"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe Paul VI
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
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Dimanche 17 avril 2016, Quatrième dimanche de Pâques

Évangile de Jésus-Christ selon saint saint Jean 10,27-30.
Jésus avait dit aux Juifs : « Je suis le Bon Pasteur (le vrai berger).» Il leur dit encore : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut rien arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 7, Ch 234, p 553 - CD 7 (2ème cd), piste 111 -
Il n'est pas possible de rester immobile dans la matinée froide et venteuse. Au sommet du Moriah, le vent qui vient du nord-est s'abat piquant, faisant envoler les vêtements et rougissant les visages et les yeux. Et pourtant il y a des gens qui sont montés au Temple pour les prières. Manquent au contraire tous les rabbis avec leurs groupes particuliers d'élèves, et le Portique paraît plus vaste, et surtout plus digne, en l'absence des rassemblements tapageurs et pompeux qui l'occupent d'ordinaire. Et ce doit être une chose très étrange de le voir si vide, car tout le monde s'en étonne comme d'une chose inhabituelle, et Pierre en est même méfiant. Mais Thomas, qui semble encore plus robuste, enveloppé comme il l'est dans un ample et lourd manteau, dit: “Ils se seront enfermés dans quelque pièce de peur de perdre la voix. Tu les regrettes?” et il rit. “Moi, non! Si je pouvais ne jamais plus les voir! Mais je ne voudrais pas que ce fût…” et il regarde l'Iscariote qui ne parle pas, mais qui saisit le coup d'œil de Pierre et dit: “Ils ont vraiment promis de ne pas donner d'autres ennuis, sauf dans le cas où le Maître les… scandaliserait. Certainement ils seront sur leurs gardes, mais puisque ici on ne pèche pas et on n'offense pas, ils sont absents.” “Cela vaut mieux ainsi, et que Dieu te bénisse, garçon, si tu as réussi à les rendre raisonnables.” Il est encore de bonne heure. Il y a peu de gens dans le Temple. Je dis “peu”, et c'est ce qu'il semble, étant donné son immensité qui pour paraître plein a besoin de masses de peuple. Deux ou trois cent personnes ne se voient même pas dans cet ensemble de cours, de portiques, d'atriums, de corridors… Jésus, seul Maître dans le vaste Portique des Païens, va et vient en parlant avec les siens et avec les disciples qu'il a déjà trouvés dans l'enceinte du Temple. Il répond à leurs objections et à leurs questions, éclaire des points qu'eux n'ont pas su éclairer, pour eux-mêmes et pour les autres. Arrivent deux gentils, ils le regardent et s'en vont sans rien dire. Il passe des gens attachés au Temple, ils le regardent mais ne disent rien eux non plus. Quelques fidèles s'approchent, saluent, écoutent, mais ils sont encore peu nombreux. “Restons-nous encore ici?” demande Barthélemy. “Il fait froid et il n'y a personne. Pourtant cela fait plaisir d'être ici ainsi en paix. Maître, aujourd'hui tu es vraiment dans la Maison de ton Père et en Maître” dit en souriant Jacques d'Alphée, et il ajoute: “C'est ainsi que devait être le Temple quand il y avait Néhémie et les rois sages et pieux.” “Moi, je dirais de partir. De là, ils nous épient…” dit Pierre. “Qui? Les pharisiens?” “Non. Ceux qui sont passés avant et d'autres. Partons, Maître…” “J'attends des malades. Ils m'ont vu entrer dans la ville; le bruit s'est certainement répandu. Ils vont venir quand il fera plus chaud. Restons au moins jusqu'au tiers de sexte” répond Jésus. Et il recommence à faire les cents pas pour ne pas rester immobile dans l'air froid. En effet, après quelque temps, quand le soleil cherche à adoucir les effets de la tramontane, une femme arrive avec une fillette malade et elle demande sa guérison. Jésus la satisfait. La femme dépose son obole aux pieds de Jésus en disant: “C'est pour les autres enfants qui souffrent.” L'Iscariote ramasse l'argent. Plus tard, sur un brancard, on apporte un homme âgé dont les jambes sont malades. Et Jésus le guérit. En troisième lieu arrive un groupe de personnes qui prient Jésus de sortir hors des murs du Temple pour chasser le démon d'une fillette dont les cris déchirants se font entendre jusqu'à l'intérieur. Et Jésus se dirige derrière eux, en sortant sur la route qui mène à la ville. Des gens, parmi lesquels il y a des étrangers, se sont serrés autour de ceux qui tiennent la fillette qui écume et se débat en chavirant les yeux. Des gros mots de toutes sortes sortent de ses lèvres et sortent d'autant plus que Jésus s'approche d'elle, de même elle se débat plus fortement. C'est avec peine que la tiennent quatre hommes jeunes et robustes. Et avec les insultes, sortent des cris de reconnaissance pour le Christ, et des supplications angoissées de l'esprit qui la possède pour qu'on ne le chasse pas, et aussi des vérités, répétées avec monotonie: “Allez! Ne me faites pas voir ce maudit! Va-t'en! Va-t'en! Cause de notre ruine. Je sais qui tu es. Tu es… Tu es le Christ. Tu es… Tu n'as pas reçu d'autre onction que celle de là-haut. La puissance du Ciel te couvre et te défend. Je te hais! Maudit! Ne me chasse pas. Pourquoi nous chasses-tu et ne veux-tu pas de nous alors que tu gardes près de Toi une légion de démons dans un seul? Ne sais-tu pas que l'enfer tout entier est dans un seul? Si, tu le sais… Laisse-moi ici, au moins jusqu'à l'heure de…” La parole s'arrête parfois comme étranglée, d'autres fois elle change, ou s'arrête avant, ou se prolonge à travers des cris inhumains comme quand il crie: “Laisse-moi entrer au moins en lui. Ne m'envoie pas là-bas dans l'Abîme! Pourquoi nous hais-tu, Jésus, Fils de Dieu? Est-ce que cela ne te suffit pas ce que tu es? Pourquoi veux-tu aussi nous commander? Nous ne voulons pas de tes ordres, nous! Pourquoi es-tu venu pour nous persécuter, si nous, nous t'avons renié? Va-t'en! Ne nous verse pas dessus les feux du Ciel! Tes yeux! Quand ils seront éteints, nous rirons… Ah! Non! Pas même alors… Tu nous vaines! Tu nous vaines! Sois maudit Toi et le Père qui t'a envoyé, et Celui qui vient de vous et est vous… Aaaah!” Le dernier cri est vraiment épouvantable, le cri d'une créature égorgée dans laquelle entre lentement le fer homicide, et il a commencé du fait que Jésus, après avoir arrêté plusieurs fois, par commandement mental, les paroles de l'obsédée, y met fin en touchant d'un doigt le front de la fillette. Et le cri se termine dans une convulsion horrible jusqu'à ce que, avec un fracas qui tient du ricanement et du cri d'un animal de cauchemar, le démon la quitte en criant: “Mais je ne vais pas loin… Ha! Ha! Ha!” suivi immédiatement d'un bruit sec comme celui de la foudre, bien que le ciel soit absolument clair. Beaucoup s'en vont terrorisés. D'autres s'approchent encore davantage pour observer la fillette qui s'est calmée tout d'un coup en s'affaissant dans les bras de ceux qui la tenaient. Elle reste ainsi quelques instants, et puis elle ouvre les yeux, sourit, se voit parmi les gens sans voile sur le visage et sur la tête, et elle baisse son visage pour le cacher sur le bras qu'elle lève. Ceux qui l'accompagnent voudraient qu'elle remercie le Maître, mais il dit: “Laissez-la dans sa pudeur. Son âme me remercie déjà. Reconduisez-la à sa maison, chez sa mère. C'est sa place de fillette…” et il tourne le dos aux gens pour rentrer dans le Temple, à la place qu'il occupait. “Tu as vu, Seigneur, que plusieurs juifs étaient venus derrière nous? J'en ai reconnu quelques-uns… Les voilà! Ce sont ceux qui nous épiaient avant. Regarde comme ils discutent entre eux…” dit Pierre. “Ils sont en train de décider dans lequel d'entre eux le diable est entré. Il y a aussi Nahum, l'homme de confiance de Anna. C'est l'homme de la situation…” dit Thomas. “Oui. Et tu n'as pas vu parce que tu avais le dos tourné, mais le feu s'est ouvert justement sur sa tête” dit André qui en claque des dents. “J'étais près de lui, et j'ai eu une peur!…” “Vraiment, ils étaient tous unis, eux. Pourtant j'ai vu le feu s'ouvrir sur nous et j'ai cru mourir… J'ai même tremblé pour le Maître. Il paraissait vraiment suspendu au-dessus de sa tête” dit Mathieu. “Mais non. Moi, au contraire, je l'ai vu sortir de la fillette et éclater sur le mur du Temple” réplique Lévi, le berger disciple. “Ne discutez pas entre vous. Le feu n'a indiqué ni celui-ci, ni celui-là. Il a été seulement le signe que le démon s'était enfui” dit Jésus. “Mais il a dit qu'il n'allait pas loin!…” objecte André. “Paroles de démon… Il ne faut pas les écouter. Louons plutôt le Très-Haut pour ces trois fils d'Abraham guéris dans leur corps et leur âme.” Pendant ce temps un grand nombre de juifs sortis d'ici ou de là - mais il n'y a dans leur groupe ni un pharisien, ni un scribe, ni un prêtre - s'approchent de Jésus et l'entourent, et l'un d'eux s'avance en disant: “De grandes choses tu as faites en ce jour! Vraiment des œuvres de prophète et de grand prophète. Et les esprits des abîmes ont dit de Toi de grandes choses, mais leurs paroles ne peuvent être acceptées si ta parole ne les confirme pas. Nous sommes effrayés à cause de ces paroles, mais nous craignons aussi une grande tromperie car on sait que Belzébuth est un esprit de mensonge. Nous ne voudrions pas nous tromper, ni être trompés. Dis-nous donc qui tu es, de ta bouche de vérité et de justice.” “Et ne vous l'ai-je pas dit de nombreuses fois qui je suis? Cela fait presque trois ans que je vous le dis, et avant Moi vous l'a dit Jean au Jourdain et la Voix de Dieu venue des Cieux.” “C'est vrai. Mais nous n'y étions pas les autres fois. Nous… Toi qui es juste, tu dois comprendre notre angoisse. Nous voudrions croire en Toi comme Messie. Mais trop de fois, désormais, le peuple de Dieu a été trompé par de faux Christ. Console notre cœur qui espère et qui attend, par une parole assurée, et nous t'adorerons.” Jésus les regarde sévèrement. Ses yeux semblent percer leur chair et mettre leurs cœurs à nu. Puis il dit: “En vérité de nombreuses fois les hommes savent mieux que Satan dire des mensonges. Non, vous ne m'adorerez pas. Jamais. Quoi que je vous dise. Et même si vous arriviez à le faire, qui adoreriez-vous?” “Qui? Mais notre Messie!” “Vous vaudriez tant? Qui est pour vous le Messie? Répondez pour que je sache ce que vous valez.” “Le Messie? Mais le Messie est celui qui, par ordre de Dieu, réunira Israël dispersé et en fera un peuple triomphal sous le pouvoir duquel sera le monde. Et quoi? Tu ne sais pas ce qu'est le Messie?” “Je le sais comme vous vous ne le savez pas. Donc pour vous c'est un homme qui, surpassant David et Salomon et Judas Maccabée, fera d'Israël la Nation qui sera la reine du monde?” “C'est cela. Dieu l'a promis. Toute vengeance, toute gloire, toute revendication viendra du Messie promis.” “Il est dit: "Tu n'adoreras pas d'autre que le Seigneur ton Dieu". Pourquoi alors m'adoreriez-vous si vous ne pouviez voir en Moi que l'Homme-Messie?” “Et quoi d'autre devons-nous voir en Toi?” “Quoi? Et c'est avec ces sentiments que vous venez m'interroger? Races de vipères sournoises et venimeuses! Et sacrilèges aussi. Car, si en Moi vous ne pouviez voir autre chose que le Messie humain et m'adoriez, vous seriez idolâtres. C'est à Dieu seul qu'il faut donner l'adoration. Et en vérité, je vous dis une fois encore que Celui qui vous parle est plus que le Messie que vous vous représentez avec une mission et des fonctions et des pouvoirs que vous, dépourvus d'esprit et de sagesse, vous imaginez. Le Messie ne vient pas pour donner à son peuple un royaume tel que vous le croyez. Il ne vient pas exercer des vengeances sur d'autres puissants. Son Royaume n'est pas de ce monde et sa puissance dépasse tout autre pouvoir limité de ce monde.” “Tu nous mortifies, Maître. Si tu es Maître et si nous sommes ignorants, pourquoi ne veux-tu pas nous instruire?” “Cela fait trois ans que je le fais, et vous êtes de plus en plus dans les ténèbres parce que vous repoussez la Lumière.” “C'est vrai. C'est peut-être vrai. Mais ce qui a été dans le passé peut ne plus être dans l'avenir. Et quoi? Toi qui as pitié des publicains et des courtisanes et tu absous les pécheurs, veux-tu être sans pitié pour nous, seulement parce que nous avons la tête dure et que nous avons du mal à comprendre qui tu es?” “Ce n'est pas que vous avez du mal. C'est que vous ne voulez pas comprendre. Être hébété ne serait pas une faute. Dieu a tant de lumières qu'Il pourrait faire la lumière dans l'intelligence la plus obtuse mais pleine de bonne volonté. C'est elle qui manque en vous, et même vous avez une volonté opposée. C'est pour cela que vous ne comprenez pas qui je suis.” “C'est peut-être comme tu dis. Tu vois comme nous sommes humbles. Mais nous t'en prions au nom de Dieu, réponds à nos questions. Ne nous tiens pas davantage en suspens. Jusqu'à quand notre esprit devra-t-il demeurer incertain? Si tu es le Christ, dis-le-nous ouvertement.” “Je vous l'ai dit. Dans les maisons, sur les places, sur les routes, dans les villages, sur les monts, le long des fleuves, en face de la mer, devant les déserts, dans le Temple, dans les synagogues, sur les marchés je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas. Il n'y a pas de lieu en Israël qui n'ait entendu ma voix. Jusqu'aux lieux qui portent abusivement le nom d'Israël depuis des siècles, mais qui se sont séparés du Temple, jusqu'aux lieux qui ont donné leur nom à notre terre mais qui de dominateurs sont devenus sujets, et qui pourtant ne se libérèrent jamais complètement de leur erreur pour venir à la Vérité, jusqu'à la Syro-Phénicie que fuient les rabbis comme une terre de péché, tous ont entendu ma voix et appris mon existence. Je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas à mes paroles. J'ai agi, et à mes actions vous n'avez pas apporté votre pensée avec un esprit bon. Si vous l'aviez fait avec l'intention droite de vous renseigner sur Moi, vous seriez arrivés à avoir foi en Moi, car les œuvres que je fais au nom de mon Père témoignent de Moi. Les gens de bonne volonté qui sont venus à ma suite, parce qu'ils m'ont reconnu comme Pasteur, ont cru à mes paroles et au témoignage que donnent mes œuvres. Et quoi? Croyez-vous peut-être que ce que je fais n'a pas pour but votre intérêt? L'intérêt de toutes les créatures? Détrompez-vous. Et ne pensez pas que l'intérêt est donné par la santé de l'individu retrouvée par ma puissance, ou la libération de l'obsession ou du péché de tel ou tel. Cela est un intérêt limité à l'individu. C'est trop peu de chose en comparaison de la puissance qui se trouve libérée et de la source surnaturelle, plus que surnaturelle: divine, qui la libère, pour que ce soit l'unique intérêt. Il y a l'intérêt collectif des œuvres que je fais. L'intérêt d'enlever tout doute à ceux qui sont incertains, de convaincre ceux qui sont opposés en plus que celui de renforcer toujours plus la foi des croyants. C'est pour cet intérêt collectif, en faveur de tous le hommes présents et à venir, car mes œuvres apporteront leur témoignage sur Moi auprès des générations à venir et les convaincront à mon sujet, c'est pour cela que mon Père me donne la puissance de faire ce que je fais. Rien ne se fait sans une fin qui soit bonne dans les œuvres de Dieu. Souvenez-vous en toujours. Méditez cette vérité.” Jésus s'arrête un moment. Il fixe son regard sur un juif qui se tient la tête inclinée et il dit ensuite: “Toi qui es en train de réfléchir ainsi, toi dont le vêtement est couleur d'olive mûre, toi qui te demandes si Satan aussi a été créé pour une bonne fin, ne fais pas le sot pour t'opposer à Moi et chercher l'erreur dans mes paroles. Je te réponds que Satan n'est pas l'œuvre de Dieu mais de la libre volonté de l'ange rebelle. Dieu en avait fait son ministre glorieux et l'avait donc créé pour une bonne fin. Voilà: toi maintenant, en parlant à ton moi, tu dis: "Alors Dieu est sot, puisqu'il avait donné la gloire à un futur rebelle et confié ses volontés à un désobéissant". Je te réponds: "Dieu n'est pas sot, mais parfait dans ses actions et ses pensées. Il est le tout Parfait. Les créatures sont imparfaites, même les plus parfaites. Il y a toujours en elles un point d'infériorité par rapport à Dieu. Mais Dieu, qui les aime, a accordé aux créatures le libre arbitre, pour que par lui la créature se perfectionne dans les vertus et se rende ainsi plus semblable à Dieu son Père". Et je te dis encore, ô moqueur et astucieux chercheur de péché dans mes paroles, que du Mal, qui s'est volontairement formé, Dieu tire encore une bonne fin: celle de servir à rendre les hommes possesseurs d'une gloire méritée. Les victoires sur le Mal sont la couronne des élus. Si le Mal ne pouvait susciter une bonne conséquence pour ceux qui sont de bonne volonté, Dieu l'aurait détruit, car rien de ce qui est dans la Création ne doit être dépourvu d'incitation ou de conséquences bonnes. Tu ne réponds pas? Il t'est dur de devoir proclamer que j'ai lu dans ton cœur et que j'ai triomphé des suppositions injustes de ta pensée tortueuse? Je ne te forcerai pas à le faire. En présence de tant de monde, je te laisserai dans ton orgueil. Je ne réclame pas que tu me proclames victorieux, mais quand tu seras seul avec ceux qui te sont semblables, et avec ceux qui vous ont envoyés, alors avoue aussi que Jésus de Nazareth a lu les pensées de ton esprit et a étranglé tes objections dans ta gorge par la seule arme de sa parole de vérité. Mais laissons là cette interruption personnelle et revenons aux personnes nombreuses qui m'écoutent. Si même une seule de ce grand nombre convertissait son esprit à la Lumière, je serais récompensé de la peine de parler à des pierres, ou plutôt à des tombeaux remplis de vipères. Je disais que ceux qui m'aiment m'ont reconnu comme Pasteur à cause de mes paroles et de mes œuvres. Mais vous, vous ne croyez pas, vous ne pouvez pas croire, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. Qu'êtes-vous? Je vous le demande. Posez-vous la question à l'intérieur de votre cœur. Vous n'êtes pas sots, vous pouvez vous connaître pour ce que vous êtes. Il vous suffit d'écouter la voix de votre âme qui n'est pas tranquille de continuer d'offenser le Fils de Celui qui l'a créée. Vous, tout en sachant ce que vous êtes, vous ne le direz pas. Vous n'êtes ni humbles ni sincères, mais Moi je vous dis ce que vous êtes. Vous êtes en partie des loups, en partie des chevreaux sauvages. Mais aucun d'entre vous, malgré la peau d'agneau que vous portez pour vous faire passer pour des agneaux, n'est un agneau véritable. Sous la toison moelleuse et blanche, vous avez tous les couleurs féroces, les cornes pointues, les crocs et les griffes du bouc ou du fauve, et vous voulez rester tels, car il vous plaît d'être tels, et vous rêvez férocité et révolte. Vous ne pouvez donc m'aimer, et vous ne pouvez me suivre et me comprendre. Si vous entrez dans le troupeau, c'est pour nuire, pour apporter la douleur ou le désordre. Mes brebis ont peur de vous. Si elles étaient comme vous êtes, elles devraient vous haïr, mais elles ne savent pas haïr. Ce sont les agneaux du Prince de la paix, du Maître d'amour, du Pasteur miséricordieux. Et elles ne savent pas haïr. Elles ne vous haïront jamais, comme Moi je ne vous haïrai jamais. Je vous laisse la haine, qui est le fruit mauvais de la triple concupiscence, avec le moi déchaîné dans l'animal homme, qui vit oublieux d'être aussi esprit en plus que chair. Moi, je garde ce qui est mien: l'amour. Et cela je le communique à mes agneaux et je vous l'offre aussi à vous pour vous rendre bons. Si vous vous rendez bons, alors vous me comprendrez et vous viendrez à mon troupeau, semblables aux autres qui s'y trouvent. Nous nous aimerions. Les brebis et Moi, nous nous aimons. Elles m'écoutent, elles reconnaissent ma voix. Vous, vous ne comprenez pas ce qu'est en vérité connaître ma voix. C'est ne pas avoir de doute sur son origine et la discerner entre mille autres voix de faux prophètes, comme une véritable voix venue du Ciel. Maintenant et toujours, même parmi ceux qui se croient des fidèles de la Sagesse, et le sont en partie, il y en aura beaucoup, qui ne sauront pas discerner ma voix des autres voix qui parleront de Dieu avec plus ou moins de justice, mais qui seront toutes des voix inférieures à la, mienne…” “Tu dis toujours que bientôt tu t'en vas et ensuite tu veux dire que toujours tu parleras? Quand tu seras parti, tu ne parleras plus” objecte un juif avec le ton méprisant dont il parlerait à un diminué mental. Jésus répond encore de son ton patient et affligé qui a pris seulement un son sévère quand il a parlé au début aux juifs, et ensuite, quand il a répondu aux objections intérieures de ce juif: “Je parlerai toujours, pour que le monde ne devienne pas tout entier idolâtre. Et je parlerai aux miens, à ceux que j'ai choisis pour vous répéter mes paroles. L'Esprit de Dieu parlera, et eux comprendront ce que les sages eux-mêmes ne sauront pas comprendre. En effet les savants étudieront la parole, la phrase, la manière, le lieu, le comment, l'instrument, à travers lesquels la Parole parle, alors que ceux que j'ai choisis ne se perdront pas dans ces études inutiles, mais écouteront, perdus dans l'amour, et comprendront puisque ce sera l’Amour qui leur parlera. Eux distingueront les pages ornées des savants ou les pages menteuses des faux prophètes, des rabbis d'hypocrisie, qui enseignent des doctrines corrompues ou enseignent ce qu'ils ne pratiquent pas, ils les distingueront des paroles simples, vraies, profondes qui viendront de Moi. Mais le monde les haïra à cause de cela, car le monde me hait Moi-Lumière et il hait les fils de la Lumière, le monde ténébreux qui aime les ténèbres propices à son péché. Mes brebis me connaissent et me connaîtront et me suivront toujours, même sur les chemins sanglants et douloureux que je parcourrai le premier, et qu'eux parcourront après Moi. Les chemins qui conduisent les âmes à la Sagesse. Les chemins que le sang et les pleurs de ceux qui sont persécutés parce qu'ils enseignent la justice, rendent lumineux parce qu'ils brillent dans le brouillard des fumées du monde et de Satan, et sont comme des sillages d'étoiles pour conduire ceux qui cherchent la Voie, la Vérité, la Vie, et ne trouvent personne pour les y conduire, car c'est de cela que les âmes ont besoin: de ceux qui les conduisent à la Vie, à la Vérité, au juste Chemin. Dieu est plein de pitié pour ceux qui cherchent et ne trouvent pas non pas par leur faute, mais par la paresse des pasteurs idoles. Dieu est plein de pitié pour les âmes qui, laissées à elles-mêmes, se perdent et sont accueillies par les ministres de Lucifer, tout prêts à accueillir ceux qui se sont égarés, pour en faire des prosélytes de leurs doctrines. Dieu est plein de pitié pour ceux qui sont trompés seulement parce que les rabbis de Dieu, les prétendus rabbis de Dieu, se sont désintéressés d'eux. Dieu est plein de pitié pour ceux qui vont à la rencontre du découragement, des brouillards, de la mort, par la faute de faux maîtres, qui de maîtres n'ont que le vêtement et l'orgueil d'être appelés de ce nom. Et pour ces pauvres âmes, comme Il a envoyé les prophètes pour son peuple, comme Il m'a envoyé Moi pour le monde entier, ainsi ensuite, après Moi, Il enverra les serviteurs de la Parole, de la Vérité et de l’Amour pour répéter mes paroles. Car ce sont mes paroles qui donnent la Vie. C'est pourquoi mes brebis de mainte nant et de plus tard auront la Vie que je leur donne à travers ma Parole qui est Vie éternelle pour ceux qui l'accueillent, et ne périront jamais et que personne ne pourra arracher de mes mains.” “Nous n'avons jamais repoussé les paroles des vrais prophètes. Nous avons toujours respecté Jean qui a été le dernier prophète” répond un juif avec colère, et ses compagnons lui font écho. “Il est mort à temps pour ne pas être mal vu de vous et être persécuté même par vous. S'il était encore parmi les vivants, son "il n'est pas permis" dit pour un inceste charnel, il vous le dirait aussi à vous qui commettez un adultère spirituel par votre fornication avec Satan contre Dieu, et vous le tueriez comme vous avez l'intention de me tuer.” Les juifs manifestent bruyamment avec colère, déjà disposés à frapper, las de devoir feindre la douceur. Mais Jésus ne s'en préoccupe pas. Il élève la voix pour dominer le tumulte et il crie: “Et vous m'avez demandé qui je suis, ô hypocrites? Vous disiez que vous vouliez le savoir pour être certains? Et vous dites maintenant que Jean a été le dernier prophète? Et par deux fois vous vous condamnez pour un péché de mensonge. Une première fois parce que vous dites n'avoir jamais repoussé les paroles des vrais prophètes, la seconde fois parce qu'en disant que Jean est le dernier prophète et que vous croyez aux vrais prophètes, vous excluez que Moi aussi je sois un prophète, au moins un prophète, et un vrai prophète. Bouches mensongères! Cœurs trompeurs! Oui, en vérité, en vérité, Moi, ici, dans la maison de mon Père, je proclame que je suis plus que Prophète. Moi j'ai ce que mon Père m'a donné. Ce que mon Père m'a donné est plus précieux que tout et que tous, car c'est une chose sur laquelle la volonté et la puissance des hommes ne peuvent porter leurs mains rapaces. J'ai ce que Dieu m'a donné, et qui tout en étant en Moi est toujours en Dieu, et personne ne peut le ravir des mains de mon Père ni à Moi, car c'est la même Nature Divine. Le Père et Moi nous sommes Un.” “Ah! Horreur! Blasphème! Anathème!!” La clameur des juifs résonne dans le Temple et encore une fois les pierres, qui servent aux changeurs et aux marchands de bestiaux pour tenir en place leurs enclos, sont des munitions pour ceux qui cherchent des armes pouvant servir à frapper. Mais Jésus s'élève, les bras croisés sur la poitrine. Il est monté sur un banc de pierre pour être encore plus haut et plus visible et, de là, il les domine des rayons de ses yeux de saphir. Il domine et darde ses regards. Il est si majestueux qu'il les paralyse. Au lieu de lancer les pierres, ils les jettent ou les gardent dans leurs mains, mais sans avoir désormais l'audace de les lancer contre Lui. Même la clameur se calme pour faire place à une frayeur étrange. C'est vraiment Dieu qui se manifeste dans le Christ. Et quand Dieu se manifeste ainsi, l'homme, même le plus arrogant, se fait petit et effrayé. Je pense quel mystère est caché en ayant pu les juifs être si féroces le Vendredi Saint. Quel mystère dans l'absence de ce pouvoir de domination chez le Christ ce jour-là. C'était vraiment l'heure des Ténèbres, l'heure de Satan, et eux seuls régnaient… La Divinité, la Paternité de Dieu avait abandonné son Christ, et Lui n'était plus rien que la Victime… Jésus reste ainsi quelques minutes, puis il recommence à parler à cette foule vendue et lâche qui a perdu toute arrogance par le seul fait d'avoir vu un éclair divin: “Eh bien? Que voulez-vous faire? Vous m'avez demandé qui j'étais. Je vous l'ai dit. Vous êtes devenus furieux. Je vous ai rappelé ce que j'ai fait, je vous ai fait voir et vous rappeler beaucoup d'œuvres bonnes provenant de mon Père et accomplies grâce au Pouvoir qui me vient de mon Père. Pour laquelle de ces œuvres me lapidez-vous? Pour avoir enseigné la justice? Pour avoir apporté aux hommes la Bonne Nouvelle? Pour être venu vous inviter au Royaume de Dieu? Pour avoir guéri vos malades, rendu la vue à vos aveugles, donné le mouvement aux paralytiques, la parole aux muets, pour avoir délivré les obsédés, ressuscité les morts, pour avoir fait du bien aux pauvres, pardonné aux pécheurs, aimé tout le monde, même ceux qui me haïssent: vous et ceux qui vous envoient? Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous donc me lapider?” “Ce n'est pas pour les œuvres bonnes que tu as faites que nous te lapidons, mais pour ton blasphème, parce qu'étant homme, tu te fais Dieu.” “N'est-il pas écrit dans votre Loi: "J'ai dit: vous êtes des dieux et des fils du Très-Haut"? Maintenant s'Il a appelé "dieux" ceux auxquels Il a parlé pour leur donner un ordre: celui de vivre de façon que la ressemblance et l'image de Dieu qui est dans l'homme apparaisse manifestement et que l'homme ne soit ni un démon ni une brute; si les hommes sont appelés des "dieux" dans l'Ecriture, tout inspirée par Dieu, et pour cela l'Ecriture ne peut être modifiée ni annulée selon le plaisir et l'intérêt de l'homme; pourquoi dites-vous que je blasphème, Moi que le Père a consacré et envoyé dans le monde, parce que je dis: "Je suis le Fils de Dieu"? Si je ne faisais pas les œuvres de mon Père, vous auriez raison de ne pas croire en Moi. Mais Moi je les fais. Et vous ne voulez pas croire en Moi. Alors, croyez au moins à ces œuvres afin que vous sachiez et reconnaissiez que le Père est en Moi et que je suis dans le Père.” La tempête des cris et des violences recommence plus forte qu'auparavant. De l'une des terrasses du Temple où certainement ils étaient à l'écoute et cachés des prêtres, des scribes et des pharisiens, poussent de nombreux cris: “Mais emparez-vous de ce blasphémateur. Désormais sa faute est publique. Tous nous avons entendu. À mort le blasphémateur qui se proclame Dieu! Donnez-lui le même châtiment qu'au fils de Salumit de Dabri. Qu'on l'emmène hors de la ville et qu'on le lapide! C'est notre droit! Il est dit: "Que le blasphémateur soit mis à mort".” Les cris des chefs excitent la colère des juifs qui tentent de s'emparer de Jésus et de le remettre lié aux mains des magistrats du Temple qui sont en train d'accourir, suivis par les gardes du Temple. Mais plus rapides qu'eux sont encore une fois les légionnaires. Surveillant depuis l'Antonia, ils ont suivi le tumulte, et ils sortent de leur caserne pour venir à l'endroit où on crie. Et ils n'ont de respect pour personne. Les hampes des lances manœuvrent activement sur les têtes et les échines. Et ils s'excitent mutuellement par des plaisanteries et des gros mots à travailler sur les juifs: “A la niche, chiens! Faites place! Frappe dur sur ce teigneux, Licinus. Partez! La peur vous rend puants plus que jamais! Mais que mangez-vous, corbeaux, pour sentir si mauvais? Tu parles bien, Bassus. Ils se purifient, mais ils empestent. Regarde là ce gros nez! Au mur! Au mur, que nous prenions vos noms! Et vous, hiboux, descendez de là-haut. Désormais nous vous connaissons. Le centurion aura à rédiger un bon rapport pour le Chef. Non! Celui-là laisse-le, c'est un apôtre du Rabbi. Tu ne vois pas qu'il a une figure d'homme et non de chacal? Regarde! Regarde comme ils s'enfuient de ce côté! Et laisse-les aller! Pour les persuader, il faudrait les enfiler tous sur nos lances! Alors seulement nous les aurions domptés! Si cela pouvait être demain! Ah! mais toi, tu es pris et tu ne t'échappes pas. Je t'ai vu, tu sais? La première pierre c'était la tienne. Tu en répondras d'avoir frappé un soldat de Rome… Celui-ci aussi. Il nous a maudit en insultant les enseignes. Ah! Oui? Vraiment? Viens, nous te les ferons aimer dans nos prisons…” Et ainsi, en les chargeant et en les raillant, en arrêtant certains, en mettant les autres en fuite, les légionnaires dégagent la vaste cour. Mais c'est quand les juifs voient arrêter réellement deux des leurs qu'ils se dévoilent pour ce qu'ils sont: lâches, lâches, lâches. Ou bien ils s'enfuient en caquetant comme une volée de poulets qui voient descendre l'épervier, ou bien ils se jettent aux pieds des soldats pour implorer la pitié, avec une servilité et des flatteries révoltantes. Un vieux ridé, un des plus acharnés contre Jésus, s'accroche aux mollets d'un gradé en l'appelant "magnanime et juste". Le gradé s'en dégage par une vigoureuse secousse qui envoie rouler le juif à trois pas en arrière et il crie: “Va-t'en, vieux renard teigneux” et, se tournant vers un compagnon et montrant son mollet, il dit: “Ils ont des ongles de renards et de la bave de serpents. Regarde ici! Par Jupiter Maximus! Maintenant je m'en vais tout de suite aux Thermes pour effacer les marques de ce vieux baveux!” et réellement il s'en va fâché, avec son mollet tout éraflé. J'ai tout à fait perdu Jésus de vue. Je ne pourrais dire où il est allé, par quelle porte il est sorti. J'ai seulement vu, pendant quelque temps, émerger et disparaître dans la confusion, les visages des deux fils d'Alphée et de Thomas, qui luttaient pour se frayer un chemin, et ceux de quelques disciples bergers occupés au même travail. Puis eux aussi sont disparus et il ne m'est resté que les dernières criailleries des perfides juifs occupés à courir çà et là pour empêcher les légionnaires de les arrêter et de les reconnaître. J'ai l'impression que pour les légionnaires ce fut une fête de pouvoir flanquer une raclée aux hébreux pour se dédommager de toute la haine dont ils sont gratifiés.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

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