"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe Paul VI
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
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Dimanche 1er mai 2016, Sixième dimanche de Pâques

Évangile de Jésus-Christ selon saint saint Jean 14,23-29.
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. Celui qui ne m'aime pas ne restera pas fidèle à mes paroles. Or, la parole que vous entendez n'est pas de moi : elle est du Père, qui m'a envoyé. Je vous dis tout cela pendant que je demeure encore avec vous ; mais le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. C'est la paix que je vous laisse, c'est ma paix que je vous donne ; ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m'en vais, et je reviens vers vous. Si vous m'aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit toutes ces choses maintenant, avant qu'elles n'arrivent ; ainsi, lorsqu'elles arriveront, vous croirez.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 9, Ch 19, p 182 - CD 9, piste 65 -
(...)“Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie. Vous me l'avez entendu dire et expliquer plusieurs fois et, en vérité certains, qui ne savaient même pas qu'il existe un Dieu, se sont avancés sur le chemin, sur mon chemin et ont déjà de l'avance sur vous. Oh! où es-tu, brebis perdue de Dieu que j'ai ramenée au bercail? Où es-tu, toi dont l'âme est ressuscitée?” “Qui? De qui parles-tu? De Marie de Lazare? Elle est à côté, avec ta Mère. Tu la veux? Ou bien tu veux Jeanne? Certainement elle est dans son palais, mais si tu veux, nous allons l'appeler…” “Non. Pas elles… Je pense à celle qui ne sera dévoilée que dans le Ciel… et à Fotinaï… Elles m'ont trouvé et n'ont plus quitté mon chemin. À l'une j'ai indiqué le Père comme Dieu vrai et l'Esprit comme lévite dans cette adoration individuelle. À l'autre, qui ne savait même pas qu'elle avait un esprit, j'ai dit: "Mon nom est Sauveur. Je sauve celui qui a bonne volonté de se sauver. Je suis Celui qui cherche ceux qui sont perdus pour leur donner la Vie, la Vérité et la Pureté. Qui me cherche me trouve". Et toutes deux ont trouvé Dieu… Je vous bénis. Eves faibles devenues plus fortes que Judith… Je viens, où vous êtes je viens… Vous me consolez… Soyez bénies!…” “Montre-nous le Père, Seigneur, et nous serons pareilles à elles” dit Philippe. “Depuis si longtemps je suis avec vous, et toi, Philippe, tu ne m'as pas encore connu? Qui me voit mon Père. Comment donc peux-tu dire: "Montre-nous le Père"? Tu n'arrives pas à croire que je suis dans le Père et le Père est en Moi? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de Moi-même. Mais le Père qui demeure en Moi accomplit toutes mes œuvres, et vous ne croyez pas que je suis dans le Père et Lui est en Moi? Que dois-je dire pour vous faire croire? Mais si vous ne croyez pas aux paroles, croyez au moins aux œuvres. Je vous dis et je vous le dis avec vérité: celui qui croit en Moi fera les œuvres que je fais, et en fera encore de plus grandes, parce que je vais au Père. Et tout ce que vous demanderez au Père en mon nom je le ferai pour que le Père soit glorifié en son Fils. Et je ferai ce que vous me demanderez au nom de mon Nom. Mon Nom est connu, pour ce qu'il est réellement, à Moi seul, au Père qui m'a engendré et à l'Esprit qui procède de notre amour. Et par ce Nom tout est possible. Qui pense, à mon Nom avec amour m'aime, et obtient. Mais il ne suffit pas de m'aimer. Il faut observer mes commandements pour avoir le véritable amour. Ce sont les œuvres qui témoignent des sentiments, et au nom de cet amour, je prierai le Père, et Lui vous donnera un autre Consolateur pour qu'Il reste pour toujours avec vous. Quelqu'un que Satan et le monde ne peuvent atteindre, l'Esprit de Vérité que le monde ne peut recevoir et ne peut frapper, car il ne le voit pas et ne le connaît pas. Il s'en moquera. Mais Lui est si élevé que le mépris ne pourra l'atteindre alors que, compatissant au-delà de toute mesure, Il sera toujours avec celui qui l'aime, même s'il est pauvre et faible. Vous le connaîtrez car Il demeure déjà avec vous et bientôt sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins. Je vous l'ai déjà dit: "Je reviendrai à vous". Mais je viendrai avant que ce soit l'heure de venir vous prendre pour aller dans mon Royaume. Je viendrai à vous. D'ici peu, le monde ne me verra plus. Mais vous me voyez et vous me verrez parce que je vis et vous vivez, parce que je vivrai et vous aussi vivrez. Ce jour-là, vous saurez que je suis en mon Père, et vous en Moi, et Moi en vous. En effet, celui qui accueille mes préceptes et les observe, celui-là m'aime, et celui qui m'aime sera aimé de mon Père et il possédera Dieu car Dieu est charité et celui qui aime a Dieu en lui. Et je l'aimerai car en lui je verrai Dieu, et je me manifesterai à lui en me faisant connaître dans les secrets de mon amour, de ma sagesse, de ma Divinité Incarnée. Ce seront mes retours parmi les fils de l'homme que j'aime bien qu'ils soient faibles et même ennemis. Mais ceux-ci seront seulement faibles. Et je les fortifierai et je leur dirai: "Lève-toi!", je dirai: "Viens dehors!", je dirai: "Suis-moi", je dirai: "Écoute", je dirai: "Écris"… et vous êtes parmi ceux-ci.” “Pourquoi, Seigneur, te manifestes-tu à nous et pas au monde?” demande Jude Thaddée. “Parce que vous m'aimez et observez mes paroles. Celui qui agira ainsi sera aimé de mon Père et Nous viendrons à lui et Nous établirons notre demeure chez lui, en lui. Alors que celui qui ne m'aime pas n'observe pas mes paroles et agit selon la chair et le monde. Maintenant sachez que ce que je vous ai dit n'est pas parole de Jésus de Nazareth, mais parole du Père parce que Je suis le Verbe du Père qui m'a envoyé. Je vous ai dit ces choses en parlant ainsi, avec vous, parce que je veux vous préparer Moi-même à la possession complète de la Vérité et de la Sagesse. Mais vous ne pouvez encore comprendre et vous souvenir. Pourtant, quand viendra à vous le Consolateur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, alors vous pourrez comprendre et Lui vous enseignera tout et vous rappellera ce que je vous ai dit. Je vous laisse ma paix. Je vous donne ma paix. Je vous la donne non comme la donne le monde, ni même comme jusqu'à présent je vous l'ai donnée: le salut béni du Béni à ceux qui sont bénis. Plus profonde est la Paix que maintenant je vous donne. En cet adieu, je vous communique Moi-même, mon Esprit de paix, comme je vous ai communiqué mon Corps et mon Sang, pour qu'en vous reste une force dans la bataille imminente. Satan et le monde vont déchaîner la guerre contre votre Jésus. C'est leur heure. Ayez en vous la Paix, mon Esprit qui est un esprit de paix, car je suis le Roi de la Paix. Ayez-la pour ne pas être trop abandonnés. Celui qui souffre avec la paix de Dieu en lui, souffre mais sans blasphème et sans désespoir. Ne pleurez pas. Vous avez bien entendu que j'ai dit: "Je vais au Père et puis je reviendrai". Si vous m'aimiez au-delà de la chair vous vous réjouiriez, car je vais au Père après un si long exil… Je vais vers Celui qui est plus grand que Moi et qui m'aime. Je vous l'ai dit maintenant, avant que cela s'accomplisse, comme je vous ai dit toutes les souffrances du Rédempteur avant d'aller vers elles afin que, quand tout sera accompli, vous croyiez toujours plus en Moi. Ne vous troublez pas ainsi! Ne vous effrayez pas. Votre cœur a besoin d'équilibre… Je n'ai plus que peu à vous parler… et j'ai encore tant à dire! Arrivé au terme de mon évangélisation, il me semble n'avoir encore rien dit et tant, tant, tant il reste encore à faire. Votre état augmente cette sensation. Et que dirai-je, alors? Que j'ai manqué à mon devoir? Ou que vous êtes si durs de cœur que cela n'a servi à rien? Vais-je douter? Non. Je me fie à Dieu et je vous confie à Lui vous, mes bien-aimés. Lui accomplira l'œuvre de son Verbe. Je ne suis pas comme un père qui meurt et n'a d'autre lumière que l'humaine. J'espère en Dieu., Et même en sentant en Moi se presser tous les conseils dont je vois que vous avez besoin et en voyant fuir le temps, je vais tranquille vers mon sort. Je sais que sur les semences tombées en vous, va descendre une rosée qui les fera toutes germer, et puis viendra le soleil du Paraclet, et elles deviendront un arbre puissant. Il va venir le prince de ce monde, avec qui je n'ai rien à faire. Et, si ce n'avait été dans un but de rédemption, il n'aurait rien pu sur Moi. Mais cela arrive afin que le monde sache que j'aime le Père et que je l'aime jusqu'à l'obéissance qui me soumet à la mort et que je fais ce qu'Il m'a ordonné. C'est l'heure de partir. Levez-vous, et écoutez les ultimes paroles. Je suis la vraie Vigne et c'est mon Père qui la cultive. Tout sarment qui ne porte pas de fruit Lui le coupe et celui qui porte du fruit Il le taille pour qu'il en porte encore plus. Vous êtes déjà purifiés par ma parole. Demeurez en Moi et Moi en vous pour continuer à être tels. Le sarment détaché de la vigne ne peut faire de fruit. Il en est ainsi pour vous si vous ne restez pas en Moi. Je suis la Vigne et vous les sarments. Celui qui reste uni à Moi porte des fruits abondants. Mais si l'un se détache, il devient un rameau sec que l'on jette au feu et que l'on brûle, car sans l'union avec Moi, vous ne pouvez rien faire. Restez donc en Moi, et que mes paroles restent en vous, puis demandez ce que vous voulez et cela vous sera fait. Mon Père sera toujours d'autant plus glorifié que vous porterez davantage de fruit et que vous serez davantage mes disciples. Comme le Père m'a aimé, il en est de même pour Moi avec vous. Demeurez dans mon amour qui sauve. En m'aimant vous serez obéissants, et l'obéissance fait croître l'amour réciproque. Ne dites pas que je me répète. Je connais votre faiblesse, et je veux que vous vous sauviez. Je vous ai dit ces choses pour que la joie que j'ai voulu vous donner soit en vous et soit complète. Aimez-vous, aimez-vous! C'est mon nouveau commandement. Aimez-vous réciproquement plus que chacun de vous ne s'aime lui-même. Il n'y a pas de plus grand amour que celui de qui donne sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis et Moi, je donne ma vie pour vous. Faites ce que je vous enseigne et commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître, alors que vous, vous savez ce que je fais. Vous savez tout de Moi. Je vous ai manifesté non seulement Moi-même, mais aussi le Père et le Paraclet, et tout ce que j'ai entendu de Dieu. Ce n'est pas vous qui vous êtes choisis. Mais c'est Moi qui vous ai choisis et je vous ai élus pour que vous alliez parmi les peuples et que vous fassiez du fruit en vous et dans les cœurs de ceux qui seront évangélisés, et que votre fruit demeure, et que le Père vous donne tout ce que vous demanderez en mon nom. Ne dites pas: "Et alors si tu nous as choisis, pourquoi as-tu choisi un traître? Si tu connais tout, pourquoi as-tu fait cela?" Ne vous demandez pas non plus qui est celui-là. Ce n'est pas un homme, c'est Satan. Je l'ai dit à l'ami fidèle et je l'ai laissé dire par le fils aimé. C'est Satan. Si Satan ne s'était pas incarné, l'éternel singe de Dieu, en une chair mortelle, ce possédé n'aurait pas pu se soustraire à mon pouvoir de Jésus. J'ai dit: "possédé". Non. Il est beaucoup plus: il est anéanti en Satan.” “Pourquoi, Toi qui as chassé les démons, ne l'as-tu pas délivré?” demande Jacques d'Alphée. “Le demandes-tu par amour pour toi, craignant de l'être? Ne le crains pas.” “Moi alors?” “Moi?” “Moi?” “Taisez-vous. Je ne dis pas ce nom. J'use de miséricorde, et vous, faites la même chose.” “Mais pourquoi ne l'as-tu pas vaincu? Tu ne le pouvais pas?” “Je le pouvais. Mais pour empêcher Satan de s'incarner pour me tuer, j'aurais dû exterminer la race humaine avant la Rédemption. Qu'aurais-je racheté alors?” “Dis-le-moi, Seigneur, dis-le-moi!” Pierre s'est glissé à genoux et secoue Jésus avec frénésie, comme s'il était en proie au délire. “Est-ce moi? Est-ce moi? Je m'examine? Il ne me semble pas. Mais Toi… Tu as dit que je te renierai… Et je tremble… Oh! quelle horreur si c'était moi!…” “Non, Simon de Jonas, pas toi.” “Pourquoi m'as-tu enlevé mon nom de "Pierre"? Je suis donc redevenu Simon? Tu le vois? Tu le dis!… C'est moi! Mais comment ai-je pu? Dites-le… dites-le vous… Quand est-ce que j'ai pu devenir traître?… Simon?… Jean?… Mais parlez!…” “Pierre, Pierre, Pierre! Je t'appelle Simon parce que je pense à notre première rencontre quand tu étais Simon. Et je pense comment tu as toujours été loyal dès le premier moment. Ce n'est pas toi. Je te le dis Moi: Vérité.” “Qui alors?” “Mais c'est Judas de Kériot! Tu ne l'as pas encore compris?” crie le Thaddée qui n'arrive plus à se contenir. “Pourquoi ne me l'as-tu pas dit avant? Pourquoi?” crie aussi Pierre. “Silence. C'est Satan. Il n'a pas d'autre nom. Où vas-tu, Pierre?” “Le chercher.” “Dépose tout de suite ce manteau et cette arme. Ou bien je dois te chasser et te maudire?” “Non, non! Oh! mon Seigneur! Mais moi… mais moi… Je suis peut-être malade de délire, moi? Oh! Oh!” Pierre pleure après s'être jeté par terre aux pieds de Jésus. “Je vous donne le commandement de vous aimer et de pardonner. Avez-vous compris? Si dans le monde il y a aussi la haine, qu'en vous il n'y ait que l'amour. Pour tous. Combien de traîtres vous trouverez sur votre route! Mais vous ne devez pas haïr et rendre le mal pour le mal. Autrement le Père vous haïra. Avant vous, j'ai été haï et trahi, Moi. Et pourtant, vous le voyez, je ne hais pas. Le monde ne peut aimer ce qui n'est pas comme lui. Il ne vous aimera donc pas. Si vous lui apparteniez il vous aimerait, mais vous n'êtes pas du monde, car je vous ai pris du milieu du monde, et c'est pour cela que vous êtes haïs. Je vous ai dit: le serviteur n'est pas plus que le maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi. S'ils m'ont écouté, ils vous écouteront vous aussi. Mais ils feront tout à cause de mon nom parce qu'ils ne connaissent pas, ne veulent pas connaître Celui qui m'a envoyé. Si je n'étais pas venu et si je n'avais pas parlé, ils ne seraient pas coupables, mais maintenant leur péché est sans excuse. Ils ont vu mes œuvres, entendu mes paroles, et pourtant ils m'ont haï, et avec Moi le Père, parce que le Père et Moi, nous sommes une seule Unité avec l'Amour. Mais il était écrit: "Tu m'as haï sans raison". Cependant quand sera venu le Consolateur, l'Esprit de vérité qui procède du Père, ce sera Lui qui rendra témoignage de Moi, et vous aussi, vous me rendrez témoignage parce que dès le début vous avez été avec Moi. Ceci je vous le dis pour que, quand ce sera l'heure, vous ne soyez pas abattus et scandalisés. Il va venir le temps où ils vous chasseront des synagogues et où celui qui vous tuera pensera rendre ainsi un culte à Dieu. Ils n'ont connu ni le Père ni Moi. C'est là leur excuse. Je ne vous ai pas dit ces choses en les développant autant avant maintenant, parce que vous étiez comme des enfants à peine nés. Mais maintenant la mère vous quitte. Je m'en vais. Vous devez vous accoutumer à une autre nourriture. Je veux que vous la connaissiez. Personne ne me demande plus: "Où vas-tu?" La tristesse vous rend muets. Et pourtant, c'est un bien pour vous aussi que je m'en aille, autrement le Consolateur ne viendra pas. C'est Moi qui vous l'enverrai. Et quand Il sera venu, par le moyen de la sagesse et de la parole, les œuvres et l'héroïsme qu'Il versera en vous, Il convaincra le monde de son péché déicide et de la justice de ma sainteté. Et le monde sera nettement divisé en réprouvés, ennemis de Dieu, et en croyants. Ces derniers seront plus ou moins saints, selon leur volonté. Mais le jugement du prince du monde et de ses serviteurs sera fait. Je ne puis vous en dire davantage car vous ne pouvez encore comprendre. Mais Lui, le Divin Paraclet, vous donnera la Vérité entière car Il ne parlera pas de Lui-même, mais Il dira tout ce qu'Il aura entendu de l'esprit de Dieu et Il vous annoncera l'avenir. Il prendra ce qui vient de Moi, c'est-à-dire de ce qui encore appartient au Père, et vous le dira. Encore un peu de temps pour se voir, ensuite vous ne me verrez plus. Et ensuite encore un peu de temps, et puis vous me verrez. Vous murmurez entre vous et dans votre cœur. Écoutez une parabole. La dernière de votre Maître. Quand une femme a conçu et arrive à l'heure de l'enfantement, elle est dans une grande affliction car elle souffre et gémit. Mais quand son petit enfant est venu au jour, et qu'elle le serre sur son cœur, toute peine cesse et la tristesse se change en joie parce qu'un homme est venu au monde. Ainsi pour vous. Vous pleurerez et le monde rira de vous, mais ensuite votre tristesse se changera en joie. Une joie que le monde ne connaîtra jamais. Vous êtes tristes maintenant, mais quand vous me reverrez, votre cœur deviendra plein d'une joie que personne n'aura plus le pouvoir de vous ravir. Une joie tellement pleine qu'elle estompera tout besoin de demander à la fois pour l'esprit et pour le cœur et pour la chair. Vous vous repaîtrez seulement de ma vue, oubliant toute autre chose. Mais justement, à partir de ce moment-là vous pourrez tout demander en mon nom, et cela vous sera donné par le Père pour que vous ayez toujours plus de joie. Demandez, demandez. Et vous recevrez. L'heure vient où je pourrai vous parler ouvertement du Père. Ce sera parce que vous aurez été fidèles dans l'épreuve et tout sera surmonté. Votre amour sera parfait du fait qu'il vous aura donné la force dans l'épreuve. Et ce qui vous manquera, je vous l'ajouterai en le prenant de mon immense trésor et en disant: "Père, tu le vois. Ils m'ont aimé en croyant que je suis venu de Toi". Descendu dans le monde, maintenant je le quitte et je vais au Père, et je prierai pour vous.” “Oh! maintenant, tu t'expliques. Maintenant nous savons ce que tu veux dire et que tu sais tout et que tu réponds sans que personne t'interroge. Vraiment tu viens de Dieu!” “Vous croyez maintenant? À la dernière heure? Cela fait trois ans que je vous parle! Mais déjà en vous opère le Pain qui est Dieu et le Vin qui est Sang qui n'est pas venu de l'homme et vous donne le premier frisson de la déification. Vous deviendrez des dieux si vous persévérez dans mon amour et dans ma possession. Non pas comme l'a dit Satan à Adam et Eve, mais comme je vous le dis. C'est le vrai fruit de l'arbre du Bien et de la Vie. Le Mal est vaincu en qui s'en nourrit, et la Mort est morte. Qui en mange vivra éternellement et deviendra "dieu" dans le Royaume de Dieu. Vous serez des dieux si vous restez en Moi. Et pourtant voilà… bien qu'ayant en vous ce Pain et ce Sang, puisque arrive l'heure où vous serez dispersés, vous vous en irez pour votre compte et vous me laisserez seul… Mais je ne suis pas seul. J'ai le Père avec Moi. Père, Père! Ne m'abandonne pas! Je vous ai tout dit… Pour vous donner la paix, ma paix. Vous serez encore opprimés. Mais ayez foi. J'ai vaincu le monde.” Jésus se lève, ouvre les bras en croix et dit avec un visage lumineux la sublime prière au Père. Jean la rapporte intégralement. Les apôtres pleurent plus ou moins ouvertement et bruyamment. Pour finir, ils chantent un hymne. Jésus les bénit, puis il ordonne: “Mettons nos manteaux maintenant et partons. André, dis au chef de maison de laisser tout ainsi, par ma volonté. Demain… cela vous fera plaisir de revoir ce lieu.” Jésus le regarde. Il paraît bénir les murs, le mobilier, tout. Puis il prend son manteau et s'éloigne, suivi des disciples. Près de Lui se trouve Jean auquel il s'appuie. “Tu ne salues pas la Mère?” Lui demande le fils de Zébédée. “Non. Tout est déjà fait. Ne faites pas de bruit.” Simon, qui a allumé une torche à la lampe, éclaire le vaste corridor qui va à la porte. Pierre ouvre avec précaution le portail et ils sortent tous sur le chemin et puis, faisant jouer une clef, ils ferment du dehors et ils se mettent en route.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 24 avril 2016, Cinquième dimanche de Pâques

Évangile de Jésus-Christ selon saint saint Jean 13,31-33.34-35.
Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l'homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu en retour lui donnera sa propre gloire ; et il la lui donnera bientôt. Mes petits enfants, je suis encore avec vous, mais pour peu de temps, et vous me chercherez. J'ai dit aux Juifs : Là où je m'en vais, vous ne pouvez pas y aller. Je vous le dis maintenant à vous aussi. Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 9, Ch 19, p 175 - CD 9, piste 65 -
(...) Jésus pour la troisième fois verse du vin dans le calice commun. Il boit, fait boire. Puis il entonne et les autres font un chœur: “J'aime parce que le Seigneur écoute la voix de ma prière, parce qu'Il tend son oreille vers moi. Je l'invoquerai toute ma vie. J'étais entouré des douleurs de mort” etc. Un moment d'arrêt, puis il recommence à chanter: “J'ai eu foi, c'est pour cela que j'ai parlé. Mais j'ai été fortement humilié. Et je disais dans mon trouble: "Tout homme est menteur".” Il regarde fixement Judas. La voix de mon Jésus, fatiguée ce soir, reprend sa force quand il s'écrie: “Elle est précieuse devant Dieu la mort des saints” et “Tu as brisé mes chaînes. Je te sacrifierai une hostie de louange en invoquant le nom du Seigneur” etc. Un autre bref arrêt dans le chant et puis il reprend: “Louez tous le Seigneur, ô nations; louez-le tous les peuples. Car elle s'est affermie sur nous sa miséricorde et la vérité du Seigneur dure éternellement.” Un autre arrêt bref et puis un long hymne: “Célébrez le Seigneur car Il est bon, car sa miséricorde dure éternellement…” Judas de Kériot chante tellement faux que par deux fois Thomas lui redonne le ton de sa puissante voix de baryton et le regarde fixement. Les autres aussi le regardent car généralement il est bien dans le ton de sa voix, j'ai compris, qu'il en est orgueilleux comme du reste. Mais ce soir! Certaines phrases le troublent au point qu'il chante faux et de même des regards de Jésus qui soulignent certaines phrases. L'une d'elles: “Il vaut mieux avoir confiance en Dieu que d'avoir confiance en l'homme.” Une autre: “Bousculé, j'ai vacillé et j'allais tomber, mais le Seigneur m'a soutenu.” Une autre c'est: “Je ne mourrai pas, mais je vivrai et je raconterai les œuvres du Seigneur.” Et enfin ces deux, que je dis maintenant, étranglent la voix dans la gorge du Traître: “La pierre rejetée par les constructeurs est devenue la pierre d'angle” et “Béni celui qui vient au nom du Seigneur!” Le psaume fini, pendant que Jésus découpe des tranches de l'agneau et les présente, Mathieu demande à Judas de Kériot: “Mais tu te sens mal?” “Non. Laisse-moi tranquille. Ne t'occupe pas de moi.” Mathieu hausse les épaules. Jean, qui a entendu, dit: “Le Maître aussi n'est pas bien. Qu'as-tu mon Jésus? Ta voix est faible comme celle d'un malade ou de quelqu'un qui a beaucoup pleuré” et il l'embrasse en restant la tête sur la poitrine de Jésus. “Il a seulement beaucoup parlé, comme moi j'ai beaucoup marché et pris froid” dit Judas nerveux. Et Jésus, sans lui répondre, dit à Jean: “Tu me connais désormais… et tu sais ce qui me fatigue…” L'agneau est presque consommé. Jésus, qui a très peu mangé en buvant seulement une gorgée de vin à chaque calice et en buvant par contre beaucoup d'eau comme s'il était fiévreux, recommence à parler: “Je veux que vous compreniez mon geste de tout à l'heure. Je vous ai dit que le premier est comme le dernier, et que je vous donnerai une nourriture qui n'est pas corporelle. C'est une nourriture d'humilité que je vous ai donnée, pour votre esprit. Vous m'appelez Maître et Seigneur. Vous dites bien car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez le faire l'un pour l'autre. Je vous ai donné l'exemple afin que vous fassiez comme j'ai fait. En vérité je vous dis: le serviteur n'est pas plus que le Maître, et l'apôtre n'est pas plus que Celui qui l'a fait tel. Cherchez à comprendre ces choses. Si ensuite, en les comprenant, vous les mettez en pratique vous serez bienheureux. Mais vous ne serez pas tous bienheureux. Je vous connais. Je sais qui j'ai choisi. Je ne parle pas de tous de la même manière, mais je dis ce qui est vrai. D'autre part doit s'accomplir ce qui est écrit à mon sujet: "Celui qui a mangé le pain avec Moi, a levé son talon sur Moi". Je vous dis tout avant que cela n'arrive, pour que vous n'ayez pas de doutes sur Moi. Quand tout sera accompli, vous croirez encore davantage que Je suis Moi. Celui qui m'accueille, accueille Celui qui m'a envoyé: le Père Saint qui est dans les Cieux, et celui qui accueillera ceux que je lui enverrai il m'accueillera Moi-même. Car je suis avec le Père et vous êtes avec Moi… Mais maintenant accomplissons le rite.” Il verse de nouveau du vin dans le calice commun et avant d'en boire et d'en faire boire il se lève, et tous se lèvent avec Lui et il chante de nouveau un des psaumes d'auparavant: “J'ai eu foi, et c'est pour cela que j'ai parlé…” et puis un autre qui n'en finit pas. Beau… mais sans fin! Je crois le retrouver, pour le commencement et la longueur, dans le psaume 118. Ils le chantent ainsi. Un morceau tous ensemble, puis à tour de rôle chacun dit un verset et les autres un morceau ensemble, et ainsi jusqu'à la fin. Je crois qu'à la fin ils ont soif! Jésus s'assied, il ne s'allonge pas. Il reste assis, comme nous, et il parle: “Maintenant que l'ancien rite est accompli, je célèbre le nouveau rite. Je vous ai promis un miracle d'amour. C'est l'heure de le faire. C'est pour cela que j'ai désiré cette Pâque. Dorénavant voilà l'Hostie qui sera consommée dans un perpétuel rite d'amour. Je vous ai aimés pour toute la vie de la Terre, mes chers amis. Je vous ai aimés pour toute l'éternité, mes fils. Et je veux vous aimer jusqu'à la fin. Il n'y a pas de chose plus grande que celle-là. Rappelez-vous-en. Je m'en vais, mais nous resterons unis pour toujours grâce au miracle que maintenant j'accomplis.” Jésus prend un pain encore entier, le met sur le calice rempli. Il bénit et offre l'un et l'autre, puis il partage le pain, en fait treize morceaux et en donne un à chacun des apôtres en disant: “Prenez et mangez. Ceci est mon Corps. Faites ceci en mémoire de Moi qui m'en vais.” Il donne le calice et dit: “Prenez et buvez. Ceci est mon Sang. Ceci est le calice du nouveau pacte dans le Sang et par mon Sang qui sera répandu pour vous pour la rémission de vos péchés et pour vous donner la Vie. Faites ceci en mémoire de Moi.” Jésus est très triste. Tout sourire, toute trace de lumière, de couleur l'ont abandonné. Il a déjà un visage d'agonie. Les apôtres le regardent angoissés. Jésus se lève en disant: “Ne bougez pas. Je reviens tout de suite.” Il prend le treizième morceau de pain, prend le calice et sort du Cénacle. “Il va trouver sa Mère” murmure Jean. Et Jude Thaddée soupire: “Pauvre femme!” Pierre demande tout bas: “Crois-tu qu'elle sache?” “Elle sait tout. Elle a toujours tout su.” Ils parlent tous à voix très basse comme devant un mort. “Mais croyez-vous que vraiment…” demande Thomas qui ne veut pas encore croire. “Et en doutes-tu? C'est son heure” répond Jacques de Zébédée. “Que Dieu nous donne la force d'être fidèles” dit le Zélote. “Oh! moi…” va dire Pierre. Mais Jean, qui est aux aguets, dit: “Chut! Le voici.” Jésus rentre. Il a dans les mains le calice vide. Sur le fond il y a à peine une trace de vin, et sous la lumière du lampadaire elle semble vraiment du sang. Judas Iscariote, qui a devant lui le calice, le regarde comme fasciné, et puis il détourne son regard. Jésus l'observe et il a un frisson que ressent Jean, appuyé comme il l'est sur sa poitrine. “Mais dis-le! Tu trembles…” s'écrie-t-il. “Non. Je ne tremble pas de fièvre… Je vous ai tout dit et je vous ai tout donné. Je ne pouvais vous donner davantage. C'est Moi-même que je vous ai donné.” Il a son doux geste des mains qui, d'abord jointes, se séparent maintenant et s'écartent alors qu'il baisse la tête comme pour dire: “Excusez-moi si je ne puis davantage. C'est ainsi.” “Je vous ai tout dit, et je vous ai tout donné. Et je répète. Le nouveau rite est accompli. Faites ceci en mémoire de Moi. Je vous ai lavé les pieds pour vous apprendre à être humbles et purs comme votre Maître. Car je vous dis qu'en vérité les disciples doivent être comme le Maître. Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en. Même quand vous serez haut placés, souvenez-vous-en. Le disciple n'est pas plus que le Maître. Comme je vous ai lavés, faites-le entre vous. C'est-à-dire aimez-vous comme des frères, en vous aidant l'un l'autre, en vous vénérant réciproquement, en étant un exemple l'un pour l'autre. Et soyez purs. Pour être dignes de manger le Pain vivant descendu du Ciel et pour avoir en vous et par Lui la force d'être mes disciples dans un monde ennemi qui vous haïra à cause de mon Nom. Mais l'un de vous n'est pas pur. L'un de vous me trahira. De cela, mon esprit est fortement troublé… La main de celui qui me trahit est avec Moi sur cette table, et ni mon amour, ni mon Corps, ni mon Sang, ni ma parole ne le rappellent ni ne le font repentir. Je lui pardonnerais en allant à la mort pour lui aussi.” Les disciples se regardent terrifiés. Ils se scrutent, se suspectant l'un l'autre. Pierre fixe l'Iscariote dans un réveil de tous ses doutes. Jude Thaddée se lève brusquement pour regarder à son tour l'Iscariote au-dessus de Mathieu. Mais l'Iscariote a tant d'assurance! À son tour, il regarde fixement Mathieu comme s'il le suspectait, puis il fixe Jésus et sourit en demandant: “Serait-ce moi, celui-là?” Il paraît le plus sûr de son honnêteté et qu'il parle ainsi pour ne pas laisser tomber la conversation. Jésus répète son geste en disant: “Tu le dis, Judas de Simon. Ce n'est pas Moi, c'est toi qui le dis. Je ne t'ai pas nommé. Pourquoi t'accuses-tu? Interroge ton admoniteur intérieur, ta conscience d'homme, la conscience que le Dieu Père t'a donnée pour te conduire en homme, et rends-toi compte si elle t'accuse. Tu le sauras avant tous. Mais si elle te rassure, pourquoi dis-tu une parole et penses-tu à une chose dont il est anathème même d'en parler ou d'y penser par plaisanterie?” Jésus parle avec calme. Il semble qu'il soutienne la thèse proposée comme peut le faire un savant à sa classe. L'émoi est grand, mais le calme de Jésus l'apaise. Cependant Pierre qui soupçonne le plus Judas - peut-être le Thaddée aussi, mais il le paraît moins, désarmé comme il l'est par la désinvolture de l'Iscariote - tire Jean par la manche. Quand Jean, qui s'est tout serré contre Jésus en entendant parler de trahison, se tourne, il lui murmure: “Demande-lui qui c'est.” Jean reprend sa position et lève seulement la tête comme pour baiser Jésus et en même temps Lui murmure à l'oreille: “Maître, qui est-ce?” Et Jésus, très doucement, en lui rendant le baiser dans les cheveux: “Celui auquel je vais donner un morceau de pain trempé.” Et prenant un pain encore entier, pas le reste de celui qui a servi pour l'Eucharistie, en détache une grosse bouchée, la trempe dans la sauce de l'agneau dans le plateau, il allonge le bras au-dessus de la table et dit: “Prends, Judas. Tu aimes cela.” “Merci, Maître. Oui, j'aime cela” et ne sachant pas ce qu'est cette bouchée, il la mange, alors que Jean, horrifié, va jusqu'à fermer ses yeux pour ne pas voir l'horrible rire de l'Iscariote pendant qu'il mange à belles dents le pain accusateur. “Bon! Va, maintenant que je t'ai fait plaisir” dit Jésus à Judas. “Tout est accompli, ici (il marque beaucoup ce mot). Ce qui reste encore à faire ailleurs, fais-le vite, Judas de Simon.” “Je t'obéis de suite, Maître. Ensuite je te rejoindrai au Gethsémani. Tu vas là, n'est-ce pas, comme toujours?” “J'y vais… comme toujours… oui.” “Qu'a-t-il à faire?” demande Pierre. “Il va seul?” “Je ne suis pas un enfant” plaisante Judas qui met son manteau. “Laisse-le aller. Lui et Moi savons ce qu'il y a à faire” dit Jésus. “Oui, Maître.” Pierre se tait. Peut-être pense-t-il qu'il a péché en soupçonnant son compagnon. La main sur le front, il réfléchit. Jésus serre Jean sur son cœur et se tourne pour lui murmurer dans les cheveux: “Ne dis rien à Pierre pour le moment. Ce serait un scandale inutile.” “Adieu, Maître. Adieu, amis.” Judas salue. “Adieu” dit Jésus. Et Pierre: “Je te salue, garçon.” Jean, la tête presque sur le sein de Jésus, murmure: “Satan!” Jésus seul l'entend et soupire. Ici tout s'arrête, mais Jésus dit: “Je suspends par pitié pour toi. Je te donnerai la fin de la Cène à un autre moment.” (la cène continue) Il y a quelques minutes de silence absolu. Jésus a la tête inclinée, en caressant machinalement les cheveux blonds de Jean. Puis il se secoue, lève la tête, tourne son regard, a un sourire qui réconforte les disciples. Il dit: “Quittons la table et asseyons-nous tous les uns près des autres, comme autant de fils autour de leur père.” Ils prennent les lits-sièges qui étaient derrière la table (ceux de Jésus, Jean, Jacques, Pierre, Simon, André et du cousin Jacques) et ils les portent de l'autre côté. Jésus prend place sur le sien, toujours entre Jacques et Jean. Mais quand il voit qu'André va s'asseoir à la place laissée par l'Iscariote, il crie: “Non, pas là.” Un cri impulsif que son extrême prudence ne réussit pas à empêcher. Puis il se reprend en parlant ainsi: “Il n'est Pas besoin de tant de place. En restant assis, on peut tenir sur eux seuls. Ils suffisent. Je vous veux très proches.” Jacques de Zébédée appelle Pierre: “Assieds-toi ici. Moi, je m'assois sur ce petit tabouret, aux pieds de Jésus.” “Que Dieu te bénisse, Jacques! Je le désirais tant!” dit Pierre, et il se serre contre son Maître qui est ainsi serré de près par Jean et Pierre, avec Jacques à ses pieds. Jésus sourit: “Je vois que commence à opérer la parole dite auparavant. Les bons frères s'aiment. Moi aussi, je te dis, Jacques: "Que Dieu te bénisse". Ce geste aussi, l'Éternel ne l'oubliera pas, et tu le trouveras là-haut. Moi je puis tout ce que je demande. Vous l'avez vu. Il a suffi d'un de mes désirs pour que le Père accorde au Fils de se donner en Nourriture à l'homme. Avec ce qui vient d'arriver le Fils de l'homme a été glorifié car c'est un témoignage de pouvoir le miracle qui n'est possible qu'aux amis de Dieu. Plus le miracle est grand et plus est sûre et profonde cette divine amitié. C'est un miracle qui, par sa forme, sa durée et sa nature, par son étendue et les limites qu'il atteint, est le plus fort qui puisse exister. Je vous le dis: il est si puissant, surnaturel, inconcevable pour l'homme orgueilleux, que bien peu le comprendront comme il doit être compris et que beaucoup le négligeront. Que dirai-je alors? Condamnation pour eux? Non. Je dirai: pitié! Mais plus grand est le miracle, plus grande est la gloire qui en revient à son auteur. C'est Dieu Lui-même qui dit: "Voilà, mon bien-aimé a voulu cela, il l'a eu, et c'est Moi qui le Lui ai accordé, parce qu'il possède une grande grâce à mes yeux". Et ici Il dit: "Il a une grâce sans limites comme est infini le miracle accompli par Lui". De même à la gloire qui revient à l'auteur du miracle de la part de Dieu il y a la gloire qui de son auteur revient au Père. Car toute gloire spirituelle, venant de Dieu, revient à sa source. Et la gloire de Dieu, bien qu'elle soit infinie, s'accroît toujours plus et brille par la gloire de ses saints. C'est pourquoi je vous dis: de même que le Fils de l'homme a été glorifié par Dieu, ainsi Dieu a été glorifié par le Fils de l'homme. J'ai glorifié Dieu en Moi-même. À son tour Dieu glorifiera son Fils en Lui. C'est bientôt qu'Il va le glorifier. Exulte, Toi qui reviens à ton Siège, ô Essence spirituelle de la Seconde Personne! Exulte, ô chair qui vas remonter après un si long exil dans la fange. Et ce n'est pas le Paradis d'Adam, mais le Paradis sublime du Père qui va t'être donné comme demeure. S'il a été dit que par la stupeur d'un commandement de Dieu, donné par la bouche d'un homme, le soleil s'est arrêté, que n'arrivera-t-il pas dans les astres quand ils verront le prodige de la Chair de l'Homme monter et prendre place à la droite du Père dans sa Perfection de matière glorifiée? Mes petits enfants, c'est pour peu de temps encore que je reste avec vous. Et vous, ensuite, vous me chercherez comme des orphelins cherchent leur père mort. Et en pleurant, vous irez en parlant de Lui et vous frapperez en vain à son tombeau muet, et puis encore vous frapperez aux portes azurées du Ciel, avec votre âme lancée dans une suppliante recherche d'amour, disant: "Où est notre Jésus? Nous le voulons. Sans Lui, il n'y a plus de lumière dans le monde, ni de joie, ni d'amour. Rendez-le nous, ou bien laissez-nous entrer. Nous voulons être où il est". Mais, pour le moment, vous ne pouvez venir où je vais. Je l'ai dit aussi aux juifs: "Ensuite vous me chercherez, mais où je vais vous ne pouvez venir". Je le dis aussi à vous. Pensez à la Mère… Elle non plus ne pourra venir où je vais. Et pourtant j'ai quitté le Père pour venir à elle et me faire Jésus dans son sein sans tache. Et pourtant c'est de l'Inviolée que je suis venu dans l'extase lumineuse de ma Naissance. Et c'est de son amour, devenu lait, que je me suis nourri. Je suis fait de pureté et d'amour car Marie m'a nourri de sa virginité fécondée par l'Amour parfait qui vit dans le Ciel. Et pourtant c'est par elle que j'ai grandi, en lui coûtant fatigues et larmes… Et pourtant je lui demande un héroïsme tel que jamais il n'en a été accompli, et par rapport auquel celui de Judith et de Jahel sont des héroïsmes de pauvres femmes discutant avec leur rivale près de la fontaine de leur village. Et pourtant personne ne lui est pareil quand il s'agit de m'aimer. Et, malgré cela, je la laisse et je vais où elle ne viendra que dans beaucoup de temps. Pour elle ce n'est pas le commandement que je vous donne à vous: "Sanctifiez-vous année par année, mois par mois, jour par jour, heure par heure, pour pouvoir venir à Moi quand ce sera votre heure". En elle est toute grâce et toute sainteté. C'est la créature qui a tout eu et qui a tout donné. Il n'y a rien à ajouter ni à enlever. C'est le très saint témoignage de ce que peut Dieu. Mais pour être certain qu'il y a en vous la capacité de pouvoir me rejoindre, et d'oublier la douleur du deuil de la séparation de votre Jésus, je vous donne un commandement nouveau. Et c'est que vous vous aimiez les uns les autres. Comme je vous ai aimés, de même aimez-vous l'un l'autre. C'est par cela que l'on saura que vous êtes mes disciples. Quand un père a de nombreux fils, par quoi reconnaît-on qu'ils sont tels? Pas tellement par l'aspect physique - car il y a des hommes qui sont semblables à un autre homme avec lequel ils n'ont aucun rapport de sang ni non plus de nation -mais par l'amour commun pour la famille, pour leur père, et entre eux. Et le père une fois mort, la bonne famille ne se désagrège pas, parce qu'il y a un même sang et que c'est toujours celui qui vient de la semence du père, et il noue des liens que la mort elle-même ne délie pas parce que l'amour est plus fort que la mort. Or, si vous vous aimez même après que je vous aurai quittés, tous reconnaîtront que vous êtes mes fils et par conséquent mes disciples et que vous êtes frères entre vous, ayant eu un seul père.” “Seigneur Jésus, mais où vas-tu?” demande Pierre. “Je vais où, pour le moment, tu ne peux me suivre. Mais plus tard tu me suivras.” “Et pourquoi pas maintenant? Je t'ai toujours suivi depuis que tu m'as dit: "Suis-moi". J'ai tout quitté sans regret… Or, si tu t'en allais sans ton pauvre Simon, en me laissant sans Toi, mon Tout, alors que pour Toi j'ai quitté le peu de bien que j'avais, ce ne serait pas juste ni beau de ta part. Tu vas à la mort? C'est bien. Mais moi aussi je viens. Allons ensemble dans l'autre monde. Mais auparavant je t'aurai défendu. Je suis prêt à donner ma vie pour Toi.” “Tu donneras ta vie pour Moi? Maintenant? Maintenant non. En vérité, oh! c'est en vérité que je te le dis: le coq n'aura pas encore chanté que tu m'auras renié trois fois. Maintenant c'est encore la première veille. Puis viendra la seconde… et puis la troisième. Avant que résonne le chant du coq tu auras par trois fois renié ton Seigneur.” “Impossible, Maître ! Je crois à tout ce que tu dis, mais pas à cela. Je suis sûr de moi.” “Maintenant, pour l'instant tu es sûr, mais c'est parce que tu m'as encore. Tu as Dieu avec toi. D'ici peu le Dieu Incarné sera pris et vous ne l'aurez plus. Et Satan, après vous avoir déjà appesantis - ton assurance elle-même est une ruse de Satan, un poids pour t'appesantir - vous effraiera. Il vous insinuera: "Dieu n'existe pas. Moi j'existe". Et pourtant, bien que votre esprit sera aveuglé par l'épouvante, vous raisonnerez encore, et vous comprendrez que quand Satan est le maître du moment, le Bien est mort et le Mal agissant, l'esprit abattu et l'humain triomphant. Alors vous resterez comme des guerriers sans chef, poursuivis par l'ennemi, et dans votre frayeur de vaincus vous courberez l'échine devant le vainqueur, et pour n'être pas tués vous renierez le héros tombé - Mais, je vous en prie, que votre cœur ne se trouble pas. Croyez en Dieu, et croyez aussi en Moi. Croyez en Moi, contre toutes les apparences. Qu'il croie dans ma miséricorde et dans celle du Père aussi bien celui qui reste que celui qui fuit. Aussi bien celui qui se tait que celui qui ouvrira la bouche pour dire: "Je ne le connais pas". Croyez également dans mon pardon. Et croyez que quelles que soient dans l'avenir vos actions, dans le Bien et dans ma Doctrine, dans mon Église par conséquent, elles vous donneront une même place dans le Ciel. Dans la maison de mon Père il y a beaucoup de demeures. S'il n'en était pas ainsi, je vous l'aurais dit. Car je vais en avant, vous préparer une place pour vous. N'agissent-ils pas ainsi les bons pères quand ils doivent amener ailleurs leur petite famille? Ils vont à l'avance préparer la maison, le mobilier, les provisions, et puis ils viennent prendre leurs enfants les plus chers. Ils agissent ainsi par amour, pour que rien ne manque aux petits et qu'ils ne souffrent pas dans le nouveau village. J'agis de même et pour le même motif. Maintenant je m'en vais. Et quand j'aurai préparé une place pour chacun dans la Jérusalem céleste, je viendrai de nouveau, je vous prendrai avec Moi pour que vous soyez avec Moi où je suis, où il n'y aura ni mort, ni deuil, ni larmes, ni cris, ni faim, ni douleur, ni ténèbres, ni feu, mais seulement lumière, paix, béatitude et chant. Oh! chant des Cieux très hauts quand les douze élus seront sur les trônes avec les douze patriarches des douze tribus d'Israël, et chanteront dans l'ardeur du feu de l'amour spirituel, dressés sur la mer des béatitudes, le cantique éternel qui aura pour arpège l'éternel alléluia de l'armée angélique… Je veux que vous soyez là où je serai. Et vous savez où je vais et vous en connaissez le chemin.” “Mais, Seigneur! Nous ne savons rien. Tu ne nous dis pas où tu vas. Comment pouvons-nous savoir le chemin à prendre pour venir vers Toi et pour abréger l'attente?” dit Thomas. “Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie. Vous me l'avez entendu dire et expliquer plusieurs fois et, en vérité certains, qui ne savaient même pas qu'il existe un Dieu, se sont avancés sur le chemin, sur mon chemin et ont déjà de l'avance sur vous. Oh! où es-tu, brebis perdue de Dieu que j'ai ramenée au bercail? Où es-tu, toi dont l'âme est ressuscitée?” “Qui? De qui parles-tu? De Marie de Lazare? Elle est à côté, avec ta Mère. Tu la veux? Ou bien tu veux Jeanne? Certainement elle est dans son palais, mais si tu veux, nous allons l'appeler…” “Non. Pas elles… Je pense à celle qui ne sera dévoilée que dans le Ciel… et à Fotinaï… Elles m'ont trouvé et n'ont plus quitté mon chemin. À l'une j'ai indiqué le Père comme Dieu vrai et l'Esprit comme lévite dans cette adoration individuelle. À l'autre, qui ne savait même pas qu'elle avait un esprit, j'ai dit: "Mon nom est Sauveur. Je sauve celui qui a bonne volonté de se sauver. Je suis Celui qui cherche ceux qui sont perdus pour leur donner la Vie, la Vérité et la Pureté. Qui me cherche me trouve". Et toutes deux ont trouvé Dieu… Je vous bénis. Eves faibles devenues plus fortes que Judith… Je viens, où vous êtes je viens… Vous me consolez… Soyez bénies!…” “Montre-nous le Père, Seigneur, et nous serons pareilles à elles” dit Philippe. “Depuis si longtemps je suis avec vous, et toi, Philippe, tu ne m'as pas encore connu? Qui me voit mon Père. Comment donc peux-tu dire: "Montre-nous le Père"? Tu n'arrives pas à croire que je suis dans le Père et le Père est en Moi? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de Moi-même. Mais le Père qui demeure en Moi accomplit toutes mes œuvres, et vous ne croyez pas que je suis dans le Père et Lui est en Moi? Que dois-je dire pour vous faire croire? Mais si vous ne croyez pas aux paroles, croyez au moins aux œuvres. Je vous dis et je vous le dis avec vérité: celui qui croit en Moi fera les œuvres que je fais, et en fera encore de plus grandes, parce que je vais au Père. Et tout ce que vous demanderez au Père en mon nom je le ferai pour que le Père soit glorifié en son Fils. Et je ferai ce que vous me demanderez au nom de mon Nom. Mon Nom est connu, pour ce qu'il est réellement, à Moi seul, au Père qui m'a engendré et à l'Esprit qui procède de notre amour. Et par ce Nom tout est possible. Qui pense, à mon Nom avec amour m'aime, et obtient. Mais il ne suffit pas de m'aimer. Il faut observer mes commandements pour avoir le véritable amour. Ce sont les œuvres qui témoignent des sentiments, et au nom de cet amour, je prierai le Père, et Lui vous donnera un autre Consolateur pour qu'Il reste pour toujours avec vous. Quelqu'un que Satan et le monde ne peuvent atteindre, l'Esprit de Vérité que le monde ne peut recevoir et ne peut frapper, car il ne le voit pas et ne le connaît pas. Il s'en moquera. Mais Lui est si élevé que le mépris ne pourra l'atteindre alors que, compatissant au-delà de toute mesure, Il sera toujours avec celui qui l'aime, même s'il est pauvre et faible. Vous le connaîtrez car Il demeure déjà avec vous et bientôt sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins. Je vous l'ai déjà dit: "Je reviendrai à vous". Mais je viendrai avant que ce soit l'heure de venir vous prendre pour aller dans mon Royaume. Je viendrai à vous. D'ici peu, le monde ne me verra plus. Mais vous me voyez et vous me verrez parce que je vis et vous vivez, parce que je vivrai et vous aussi vivrez. Ce jour-là, vous saurez que je suis en mon Père, et vous en Moi, et Moi en vous. En effet, celui qui accueille mes préceptes et les observe, celui-là m'aime, et celui qui m'aime sera aimé de mon Père et il possédera Dieu car Dieu est charité et celui qui aime a Dieu en lui. Et je l'aimerai car en lui je verrai Dieu, et je me manifesterai à lui en me faisant connaître dans les secrets de mon amour, de ma sagesse, de ma Divinité Incarnée. Ce seront mes retours parmi les fils de l'homme que j'aime bien qu'ils soient faibles et même ennemis. Mais ceux-ci seront seulement faibles. Et je les fortifierai et je leur dirai: "Lève-toi!", je dirai: "Viens dehors!", je dirai: "Suis-moi", je dirai: "Écoute", je dirai: "Écris"… et vous êtes parmi ceux-ci.” “Pourquoi, Seigneur, te manifestes-tu à nous et pas au monde?” demande Jude Thaddée. “Parce que vous m'aimez et observez mes paroles. Celui qui agira ainsi sera aimé de mon Père et Nous viendrons à lui et Nous établirons notre demeure chez lui, en lui. Alors que celui qui ne m'aime pas n'observe pas mes paroles et agit selon la chair et le monde. Maintenant sachez que ce que je vous ai dit n'est pas parole de Jésus de Nazareth, mais parole du Père parce que Je suis le Verbe du Père qui m'a envoyé. Je vous ai dit ces choses en parlant ainsi, avec vous, parce que je veux vous préparer Moi-même à la possession complète de la Vérité et de la Sagesse. Mais vous ne pouvez encore comprendre et vous souvenir. Pourtant, quand viendra à vous le Consolateur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, alors vous pourrez comprendre et Lui vous enseignera tout et vous rappellera ce que je vous ai dit. Je vous laisse ma paix. Je vous donne ma paix. Je vous la donne non comme la donne le monde, ni même comme jusqu'à présent je vous l'ai donnée: le salut béni du Béni à ceux qui sont bénis. Plus profonde est la Paix que maintenant je vous donne. En cet adieu, je vous communique Moi-même, mon Esprit de paix, comme je vous ai communiqué mon Corps et mon Sang, pour qu'en vous reste une force dans la bataille imminente. Satan et le monde vont déchaîner la guerre contre votre Jésus. C'est leur heure. Ayez en vous la Paix, mon Esprit qui est un esprit de paix, car je suis le Roi de la Paix. Ayez-la pour ne pas être trop abandonnés. Celui qui souffre avec la paix de Dieu en lui, souffre mais sans blasphème et sans désespoir. Ne pleurez pas. Vous avez bien entendu que j'ai dit: "Je vais au Père et puis je reviendrai". Si vous m'aimiez au-delà de la chair vous vous réjouiriez, car je vais au Père après un si long exil… Je vais vers Celui qui est plus grand que Moi et qui m'aime. Je vous l'ai dit maintenant, avant que cela s'accomplisse, comme je vous ai dit toutes les souffrances du Rédempteur avant d'aller vers elles afin que, quand tout sera accompli, vous croyiez toujours plus en Moi. Ne vous troublez pas ainsi! Ne vous effrayez pas. Votre cœur a besoin d'équilibre… Je n'ai plus que peu à vous parler… et j'ai encore tant à dire! Arrivé au terme de mon évangélisation, il me semble n'avoir encore rien dit et tant, tant, tant il reste encore à faire. Votre état augmente cette sensation. Et que dirai-je, alors? Que j'ai manqué à mon devoir? Ou que vous êtes si durs de cœur que cela n'a servi à rien? Vais-je douter? Non. Je me fie à Dieu et je vous confie à Lui vous, mes bien-aimés. Lui accomplira l'œuvre de son Verbe. Je ne suis pas comme un père qui meurt et n'a d'autre lumière que l'humaine. J'espère en Dieu., Et même en sentant en Moi se presser tous les conseils dont je vois que vous avez besoin et en voyant fuir le temps, je vais tranquille vers mon sort. Je sais que sur les semences tombées en vous, va descendre une rosée qui les fera toutes germer, et puis viendra le soleil du Paraclet, et elles deviendront un arbre puissant. Il va venir le prince de ce monde, avec qui je n'ai rien à faire. Et, si ce n'avait été dans un but de rédemption, il n'aurait rien pu sur Moi. Mais cela arrive afin que le monde sache que j'aime le Père et que je l'aime jusqu'à l'obéissance qui me soumet à la mort et que je fais ce qu'Il m'a ordonné. C'est l'heure de partir. Levez-vous, et écoutez les ultimes paroles. Je suis la vraie Vigne et c'est mon Père qui la cultive. Tout sarment qui ne porte pas de fruit Lui le coupe et celui qui porte du fruit Il le taille pour qu'il en porte encore plus. Vous êtes déjà purifiés par ma parole. Demeurez en Moi et Moi en vous pour continuer à être tels. Le sarment détaché de la vigne ne peut faire de fruit. Il en est ainsi pour vous si vous ne restez pas en Moi. Je suis la Vigne et vous les sarments. Celui qui reste uni à Moi porte des fruits abondants. Mais si l'un se détache, il devient un rameau sec que l'on jette au feu et que l'on brûle, car sans l'union avec Moi, vous ne pouvez rien faire. Restez donc en Moi, et que mes paroles restent en vous, puis demandez ce que vous voulez et cela vous sera fait. Mon Père sera toujours d'autant plus glorifié que vous porterez davantage de fruit et que vous serez davantage mes disciples. Comme le Père m'a aimé, il en est de même pour Moi avec vous. Demeurez dans mon amour qui sauve. En m'aimant vous serez obéissants, et l'obéissance fait croître l'amour réciproque. Ne dites pas que je me répète. Je connais votre faiblesse, et je veux que vous vous sauviez. Je vous ai dit ces choses pour que la joie que j'ai voulu vous donner soit en vous et soit complète. Aimez-vous, aimez-vous! C'est mon nouveau commandement. Aimez-vous réciproquement plus que chacun de vous ne s'aime lui-même. Il n'y a pas de plus grand amour que celui de qui donne sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis et Moi, je donne ma vie pour vous. Faites ce que je vous enseigne et commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître, alors que vous, vous savez ce que je fais. Vous savez tout de Moi. Je vous ai manifesté non seulement Moi-même, mais aussi le Père et le Paraclet, et tout ce que j'ai entendu de Dieu. Ce n'est pas vous qui vous êtes choisis. Mais c'est Moi qui vous ai choisis et je vous ai élus pour que vous alliez parmi les peuples et que vous fassiez du fruit en vous et dans les cœurs de ceux qui seront évangélisés, et que votre fruit demeure, et que le Père vous donne tout ce que vous demanderez en mon nom. Ne dites pas: "Et alors si tu nous as choisis, pourquoi as-tu choisi un traître? Si tu connais tout, pourquoi as-tu fait cela?" Ne vous demandez pas non plus qui est celui-là. Ce n'est pas un homme, c'est Satan. Je l'ai dit à l'ami fidèle et je l'ai laissé dire par le fils aimé. C'est Satan. Si Satan ne s'était pas incarné, l'éternel singe de Dieu, en une chair mortelle, ce possédé n'aurait pas pu se soustraire à mon pouvoir de Jésus. J'ai dit: "possédé". Non. Il est beaucoup plus: il est anéanti en Satan.” “Pourquoi, Toi qui as chassé les démons, ne l'as-tu pas délivré?” demande Jacques d'Alphée. “Le demandes-tu par amour pour toi, craignant de l'être? Ne le crains pas.” “Moi alors?” “Moi?” “Moi?” “Taisez-vous. Je ne dis pas ce nom. J'use de miséricorde, et vous, faites la même chose.” “Mais pourquoi ne l'as-tu pas vaincu? Tu ne le pouvais pas?” “Je le pouvais. Mais pour empêcher Satan de s'incarner pour me tuer, j'aurais dû exterminer la race humaine avant la Rédemption. Qu'aurais-je racheté alors?” “Dis-le-moi, Seigneur, dis-le-moi!” Pierre s'est glissé à genoux et secoue Jésus avec frénésie, comme s'il était en proie au délire. “Est-ce moi? Est-ce moi? Je m'examine? Il ne me semble pas. Mais Toi… Tu as dit que je te renierai… Et je tremble… Oh! quelle horreur si c'était moi!…” “Non, Simon de Jonas, pas toi.” “Pourquoi m'as-tu enlevé mon nom de "Pierre"? Je suis donc redevenu Simon? Tu le vois? Tu le dis!… C'est moi! Mais comment ai-je pu? Dites-le… dites-le vous… Quand est-ce que j'ai pu devenir traître?… Simon?… Jean?… Mais parlez!…” “Pierre, Pierre, Pierre! Je t'appelle Simon parce que je pense à notre première rencontre quand tu étais Simon. Et je pense comment tu as toujours été loyal dès le premier moment. Ce n'est pas toi. Je te le dis Moi: Vérité.” “Qui alors?” “Mais c'est Judas de Kériot! Tu ne l'as pas encore compris?” crie le Thaddée qui n'arrive plus à se contenir. “Pourquoi ne me l'as-tu pas dit avant? Pourquoi?” crie aussi Pierre. “Silence. C'est Satan. Il n'a pas d'autre nom. Où vas-tu, Pierre?” “Le chercher.” “Dépose tout de suite ce manteau et cette arme. Ou bien je dois te chasser et te maudire?” “Non, non! Oh! mon Seigneur! Mais moi… mais moi… Je suis peut-être malade de délire, moi? Oh! Oh!” Pierre pleure après s'être jeté par terre aux pieds de Jésus. “Je vous donne le commandement de vous aimer et de pardonner. Avez-vous compris? Si dans le monde il y a aussi la haine, qu'en vous il n'y ait que l'amour. Pour tous. Combien de traîtres vous trouverez sur votre route! Mais vous ne devez pas haïr et rendre le mal pour le mal. Autrement le Père vous haïra. Avant vous, j'ai été haï et trahi, Moi. Et pourtant, vous le voyez, je ne hais pas. Le monde ne peut aimer ce qui n'est pas comme lui. Il ne vous aimera donc pas. Si vous lui apparteniez il vous aimerait, mais vous n'êtes pas du monde, car je vous ai pris du milieu du monde, et c'est pour cela que vous êtes haïs. Je vous ai dit: le serviteur n'est pas plus que le maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi. S'ils m'ont écouté, ils vous écouteront vous aussi. Mais ils feront tout à cause de mon nom parce qu'ils ne connaissent pas, ne veulent pas connaître Celui qui m'a envoyé. Si je n'étais pas venu et si je n'avais pas parlé, ils ne seraient pas coupables, mais maintenant leur péché est sans excuse. Ils ont vu mes œuvres, entendu mes paroles, et pourtant ils m'ont haï, et avec Moi le Père, parce que le Père et Moi, nous sommes une seule Unité avec l'Amour. Mais il était écrit: "Tu m'as haï sans raison". Cependant quand sera venu le Consolateur, l'Esprit de vérité qui procède du Père, ce sera Lui qui rendra témoignage de Moi, et vous aussi, vous me rendrez témoignage parce que dès le début vous avez été avec Moi. Ceci je vous le dis pour que, quand ce sera l'heure, vous ne soyez pas abattus et scandalisés. Il va venir le temps où ils vous chasseront des synagogues et où celui qui vous tuera pensera rendre ainsi un culte à Dieu. Ils n'ont connu ni le Père ni Moi. C'est là leur excuse. Je ne vous ai pas dit ces choses en les développant autant avant maintenant, parce que vous étiez comme des enfants à peine nés. Mais maintenant la mère vous quitte. Je m'en vais. Vous devez vous accoutumer à une autre nourriture. Je veux que vous la connaissiez. Personne ne me demande plus: "Où vas-tu?" La tristesse vous rend muets. Et pourtant, c'est un bien pour vous aussi que je m'en aille, autrement le Consolateur ne viendra pas. C'est Moi qui vous l'enverrai. Et quand Il sera venu, par le moyen de la sagesse et de la parole, les œuvres et l'héroïsme qu'Il versera en vous, Il convaincra le monde de son péché déicide et de la justice de ma sainteté. Et le monde sera nettement divisé en réprouvés, ennemis de Dieu, et en croyants. Ces derniers seront plus ou moins saints, selon leur volonté. Mais le jugement du prince du monde et de ses serviteurs sera fait. Je ne puis vous en dire davantage car vous ne pouvez encore comprendre. Mais Lui, le Divin Paraclet, vous donnera la Vérité entière car Il ne parlera pas de Lui-même, mais Il dira tout ce qu'Il aura entendu de l'esprit de Dieu et Il vous annoncera l'avenir. Il prendra ce qui vient de Moi, c'est-à-dire de ce qui encore appartient au Père, et vous le dira. Encore un peu de temps pour se voir, ensuite vous ne me verrez plus. Et ensuite encore un peu de temps, et puis vous me verrez. Vous murmurez entre vous et dans votre cœur. Écoutez une parabole. La dernière de votre Maître. Quand une femme a conçu et arrive à l'heure de l'enfantement, elle est dans une grande affliction car elle souffre et gémit. Mais quand son petit enfant est venu au jour, et qu'elle le serre sur son cœur, toute peine cesse et la tristesse se change en joie parce qu'un homme est venu au monde. Ainsi pour vous. Vous pleurerez et le monde rira de vous, mais ensuite votre tristesse se changera en joie. Une joie que le monde ne connaîtra jamais. Vous êtes tristes maintenant, mais quand vous me reverrez, votre cœur deviendra plein d'une joie que personne n'aura plus le pouvoir de vous ravir. Une joie tellement pleine qu'elle estompera tout besoin de demander à la fois pour l'esprit et pour le cœur et pour la chair. Vous vous repaîtrez seulement de ma vue, oubliant toute autre chose. Mais justement, à partir de ce moment-là vous pourrez tout demander en mon nom, et cela vous sera donné par le Père pour que vous ayez toujours plus de joie. Demandez, demandez. Et vous recevrez. L'heure vient où je pourrai vous parler ouvertement du Père. Ce sera parce que vous aurez été fidèles dans l'épreuve et tout sera surmonté. Votre amour sera parfait du fait qu'il vous aura donné la force dans l'épreuve. Et ce qui vous manquera, je vous l'ajouterai en le prenant de mon immense trésor et en disant: "Père, tu le vois. Ils m'ont aimé en croyant que je suis venu de Toi". Descendu dans le monde, maintenant je le quitte et je vais au Père, et je prierai pour vous.” “Oh! maintenant, tu t'expliques. Maintenant nous savons ce que tu veux dire et que tu sais tout et que tu réponds sans que personne t'interroge. Vraiment tu viens de Dieu!” “Vous croyez maintenant? À la dernière heure? Cela fait trois ans que je vous parle! Mais déjà en vous opère le Pain qui est Dieu et le Vin qui est Sang qui n'est pas venu de l'homme et vous donne le premier frisson de la déification. Vous deviendrez des dieux si vous persévérez dans mon amour et dans ma possession. Non pas comme l'a dit Satan à Adam et Eve, mais comme je vous le dis. C'est le vrai fruit de l'arbre du Bien et de la Vie. Le Mal est vaincu en qui s'en nourrit, et la Mort est morte. Qui en mange vivra éternellement et deviendra "dieu" dans le Royaume de Dieu. Vous serez des dieux si vous restez en Moi. Et pourtant voilà… bien qu'ayant en vous ce Pain et ce Sang, puisque arrive l'heure où vous serez dispersés, vous vous en irez pour votre compte et vous me laisserez seul… Mais je ne suis pas seul. J'ai le Père avec Moi. Père, Père! Ne m'abandonne pas! Je vous ai tout dit… Pour vous donner la paix, ma paix. Vous serez encore opprimés. Mais ayez foi. J'ai vaincu le monde.” Jésus se lève, ouvre les bras en croix et dit avec un visage lumineux la sublime prière au Père. Jean la rapporte intégralement. Les apôtres pleurent plus ou moins ouvertement et bruyamment. Pour finir, ils chantent un hymne. Jésus les bénit, puis il ordonne: “Mettons nos manteaux maintenant et partons. André, dis au chef de maison de laisser tout ainsi, par ma volonté. Demain… cela vous fera plaisir de revoir ce lieu.” Jésus le regarde. Il paraît bénir les murs, le mobilier, tout. Puis il prend son manteau et s'éloigne, suivi des disciples. Près de Lui se trouve Jean auquel il s'appuie. “Tu ne salues pas la Mère?” Lui demande le fils de Zébédée. “Non. Tout est déjà fait. Ne faites pas de bruit.” Simon, qui a allumé une torche à la lampe, éclaire le vaste corridor qui va à la porte. Pierre ouvre avec précaution le portail et ils sortent tous sur le chemin et puis, faisant jouer une clef, ils ferment du dehors et ils se mettent en route.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Pétition pour une reconnaissance officielle par le Vatican de Maria Valtorta et de son œuvre

Pétition adressée à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi au Vatican


Nous, soussignés, demandons à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, au Vatican, de reconnaître les mérites de la personne de Maria Valtorta (1897 à 1961, visionnaire et écrivain italienne, auteur de l'Évangile tel qu'il m'a été révélé) et de reconnaître que ses écrits ne contredisent pas l'enseignement de l'Église Catholique.


Jusqu'à présent, la Congrégation s'est plus ou moins opposée a l'œuvre en ne la mentionnant pas clairement de manière positive.

Au cours des 60 dernières années, l'œuvre (en particulier l'histoire de Marie, Jésus et les Apôtres l'Évangile tel qu'il m'a été révélé, Centro Editoriale Valtortiano, Isola del Liri) a remporté d'innombrables partisans dans le monde catholique. Pour la plupart des lecteurs, cette œuvre conduit à une appréciation plus élevée et une meilleure compréhension de l’évangile. Aussi la lecture de ces livres est à l'origine d'innombrables conversions à la foi catholique.

Parmi les plus célèbres partisans de l'œuvre de Maria Valtorta nous retrouvons :
  • Le pape Pie XII (Rome)
  • Mère Teresa (Calcutta, Inde).
  • Mgr Pasquale Macchi (Rome), secrétaire personnel du pape Paul VI.
  • Mgr Alfonso Carinci (Rome), secrétaire émérite de la Congrégation des Rites.
  • Cardinal Édouard Gagnon (Rome), conseiller théologique au cours du Concile Vatican II.
  • Cardinal Agostino Bea (Rome), recteur de l'Institut biblique pontifical et conseiller du Saint-Siège.
  • Saint Padre Pio (San Giovanni Rotondo).
  • Père Gabriele M. Roschini, OSM (Rome), professeur de l'Université pontificale du Latran, mariologue renommée, conseiller du Saint-Siège, auteur de, Centro Editoriale Valtortiano (2000), Isola del Liri.
  • Père Gabriel Allegra, missionnaire (Chine), traducteur de la Bible en chinois, béatifié en 2002 par
  • Le pape Jean-Paul II.
  • Mgr Roman Danylak (Rome).
  • Mgr Sosa Pakiam (Thiruvananthapuram, Inde).
  • Mgr Ugo Lattanzi (Rome), doyen de la Faculté de Théologie de l'Université pontificale du Latran, conseiller du Saint-Siège.
  • Dr. Vittorio Tredici (Italie), géologue, minéralogiste.
  • Jean Aulagnier (France), spécialiste des anciens calendriers, auteur de « Publications de Kolbe » (1988), Sherbrooke.
  • Père François-Paul Dreyfus (Jérusalem), de l'école biblique et archéologique française de Jérusalem (EBAF).
Chacun d'entre eux a hautement apprécié la valeur spirituelle de ces livres, considérant qu'ils rendent les évangiles plus réels et compréhensibles. A aucun moment on ne trouve de contradiction entre les saints évangiles et les visions de Maria Valtorta. Au contraire, la lecture de ses livres provoque un formidable renouveau de la foi en Jésus et une compréhension plus profonde du rôle de Marie dans l’Église catholique.

Les livres de Maria Valtorta deviennent des best-sellers parmi les lecteurs d'esprit religieux, non seulement parmi les catholiques mais auprès de tous ceux qui cherchent à mieux connaître et comprendre les paroles, faits et gestes de Notre Seigneur Jésus Christ.

Les signataires de cette pétition demandent clairement à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de reconnaître les mérites de Maria Valtorta et et de reconnaître que ses écrits ne contredisent pas l'enseignement de l'Église Catholique.

Dimanche 17 avril 2016, Quatrième dimanche de Pâques

Évangile de Jésus-Christ selon saint saint Jean 10,27-30.
Jésus avait dit aux Juifs : « Je suis le Bon Pasteur (le vrai berger).» Il leur dit encore : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut rien arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 7, Ch 234, p 553 - CD 7 (2ème cd), piste 111 -
Il n'est pas possible de rester immobile dans la matinée froide et venteuse. Au sommet du Moriah, le vent qui vient du nord-est s'abat piquant, faisant envoler les vêtements et rougissant les visages et les yeux. Et pourtant il y a des gens qui sont montés au Temple pour les prières. Manquent au contraire tous les rabbis avec leurs groupes particuliers d'élèves, et le Portique paraît plus vaste, et surtout plus digne, en l'absence des rassemblements tapageurs et pompeux qui l'occupent d'ordinaire. Et ce doit être une chose très étrange de le voir si vide, car tout le monde s'en étonne comme d'une chose inhabituelle, et Pierre en est même méfiant. Mais Thomas, qui semble encore plus robuste, enveloppé comme il l'est dans un ample et lourd manteau, dit: “Ils se seront enfermés dans quelque pièce de peur de perdre la voix. Tu les regrettes?” et il rit. “Moi, non! Si je pouvais ne jamais plus les voir! Mais je ne voudrais pas que ce fût…” et il regarde l'Iscariote qui ne parle pas, mais qui saisit le coup d'œil de Pierre et dit: “Ils ont vraiment promis de ne pas donner d'autres ennuis, sauf dans le cas où le Maître les… scandaliserait. Certainement ils seront sur leurs gardes, mais puisque ici on ne pèche pas et on n'offense pas, ils sont absents.” “Cela vaut mieux ainsi, et que Dieu te bénisse, garçon, si tu as réussi à les rendre raisonnables.” Il est encore de bonne heure. Il y a peu de gens dans le Temple. Je dis “peu”, et c'est ce qu'il semble, étant donné son immensité qui pour paraître plein a besoin de masses de peuple. Deux ou trois cent personnes ne se voient même pas dans cet ensemble de cours, de portiques, d'atriums, de corridors… Jésus, seul Maître dans le vaste Portique des Païens, va et vient en parlant avec les siens et avec les disciples qu'il a déjà trouvés dans l'enceinte du Temple. Il répond à leurs objections et à leurs questions, éclaire des points qu'eux n'ont pas su éclairer, pour eux-mêmes et pour les autres. Arrivent deux gentils, ils le regardent et s'en vont sans rien dire. Il passe des gens attachés au Temple, ils le regardent mais ne disent rien eux non plus. Quelques fidèles s'approchent, saluent, écoutent, mais ils sont encore peu nombreux. “Restons-nous encore ici?” demande Barthélemy. “Il fait froid et il n'y a personne. Pourtant cela fait plaisir d'être ici ainsi en paix. Maître, aujourd'hui tu es vraiment dans la Maison de ton Père et en Maître” dit en souriant Jacques d'Alphée, et il ajoute: “C'est ainsi que devait être le Temple quand il y avait Néhémie et les rois sages et pieux.” “Moi, je dirais de partir. De là, ils nous épient…” dit Pierre. “Qui? Les pharisiens?” “Non. Ceux qui sont passés avant et d'autres. Partons, Maître…” “J'attends des malades. Ils m'ont vu entrer dans la ville; le bruit s'est certainement répandu. Ils vont venir quand il fera plus chaud. Restons au moins jusqu'au tiers de sexte” répond Jésus. Et il recommence à faire les cents pas pour ne pas rester immobile dans l'air froid. En effet, après quelque temps, quand le soleil cherche à adoucir les effets de la tramontane, une femme arrive avec une fillette malade et elle demande sa guérison. Jésus la satisfait. La femme dépose son obole aux pieds de Jésus en disant: “C'est pour les autres enfants qui souffrent.” L'Iscariote ramasse l'argent. Plus tard, sur un brancard, on apporte un homme âgé dont les jambes sont malades. Et Jésus le guérit. En troisième lieu arrive un groupe de personnes qui prient Jésus de sortir hors des murs du Temple pour chasser le démon d'une fillette dont les cris déchirants se font entendre jusqu'à l'intérieur. Et Jésus se dirige derrière eux, en sortant sur la route qui mène à la ville. Des gens, parmi lesquels il y a des étrangers, se sont serrés autour de ceux qui tiennent la fillette qui écume et se débat en chavirant les yeux. Des gros mots de toutes sortes sortent de ses lèvres et sortent d'autant plus que Jésus s'approche d'elle, de même elle se débat plus fortement. C'est avec peine que la tiennent quatre hommes jeunes et robustes. Et avec les insultes, sortent des cris de reconnaissance pour le Christ, et des supplications angoissées de l'esprit qui la possède pour qu'on ne le chasse pas, et aussi des vérités, répétées avec monotonie: “Allez! Ne me faites pas voir ce maudit! Va-t'en! Va-t'en! Cause de notre ruine. Je sais qui tu es. Tu es… Tu es le Christ. Tu es… Tu n'as pas reçu d'autre onction que celle de là-haut. La puissance du Ciel te couvre et te défend. Je te hais! Maudit! Ne me chasse pas. Pourquoi nous chasses-tu et ne veux-tu pas de nous alors que tu gardes près de Toi une légion de démons dans un seul? Ne sais-tu pas que l'enfer tout entier est dans un seul? Si, tu le sais… Laisse-moi ici, au moins jusqu'à l'heure de…” La parole s'arrête parfois comme étranglée, d'autres fois elle change, ou s'arrête avant, ou se prolonge à travers des cris inhumains comme quand il crie: “Laisse-moi entrer au moins en lui. Ne m'envoie pas là-bas dans l'Abîme! Pourquoi nous hais-tu, Jésus, Fils de Dieu? Est-ce que cela ne te suffit pas ce que tu es? Pourquoi veux-tu aussi nous commander? Nous ne voulons pas de tes ordres, nous! Pourquoi es-tu venu pour nous persécuter, si nous, nous t'avons renié? Va-t'en! Ne nous verse pas dessus les feux du Ciel! Tes yeux! Quand ils seront éteints, nous rirons… Ah! Non! Pas même alors… Tu nous vaines! Tu nous vaines! Sois maudit Toi et le Père qui t'a envoyé, et Celui qui vient de vous et est vous… Aaaah!” Le dernier cri est vraiment épouvantable, le cri d'une créature égorgée dans laquelle entre lentement le fer homicide, et il a commencé du fait que Jésus, après avoir arrêté plusieurs fois, par commandement mental, les paroles de l'obsédée, y met fin en touchant d'un doigt le front de la fillette. Et le cri se termine dans une convulsion horrible jusqu'à ce que, avec un fracas qui tient du ricanement et du cri d'un animal de cauchemar, le démon la quitte en criant: “Mais je ne vais pas loin… Ha! Ha! Ha!” suivi immédiatement d'un bruit sec comme celui de la foudre, bien que le ciel soit absolument clair. Beaucoup s'en vont terrorisés. D'autres s'approchent encore davantage pour observer la fillette qui s'est calmée tout d'un coup en s'affaissant dans les bras de ceux qui la tenaient. Elle reste ainsi quelques instants, et puis elle ouvre les yeux, sourit, se voit parmi les gens sans voile sur le visage et sur la tête, et elle baisse son visage pour le cacher sur le bras qu'elle lève. Ceux qui l'accompagnent voudraient qu'elle remercie le Maître, mais il dit: “Laissez-la dans sa pudeur. Son âme me remercie déjà. Reconduisez-la à sa maison, chez sa mère. C'est sa place de fillette…” et il tourne le dos aux gens pour rentrer dans le Temple, à la place qu'il occupait. “Tu as vu, Seigneur, que plusieurs juifs étaient venus derrière nous? J'en ai reconnu quelques-uns… Les voilà! Ce sont ceux qui nous épiaient avant. Regarde comme ils discutent entre eux…” dit Pierre. “Ils sont en train de décider dans lequel d'entre eux le diable est entré. Il y a aussi Nahum, l'homme de confiance de Anna. C'est l'homme de la situation…” dit Thomas. “Oui. Et tu n'as pas vu parce que tu avais le dos tourné, mais le feu s'est ouvert justement sur sa tête” dit André qui en claque des dents. “J'étais près de lui, et j'ai eu une peur!…” “Vraiment, ils étaient tous unis, eux. Pourtant j'ai vu le feu s'ouvrir sur nous et j'ai cru mourir… J'ai même tremblé pour le Maître. Il paraissait vraiment suspendu au-dessus de sa tête” dit Mathieu. “Mais non. Moi, au contraire, je l'ai vu sortir de la fillette et éclater sur le mur du Temple” réplique Lévi, le berger disciple. “Ne discutez pas entre vous. Le feu n'a indiqué ni celui-ci, ni celui-là. Il a été seulement le signe que le démon s'était enfui” dit Jésus. “Mais il a dit qu'il n'allait pas loin!…” objecte André. “Paroles de démon… Il ne faut pas les écouter. Louons plutôt le Très-Haut pour ces trois fils d'Abraham guéris dans leur corps et leur âme.” Pendant ce temps un grand nombre de juifs sortis d'ici ou de là - mais il n'y a dans leur groupe ni un pharisien, ni un scribe, ni un prêtre - s'approchent de Jésus et l'entourent, et l'un d'eux s'avance en disant: “De grandes choses tu as faites en ce jour! Vraiment des œuvres de prophète et de grand prophète. Et les esprits des abîmes ont dit de Toi de grandes choses, mais leurs paroles ne peuvent être acceptées si ta parole ne les confirme pas. Nous sommes effrayés à cause de ces paroles, mais nous craignons aussi une grande tromperie car on sait que Belzébuth est un esprit de mensonge. Nous ne voudrions pas nous tromper, ni être trompés. Dis-nous donc qui tu es, de ta bouche de vérité et de justice.” “Et ne vous l'ai-je pas dit de nombreuses fois qui je suis? Cela fait presque trois ans que je vous le dis, et avant Moi vous l'a dit Jean au Jourdain et la Voix de Dieu venue des Cieux.” “C'est vrai. Mais nous n'y étions pas les autres fois. Nous… Toi qui es juste, tu dois comprendre notre angoisse. Nous voudrions croire en Toi comme Messie. Mais trop de fois, désormais, le peuple de Dieu a été trompé par de faux Christ. Console notre cœur qui espère et qui attend, par une parole assurée, et nous t'adorerons.” Jésus les regarde sévèrement. Ses yeux semblent percer leur chair et mettre leurs cœurs à nu. Puis il dit: “En vérité de nombreuses fois les hommes savent mieux que Satan dire des mensonges. Non, vous ne m'adorerez pas. Jamais. Quoi que je vous dise. Et même si vous arriviez à le faire, qui adoreriez-vous?” “Qui? Mais notre Messie!” “Vous vaudriez tant? Qui est pour vous le Messie? Répondez pour que je sache ce que vous valez.” “Le Messie? Mais le Messie est celui qui, par ordre de Dieu, réunira Israël dispersé et en fera un peuple triomphal sous le pouvoir duquel sera le monde. Et quoi? Tu ne sais pas ce qu'est le Messie?” “Je le sais comme vous vous ne le savez pas. Donc pour vous c'est un homme qui, surpassant David et Salomon et Judas Maccabée, fera d'Israël la Nation qui sera la reine du monde?” “C'est cela. Dieu l'a promis. Toute vengeance, toute gloire, toute revendication viendra du Messie promis.” “Il est dit: "Tu n'adoreras pas d'autre que le Seigneur ton Dieu". Pourquoi alors m'adoreriez-vous si vous ne pouviez voir en Moi que l'Homme-Messie?” “Et quoi d'autre devons-nous voir en Toi?” “Quoi? Et c'est avec ces sentiments que vous venez m'interroger? Races de vipères sournoises et venimeuses! Et sacrilèges aussi. Car, si en Moi vous ne pouviez voir autre chose que le Messie humain et m'adoriez, vous seriez idolâtres. C'est à Dieu seul qu'il faut donner l'adoration. Et en vérité, je vous dis une fois encore que Celui qui vous parle est plus que le Messie que vous vous représentez avec une mission et des fonctions et des pouvoirs que vous, dépourvus d'esprit et de sagesse, vous imaginez. Le Messie ne vient pas pour donner à son peuple un royaume tel que vous le croyez. Il ne vient pas exercer des vengeances sur d'autres puissants. Son Royaume n'est pas de ce monde et sa puissance dépasse tout autre pouvoir limité de ce monde.” “Tu nous mortifies, Maître. Si tu es Maître et si nous sommes ignorants, pourquoi ne veux-tu pas nous instruire?” “Cela fait trois ans que je le fais, et vous êtes de plus en plus dans les ténèbres parce que vous repoussez la Lumière.” “C'est vrai. C'est peut-être vrai. Mais ce qui a été dans le passé peut ne plus être dans l'avenir. Et quoi? Toi qui as pitié des publicains et des courtisanes et tu absous les pécheurs, veux-tu être sans pitié pour nous, seulement parce que nous avons la tête dure et que nous avons du mal à comprendre qui tu es?” “Ce n'est pas que vous avez du mal. C'est que vous ne voulez pas comprendre. Être hébété ne serait pas une faute. Dieu a tant de lumières qu'Il pourrait faire la lumière dans l'intelligence la plus obtuse mais pleine de bonne volonté. C'est elle qui manque en vous, et même vous avez une volonté opposée. C'est pour cela que vous ne comprenez pas qui je suis.” “C'est peut-être comme tu dis. Tu vois comme nous sommes humbles. Mais nous t'en prions au nom de Dieu, réponds à nos questions. Ne nous tiens pas davantage en suspens. Jusqu'à quand notre esprit devra-t-il demeurer incertain? Si tu es le Christ, dis-le-nous ouvertement.” “Je vous l'ai dit. Dans les maisons, sur les places, sur les routes, dans les villages, sur les monts, le long des fleuves, en face de la mer, devant les déserts, dans le Temple, dans les synagogues, sur les marchés je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas. Il n'y a pas de lieu en Israël qui n'ait entendu ma voix. Jusqu'aux lieux qui portent abusivement le nom d'Israël depuis des siècles, mais qui se sont séparés du Temple, jusqu'aux lieux qui ont donné leur nom à notre terre mais qui de dominateurs sont devenus sujets, et qui pourtant ne se libérèrent jamais complètement de leur erreur pour venir à la Vérité, jusqu'à la Syro-Phénicie que fuient les rabbis comme une terre de péché, tous ont entendu ma voix et appris mon existence. Je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas à mes paroles. J'ai agi, et à mes actions vous n'avez pas apporté votre pensée avec un esprit bon. Si vous l'aviez fait avec l'intention droite de vous renseigner sur Moi, vous seriez arrivés à avoir foi en Moi, car les œuvres que je fais au nom de mon Père témoignent de Moi. Les gens de bonne volonté qui sont venus à ma suite, parce qu'ils m'ont reconnu comme Pasteur, ont cru à mes paroles et au témoignage que donnent mes œuvres. Et quoi? Croyez-vous peut-être que ce que je fais n'a pas pour but votre intérêt? L'intérêt de toutes les créatures? Détrompez-vous. Et ne pensez pas que l'intérêt est donné par la santé de l'individu retrouvée par ma puissance, ou la libération de l'obsession ou du péché de tel ou tel. Cela est un intérêt limité à l'individu. C'est trop peu de chose en comparaison de la puissance qui se trouve libérée et de la source surnaturelle, plus que surnaturelle: divine, qui la libère, pour que ce soit l'unique intérêt. Il y a l'intérêt collectif des œuvres que je fais. L'intérêt d'enlever tout doute à ceux qui sont incertains, de convaincre ceux qui sont opposés en plus que celui de renforcer toujours plus la foi des croyants. C'est pour cet intérêt collectif, en faveur de tous le hommes présents et à venir, car mes œuvres apporteront leur témoignage sur Moi auprès des générations à venir et les convaincront à mon sujet, c'est pour cela que mon Père me donne la puissance de faire ce que je fais. Rien ne se fait sans une fin qui soit bonne dans les œuvres de Dieu. Souvenez-vous en toujours. Méditez cette vérité.” Jésus s'arrête un moment. Il fixe son regard sur un juif qui se tient la tête inclinée et il dit ensuite: “Toi qui es en train de réfléchir ainsi, toi dont le vêtement est couleur d'olive mûre, toi qui te demandes si Satan aussi a été créé pour une bonne fin, ne fais pas le sot pour t'opposer à Moi et chercher l'erreur dans mes paroles. Je te réponds que Satan n'est pas l'œuvre de Dieu mais de la libre volonté de l'ange rebelle. Dieu en avait fait son ministre glorieux et l'avait donc créé pour une bonne fin. Voilà: toi maintenant, en parlant à ton moi, tu dis: "Alors Dieu est sot, puisqu'il avait donné la gloire à un futur rebelle et confié ses volontés à un désobéissant". Je te réponds: "Dieu n'est pas sot, mais parfait dans ses actions et ses pensées. Il est le tout Parfait. Les créatures sont imparfaites, même les plus parfaites. Il y a toujours en elles un point d'infériorité par rapport à Dieu. Mais Dieu, qui les aime, a accordé aux créatures le libre arbitre, pour que par lui la créature se perfectionne dans les vertus et se rende ainsi plus semblable à Dieu son Père". Et je te dis encore, ô moqueur et astucieux chercheur de péché dans mes paroles, que du Mal, qui s'est volontairement formé, Dieu tire encore une bonne fin: celle de servir à rendre les hommes possesseurs d'une gloire méritée. Les victoires sur le Mal sont la couronne des élus. Si le Mal ne pouvait susciter une bonne conséquence pour ceux qui sont de bonne volonté, Dieu l'aurait détruit, car rien de ce qui est dans la Création ne doit être dépourvu d'incitation ou de conséquences bonnes. Tu ne réponds pas? Il t'est dur de devoir proclamer que j'ai lu dans ton cœur et que j'ai triomphé des suppositions injustes de ta pensée tortueuse? Je ne te forcerai pas à le faire. En présence de tant de monde, je te laisserai dans ton orgueil. Je ne réclame pas que tu me proclames victorieux, mais quand tu seras seul avec ceux qui te sont semblables, et avec ceux qui vous ont envoyés, alors avoue aussi que Jésus de Nazareth a lu les pensées de ton esprit et a étranglé tes objections dans ta gorge par la seule arme de sa parole de vérité. Mais laissons là cette interruption personnelle et revenons aux personnes nombreuses qui m'écoutent. Si même une seule de ce grand nombre convertissait son esprit à la Lumière, je serais récompensé de la peine de parler à des pierres, ou plutôt à des tombeaux remplis de vipères. Je disais que ceux qui m'aiment m'ont reconnu comme Pasteur à cause de mes paroles et de mes œuvres. Mais vous, vous ne croyez pas, vous ne pouvez pas croire, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. Qu'êtes-vous? Je vous le demande. Posez-vous la question à l'intérieur de votre cœur. Vous n'êtes pas sots, vous pouvez vous connaître pour ce que vous êtes. Il vous suffit d'écouter la voix de votre âme qui n'est pas tranquille de continuer d'offenser le Fils de Celui qui l'a créée. Vous, tout en sachant ce que vous êtes, vous ne le direz pas. Vous n'êtes ni humbles ni sincères, mais Moi je vous dis ce que vous êtes. Vous êtes en partie des loups, en partie des chevreaux sauvages. Mais aucun d'entre vous, malgré la peau d'agneau que vous portez pour vous faire passer pour des agneaux, n'est un agneau véritable. Sous la toison moelleuse et blanche, vous avez tous les couleurs féroces, les cornes pointues, les crocs et les griffes du bouc ou du fauve, et vous voulez rester tels, car il vous plaît d'être tels, et vous rêvez férocité et révolte. Vous ne pouvez donc m'aimer, et vous ne pouvez me suivre et me comprendre. Si vous entrez dans le troupeau, c'est pour nuire, pour apporter la douleur ou le désordre. Mes brebis ont peur de vous. Si elles étaient comme vous êtes, elles devraient vous haïr, mais elles ne savent pas haïr. Ce sont les agneaux du Prince de la paix, du Maître d'amour, du Pasteur miséricordieux. Et elles ne savent pas haïr. Elles ne vous haïront jamais, comme Moi je ne vous haïrai jamais. Je vous laisse la haine, qui est le fruit mauvais de la triple concupiscence, avec le moi déchaîné dans l'animal homme, qui vit oublieux d'être aussi esprit en plus que chair. Moi, je garde ce qui est mien: l'amour. Et cela je le communique à mes agneaux et je vous l'offre aussi à vous pour vous rendre bons. Si vous vous rendez bons, alors vous me comprendrez et vous viendrez à mon troupeau, semblables aux autres qui s'y trouvent. Nous nous aimerions. Les brebis et Moi, nous nous aimons. Elles m'écoutent, elles reconnaissent ma voix. Vous, vous ne comprenez pas ce qu'est en vérité connaître ma voix. C'est ne pas avoir de doute sur son origine et la discerner entre mille autres voix de faux prophètes, comme une véritable voix venue du Ciel. Maintenant et toujours, même parmi ceux qui se croient des fidèles de la Sagesse, et le sont en partie, il y en aura beaucoup, qui ne sauront pas discerner ma voix des autres voix qui parleront de Dieu avec plus ou moins de justice, mais qui seront toutes des voix inférieures à la, mienne…” “Tu dis toujours que bientôt tu t'en vas et ensuite tu veux dire que toujours tu parleras? Quand tu seras parti, tu ne parleras plus” objecte un juif avec le ton méprisant dont il parlerait à un diminué mental. Jésus répond encore de son ton patient et affligé qui a pris seulement un son sévère quand il a parlé au début aux juifs, et ensuite, quand il a répondu aux objections intérieures de ce juif: “Je parlerai toujours, pour que le monde ne devienne pas tout entier idolâtre. Et je parlerai aux miens, à ceux que j'ai choisis pour vous répéter mes paroles. L'Esprit de Dieu parlera, et eux comprendront ce que les sages eux-mêmes ne sauront pas comprendre. En effet les savants étudieront la parole, la phrase, la manière, le lieu, le comment, l'instrument, à travers lesquels la Parole parle, alors que ceux que j'ai choisis ne se perdront pas dans ces études inutiles, mais écouteront, perdus dans l'amour, et comprendront puisque ce sera l’Amour qui leur parlera. Eux distingueront les pages ornées des savants ou les pages menteuses des faux prophètes, des rabbis d'hypocrisie, qui enseignent des doctrines corrompues ou enseignent ce qu'ils ne pratiquent pas, ils les distingueront des paroles simples, vraies, profondes qui viendront de Moi. Mais le monde les haïra à cause de cela, car le monde me hait Moi-Lumière et il hait les fils de la Lumière, le monde ténébreux qui aime les ténèbres propices à son péché. Mes brebis me connaissent et me connaîtront et me suivront toujours, même sur les chemins sanglants et douloureux que je parcourrai le premier, et qu'eux parcourront après Moi. Les chemins qui conduisent les âmes à la Sagesse. Les chemins que le sang et les pleurs de ceux qui sont persécutés parce qu'ils enseignent la justice, rendent lumineux parce qu'ils brillent dans le brouillard des fumées du monde et de Satan, et sont comme des sillages d'étoiles pour conduire ceux qui cherchent la Voie, la Vérité, la Vie, et ne trouvent personne pour les y conduire, car c'est de cela que les âmes ont besoin: de ceux qui les conduisent à la Vie, à la Vérité, au juste Chemin. Dieu est plein de pitié pour ceux qui cherchent et ne trouvent pas non pas par leur faute, mais par la paresse des pasteurs idoles. Dieu est plein de pitié pour les âmes qui, laissées à elles-mêmes, se perdent et sont accueillies par les ministres de Lucifer, tout prêts à accueillir ceux qui se sont égarés, pour en faire des prosélytes de leurs doctrines. Dieu est plein de pitié pour ceux qui sont trompés seulement parce que les rabbis de Dieu, les prétendus rabbis de Dieu, se sont désintéressés d'eux. Dieu est plein de pitié pour ceux qui vont à la rencontre du découragement, des brouillards, de la mort, par la faute de faux maîtres, qui de maîtres n'ont que le vêtement et l'orgueil d'être appelés de ce nom. Et pour ces pauvres âmes, comme Il a envoyé les prophètes pour son peuple, comme Il m'a envoyé Moi pour le monde entier, ainsi ensuite, après Moi, Il enverra les serviteurs de la Parole, de la Vérité et de l’Amour pour répéter mes paroles. Car ce sont mes paroles qui donnent la Vie. C'est pourquoi mes brebis de mainte nant et de plus tard auront la Vie que je leur donne à travers ma Parole qui est Vie éternelle pour ceux qui l'accueillent, et ne périront jamais et que personne ne pourra arracher de mes mains.” “Nous n'avons jamais repoussé les paroles des vrais prophètes. Nous avons toujours respecté Jean qui a été le dernier prophète” répond un juif avec colère, et ses compagnons lui font écho. “Il est mort à temps pour ne pas être mal vu de vous et être persécuté même par vous. S'il était encore parmi les vivants, son "il n'est pas permis" dit pour un inceste charnel, il vous le dirait aussi à vous qui commettez un adultère spirituel par votre fornication avec Satan contre Dieu, et vous le tueriez comme vous avez l'intention de me tuer.” Les juifs manifestent bruyamment avec colère, déjà disposés à frapper, las de devoir feindre la douceur. Mais Jésus ne s'en préoccupe pas. Il élève la voix pour dominer le tumulte et il crie: “Et vous m'avez demandé qui je suis, ô hypocrites? Vous disiez que vous vouliez le savoir pour être certains? Et vous dites maintenant que Jean a été le dernier prophète? Et par deux fois vous vous condamnez pour un péché de mensonge. Une première fois parce que vous dites n'avoir jamais repoussé les paroles des vrais prophètes, la seconde fois parce qu'en disant que Jean est le dernier prophète et que vous croyez aux vrais prophètes, vous excluez que Moi aussi je sois un prophète, au moins un prophète, et un vrai prophète. Bouches mensongères! Cœurs trompeurs! Oui, en vérité, en vérité, Moi, ici, dans la maison de mon Père, je proclame que je suis plus que Prophète. Moi j'ai ce que mon Père m'a donné. Ce que mon Père m'a donné est plus précieux que tout et que tous, car c'est une chose sur laquelle la volonté et la puissance des hommes ne peuvent porter leurs mains rapaces. J'ai ce que Dieu m'a donné, et qui tout en étant en Moi est toujours en Dieu, et personne ne peut le ravir des mains de mon Père ni à Moi, car c'est la même Nature Divine. Le Père et Moi nous sommes Un.” “Ah! Horreur! Blasphème! Anathème!!” La clameur des juifs résonne dans le Temple et encore une fois les pierres, qui servent aux changeurs et aux marchands de bestiaux pour tenir en place leurs enclos, sont des munitions pour ceux qui cherchent des armes pouvant servir à frapper. Mais Jésus s'élève, les bras croisés sur la poitrine. Il est monté sur un banc de pierre pour être encore plus haut et plus visible et, de là, il les domine des rayons de ses yeux de saphir. Il domine et darde ses regards. Il est si majestueux qu'il les paralyse. Au lieu de lancer les pierres, ils les jettent ou les gardent dans leurs mains, mais sans avoir désormais l'audace de les lancer contre Lui. Même la clameur se calme pour faire place à une frayeur étrange. C'est vraiment Dieu qui se manifeste dans le Christ. Et quand Dieu se manifeste ainsi, l'homme, même le plus arrogant, se fait petit et effrayé. Je pense quel mystère est caché en ayant pu les juifs être si féroces le Vendredi Saint. Quel mystère dans l'absence de ce pouvoir de domination chez le Christ ce jour-là. C'était vraiment l'heure des Ténèbres, l'heure de Satan, et eux seuls régnaient… La Divinité, la Paternité de Dieu avait abandonné son Christ, et Lui n'était plus rien que la Victime… Jésus reste ainsi quelques minutes, puis il recommence à parler à cette foule vendue et lâche qui a perdu toute arrogance par le seul fait d'avoir vu un éclair divin: “Eh bien? Que voulez-vous faire? Vous m'avez demandé qui j'étais. Je vous l'ai dit. Vous êtes devenus furieux. Je vous ai rappelé ce que j'ai fait, je vous ai fait voir et vous rappeler beaucoup d'œuvres bonnes provenant de mon Père et accomplies grâce au Pouvoir qui me vient de mon Père. Pour laquelle de ces œuvres me lapidez-vous? Pour avoir enseigné la justice? Pour avoir apporté aux hommes la Bonne Nouvelle? Pour être venu vous inviter au Royaume de Dieu? Pour avoir guéri vos malades, rendu la vue à vos aveugles, donné le mouvement aux paralytiques, la parole aux muets, pour avoir délivré les obsédés, ressuscité les morts, pour avoir fait du bien aux pauvres, pardonné aux pécheurs, aimé tout le monde, même ceux qui me haïssent: vous et ceux qui vous envoient? Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous donc me lapider?” “Ce n'est pas pour les œuvres bonnes que tu as faites que nous te lapidons, mais pour ton blasphème, parce qu'étant homme, tu te fais Dieu.” “N'est-il pas écrit dans votre Loi: "J'ai dit: vous êtes des dieux et des fils du Très-Haut"? Maintenant s'Il a appelé "dieux" ceux auxquels Il a parlé pour leur donner un ordre: celui de vivre de façon que la ressemblance et l'image de Dieu qui est dans l'homme apparaisse manifestement et que l'homme ne soit ni un démon ni une brute; si les hommes sont appelés des "dieux" dans l'Ecriture, tout inspirée par Dieu, et pour cela l'Ecriture ne peut être modifiée ni annulée selon le plaisir et l'intérêt de l'homme; pourquoi dites-vous que je blasphème, Moi que le Père a consacré et envoyé dans le monde, parce que je dis: "Je suis le Fils de Dieu"? Si je ne faisais pas les œuvres de mon Père, vous auriez raison de ne pas croire en Moi. Mais Moi je les fais. Et vous ne voulez pas croire en Moi. Alors, croyez au moins à ces œuvres afin que vous sachiez et reconnaissiez que le Père est en Moi et que je suis dans le Père.” La tempête des cris et des violences recommence plus forte qu'auparavant. De l'une des terrasses du Temple où certainement ils étaient à l'écoute et cachés des prêtres, des scribes et des pharisiens, poussent de nombreux cris: “Mais emparez-vous de ce blasphémateur. Désormais sa faute est publique. Tous nous avons entendu. À mort le blasphémateur qui se proclame Dieu! Donnez-lui le même châtiment qu'au fils de Salumit de Dabri. Qu'on l'emmène hors de la ville et qu'on le lapide! C'est notre droit! Il est dit: "Que le blasphémateur soit mis à mort".” Les cris des chefs excitent la colère des juifs qui tentent de s'emparer de Jésus et de le remettre lié aux mains des magistrats du Temple qui sont en train d'accourir, suivis par les gardes du Temple. Mais plus rapides qu'eux sont encore une fois les légionnaires. Surveillant depuis l'Antonia, ils ont suivi le tumulte, et ils sortent de leur caserne pour venir à l'endroit où on crie. Et ils n'ont de respect pour personne. Les hampes des lances manœuvrent activement sur les têtes et les échines. Et ils s'excitent mutuellement par des plaisanteries et des gros mots à travailler sur les juifs: “A la niche, chiens! Faites place! Frappe dur sur ce teigneux, Licinus. Partez! La peur vous rend puants plus que jamais! Mais que mangez-vous, corbeaux, pour sentir si mauvais? Tu parles bien, Bassus. Ils se purifient, mais ils empestent. Regarde là ce gros nez! Au mur! Au mur, que nous prenions vos noms! Et vous, hiboux, descendez de là-haut. Désormais nous vous connaissons. Le centurion aura à rédiger un bon rapport pour le Chef. Non! Celui-là laisse-le, c'est un apôtre du Rabbi. Tu ne vois pas qu'il a une figure d'homme et non de chacal? Regarde! Regarde comme ils s'enfuient de ce côté! Et laisse-les aller! Pour les persuader, il faudrait les enfiler tous sur nos lances! Alors seulement nous les aurions domptés! Si cela pouvait être demain! Ah! mais toi, tu es pris et tu ne t'échappes pas. Je t'ai vu, tu sais? La première pierre c'était la tienne. Tu en répondras d'avoir frappé un soldat de Rome… Celui-ci aussi. Il nous a maudit en insultant les enseignes. Ah! Oui? Vraiment? Viens, nous te les ferons aimer dans nos prisons…” Et ainsi, en les chargeant et en les raillant, en arrêtant certains, en mettant les autres en fuite, les légionnaires dégagent la vaste cour. Mais c'est quand les juifs voient arrêter réellement deux des leurs qu'ils se dévoilent pour ce qu'ils sont: lâches, lâches, lâches. Ou bien ils s'enfuient en caquetant comme une volée de poulets qui voient descendre l'épervier, ou bien ils se jettent aux pieds des soldats pour implorer la pitié, avec une servilité et des flatteries révoltantes. Un vieux ridé, un des plus acharnés contre Jésus, s'accroche aux mollets d'un gradé en l'appelant "magnanime et juste". Le gradé s'en dégage par une vigoureuse secousse qui envoie rouler le juif à trois pas en arrière et il crie: “Va-t'en, vieux renard teigneux” et, se tournant vers un compagnon et montrant son mollet, il dit: “Ils ont des ongles de renards et de la bave de serpents. Regarde ici! Par Jupiter Maximus! Maintenant je m'en vais tout de suite aux Thermes pour effacer les marques de ce vieux baveux!” et réellement il s'en va fâché, avec son mollet tout éraflé. J'ai tout à fait perdu Jésus de vue. Je ne pourrais dire où il est allé, par quelle porte il est sorti. J'ai seulement vu, pendant quelque temps, émerger et disparaître dans la confusion, les visages des deux fils d'Alphée et de Thomas, qui luttaient pour se frayer un chemin, et ceux de quelques disciples bergers occupés au même travail. Puis eux aussi sont disparus et il ne m'est resté que les dernières criailleries des perfides juifs occupés à courir çà et là pour empêcher les légionnaires de les arrêter et de les reconnaître. J'ai l'impression que pour les légionnaires ce fut une fête de pouvoir flanquer une raclée aux hébreux pour se dédommager de toute la haine dont ils sont gratifiés.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/
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