"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe Paul VI
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
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Dimanche 24 février 2019, Septième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,27-38.
En ce temps-là, Jésus déclarait à ses disciples : « Je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent.
Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient.
À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre joue. À celui qui te prend ton manteau, ne refuse pas ta tunique.
Donne à quiconque te demande, et à qui prend ton bien, ne le réclame pas.
Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs en font autant.
Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu’on leur rende l’équivalent.
Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants.
Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et l’on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 3, Ch 171, p 97
  • Ancienne traduction :  Tome 3, Ch 26, p 112      (CD 3, piste 38 )
Jésus, en descendant à mi-côte trouve un grand nombre de disciples et beaucoup d'autres gens encore qui se sont tout doucement unis aux disciples, amenés ici, en ce lieu isolé, par besoin de miracle, par désir d'entendre parler Jésus. Ils y sont venus en toute assurance, sur les indications des gens ou par instinct spirituel. Je pense que ce sont les anges gardiens qui ont amené au Fils de Dieu des gens qui désiraient Dieu. Je ne crois pas que ce soit là de l'imagination. Si on réfléchit à la prompte et à l'astucieuse constance avec laquelle Satan amenait des ennemis à Dieu et à son Verbe dans les moments où l'esprit du démon pouvait faire apparaître aux hommes une apparence de faute chez le Christ, il est permis de penser, il est plus que permis, il est juste de penser que les anges n'ont pas été inférieurs aux démons et ont amené au Christ les esprits dégagés de l'emprise du démon.
Et Jésus, à tous ces gens qui l'ont attendu sans se lasser et sans craindre, prodigue des secours de miracles et des secours de paroles. Combien de miracles! Une floraison semblable à celle qui embellit les pentes de la montagne: des miracles éclatants comme celui de cet enfant qu'on a arraché atrocement brûlé d'une meule de paille en flammes. On l'a amené sur une civière, amas de chairs brûlées qui gémit lamentablement sous les linges dont on l'a couvert tant était atroce la vue des brûlures. Il allait mourir. Jésus le guérit en lui soufflant dessus et fait disparaître totalement les brûlures. L'enfant se lève, tout nu et court heureux vers sa mère qui caresse en pleurant de joie les chairs complètement guéries, sans plus de traces de feu; baise les yeux qu'on croyait brûlés et qui au contraire brillent et scintillent de joie; les cheveux sont courts comme si la flamme les avait coupés sans les détruire. C'est le petit miracle de ce vieillard quinteux qui dit: “Ce n'est pas pour moi, mais je dois servir de père à ces petits orphelins et je ne peux travailler la terre avec ces humeurs qui me restent dans la gorge et qui m'étouffent”...
Et puis le miracle invisible mais certain que provoquent les paroles de Jésus: “Parmi vous, il y a quelqu'un qui pleure en son âme et n'ose pas dire: "Aie pitié!". Je réponds: "Qu'il en soit comme tu demandes. Toute la pitié, pour que tu saches que Moi, je suis la Miséricorde". Seulement, à mon tour, je te dis: "Aie de la générosité". Sois généreux avec Dieu. Romps tout lien avec le passé. Dieu tu le sens, et à Lui que tu sens viens alors avec un cœur libre, avec un amour total.” Qui est-ce, parmi la foule, celui ou celle à qui s'adressent ces paroles, je ne sais pas.
Jésus dit encore: “Ceux-ci sont mes apôtres. Ils sont autant de Christ, car je les ai choisis pour qu'ils le soient. Adressez-vous à eux avec confiance. Ils ont appris de Moi tout ce dont vous avez besoin pour vos âmes...” Les apôtres regardent Jésus, complètement épouvantés. Mais Lui sourit et poursuit: “...et ils donneront à vos âmes lumière d'étoile et rafraîchissement de rosée de manière à vous empêcher de languir dans les ténèbres. Et puis je viendrai et je vous donnerai plénitude de soleil et de flots, toute la sagesse pour vous rendre forts et heureux d'une force et d'une joie surnaturelles. Paix à vous, fils. Je suis attendu par d'autres, plus malheureux et plus pauvres que vous. Mais je ne vous laisse pas seuls. Je vous laisse mes apôtres et c'est comme si je laissais les fils de mon amour à la garde des plus affectueuses et des plus sûres des nourrices. ”
Jésus fait un geste d'adieu et de bénédiction et s'éloigne en fendant la foule qui ne veut pas le laisser partir, et c'est alors que se produit le dernier miracle, celui d'une petite vieille à demi paralysée amenée par son petit-fils et qui agite joyeusement son bras droit, auparavant inerte, et qui crie: “Il m'a effleuré avec son manteau en passant et je suis guérie! Je ne le Lui demandais même pas parce que je suis vieille... Mais Lui a eu pitié de mon désir secret. Avec son manteau, avec un pan de celui-ci il m'a effleuré le bras malade. Il m'a guérie! Oh! Quel grand Fils a eu notre saint David! Gloire à son Messie! Mais regardez! Mais regardez! Ma jambe aussi est libre comme le bras ... Oh! je suis comme à vingt ans!”
L'affluence d'un grand nombre de personnes vers la petite vieille, qui de tout son souffle crie son bonheur, fait que Jésus peut se dégager sans en être empêché. Et les apôtres le suivent. Quand ils sont dans un endroit désert, presque dans la plaine, au milieu d'une bruyère épaisse qui va vers le lac, ils s'arrêtent un moment. Pour Jésus, c'est afin de dire: “Je vous bénis! Retournez à votre travail et faites-le jusqu'à ce que je revienne comme je l'ai dit.”
Pierre, jusqu'alors toujours muet, éclate: “Mais, mon Seigneur, qu'as-tu fait? Pourquoi dire que nous avons tout ce dont les âmes ont besoin? C'est vrai! Tu nous as beaucoup donné, mais nous sommes têtus, moi du moins et... et de ce que tu m'as donné il m'est resté peu de chose, il m'est resté bien peu. C'est comme quelqu'un qui après un repas aurait encore dans l'estomac ce qui est le plus lourd. Le reste n'y étant plus.”
Jésus sourit franchement: “Et alors, où est le reste de la nourriture?”
“Mais... je ne sais pas. Je sais que si je mange des plats délicats, après une heure je ne me sens plus rien dans l'estomac. Mais si je mange de lourdes racines ou des lentilles à l'huile, hé! on voudrait les faire descendre!”
“On voudrait. Mais crois bien que les racines et les lentilles qui semblent te remplir le plus l'estomac sont les aliments qui te laissent le moins de substance. C'est du remplissage qui passe sans grand profit. Les petits plats, au contraire, qu'au bout d'une heure tu ne sens plus sont non plus dans l'estomac mais dans le sang. Quand un aliment est digéré, il n'est plus dans l'estomac mais ses sucs sont dans le sang et c'est le plus utile. Maintenant il vous semble, à toi et à tes compagnons que rien ou bien peu de ce que je vous ai dit soit resté en vous. Peut-être vous rappelez-vous bien les passages qui sont les plus conformes à votre tempérament particulier: pour les violents les passages violents, pour les méditatifs les passages qui portent à la méditation, pour les aimants les passages qui ne sont qu'amour. Sans doute, il en est ainsi. Mais croyez-le bien: vous avez tout en vous, même s'il vous semble que tout s'est dissipé. Vous l'avez absorbé. La pensée vous le dévidera comme un fil multicolore en amenant les teintes douces ou sévères, selon le besoin. N'ayez pas peur. Pensez seulement que Moi je sais et que jamais je ne vous enverrais si je vous savais incapables de le faire. Adieu, Pierre. Allons, souris! Aie foi! Un bel acte de foi dans la Sagesse omniprésente. Adieu à tous. Le Seigneur reste avec vous.” Et il les quitte rapidement, encore étonnés et agités par tout ce qu'ils ont entendu dire qu'il leur fallait faire.
“Et pourtant, il faut obéir” dit Thomas.
“Hé!... c'est vrai!... Oh! pauvre de moi! J'ai presque envie de Lui courir après...” murmure Pierre.
“Non. Ne le fais pas. Lui obéir, c'est l'aimer” dit Jacques d'Alphée.
“Et commencer alors que Lui est encore proche et peut nous conseiller si nous nous trompons, c'est élémentaire et même une sainte prudence. Nous devons l'aider” conseille le Zélote.
“C'est vrai. Jésus est plutôt fatigué. Il faut le soulager un peu, comme nous pouvons. Il ne suffit pas de porter les sacs, de préparer les lits et la nourriture. Cela, n'importe qui, peut le faire. Mais
l'aider, comme Lui le veut, dans sa mission” confirme Barthélémy. “Tu parles bien, parce que tu es savant, mais moi... Je suis presque ignorant...” gémit Jacques de Zébédée.
“Oh! Dieu! Voilà qu'arrivent ceux qui étaient là-haut! Comment allons-nous faire?” s'exclame André.
Et Mathieu: “Excusez si moi, le plus misérable, je vous donne un conseil. Mais ne serait-il pas mieux de prier le Seigneur au lieu de rester ici à nous lamenter sur ce qui ne peut se résoudre avec des lamentations? Allons, Jude, toi qui connais si bien l'Ecriture, dis au nom de tous la prière de Salomon pour obtenir la Sagesse. Vite! Avant qu'ils ne nous rejoignent.”
Et le Thaddée, de sa belle voix de baryton, commence: “Dieu de mes Pères, Seigneur de miséricorde qui as tout créé... etc... etc...” jusqu'à: c ... par la Sagesse ont été sauvés tous ceux qui dès le commencement t'ont plu.” Juste à ce moment, les gens les rejoignent, les entourent, les assaillent de mille questions pour savoir où est parti le Maître, quand il reviendra, et la question la plus difficile à satisfaire: “Mais comment faire pour suivre le Maître, non pas avec les jambes, mais avec l'âme par les routes de la Voie que Lui indique?”
A cette question, les apôtres restent embarrassés. Ils se regardent entre eux et l'Iscariote répond: “En suivant la perfection” comme si c'était une réponse qui puisse tout expliquer!...
Jacques d'Alphée, plus humble et plus paisible, réfléchit et dit ensuite: “La perfection qu'indique mon compagnon se rejoint en obéissant à la Loi. Car la Loi est justice et la justice est perfection.”
Mais les gens ne sont pas satisfaits et demandent par l'intermédiaire de quelqu'un qui paraît être un chef: “Mais nous sommes petits comme des enfants en matière de bien. Les enfants ne savent pas encore la signification du Bien et du Mal. Ils ne les distinguent pas. Et nous, sur cette Voie que Lui nous indique, nous sommes neufs au point d'être incapables de distinguer. Nous avions un chemin connu. La vieille route qui nous avait été enseignée dans les écoles. Tellement difficile, longue, et qui nous inspirait la peur! Maintenant, d'après ses paroles, nous voyons qu'il en est comme de l'aqueduc que nous apercevons d'ici. Au-dessous, c'est le chemin des animaux et de l'homme. Au-dessus, sur les arcades légères,
s'élance dans le soleil et l'azur près des branches les plus hautes qui bruissent et chantent dans le vent avec la voix des oiseaux, une
autre route, lisse, propre, lumineuse autant que la route inférieure est raboteuse, sale, obscure, une route pour l'eau limpide et qui résonne, qui est une bénédiction par l'eau qui vient de Dieu et que caresse ce qui vient de Dieu: rayons du soleil et des étoiles, frondaisons nouvelles, fleurs, ailes des hirondelles. Nous voudrions monter vers cette route plus haute et qui est la sienne et que nous ne connaissons pas, parce que nous sommes écrasés, ici, en bas, sous le poids de toute la vieille construction. Comment faire?”
Celui qui a parlé est un homme jeune, d'environ vingt-cinq ans, brun, robuste, au regard intelligent et dont l'aspect est moins plébéien que la majorité des gens présents. Il s'appuie sur un autre plus mûr.
L'Iscariote qui, grand comme il est, le voit, murmure à ses compagnons: “Vite, expliquez-vous bien. C'est Hermas, avec Etienne, Etienne, aimé de Gamaliel!” C'est une chose qui finit d'embarrasser tout à fait les apôtres.
A la fin le Zélote répond: “L'arcade n'existerait pas s'il n'y avait pas la base sur la route obscure. C'est elle le point d'appui de l'arcade qui, à partir d'elle, s'élance et monte dans l'azur qui est l'objet de tes vœux. Les pierres enfoncées dans le sol, et qui supportent le poids sans jouir des rayons et des vols, n'ignorent pas cependant qu'ils existent parce que de temps à autre une hirondelle descend en criant, jusqu'à la boue et caresse la base de l'arcade et qu'un rayon de soleil ou d'étoile descend pour dire comme est beau le firmament. Ainsi dans les siècles passés est descendue de temps à autre une parole céleste de promesse, un rayon céleste de sagesse, pour caresser les pierres qui portaient le poids du courroux divin. Car les pierres étaient nécessaires. Elles ne sont pas, n'ont pas été, ne seront jamais inutiles. Sur elles s'est élevé lentement avec le temps la perfection des connaissances humaines jusqu'à atteindre la liberté du temps présent et la sagesse d'une connaissance surhumaine.
Je lis déjà ton objection: elle est écrite sur ton visage. C'est celle que tous nous avons eue avant de savoir comprendre ce que c'est la Nouvelle Doctrine, la Bonne Nouvelle prêchée à ceux qui, par un processus rétrograde, ne sont pas devenus adultes à mesure que s'élevaient les pierres de la science, mais se sont toujours plus enfoncés dans les ténèbres comme le mur qui s'effondre dans un abîme sans lumière.
Nous, pour échapper à cet aveuglement surnaturel, nous devons dégager courageusement la pierre fondamentale de toutes les pierres
superposées. N'ayez pas peur de démolir ce mur qui est élevé mais qui ne conduit pas la sève pure de la source éternelle. Revenez à la base. Elle ne doit pas être changée. Elle vient de Dieu. Elle est immuable. Mais, avant d'écarter les pierres, car elles ne sont pas toutes mauvaises et inutiles, éprouvez-les, une par une, au son de la parole de Dieu. Si vous ne les trouvez pas dissonantes gardez-les, faites-les servir à la reconstruction. Mais si elles résonnent du son discordant de la voix humaine ou du son déchirant de la voix satanique, alors brisez les pierres mauvaises. Pour le choix, vous ne pouvez pas vous tromper car si c'est la voix de Dieu c'est une voix d'amour, si c'est la voix humaine c'est une voix de sensualité, si c'est la voix de Satan c'est une voix de haine. Je dis: brisez car c'est charité de ne pas laisser derrière des germes ou des objets mauvais qui peuvent séduire le voyageur et l'amener à les employer à son détriment. Brisez littéralement toute chose mauvaise qui s'est trouvée dans votre travail, vos écrits, vos enseignements ou vos actes. Mieux vaut rester avec peu de matériaux, s'élever à peine d'une coudée mais avec de bonnes pierres, que de monter à des mètres mais avec des pierres mauvaises. Les rayons du soleil et les hirondelles descendent même sur les murs qui sortent tout juste du sol et les humbles fleurettes du talus arrivent facilement à caresser les pierres basses. Alors que les pierres orgueilleuses qui prétendent s'élever inutiles et raboteuses n'ont pour elles que les gifles des ronces et les embrassades des plantes vénéneuses. Démolissez pour reconstruire et pour vous élever en éprouvant' la qualité de vos vieilles pierres au son de la voix de Dieu. ”
“Tu parles bien, homme. Mais monter! Comment? Nous t'avons dit que nous sommes moins que de petits enfants. Qui nous fera gravir la colonne raide? Nous éprouverons les pierres au son de Dieu. Nous briserons les moins bonnes. Mais comment monter? On a le vertige rien qu'à y penser!” dit Etienne,
Jean, qui a écouté la tête inclinée se souriant à lui-même, lève un visage lumineux et prend la parole: “Frères! Cela donne le vertige. C'est vrai. Mais qui dit qu'il est nécessaire de faire directement l'ascension? Cela, non seulement les petits enfants, mais les adultes eux-mêmes ne sauraient le faire. Seuls les anges peuvent s'élancer dans l'azur parce qu'ils sont libres de tout poids matériel. Et chez les hommes, il n'y a que les héros de la sainteté qui puissent le faire.
Nous en avons un exemple vivant qui, dans ce monde dégradé, sait être un héros de sainteté comme les anciens qui ont fleuri en Israël quand les Patriarches étaient des amis de Dieu et que la parole du Code éternel existait seule, mais obéie par toute créature droite. Jean, le Précurseur, enseigne comment on tente directement l'ascension. C'est un homme, Jean. Mais la Grâce que le Feu de Dieu lui a communiquée en le purifiant dès le sein de sa mère comme furent purifiées par un Séraphin les lèvres du Prophète, pour qu'il pût précéder le Messie sans laisser la puanteur de la faute d'origine sur le chemin royal du Christ, a donné à Jean des ailes d'ange, et la Pénitence les a fait grandir en supprimant en même temps ce poids d'humanité que sa nature d'être né de la femme lui avait conservé. Voilà pourquoi Jean, de sa grotte où il prêche la pénitence et par son corps où brûle l'esprit que la Grâce a épousé, peut se lancer jusqu'au sommet de l'arcade au-delà duquel est Dieu, le Très-Haut Seigneur notre Dieu et, dominant les siècles passés, le jour présent, l'avenir, il peut avec sa voix de prophète, avec son œil d'aigle qui peut fixer le soleil éternel et le reconnaître, annoncer: "Voici l'Agneau de Dieu, Celui qui enlève les péchés du monde" et mourir après ce chant sublime qui servira non seulement dans ce temps limité, mais dans le Temps sans limite, dans la Jérusalem pour toujours éternelle et bienheureuse, pour acclamer la Seconde Personne, pour Lui rappeler les misères humaines, pour Lui chanter l'hosanna dans les splendeurs éternelles.
Mais l'Agneau de Dieu, le Très Doux Agneau qui a quitté sa lumineuse demeure des Cieux, où il est Feu de Dieu dans un embrassement de feu - oh! éternelle génération, du Père qui conçoit par sa Pensée sans limite et parfaitement sainte son Verbe, et l'attire à Lui en produisant une fusion d'amour qui crée l'Esprit d'Amour où la Puissance et la Sagesse ont leur centre! - mais l'Agneau de Dieu qui a quitté sa forme très pure, incorporelle, pour renfermer sa pureté infinie, sa sainteté, sa nature divine dans une chair mortelle, sait que nous ne sommes pas purifiés par la Grâce, que nous ne le sommes pas encore et Il sait que nous ne pourrons pas, comme l'aigle qui est Jean, nous lancer vers les hauteurs, vers le sommet où est Dieu, Un et Trin. Nous sommes les petits moineaux du toit et de la route, nous sommes les hirondelles qui touchent l'azur mais se nourrissent d'insectes, nous sommes les calandres qui veulent chanter pour imiter les anges mais par rapport auxquels notre chant est le frémissement discordant des cigales en été. Cela, le doux Agneau de Dieu venu pour enlever les péchés du monde, le sait. Car s'il n'est plus l'Esprit Infini des Cieux, s'étant réduit à une chair mortelle, son infinité n'en est pas pour autant diminuée et il sait tout car sa sagesse est toujours infinie.
Et voici qu'alors il nous enseigne son chemin, le chemin de l'amour. Lui est l'Amour qui dans sa miséricorde pour nous s'est fait chair. Voici alors que cet Amour Miséricordieux crée pour nous le chemin que même les petits peuvent gravir. Et Lui, non par besoin personnel, mais pour nous l'apprendre, le parcourt le premier. Lui n'aurait même pas besoin d'ouvrir les ailes pour se fondre dans le Père. Son esprit, je vous le jure, est enfermé ici, sur cette misérable terre, mais il est toujours avec le Père, car Dieu peut tout, et Lui est Dieu. Mais il nous précède, en laissant derrière Lui les parfums de sa sainteté, l'or et le feu de son amour. Regardez son chemin. Oh! Il arrive bien au sommet de l'arcade! Mais comme il est tranquille et sûr! Ce n'est pas une ligne droite, c'est une spirale. Un chemin plus long, et son sacrifice d'amour miséricordieux se manifeste dans cette longueur où Lui se tient par amour pour nous qui sommes faibles. Le chemin est plus long, mais plus adapté à notre misère. La montée vers l'amour, vers Dieu, est simple comme l'Amour lui-même est simple. Mais c'est une route vers les profondeurs car Dieu est un abîme que je dirais impossible à rejoindre si Lui ne s'était pas abaissé pour se faire rejoindre, pour se sentir baiser par les âmes amoureuses de Lui. (Jean parle et pleure, tout en souriant, dans l'extase de dévoiler Dieu). Elle est longue la voie simple de l'amour car l'Abîme qui est Dieu est sans fond et si grand que quelqu'un pourrait y avancer autant qu'il le voudrait. Mais l'Abîme admirable appelle notre abîme misérable. Il nous appelle par ses lumières et dit: "Venez à Moi!"
Oh! invite de Dieu! Invite du Père! Écoutez! Écoutez! Les Cieux sont restés ouverts car le Christ en a ouvert toutes grandes les portes. Il a mis à les tenir ainsi ouvertes les anges de la Miséricorde et du Pardon pour qu'en attendant l'effusion de la Grâce sur les hommes, il s'en écoulât au moins des lumières, des parfums, des chants capables de séduire saintement les cœurs humains, pour que viennent vers nous les paroles pleines de suavité. C'est la voix de Dieu qui parle et la Voix dit: "Votre enfance? Mais c'est votre meilleur trésor! Je voudrais que vous deveniez tout à fait petits pour avoir en vous l'humilité, la sincérité et l'amour des petits enfants, le confiant amour des tout petits envers le père. Votre impuissance? Mais c'est ma gloire! Oh! venez. Je ne vous demande même pas que vous éprouviez par vous-mêmes le son des pierres, bonnes ou mauvaises. Mais donnez-les-moi! Je ferai le choix et vous, vous vous reconstruirez. L'escalade vers la perfection? Oh! non, mes petits enfants. Ici, la main dans la main de mon Fils, votre Frère, maintenant et ainsi, à ses côtés, montez..." Monter! Venir à Toi, Éternel Amour! Prendre ta ressemblance, c'est-à-dire l'Amour!
Aimer! Voici le secret!... Aimer! Se donner... Aimer! S'anéantir... Aimer! Se fondre... La chair? Ce n'est rien. La douleur? Rien. Le temps? Rien. Le péché lui-même s'annihile si je le fonds dans ton feu, ô Dieu! Il n'y a que l'Amour. L'Amour! L'Amour que nous a donné le Dieu Incarné, nous pardonnera tout. Et aimer, c'est l'acte que nul ne sait mieux faire que les tout petits. Et personne n'est plus aimé qu'un tout petit.
0 toi que je ne connais pas, mais qui veux connaître le Bien, pour le distinguer du Mal, pour posséder l'azur, le Soleil céleste, tout ce qui est joie surnaturelle, aime et tu l'auras. Aime le Christ. Tu mourras à la vie d'ici-bas mais tu ressusciteras en ton esprit. Avec un esprit nouveau, sans avoir besoin d'utiliser les pierres, tu seras pour l'éternité un feu immortel. La flamme monte. Il n'y a pas besoin d'escalier ni d'ailes pour monter. Libère ton moi de toute construction, mets en toi l'Amour. Tu deviendras une flamme. Laisse cela arriver sans aucune restriction. Excite, au contraire, la flamme en y jetant pour l'alimenter tout ton passé de passions, de connaissances. Ce qu'il y aura de moins bon se détruira dans la flamme et ce qui est déjà métal noble se purifiera. Jette-toi, ô frère, dans l'amour actif et joyeux de la Trinité. Tu comprendras ce qui maintenant te semble incompréhensible, car tu comprendras Dieu qui n'est compréhensible que pour ceux qui se donnent sans mesure à son feu sacrificateur. Tu te fixeras enfin en Dieu en un embrassement de flamme, en priant pour moi, le tout petit du Christ qui a osé te parler de l'Amour.”
Tout le monde est sidéré: apôtres, disciples, fidèles... L'interpellé est pâle, alors que Jean est pourpre, pas tant par la fatigue que par l'amour.
Enfin Etienne pousse un cri: “Bénis es-tu! Mais dis-moi qui tu es?”
Jean a une attitude qui me rappelle beaucoup l'attitude de la Vierge à l'Annonciation. Il dit doucement, en se courbant comme s'il adorait Celui qu'il nomme: “Je suis Jean. Tu vois en moi le plus petit des serviteurs du Seigneur.”
“Mais, qui a été ton maître auparavant?”
“Personne autre que Dieu, puisque j'ai eu le lait spirituel de Jean que Dieu a présanctifié, je mange le pain du Christ, Verbe de Dieu, et je bois le feu de Dieu qui me vient des Cieux. Gloire au Seigneur!”
“Ah! mais moi, je ne vous quitte plus! Ni toi, ni celui-ci. Je ne quitte plus personne. Prenez-moi!”
“Quand... Oh! mais, il y a ici Pierre notre chef” et Jean montre Pierre qui en est tout étourdi et le proclame ainsi “premier”.
Et Pierre revient à lui: “Fils, pour une grande mission il faut une sérieuse réflexion. Celui-ci est notre ange et il enflamme. Mais il faut savoir si la flamme en nous pourra durer. Examine-toi, et puis viens au Seigneur. Nous t'ouvrirons notre cœur comme à un frère très cher. En attendant, si tu veux mieux connaître notre vie, reste. Les troupeaux du Christ peuvent croître démesurément pour permettre un choix entre les parfaits et les imparfaits, entre les vrais agneaux et les faux béliers.”
Et avec ces paroles se termine la première manifestation des apôtres.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie. http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 17 février 2019, Sixième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,17.20-26.
Jésus descendit de la montagne avec les douze Apôtres et s'arrêta dans la plaine. Il y avait là un grand nombre de ses disciples, et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon. Regardant alors ses disciples, Jésus dit : « Heureux, vous les pauvres : le royaume de Dieu est à vous ! Heureux, vous qui avez faim maintenant : vous serez rassasiés ! Heureux, vous qui pleurez maintenant : vous rirez ! Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous repoussent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l'homme. Ce jour-là, soyez heureux et sautez de joie, car votre récompense est grande dans le ciel : c'est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes. Mais malheureux, vous les riches : vous avez votre consolation ! Malheureux, vous qui êtes repus maintenant : vous aurez faim ! Malheureux, vous qui riez maintenant : vous serez dans le deuil et vous pleurerez ! Malheureux êtes-vous quand tous les hommes disent du bien de vous : c'est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 3, Ch 166, p 43
  • Ancienne traduction :  Tome 3, Ch 26, p 112      (CD 3, piste 38 )
Jésus, en descendant à mi-côte trouve un grand nombre de disciples et beaucoup d'autres gens encore qui se sont tout doucement unis aux disciples, amenés ici, en ce lieu isolé, par besoin de miracle, par désir d'entendre parler Jésus. Ils y sont venus en toute assurance, sur les indications des gens ou par instinct spirituel. Je pense que ce sont les anges gardiens qui ont amené au Fils de Dieu des gens qui désiraient Dieu. Je ne crois pas que ce soit là de l'imagination. Si on réfléchit à la prompte et à l'astucieuse constance avec laquelle Satan amenait des ennemis à Dieu et à son Verbe dans les moments où l'esprit du démon pouvait faire apparaître aux hommes une apparence de faute chez le Christ, il est permis de penser, il est plus que permis, il est juste de penser que les anges n'ont pas été inférieurs aux démons et ont amené au Christ les esprits dégagés de l'emprise du démon. Et Jésus, à tous ces gens qui l'ont attendu sans se lasser et sans craindre, prodigue des secours de miracles et des secours de paroles. Combien de miracles! Une floraison semblable à celle qui embellit les pentes de la montagne: des miracles éclatants comme celui de cet enfant qu'on a arraché atrocement brûlé d'une meule de paille en flammes. On l'a amené sur une civière, amas de chairs brûlées qui gémit lamentablement sous les linges dont on l'a couvert tant était atroce la vue des brûlures. Il allait mourir. Jésus le guérit en lui soufflant dessus et fait disparaître totalement les brûlures. L'enfant se lève, tout nu et court heureux vers sa mère qui caresse en pleurant de joie les chairs complètement guéries, sans plus de traces de feu; baise les yeux qu'on croyait brûlés et qui au contraire brillent et scintillent de joie; les cheveux sont courts comme si la flamme les avait coupés sans les détruire. C'est le petit miracle de ce vieillard quinteux qui dit: “Ce n'est pas pour moi, mais je dois servir de père à ces petits orphelins et je ne peux travailler la terre avec ces humeurs qui me restent dans la gorge et qui m'étouffent”... Et puis le miracle invisible mais certain que provoquent les paroles de Jésus: “Parmi vous, il y a quelqu'un qui pleure en son âme et n'ose pas dire: "Aie pitié!". Je réponds: "Qu'il en soit comme tu demandes. Toute la pitié, pour que tu saches que Moi, je suis la Miséricorde". Seulement, à mon tour, je te dis: "Aie de la générosité". Sois généreux avec Dieu. Romps tout lien avec le passé. Dieu tu le sens, et à Lui que tu sens viens alors avec un cœur libre, avec un amour total.” Qui est-ce, parmi la foule, celui ou celle à qui s'adressent ces paroles, je ne sais pas. Jésus dit encore: “Ceux-ci sont mes apôtres. Ils sont autant de Christ, car je les ai choisis pour qu'ils le soient. Adressez-vous à eux avec confiance. Ils ont appris de Moi tout ce dont vous avez besoin pour vos âmes...” Les apôtres regardent Jésus, complètement épouvantés. Mais Lui sourit et poursuit: “...et ils donneront à vos âmes lumière d'étoile et rafraîchissement de rosée de manière à vous empêcher de languir dans les ténèbres. Et puis je viendrai et je vous donnerai plénitude de soleil et de flots, toute la sagesse pour vous rendre forts et heureux d'une force et d'une joie surnaturelles. Paix à vous, fils. Je suis attendu par d'autres, plus malheureux et plus pauvres que vous. Mais je ne vous laisse pas seuls. Je vous laisse mes apôtres et c'est comme si je laissais les fils de mon amour à la garde des plus affectueuses et des plus sûres des nourrices. ” Jésus fait un geste d'adieu et de bénédiction et s'éloigne en fendant la foule qui ne veut pas le laisser partir, et c'est alors que se produit le dernier miracle, celui d'une petite vieille à demi paralysée amenée par son petit-fils et qui agite joyeusement son bras droit, auparavant inerte, et qui crie: “Il m'a effleuré avec son manteau en passant et je suis guérie! Je ne le Lui demandais même pas parce que je suis vieille... Mais Lui a eu pitié de mon désir secret. Avec son manteau, avec un pan de celui-ci il m'a effleuré le bras malade. Il m'a guérie! Oh! Quel grand Fils a eu notre saint David! Gloire à son Messie! Mais regardez! Mais regardez! Ma jambe aussi est libre comme le bras ... Oh! je suis comme à vingt ans!” L'affluence d'un grand nombre de personnes vers la petite vieille, qui de tout son souffle crie son bonheur, fait que Jésus peut se dégager sans en être empêché. Et les apôtres le suivent. Quand ils sont dans un endroit désert, presque dans la plaine, au milieu d'une bruyère épaisse qui va vers le lac, ils s'arrêtent un moment. Pour Jésus, c'est afin de dire: “Je vous bénis! Retournez à votre travail et faites-le jusqu'à ce que je revienne comme je l'ai dit.” Pierre, jusqu'alors toujours muet, éclate: “Mais, mon Seigneur, qu'as-tu fait? Pourquoi dire que nous avons tout ce dont les âmes ont besoin? C'est vrai! Tu nous as beaucoup donné, mais nous sommes têtus, moi du moins et... et de ce que tu m'as donné il m'est resté peu de chose, il m'est resté bien peu. C'est comme quelqu'un qui après un repas aurait encore dans l'estomac ce qui est le plus lourd. Le reste n'y étant plus.” Jésus sourit franchement: “Et alors, où est le reste de la nourriture?” “Mais... je ne sais pas. Je sais que si je mange des plats délicats, après une heure je ne me sens plus rien dans l'estomac. Mais si je mange de lourdes racines ou des lentilles à l'huile, hé! on voudrait les faire descendre!” “On voudrait. Mais crois bien que les racines et les lentilles qui semblent te remplir le plus l'estomac sont les aliments qui te laissent le moins de substance. C'est du remplissage qui passe sans grand profit. Les petits plats, au contraire, qu'au bout d'une heure tu ne sens plus sont non plus dans l'estomac mais dans le sang. Quand un aliment est digéré, il n'est plus dans l'estomac mais ses sucs sont dans le sang et c'est le plus utile. Maintenant il vous semble, à toi et à tes compagnons que rien ou bien peu de ce que je vous ai dit soit resté en vous. Peut-être vous rappelez-vous bien les passages qui sont les plus conformes à votre tempérament particulier: pour les violents les passages violents, pour les méditatifs les passages qui portent à la méditation, pour les aimants les passages qui ne sont qu'amour. Sans doute, il en est ainsi. Mais croyez-le bien: vous avez tout en vous, même s'il vous semble que tout s'est dissipé. Vous l'avez absorbé. La pensée vous le dévidera comme un fil multicolore en amenant les teintes douces ou sévères, selon le besoin. N'ayez pas peur. Pensez seulement que Moi je sais et que jamais je ne vous enverrais si je vous savais incapables de le faire. Adieu, Pierre. Allons, souris! Aie foi! Un bel acte de foi dans la Sagesse omniprésente. Adieu à tous. Le Seigneur reste avec vous.” Et il les quitte rapidement, encore étonnés et agités par tout ce qu'ils ont entendu dire qu'il leur fallait faire. “Et pourtant, il faut obéir” dit Thomas. “Hé!... c'est vrai!... Oh! pauvre de moi! J'ai presque envie de Lui courir après...” murmure Pierre. “Non. Ne le fais pas. Lui obéir, c'est l'aimer” dit Jacques d'Alphée. “Et commencer alors que Lui est encore proche et peut nous conseiller si nous nous trompons, c'est élémentaire et même une sainte prudence. Nous devons l'aider” conseille le Zélote. “C'est vrai. Jésus est plutôt fatigué. Il faut le soulager un peu, comme nous pouvons. Il ne suffit pas de porter les sacs, de préparer les lits et la nourriture. Cela, n'importe qui, peut le faire. Mais l'aider, comme Lui le veut, dans sa mission” confirme Barthélémy. “Tu parles bien, parce que tu es savant, mais moi... Je suis presque ignorant...” gémit Jacques de Zébédée. “Oh! Dieu! Voilà qu'arrivent ceux qui étaient là-haut! Comment allons-nous faire?” s'exclame André. Et Mathieu: “Excusez si moi, le plus misérable, je vous donne un conseil. Mais ne serait-il pas mieux de prier le Seigneur au lieu de rester ici à nous lamenter sur ce qui ne peut se résoudre avec des lamentations? Allons, Jude, toi qui connais si bien l'Ecriture, dis au nom de tous la prière de Salomon pour obtenir la Sagesse. Vite! Avant qu'ils ne nous rejoignent.” Et le Thaddée, de sa belle voix de baryton, commence: “Dieu de mes Pères, Seigneur de miséricorde qui as tout créé... etc... etc...” jusqu'à: c ... par la Sagesse ont été sauvés tous ceux qui dès le commencement t'ont plu.” Juste à ce moment, les gens les rejoignent, les entourent, les assaillent de mille questions pour savoir où est parti le Maître, quand il reviendra, et la question la plus difficile à satisfaire: “Mais comment faire pour suivre le Maître, non pas avec les jambes, mais avec l'âme par les routes de la Voie que Lui indique?” A cette question, les apôtres restent embarrassés. Ils se regardent entre eux et l'Iscariote répond: “En suivant la perfection” comme si c'était une réponse qui puisse tout expliquer!... Jacques d'Alphée, plus humble et plus paisible, réfléchit et dit ensuite: “La perfection qu'indique mon compagnon se rejoint en obéissant à la Loi. Car la Loi est justice et la justice est perfection.” Mais les gens ne sont pas satisfaits et demandent par l'intermédiaire de quelqu'un qui paraît être un chef: “Mais nous sommes petits comme des enfants en matière de bien. Les enfants ne savent pas encore la signification du Bien et du Mal. Ils ne les distinguent pas. Et nous, sur cette Voie que Lui nous indique, nous sommes neufs au point d'être incapables de distinguer. Nous avions un chemin connu. La vieille route qui nous avait été enseignée dans les écoles. Tellement difficile, longue, et qui nous inspirait la peur! Maintenant, d'après ses paroles, nous voyons qu'il en est comme de l'aqueduc que nous apercevons d'ici. Au-dessous, c'est le chemin des animaux et de l'homme. Au-dessus, sur les arcades légères, s'élance dans le soleil et l'azur près des branches les plus hautes qui bruissent et chantent dans le vent avec la voix des oiseaux, une autre route, lisse, propre, lumineuse autant que la route inférieure est raboteuse, sale, obscure, une route pour l'eau limpide et qui résonne, qui est une bénédiction par l'eau qui vient de Dieu et que caresse ce qui vient de Dieu: rayons du soleil et des étoiles, frondaisons nouvelles, fleurs, ailes des hirondelles. Nous voudrions monter vers cette route plus haute et qui est la sienne et que nous ne connaissons pas, parce que nous sommes écrasés, ici, en bas, sous le poids de toute la vieille construction. Comment faire?” Celui qui a parlé est un homme jeune, d'environ vingt-cinq ans, brun, robuste, au regard intelligent et dont l'aspect est moins plébéien que la majorité des gens présents. Il s'appuie sur un autre plus mûr. L'Iscariote qui, grand comme il est, le voit, murmure à ses compagnons: “Vite, expliquez-vous bien. C'est Hermas, avec Etienne, Etienne, aimé de Gamaliel!” C'est une chose qui finit d'embarrasser tout à fait les apôtres. A la fin le Zélote répond: “L'arcade n'existerait pas s'il n'y avait pas la base sur la route obscure. C'est elle le point d'appui de l'arcade qui, à partir d'elle, s'élance et monte dans l'azur qui est l'objet de tes vœux. Les pierres enfoncées dans le sol, et qui supportent le poids sans jouir des rayons et des vols, n'ignorent pas cependant qu'ils existent parce que de temps à autre une hirondelle descend en criant, jusqu'à la boue et caresse la base de l'arcade et qu'un rayon de soleil ou d'étoile descend pour dire comme est beau le firmament. Ainsi dans les siècles passés est descendue de temps à autre une parole céleste de promesse, un rayon céleste de sagesse, pour caresser les pierres qui portaient le poids du courroux divin. Car les pierres étaient nécessaires. Elles ne sont pas, n'ont pas été, ne seront jamais inutiles. Sur elles s'est élevé lentement avec le temps la perfection des connaissances humaines jusqu'à atteindre la liberté du temps présent et la sagesse d'une connaissance surhumaine. Je lis déjà ton objection: elle est écrite sur ton visage. C'est celle que tous nous avons eue avant de savoir comprendre ce que c'est la Nouvelle Doctrine, la Bonne Nouvelle prêchée à ceux qui, par un processus rétrograde, ne sont pas devenus adultes à mesure que s'élevaient les pierres de la science, mais se sont toujours plus enfoncés dans les ténèbres comme le mur qui s'effondre dans un abîme sans lumière. Nous, pour échapper à cet aveuglement surnaturel, nous devons dégager courageusement la pierre fondamentale de toutes les pierres superposées. N'ayez pas peur de démolir ce mur qui est élevé mais qui ne conduit pas la sève pure de la source éternelle. Revenez à la base. Elle ne doit pas être changée. Elle vient de Dieu. Elle est immuable. Mais, avant d'écarter les pierres, car elles ne sont pas toutes mauvaises et inutiles, éprouvez-les, une par une, au son de la parole de Dieu. Si vous ne les trouvez pas dissonantes gardez-les, faites-les servir à la reconstruction. Mais si elles résonnent du son discordant de la voix humaine ou du son déchirant de la voix satanique, alors brisez les pierres mauvaises. Pour le choix, vous ne pouvez pas vous tromper car si c'est la voix de Dieu c'est une voix d'amour, si c'est la voix humaine c'est une voix de sensualité, si c'est la voix de Satan c'est une voix de haine. Je dis: brisez car c'est charité de ne pas laisser derrière des germes ou des objets mauvais qui peuvent séduire le voyageur et l'amener à les employer à son détriment. Brisez littéralement toute chose mauvaise qui s'est trouvée dans votre travail, vos écrits, vos enseignements ou vos actes. Mieux vaut rester avec peu de matériaux, s'élever à peine d'une coudée mais avec de bonnes pierres, que de monter à des mètres mais avec des pierres mauvaises. Les rayons du soleil et les hirondelles descendent même sur les murs qui sortent tout juste du sol et les humbles fleurettes du talus arrivent facilement à caresser les pierres basses. Alors que les pierres orgueilleuses qui prétendent s'élever inutiles et raboteuses n'ont pour elles que les gifles des ronces et les embrassades des plantes vénéneuses. Démolissez pour reconstruire et pour vous élever en éprouvant' la qualité de vos vieilles pierres au son de la voix de Dieu. ” “Tu parles bien, homme. Mais monter! Comment? Nous t'avons dit que nous sommes moins que de petits enfants. Qui nous fera gravir la colonne raide? Nous éprouverons les pierres au son de Dieu. Nous briserons les moins bonnes. Mais comment monter? On a le vertige rien qu'à y penser!” dit Etienne, Jean, qui a écouté la tête inclinée se souriant à lui-même, lève un visage lumineux et prend la parole: “Frères! Cela donne le vertige. C'est vrai. Mais qui dit qu'il est nécessaire de faire directement l'ascension? Cela, non seulement les petits enfants, mais les adultes eux-mêmes ne sauraient le faire. Seuls les anges peuvent s'élancer dans l'azur parce qu'ils sont libres de tout poids matériel. Et chez les hommes, il n'y a que les héros de la sainteté qui puissent le faire. Nous en avons un exemple vivant qui, dans ce monde dégradé, sait être un héros de sainteté comme les anciens qui ont fleuri en Israël quand les Patriarches étaient des amis de Dieu et que la parole du Code éternel existait seule, mais obéie par toute créature droite. Jean, le Précurseur, enseigne comment on tente directement l'ascension. C'est un homme, Jean. Mais la Grâce que le Feu de Dieu lui a communiquée en le purifiant dès le sein de sa mère comme furent purifiées par un Séraphin les lèvres du Prophète, pour qu'il pût précéder le Messie sans laisser la puanteur de la faute d'origine sur le chemin royal du Christ, a donné à Jean des ailes d'ange, et la Pénitence les a fait grandir en supprimant en même temps ce poids d'humanité que sa nature d'être né de la femme lui avait conservé. Voilà pourquoi Jean, de sa grotte où il prêche la pénitence et par son corps où brûle l'esprit que la Grâce a épousé, peut se lancer jusqu'au sommet de l'arcade au-delà duquel est Dieu, le Très-Haut Seigneur notre Dieu et, dominant les siècles passés, le jour présent, l'avenir, il peut avec sa voix de prophète, avec son œil d'aigle qui peut fixer le soleil éternel et le reconnaître, annoncer: "Voici l'Agneau de Dieu, Celui qui enlève les péchés du monde" et mourir après ce chant sublime qui servira non seulement dans ce temps limité, mais dans le Temps sans limite, dans la Jérusalem pour toujours éternelle et bienheureuse, pour acclamer la Seconde Personne, pour Lui rappeler les misères humaines, pour Lui chanter l'hosanna dans les splendeurs éternelles. Mais l'Agneau de Dieu, le Très Doux Agneau qui a quitté sa lumineuse demeure des Cieux, où il est Feu de Dieu dans un embrassement de feu - oh! éternelle génération, du Père qui conçoit par sa Pensée sans limite et parfaitement sainte son Verbe, et l'attire à Lui en produisant une fusion d'amour qui crée l'Esprit d'Amour où la Puissance et la Sagesse ont leur centre! - mais l'Agneau de Dieu qui a quitté sa forme très pure, incorporelle, pour renfermer sa pureté infinie, sa sainteté, sa nature divine dans une chair mortelle, sait que nous ne sommes pas purifiés par la Grâce, que nous ne le sommes pas encore et Il sait que nous ne pourrons pas, comme l'aigle qui est Jean, nous lancer vers les hauteurs, vers le sommet où est Dieu, Un et Trin. Nous sommes les petits moineaux du toit et de la route, nous sommes les hirondelles qui touchent l'azur mais se nourrissent d'insectes, nous sommes les calandres qui veulent chanter pour imiter les anges mais par rapport auxquels notre chant est le frémissement discordant des cigales en été. Cela, le doux Agneau de Dieu venu pour enlever les péchés du monde, le sait. Car s'il n'est plus l'Esprit Infini des Cieux, s'étant réduit à une chair mortelle, son infinité n'en est pas pour autant diminuée et il sait tout car sa sagesse est toujours infinie. Et voici qu'alors il nous enseigne son chemin, le chemin de l'amour. Lui est l'Amour qui dans sa miséricorde pour nous s'est fait chair. Voici alors que cet Amour Miséricordieux crée pour nous le chemin que même les petits peuvent gravir. Et Lui, non par besoin personnel, mais pour nous l'apprendre, le parcourt le premier. Lui n'aurait même pas besoin d'ouvrir les ailes pour se fondre dans le Père. Son esprit, je vous le jure, est enfermé ici, sur cette misérable terre, mais il est toujours avec le Père, car Dieu peut tout, et Lui est Dieu. Mais il nous précède, en laissant derrière Lui les parfums de sa sainteté, l'or et le feu de son amour. Regardez son chemin. Oh! Il arrive bien au sommet de l'arcade! Mais comme il est tranquille et sûr! Ce n'est pas une ligne droite, c'est une spirale. Un chemin plus long, et son sacrifice d'amour miséricordieux se manifeste dans cette longueur où Lui se tient par amour pour nous qui sommes faibles. Le chemin est plus long, mais plus adapté à notre misère. La montée vers l'amour, vers Dieu, est simple comme l'Amour lui-même est simple. Mais c'est une route vers les profondeurs car Dieu est un abîme que je dirais impossible à rejoindre si Lui ne s'était pas abaissé pour se faire rejoindre, pour se sentir baiser par les âmes amoureuses de Lui. (Jean parle et pleure, tout en souriant, dans l'extase de dévoiler Dieu). Elle est longue la voie simple de l'amour car l'Abîme qui est Dieu est sans fond et si grand que quelqu'un pourrait y avancer autant qu'il le voudrait. Mais l'Abîme admirable appelle notre abîme misérable. Il nous appelle par ses lumières et dit: "Venez à Moi!" Oh! invite de Dieu! Invite du Père! Écoutez! Écoutez! Les Cieux sont restés ouverts car le Christ en a ouvert toutes grandes les portes. Il a mis à les tenir ainsi ouvertes les anges de la Miséricorde et du Pardon pour qu'en attendant l'effusion de la Grâce sur les hommes, il s'en écoulât au moins des lumières, des parfums, des chants capables de séduire saintement les cœurs humains, pour que viennent vers nous les paroles pleines de suavité. C'est la voix de Dieu qui parle et la Voix dit: "Votre enfance? Mais c'est votre meilleur trésor! Je voudrais que vous deveniez tout à fait petits pour avoir en vous l'humilité, la sincérité et l'amour des petits enfants, le confiant amour des tout petits envers le père. Votre impuissance? Mais c'est ma gloire! Oh! venez. Je ne vous demande même pas que vous éprouviez par vous-mêmes le son des pierres, bonnes ou mauvaises. Mais donnez-les-moi! Je ferai le choix et vous, vous vous reconstruirez. L'escalade vers la perfection? Oh! non, mes petits enfants. Ici, la main dans la main de mon Fils, votre Frère, maintenant et ainsi, à ses côtés, montez..." Monter! Venir à Toi, Éternel Amour! Prendre ta ressemblance, c'est-à-dire l'Amour! . Aimer! Voici le secret!... Aimer! Se donner... Aimer! S'anéantir... Aimer! Se fondre... La chair? Ce n'est rien. La douleur? Rien. Le temps? Rien. Le péché lui-même s'annihile si je le fonds dans ton feu, ô Dieu! Il n'y a que l'Amour. L'Amour! L'Amour que nous a donné le Dieu Incarné, nous pardonnera tout. Et aimer, c'est l'acte que nul ne sait mieux faire que les tout petits. Et personne n'est plus aimé qu'un tout petit. 0 toi que je ne connais pas, mais qui veux connaître le Bien, pour le distinguer du Mal, pour posséder l'azur, le Soleil céleste, tout ce qui est joie surnaturelle, aime et tu l'auras. Aime le Christ. Tu mourras à la vie d'ici-bas mais tu ressusciteras en ton esprit. Avec un esprit nouveau, sans avoir besoin d'utiliser les pierres, tu seras pour l'éternité un feu immortel. La flamme monte. Il n'y a pas besoin d'escalier ni d'ailes pour monter. Libère ton moi de toute construction, mets en toi l'Amour. Tu deviendras une flamme. Laisse cela arriver sans aucune restriction. Excite, au contraire, la flamme en y jetant pour l'alimenter tout ton passé de passions, de connaissances. Ce qu'il y aura de moins bon se détruira dans la flamme et ce qui est déjà métal noble se purifiera. Jette-toi, ô frère, dans l'amour actif et joyeux de la Trinité. Tu comprendras ce qui maintenant te semble incompréhensible, car tu comprendras Dieu qui n'est compréhensible que pour ceux qui se donnent sans mesure à son feu sacrificateur. Tu te fixeras enfin en Dieu en un embrassement de flamme, en priant pour moi, le tout petit du Christ qui a osé te parler de l'Amour.” Tout le monde est sidéré: apôtres, disciples, fidèles... L'interpellé est pâle, alors que Jean est pourpre, pas tant par la fatigue que par l'amour. Enfin Etienne pousse un cri: “Bénis es-tu! Mais dis-moi qui tu es?” Jean a une attitude qui me rappelle beaucoup l'attitude de la Vierge à l'Annonciation. Il dit doucement, en se courbant comme s'il adorait Celui qu'il nomme: “Je suis Jean. Tu vois en moi le plus petit des serviteurs du Seigneur.” “Mais, qui a été ton maître auparavant?” “Personne autre que Dieu, puisque j'ai eu le lait spirituel de Jean que Dieu a présanctifié, je mange le pain du Christ, Verbe de Dieu, et je bois le feu de Dieu qui me vient des Cieux. Gloire au Seigneur!” “Ah! mais moi, je ne vous quitte plus! Ni toi, ni celui-ci. Je ne quitte plus personne. Prenez-moi!” “Quand... Oh! mais, il y a ici Pierre notre chef” et Jean montre Pierre qui en est tout étourdi et le proclame ainsi “premier”. Et Pierre revient à lui: “Fils, pour une grande mission il faut une sérieuse réflexion. Celui-ci est notre ange et il enflamme. Mais il faut savoir si la flamme en nous pourra durer. Examine-toi, et puis viens au Seigneur. Nous t'ouvrirons notre cœur comme à un frère très cher. En attendant, si tu veux mieux connaître notre vie, reste. Les troupeaux du Christ peuvent croître démesurément pour permettre un choix entre les parfaits et les imparfaits, entre les vrais agneaux et les faux béliers.” Et avec ces paroles se termine la première manifestation des apôtres.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie. http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 10 février 2019, Cinquième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,1-11.
En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.
Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait lesfoules.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche.»
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets.»
Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer.
Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient.
A cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant: « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur.»
En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.»
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 1, Ch 65, p 431
  • Ancienne traduction :  Tome 2, Ch 28, p 138      (CD 2 (1er cd), piste 48)
La vision reprend sur ces paroles de Jésus: “Quand, au printemps tout est en fleurs, l’homme des champs dit, content: "Il y aura beaucoup de fruits". Cet espoir met son cœur dans la jubilation. Mais, du printemps à l’automne, du mois des fleurs à celui des fruits, que de jours, que de vent, que de pluie et de soleil et de bourrasques doivent passer. Et puis, la guerre, ou la cruauté des puissants, les maladies des plantes, et puis les maladies de l’homme des champs. Alors les plantes ne sont plus déchaussées ou buttées, arrosées, tuteurées, sarclées. Les arbres qui promettaient beaucoup de fruits se rabougrissent et meurent tout à fait ou perdent leur récolte! Vous me suivez. Vous m’aimez. Vous, comme les plantes au printemps, vous vous parez de bonnes intentions, d’affectueux sentiments. Vraiment Israël dans cette aube de mon apostolat ressemble à nos douces campagnes au lumineux mois de Nisan. Mais, écoutez. Comme brûlés par la sécheresse, vous verrez venir Satan qui vous desséchera de son souffle envieux. Puis le monde dont le vent glacial gèlera vos fleurs. Viendront les bourrasques des passions, et le dégoût comme une pluie persistante. Tous mes ennemis et les vôtres viendront faire périr tous les fruits des désirs qui avaient fleuri en Dieu. Je vous en avertis, parce que je sais. Mais tout sera-t-il alors perdu, quand Moi, comme l’agriculteur malade, plus que malade: mort, je ne pourrai plus vous donner paroles et miracles? Non. Je sème et cultive, tant que c’est mon temps, puis sur vous, ce sera la croissance et la maturation, si vous faites bonne garde. Regardez ce figuier de la maison de Simon de Jonas, celui qui l’a planté n’a pas trouvé la place juste et favorable. Planté près d’un mur humide au nord, il serait mort, si, de lui-même, il n’avait pas voulu se protéger pour vivre. Et il a cherché le soleil et la lumière. Le voilà tout courbé, mais solide et fier qui, dès l’aurore boit le soleil et s’en fabrique un suc pour ses cent et cent et cent fruits si doux. Il s’est défendu tout seul. Il a dit: "Le Créateur m’a voulu pour donner à l’homme, joie et nourriture. Je veux qu’à son vouloir s’associe le mien!" Un figuier! Une plante muette! Sans âme! Et vous, fils de Dieu, fils de l’homme serez-vous inférieurs à cet arbre? Faites bonne garde pour donner des fruits de vie éternelle. Je vous cultive, et pour finir je vous donnerai un suc tel, qu’un plus puissant ne peut exister. Ne faites pas en sorte, non, que Satan ricane sur les ruines de mon travail, de mon sacrifice et de votre âme. Cherchez la lumière. Cherchez le soleil. Cherchez la force. Cherchez la vie. Je suis la Vie, la Force, le Soleil, la Lumière de celui qui aime. Je suis ici pour vous conduire là d’où Je suis venu. Je parle ici pour vous appeler tous et vous montrer la Loi des dix commandements qui donnent la vie éternelle. Je vous donne cette consigne d’amour: "Aimez Dieu et le prochain". C’est la condition première pour accomplir tout autre bien. Le plus saint des 10 commandements. Aimez. Ceux qui aimeront en Dieu, qui aimeront Dieu et dont Dieu sera le Seigneur, auront sur terre et au Ciel la paix qui sera pour eux une tente et une couronne.” Les gens s’éloignent, à regret, après la bénédiction de Jésus. Il n’y a pas de malades, ni de pauvres. Jésus dit à Simon: “Appelle les deux autres. Nous allons sur le lac jeter le filet.” “Maître, j’ai les bras rompus d’avoir jeté et relevé le filet toute la nuit, et pour rien. Le poisson est au fond et qui sait où.” “Fais ce que je te dis, Pierre. Écoute toujours Celui qui t’aime.” “Je ferai ce que tu dis par respect pour ta parole” et il appelle à haute voix les commis et aussi Jacques et Jean. “Nous allons à la pêche. Le Maître le veut.” Et pendant qu’ils s’éloignent, il dit à Jésus: “Pourtant, Maître, je t’assure que ce n’est pas l’heure favorable. À cette heure les poissons, qui sait où ils sont à se reposer!…” Jésus assis à la proue sourit et se tait. Ils font un arc de cercle sur le lac, et puis, jettent le filet. Quelques minutes d’attente et puis la barque est secouée étrangement, attendu que sous le soleil déjà haut sur l’horizon le lac est lisse comme du verre fondu. “Mais ce sont les poissons, Maître!” dit Pierre, les yeux écarquillés. Jésus sourit et se tait. “Hissez! hissez!” ordonne Pierre aux commis. Mais la barque penche du côté du filet. “Ohé! Jacques! Jean! Vite! Venez! Avec les rames! Vite!” Ils accourent et les efforts des mariniers réussissent à hisser le filet sans abîmer la proie. Les barques accostent. Elles sont exactement l’une contre l’autre. Un panier, deux, cinq, dix. Ils sont tous remplis d’une proie stupéfiante et il y a encore tant de poissons qui frétillent dans le filet: argent et bronze vivants qui s’agitent pour échapper à la mort. Alors il n’y a plus qu’une solution: renverser dans le fond de la barque ce qui reste dans le filet. On le fait et alors c’est tout un frémissement de vies qui agonisent. Les pécheurs ont les pieds dans cette surabondance, jusqu’au-dessus de la cheville et les barques s’enfoncent au-delà de la ligne de flottaison à cause de la charge excessive. “A terre! Virez! Faites force de voiles! Attention au fond! Préparez les perches pour empêcher le heurt. Il y a trop de poids!” Tant que dure la manœuvre, Pierre ne réfléchit pas. Mais une fois débarqué, il ouvre les yeux et comprend. Il est tout effrayé. “Maître Seigneur! Éloigne-toi de moi! Je suis un homme pécheur. Je ne suis pas digne d’être auprès de Toi!” Il est à genoux sur la grève humide. Jésus le regarde et sourit. “Lève-toi! Suis-moi! Je ne te lâche plus. Désormais tu seras pêcheur d’hommes et avec toi, tes compagnons que voici. Ne craignez plus rien, je vous appelle. Venez!” “Tout de suite, Seigneur. Vous autres, occupez-vous des barques, portez tout à Zébédée et à mon beau-frère. Allons, tous pour Toi, Jésus! Que l’Éternel soit béni pour ce choix.” Et la vision prend fin.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 3 février 2019, Quatrième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,21-30.
En ce temps-là, dans la synagogue de Nazareth, après la lecture du livre d'Isaïe, Jésus déclara : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »
Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »
Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : “Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire : “Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ; fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” »
Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.
En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit surtoute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »
À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 2, Ch 106, p 195
  • Ancienne traduction :  Tome 2, Ch 73, p 405      (CD 2 (2eme cd), piste 32)
Je vois une grande pièce carrée. J’en parle ainsi, tout en comprenant que c’est la synagogue de Nazareth (comme me dit celui qui m’avertit intérieurement) car il n’y a que des murs nus, peints en jaune et par côté une sorte de siège élevé. Il y a aussi un pupitre élevé avec des rouleaux dessus. Pupitre, étagère? Choisissez l’appellation. En somme, c’est une sorte de table inclinée montée sur un pied, et sur laquelle sont rangés des rouleaux. Il y a des gens qui prient, pas comme nous, mais tous tournés vers un côté, sans joindre les mains, mais à peu près comme un prêtre à l’autel. Il y a des lampes disposées au-dessus du siège et du pupitre. Je ne vois pas le but de cette vision qui demeure ainsi un certain temps sans changer. Mais Jésus me dit d’écrire et je le fais. Je me trouve de nouveau dans la synagogue de Nazareth. Maintenant, le rabbin lit. J’entends sa voix monotone et nasillarde, mais je ne comprends pas les paroles qu’il prononce dans une langue qui m’est inconnue. Dans la foule se trouve aussi Jésus avec ses cousins apôtres et d’autres qui sont certainement eux aussi des parents, mais que je ne connais pas. Après la lecture, le rabbin tourne son regard sur la foule, comme en une muette invitation. Jésus s’avance et demande de tenir la réunion, aujourd’hui. J’entends, de sa belle voix, lire le passage d’Isaïe cité par l’Évangile: “L’esprit du Seigneur est sur moi…” Et j’entends le commentaire qu’il en fait en se donnant pour “le porteur de la Bonne Nouvelle, de la loi d’amour qui remplace l’ancienne rigueur par la miséricorde, pour qu’obtiennent le salut tous ceux dont la faute d’Adam rend l’esprit malade et, par contrecoup, la chair, car le péché engendre le vice, et le vice la maladie même physique. Et pour que tous ceux que retient prisonniers l’Esprit du mal obtiennent leur libération. Je suis venu pour rompre ces chaînes et rouvrir le chemin du Ciel, pour donner la lumière aux âmes aveuglées et l’ouïe aux âmes sourdes. Il est venu le temps de la Grâce du Seigneur. Elle est parmi vous, c’est Elle qui vous parle. Les Patriarches ont désiré voir ce jour, dont la voix du Très-Haut a proclamé l’existence et dont les Prophètes ont prédit le temps. Et déjà, portée à leur connaissance par une action surnaturelle, ils savent que l’aube de ce jour s’est levée et que leur entrée au Paradis est proche désormais. Ils en exultent, dans leurs esprits, les saints auxquels il ne manque que ma bénédiction pour être citoyens du Ciel. Vous le voyez. Venez à la Lumière qui s’est levée. Dépouillez-vous de vos passions, afin d’avoir l’agilité qu’il faut pour suivre le Christ. Ayez la bonne volonté de croire, de devenir meilleurs, de vouloir le salut, et le salut vous sera donné. Il est en mes mains, mais je ne le donne qu’à ceux qui ont la bonne volonté de le posséder car ce serait une offense à la Grâce que de le donner à qui veut continuer à servir Mammon.” Un murmure s’élève dans la synagogue. Jésus tourne son regard vers l’assistance. Il lit sur les visages et dans les cœurs et continue: “Je comprends votre pensée. Parce que je suis de Nazareth, vous voudriez une faveur privilégiée. Mais cela, c’est par égoïsme de votre part et non par la puissance de votre foi. Aussi, je vous dis qu’en vérité aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie. D’autres pays m’ont accueilli et m’accueilleront avec une plus grande foi, même des pays dont le nom est pour vous un scandale. Là, je trouverai une moisson de disciples, tandis que sur cette terre je ne puis rien faire, parce qu’elle m’est fermée et hostile. Mais je vous rappelle Élie et Élisée. Le premier trouva la foi chez une femme phénicienne et le second chez un Syrien. Et en faveur de celle-là et de celui-ci, ils purent opérer le miracle. Les gens qui mouraient de faim en Israël n’eurent pas de pain et les lépreux pas de purification, parce qu’il n’y avait pas dans leurs cœurs la bonne volonté, perle fine que le Prophète avait découverte ailleurs. C’est ce qui vous arrivera, à vous aussi qui êtes hostiles et incrédules à l’égard de la Parole de Dieu.” La foule s’agite et menace avec imprécations. Elle tente de mettre la main sur Jésus, mais les apôtres-cousins Jude, Jacques et Simon le défendent, et alors les Nazaréens en furie chassent Jésus hors de la ville. Ils le poursuivent avec des menaces, mais pas seulement verbales, jusqu’au sommet de la colline. Alors Jésus se retourne et les immobilise de son regard magnétique, il passe indemne au milieu d’eux et disparaît en montant par un sentier de la colline. Je vois une petite, très petite bourgade, un groupe de maisons, un hameau, dirions-nous maintenant. Il est plus élevé que Nazareth, que l’on aperçoit en contrebas à quelques kilomètres. Une petite bourgade très misérable. Jésus parle avec Marie, assis sur un muret, près d’une cabane. Peut-être est-ce une maison amie, ou du moins hospitalière, suivant les lois de l’hospitalité orientale. Jésus s’y est réfugié, après avoir été chassé de Nazareth, pour attendre les apôtres qui sûrement étaient éparpillés dans le voisinage, alors que Jésus était près de la Mère. Avec Lui, il n’y a que les trois apôtres-cousins qui, en ce moment, sont rassemblés dans la cuisine et parlent avec une femme âgée que Thaddée appelle “mère”. Pour cette raison, je comprends qu’il s’agit de Marie de Cléophas. C’est une femme oui plutôt âgée et je la reconnais pour celle qui était avec Marie très Sainte aux noces de Cana. Certainement elle et les fils se sont retirés là pour laisser à Jésus et à sa Mère toute liberté à leur conversation Marie est affligée. Elle a été informée de l’incident de la Synagogue et elle en est meurtrie. Jésus la console. Marie supplie son Fils de rester loin de Nazareth, où tous sont mal disposés à son égard, même les autres parents qui le regardent comme un fou qui cherche à susciter des brouilles et des disputes. Mais Jésus fait un geste en souriant. Il semble dire: “Ici ou autre part, cela se vaut. Laisse tomber!” Mais Marie insiste. Alors il répond: “Maman, si le Fils de l’homme devait aller uniquement là où on l’aime, il devrait s’éloigner de cette terre et retourner au Ciel. J’ai partout des ennemis. Car on hait la Vérité et Moi je suis la Vérité. Mais je ne suis pas venu pour trouver un amour facile. Je suis venu pour faire la volonté du Père et racheter l’homme. L’amour, tu l’es, Maman. Tu es mon amour qui compense pour Moi tout le reste. Toi et ce petit troupeau qui chaque jour s’accroît de quelque brebis que j’arrache au loup des passions et que j’amène au bercail de Dieu. Pour le reste, c’est le devoir. Je suis venu accomplir ce devoir, et je dois l’accomplir jusqu’à me briser contre leurs cœurs de pierres réfractaires au bien. Et même ce n’est que lorsque je serai tombé, baignant dans mon sang ces cœurs, que je les attendrirai en y imprimant mon Signe qui annule celui de l’Ennemi. Maman, c’est pour cela que je suis descendu du Ciel. Je ne puis qu’en désirer l’accomplissement.” “Oh! Fils! Mon Fils!” Marie a la voix déchirée. Jésus la caresse. Je remarque que Marie a, sur la tête, son manteau aussi, en plus du voile. Elle est plus que jamais voilée, comme une prêtresse. “Je serai absent quelque temps, pour te faire plaisir. Quand je serai dans le voisinage, je te ferai prévenir.” “Envoie Jean. Il me semble un peu te voir quand je le vois. Sa mère aussi est pleine d’égards pour moi et pour Toi. Elle espère, il est vrai, une place privilégiée pour ses fils. C’est une femme et c’est une maman, Jésus. Il faut l’excuser. Elle t’en parlera aussi à Toi. Mais elle t’est sincèrement dévouée. Quand elle sera libérée de l’humanité qui fermente en elle comme en ses fils, comme chez les autres, comme chez tous, mon Fils, elle sera grande dans la foi. Il est douloureux que tous attendent de Toi un bien humain, un bien qui, s’il n’est pas humain, est égoïste. Mais le péché est en eux, avec sa concupiscence. Elle n’est pas encore venue, l’heure bénie et tellement, tellement redoutable, bien que l’amour de Dieu et de l’homme me la fasse désirer, où tu annuleras le Péché. Oh! cette heure! Comme il tremble, le cœur de ta Maman, pour cette heure! Que te feront-ils, Fils? Fils Rédempteur dont les Prophètes prédisent un tel martyre?” “N’y pense pas, Maman. Dieu t’aidera à cette heure là. Dieu nous aidera, Moi et Toi. Et après, ce sera la paix. Je te le dis, encore une fois. Maintenant, va. La nuit va tomber et le chemin est long. Je te bénis.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/
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