aura plus de Royaume d'Israël mais mon Royaume. Et il s'accomplira quand mon Père a dit. Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père s'est réservé en son pouvoir. Mais vous, en attendant, vous recevrez la vertu de l'Esprit Saint qui viendra sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, en Judée, et en Samarie, et jusqu'aux confins de la Terre, en fondant des assemblées là où des hommes sont réunis en mon Nom; en baptisant les gens au Nom très Saint du Père, du Fils et de l'Esprit Saint, comme je vous l'ai dit, pour qu'ils aient la Grâce et vivent dans le Seigneur; prêchant l'Évangile à toutes les créatures, enseignant ce que je vous ai enseigné, faisant ce que je vous ai commandé de faire. Et je serai avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. Et je veux encore ceci: qu'à présider l'assemblée de Jérusalem ce soit Jacques, mon frère. Pierre, comme chef de toute l'Église, devra souvent entreprendre des voyages apostoliques, parce que tous les néophytes désireront connaître le Pontife Chef Suprême de l'Église. Mais grand sera l'ascendant que sur les fidèles de cette première Église aura mon frère. Les hommes sont toujours des hommes et ils voient en hommes. Il leur semblera que Jacques me continue, seulement parce qu'il est mon frère. En vérité je vous dis qu'il est plus grand et semblable au Christ par sa sagesse plutôt que par sa parenté. Mais c'est ainsi. Les hommes, qui ne me cherchaient pas pendant que j'étais parmi eux, me chercheront maintenant en celui qui est mon parent. Toi, ensuite, Simon Pierre, tu es destiné à d'autres honneurs…” “Que je ne mérite pas, Seigneur. Je te l'ai dit quand tu m'es apparu et je te le dis encore en présence de tous. Tu es bon, divinement bon, en plus que sage, et c'est avec justice que tu as jugé que moi, qui t'ai renié dans cette ville, je n'étais pas fait pour en être le chef spirituel. Tu veux m'épargner tant de justes mépris…”. “Nous avons été tous pareils, Simon, sauf deux. Moi aussi, j'ai fui. Ce n'est pas à cause de cela, mais à cause des raisons qu'il a dites, que le Seigneur m'a destiné à cette place; mais tu es mon chef, Simon de Jonas, et je te reconnais comme tel et en présence du Seigneur et de tous les compagnons je te promets obéissance. Je te donnerai ce que je puis pour t'aider dans ton ministère, mais, je t'en prie, donne-moi tes ordres, car tu es le Chef et moi ton subordonné. Quand le Seigneur m'a rappelé une lointaine conversation, j'ai incliné la tête pour dire: "Que soit fait ce que tu veux". C'est ce que je te dirai du moment où, le Seigneur nous ayant quittés, tu seras son Représentant sur la Terre. Et nous nous aimerons en nous aidant dans le ministère sacerdotal” dit Jacques en s'inclinant de sa place pour rendre hommage à Pierre. “Oui, aimez-vous entre vous, en vous aidant mutuellement, parce que c'est le commandement nouveau et le signe que vous appartenez vraiment au Christ. Ne vous troublez pas pour aucune raison. Dieu est avec vous. Vous pouvez faire ce que je veux de vous. Je ne vous imposerais pas des choses que vous ne pourriez pas faire car je ne veux pas votre ruine, mais, au contraire, votre gloire. Voilà que je vais préparer votre place à côté de mon trône. Soyez unis à Moi et au Père dans l'amour. Pardonnez au monde qui vous hait. Appelez fils et frères ceux qui viennent à vous, ou sont déjà avec vous par amour pour Moi. Soyez dans la paix en me sachant toujours prêt à vous aider pour porter votre croix. Je serai avec vous dans les fatigues de votre ministère et à l'heure des persécutions, et vous ne périrez pas, vous ne succomberez pas même si cela semblera à ceux qui voient avec les yeux du monde. Vous serez accablés, affligés, lassés, torturés, mais ma joie sera en vous car je vous aiderez en tout. En vérité je vous dis que quand vous aurez pour Ami l'Amour vous comprendrez que tout ce que l'on subit et vit par amour pour Moi devient léger, même si c'est la lourde torture du monde. Car pour celui qui revêt d'amour tout ce qu'il fait volontairement ou tout ce qui lui est imposé, le joug de la vie et du monde se change en un joug qui lui est donné par Dieu, par Moi. Et je vous répète que la charge que je vous impose est toujours proportionnée à vos forces et que mon joug est léger car je vous aide à le porter. Vous savez que le monde ne sait pas aimer. Mais vous, dorénavant, aimez le monde d'un amour surnaturel pour lui apprendre à aimer. Et s'ils vous disent en vous voyant persécutés: "Est-ce ainsi que Dieu vous aime? En vous faisant souffrir, en vous donnant la douleur? Alors ce n'est pas la peine d'appartenir à Dieu", répondez: "La douleur ne vient pas de Dieu. Mais Dieu la permet, et nous en savons la raison et nous nous glorifions d'avoir la part qu'a eue le Sauveur Jésus, Fils de Dieu". Répondez: "Nous nous glorifions d'être crucifiés et de continuer la Passion de notre Jésus". Répondez par les paroles de la Sagesse: "La mort et la douleur sont entrées dans le monde par l'envie du démon, mais Dieu n'est pas l'auteur de la mort et de la douleur et il ne jouit pas de la douleur des vivants. Toutes les choses qui viennent de Lui sont vie et toutes sont salutaires". Répondez: "A présent nous semblons persécutés et vaincus, mais au jour de Dieu, les sorts sont changés: nous justes, persécutés sur la Terre, nous serons glorieux devant ceux qui nous ont tourmentés et méprisés". Pourtant dites-leur aussi: "Venez à nous! Venez à la Vie et à la Paix. Notre Seigneur ne veut pas votre ruine, mais votre salut. C'est pour cela qu'Il a donné son Fils bien-aimé afin que vous soyez tous sauvés". Et réjouissez-vous de participer à mes souffrances pour pouvoir être ensuite avec Moi dans la gloire. "Je serai votre récompense extrêmement grande" a promis le Seigneur en Abraham à tous ses serviteurs fidèles. Vous savez comment se conquiert le Royaume des Cieux: par la force, et on y arrive à travers de nombreuses tribulations. Mais celui qui persévère comme Moi j'ai persévéré sera où je suis. Je vous ai dit quel est le chemin et la porte qui conduisent au Royaume des Cieux, et Moi le premier j'ai marché par ce chemin et suis retourné au Père par cette porte. S'il y avait une autre voie, je vous l'aurais indiquée car j'ai pitié de votre faiblesse d'hommes. Mais il n'y en a pas d'autre… En vous l'indiquant comme unique chemin et unique porte, je vous dis aussi, je vous répète quel est le remède qui donne la force pour parcourir ce chemin et entrer par cette porte: c'est l'amour. Toujours l'amour. Tout devient possible quand nous avons en nous l'amour. Et tout l'amour vous sera donné par l'Amour qui vous aime, si vous demandez en mon Nom assez d'amour pour devenir des athlètes de sainteté. Maintenant, donnons-nous le baiser d'adieu, ô mes amis bien-aimés.” Il se lève pour les embrasser. Tous l'imitent. Mais alors que Jésus a un sourire paisible, d'une beauté vraiment divine, eux pleurent tous troublés et Jean, s'abandonnant sur la poitrine de Jésus: secoué par tous les sanglots qui lui rompent la poitrine tant ils sont déchirants, demande au nom de tous, voyant le désir de tous: “Donne-nous au moins ton Pain pour qu'il nous fortifie à cette heure!” “Qu'il en soit ainsi!” lui répond Jésus. Et prenant un pain, il le partage en morceaux après l'avoir offert et bénit, en répétant les paroles rituelles. Et il fait la même chose avec le vin, en répétant ensuite: “Faites ceci en mémoire de Moi”, ajoutant: “qui vous ai laissé ce gage de mon amour pour être encore et toujours avec vous jusqu'à ce que vous soyez avec Moi dans le Ciel.” Il les bénit et dit: “Et maintenant allons.” Ils sortent de la pièce, de la maison… Jonas, Marie et Marc sont là dehors, et ils s'agenouillent pour adorer Jésus. “Que la paix reste avec vous, et que le Seigneur vous récompense pour tout ce que vous m'avez donné” dit Jésus pour les bénir en passant. Marc se lève pour dire: “Seigneur, les oliviers, le long du chemin de Béthanie, sont remplis de disciples qui t'attendent.” “Va leur dire qu'ils se dirigent vers le Camp des Galiléens.” Marc s'éloigne avec toute la vitesse de ses jeunes jambes. “Ils sont tous venus, alors” disent les apôtres entre eux. Plus loin, assise entre Margziam et Marie de Cléophas, se trouve la Mère du Seigneur. Elle se lève en le voyant venir, pour l'adorer par toutes les palpitations de son cœur de Mère et de fidèle. “Viens, Mère, et toi aussi, Marie…” dit Jésus pour les inviter en les voyant arrêtées, clouées par sa majesté qui resplendit comme au matin de la Résurrection. Mais Jésus ne veut pas l'accabler par cette majesté et il demande affablement à Marie d'Alphée: “Es-tu seule?” “Les autres… les autres sont en avant… Avec les bergers et… avec Lazare et toute sa famille… Mais ils nous ont laissées ici, nous, parce que… Oh! Jésus! Jésus! Jésus!… Comment ferai-je à ne plus te voir, Jésus béni, mon Dieu, moi qui t'ai aimé avant même que tu ne sois né, moi qui ai tant pleuré à cause de Toi quand je ne savais pas où tu étais après le massacre… moi qui ai eu mon soleil dans ton sourire quand tu es revenu, et tout, tout mon bien?… Que de bien! Que de bien tu m'as donné!… Maintenant oui, que je suis devenue vraiment pauvre, veuve, seule!… Tant que tu étais là, il y avait tout!… Je croyais avoir connu toute la douleur ce soir-là… Mais la douleur elle-même, toute la douleur de ce jour, m'avait hébétée et… oui, elle était moins forte que maintenant… Et puis… tu devais ressusciter. Il me semblait ne pas le croire, mais je m'aperçois maintenant que je le croyais, car je ne sentais pas ce que je sens maintenant…” elle pleure et halète tant ses pleurs la suffoquent.“Bonne Marie, tu t'affliges vraiment comme un enfant qui croit que sa mère ne l'aime pas et l'a abandonné parce qu'elle est allée à la ville pour lui acheter des cadeaux qui le rendront heureux, et qu'elle sera bientôt de retour vers lui pour le couvrir de caresses et de cadeaux. Et n'est-ce pas ce que je fais avec toi? Est-ce que je ne vais pas pour te préparer la joie? Est-ce que je ne pars pas pour revenir te dire: "Viens, parente et disciple aimée, mère de mes disciples aimés"? Est-ce que je ne te laisse pas mon amour? Est-ce que je ne te donne pas mon amour, Marie? Tu sais si je t'aime! Ne pleure pas ainsi, mais réjouis-toi car tu ne me verras plus méprisé et épuisé, plus poursuivi et riche seulement de l'amour d'un petit nombre. Et avec mon amour, je te laisse ma Mère. Jean sera son fils, mais toi sois pour elle une bonne sœur comme toujours. Tu vois? Elle ne pleure pas, ma Mère. Elle sait que si la nostalgie de Moi sera la lime qui consumera son cœur, l'attente sera toujours brève par rapport à la grande joie d'une éternité d'union, et elle sait aussi que notre séparation ne sera pas absolue au point de lui faire dire: "Je n'ai plus de Fils". C'était le cri de douleur du jour de la douleur. Maintenant, dans son cœur, chante l'espérance: "Je sais que mon Fils monte vers le Père, mais ne me laissera pas sans ses spirituels amours". C'est ce que tu crois toi, et tous… Voici les uns et les autres. Voici mes bergers.” Les visages de Lazare et de ses sœurs au milieu de tous les serviteurs de Béthanie, le visage de Jeanne semblable à une rose sous un voile de pluie, et ceux d'Élise et de Nique, déjà marqués par l'âge - et maintenant les rides se creusent à cause de la peine, car c'est toujours de la peine pour la créature, même si l'âme jubile à cause du triomphe du Seigneur - et celui d'Anastasica, et les visages lilials des premières vierges, et l'ascétique visage d'Isaac, et celui inspiré de Mathias, et le visage viril de Manaën, et ceux austères de Joseph et Nicodème… Visages, visages, visages… Jésus appelle près de Lui les bergers, Lazare, Joseph, Nicodème, Manaën, Maximin et les autres des septante-deux disciples. Mais il garde surtout près de Lui les bergers pour leur dire: “Ici. Vous près du Seigneur qui était venu du Ciel, penchés sur son anéantissement, vous près du Seigneur qui retourne au Ciel, avec vos esprits qui jouissent de sa glorification. Vous avez mérité cette place car vous avez su croire malgré les circonstances défavorables et vous avez su souffrir pour votre foi. Je vous remercie tous de votre amour fidèle. Je vous remercie tous. Toi, Lazare, mon ami. Toi, Joseph, et toi, Nicodème, pleins de pitié pour le Christ quand cela pouvait être un grand danger. Toi, Manaën, qui as su mépriser les faveurs sordides d'un être immonde pour marcher dans mon chemin. Toi, Etienne, fleur couronnée de justice qui as quitté l'imparfait pour le parfait et qui seras couronné d'un diadème que tu ne connais pas encore mais que t'annonceront les anges. Toi, Jean, pour un bref laps de temps frère au sein très pur et venu à la Lumière plus qu'à la vue. Toi, Nicolaï, qui, prosélyte, as su me consoler de la douleur des fils de cette Nation. Et vous, disciples bonnes et courageuses, dans votre douceur, plus que Judith. Et toi, Margziam, mon enfant, et qui dorénavant prends le nom de Martial, en souvenir du petit romain tué sur le chemin et déposé à la grille de Lazare avec un cartel de défi: "Et maintenant dis au Galiléen qu'il te ressuscite, s'il est le Christ et s'il est ressuscité", le dernier des innocents qui en Palestine ont perdu la vie pour me servir bien qu'inconsciemment, et prémices des innocents de toute Nation qui, venus au Christ, seront pour cela haïs et éteints prématurément, comme des boutons de fleurs arrachés à leur tige avant qu'ils n'éclosent. Et ce nom, ô Martial, t'indique ton futur destin: sois apôtre en des terres barbares et conquiers-les à ton Seigneur comme mon amour a conquis le jeune romain pour le Ciel. Tous, tous bénis par Moi dans cet adieu, pour demander au Père la récompense de ceux qui ont consolé le douloureux chemin du Fils de l'Homme. Bénie l'Humanité dans sa partie choisie qui existe chez les juifs comme chez les gentils, et qui s'est montrée dans l'amour qu'elle a eu pour Moi. Bénie la Terre avec ses plantes et ses fleurs, ses fruits qui tant de fois m'ont fait plaisir et m'ont restauré. Bénie la Terre avec ses eaux et ses tiédeurs, à cause des oiseaux et des animaux qui bien des fois ont surpassé l'homme pour réconforter le Fils de l'Homme. Béni sois-tu, soleil et toi, mer, et vous, monts, collines, plaines. Soyez bénies vous, étoiles qui avez été pour Moi des compagnes dans la prière nocturne et dans la douleur. Et toi, lune, qui m'as éclairé pour me diriger dans mon pèlerinage d'évangélisateur. Soyez toutes bénies, vous, créatures, œuvres de mon Père, mes compagnes en cette heure mortelle, amies pour Celui qui avait quitté le Ciel pour enlever à l'Humanité affligée les tribulations de la Faute qui sépare de Dieu. Et bénis vous aussi, instruments innocents de ma torture: épines, métaux, bois, cordages tordus, parce que vous m'avez aidé à accomplir la Volonté de mon Père!” Quelle voix de tonnerre a Jésus! Elle se répand dans l'air chaud et tranquille comme le son d'un bronze qu'on a frappé, elle se propage en ondes sur la mer des visages qui le regardent de tous côtés. Je dis que ce sont des centaines de personnes qui entourent Jésus qui monte, avec les plus aimés, vers le sommet de l'Oliveraie. Mais Jésus, arrivé près du Camp des Galiléens où il n'y a plus de tentes à cette époque entre les deux fêtes, ordonne aux disciples: “Faites arrêter les gens où ils se trouvent, et puis suivez-moi.” Il monte encore jusqu'au sommet le plus haut de la montagne, celle qui est déjà plus proche de Béthanie, qu'elle domine d'en haut, que de Jérusalem. Serrés autour de Lui sa Mère, les apôtres, Lazare, les bergers et Margziam. Plus loin, en demi-cercle pour tenir en arrière la foule des fidèles, les autres disciples. Jésus est debout sur une large pierre qui dépasse un peu, toute blanche au milieu de l'herbe verte d'une clairière. Le soleil l'investit rendant son vêtement blanc comme la neige et faisant briller comme de l'or ses cheveux. Ses yeux brillent d'une lumière divine. Il ouvre les bras en un geste d'embrassement. Il paraît vouloir serrer sur son sein toutes les multitudes de la Terre que son esprit voit représentées dans cette foule. Son inoubliable, son inimitable voix donne le dernier ordre: “Allez! Allez en mon Nom pour évangéliser les gens jusqu'aux extrémités de la Terre. Que Dieu soit avec vous. Que son Amour vous réconforte, que sa Lumière vous guide, que sa Paix demeure en vous jusqu'à la vie éternelle.” Il se transfigure en beauté. Beau! Beau comme sur le Thabor et davantage. Tous tombent à genoux pour l'adorer. Lui, pendant que déjà il se soulève de la pierre sur laquelle il est posé, cherche encore une fois le visage de sa Mère, et son sourire atteint une puissance que personne ne pourra jamais rendre… C'est son dernier adieu à sa Mère. Il monte, monte… Le soleil, encore plus libre de le baiser, maintenant que nul feuillage même léger ne vient intercepter ses rayons, frappe de son éclat le Dieu-Homme qui monte avec son Corps très Saint au Ciel, et dévoile ses Plaies glorieuses qui resplendissent comme de vivants rubis. Le reste est un sourire de lumière nacrée. C'est vraiment la Lumière qui se manifeste pour ce qu'elle est, en ce dernier instant comme dans la nuit natale. La Création étincelle de la lumière du Christ qui s'élève. Lumière qui dépasse celle du soleil. Lumière surhumaine et bienheureuse. Lumière qui descend du Ciel à la rencontre de la Lumière qui monte… Et Jésus Christ, le Verbe de Dieu, disparaît à la vue des hommes dans un océan de splendeurs… Sur terre, deux bruits seulement dans le silence profond de la foule extasiée: le cri de Marie quand il disparaît: “Jésus!” et la plainte d'Isaac. Un religieux étonnement a rendu les autres muets, et ils restent là, jusqu'à ce que deux lumières angéliques d'une extraordinaire candeur apparaissent sous une forme humaine, pour dire les paroles rapportées dans le premier chapitre des Actes des Apôtres.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...