"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe Paul VI
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
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Dimanche 26 septembre 2010, Vingt-sixième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 16, 19-31. 
Jésus disait cette parabole : « Il y avait un homme riche, qui portait des vêtements de luxe et faisait chaque jour des festins somptueux. Un pauvre, nommé Lazare, était couché devant le portail, couvert de plaies. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais c'étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses plaies. Or le pauvre mourut, et les anges l'emportèrent auprès d'Abraham. Le riche mourut aussi, et on l'enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; il leva les yeux et vit de loin Abraham avec Lazare tout près de lui. Alors il cria : 'Abraham, mon père, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l'eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. - Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : Tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur. Maintenant il trouve ici la consolation, et toi, c'est ton tour de souffrir. De plus, un grand abîme a été mis entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous. ' Le riche répliqua : 'Eh bien ! père, je te prie d'envoyer Lazare dans la maison de mon père. J'ai cinq frères : qu'il les avertisse pour qu'ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de torture ! ’ Abraham lui dit : 'Ils ont Moïse et les Prophètes : qu'ils les écoutent ! ¦ Non, père Abraham, dit le riche, mais si quelqu'un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront. ' Abraham répondit : 'S'ils n'écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus.'»
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris 
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 3, Ch 52, p 298 - CD 3, piste 105 - 
“Remets à Michée assez d'argent pour que demain il puisse rembourser ce qu'il a emprunté aujourd'hui aux paysans de cette région” dit Jésus à Judas Iscariote qui habituellement s'occupe... des ressources de la communauté. Puis Jésus appelle André et Jean et les envoie en deux points d'où on peut voir la route ou les routes qui viennent de Jezraël. Il appelle ensuite Pierre et Simon et les envoie à la rencontre des paysans de Doras, avec l'ordre de les arrêter à la limite des deux propriétés. Enfin il dit à Jacques et à Jude: “Prenez les vivres et venez.” Les paysans de Giocana, hommes, femmes et enfants les suivent, et les hommes portent deux petites amphores, petites, c'est une façon de parler, qui doivent être pleines de vin. Plutôt que des amphores, ce sont des jarres qui contiennent environ dix litres chacune. (Je vous prie toujours de ne pas prendre mes mesures pour des articles de foi). Ils vont là où un vignoble aux ceps serrés, déjà tout couvert de feuilles nouvelles, marque la fin des possessions de Giocana. Au-delà il y a un large fossé rempli d'eau, qui sait au prix de quelles fatigues. “Tu vois? Giocana s'est querellé avec Doras pour ce fossé. Giocana disait: "C'est la faute de ton père si tout est en ruines. S'il ne voulait pas l'adorer, il devait au moins le craindre et ne pas le provoquer". Et Doras criait, semblable à un démon: "Tu as sauvé tes terres grâce à ce fossé. Les bêtes ne l'ont pas franchi. Et Giocana disait: "Et alors pourquoi une telle ruine, alors qu'auparavant tes champs étaient les plus beaux d'Esdrelon? C'est le châtiment de Dieu, crois-le. Vous avez dépassé la mesure. Cette eau?... Il y en a toujours eu là, et ce n'est pas elle qui m'a sauvé". Et Doras criait: "Cela prouve que Jésus est un démon". "C'est un juste" criait Giocana. Et ils se sont disputés tant qu'ils ont eu du souffle. Depuis, à grands frais, Giocana a fait dériver dans le fossé les eaux d'un torrent et creuser pour trouver des sources. Il a disposé tout un ensemble de fossés entre lui et son parent et les a approfondis et il nous a dit ce que nous t'avons raconté hier... Au fond, lui est heureux de ce qui est arrivé. Il jalousait tant Doras... Maintenant il espère pouvoir acheter le tout car Doras finira par vendre tout à un prix dérisoire. ” Jésus écoute avec bienveillance toutes ces confidences en attendant les pauvres paysans de Doras qui ne tardent pas à venir et qui se prosternent jusqu'à terre dès qu'ils voient Jésus à l'abri d'un arbre. “Paix à vous, amis. Venez. Aujourd'hui la synagogue est ici et je suis votre chef de synagogue. Mais auparavant, je veux être votre père de famille. Assoyez-vous en cercle pour que je vous donne la nourriture. Aujourd'hui vous avez l'Époux et nous faisons le banquet des noces. ” Jésus découvre une corbeille et en tire des pains aux yeux stupéfaits des paysans de Doras et, d'une autre corbeille, il sort les vivres qu'il a pu trouver: fromages, légumes qu'il a fait cuire et un petit chevreau ou agneau cuit en entier. Il fait la distribution aux pauvres malheureux, puis il verse le vin et fait circuler la coupe grossière pour que tous y boivent. “Mais pourquoi? Mais pourquoi? Et eux?” disent les paysans de Doras en montrant ceux de Giocana. “Eux sont déjà servis.” “Mais quelle dépense! Comment as-tu pu?” “Il y a encore de bonnes gens en Israël” dit Jésus en souriant. “Mais aujourd'hui c'est le sabbat ... ” “Remerciez cet homme” dit Jésus en leur indiquant l'homme d'Endor. “C'est lui qui vous a procuré l'agneau. Le reste a été facile à trouver.” Ces pauvres gens dévorent - c'est le mot - cette nourriture depuis si longtemps inconnue. L'un d'eux, plutôt âgé, serre à son côté un enfant d'une dizaine d'années environ; il mange et pleure. “Pourquoi, père, agis-tu ainsi?...” lui demande Jésus. “Parce que ta bonté est trop grande ... ” L'homme d'Endor dit, avec son accent guttural: “C'est vrai... cela fait pleurer, mais ce sont des pleurs sans amertume ... ” “C'est sans amertume, c'est vrai. Et puis... je voudrais une chose. Ces larmes sont aussi un désir.” “Que veux-tu, père?” “Cet enfant, tu le vois? C'est mon petit-fils. Il est avec moi depuis l'éboulement de cet hiver. Doras ne sait même pas qu'il m'a rejoint car je le fais vivre comme une bête sauvage dans le bois et je ne le vois qu'au sabbat. S'il le découvre, ou bien il le chasse, ou bien il le met au travail... et il sera pire qu'une bête de somme mon tendre petit enfant... À Pâque, je l'enverrai avec Michée à Jérusalem pour qu'il devienne fils de la Loi... et puis?... C'est le fils de ma fille ... ” “Me le donnerais-tu à Moi, au contraire? Ne pleure pas. J'ai tant d'amis qui sont honnêtes, saints et qui n'ont pas d'enfants. Ils l'élèveront saintement, selon ma Voie ... ” “Oh! Seigneur! Depuis que j'ai entendu parler de Toi, je l'ai désiré et je priais le saint Jonas, lui qui sait ce que c'est que d'appartenir à ce maître, de sauver mon petit-fils de cette mort ... ” “Enfant, viendrais-tu avec Moi?” “Oui, mon Seigneur, et je ne te causerai pas de peine.” “C'est dit. ” “Mais... à qui veux-tu le donner?” demande Pierre en tirant Jésus par la manche. “A Lazare, celui-ci aussi?” “Non, Simon. Mais il y en a tant qui n'ont pas d'enfants ... ” “Il y a moi aussi...” Le visage de Pierre paraît maigrir pour le désir. “Simon, je te l'ai dit. Tu dois être le "père" de tous les enfants que je te laisserai en héritage, mais tu ne dois pas avoir la chaîne d'un fils qui t'appartienne. N'en sois pas blessé. Tu es trop nécessaire au Maître pour que le Maître puisse te séparer de Lui par une affection. Je suis exigeant, Simon. Je suis exigeant plus que l'époux le plus jaloux. Je t'aime d'un amour de prédilection et je te veux entier pour Moi et de Moi.” “C'est bon, Seigneur... C'est bon... Qu'il soit fait comme tu veux.” Le pauvre Pierre est héroïque dans cette adhésion à la volonté de Jésus. “Ce sera l'enfant de mon Église naissante. D'accord? Il sera à tous et à personne. Ce sera "notre" petit enfant. Il nous suivra quand les parcours le permettront ou nous rejoindra. Ses tuteurs seront les bergers, eux qui aiment dans tous les enfants "leur" enfant Jésus. Viens ici, petit. Comment t'appelles-tu?” “Jabé de Jean et je suis de Juda” dit, sans hésiter, le garçon. “Oui, nous sommes juifs, nous” confirme le vieil homme. “Je travaillais sur les terres de Doras en Judée et ma fille a épousé un homme de cette région. Je travaillais dans les bois près d'Arimathie et cet hiver ... ” “J'ai vu la catastrophe ... ” “L'enfant s'est sauvé parce que cette nuit là il était au loin chez un parent... Vraiment, il a bien porté son nom, Seigneur! Je l'ai dit tout de suite à ma fille: "Pourquoi ce nom? Ne te rappelles-tu pas l'ancienne écriture?" Mais le mari voulut lui donner ce nom et il s'appela Jabé.” “"L’enfant invoquera le Seigneur et le Seigneur le bénira et élargira ses frontières et la main du Seigneur est dans sa main et il ne sera plus accablé par le malheur". Le Seigneur lui accordera cela pour te consoler toi, père, et les esprits des morts et pour réconforter l'orphelin. Et maintenant que vous avez séparé les besoins du corps de ceux de l'âme par un acte d'amour envers l'enfant, écoutez la parabole que j'ai pensée pour vous. Il y avait une fois un homme très riche. Les plus beaux vêtements étaient pour lui. Et il se pavanait dans ses habits de pourpre et de byssus sur les places publiques et dans sa maison. Ses concitoyens le respectaient comme le plus puissant du pays et des amis flattaient son orgueil pour en tirer profit. Les appartements étaient ouverts tous les jours pour de magnifiques festins où la foule des invités, tous riches et donc pas besogneux, se pressaient et flattaient le mauvais riche. Ses banquets étaient renommés pour l'abondance des mets et des vins exquis. Mais, dans la même cité, il y avait un mendiant, un grand mendiant. Grand dans sa misère comme l'autre était grand dans sa richesse. Mais sous la croûte de la misère humaine du mendiant Lazare était caché un trésor encore plus grand que la misère de Lazare et que la richesse du mauvais riche. Et c'était la sainteté vraie de Lazare. Il n'avait jamais transgressé la Loi, même par besoin et surtout il avait obéi au commandement de l'amour de Dieu et du prochain. Lui, comme font toujours les pauvres, se tenait à la porte des riches pour demander l'obole et ne pas mourir de faim. Et il allait chaque soir à la porte du mauvais riche dans l'espoir d'avoir au moins des restes des pompeux banquets servis dans les salles richissimes. Il s'allongeait sur le chemin près de la porte et attendait patiemment. Mais si le riche s'apercevait de sa présence, il le faisait chasser, parce que ce corps couvert de plaies, mal nourri, en lambeaux étaient un spectacle trop affligeant pour ses invités. Le riche parlait ainsi. En réalité, c'était parce que la vue de la misère et de la bonté de Lazare était pour lui un reproche continuel. Plus compatissants que lui étaient ses chiens bien nourris, qui portaient des colliers précieux. Ils s'approchaient du pauvre Lazare et léchaient ses plaies, glapissant de joie à cause de ses caresses et qui venaient lui apporter des restes des riches tables. Ainsi, grâce à ces animaux, Lazare survivait malgré l'absence de nourriture car pour ce qui était de l'homme, il serait mort puisqu'il ne lui permettait même pas de pénétrer dans les salles après le repas pour ramasser les débris tombés des tables. Un jour Lazare mourut. Personne ne s'en aperçut sur la terre, personne ne le pleura. Au contraire, ce -jour-là et par la suite, le riche se réjouit de ne plus voir sur son seuil cette misère qu'il appelait "opprobre". Mais au Ciel, les anges s'en aperçurent. À son dernier soupir, dans sa tanière froide et nue étaient présentes les cohortes célestes qui dans un éblouissement de lumières recueillirent son âme et la portèrent avec des chants d'hosanna dans le sein d'Abraham. Il se passa quelque temps et le riche mourut. Oh! quelles funérailles fastueuses! Toute la ville, déjà informée de son agonie et qui se pressait sur la place où s'élevait sa demeure pour se faire remarquer comme amie du personnage, par curiosité, par intérêt de la part des héritiers, s'unit au deuil, les cris s'élevèrent jusqu'au ciel et avec les cris de deuil les louanges mensongères pour le "grand", le "bienfaiteur", le "juste" qui était mort. La parole de l'homme peut-elle changer le jugement de Dieu? L'apologie humaine peut-elle changer ce qui est écrit dans le livre de la Vie? Non, elle ne le peut. Ce qui est jugé est jugé, et ce qui est écrit est écrit. Et malgré ses funérailles solennelles, le mauvais riche eut l'esprit enseveli dans l'enfer. Alors, dans cette horrible prison, buvant et mangeant le feu et les ténèbres, trouvant haine et torture de tous côtés et à tout instant de cette éternité, il éleva son regard vers le Ciel. Vers le Ciel qu'il avait vu dans une lueur fulgurante, pendant un atome de minute et dont la beauté indicible qui lui restait présente était un tourment parmi les tourments atroces. Et il vit là-haut Abraham. Lointain, mais lumineux, bienheureux... et dans son sein, lumineux et bienheureux lui aussi, était Lazare, le pauvre Lazare, auparavant méprisé, repoussant, miséreux, et maintenant?... Et maintenant beau de la lumière de Dieu et de sa sainteté, riche de l'amour de Dieu, admiré non par les hommes, mais par les anges de Dieu. Le mauvais riche cria en pleurant: "Père Abraham, aie pitié de moi! Envoie Lazare car je ne puis espérer que tu le fasses toi-même, envoie Lazare tremper dans l'eau l'extrémité de son doigt et la poser sur ma langue pour la rafraîchir car je souffre affreusement dans cette flamme qui me pénètre sans arrêt et me brûle!" Abraham répondit: "Souviens-toi, fils, que tu as eu tous les biens pendant ta vie, alors que Lazare eut tous les maux. Lui a su de son mal faire un bien, alors que de tes biens, tu n'as su faire que le mal. Il est donc juste que lui soit consolé et que toi tu souffres. De plus il n'est plus possible de le faire. Les saints sont répandus sur la surface de la terre pour que les hommes en tirent avantage. Mais quand, malgré ce voisinage, l'homme reste tel qu'il est -dans ton cas: un démon - il est inutile ensuite de recourir aux saints. Maintenant nous sommes séparés. Les herbes dans le champ sont mélangées, mais après la fauchaison, on sépare les mauvaises des bonnes. Il en est ainsi de vous et de nous. Nous avons été ensemble sur la terre, et vous nous avez chassés, tourmentés de mille manières, vous nous avez oubliés, n'observant pas la loi d'amour. Maintenant nous sommes séparés. Entre vous et nous il y a un tel abîme que ceux qui voudraient passer d'ici vers vous ne le peuvent pas, ni vous qui êtes là-bas ne pouvez franchir l'abîme effroyable pour venir vers nous". Le riche, pleurant plus fort cria: "Au moins, ô père saint, envoie, je t'en prie, Lazare à la maison de mon père. J'ai cinq frères. Je n'ai jamais compris l'amour, même entre parents, mais maintenant je comprends quelle chose terrible c'est de ne pas être aimé. Et puisqu'ici, où je suis, c'est la haine, maintenant j'ai compris, pendant cet atome de temps que mon âme a vu Dieu, ce que c'est que l'Amour. Je ne veux pas que mes frères souffrent les mêmes peines que moi. Je suis épouvanté pour eux à la pensée qu'ils mènent la même vie que moi. Oh! envoie Lazare leur faire connaître le lieu où je suis et pour quel motif j'y suis et leur dire que l'enfer existe et que c'est quelque chose d'atroce et que celui qui n'aime pas Dieu et son prochain va en enfer. Envoie-le! Qu'ils pourvoient à temps et ne soient pas contraints de venir ici, dans ce lieu d'éternels tourments". Mais Abraham répondit: "Tes frères ont Moïse et les Prophètes. Qu'ils les écoutent". Et en gémissant en son âme torturée le mauvais riche répondit: "Oh! père Abraham! Un mort leur fera davantage impression... Écoute-moi! Aie pitié!" Mais Abraham dit: "S'ils n'ont pas écouté Moïse et les Prophètes, ils ne croiront pas davantage quelqu'un qui ressuscitera pour une heure d'entre les morts pour leur dire des paroles de Vérité. Et d'ailleurs, il n'est pas juste qu'un bienheureux quitte mon sein pour aller recevoir des offenses des fils de l'Ennemi. Pour lui, le temps des injures est passé. Maintenant il est dans la paix et y reste sur l'ordre de Dieu qui voit l'inutilité d'une tentative de conversion près de ceux qui ne croient même pas à la parole de Dieu et ne la mettent pas en pratique". Cette parabole a un sens si clair qu'il ne faut pas l'expliquer. Ici, vraiment a vécu, en conquérant la sainteté le nouveau Lazare, mon Jonas, dont la gloire près de Dieu est évidente dans la protection qu'il donne à celui qui espère en lui. Vers vous, oui, Jonas peut venir comme protecteur et ami, et y viendra si vous êtes toujours bons. Je voudrais, et je vous dis ce que je lui ai dit au printemps dernier, je voudrais pouvoir vous venir en aide à tous, même matériellement, mais je ne puis, et j'en souffre. Je ne peux que vous montrer le Ciel. Je ne peux que vous enseigner la grande sagesse de la résignation en vous promettant le futur Royaume. N'ayez jamais de haine, pour aucune raison. La Haine est puissante dans le monde, mais la Haine a toujours une limite. L'Amour n'a pas de limite pour sa puissance ni dans le temps. Aimez donc, pour que l'Amour vous défende et vous réconforte sur la terre et vous récompense au Ciel. Il vaut mieux être Lazare que le mauvais riche, croyez-le. Arrivez à le croire et vous serez bienheureux. Ne voyez pas dans le châtiment qu'ont subi ces champs une parole de haine, même si les faits pouvaient justifier cette haine. N'interprétez pas mal le miracle. Je suis l'Amour et je n'aurais pas frappé. Mais puisque l'Amour ne pouvait faire plier le riche cruel, je l'ai abandonné à la Justice et elle a exercé la vengeance du martyre de Jonas et de ses frères. Quant à vous, tirez l'enseignement de ce miracle: la Justice est toujours en éveil, même si elle paraît absente et Dieu, étant le Maître de toute la création, peut se servir, pour l'exercer, des êtres les plus petits comme les chenilles et les fourmis pour mordre le cœur de celui qui fut cruel et avide et le faire mourir en vomissant le poison qui l'étrangle. Je vous bénis maintenant. Mais je prierai pour vous à chaque nouvelle aurore. Et toi, père, n'aie plus de souci pour l'agneau que tu me confies. Je te le ramènerai de temps en temps pour que tu puisses te réjouir en le voyant croître en sagesse et en bonté sur le chemin de Dieu. Il sera ton agneau de cette pauvre Pâque, le plus agréable des agneaux présentés à l'autel de Jéhovah. Jabé, salue ton vieux père et puis viens vers ton Sauveur, vers ton bon Berger. La paix soit avec vous!” “Oh! Maître! Bon Maître! Te quitter! ... ” “Oui, c'est pénible. Mais il ne serait pas bien que le surveillant vous trouve ici. Je suis venu à cet endroit exprès pour vous éviter des punitions. Obéissez pour l'amour de l'Amour qui vous donne ce conseil.” Les malheureux se lèvent, les larmes aux yeux, et ils vont vers leur calvaire. Jésus les bénit encore, et puis, la main de l'enfant dans la sienne, avec l'homme d'Endor de l'autre côté, il retourne par le chemin déjà fait à la maison de Michée, rejoint par André et Jean qui, après leur service de garde, retrouvent leurs frères.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 19 septembre 2010, Vingt-cinquième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 16,1-13.
Jésus disait encore à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé parce qu'il gaspillait ses biens. Il le convoqua et lui dit : 'Qu'est-ce que j'entends dire de toi ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car désormais tu ne pourras plus gérer mes affaires. ' Le gérant pensa : 'Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Travailler la terre ? Je n'ai pas la force. Mendier ? J'aurais honte. Je sais ce que je vais faire, pour qu'une fois renvoyé de ma gérance, je trouve des gens pour m'accueillir. ' Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : 'Combien dois-tu à mon maître ? - Cent barils d'huile. ' Le gérant lui dit : 'Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante. ' Puis il demanda à un autre : 'Et toi, combien dois-tu ? - Cent sacs de blé. ' Le gérant lui dit : 'Voici ton reçu, écris quatre-vingts. ' Ce gérant trompeur, le maître fit son éloge : effectivement, il s'était montré habile, car les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l'Argent trompeur, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. Celui qui est digne de confiance dans une toute petite affaire est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est trompeur dans une petite affaire est trompeur aussi dans une grande. Si vous n'avez pas été dignes de confiance avec l'Argent trompeur, qui vous confiera le bien véritable ? Et si vous n'avez pas été dignes de confiance pour des biens étrangers, le vôtre, qui vous le donnera ? Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera le premier, et aimera le second ; ou bien il s'attachera au premier, et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 5, Ch 71, p 514 - CD 5, piste 189 -
Une grande foule attend le Maître, disséminée tout en bas des pentes d'une montagne presque isolée. Elle émerge d'un entrecroisement de vallées qui l'entourent et desquelles ses pentes surgissent, ou plutôt bondissent escarpées, presque à pic, en certains endroits vraiment à pic. Pour arriver au sommet, un sentier taillé dans la roche calcaire qui en certains points érafle les pentes de la montagne en faisant des lacets et se trouve parfois pris entre la paroi abrupte de la montagne et un précipice. Ce sentier raboteux, d'une couleur jaunâtre qui tend presque au rouge, semble un ruban jeté dans la verdure poussiéreuse de buissons bas et épineux. Je dirais que les feuilles sont elles-mêmes des piquants qui couvrent les pentes arides et pierreuses, fleurissant çà et là en une fleur vivace de couleur rouge violet semblable à un panache ou à un flocon de soie arraché aux vêtements de quelques malheureux passés par cette ronceraie. Ce revêtement tourmenté fait de pointes épineuses, d'un vert glauque, triste comme s'il était couvert d'une cendre impalpable, se répand par bandes même au pied de la montagne et sur le plateau entre ce mont et d'autres monts, tant au nord-ouest qu'au sud-est, alternant avec les premiers emplacements où il y a de l'herbe. véritable et de véritables arbustes qui ne soient pas torture et inutilité. Les gens sont campés là, attendant patiemment la venue du Seigneur. Ce doit être le jour d'après le discours aux apôtres car la matinée est fraîche et la rosée n'est pas encore évaporée sur toutes les tiges. Il en est ainsi surtout dans l'ombre où elle embellit les épines et les feuilles et change en flocons diamantés les fleurs bizarres des arbustes épineux. C'est certainement l'heure de beauté pour la triste montagne. En effet aux autres heures, sous le soleil impitoyable ou dans les nuits de lune, elle doit avoir l'aspect horrible d'un lieu d'expiation infernale. À l'est on aperçoit une riche et grande ville dans la plaine très fertile. On ne voit pas autre chose de cette côte encore basse où sont les pèlerins, mais au sommet l'œil doit jouir d'une vue incomparable sur les régions voisines. Je crois qu'à cause de l'altitude de la montagne, elle doit s'étendre sur la Mer Morte et les régions à l'est de celle-ci, comme aussi jusqu'aux chaînes de la Samarie et à celles qui cachent Jérusalem, mais je ne suis pas allée au sommet, aussi… Les apôtres circulent dans la foule, essayant de la tenir tranquille et en ordre, de placer les malades aux meilleurs endroits. Ils sont aidés par des disciples, peut-être ceux qui travaillent dans la région et qui avaient conduit près des confins de la Judée les pèlerins désireux d'entendre le Maître. Jésus apparaît tout à coup dans son habit de lin blanc, enveloppé de son manteau rouge pour concilier la chaleur des heures ensoleillées avec la fraîcheur des nuits qui ne sont pas encore des nuits d'été. Il regarde, sans être vu, les gens qui l'attendent et il sourit. Il semble arriver par derrière le mont de faible altitude qui est à l'ouest et il descend rapidement par le sentier difficile. C'est un enfant qui l'aperçoit le premier. Peut-être a-t-il suivi un vol d'oiseaux dans les buissons et qui se sont envolés effrayés par une pierre qui a roulé d'en haut, ou peut-être Jésus a-t-il attiré son regard. Le voyant, il crie, en sautant sur ses pieds: “Le Seigneur!” Tous les gens se retournent et voient Jésus qui est maintenant à peu de distance, deux cent mètres au maximum. Ils s'apprêtent à courir vers Lui, mais il fait un geste et de sa voix qui arrive nettement, peut-être renforcée par l'écho de la montagne, il dit: “Restez où vous êtes.” Et toujours souriant, il descend vers ceux qui l'attendent, en s'arrêtant au point le plus élevé du plateau. De là, il salue: “La paix à tous” et avec un sourire particulier il répète le salut aux apôtres et aux disciples qui se serrent autour de Lui. Jésus est d'une beauté radieuse. Avec le soleil qui éclaire son visage et la côte verdâtre de la montagne en arrière, on dirait une vision de rêve. Les heures passées dans la solitude, quelques faits ignorés de nous, peut-être un débordement sur Lui des caresses paternelles, je ne sais quoi, accentuent sa toujours parfaite beauté, la rendent glorieuse et imposante, pacifique, sereine, je dirais joyeuse, comme qui revient d'un rendez-vous d'amour et en porte avec lui la gaieté dans tout son aspect, dans son sourire, dans son regard. Ici le reflet de ce rendez-vous d'amour, qui est divin, se communique au dehors. C'est multiplié par cent et par cent ce qui se voit après le rendez-vous d'un pauvre amour humain. C'est une vision fulgurante. Elle subjugue ceux qui sont là, et eux, frappés d'admiration, le contemplent en silence comme s'ils étaient intimidés par l'intuition d'un mystère d'union du Très-Haut avec son Verbe… C'est un secret, une heure secrète d'amour entre le Père et son Fils. Personne ne la connaîtra jamais. Mais le Fils en conserve l'empreinte comme si, après avoir été le Verbe du Père tel qu'Il est au Ciel, il avait du mal à redevenir le Fils de l'homme. L'infinité, la sublimité a du mal à redevenir “l'Homme”. La Divinité déborde, explose, irradie de l'Humanité comme une huile suave d'un vase d'argile poreuse ou la lumière venant d'une fournaise à travers un voile de verre translucide. Jésus baisse ses yeux radieux, incline son visage bienheureux, cache son prodigieux sourire en se penchant sur les malades qu'il caresse et guérit et qui regardent étonnés ce visage de soleil et d'amour penché sur leur misère pour leur donner de la joie. Mais ensuite il doit enfin le relever et il doit montrer aux foules ce qu'est le visage du Pacifique, du Saint, de Dieu fait Chair, encore tout enveloppé par la clarté laissée par l'extase. Il répète: “La paix à vous.” Même sa voix est plus musicale que d'ordinaire, elle fait entendre des notes douces et triomphales… Puissante, elle se répand sur les auditeurs muets, recherche les cœurs, les caresse, les émeut, les convie à l'amour. A part ce groupe de pharisiens, secs et revêches, épineux et renfrognés plus que la montagne elle-même, debout dans un coin comme des statues de l'incompréhension et de la haine, à part l'autre groupe, habillé de blanc, qui se tient à part et écoute du haut d'un talus, et que j'entends indiquer comme “esséniens” par Barthélémy et l'Iscariote - et Pierre murmure: “Et ainsi cela fait un poulailler d'éperviers en plus!” - tout le monde est fortement ému. “Oh! laisse-les faire. Le Verbe est pour tous!” dit Jésus en souriant à son Pierre, en faisant allusion aux esséniens. Puis il commence à parler. “Ce serait beau si l'homme était parfait comme le veut le Père des Cieux. Parfait dans toutes ses pensées, ses affections, ses actes. Mais l'homme ne sait pas être parfait et il use mal des dons de Dieu qui a donné à l'homme la liberté d'agir, en lui commandant pourtant les choses bonnes, en lui conseillant les parfaites pour que l'homme ne puisse pas dire: "Je ne savais pas". Comment l'homme use-t-il de la liberté que Dieu lui a donnée? Comme pourrait en user un enfant pour la plus grande partie de l'humanité, ou comme un sot, ou comme un criminel pour le reste de l'humanité. Mais ensuite vient la mort et l'homme est soumis au Juge qui lui demandera sévèrement: "Comment as-tu usé et abusé de ce que Je t'avais donné?". Terrible question! Comment alors paraîtront moins que des fétus de paille les biens de la Terre pour lesquels si souvent l'homme se rend pécheur! Pauvre d'une indigence éternelle, dépouillé d'un vêtement que rien ne peut remplacer, il restera humilié et tremblant devant la Majesté du Seigneur, et il ne trouvera pas de mot pour se justifier. Sur la Terre, en effet, il est facile de se justifier en trompant les pauvres hommes mais, au Ciel, il est impossible de tromper Dieu. Jamais. Et Dieu ne s'abaisse pas à des compromis. Jamais. Comment alors se sauver? Comment faire servir au salut tout, même ce qui est venu de la Corruption qui a enseigné les métaux précieux et les gemmes comme instruments de la richesse, qui a allumé les désirs de puissance et les appétits charnels? Est-ce que l'homme ne pourra pas lui qui, si pauvre qu'il soit peut toujours pécher en désirant immodérément l'or, les honneurs et les femmes - et alors il devient voleur pour avoir ce que le riche possédait l'homme riche ou pauvre ne pourra-t-il jamais se sauver? Si, il le peut. Et comment? En faisant servir les richesses au Bien, en faisant servir la misère au Bien. Le pauvre qui n'envie pas, qui ne fait pas d'imprécations, qui ne porte pas atteinte à ce qui appartient à autrui, mais se contente de ce qu'il a, fait servir son humble état à l'obtention de sa sainteté future et, en vérité, la majorité des pauvres sait agir ainsi. Moins savent le faire les riches, pour lesquels la richesse est un piège continuel de Satan, de la triple concupiscence. Mais écoutez une parabole et vous verrez que les riches aussi peuvent se sauver tout en étant riches, ou réparer leurs erreurs passées en usant bien des richesses même si elles ont été mal acquises. Car Dieu, le Très Bon, laisse toujours de nombreux moyens à ses fils pour qu'ils se sauvent. Il y avait donc un riche qui avait un intendant. Certains qui étaient ses ennemis parce qu'ils enviaient sa bonne situation, ou bien très amis du riche et par conséquent soucieux de son bien-être, accusèrent l'intendant devant son maître. "Il dissipe tes biens, ou bien il se les approprie, ou bien il néglige de les faire fructifier. Fais attention! Défends-toi!" Le riche, après avoir entendu ces accusations répétées, commanda à l'intendant de comparaître devant lui. Et il lui dit: "On m'a dit de toi telle et telle chose. Pourquoi donc as-tu agi de cette façon? Rends-moi compte de ta gestion, car je ne te permets plus de t'en occuper. Je ne puis me fier à toi et je ne puis donner un exemple d'injustice et de laisser faire qui encouragerait les autres serviteurs à agir comme tu as agi. Va et reviens demain avec toutes les écritures, pour que je les examine afin de me rendre compte de l'état de mes biens avant de les confier à un nouvel intendant". Et il renvoya l'intendant qui s'en alla préoccupé se disant en lui-même: "Et maintenant? Comment vais-je faire maintenant que le maître m'enlève l'intendance? Je n'ai pas d'économies parce que, persuadé comme je l'étais de l'échapper belle, je dépensais tout ce que je prenais. M'embaucher comme paysan sous un maître, cela ne me va pas car je ne suis plus habitué au travail et alourdi par la bonne chère. Demander l'aumône, cela me va encore moins. C'est trop humiliant! Que faire?" En réfléchissant longuement, il trouva un moyen de sortir de sa pénible situation. Il dit: "J'ai trouvé! De la même façon que je me suis assuré jusqu'à présent une existence confortable, désormais je vais m'assurer des amis qui me reçoivent par reconnaissance lorsque je n'aurai plus l'intendance. Celui qui rend service a toujours des amis. Allons donc rendre service pour que l'on me rende service, et allons-y de suite avant que la nouvelle se répande et qu'il soit trop tard". Il alla chez plusieurs débiteurs de son maître, et il dit au premier: "Combien dois-tu à mon maître pour la somme qu'il t'a prêtée au printemps il y a trois ans?" Et l'autre répondit: "Cent barils d'huile pour la somme et les intérêts". "Oh! mon pauvre! Toi, avec tant d'enfants, toi, avec des enfants malades, devoir tant donner?! Mais ne t'a-t-il pas donné pour une valeur de trente barils?" "Si. Mais j'étais dans un besoin pressant, et lui me dit: 'Je te le donne, mais à condition que tu me donnes ce que la somme te rapportera en trois ans'. Elle m'a rapporté une valeur de cent barils, et je dois les donner". "Mais c'est un usurier! Non. Non. Lui est riche et tu as à peine de quoi manger. Lui a peu de famille, et toi une famille si nombreuse. Écris que cela t'a rapporté cinquante barils et n'y pense plus. Je jurerai que c'est vrai, et tu en profiteras". "Mais tu ne me trahiras pas? S'il vient à savoir?" "Penses-tu? Je suis l'intendant et ce que je jure est sacré. Fais comme je te dis, et sois heureux". L'homme écrivit, signa et il dit: "Sois béni! Mon ami et mon sauveur! Comment t'en récompenser?" "Mais en aucune façon! Mais si à cause de toi je devais souffrir et être chassé tu m'accueillerais par reconnaissance". "Mais bien sûr! Bien sûr! Tu peux y compter". L'intendant alla trouver un autre débiteur auquel il tint à peu près le même discours. Celui-ci devait rendre cent boisseaux de grain car pendant trois années la sécheresse avait détruit ses récoltes et il avait dû emprunter au riche pour nourrir sa famille. "Mais tu n'y penses pas: doubler ce qu'il t'a donné! Refuser le blé! Exiger le double de quelqu'un qui a faim et a des enfants, alors que les vers attaquent ses réserves trop abondantes! Écris quatre-vingts". "Mais s'il se souvient qu'il m'en a donné vingt et puis vingt et puis dix?" "Mais que veux-tu qu'il se rappelle? C'est moi qui te les ai donnés, et moi je ne veux pas m'en souvenir. Fais, fais ainsi et tire-toi d'affaire. Il faut de la justice entre pauvres et riches! Pour moi, si j'étais le patron, je n'en réclamerais que cinquante, et peut-être même, je t'en ferais cadeau". "Tu es bon. Si tout le monde était comme toi! Souviens-toi que ma maison est pour toi une maison amie". L'intendant alla chez les autres avec la même méthode, se déclarant prêt à souffrir pour remettre les choses en place avec justice. Et promesses d'aides et de bénédictions plurent sur lui. Rassuré pour l'avenir, il s'en alla tranquillement trouver le maître qui, de son côté, avait filé l'intendant et découvert son jeu. Il le loua pourtant en disant: "Ta manière d'agir n'est pas bonne et je ne l'approuve pas. Mais je loue ton adresse. En vérité, en vérité, les enfants du siècle sont plus avisés que ceux de la Lumière". Et ce que disait le riche, Moi aussi, je vous le dis: "La fraude n'est pas belle, et pour elle je ne louerai jamais personne. Mais je vous exhorte à être au moins comme les enfants du siècle, avisés avec les moyens du siècle, pour les faire servir de monnaie pour entrer dans le Royaume de la Lumière". C'est-à-dire, avec les richesses terrestres, moyens injustement répartis et employés pour acquérir un bien-être passager, sans valeur dans le Royaume éternel, faites-vous-en des amis qui vous en ouvriront les portes. Faites du bien avec les moyens dont vous disposez, restituez ce que vous ou d'autres de votre famille, ont pris indûment, détachez-vous de l'affection maladive et coupable pour les richesses. Et toutes ces choses seront comme des amis qui à l'heure de la mort vous ouvriront les portes éternelles et vous recevront dans les demeures bienheureuses. Comment pouvez-vous exiger que Dieu vous donne ses biens paradisiaques, s'Il voit que vous ne savez pas faire bon usage même des biens terrestres? Voulez-vous, supposition impossible, qu'Il admette dans la Jérusalem céleste des éléments dissipateurs? Non, jamais. Là-haut on vivra dans la charité et la générosité et la justice. Tous pour Un et tous pour tous. La Communion des Saints est une société active et honnête, c'est une société sainte. Et il n'y a personne qui puisse y entrer, s'il s'est montré injuste et infidèle. Ne dites pas: "Là-haut nous serons fidèles et justes car là-haut nous aurons tout sans crainte d'aucune sorte". Non. Qui est infidèle dans les petites choses serait infidèle même s'il possédait le Tout et qui est injuste dans les petites choses est injuste dans les grandes. Dieu ne confie pas les vraies richesses à celui qui dans l'épreuve terrestre montre qu'il ne sait pas user des richesses terrestres. Comment Dieu pourrait-Il vous confier un jour au Ciel la mission de soutenir vos frères sur la Terre quand vous avez montré que vous ne savez que soutirer et frauder ou conserver avidement? Il vous refusera donc votre trésor, celui qu'Il vous avait réservé, pour le donner à ceux qui ont su être avisés sur la Terre, en faisant servir à des œuvres justes et saines ce qui est injuste et malsain. Personne ne peut servir deux maîtres. Car il appartiendra à l'un ou à l'autre, ou bien il haïra l'un ou l'autre. Les deux maîtres que l'homme peut choisir sont Dieu ou Mammon. Mais si vous voulez appartenir au premier, vous ne pouvez revêtir les uniformes, écoutez la voix, employer les moyens du second.” Une voix s'élève du groupe des esséniens: “L'homme n'est pas libre de choisir. Il est contraint de suivre sa destinée. Nous ne disons pas qu'elle soit distribuée sans sagesse. Au contraire la Pensée parfaite a établi, pour un dessein parfait qu'elle a fixé, le nombre de ceux qui seront dignes des Cieux. C'est inutilement que les autres s'efforceront d'y arriver. C'est ainsi. Cela ne peut être autrement. Quelqu'un qui sort de sa maison peut trouver la mort à cause d'une pierre qui se détache de la corniche, alors qu'un autre au plus fort d'une bataille peut s'en tirer sans la plus petite blessure, de la même façon, celui qui veut se sauver, alors que cela n'est pas écrit, ne fera que pécher même sans le savoir parce que sa damnation est marquée.” “Non, homme. Il n'en est pas ainsi, détrompe-toi. En pensant ainsi, tu fais une grave injure au Seigneur.” “Pourquoi? Montre-le-moi et je me raviserai.” “Parce que toi, en disant cela, tu admets mentalement que Dieu est injuste envers ses créatures. Il les a créées de la même façon et avec un même amour. Lui est Père. Parfait en sa paternité comme en toute autre chose. Comment alors peut-Il faire des différences, et quand un homme est conçu le maudire alors qu'il n'est qu'un innocent embryon? Dès ce moment où il est incapable de pécher?” “Pour avoir une revanche de l'offense qu'il a reçue de l'homme.” “Non. Dieu ne se revanche pas ainsi! Il ne se contenterait pas d'un misérable sacrifice tel que celui-là, d'un sacrifice injuste, imposé. L'offense faite à Dieu ne peut être enlevée que par Dieu fait Homme. C'est Lui qui expiera, non pas. tel ou tel homme. Oh! s'il avait été possible que je n'eusse à enlever que la faute d'origine! Si la Terre n'avait pas eu de Caïn, pas de Lamech, pas de sodomite corrompu, pas d'homicide, de voleur, de fornicateur, d'adultère, de blasphémateur, pas d'enfants sans amour pour leurs parents, pas de parjures, etc.! Mais de chacun de ces péchés ce n'est pas Dieu qui en est l'auteur, mais l'homme qui en est coupable. Dieu a laissé à ses fils la liberté de choisir le Bien ou le Mal.” “Il n'a pas bien agi” crie un scribe. “Il nous a tentés au-delà de nos forces. Nous sachant faibles, ignorants, empoisonnés, Il nous a exposé à la tentation. C'est de l'imprudence ou de la méchanceté. Toi, qui es juste, tu dois convenir que je dis une vérité.” “Tu dis un mensonge pour me tenter. Dieu avait donné à Adam et à Eve tous les conseils, et à quoi ont-ils servi?” “Il a mal agi alors aussi. Il ne devait pas mettre l'arbre, la tentation, dans le Jardin.” “Et alors où serait le mérite de l'homme?” “Il s'en passait. Il vivait sans mérite personnel et par le seul mérite de Dieu.” “Eux veulent te tenter, Maître. Laisse ces serpents, et écoute-nous, nous qui vivons dans la continence et la méditation” crie de nouveau l'essénien. “Oui, vous y vivez, mais mal. Pourquoi ne pas y vivre saintement?” L'essénien ne répond pas à cette question, mais il demande: “De même que tu m'as donné une raison valable sur le libre arbitre, et moi je la méditerai sans préventions, en espérant pouvoir l'accepter, dis-moi maintenant. Crois-tu réellement à une résurrection de la chair et à une vie des esprits qu'elle viendra compléter?” “Et tu veux que Dieu mette fin ainsi à la vie de l'homme?” “Mais l'âme… puisque la récompense la rendra bienheureuse, à quoi sert de faire ressusciter la matière? Cela augmentera-t-il la joie des saints?” “Rien n'augmentera la joie qu'un saint aura quand il possédera Dieu. Ou plutôt une seule chose l'augmentera le Dernier Jour: celle de savoir que le péché n'existe plus. Mais ne te paraît-il pas juste que, comme en ce jour chair et âme ont été unies dans la lutte pour posséder le Ciel, qu'au Jour de l'éternité chair et âme soient unies pour jouir de la récompense? N'en es-tu pas persuadé? Et alors pourquoi vis-tu dans la continence et la méditation?” “Pour… pour être davantage homme, seigneur au-dessus des autres animaux qui obéissent irrésistiblement à leurs désirs, et pour être supérieur à la plus grande partie des hommes qui sont barbouillés d'animalité, même s'ils étalent des phylactères et des franges, et des houppettes et de larges vêtements et s'ils se disent des "séparés".” Anathème! Les pharisiens ont reçu de plein fouet la flèche qui provoque dans la foule des murmures admiratifs. Ils se contorsionnent et crient comme des possédés. “Il nous insulte, Maître! Tu connais notre sainteté. Défends-nous” crient-ils en gesticulant. Jésus répond: “Lui aussi connaît votre hypocrisie. Les vêtements n'ont rien à voir avec la sainteté. Méritez d'être loués et je pourrai parler. Mais à toi, essénien, je te réponds que tu te sacrifies pour trop peu de chose. Pourquoi? Pour qui? Pour combien de temps? Pour une louange humaine. Pour un corps mortel. Pour un temps rapide comme le vol d'un faucon. Élève ton sacrifice. Crois au Dieu vrai, à la bienheureuse résurrection, à la volonté libre de l'homme. Vis en ascète, mais pour ces raisons surnaturelles. Et avec ta chair ressuscitée, tu jouiras de l'éternelle joie.” “C'est trop tard! Je suis vieux! J'ai peut-être gâché ma vie en restant dans une secte erronée… C'est fini!…” “Non. Ce n'est jamais fini pour celui qui veut le bien! Écoutez, ô vous pécheurs, ô vous qui êtes dans l'erreur, ô vous, quel que soit votre passé. Repentez-vous. Venez à la Miséricorde. Elle vous ouvre les bras. Elle vous montre le chemin. Je suis la source pure, la source de vie. Rejetez les choses qui vous ont dévoyés jusqu'ici. Venez nus au bain. Revêtez-vous de lumière. Naissez de nouveau. Vous avez dérobé, comme des voleurs sur les routes, ou en grands seigneurs astucieusement dans les commerces et les administrations? Venez. Vous avez eu des vices ou des passions impures? Venez. Vous avez été oppresseurs? Venez. Venez. Repentez-vous. Venez à l'amour et à la paix. Oh! mais permettez à l'amour de Dieu de se déverser sur vous. Soulagez-le cet amour angoissé par votre résistance, votre peur, vos hésitations. Moi, je vous en prie, au nom de mon Père et du vôtre. Venez à la Vie et à la Vérité et vous aurez la vie éternelle.” Un homme crie du milieu de la foule: “Moi, je suis riche et pécheur. Que dois-je faire pour venir?” “Renonce à tout pour l'amour de Dieu et de ton âme.” Les pharisiens murmurent contre Jésus et le méprisent comme “marchand d'illusions et d'hérésies”, comme “pécheur qui feint d'être saint”, et ils Lui font remarquer que les hérétiques sont toujours des hérétiques, et que tels sont les esséniens. Ils disent que les conversions subites ne sont qu'exaltation temporaire et que l'impur sera toujours tel; le voleur, voleur; l'homicide, homicide; et ils terminent en disant qu'eux seuls, qui vivent dans une sainteté parfaite, ont droit au Ciel et à la prédication. “C'était un jour heureux. Une semence de sainteté tombait dans les cœurs. Mon amour, nourri par le baiser de Dieu, donnait la vie aux semences. Le Fils de l'homme était heureux de sanctifier… Vous m'avez empoisonné la journée. Mais n'importe. Moi je vous dis - et si je ne suis pas doux, la faute en sera à vous - je vous dis que vous êtes de ceux qui se donnent comme justes, ou essaient de le faire en présence des hommes, mais vous n'êtes pas justes. Dieu connaît vos cœurs. Ce qui est grand aux yeux des hommes est abominable devant l'immensité et la perfection de Dieu. Vous citez l'ancienne Loi. Pourquoi alors ne la vivez-vous pas? Vous modifiez à votre avantage la Loi, en l'alourdissant de poids qui vous rapportent du profit. Pourquoi alors ne me permettez-vous pas de la modifier au profit de ces petits, en en supprimant toutes les houppettes et les lourdes complications inutiles, ces préceptes que vous avez faits et qui sont tels et si nombreux que l'essentiel de la Loi disparaît sous eux et meurt étouffé? J'ai pitié de ces foules, de ces âmes qui cherchent un soulagement dans la Religion et y trouvent un nœud coulant, qui cherchent l'amour et trouvent la terreur… Non. Venez, ô petits d'Israël. La Loi est amour! Dieu est amour! C'est ainsi que je parle à ceux que vous avez effrayés. La Loi sévère et les prophètes menaçants qui m'ont prédit, mais n'ont pas réussi à écarter le péché malgré les cris de leurs prophéties angoissantes, s'arrêtent à Jean. Après Jean vient le Royaume de Dieu, le Royaume de l'amour. Et Moi, je dis aux humbles: "Entrez-y, il est pour vous". Et que tous ceux qui sont de bonne volonté s'efforcent d'y entrer. Mais pour ceux qui ne veulent pas courber la tête, se frapper la poitrine, dire: "J'ai péché", il n'y aura pas de Royaume. Il est dit: "Circoncisez votre cœur, et ne raidissez plus votre nuque". Cette terre vit le prodige d'Élisée qui adoucit les eaux amères en y jetant du sel. Et Moi est-ce que je ne jette pas le sel de la Sagesse dans vos cœurs? Et alors pourquoi êtes-vous inférieurs aux eaux et ne changez-vous pas votre esprit? Imprégnez vos formules de mon sel et elles auront une nouvelle saveur parce qu'elles rendront à la Loi sa force primitive. En vous, pour commencer, qui en avez le plus besoin. Vous dites que je change la Loi? Non. Ne mentez pas. Je rends à la Loi sa forme primitive que vous avez déformée. Car c'est une Loi qui durera autant que la Terre, et le ciel et la terre disparaîtront avant que disparaissent un seul de ses éléments ou de ses conseils. Et si vous la changez, parce que cela vous plaît, et si vous ergotez pour chercher des échappatoires à vos fautes, sachez que cela ne sert à rien. Cela ne sert pas, ô Samuel! Cela ne sert pas, ô Isaïe! Il est toujours dit: "Ne commets pas l'adultère", et Moi je complète: "Celui qui renvoie une épouse pour en prendre une autre est adultère, et celui qui épouse une femme répudiée par son mari est adultère, car ce que Dieu a uni la mort seule peut le séparer". Mais les paroles dures sont pour les pécheurs impénitents. Ceux qui ont péché mais s'affligent et se désolent de l'avoir fait, qu'ils sachent, qu'ils croient que Dieu est Bonté, et qu'ils viennent à Celui qui absout, pardonne et amène à la Vie. Allez avec cette certitude. Répandez-la dans les cœurs. Prêchez la miséricorde qui vous donne la paix, en vous bénissant au nom du Seigneur.” Les gens s'éloignent lentement soit à cause de l'étroitesse du sentier, soit à cause de l'attirance de Jésus. Mais ils s'en vont… Il reste les apôtres avec Jésus, et tout en parlant, ils se mettent en route. Ils cherchent de l'ombre en cheminant près d'un petit bosquet de tamaris ébouriffés. Mais dedans il y a un essénien. C'est celui qui a parlé avec Jésus. Il est en train de quitter ses vêtements blancs. Pierre, qui est en avant, reste stupéfait en voyant que l'homme ne garde que ses culottes courtes. Il revient en arrière en courant et il dit: “Maître! Un fou! Celui qui parlait avec Toi, l'essénien. Il s'est mis nu, il pleure et soupire. Nous ne pouvons aller là.” Mais l'homme maigre, barbu, qui n'a gardé que ses culottes courtes et ses sandales, sort déjà du bosquet et vient vers Jésus en pleurant et en se frappant la poitrine. Il se prosterne: “Moi, je suis miraculé du cœur. Tu m'as guéri l'esprit. J'obéis à ta parole. Je me revêts de lumière en quittant toute autre pensée qui me revêtait d'erreur. Je me sépare pour méditer le Dieu vrai, pour obtenir vie et résurrection. Cela suffit-il? Donne-moi un nouveau nom et indique-moi un endroit où je vivrai de Toi et de tes paroles.” “Il est fou! Nous ne saurions y vivre, nous qui en entendons tant! Et lui… pour un seul discours…” disent entre eux les apôtres. Mais l'homme qui les entend, dit: “Et vous voulez mettre des bornes à Dieu? Lui m'a brisé le cœur pour me donner un esprit libre. Seigneur!…” et il supplie en tendant les bras vers Jésus. “Oui. Appelle-toi Élie et sois feu. Cette montagne est remplie de cavernes. Vas-y et quand tu sentiras la terre secouée par un terrible tremblement, sors et cherche les serviteurs du Seigneur pour t'unir à eux. Tu seras revenu à la vie pour être serviteur toi aussi. Va.” L'homme Lui baise les pieds, se lève et s'en va. “Mais il s'en va nu?” demandent-ils stupéfaits. “Donnez-lui un manteau, un couteau, une mèche, un briquet et un pain. Il cheminera aujourd'hui et demain et puis, où nous avons séjourné, il se retirera pour prier, et Dieu pourvoira aux besoins de son fils.” André et Jean partent en courant et le rejoignent au moment où il va disparaître à un détour. Ils reviennent en disant: “Il les a pris. Nous lui avons indiqué aussi l'endroit où nous étions. Quelle proie imprévue, Seigneur!” “Même sur les roches, Dieu fait fleurir des fleurs. Même dans les déserts des cœurs, Il fait lever pour mon réconfort des esprits de bonne volonté. Maintenant allons vers Jéricho. Nous nous arrêterons dans quelque maison de campagne.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 12 septembre 2010, Vingt-quatrième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 15,1-32.
Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ? Quand il l'a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue ! ' Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion. » Ou encore, si une femme a dix pièces d'argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve ? Quand elle l'a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la pièce d'argent que j'avais perdue ! ' De même, je vous le dis : Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. » Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient. ' Et le père fit le partage de ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère. Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers. ' Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils... ' Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. ' Et ils commencèrent la fête. Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait. Celui-ci répondit : 'C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a vu revenir son fils en bonne santé. ' Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait. Mais il répliqua : 'Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras ! ' Le père répondit : 'Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 3, Ch 66, p 388 - CD 3, piste 140 -
“Jean d'Endor, viens ici avec Moi. J'ai à te parler” dit Jésus en se montrant sur le seuil. L'homme accourt en laissant l'enfant auquel il apprenait quelque chose: “Que veux-tu me dire, Maître?” demande-t-il. “Viens avec Moi, au-dessus.” Ils montent sur la terrasse et s'assoient du côté le plus abrité car, bien que ce soit le matin, le soleil est déjà fort. Jésus tourne son regard vers la campagne cultivée où de jour en jour le grain prend une teinte dorée et où les fruits grossissent sur les arbres. Il paraît vouloir suivre par la pensée cette transformation végétale. “Écoute, Jean. Je crois qu'Isaac va venir aujourd'hui pour m'amener les paysans de Giocana avant leur départ. J'ai dit à Lazare de prêter un char à Isaac pour qu'ils accélèrent leur retour. Il ne faut pas qu'ils craignent un retard qui pourrait leur valoir un châtiment. Et Lazare le prête, car Lazare fait tout ce que je lui dis. Mais de toi, je veux une autre chose. J'ai ici une somme qui m'a été donnée par une créature pour les pauvres du Seigneur. Généralement c'est un de mes apôtres qui est chargé de tenir les comptes et de donner les oboles. C'est Judas de Kériot, généralement; les autres parfois. Judas n'est pas ici. Les autres, je ne veux pas qu'ils sachent ce que je veux faire. Même Judas cette fois ne le saurait pas. C'est toi qui le feras, en mon nom ... ” “Moi, Seigneur?... Moi?... Oh! je n'en suis pas digne! ... ” “Tu dois t'habituer à travailler en mon nom. N'est-ce pas pour cela que tu es venu?” “Oui, mais je pensais devoir travailler pour reconstruire ma pauvre âme.” “Et Moi, je t'en donne le moyen. En quoi as-tu péché? Contre la Miséricorde et l'Amour. C'est avec la haine que tu as démoli ton âme. C'est avec l'amour et la miséricorde que tu la reconstruiras. Je t'en donne les matériaux. Je t'emploierai particulièrement pour les œuvres de miséricorde et d'amour. Tu es capable de soigner. Tu es capable de parler. Avec cela, tu es apte à soigner les infirmités physiques et morales, et tu as le pouvoir de le faire. Tu vas faire tes débuts avec cette œuvre. Tiens la bourse. Tu la donneras à Michée et à ses amis. Fais-en des parts égales, mais fais comme je te dis. Tu en fais dix parts, puis tu en donnes quatre à Michée, une pour lui, une pour Saul, une pour Joël et une pour Isaïe. Et les six autres parts tu les donnes à Michée pour qu'il les donne au vieux père de Jabé, pour lui et ses compagnons. Ils pourront ainsi avoir un réconfort.” “C'est bien. Mais qu'est-ce que je leur dis pour justifier?” “Tu diras: "C'est pour que vous vous souveniez de prier pour une âme qui se rachète".” “Mais ils pourront penser que c'est moi! Ce n'est pas juste!” “Pourquoi? Ne veux-tu pas te racheter?” “Il n'est pas juste qu'ils pensent que je sois le donateur.” “Ne te tracasse pas et fais comme je te dis.” “J'obéis... mais, au moins, permets-moi d'y ajouter quelque chose. De toutes façons... maintenant, je n'ai plus besoin de rien. Des livres, je n'en achète plus. Je n'ai plus de poulets à nourrir. À moi, il me faut si peu... Tiens, Maître. Je ne garde qu'un peu d'argent pour les dépenses de sandales...” et, d'une bourse qu'il avait à la ceinture, il sort de nombreuses pièces de monnaie et les joint à celles de Jésus. “Dieu te bénisse pour ta miséricorde... Jean, bientôt nous nous quitterons, car tu iras avec Isaac.” “J'en suis affligé, Maître, mais j'obéis.” “Moi aussi, je souffre de t'éloigner, mais j'ai tant besoin de disciples itinérants. Je n'y suffis plus. Bientôt je lancerai les apôtres, puis j'enverrai les disciples. Et tu feras très bien. Je te réserverai pour des missions spéciales. En attendant, tu te formeras avec Isaac. Il est tellement bon, et l'Esprit de Dieu l'a vraiment instruit durant sa longue maladie. Et c'est l'homme qui a toujours tout pardonné... Nous quitter, du reste, ne veut pas dire ne plus nous voir. Nous nous rencontrerons souvent et, chaque fois que nous nous retrouverons, je parlerai spécialement pour toi. Souviens-toi de cela ... ” Jean se penche, se cache le visage dans les mains en sanglotant et gémit: “Oh! alors, dis-moi tout de suite quelque chose qui me persuade que je suis pardonné... que je puis servir Dieu... Si tu savais, maintenant que s'est dissipée la fumée de la haine, comme je vois mon âme... et comme... et comme je pense à Dieu ... ” “Je le sais. Ne pleure pas. Reste dans l'humilité, mais sans t'avilir. S'avilir, c'est encore de l'orgueil. Aie seulement, seulement l'humilité. Allons, ne pleure pas ... ” Jean d'Endor se calme peu à peu... Quand il le voit calmé, Jésus dit: “Viens, allons sous les feuillages des pommiers et réunissons les compagnons et les femmes. Je parlerai à tous, mais je te dirai comment Dieu t'aime.” Ils descendent, rassemblant les autres autour d'eux au fur et à mesure qu'ils arrivent et on s'assoit en cercle à l'ombre de la pommeraie. Lazare aussi, qui parlait avec le Zélote, se joint à la compagnie. Vingt personnes en tout. “Écoutez. C'est une belle parabole qui vous guidera par sa lumière dans tant de cas.
Un homme avait deux fils. L'aîné était sérieux, travailleur, affectueux, obéissant. Le second était intelligent plus que son aîné, qui en vérité était un peu borné et se laissait guider pour n'avoir pas à se donner la peine de décider par lui-même, mais il était aussi par contre, rebelle, distrait, ami du luxe et du plaisir, dépensier et paresseux. L'intelligence est un grand don de Dieu, mais c'est un don dont il faut user sagement. Autrement c'est comme certains remèdes qui employés indûment ne guérissent pas mais tuent. Le père suivait son droit et son devoir en le rappelant à une vie plus sage, mais c'était sans résultat, sauf d'essuyer des réponses méchantes et de voir son fils se durcir dans ses idées mauvaises. Enfin, un jour, après une dispute plus envenimée, le cadet dit: "Donne-moi ma part des biens. Ainsi je n'entendrai plus tes reproches ni les plaintes du frère. Chacun sa part et que tout soit fini". "Prends garde" répondit le père "tu seras bientôt ruiné. Que feras-tu, alors? Réfléchis que je ne serai pas injuste en ta faveur et que je ne reprendrai pas la plus petite somme à ton frère pour te la donner". "Je ne te demanderai rien. Sois tranquille. Donne-moi ma part". Le père fit estimer les terres et les objets précieux. Après avoir constaté que l'argent et les bijoux avaient autant de valeur que les terres, il donna à l'aîné les champs et les vignes, les troupeaux et les oliviers, et au cadet il donna l'argent et les bijoux que le cadet vendit tout de suite pour avoir tout en argent. Cela fait, en peu de jours, il s'en alla dans un pays lointain où il vécut en grand seigneur, dépensant ce qu'il avait en bombances de toutes sortes, se faisant passer pour un fils de roi car il avait honte de dire: "Je suis un campagnard", reniant ainsi son père. Festins, amis et amies, vêtements, vins, jeux... vie dissolue... Il vit bien vite s'épuiser ses réserves et arriver la misère. Et avec la misère, pour l'alourdir, il survint dans le pays une grande disette qui fit fondre le reste de ses ressources. Il aurait voulu aller trouver son père, mais il était orgueilleux et ne s'y décida pas. Il alla alors trouver un homme riche du pays qui avait été son ami dans l'abondance et il le pria en disant: "Prends-moi parmi tes serviteurs en souvenir des profits que je t'ai procurés". Voyez comme l'homme est sot! Il préfère se mettre sous le joug d'un maître au lieu de dire à son père: "Pardon! Je me suis trompé!" Ce jeune avait appris tant de choses inutiles avec son intelligence éveillée, mais il n'avait pas voulu apprendre le dicton de l'Ecclésiastique: "Comme il est infâme, celui qui abandonne son père, et comme Dieu maudit celui qui tourmente sa mère". Il était intelligent, mais il n'était pas sage. L'homme à qui il s'était adressé, en échange de tout ce dont il avait profité au détriment du jeune imbécile, mit ce sot à la garde des pores. Il était en effet dans un pays païen où il y avait beaucoup de pores. Il l'envoya donc faire paître dans ses possessions les troupeaux de porcs. Crasseux, en lambeaux, puant, affamé - car la nourriture était mesurée pour tous les serviteurs et surtout pour les plus bas placés et lui, étranger, gardien de pores et méprisé, il rentrait dans cette catégorie - il voyait les porcs se rassasier de glands et il soupirait: "Si je pouvais au moins m'emplir le ventre de ces fruits! Mais ils sont trop amers! La faim elle-même ne me les fait pas trouver bons". Et il pleurait en pensant aux riches festins de satrape qu'il avait fait peu de temps avant, au milieu des rires, des chants, des danses... et puis il pensait aux honnêtes repas abondants de sa maison lointaine, aux portions que le père faisait pour tous impartialement, ne gardant pour lui que la plus petite, heureux de voir le sain appétit de ses fils... et il pensait aussi aux portions que ce juste faisait pour ses serviteurs, et il soupirait: "Les domestiques de mon père, même les plus bas placés ont du pain en abondance... et moi, ici, je meurs de faim..." Un long travail de réflexion, une longue lutte pour briser l'orgueil... Enfin vint le jour où, revenu à l'humilité et à la sagesse, il se leva et dit: "Je vais trouver mon père! C'est une sottise cet orgueil qui me tient captif. Et de quoi? Pourquoi souffrir en mon corps et plus encore en mon cœur, alors que je peux obtenir le pardon et le soulagement? Je vais trouver mon père. C'est dit. Que lui dirai-je? Mais me voici, dans cette abjection, dans ces ordures, mordu par la faim! Je lui dirai: 'Père, j'ai péché contre le Ciel et contre toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils; traite-moi donc comme le dernier de tes serviteurs, mais, tolère-moi sous ton toit. Que je te vois passer...' Je ne pourrai lui dire: ' ... parce que je t'aime'. Il ne le croirait pas. Mais ma vie le lui dira, et lui le comprendra et, avant de mourir, il me bénira encore... Oh! je l'espère, parce que mon père m'aime". Et revenu le soir au pays, il prit congé du maître et, mendiant le long du chemin, il revint à sa maison. Voici les champs paternels... et la maison... et le père qui dirigeait les travaux, vieilli, amaigri par la souffrance, mais toujours bon... Le coupable, en voyant cette ruine dont il était la cause, s'arrêta intimidé... mais le père, tournant son regard, le vit et courut à sa rencontre, car il était encore loin. Après l'avoir rejoint, il lui jeta les bras autour du cou et l'embrassa. Le père était le seul à avoir reconnu son fils dans ce mendiant humilié et lui seul avait eu pour lui un mouvement d'amour. Le fils, serré entre ses bras, la tête sur les épaules de son père, murmura au milieu de ses sanglots: "Père, permets-moi de me jeter à tes pieds". "Non, mon fils! Pas à mes pieds, sur mon cœur qui a tant souffert de ton absence et qui a besoin de revivre en sentant ta chaleur sur ma poitrine". Et le fils, pleurant plus fort, lui dit: "Oh! mon père! J'ai péché contre le Ciel et contre toi. Je ne suis pas digne que tu m'appelles: fils. Mais permets-moi de vivre parmi tes serviteurs, sous ton toit, te voyant et mangeant ton pain, en te servant, en buvant ta respiration. Avec chaque bouchée de pain, avec chacune de tes respirations, se refera mon cœur si corrompu et il deviendra honnête..." Mais le père, le tenant toujours embrassé, le conduisit vers les serviteurs qui s'étaient rassemblés à distance et qui observaient et il leur dit: "Vite, apportez ici le plus beau vêtement et des bassines d'eau parfumée, lavez-le, parfumez-le, habillez-le, mettez-lui des chaussures neuves et un anneau au doigt. Puis prenez un veau gras et tuez-le. Et qu'on prépare un banquet. Car mon fils était mort, et maintenant il est ressuscité, il était perdu et il est retrouvé. Je veux que lui aussi retrouve son simple amour de petit enfant. Il faut que je lui donne mon amour et que la maison soit en fête pour son retour. Il doit comprendre qu'il est toujours pour moi le dernier-né, tel qu'il était dans son enfance lointaine, quand il marchait à mes côtés me rendant heureux par son sourire et son babil". Et les serviteurs firent tout cela. Le fils aîné était dans la campagne et il ne sut rien jusqu'à son retour. Le soir, en revenant à la maison, il la vit toute illuminée et il entendit le son des instruments et le bruit des danses venir de l'intérieur. Il appela un serviteur qui courait affairé et lui dit: "Qu'est-ce qui arrive?" Et le serviteur répondit: "Ton frère est revenu! Ton père a fait tuer le veau gras parce qu'il a reçu le fils sain et guéri de son grand mal, et il a commandé un banquet. On n'attend que toi pour commencer". Mais l'aîné, en colère parce qu'il lui paraissait injuste de tant fêter son cadet qui, outre qu'il était le plus jeune avait été mauvais, ne voulut pas entrer et même il allait s'éloigner de la maison. Mais le père, quand il en fut averti, courut dehors et le rejoignit, essayant de le convaincre et le priant de ne pas assombrir sa joie. L'aîné répondit à son père: "Et tu veux que moi je n'en sois pas fâché? Tu es injuste et méprisant à l'égard de ton aîné. Moi, dès que j'ai pu travailler, je t'ai servi, et cela fait bien des années. Je n'ai jamais transgressé tes ordres, ni même négligé tes désirs. Je suis toujours resté près de toi et je t'ai aimé pour deux, pour guérir la blessure que t'avait faite mon frère. Et tu ne m'as même pas donné un chevreau pour faire la fête avec des amis. Et lui qui t'a offensé, qui t'a abandonné, qui a été paresseux et dissipateur et qui revient poussé par la faim, tu l'honores, et pour lui tu as tué le veau le plus beau. Est-ce que cela vaut la peine d'être travailleurs et sans vices! Cela, tu ne devais pas me le faire!" Le père lui dit alors en le serrant contre son cœur: "Oh! mon fils! Et tu peux croire que je ne t'aime pas parce que je n'étends pas un voile de fête sur tes actions? Tes actions sont saintes par elles-mêmes, et le monde te loue pour elles. Mais ton frère, au contraire, a besoin d'être relevé dans l'estime du monde et dans sa propre estime. Et tu crois que je ne t'aime pas parce que je ne te donne pas une récompense visible? Mais matin et soir, à chacune de mes respirations et de mes pensées, tu es présent à mon cœur et à chaque instant je te bénis. Tu as la récompense continuelle d'être toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi. Mais il était juste de faire un banquet et de festoyer ton frère qui était mort et qui est ressuscité au Bien, qui était perdu et qui est revenu à notre amour". Et l'aîné se rendit à ces raisons.
C'est ce qui arrive, mes amis, dans la Maison du Père. Et qui se reconnaît dans la situation du cadet de la parabole, qu'il pense aussi que s'il l'imite dans son retour au Père, le Père lui dit: "Non pas à mes pieds, mais sur mon cœur qui a souffert de ton absence et qui maintenant est heureux de ton retour". Que celui qui se trouve dans la situation de l'aîné et sans faute à l'égard du Père, ne soit pas jaloux de la joie paternelle, mais qu'il y prenne part en donnant son amour à son frère racheté. J'ai dit. Reste, Jean d'Endor, et toi, Lazare. Que les autres aillent préparer les tables. Nous viendrons bientôt.” Tous se retirent. Quand Jésus, Lazare et Jean sont seuls, Jésus dit à Lazare et à Jean: “Ainsi en sera-t-il de l'âme chère que tu attends, Lazare, et ainsi en est-il de la tienne, Jean. La bonté de Dieu dépasse toute mesure”... ... Les apôtres, avec la Mère et les femmes, vont vers la maison, précédés de Margziam. qui saute en courant devant. Mais il revient vite, prend Marie par la main, et lui dit: “Viens avec moi. Je dois te dire une chose en particulier.” Et Marie le contente. Ils reviennent vers le puits qui est dans un angle de la petite cour, tout caché par une tonnelle touffue qui de la terre monte vers la terrasse en faisant un arc. Là-derrière se trouve l'Iscariote. “Judas, que veux-tu? Va-t-en Margziam... Parle, que veux-tu?” “Je suis en faute... Je n'ose aller vers le Maître, ni affronter les compagnons... Aide-moi ... ” “Je t'aiderai. Mais ne penses-tu pas à la douleur que tu causes? Mon Fils a pleuré à cause de toi, et les compagnons en ont souffert. Mais viens. Personne ne te dira rien. Et, si tu le peux, ne retombe plus dans ces fautes. C'est indigne d'un homme, et un sacrilège à l'égard du Verbe de Dieu.” “Et toi, Mère, tu me pardonnes?” “Moi? Moi, je ne compte pas auprès de toi qui t'estimes si grand. Je suis la plus petite des servantes du Seigneur. Comment peux-tu te préoccuper de moi, si tu n'as pas pitié de mon Fils?” “C'est que moi aussi j'ai une mère, et si j'ai ton pardon, il me semble avoir le sien.” “Elle n'est pas au courant de cette faute.” “Mais elle m'avait fait jurer d'être bon avec le Maître. Je suis parjure. Je sens le reproche de l'âme de ma mère.” “Tu le sens? Et le chagrin et le reproche du Père et du Verbe, tu ne le sens pas? Tu es un malheureux, Judas! Tu sèmes la douleur en toi et en ceux qui t'aiment. ” Marie est très sérieuse et affligée. Elle parle sans amertume mais avec beaucoup de sérieux. Judas pleure. “Ne pleure pas, mais deviens meilleur. Viens” et elle le prend par la main et entre ainsi dans la cuisine. C'est pour tous la plus vive stupeur. Mais Marie prévient toute sortie peu charitable. Elle dit: “Judas est revenu. Faites comme l'aîné après le discours du père. Jean, va prévenir Jésus.” Jean de Zébédée part en vitesse. Un silence pèse dans la cuisine... Puis Judas dit: “Pardonnez-moi, et toi Simon pour commencer. Tu as un cœur si paternel. Je suis un orphelin, moi aussi.” “Oui, oui, je te pardonne. Je t'en prie n'en parle plus. Nous sommes frères... et ces hauts et bas de pardons implorés et de rechutes ne me plaisent pas. C'est de l'avilissement pour qui les reçoit et pour qui les accorde. Voici Jésus. Va le trouver. Et cela suffit.” Judas y va pendant que Pierre, ne pouvant rien faire d'autre, se met avec ardeur à casser du bois sec.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 5 septembre 2010, Vingt-troisième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,25-33.
De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit : « Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple. Quel est celui d'entre vous qui veut bâtir une tour, et qui ne commence pas par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ? Car, s'il pose les fondations et ne peut pas achever, tous ceux qui le verront se moqueront de lui : 'Voilà un homme qui commence à bâtir et qui ne peut pas achever ! ' Et quel est le roi qui part en guerre contre un autre roi, et qui ne commence pas par s'asseoir pour voir s'il peut, avec dix mille hommes, affronter l'autre qui vient l'attaquer avec vingt mille ? S'il ne le peut pas, il envoie, pendant que l'autre est encore loin, une délégation pour demander la paix. De même, celui d'entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 4, Ch 145, p 388 - CD 5 (2ème cd), piste 159 -
Jésus se dirige vers le Temple. Il est précédé par les disciples en groupes, et suivi par les femmes disciples en groupe: sa Mère, Marie de Cléophas, Marie Salomé, Suzanne, Jeanne de Chouza, Élise de Béthsur, Annalia de Jérusalem, Marthe et Marcelle. Marie de Magdala n'est pas là. Autour de Jésus, les douze apôtres et Margziam. Jérusalem est dans la pompe de ses jours de solennité. Des gens sur toutes les routes, et de toutes les régions. Cantiques, discours, murmures de prières, imprécations des âniers, quelques pleurs de bébés et, au-dessus de tout cela, un ciel clair qui se montre entre les maisons et un soleil qui descend joyeux pour raviver les couleurs des vêtements, pour embraser les couleurs mourantes des tonnelles et des arbres que l'on aperçoit ça et là au-delà des murs des jardins clos ou des terrasses. Parfois Jésus croise des personnes de sa connaissance et le salut est plus ou moins respectueux selon l'humeur de celui qu'il croise. C'est ainsi qu'est profond, mais condescendant, celui de Gamaliel. Ce dernier regarde fixement Etienne, qui lui sourit du groupe des disciples, et qu'après s'être incliné devant Jésus, Gamaliel appelle à part et lui dit quelques mots, après quoi Etienne revient dans son groupe. Plein de vénération est le salut du vieux chef de la synagogue Cléophas d'Emmaüs, qui se dirige avec ses concitoyens vers le Temple. Dur comme une malédiction la réponse au salut de Jésus des pharisiens de Capharnaüm. De la part des paysans de Giocana, conduits par l'intendant, c'est un prosternement dans la poussière de la route pendant qu'ils baisent les pieds de Jésus. La foule s'arrête pour observer avec étonnement ce groupe d'hommes qui, à un carrefour se précipitent en criant aux pieds d'un homme jeune qui n'est pas un pharisien ni un scribe renommé, qui n'est pas un satrape ni un courtisan puissant, et quelqu'un demande qui c'est. Et un chuchotement se répand: “C'est le Rabbi de Nazareth, celui dont on dit qu'il est le Messie.” Prosélytes et gentils l'entourent alors avec curiosité, poussant le groupe contre le mur, créant un encombrement dans la toute petite place, jusqu'à ce qu'un groupe d'âniers les disperse en maudissant l'obstruction. Mais la foule, sans tarder, se rassemble de nouveau, séparant les femmes des hommes, exigeante, brutale dans ses manifestations qui sont encore de la foi. Tout le monde veut toucher les vêtements de Jésus, Lui dire un mot, l'interroger. Et c'est un effort inutile parce que leur hâte elle-même, leur anxiété, leur agitation pour passer aux premiers rangs, en se repoussant mutuellement, fait que personne n'y réussit, et même les questions et les réponses se fondent en une rumeur inintelligible. Le seul qui s'arrache à la scène, c'est le grand-père de Margziam, qui a répondu par un cri au cri de son petit-fils et, tout de suite après avoir vénéré le Maître, a serré sur son cœur son enfant et se tenant ainsi, appuyé sur les talons, les genoux à terre, l'a assis sur son sein, l'admire et le caresse avec des larmes et des baisers joyeux, le questionne et l'écoute. Le vieillard est déjà au Paradis, tant il est heureux. Les soldats romains accourent, croyant qu'il y a quelque rixe et se font un passage. Mais, quand ils voient Jésus, ils ont un sourire et se retirent tranquillement, se bornant à conseiller à ceux qui sont là de laisser libre l'important carrefour. Et Jésus obéit de suite, profitant de l'espace libre qu'ont fait les romains qui le précèdent de quelques pas comme pour Lui ouvrir le chemin, en réalité pour revenir à leur poste de garde car la garnison romaine est très renforcée, comme si Pilate savait qu'il y a du mécontentement dans la foule et comme s'il craignait un soulèvement dans ces jours où Jérusalem est remplie d'hébreux venus de toute part. Et il est beau de le voir aller précédé du détachement romain comme un roi dont on dégage la route pendant qu'il se rend à ses propriétés. Il a dit, tout en se déplaçant, à l'enfant et au vieillard: “Restez ensemble et suivez-moi” et à l'intendant: “Je te prie de me laisser tes hommes. Ils seront mes hôtes jusqu'au soir.” L'intendant répond avec déférence: “Qu'il en soit en tout comme tu veux” et il s'en va seul après un profond salut. Il est désormais près du Temple, et le fourmillement de la foule, réellement comme des fourmis près de la fourmilière, est encore plus dense, lorsqu'un paysan de Giocana crie: “Voici le maître!” et, imité par les autres, il tombe à genoux pour le saluer. Jésus reste debout au milieu du groupe des paysans parce qu'ils étaient serrés autour de Lui, et il tourne son regard vers le point indiqué. Il rencontre le regard d'un pharisien richement vêtu, qui n'est pas nouveau pour moi, mais je ne sais pas où je l'ai vu. Le pharisien Giocana est avec d'autres de sa caste: un tas d'étoffes précieuses, de franges, de boucles, de ceintures, de phylactères, tout cela plus ample que d'ordinaire. Giocana regarde attentivement Jésus: un regard de pure curiosité mais pourtant pas irrévérencieux. Il a même un salut plutôt empesé: il incline tout juste la tête. Mais c'est toujours un salut auquel Jésus répond avec déférence. Et même deux ou trois autres pharisiens saluent pendant que d'autres regardent avec mépris ou font semblant de regarder ailleurs, et un seul lance une insulte. C'est sûr car je vois que ceux qui entourent Jésus sursautent, et même Giocana se retourne tout d'un coup pour foudroyer du regard l'insulteur, un homme plus jeune que lui, aux traits marqués et durs. Quand on les a dépassés et les paysans osent parler, l'un d'eux dit: “C'est Doras, Maître, celui qui t'a maudit.” “Laisse-le faire. J'ai vous qui me bénissez” dit calmement Jésus. Appuyé, avec d'autres, à une archivolte, se trouve Manaën, et comme il voit Jésus, il lève les bras avec une exclamation de joie: “C'est une agréable journée, puisque je te trouve!” et il vient vers Jésus, suivi de ceux qui l'accompagnent. Il le vénère sous l'archivolte ombragée où les voix résonnent comme sous une coupole. Juste au moment où il le vénère, passent tout près du groupe apostolique les cousins Simon et Joseph avec d'autres nazaréens… et ils ne saluent pas… Jésus les regarde avec tristesse mais ne dit rien. Jude et Jacques, excités, se parlent entre eux. Et Jude s'enflamme d'indignation et puis il part en courant, sans que son frère puisse le retenir. Mais Jésus le rappelle d'un si impérieux: “Jude, viens ici!” que le fils agité d'Alphée revient en arrière… “Laisse-les faire. Ce sont des semences qui n'ont pas encore senti le printemps. Laisse-les dans l'obscurité de la motte rétive. Je les pénétrerai quand même, même si la motte devient de la jaspe qui enveloppe la semence. Je le ferai au moment voulu.” Mais plus forts que la réponse de Jude d'Alphée, résonnent les pleurs de Marie d'Alphée, désolée. La longue plainte d'une personne humiliée… Mais Jésus ne se retourne pas pour la consoler bien que cette plainte résonne nettement sous l'archivolte qui lui fait de multiples échos. Il continue de parler avec Manaën qui lui dit: “Ceux qui sont avec moi, sont des disciples de Jean. Ils veulent, comme moi, t'appartenir.” “La paix soit aux bons disciples. Là, en avant, ce sont Mathias, Jean et Siméon, avec Moi pour toujours. Je vous accueille comme je les ai accueillis parce que m'est cher tout ce qui me vient du saint Précurseur.” Et, après avoir rejoint l'enceinte du Temple, Jésus donne des ordres à l'Iscariote et à Simon le Zélote pour les achats d'usage et les offrandes d'usage. Puis il appelle le prêtre Jean et dit: “Toi qui appartiens à ce lieu, tu t'occuperas d'inviter quelque lévite que tu sais digne de connaître la Vérité. Car vraiment, cette année, je puis célébrer une fête joyeuse. Jamais plus il n'y aura un jour aussi doux…” “Pourquoi, Seigneur?” demande le scribe Jean. “Parce que je vous ai autour de Moi, tous, présents visiblement ou spirituellement.” “Mais toujours nous y serons! Et avec nous beaucoup d'autres” affirme avec véhémence l'apôtre Jean et tous font chorus. Jésus sourit et se tait pendant que le prêtre Jean va en avant avec Etienne dans le Temple pour exécuter l'ordre. Jésus lui crie par derrière: “Rejoignez-nous au Portique des Païens.” Ils entrent et presque aussitôt rencontrent Nicodème qui fait un profond salut, mais ne s'approche pas de Jésus. Pourtant il échange avec Jésus un sourire entendu et paisible. Pendant que les femmes s'arrêtent à l'endroit qui leur est permis, Jésus, avec les hommes, se rend à la prière à l'endroit réservé aux hébreux, et puis il revient, après avoir accompli tous les rites, pour retrouver ceux qui l'attendent au Portique des Païens. Les portiques très vastes et très élevés sont remplis d'une foule qui écoute les instructions des rabbins. Jésus se dirige vers l'endroit où il voit arrêtés les deux apôtres et les deux disciples envoyés en avant. Tout de suite on fait cercle autour de Lui, et aux apôtres et disciples s'unissent aussi d'autres personnes nombreuses qui étaient ça et là dans la cour de marbre remplie de gens. La curiosité est telle que certains élèves des rabbins, je ne sais si c'est spontanément ou envoyés par les maîtres, s'approchent du cercle qui se serre autour de Jésus. Jésus demande à brûle-pourpoint: “Pourquoi vous pressez-vous autour de Moi? Dites-le. Vous avez des rabbis connus et sages, bien vus de tout le monde. Moi, je suis l'Inconnu et le Malvu. Pourquoi alors venez-vous à Moi?” “Parce que nous t'aimons” disent certains, et d'autres: “Parce que tu as des paroles différentes des autres”, et d'autres encore: “Pour voir tes miracles” et “Parce que nous avons entendu parler de Toi” et “Parce que Toi seul as des paroles de vie éternelle et des œuvres qui correspondent aux paroles” et enfin: “Parce que nous voulons nous unir à tes disciples.” Jésus regarde les gens au fur et à mesure qu'ils parlent comme s'il voulait les transpercer par le regard pour lire leurs impressions les plus cachées, et certains, ne résistant pas à ce regard, s'éloignent ou bien se cachent derrière une colonne ou des gens plus grands qu'eux. Jésus reprend: “Mais savez-vous ce que cela veut dire et ce que cela impose de venir derrière Moi? Je vais répondre à ces seules paroles, parce que la curiosité ne mérite pas qu'on lui réponde et parce que celui qui a faim de mes paroles me donne, en conséquence, son amour et désire s'unir à Moi. Car, parmi ceux qui ont parlé, il y a deux groupes: les curieux, dont je ne m'occupe pas, les volontaires que j'instruis, sans feinte, de la sévérité de cette vocation. Venir à Moi comme disciple, cela veut dire renoncer à tous les amours pour un seul amour: le mien. Amour égoïste pour soi-même, amour coupable pour les richesses, pour la sensualité ou la puissance, amour honnête pour l'épouse, amour saint pour la mère, le père, amour affectueux des fils et des frères ou pour les fils et les frères, tout doit céder à mon amour, si on veut être mien. En vérité je vous dis que plus libres que les oiseaux qui planent dans les cieux doivent être mes disciples, plus libres que les vents qui parcourent les espaces sans que personne les retienne, personne ni rien. Libres, sans lourdes chaînes, sans lacets d'amour matériel, sans même les fils d'araignée fins des plus légères barrières. L'esprit est comme un papillon délicat enfermé dans un lourd cocon de chair, et son vol peut s'alourdir ou s'arrêter tout à fait, par l'action d'une iridescente et impalpable toile d'araignée, l'araignée de la sensualité, du manque de générosité dans le sacrifice. Moi, je veux tout, sans réserve. L'esprit a besoin de cette liberté de donner, de cette générosité de donner, pour pouvoir être certain de ne pas rester pris dans la toile d'araignée des affections, des coutumes, des réflexions, des peurs, tendues comme les fils de cette araignée monstrueuse qu'est Satan, voleur des âmes. Si quelqu'un veut venir à Moi et ne hait pas saintement son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et ses sœurs, et jusqu'à sa vie, il ne peut être mon disciple. J'ai dit: "hait saintement". Vous, dans votre cœur, vous dites: "La haine, Lui l'enseigne, n'est jamais sainte. Lui, donc se contredit". Non. Je ne me contredis pas. Je dis de haïr la pesanteur de l'amour, la passion charnelle de l'amour pour le père et la mère, l'épouse et les enfants, les frères et les sœurs, et la vie elle-même mais, d'autre part, j'ordonne d'aimer avec la liberté légère, qui est le propre des esprits, les parents et la vie. Aimez-les en Dieu et pour Dieu, ne faisant jamais passer Dieu après eux, vous occupant et vous préoccupant de les amener là où le disciple est arrivé, c'est-à-dire à Dieu Vérité. Ainsi vous aimerez saintement les parents et Dieu, en conciliant les deux amours et en faisant des liens du sang non pas un poids mais une aile, non pas une faute, mais la justice. Même votre vie, vous devez être prêts à la haïr pour me suivre. Hait sa vie celui qui, sans peur de la perdre ou de la rendre humainement triste, la consacre à mon service. Mais ce n'est qu'un semblant de haine. Un sentiment qui est appelé de manière incorrecte: "haine", par la pensée de l'homme qui ne sait pas s'élever, de l'homme uniquement terrestre, de peu supérieur à la brute. En réalité cette haine apparente qui est le refus des satisfactions sensuelles à l'existence, pour donner une vie toujours plus grande à l'esprit, c'est de l'amour. C'est de l'amour, le plus élevé qui existe, le plus béni. Ce refus des basses satisfactions, cette interdiction de la sensualité des affections, ce risque des reproches et des commentaires injustes, des punitions, des répudiations, des malédictions et, peut-être des persécutions, est une suite de peines. Mais il faut les embrasser et se les imposer comme une croix, un gibet sur lequel on expie toutes les fautes passées pour aller justifiés vers Dieu, et par lequel on obtient de Dieu toute grâce vraie, puissante, sainte, pour ceux que nous aimons. Celui qui ne porte pas sa croix et ne me suit pas, celui qui rie sait pas le faire, ne peut pas être mon disciple. Pensez-y donc beaucoup, beaucoup, vous qui dites: "Nous sommes venus parce que nous voulons nous unir à tes disciples". Ce n'est pas de la honte, mais de la sagesse, de se peser, de se juger, d'avouer à soi-même et aux autres: "Je n'ai pas l'étoffe d'un disciple". Et quoi? Les païens ont, à la base de l'un de leurs enseignements, la nécessité de "se connaître soi-même", et vous, israélites, pour conquérir le Ciel, vous ne sauriez pas le faire? Car, rappelez-le vous toujours, bienheureux ceux qui viendront à Moi. Mais, plutôt que de venir pour me trahir Moi et Celui qui m'a envoyé, il vaut mieux ne pas venir du tout et rester les fils de la Loi comme vous l'avez été jusqu'à présent. Malheur à ceux qui, ayant dit: "Je viens", nuisent au Christ en trahissant l'idée chrétienne, en scandalisant les petits, les gens honnêtes! Malheur à eux! Et pourtant il y en aura et toujours il y en aura! Imitez donc celui qui veut construire une tour. Il commence par calculer attentivement les dépenses nécessaires et il compte son argent pour voir s'il a de quoi la terminer pour qu'après avoir fait les fondations il ne doive pas suspendre les travaux parce qu'il n'a plus d'argent. En ce cas, il perdrait aussi ce qu'il possédait avant, en restant sans tour et sans talents et en échange il s'attirerait les moqueries du peuple qui dirait: "Il a commencé à construire sans pouvoir finir. Maintenant, il peut s'emplir l'estomac avec les ruines de sa construction inachevée". Imitez encore les rois de la terre, en faisant servir les pauvres événements du monde à un enseignement surnaturel. Eux, quand ils veulent faire la guerre à un autre roi, examinent tout avec calme et attention, le pour et le contre, ils réfléchissent pour voir si l'intérêt de la conquête vaut le sacrifice de la vie des sujets, ils étudient s'il est possible de conquérir ce lieu, si leurs troupes, inférieures de moitié en nombre à celles de leur rival, même si elles sont plus combatives, peuvent vaincre, et pensant avec justesse qu'il est improbable que dix mille viennent à bout de vingt mille, avant que se produise la rencontre ils envoient au rival une ambassade avec de riches présents, et apaisant le rival déjà inquiet des mouvements de troupes de l'autre, le désarment par des témoignages d'amitié, font disparaître ses soupçons et font avec lui un traité de paix, en vérité toujours plus avantageux qu'une guerre, aussi bien humainement que spirituellement. Ainsi vous devez agir avant de commencer la nouvelle vie et se mettre contre le monde. Parce que voici ce qu'implique d'être mes disciples: aller contre le tourbillonnement et la violence de l'entraînement du monde, de la chair, de Satan. Et si vous ne vous sentez pas le courage de renoncer à tout par amour pour Moi, ne venez pas à Moi, parce que vous ne pouvez pas être mes disciples.” “C'est bien. Ce que tu dis est vrai” admet un scribe qui s'est mêlé au groupe. “Mais si nous nous dépouillons de tout, avec quoi allons-nous te servir ensuite? La Loi a des commandements qui sont comme de la monnaie que Dieu donne à l'homme pour que, en s'en servant, il se procure la vie éternelle. Tu dis: "Renoncez a tout" et tu indiques le père, la mère, les richesses, les honneurs. Dieu a pourtant donné ces choses et nous a dit, par la bouche de Moïse, de s'en servir saintement pour paraître juste aux yeux de Dieu. Si tu nous enlèves tout, qu'est-ce que tu nous donnes?” “Le véritable amour, je l'ai dit, ô rabbi. Je vous donne ma doctrine qui n'enlève pas un iota à la Loi ancienne, mais au contraire la perfectionne.” “Alors, nous sommes tous des disciples égaux parce que nous avons tous les mêmes choses.” “Nous les avons tous, selon la Loi mosaïque. Pas tous selon la Loi perfectionnée par Moi selon l'Amour. Mais tous n'atteignent pas, dans cette Loi, la même somme de mérites. Même parmi les disciples qui m'appartiennent, tous n'arriveront pas à avoir une égale somme de mérites et certains, parmi eux, non seulement n'auront pas cette somme, mais perdront aussi leur unique monnaie: leur âme.” “Comment? A qui on a donné davantage, il restera davantage. Tes disciples, ou mieux tes apôtres, te suivent dans ta mission et sont au courant de tes façons de faire, ils ont reçu énormément, tes disciples effectifs ont beaucoup reçu, moins ceux qui ne sont disciples que de nom, rien ceux qui, comme moi, ne t'écoutent que par hasard. Il est évident que les apôtres recevront énormément au Ciel, beaucoup les disciples effectifs, moins ceux qui ne le sont que de nom, rien ceux qui sont comme moi.” “Humainement c'est évident, et c'est mal aussi humainement. Car tous ne sont pas capables de faire fructifier les biens qu'ils ont reçus. Écoute cette parabole et pardonne-moi si je développe trop ici mon enseignement. Mais Moi je suis l'hirondelle de passage et je ne séjourne que peu de temps dans la Maison du Père, car je suis venu pour le monde entier et ce petit monde du Temple de Jérusalem ne veut pas que je suspende mon vol et que je reste là où la gloire de Dieu m'appelle.” “Pourquoi dis-tu cela?” “Parce que c'est la vérité.” Le scribe regarde autour de lui, et puis il baisse la tête. Que ce soit la vérité, il le voit écrit sur trop de visages de membres du Sanhédrin, de rabbis et de pharisiens qui ont grossi de plus en plus le groupe qui entoure Jésus. Visages bleus de rage ou rouges de colère, regards qui équivalent à des paroles de malédiction et crachats empoisonnés, rancœur qui fermente de tous côtés, désir de brutaliser le Christ, qui reste seulement un désir par peur de la foule qui entoure le Maître, dévouée et prête à tout pour le défendre, peur aussi peut-être d'être punis par Rome qui est bienveillante envers le doux Maître galiléen. Jésus se remet calmement à exposer sa pensée par la parabole: “Un homme, qui était sur le point de faire un long voyage et de les absenter pour longtemps, appela tous ses serviteurs et leur confia tous ses biens. A l'un il donna cinq talents d'argent, à un autre deux talents d'argent, à un troisième un seul talent d'or. A chacun selon sa situation et son habileté. Et puis il partit. Maintenant le serviteur qui avait reçu cinq talents d'argent s'en alla faire valoir habilement ses talents et, après quelque temps, ceux-ci lui en rapportèrent cinq autres. Celui qui avait reçu deux talents fit la même chose et il doubla la somme qu'il avait reçue. Mais celui auquel le maître avait donné davantage, un talent d'or pur, paralysé par la peur de ne pas savoir faire, par celle des voleurs, de mille choses chimériques et surtout par la paresse, fit un grand trou dans la terre et y cacha l'argent de son maître. De nombreux mois passèrent, et le maître revint. Il appela tout de suite ses serviteurs pour qu'ils lui rendissent l'argent donné en dépôt. Celui qui avait reçu cinq talents d'argent se présenta et il dit: "Voici, mon seigneur. Tu m'en as donné cinq. Comme il me semblait qu'il était mal de ne pas faire fructifier l'argent que tu m'avais donné, je me suis débrouillé et je t'ai gagné cinq autres talents. Je n'ai pas pu faire davantage…" C'est bien, très bien, serviteur bon et fidèle. Tu as été fidèle pour le peu, actif et honnête. Je te donnerai de l'autorité sur beaucoup de choses. Entre dans la joie de ton maître". Puis celui qui avait reçu deux talents se présenta et dit: "Je me suis permis d'employer tes biens dans ton intérêt. Voici les comptes qui montrent comment j'ai employé ton argent. Tu vois? Il y avait deux talents d'argent, maintenant il y en a quatre. Es-tu content, mon seigneur?" Et le maître fit au bon serviteur la même réponse qu'au premier. Arriva en dernier celui qui, jouissant de la plus grande confiance de son maître, avait reçu le talent d'or. Il le sortit de sa cachette et il dit: "Tu m'as confié la plus grande valeur parce que tu sais que je suis prudent et fidèle, comme moi je sais que tu es intransigeant et exigeant, et que tu ne supportes pas des pertes pour ton argent mais en cas de perte, tu t'en prends à celui qui est près de toi. Car, en vérité, tu moissonnes où tu n'as pas semé et tu récoltes où tu n'as rien répandu, ne faisant pas cadeau de la moindre pièce de monnaie à ton banquier ou à ton régisseur, pour aucune raison. Il te faut autant d'argent que tu en réclames. Or moi, craignant de diminuer ce trésor, je l'ai pris et l'ai caché. Je ne me suis fié à personne ni non plus à moi-même. Maintenant, je l'ai déterré et je te le rends. Voici ton talent". "O serviteur injuste et paresseux! En vérité, tu ne m'as pas aimé puisque tu ne m'as pas connu et que tu n'as pas aimé mon bien-être, ayant laissé mon argent improductif. Tu as trahi l'estime que j'avais eue pour toi et c'est toi-même qui te contredis, t'accuses et te condamnes. Tu savais que je moissonne où je n'ai pas semé, que je récolte où je n'ai rien répandu. Et pourquoi alors n'as-tu pas fait en sorte que je puisse moissonner et récolter? C'est ainsi que tu réponds à ma confiance? C'est ainsi que tu me connais? Pourquoi n'as-tu pas porté mon argent aux banquiers pour qu'à mon retour je le retire avec les intérêts? Je t'avais instruit avec un soin particulier dans ce but et toi, paresseux et imbécile, tu n'en as pas tenu compte. Que te soit donc enlevé le talent et tout autre bien, et qu'on le donne à celui qui a les dix talents". "Mais lui en a déjà dix alors que celui-ci reste sans rien…" lui objecta-t-on. "C'est bien. A celui qui possède et le fait fructifier, il sera donné encore davantage et au point qu'il surabonde. Mais à celui qui n'a pas parce qu'il n'a pas la volonté d'avoir, on enlèvera ce qui lui a été donné. Quant au serviteur inutile qui a trahi ma confiance et a laissé improductifs les dons que je lui avais fait, qu'on l'expulse de ma propriété et qu'il s'en aille pleurer et se ronger le cœur". Voilà la parabole. Comme tu le vois, ô rabbi, à qui avait reçu le plus il est resté le moins, car il n'a pas su mériter de conserver le don de Dieu. Et il n'est pas dit qu'un de ceux dont tu dis qu'ils ne sont disciples que de nom ayant par conséquent peu de chose à faire valoir et même de ceux qui, comme tu dis, m'entendent par hasard et qui n'ont comme unique capital que leur âme, n'arrive pas à avoir le talent d'or et même ce qu'il aura rapporté, qu'on aura enlevé à quelqu'un qui avait davantage reçu. Infinies sont les surprises du Seigneur parce qu'innombrables sont les réactions de l'homme. Vous verrez des païens arriver à la vie éternelle et des samaritains posséder le Ciel, et vous verrez des israélites purs et qui me suivent perdre le Ciel et l'éternelle Vie.” Jésus se tait, et comme s'il voulait couper court à toute discussion, se tourne vers l'enceinte du Temple. Mais un docteur de la Loi, qui s'était assis pour écouter sérieusement sous le portique, se lève et s'avance en demandant: “Maître, que dois-je faire pour obtenir la vie éternelle? Tu as répondu à d'autres, réponds-moi à moi aussi.” “Pourquoi veux-tu me tenter? Pourquoi veux-tu mentir? Espères-tu que je dise des choses qui déforment la Loi parce que je lui ajoute des idées plus lumineuses et plus parfaites? Qu'est-ce qui est écrit dans la Loi? Réponds! Quel est son principal commandement?” “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces, de toute ton intelligence. Tu aimeras ton prochain comme toi-même.” “Voilà, tu as bien répondu. Fais cela et tu auras la vie éternelle.” “Et, qui est mon prochain? Le monde est plein de gens qui sont bons et mauvais, connus ou inconnus, amis et ennemis d'Israël. Qui est mon prochain?” “Un homme qui allait de Jérusalem à Jéricho, par les défilés des montagnes, tomba aux mains de voleurs. Ceux-ci, après l'avoir cruellement blessé, le dépouillèrent de tout son avoir et même de ses vêtements, le laissant plus mort que vif sur le bord de la route. Par le même chemin, passa un prêtre qui avait terminé son office au Temple. Oh! il était encore parfumé par les encens du Saint! Et il aurait dû avoir l'âme parfumée de bonté surnaturelle et d'amour puisqu'il avait été dans la Maison de Dieu, pour ainsi dire au contact du Très-Haut. Le prêtre avait hâte de revenir à sa maison. Il regarda donc le blessé, mais ne s'arrêta pas. Il passa outre rapidement laissant le malheureux sur le bord du chemin. Un lévite vint à passer. Devait-il se contaminer, lui qui devait servir au Temple? Allons donc! Il releva son vêtement pour ne pas se souiller de sang. Il jeta un regard fuyant sur celui qui gémissait dans son sang et hâta le pas vers Jérusalem, vers le Temple. En troisième lieu, venant de la Samarie, en direction du gué, arriva un samaritain. Il vit le sang, s'arrêta, découvrit le blessé dans le crépuscule qui avançait, descendit de sa monture, s'approcha du blessé, lui donna des forces avec une gorgée d'un vin généreux. Il déchira son manteau pour en faire des bandages, puis il lava les blessures avec du vinaigre et les oignit avec de l'huile, et le banda affectueusement. Après avoir chargé le blessé sur sa monture, il conduisit avec précaution l'animal, soulevant en même temps le blessé, le réconfortant par de bonnes paroles sans se préoccuper de la fatigue et sans dédain pour ce blessé, bien qu'il fût de nationalité juive. Arrivé en ville, il le conduisit à l'auberge, le veilla toute la nuit et à l'aube, voyant qu'il allait mieux, le confia à l'hôtelier lui donnant d'avance des deniers pour le payer et lui dit: "Aies-en soin comme si c'était moi-même. A mon retour, ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai, et bonne mesure si tu as bien fait ce qu'il fallait". Et il s'en alla. Docteur de la Loi, réponds-moi. Lequel de ces trois a été le "prochain" pour l'homme tombé aux mains des voleurs? Le prêtre, peut-être? Peut-être le lévite? Ou non pas plutôt le samaritain? Il ne se demanda pas qui était le blessé, pourquoi il était blessé, s'il agissait mal en le secourant, en perdant son temps, son argent et en risquant d'être accusé de l'avoir blessé?” Le docteur de la Loi répond: “Le prochain c'est ce dernier car il a usé de miséricorde.” “Toi aussi, fais la même chose et tu aimeras le prochain et Dieu dans le prochain, méritant ainsi la vie éternelle.” Personne n'ose plus parler et Jésus en profite pour rejoindre les femmes qui l'attendaient près de l'enceinte et, avec elles, aller de nouveau dans la ville. Maintenant aux disciples se sont unis deux prêtres, ou plutôt un prêtre et un lévite, ce dernier très jeune, l'autre d'âge patriarcal. Mais Jésus maintenant parle avec sa Mère, ayant au milieu, entre Lui et elle, Margziam. Et il lui demande: “Tu m'as entendu, Mère?” “Oui, mon Fils, et à la tristesse de Marie de Cléophas s'est ajoutée la mienne. Elle a pleuré un peu avant d'entrer au Temple…” “Je le sais Mère, et j'en connais le motif. Mais elle ne doit pas pleurer. Seulement prier.” “Oh! Elle prie tant! Ces soirs-ci, dans sa cabane, entre ses fils endormis, elle priait et pleurait. Je l'entendais pleurer à travers la mince paroi de feuillage voisine. De voir à quelques pas Joseph et Simon, tout près mais ainsi séparés!… Et elle n'est pas la seule à pleurer. Avec moi a pleuré Jeanne qui te paraît si sereine…” “Pourquoi, Mère?” “Parce que Chouza… a une conduite… inexplicable. Il la seconde un peu en tout. Il la repousse un peu en tout. S'ils sont seuls et que personne ne les voit, c'est le mari exemplaire de toujours. Mais si avec lui il y a d'autres personnes, de la Cour c'est naturel, voilà alors qu'il devient autoritaire et méprisant pour sa douce épouse. Elle ne comprend pas pourquoi…” “Moi, je te le dis. Chouza est serviteur d'Hérode, comprends-moi, Mère. "Serviteur". Moi, je ne le dis pas à Jeanne pour ne pas lui causer de la douleur. Mais c'est ainsi. Quand il ne craint pas de blâme et de moquerie du souverain, c'est le bon Chouza. Quand il peut les craindre, il n'est plus le même.” “C'est parce que Hérode est très irrité à cause de Manaën et…” “Et parce que Hérode est devenu fou par le remords tardif d'avoir cédé à Hérodiade. Mais Jeanne a déjà tant de bien dans sa vie. Elle doit, sous le diadème, porter son cilice.” “Annalia aussi pleure…” “Pourquoi?” “Parce que le fiancé se retourne contre Toi.” “Qu'elle ne pleure pas. Dis-le-lui. C'est une résolution. Une bonté de Dieu. Son sacrifice amènera de nouveau Samuel au Bien. Pour le moment ce dernier la laissera libre de pressions pour le mariage. Je lui ai promis de la prendre avec Moi. Elle me précédera dans la mort…” “Fils!…” Marie serre la main de Jésus. Son visage devient exsangue. “Maman bien aimée! C'est pour les hommes. Tu le sais. C'est pour l'amour des hommes. Buvons notre calice de bon cœur, n'est-ce pas?” Marie avale ses larmes et répond: “Oui.” Un “oui” tellement déchiré et déchirant. Margziam lève le visage et dit à Jésus: “Pourquoi dis-tu ces choses si dures qui attristent la Mère? Moi, je ne te laisserai pas mourir. Comme j'ai défendu les agneaux, ainsi je te défendrai.” Jésus le caresse et, pour remonter le moral des deux affligés, il demande à l'enfant: “Que vont faire maintenant tes brebis? Tu ne les regrettes pas?” “Oh! je suis avec Toi! Cependant j'y pense toujours, et je me demande: "Est-ce que Porphyrée les aura amenées au pâturage? et aura-t-elle veillé à ce que Spuma n'aille pas dans le lac?" Elle est si vive, Spuma, sais-tu? Sa mère l'appelle, l'appelle… Mais rien à faire! Elle fait ce qu'elle veut. Et Neve, si gloutonne qu'elle mange à s'en rendre malade? Sais-tu, Maître? Moi, je comprends ce que c'est que d'être prêtre en ton Nom. Mieux que les autres je le comprends. Eux (et il montre de la main les apôtres qui viennent derrière) eux, ils disent tant de belles paroles, font tant de projets… pour ensuite. Moi, je dis: "Je ferai le berger pour les hommes comme pour les brebis. Et cela suffira". La Mère, la mienne et la tienne, m'a dit hier un si beau passage des prophètes… et m'a dit: "C'est exactement ainsi qu'est notre Jésus". Et moi, dans mon cœur, j'ai dit: "Et moi aussi, je serai tout à fait ainsi". Puis j'ai dit à . notre Mère: "Pour le moment, je suis agneau, ensuite je serai berger. Au contraire, maintenant Jésus est Berger et puis il est aussi Agneau. Mais toi, tu es toujours l'Agnelle, seulement notre Agnelle blanche, belle, aimée, aux paroles plus douces que le lait. C'est pour cela que Jésus est tellement Agneau: parce qu'il est né de toi, Agnelle du Seigneur".” Jésus se penche vivement et l'embrasse. Puis il demande: “Tu veux donc vraiment être prêtre?” “Certainement, mon Seigneur! C'est pour cela que je m'efforce de devenir bon et de tant savoir. Je vais toujours près de Jean d'Endor. Il me traite toujours en homme et avec tant de bonté. Je veux être berger des brebis dévoyées et non dévoyées, et médecin-berger de celles qui sont blessées et fracturées, comme dit le Prophète. Oh! que c'est beau!” et l'enfant saute en battant des mains. “Qu'est-ce qu'il a, cette petite tête noire, à être si heureux?” demande Pierre en s'approchant. “Il voit sa route. Nettement, jusqu'à la fin… Et Moi, je consacre la vision qu'il en a, avec mon "oui".” Ils s'arrêtent devant une haute maison qui, si je ne me trompe, est du côté du faubourg d'Ophel, mais l'endroit est plus riche. “Est-ce ici que nous nous arrêtons?” “C'est la maison que Lazare m'a offerte pour le banquet de réjouissance. Marie est déjà là.” “Pourquoi n'est-elle pas venue avec nous? Par peur des moqueries?” “Oh! non! Je lui l'ai seulement ordonné.” “Pourquoi, Seigneur?” “Parce que le Temple est plus susceptible qu'une épouse enceinte. Tant que je le peux, et non par lâcheté, je ne veux pas le heurter.” “Cela ne te servira à rien, Maître. Moi, si j'étais Toi, non seulement je le heurterais, mais je le jetterais en bas du Moriah avec tous ceux qui sont dedans.” “Tu es un pécheur, Simon. Il faut prier pour ses propres semblables, non pas les tuer.” “Je suis un pécheur. Mais, Toi, non… et… tu devrais le faire.” “Il y aura quelqu'un pour le faire. Et après qu'on aura atteint la mesure du péché.” “Quelle mesure?” “Une mesure telle qu'elle emplira tout le Temple et débordera sur Jérusalem. Tu ne peux comprendre… Oh! Marthe! Ouvre donc ta maison au Pèlerin!” Marthe se fait reconnaître et ouvrir. Ils entrent tous dans un long atrium qui débouche dans une cour pavée possédant quatre arbres aux quatre coins. Une vaste salle s'ouvre au-dessus du rez-de-chaussée et, par les fenêtres ouvertes, on découvre toute la Cité avec ses montées et descentes. J'en conclus donc que la maison est sur les pentes sud ou sud-est de la ville. La salle est préparée pour un très grand nombre d'hôtes. Des tables, en grand nombre, sont disposées parallèlement. Une centaine de personnes peuvent s'y restaurer commodément. Marie-Magdeleine accourt. Elle était ailleurs, occupée dans les communs, et elle se prosterne devant Jésus. Lazare arrive aussi, avec un sourire bienheureux sur son visage maladif. Les hôtes entrent peu à peu, certains un peu embarrassés, d'autres avec plus d'assurance. Mais la gentillesse des femmes les met vite à l'aise. Le prêtre Jean amène à Jésus les deux qu'il a pris au Temple. “Maître, mon bon ami Jonathas et mon jeune ami Zacharie. Ce sont de vrais israélites, sans malice et sans rancœur.” “Paix à vous. Je suis heureux de vous avoir. Il faut observer le rite, même dans ces douces coutumes. Il est beau que la Foi ancienne donne une main amie à la nouvelle Foi venue de son propre cep. Assoyez-vous à mes côtés en attendant qu'arrive l'heure du repas.” Le patriarcal Jonathas parle, alors que le jeune lévite regarde ça et là, curieux, étonné, et peut-être même intimidé. Je pense qu'il veut se donner un air dégagé, mais qu'en réalité il est comme un poisson hors de l'eau. Heureusement Etienne vient à son secours et lui amène l'un après l'autre les apôtres et les principaux disciples. Le vieux prêtre dit, en caressant sa barbe neigeuse: “Quand Jean est venu me trouver, justement moi, son maître, pour me montrer sa guérison, j'ai voulu te connaître. Mais, Maître, je ne sors pour ainsi dire plus de mon enceinte. Je suis vieux… J'espérais te voir cependant avant de mourir et Jéhovah m'a exaucé. Qu'Il en soit loué! Aujourd'hui je t'ai entendu au Temple. Tu surpasses Hillel, l'ancien, le sage. Je ne veux pas, même je ne peux douter que tu es Celui que mon cœur attend. Mais sais-tu ce que c'est que d'avoir bu pendant près de quatre-vingts ans la foi d'Israël comme elle est devenue pendant des siècles… d'élaboration humaine? Elle est devenue notre sang. Et je suis si vieux! T'entendre, c'est comme boire de l'eau qui sort d'une source fraîche. Oh! Oui! Une eau vierge! Mais moi… mais moi, je suis saturé de l'eau usée qui vient de si loin… que tant de choses ont alourdie. Comment ferai-je pour me débarrasser de cette saturation et te goûter, Toi?” “Croire en Moi et m'aimer. Il ne faut pas autre chose pour le juste Jonathas.” “Mais je mourrai bientôt! Arriverai-j e à temps pour croire tout ce que tu dis? Je n'arriverai même pas à suivre toutes tes paroles ou à les connaître de la bouche d'autrui. Et alors?” “Tu les apprendras au Ciel. Il n'y a que le damné qui meurt à la Sagesse, alors que celui qui meurt dans la grâce de Dieu arrive à la Vie et vit dans la Sagesse. Que crois-tu que je suis?” “Tu ne peux être que l'Attendu qu'a précédé le fils de mon ami Zacharie. L'as-tu connu?” “C'était mon parent.” “Oh! alors, tu es parent du Baptiste?” “Oui, prêtre.” “Lui est mort… et je ne peux dire: "Malheureux!" Car il est mort fidèle à la justice et après avoir accompli sa mission et parce que… Oh! les temps atroces que nous vivons! Ne vaut-il pas mieux revenir vers Abraham?” “Oui, mais il en viendra de plus atroces, prêtre.” “Tu dis? Rome, hein?” “Pas Rome seule. C'est Israël coupable qui en sera la première cause.” “C'est vrai. Dieu nous frappe. Nous le méritons. Mais pourtant même Rome… Tu as entendu parler des galiléens tués par Pilate pendant qu'ils accomplissaient un sacrifice. Leur sang s'est mélangé avec celui de la victime. Tout près de l'autel! Tout près de l'autel!” “Je l'ai appris.” Tous les galiléens sont révoltés par cette injustice. Ils crient: “C'est vrai qu'il s'agissait d'un faux Messie. Mais pourquoi tuer ses partisans, après l'avoir frappé, lui? Et pourquoi à ce moment-là? Ils étaient plus pécheurs, peut-être?” Jésus impose la paix, et puis il dit: “Vous vous demandez s'ils étaient plus pécheurs que tant d'autres galiléens et si c'est pour cela qu'ils ont été tués? Non, ils ne l'étaient pas. En vérité je vous dis qu'ils ont payé et que beaucoup d'autres paieront si vous ne vous convertissez pas au Seigneur. Si vous ne faites pas tous pénitence, vous périrez tous de la même façon, en Galilée et ailleurs. Dieu est indigné contre son peuple. Je vous le dis. Il ne faut pas croire que ceux qui sont frappés sont toujours les plus mauvais. Que chacun s'examine soi-même, qu'il se juge, lui, et pas les autres. Ces dix-huit aussi, sur lesquels est tombée la tour de Siloé qui les a tués, n'étaient pas les plus coupables de Jérusalem. Je vous le dis: faites, faites pénitence si vous ne voulez pas être écrasés comme eux, et même en votre esprit. Viens, prêtre d'Israël. La table est servie. Il t'appartient à toi, car le prêtre est toujours celui qu'il faut honorer pour l'Idée qu'il représente et rappelle, il t'appartient à toi, patriarche parmi nous, tous plus jeunes, d'offrir et de bénir.” “Non. Maître! Non! Je ne puis devant Toi! Tu es le Fils de Dieu!” “Tu offres bien l'encens devant l'autel! Et tu ne crois pas, peut-être, que Dieu est là?” “Oui, je le crois! De toutes mes forces!” “Et alors? Si tu ne crains pas de faire l'offrande devant la Gloire Très Sainte du Très-Haut, pourquoi veux-tu craindre devant la Miséricorde qui s'est revêtue de chair pour t'apporter, à toi aussi, la bénédiction de Dieu avant que vienne à toi la nuit? Oh! vous ne savez pas, vous d'Israël, que c'est justement pour que l'homme puisse approcher Dieu sans en mourir, que j'ai mis sur mon insoutenable Divinité le voile de la chair. Viens et crois, et sois heureux. En toi je vénère tous les prêtres saints, depuis Aaron jusqu'au dernier qui, avec justice, sera prêtre d'Israël, jusqu'à toi peut-être, parce qu'en vérité la sainteté sacerdotale languit parmi nous comme une plante qu'on a délaissée.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/
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