"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe Paul VI
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
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Dimanche 24 septembre 2017, Vingt-cinquième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 20,1-16.
Jésus disait cette parabole : « En effet, le Royaume des cieux est comparable au maître d'un domaine qui sortit au petit jour afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne.Il se mit d'accord avec eux sur un salaire d'une pièce d'argent pour la journée, et il les envoya à sa vigne.Sorti vers neuf heures, il en vit d'autres qui étaient là, sur la place, sans travail.Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste.'Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même.Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d'autres qui étaient là et leur dit : 'Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?'Ils lui répondirent : 'Parce que personne ne nous a embauchés.' Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne.'Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : 'Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.'Ceux qui n'avaient commencé qu'à cinq heures s'avancèrent et reçurent chacun une pièce d'argent.Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d'argent.En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine :'Ces derniers venus n'ont fait qu'une heure, et tu les traites comme nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur !'Mais le maître répondit à l'un d'entre eux : 'Mon ami, je ne te fais aucun tort. N'as-tu pas été d'accord avec moi pour une pièce d'argent ?Prends ce qui te revient, et va-t'en. Je veux donner à ce dernier autant qu'à toi :n'ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Vas-tu regarder avec un oeil mauvais parce que moi, je suis bon ?'Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 7, Ch 231, p 524 - CD 7 (2ème CD), piste 100 -
La synagogue des romains est exactement à l'opposé du Temple, près de l'Hippique. Il y a des gens qui attendent Jésus et quand on l'a signalé au début de la route, des femmes, les premières, iront à sa rencontre. Jésus est avec Pierre et le Thaddée.“Salut, Maître. Je te suis reconnaissante de m'avoir exaucée. Tu viens d'entrer dans la ville?”“Non. J'y suis depuis l'heure de prime. J'ai été au Temple.”“Au Temple? Ils ne t'ont pas insulté?”“Non. L'heure était matinale, et on ignorait ma venue.”“Je t'avais fait appeler pour cela… et aussi parce qu'il y a ici des gentils qui voudraient t'entendre parler. Depuis plusieurs jours ils allaient au Temple pour t'attendre, mais on se moquait d'eux et même on les menaçait. Hier j'y étais moi aussi, et j'ai compris qu'ils t'attendaient pour t'insulter. J'ai envoyé des hommes à toutes les portes. Avec l'or on obtient tout…”“Je te suis reconnaissant. Mais je ne puis pas ne pas monter au Temple, Moi, Rabbi d'Israël. Ces femmes, qui sont-elles?”“Mon affranchie Tusnilde, barbare deux fois, Seigneur, des forêts de Teutberg. Une proie de ces avances imprudentes qui ont coûté tant de sang humain. Mon père en a fait cadeau à ma mère, et elle me l'a donnée pour mes noces. De ses dieux aux nôtres et des nôtres à Toi, car elle fait ce que je fais. Elle est tellement bonne. Les autres femmes sont des épouses de gentils qui t'attendent, de toutes les régions, la plupart souffrantes, venues avec les navires de leurs maris.”“Entrons dans la synagogue…”Le chef, debout sur le seuil, s'incline et se présente: “Mathatias Sicule, Maître. À Toi louanges et bénédictions.”“La paix à toi.”“Entre. Je ferme la porte pour rester tranquilles. La haine est telle que les briques ont des yeux et les pierres des oreilles pour t'observer et te dénoncer, Maître. Peut-être valent-ils mieux ceux-ci qui, pourvu qu'on ne touche pas à leurs intérêts, nous laissent faire” dit le vieux chef qui marche à côté de Jésus pour le conduire au-delà d'une petite cour dans une Vaste pièce qui est la synagogue.“Guérissons d'abord les malades, Mathatias. Leur foi mérite d'être récompensée” dit Jésus, et il passe d'une femme à l'autre en imposant les mains.Quelques-unes sont en bonne santé, mais c'est leur petit qui est dans leurs bras, qui est souffrant, et Jésus guérit l'enfant. Il y a une fillette complètement paralysée et qui crie, une fois guérie: “Sitaré te baise les mains, Seigneur!”Jésus, qui était déjà passé, se retourne en souriant et demande: “Tu es syrienne?”La mère explique: “Phénicienne, Seigneur, d'au-delà de Sidon. Nous sommes sur les rives du Tamiri et j'ai dix autres fils et deux autres filles, une qui s'appelle Sira et l'autre Tamira. Sira est veuve bien qu'elle ne soit qu'un peu plus qu'enfant, si bien qu'étant libre, elle s'est établie auprès de son frère ici, dans la ville et elle est une de tes fidèles. C'est elle qui nous a dit que tu peux tout.”“Elle n'est pas avec toi?”“Si, Seigneur, derrière ces femmes.”“Avance” commande Jésus.La femme s'avance, craintive.“Tu ne dois pas avoir peur de Moi si tu m'aimes” dit Jésus pour la réconforter.“Je t'aime. C'est pour cela que j'ai quitté Alexandroscène, car je pensais que je t'aurais encore entendu et… que j'aurais appris à accepter ma douleur…” Elle pleure.“Quand es-tu restée veuve?”“A la fin de votre Adar… Si tu avais été là, Zéno ne serait pas mort. Il le disait… car il t'avait entendu et il croyait en Toi…”“Et alors, il n'est pas mort, ô femme, car celui qui croit en Moi vit. Ce n'est pas ce jour où vit la chair, la vraie vie. La vie est celle que l'on obtient en croyant et en suivant la Voie, la Vérité, la Vie, et en agissant conformément à sa parole. Même s'il s'est agi de croire et de suivre pendant peu de temps, et de travailler pendant peu de temps, vite interrompu par la mort du corps, même s'il s'agit d'un seul jour, d'une seule heure, je te le dis en vérité que cette créature ne connaîtra plus la mort. En effet mon Père, qui est le Père de tous les hommes, ne calculera pas le temps passé dans ma Loi et dans ma Foi, mais la volonté de l'homme de vivre jusqu'à sa mort dans cette Loi et cette Foi. Je promets la vie éternelle à celui qui croit en Moi et agit selon ce que je dis, en aimant le Sauveur, en propageant cet amour, en pratiquant mes enseignements dans le temps qui lui est accordé. Les ouvriers de ma vigne, ce sont tous ceux qui viennent et disent: "Seigneur, accueille-moi parmi tes ouvriers" et qui restent dans cette volonté, jusqu'à ce que mon Père ne juge terminée leur journée. En vérité, en vérité je vous dis qu'il y aura des ouvriers qui auront travaillé une seule heure, leur dernière heure, et qui auront une récompense plus rapide que ceux qui auront travaillé depuis la première heure, mais toujours avec tiédeur, poussés au travail uniquement par la pensée de ne pas mériter l'enfer, c'est-à-dire par la peur du châtiment. Ce n'est pas cette façon de travailler que mon Père récompense par une gloire immédiate. Au contraire, à ces calculateurs égoïstes qui ont le souci de faire le bien et seulement le peu de bien qu'il faut pour ne pas se donner une peine éternelle, le Juge éternel donnera une longue expiation. Ils devront apprendre à leurs dépens, par une longue expiation, à se donner un esprit actif en amour, et en un amour vrai, tout tourné vers la gloire de Dieu. Et je vous dis encore que dans l'avenir il y en aura beaucoup, spécialement parmi les gentils, qui seront les ouvriers d'une heure et même de moins d'une heure, qui deviendront glorieux dans mon Royaume parce que, en cette heure unique de correspondance à la Grâce qui les aura invités à entrer dans la Vigne du Seigneur, ils auront atteint la perfection héroïque de la Charité. Aie donc courage, femme. Ton mari n'est pas mort, mais il vit. Il n'est pas perdu pour toi, mais uniquement séparé de toi pour quelque temps. Toi, maintenant, comme une épouse qui n'est pas encore entrée dans la maison de l'époux, tu dois te préparer aux vraies noces immortelles avec celui que tu pleures. Oh! heureuses noces de deux esprits qui se sont sanctifiés et qui se réunissent de nouveau pour l'éternité là où il n'y a plus de séparation, ni de crainte de désaffection, ni de peine, là où les esprits jubileront dans l'amour de Dieu et dans l'amour réciproque! La mort, pour les justes, c'est la vraie vie, car rien ne peut menacer la vitalité de l'esprit, c'est-à-dire sa permanence dans la Justice. Ne pleure pas et ne regrette pas ce qui est caduque, ô Sira. Élève ton esprit, et vois, avec justice et vérité. Dieu t'a aimée en sauvant ton conjoint du danger que les œuvres du monde ruinent sa foi en Moi.”“Tu m'as consolée, ô Seigneur. Je vivrai comme tu dis. Que tu sois béni, et avec Toi ton Père, pour l'éternité.”Le chef de la synagogue dit au moment où Jésus va passer: “Puis-je te faire une objection, sans que cela te paraisse une offense?”“Parle. Je suis ici: Maître, pour donner la sagesse à ceux qui m'interrogent.”“Tu as dit que certains deviendront tout de suite glorieux au Ciel. Le Ciel n'est-il pas fermé? Est-ce que les justes ne sont pas dans les Limbes en attendant d'y entrer?”“C'est ainsi: le Ciel est fermé, et il ne sera ouvert que par le Rédempteur. Mais son heure est venue. En vérité je te dis que le jour de la Rédemption a déjà son aube à l'orient et que ce sera bientôt plein jour. En vérité, je te dis qu'il n'arrivera pas d'autre fête après celle-ci, avant ce jour. En vérité je te dis que déjà je force les portes, car je suis déjà au sommet du mont de mon sacrifice… Mon sacrifice déjà presse sur les portes du Ciel car il est déjà en action. Quand il sera accompli, rappelle-toi cela, ô homme, s'ouvriront les rideaux sacrés et les portes célestes. Car Jéhovah ne sera plus présent par sa gloire dans le Saint des Saints, et il sera inutile de mettre un voile entre l'Inconnaissable et les mortels, et l'Humanité qui nous a précédés et qui fut juste retournera à l'endroit qui lui était destiné, avec en tête le Premier-né, déjà complet en sa chair et en son esprit, et avec ses frères dans le vêtement de lumière qu'ils auront jusqu'au moment où leurs chairs aussi seront appelées à la jubilation.”Jésus prend le ton chantant particulier que prend un chef de synagogue ou un rabbi quand il répète les paroles bibliques ou les psaumes, et il dit: “Et Il m'a dit: "Prophétise à ces ossements et dis-leur: 'Os arides, écoutez la parole du Seigneur… Voici! J'infuserai en vous l'esprit et vous vivrez. Je mettrai sur vous les nerfs et Je ferai croître sur vous les chairs, J'étendrai la peau, Je vous donnerai l'esprit et vous vivrez et vous saurez que Je suis le Seigneur… Voici! J'ouvrirai vos tombeaux… Je vous en ferai sortir… Quand J'aurai infusé en vous mon esprit vous aurez la vie et Je vous ferai reposer sur la terre qui est la vôtre' ".”Il reprend sa manière de parler habituelle et abaisse ses bras qu'il avait tendus en avant, et il dit: “Deux sont ces résurrections de ce qui est aride, mort à la vie. Deux, qui se reflètent dans les paroles du prophète. La première c'est la résurrection à la Vie et dans la Vie, c'est-à-dire dans la Grâce qui est Vie, de ceux qui accueillent la Parole du Seigneur, l'esprit engendré par le Père, qui est Dieu comme le Père dont Il est le Fils, et qui s'appelle Verbe, le Verbe qui est Vie et qui donne la Vie, cette Vie dont tous ont besoin et dont Israël est privé comme les gentils. Que si, pour Israël, jusqu'à présent il suffisait pour avoir la vie éternelle d'espérer et d'attendre la Vie qui vient du Ciel, dorénavant, pour avoir la Vie, Israël devra accueillir la Vie. En vérité je vous dis que ceux de mon peuple qui ne m'accueillent pas Moi-Vie, n'auront pas la Vie, et ma venue sera pour eux une cause de mort, car ils auront repoussé la Vie qui venait à eux pour se communiquer. L'heure est venue où Israël sera partagé entre ceux qui vivent et ceux qui sont morts. C'est l'heure de choisir et de vivre ou de mourir. La Parole a parlé, elle a montré son Origine et sa Puissance, elle a guéri, enseigné, ressuscité et bientôt elle aura accompli sa mission. Il n'y a plus d'excuse pour ceux qui ne viennent pas à la Vie. Le Seigneur passe. Une fois passé, il ne revient pas. Il n'est pas revenu en Égypte pour redonner la vie aux fils premiers-nés de ceux qui l'avaient méprisé et opprimé en ses fils. Il ne reviendra pas non plus cette fois après que l'immolation de l'Agneau aura décidé les sorts. Ceux qui ne m'accueillent pas avant le passage, et qui me haïssent et me haïront, n'auront pas mon Sang sur leurs esprits pour les sanctifier, et ils ne vivront pas, et ils n'auront pas leur Dieu avec eux, pour le reste de leur pèlerinage sur la Terre. Sans la Divine Manne, sans la nuée protectrice et lumineuse, sans l'Eau qui vient du Ciel, privés de Dieu, ils iront vagabonds à travers le vaste désert qu'est la Terre, toute la Terre, tout un désert si pour ceux qui la parcourent manque l'union avec le Ciel, le voisinage du Père et Ami: Dieu. Et il y a une seconde résurrection: celle universelle, dans laquelle les os calcinés et dispersés depuis des siècles redeviendront frais et couverts de nerfs, de chair et de peau. Et ce sera le Jugement. Et la chair et le sang des justes jubileront avec l'esprit dans le Royaume éternel, et la chair et le sang des damnés souffriront avec l'esprit dans l'éternel châtiment. Je t'aime, ô Israël; je t'aime, ô Gentilité; je t'aime, ô Humanité! Et c'est pour cet amour que je vous invite à la Vie et à la Résurrection bienheureuse.”Les gens rassemblés dans la vaste salle sont comme fascinés. Il n'y a pas de différence entre l'étonnement des hébreux et celui des autres, d'autres lieux et d'autres religions. Je dirais même que ceux dont l'étonnement marque le plus de respect, ce sont les étrangers.Quelqu'un, un petit vieux très digne, murmure entre ses dents.“Qu'as-tu dit, ô homme?” demande Jésus en se retournant.“J'ai dit que… Je me répétais les paroles que pendant ma jeunesse j'avais entendues de mon maître d'enseignement: "Il est accordé à l'homme de s'élever par la vertu à une perfection divine. Il y a dans la créature un reflet du Créateur qui se révèle d'autant plus que l'homme s'ennoblit lui-même dans la vertu, quasi consommant la matière dans le feu de la vertu. Et il est accordé à l'homme de connaître l'Être qui, au moins une fois dans la vie d'un homme, avec une affection sévère ou paternelle, se montre à la créature pour qu'elle puisse dire: 'Je dois être bon. Je serais un malheureux si je ne le suis pas! Parce qu'une Puissance immense a brillé devant moi pour nie faire comprendre que la vertu est un devoir et qu'elle est signe de la noble nature de l'homme'. Vous trouverez cet éclair de la Divinité tantôt dans la beauté de la nature, tantôt dans la parole d'un mourant, ou même dans le regard d'un malheureux qui vous regarde et juge, ou dans le silence de la personne aimée qui sans rien dire réprouve une votre action déshonorante, vous le trouverez dans la frayeur d'un enfant devant un de vos actes de violence, ou dans le silence des nuits quand vous êtes seuls avec vous-mêmes et, dans la pièce la plus close et la plus solitaire, vous percevrez un autre Moi, bien plus puissant que le vôtre, qui parle avec un son sans son. Et celui-là sera le Dieu, ce Dieu qui doit exister, ce Dieu que la Création adore même sans en avoir conscience, ce Dieu qui, Unique, satisfait vraiment le sentiment des hommes vertueux, qui ne se sentent pas satisfaits et consolés par nos cérémonies et nos doctrines, ni devant les autels vides, bien vides, bien qu'une statue les surmonte". Je connais bien ces paroles, car depuis de nombreux lustres, je les répète comme ma loi et mon espérance. J'ai vécu, travaillé, et aussi souffert et pleuré. Mais j'ai tout supporté, et j'espère avec vertu, en espérant rencontrer avant de mourir ce Dieu dont Hermogène m'avait promis que je l'aurais connu. Maintenant je me disais que je l'ai vraiment vu. Et cela n'a pas été comme un éclair, ni comme un son sans son j'ai entendu la parole. Mais c'est dans une sereine et très belle forme d'homme que m'est apparu le Divin, et je l'ai entendu et je suis rempli d'un étonnement sacré. L'âme, cette chose que les hommes véritables admettent, mon âme t'accueille, ô Perfection, et elle te dit: "Enseigne-moi ton Chemin et ta Vie et ta Vérité pour qu'un jour, moi, homme solitaire, je me réunisse à Toi, Suprême Beauté.”“Nous nous réunirons. Et je te dis encore que, plus tard, tu seras réuni à Hermogène.”“Mais il est mort sans te connaître!”“Ce n'est pas la seule connaissance matérielle qui est nécessaire pour me posséder. L'homme, qui par sa vertu arrive à sentir le Dieu inconnu et à vivre vertueux pour rendre hommage à ce Dieu inconnu, peut bien se dire qu'il a connu Dieu parce que Dieu s'est révélé à lui pour récompenser sa vie vertueuse. Malheur s'il était nécessaire de me connaître personnellement! Bientôt plus personne n'aurait le moyen de se réunir à Moi. En effet, c'est Moi qui vous le dis, bientôt le Vivant quittera le royaume des morts pour retourner au Royaume de la Vie, et les hommes n'auront plus d'autre moyen de me connaître que par la foi et l'esprit. Mais, au lieu de s'arrêter, la connaissance de ma personne se propagera, et avec perfection, car elle sera exempte de tout ce qui est pesanteur des sens. Dieu parlera, Dieu opérera, Dieu vivra, Dieu se révélera aux âmes de ses fidèles avec son inconnaissable et parfaite Nature. Et les hommes aimeront le Dieu-Homme. Et le Dieu-Homme aimera les hommes avec des moyens nouveaux, avec des moyens ineffables que son amour infini aura laissés sur la Terre avant de s'en retourner auprès du Père après avoir tout accompli.”“Oh! Seigneur! Seigneur!” s'écrient plusieurs. “D's-nous donc comment nous pourrons te trouver et savoir que c'est Toi qui nous parles et où tu es, quand tu seras parti!” Et certains ajoutent: “Nous sommes des gentils et nous ne connaissons pas ta loi. Nous n'avons pas le temps de rester ici et de te suivre. Comment ferons-nous pour avoir cette vertu qui nous fait mériter de connaître Dieu?”Jésus sourit avec une lumineuse beauté dans la joie des conquêtes qu'il a faites parmi les gentils, et il explique doucement: “Ne vous préoccupez pas de connaître beaucoup de lois. Eux viendront (et il met les mains sur les épaules de Pierre et du Thaddée) pour porter ma Loi dans le monde. Mais tant qu'ils ne seront pas venus, ayez comme Loi les quelques phrases qui suivent où se trouve résumée toute ma Loi de Salut.Aimez Dieu de tout votre cœur. Aimez les autorités, les parents, les amis, les serviteurs, le peuple, et même les ennemis, comme vous aimez vous-mêmes. Et pour être sûrs de ne pas pécher, avant de faire n'importe quelle action, soit qu'elle soit commandée, soit qu'elle soit spontanée, demandez-vous: "Aimerais-je que me soit fait ce que je vais faire à celui-ci?" Et si vous voyez que vous ne l'aimeriez pas, ne le faites pas.Avec ces simples lignes, vous pourrez tracer en vous le chemin par lequel Dieu viendra à vous et par lequel vous irez à Dieu. En effet personne n'aimerait qu'un fils fût ingrat envers lui, que quelqu'un le tuât, qu'un autre le vole ou lui enlève son épouse ou déshonorât sa sœur ou sa fille ou s'emparât de sa maison, de ses champs ou de ses serviteurs fidèles. Avec cette règle, vous serez de bons fils et de bons parents, bons maris, bons frères, bons commerçants, véritables amis. Ainsi vous serez vertueux et Dieu viendra à vous.J'ai autour de Moi non seulement des hébreux et des prosélytes chez qui il n'y a pas de malice, je veux dire qui ne sont pas venus à Moi pour me prendre en défaut comme font ceux qui vous ont chassés du Temple pour vous empêcher de venir à la Vie, mais aussi des gentils de tous les pays du monde. Je vois des crétois et des phéniciens mêlés aux habitants du Pont et de la Phrygie, et il y a aussi quelqu'un des plages qui bordent la mer inconnue, chemin vers des terres inconnues où je serai aussi aimé. Et je vois des grecs avec des sicules et des habitants de la Cyrénaïque avec des asiatiques. Eh bien, je vous dis: allez! Dites dans vos pays que la Lumière est dans le monde et qu'ils viennent à la Lumière. Dites que la Sagesse a quitté les Cieux afin de se faire pain pour les hommes, eau pour les hommes qui languissent. Dites que la Vie est venue pour guérir et ressusciter ce qui est malade ou mort. Et dites… dites que le temps court rapidement comme un éclair en été. Que vienne celui qui désire Dieu. Son esprit connaîtra Dieu. Que vienne celui qui désire guérir. Ma main, tant qu'elle sera libre, donnera la guérison à ceux qui l'invoquent avec foi.Dites… Oui! Allez, et allez avec empressement et dites que le Sauveur attend ceux qui attendent et désirent une aide divine, à la Pâque, dans la Cité Sainte. Dites-le à ceux qui en ont besoin et aussi à ceux qui sont simplement curieux. Du mouvement impur de la curiosité peut jaillir pour eux l'étincelle de la foi en Moi, de la Foi qui sauve. Allez! Jésus de Nazareth, le Roi d'Israël, le Roi du monde, appelle pour les rassembler les représentants du monde afin de leur donner les trésors de ses grâces et les avoir comme témoins de son élévation qui consacrera son triomphe pour les siècles des siècles, comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Allez! Allez!A l'aube de ma vie terrestre vinrent, de divers endroits, les représentants de mon peuple pour adorer le Tout Petit dans lequel l'Immense se cachait. La volonté d'un homme, qui se croyait puissant et était un serviteur de la volonté de Dieu, avait ordonné le recensement dans l'Empire. Obéissant à un ordre inconnu et inéluctable du Très-Haut, ce païen devait se faire le héraut de Dieu qui voulait tous les hommes d'Israël, répandus dans toutes les parties de la Terre, dans la Terre de ce peuple, près de Bethléem Ephrata, pour s'étonner des signes venus du Ciel au premier vagissement d'un Nouveau-Né. Et comme cela ne suffisait pas encore, d'autres signes parlèrent aux gentils et leurs représentants vinrent adorer le Roi des rois, petit, pauvre, loin de son couronnement terrestre, mais déjà, oh! mais déjà Roi en présence des anges.Elle est venue l'heure où je serai Roi en présence des peuples avant de retourner là d'où je viens.Au couchant de ma journée terrestre, au soir de ma vie d'homme, il est juste qu'il y ait des hommes de tous peuples pour voir Celui que l'on doit adorer et en qui se cache toute la Miséricorde. Et qu'ils jouissent, les bons, les prémices de cette moisson nouvelle, de cette Miséricorde qui s'ouvrira comme les nuées de Nisan pour gonfler les fleuves des eaux salutaires, capables de faire fructifier les arbres plantés sur les rives, comme on lit dans Ézéchiel.”Et Jésus recommence à guérir les malades hommes et femmes, et prend leurs noms, car maintenant tous veulent dire le leur: “Moi Zilla… Moi Zabdi… Moi Gail… Moi André… Moi Théophane… Moi Selima… Moi Olinto… Moi Philippe… Moi Élissa… Moi Bérénice… Ma fille Gaia… Moi Argénide… Moi… Moi… Moi…”Il a fini. Il voudrait partir. Mais combien Lui demandent de rester, de parler encore!Et quelqu'un, peut-être borgne, car il a un œil couvert d'une bande dit, pour le retenir encore: “Seigneur, j'ai été frappé par quelqu'un jaloux de mon bon commerce. J'ai sauvé avec peine ma vie, mais j'ai perdu un œil, crevé par le coup. Maintenant mon rival est devenu pauvre et il est mal vu; il s'est enfui dans un pays près de Corinthe. Moi, je suis de Corinthe. Que devrais-je faire pour celui qui a failli me tuer? Ne pas faire aux autres ce qu'il ne me plairait pas de recevoir, c'est bien, mais de lui, j'ai déjà reçu… et du mal, beaucoup de mal…” et son visage est si expressif qu'on y lit sa pensée inexprimée: “et je devrais donc prendre ma revanche…”Mais Jésus le regarde avec une lueur de sourire dans son œil bleu saphir, oui, mais avec la dignité d'un Maître sur tout son visage, et il lui dit: “C'est toi, un grec qui me le demandes? Vos grands hommes n'ont-ils peut-être pas dit que les mortels deviennent semblables à Dieu quand ils correspondent à deux dons que Dieu leur accorde pour les rendre semblables à Lui et qui sont: pouvoir être dans la vérité et faire du bien au prochain?”“Ah! oui! Pythagore!”“Et n'ont-ils pas dit que l'homme se rapproche de Dieu non par la science, ou la puissance, ou autrement, mais en faisant du bien?”“Ah! oui! Démosthène! Mais, excuse-moi, Maître, si je te le demande… Tu n'es qu'un hébreux, et les hébreux n'aiment pas nos philosophes… Comment sais-tu ces choses?”“Homme, parce que j'étais la Sagesse qui inspirait aux intelligences ce qu'expriment ces paroles. Je suis là où le Bien est actif. Toi, grec, écoute les conseils des sages où c'est encore Moi qui parle. Fais du bien à qui t'a fait du mal et tu seras appelé saint par Dieu. Et maintenant laissez-moi aller. Il y en a d'autres qui m'attendent. Adieu, Valéria, et ne crains pas pour Moi. Ce n'est pas encore mon heure. Quand ce sera l'heure, toutes les armées de César seront incapables d'opposer une barrière à mes adversaires.”“Salut, Maître, et prie pour moi.”“Pour que la paix te possède. Adieu. Paix à toi, chef. Paix pour ceux qui croient et pour ceux qui tendent à la paix.”Et avec un geste qui est salut et bénédiction, il sort de la salle, traverse la cour et sort sur le chemin…
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 17 septembre 2017, Vingt-quatrième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,21-35.
Pierre s'approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu'à sept fois ? »
Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois.
En effet, le Royaume des cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
Il commençait, quand on lui amena quelqu'un qui lui devait dix mille talents (c'est-à-dire soixante millions de pièces d'argent).
Comme cet homme n'avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette.
Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : 'Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout. '
Saisi de pitié, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.
Mais, en sortant, le serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d'argent. Il se jeta sur lui pour l'étrangler, en disant : 'Rembourse ta dette ! '
Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : 'Prends patience envers moi, et je te rembourserai. '
Mais l'autre refusa et le fit jeter en prison jusqu'à ce qu'il ait remboursé.
Ses compagnons, en voyant cela, furent profondément attristés et allèrent tout raconter à leur maître.
Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : 'Serviteur mauvais ! je t'avais remis toute cette dette parce que tu m'avais supplié.
Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j'avais eu pitié de toi ? '
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu'à ce qu'il ait tout remboursé.
C'est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l'Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 4, Ch 142, p 373 - CD 4, (2ème cd) piste 153 -
Une fois les pauvres renvoyés après le repas, Jésus reste avec les apôtres et les disciples dans le jardin de Marie de Magdala. Ils vont s'asseoir à sa limite, justement près des eaux tranquilles du lac sur lequel font voile des barques occupées à la pêche.
“Ils vont faire une bonne pêche” commente Pierre qui les observe.
“Toi aussi, tu feras une bonne pêche, Simon de Jonas.”
“Moi, Seigneur, quand? Tu veux que je sorte pour pêcher pour la nourriture de demain? J'y vais de suite et…”
“Nous n'avons pas besoin de nourriture dans cette maison. La pêche que tu feras, c'est dans l'avenir, et dans le domaine spirituel. Et avec toi seront d'excellents pêcheurs, la plus grande partie de ceux-ci.”
“Pas tous, Maître?” demande Mathieu.
“Pas tous. Mais ceux qui en persévérant deviendront mes prêtres, feront bonne pêche.”
“Des conversions, hein?” demande Jacques de Zébédée.
“Conversions, pardons, retours à Dieu. Oh! tant de choses.”
“Écoute, Maître. Tu nous as dit précédemment que si quelqu'un n'écoute pas son frère, pas même en présence de témoins, que la synagogue le reprenne. Maintenant, si j'ai bien compris ce que tu nous as dit, depuis que nous nous connaissons, il me semble que la synagogue sera remplacée par l'Église, cette chose que tu fonderas. Alors, où irons-nous pour conseiller les frères obstinés?”
“Vous irez chez vous, parce que c'est vous qui serez mon Église. Par conséquent, les fidèles viendront à vous ou pour avoir un conseil pour eux-mêmes, ou pour donner un conseil à d'autres. Je vous dis davantage: non seulement vous pourrez donner des conseils, mais vous pourrez aussi absoudre en mon Nom. Vous pourrez délier des chaînes du péché et vous pourrez lier deux personnes qui s'aiment en en faisant une seule chair. Et ce que vous aurez fait, sera valide aux yeux de Dieu comme si Dieu Lui-même l'avait f ait. En vérité, je vous dis: ce que vous aurez lié sur la terre sera lié au Ciel, ce que vous aurez délié sur la terre sera délié au Ciel. Et je vous dis encore, pour vous faire comprendre la puissance de mon Nom, à propos de l'amour fraternel et de la prière: si deux de mes disciples, et je considère maintenant comme tels tous ceux qui croiront au Christ, se réunissent pour demander quelque chose de juste en mon Nom, cela leur sera accordé par mon Père. Car c'est une grande puissance que la prière, une grande puissance que l'union fraternelle, une très grande, une infinie puissance que mon Nom et ma présence parmi vous. Et là où deux ou trois seront réunis en mon Nom, je serai au milieu d'eux et je prierai avec eux, et le Père ne refusera rien à ceux qui prient avec Moi. Car beaucoup n'obtiennent pas parce qu'ils prient seuls, ou pour des motifs illicites, ou par orgueil, ou avec le péché sur leur cœur. Faites-vous un cœur pur pour que je puisse être avec vous et puis priez, et vous serez écoutés.”
Pierre est pensif. Jésus le voit et lui en demande la raison. Et Pierre explique: “Je réfléchis à quel grand devoir nous sommes destinés, et j'en ai peur, peur de ne pas savoir bien faire.”
“En effet, Simon de Jonas ou Jacques d'Alphée ou Philippe ou d'autres ne sauraient pas bien faire, mais le prêtre Pierre, le prêtre Jacques, le prêtre Philippe ou Thomas, sauront bien faire parce qu'ils agiront en même temps que la Divine Sagesse.”
“Et… combien de fois devrons-nous pardonner aux frères? Combien de fois s'ils pèchent contre les prêtres, et combien de fois s'ils pèchent contre Dieu? Parce que si cela se passe comme maintenant, certainement ils pécheront contre nous puisqu'ils pèchent contre Toi, tant et tant de fois. Dis-moi si je dois pardonner toujours ou un certain nombre de fois. Sept fois, ou plus encore, par exemple?”
“Je ne te dis pas sept fois mais septante fois sept fois. Un nombre illimité. Car le Père des Cieux vous pardonnera à vous bien des fois, un grand nombre de fois, à vous qui devriez être parfaits. Et comme Il se comporte avec vous, vous devez aussi vous comporter parce que vous représenterez Dieu sur la terre. D'ailleurs, écoutez. Je vais vous raconter une parabole qui sera utile à tous.”
Et Jésus, qui était entouré des seuls apôtres en un endroit enclos par des buis, se dirige vers les disciples qui sont, de leur côté, respectueusement groupés sur un emplacement agrémenté d'une vasque pleine d'une eau limpide. Le sourire de Jésus est comme un signal qu'il va parler. Et pendant que Lui va, de son pas lent et allongé, avec lequel il fait beaucoup de chemin en peu de temps, et donc sans hâte, eux se réjouissent tous, et comme des enfants autour de quelqu'un qui leur fait plaisir, ils l'entourent en formant un cercle. Une couronne de visages attentifs jusqu'à ce que Jésus se place contre un grand arbre et commence à parler.
“Ce que J'ai d'abord dit au peuple doit être perfectionné pour vous qui êtes choisis parmi eux. Il m'a été demandé par l'apôtre Simon de Jonas: "Combien de fois je dois pardonner? A qui? Pourquoi?" Je lui ai répondu en particulier, et maintenant, je répète pour tous ma réponse parce qu'il est juste que vous le sachiez désormais.
Écoutez combien de fois, et comment, et pourquoi il faut pardonner. Il faut pardonner comme Dieu pardonne Lui qui, si on pèche mille fois et si on s'en repent, pardonne mille fois, pourvu qu'Il voie que chez le coupable il n'y a pas la volonté de pécher, la recherche de ce qui fait pécher, mais si au contraire le péché n'est que le fruit d'une faiblesse de l'homme. Dans le cas où l'on persiste volontairement dans le péché, il ne peut y avoir de pardon pour les offenses à la Loi. Mais bien que ces fautes vous affligent vous, individuellement, pardonnez. Pardonnez toujours à qui vous fait du mal. Pardonnez pour être pardonnés, car vous aussi commettez des fautes contre Dieu et vos frères. Le pardon ouvre le Royaume des Cieux, tant à celui qui reçoit le pardon qu'à celui qui l'accorde. Cela ressemble à ce fait survenu entre un roi et ses serviteurs.
Un roi voulut faire ses comptes avec ses serviteurs. Il les appela donc l'un après l'autre, en commençant par ceux du plus haut rang. Il en vint un qui lui devait dix mille talents, mais celui-ci n'avait pas de quoi payer les avances que le roi lui avait faites pour pouvoir se construire des maisons et pour des biens de tous genres. C'est qu'en réalité, pour des raisons plus ou moins justes, il n'avait pas employé avec beaucoup de soin la somme reçue pour ces projets. Le roi-maître, indigné de sa paresse et de son manque de parole, commanda qu'il fût vendu, lui, sa femme, ses enfants et tout ce qu'il avait jusqu'à ce qu'il eût payé sa dette. Mais le serviteur se jeta aux pieds du roi et il le priait avec des larmes et des supplications: "Laisse-moi aller. Aie encore un peu de patience et je te rendrai tout ce que je te dois, jusqu'au dernier denier". Le roi ému par tant de douleur - c'était un bon roi - non seulement consentit à sa demande mais, ayant su que parmi les causes de son peu de soin et de l'inobservation des échéances, il y avait aussi les maladies, en arriva à lui faire remise de sa dette.
Le sujet s'en alla heureux. En sortant de là pourtant, il trouva sur son chemin un autre sujet, un pauvre sujet auquel il avait prêté cent deniers pris sur les dix mille talents qu'il avait eus du roi. Persuadé de la faveur du souverain, il se crut tout permis et, ayant saisi le malheureux à la gorge, il lui dit: "Rends-moi, tout de suite, ce que tu me dois". Inutilement l'homme se courba en pleurant pour lui baiser les pieds, en gémissant: "Aie pitié de moi qui aie tant de malheurs. Aie encore un peu de patience et je te rendrai tout jusqu'à la dernière piécette". Le serviteur impitoyable appela les soldats et fit conduire le malheureux en prison pour le décider à le payer, sous peine de perdre la liberté ou même la vie.
La chose fut connue par les amis du malheureux, qui, tout contristés, allèrent la rapporter au roi et maître. Ce dernier, informé, ordonna de lui amener le serviteur impitoyable, et le regardant sévèrement, il lui dit: "Mauvais serviteur, moi je t'avais aidé précédemment pour que tu deviennes miséricordieux puisque je t’avais rendu riche et que je t'ai aidé encore en te remettant ta dette pour laquelle tu m'avais tant demandé de patienter. Tu n'as pas eu pitié d'un de tes semblables, alors que moi, le roi, j'en avais tant eu pour toi. Pourquoi n'as tu pas fait ce que j'ai fait pour toi?" Et, indigné, il le remit aux gardiens de prison pour qu'ils le gardassent jusqu'à ce qu'il eût tout payé, en disant: "Comme il n'a pas eu pitié de quelqu'un qui lui devait bien peu, alors que moi qui suis roi ai eu tant pitié de lui, de la même façon qu'il ne bénéficie pas de ma pitié".
De la même façon mon Père agira avec vous si vous êtes impitoyables pour vos frères, si vous, ayant tant reçu de Dieu, devenez coupables plus que ne l'est un fidèle. Rappelez-vous que vous avez l'obligation d'être plus que tous les autres sans faute. Rappelez-vous que Dieu vous avance un grand trésor mais Il veut que vous Lui en rendiez compte. Rappelez-vous que personne comme vous ne doit savoir pratiquer l'amour et le pardon.
Ne soyez pas des serviteurs qui, pour vous, exigez beaucoup et puis ne donnez rien à ceux qui vous demandent. Comme vous faites, ainsi on vous fera. Et il vous sera demandé compte aussi de la conduite des autres entraînés au bien ou au mal par votre exemple. Oh! en vérité, si vous êtes des sanctificateurs, vous posséderez une gloire immense dans les Cieux! Mais de la même façon, si vous êtes causes de la perversion ou même seulement paresseux dans le travail de sanctification, vous serez durement punis.
Je vous le dis encore une fois: si quelqu'un de vous ne se sent pas le courage d'être victime de sa propre mission, qu'il s'en aille. Mais qu'il n'y manque pas. Et je dis qu'il n'y manque pas dans les choses vraiment ruineuses pour sa propre formation et celle d'autrui. Et qu'il sache avoir Dieu pour ami, en ayant toujours au cœur le pardon pour les faibles. Alors voilà qu'à chacun de vous qui sait pardonner, il sera, par le Dieu Père, donné le pardon.
Le séjour est terminé. Le temps des Tabernacles est proche. Ceux auxquels j'ai parlé en particulier ce matin, à partir de demain iront en me précédant et en m'annonçant aux populations. Que ceux qui restent ne se découragent pas. J'ai gardé certains d'entre eux pour une raison de prudence, non par mépris à leur égard. Ils vont rester avec Moi, et bientôt je les enverrai comme j'envoie les septante-deux premiers. La moisson est abondante, et les ouvriers sont toujours peu nombreux pour le travail à faire. Il y aura donc du travail pour tous. Et ils n'y suffiront pas encore. Donc, sans jalousie, priez le Maître de la moisson qu'Il envoie toujours de nouveaux ouvriers pour sa moisson.
Pour le moment, allez. Les apôtres et Moi, en ces jours de repos, nous avons complété votre instruction pour le travail que vous avez à faire, en répétant ce que j'ai dit avant d'envoyer les douze. L'un de vous m'a demandé: "Mais comment je guérirai en ton nom?" Guérissez d'abord l'esprit. Promettez aux infirmes le Royaume de Dieu s'ils savent croire en Moi et, après avoir vu en eux la foi, commandez à la maladie de s'en aller, et elle s'en ira. Et agissez ainsi pour ceux qui ont l'esprit malade. Allumez tout d'abord la Foi. Par une parole assurée communiquez l'Espérance. Je viendrai à mon tour mettre en eux la divine Charité, comme je l'ai mise dans votre cœur après que vous avez cru en Moi et espéré en ma Miséricorde. Et n'ayez peur ni des hommes ni du démon. Ils ne vous feront pas de mal. Les seules choses que vous devez craindre, ce sont la sensualité, l'orgueil, la cupidité. Par elles, vous pourriez vous livrer à Satan et aux hommes-satans, qui existent aussi.
Allez donc en me précédant sur les routes du Jourdain. Arrivés à Jérusalem, allez rejoindre les bergers dans la vallée de Bethléem, et venez me trouver avec eux à l'endroit que vous savez. Ensemble, nous célébrerons la fête sainte en revenant ensuite plus affermis que jamais à notre ministère.
Allez avec la paix. Je vous bénis au Nom Saint du Seigneur.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie. http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 10 septembre 2017, Vingt-troisième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,15-20.
Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. S'il ne t'écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes afin que toute l'affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté de l'Église ; s'il refuse encore d'écouter l'Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. Encore une fois, je vous le dis : si deux d'entre vous sur la terre se mettent d'accord pour demander quelque chose, ils l'obtiendront de mon Père qui est aux cieux. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 4, Ch 141, p 371 - CD 4, piste 152 -
Jésus n'est plus dans le même endroit qu'à la dernière vision, mais il se trouve dans un vaste jardin qui se prolonge jusqu'au lac. Au-delà du jardin, ou plutôt en son milieu, se trouve la maison, précédée et entourée de ce jardin qui en arrière se prolonge au moins trois fois plus que sur les côtés et en avant de la maison. Il y a des fleurs, mais surtout des arbres et des bosquets et de tranquilles coins de verdure, fermés autour de vasques de marbre précieux, comme des pavillons autour de tables et de sièges de pierre. Et il devait y avoir des statues ça et là, le long des sentiers et au centre des vasques mais, à présent, il ne reste que les piédestaux des statues pour rappeler leur souvenir près des lauriers et des buis, ou se contempler dans les vasques remplies d'eau limpide. La présence de Jésus avec les siens et celle de gens de Magdala, parmi lesquels le petit Benjamin qui avait osé dire à l'Iscariote qu'il était méchant, me fait Penser que ce sont les jardins de la maison de Marie-Magdeleine… revus et corrigés en vue de leur nouvelle fonction par la suppression de ce qui aurait pu produire le dégoût et le scandale et rappeler le passé. Le lac est tout entier un crêpe soyeux gris azuré qui reflète le ciel sur lequel courent les nuages chargés des premières pluies de l'automne. Et pourtant il est beau aussi sous cette lumière tranquille et paisible d'un jour qui, pour n'être pas serein, n'est pas tout à fait pluvieux. Ses rives n'ont plus beaucoup de fleurs mais, en revanche, sont colorées par ce grand peintre qu'est l'automne et présentent des coups de pinceaux d'ocre et de pourpre, et la pâleur exténuée des feuilles mourantes pour les arbres et les vignes qui changent de couleur avant de céder à la terre leur vêtement vivant. Il y a tout un coin, dans le jardin d'une villa qui est sur le lac comme celle-ci, qui rougit comme si dans les eaux il avait débordé du sang par la présence d'une haie aux branches flexibles auxquelles l'automne a donné une teinte de cuivre qui reflète un brasier alors que, dans les saules répandus sur la rive à peu de distance, tremble leur feuillage glauque-argenté, fin et encore plus pâle que d'ordinaire avant de mourir. Jésus ne regarde pas ce que je regarde. Il regarde de pauvres malades qu'il gratifie de la guérison. Il regarde des vieux mendiants auxquels il donne de l'argent. Il regarde des enfants que les mères Lui présentent pour qu'il les bénisse. Il regarde avec pitié un groupe de sœurs qui Lui parlent de la conduite de leur frère unique qui a fait mourir leur mère de chagrin et les a ruinées. Elles le prient, ces pauvres femmes, de les conseiller et de prier pour elles. “Bien sûr que je prierai. Je prierai Dieu qu'Il vous donne la paix et que votre frère se convertisse et qu'il se souvienne de vous en vous rendant ce qu'il vous doit et surtout en revenant vous aimer. Car, s'il fait cela, il fera tout le reste. Mais vous, l'aimez-vous ou y a-t-il en vous de la rancœur? Est-ce que vous le pardonnez du fond du cœur ou bien est-ce que votre chagrin est du dédain? Car lui aussi est malheureux, plus que vous. Et malgré ses richesses, il est plus pauvre que vous, et il faut en avoir pitié. Il ne possède plus l'amour et il est sans l'amour de Dieu. Voyez-vous combien il est malheureux? Vous, à commencer par votre mère, par la mort vous terminerez dans la joie la vie triste qu'il vous a fait mener, mais lui, non. Au contraire, il passerait d'une fausse jouissance d'une heure à un tourment éternel et atroce. Venez près de Moi. Je m'adresserai à tous, en vous parlant à vous.” Et Jésus se dirige au milieu d'une pelouse parsemée de buissons de fleurs, au milieu de laquelle il devait y avoir auparavant une statue. Maintenant il reste la base, entourée d'une haie basse de myrtes et de petites roses. Jésus tourne le dos à cette haie et commence à parler. Tous se taisent et se groupent autour de Lui. “La paix soit à vous. Écoutez. Il est dit: "Aime ton prochain comme toi-même". Mais, sous ce nom, de qui s'agit-il? Tout le genre humain pris dans son ensemble. Ensuite, plus particulièrement, tous les hommes de la même nation; plus particulièrement encore, tous les concitoyens; puis, en resserrant toujours plus le cercle, tous les parents; enfin, dernier cercle de cette couronne d'amour resserrée comme les pétales d'une rose autour du cœur de la fleur, l'amour pour les frères de sang; les premiers des prochains. Le centre du cœur de la fleur d'amour, c'est Dieu, l'amour pour Lui est le premier qu'il faut avoir. Autour de son centre, voici l'amour pour les parents, le second qu'il faut avoir parce que les parents sont les petits "Dieu" de la terre, parce qu'ils nous créent et coopèrent avec Dieu pour nous créer, sans compter qu'ils s'occupent de nous avec un amour inlassable. Autour de cet ovaire qui flamboie de pistils et exhale les parfums les plus choisis des amours, voici que se serrent les cercles des différents amours. Le premier est celui des frères nés du même sein et du même sang duquel nous naissons. Mais, comment faut-il aimer le frère? Seulement parce que sa chair et son sang sont les mêmes que les nôtres? C'est ce que savent faire aussi les oisillons rassemblés dans un nid. Eux, en fait, n'ont que cela de commun: d'être nés d'une même couvée et d'avoir en commun sur la langue la saveur de la salive paternelle et maternelle. Nous, hommes, nous sommes plus que des oiseaux, nous avons plus que la chair et le sang. Nous avons le Père, en plus d'un père et d'une mère. Nous avons l'âme et nous avons Dieu qui est le Père de tous. Et voilà qu'il faut savoir aimer le frère comme frère, à cause du père et de la mère qui nous ont engendrés, et comme frère à cause de Dieu qui est le Père universel. L'aimer par conséquent d'un amour spirituel en plus de l'amour charnel. L'aimer non seulement à cause de la chair et du sang, mais à cause de l'esprit que nous avons en commun. Aimer, comme il se doit, l'esprit plus que la chair de notre frère, car l'esprit est plus que la chair. Parce que le Dieu Père est plus que l'homme père. Parce que la valeur de l'esprit est au-dessus de la valeur de la chair. Parce que notre frère serait beaucoup plus malheureux de perdre le Dieu Père que l'homme père. La privation du père homme est déchirante, mais ne rend qu'à moitié orphelin. Elle ne blesse que ce qui est terrestre, notre besoin d'aide et de caresses. Mais l'esprit, s'il sait croire, n'est pas blessé par la mort du père. Au contraire, pour le suivre là où le juste se trouve, l'esprit du fils monte, comme attiré par la force de l'amour. Et en vérité, je vous dis que cela est amour, amour de Dieu et du père, monté par son esprit au lieu où réside la sagesse. Il monte vers ces lieux où Dieu est plus proche, et agit avec une plus grande droiture parce que ne lui manque pas l'aide véritable que sont les prières du père qui maintenant sait aimer complètement, le frein que lui donne la certitude que maintenant son père voit, mieux que pendant sa vie, les œuvres de son fils, le désir de pouvoir le retrouver moyennant une vie sainte. C'est pour cela qu'il faut se préoccuper davantage de l'esprit que du corps de son propre frère. Ce serait un bien pauvre amour celui qui s'adresse seulement à ce qui périt en négligeant ce qui ne périt pas et qui, si on le néglige, peut perdre la joie éternelle. Trop nombreux sont ceux qui se fatiguent pour des choses inutiles, qui s'épuisent pour ce qui n'a qu'un intérêt relatif, en perdant de vue ce qui est vraiment nécessaire. Les vraies sœurs, les bons frères ne doivent pas seulement se préoccuper de garder en ordre les vêtements, de tenir prêts les repas, ou d'aider leurs frères par leur travail. Mais ils doivent se pencher sur leurs esprits, en écouter les voix, en percevoir les défauts, et avec une affectueuse patience, peiner pour leur donner un esprit qui respire la santé et la sainteté, si en ces voix et en ces défauts ils voient un danger pour leur vie éternelle. Et ils doivent, s'ils ont péché contre eux, s'appliquer à pardonner et à obtenir pour eux le pardon de Dieu par leur retour à l'amour sans lequel Dieu ne pardonne pas. Il est dit dans le Lévitique: "N'aie pas de haine dans ton cœur pour ton frère, mais reprends-le publiquement pour n'être pas chargé de péchés à cause de lui". Mais, de l'absence de haine à l'amour, il y a encore un abîme. Il peut vous sembler que l'antipathie, l'absence de relations et l'indifférence ne sont pas des péchés parce que ce n'est pas de la haine. Non. Je viens vous donner de nouvelles lumières sur l'amour et nécessairement sur la haine, car ce qui éclaire le premier en tous ses détails, sait éclairer en tous ses détails la seconde. L'élévation même du premier vers les hautes sphères entraîne une plus grande séparation d'avec la seconde, car plus le premier s'élève, plus la seconde sombre en un abîme toujours plus profond. Ma doctrine est perfection. Elle est finesse de sentiment et de jugement. C'est la vérité sans métaphores ni périphrases. Et je vous dis que l'antipathie, l'absence de relations et l'indifférence sont déjà de la haine. Simplement parce qu'elles ne sont pas de l'amour. Le contraire de l'amour est la haine. Pouvez-vous donner un autre nom à l'antipathie? Au détachement d'un être? A l'indifférence? Celui qui aime a de la sympathie pour celui qu'il aime. Donc, celui qui a de l'antipathie, ne l'aime plus. Celui qui aime, même si la vie l'éloigne matériellement de l'aimé, continue de lui être proche par l'esprit. Donc si quelqu'un se sépare d'un autre par l'esprit, il ne l'aime plus. Celui qui aime n'a jamais d'indifférence pour l'aimé mais, au contraire, tout ce qui se rapporte à lui l'intéresse. Si donc quelqu'un est indifférent pour un autre, c'est signe qu'il ne l'aime plus. Vous voyez donc que ces trois choses sont des ramifications d'une même plante: celle de la haine. Or, qu'arrive-t-il dès que quelqu'un que nous aimons nous offense? Nonante fois sur cent, si la haine n'arrive pas, c'est l'antipathie, l'éloignement ou l'indifférence qui surviennent. Non. N'agissez pas ainsi. Ne glacez pas votre cœur par ces trois formes de la haine. Aimez. Mais, vous vous demandez: "Comment le pouvons-nous?" Je vous réponds: "Comme le peut Dieu qui aime même celui qui l'offense. Un amour douloureux, mais toujours bon". Vous dites: "Et comment allons-nous faire?" Je donne la loi nouvelle sur les rapports avec le frère coupable, et je dis: "Si ton frère t'offense, ne l'humilie pas en public en le reprenant publiquement, mais pousse ton amour à cacher la faute du frère aux yeux du monde". Car tu en auras grand mérite aux yeux de Dieu, en coupant par amour toute satisfaction à ton orgueil. Oh! Comme il plaît à l'homme de faire savoir qu'il a été offensé et qu'il en a souffert! Il s'en va comme un mendiant fou non pas pour demander une obole d'or au roi, mais il s'en va vers d'autres sots et des gueux comme lui demander des poignées de cendre et du fumier et des gorgées de poison brûlant. C'est ce que le monde donne à celui qui a été offensé et qui s'en va, se plaignant et quémandant du réconfort. Dieu, le Roi, donne de l'or pur à celui qui,offensé, mais sans rancœur, ne va pleurer qu'à ses pieds sa douleur et à Lui demander, à Lui, à l'Amour et à la Sagesse, un réconfort d'amour et un enseignement pour une contingence pénible. Si donc vous voulez du réconfort, allez à Dieu et agissez avec amour,Moi, je vous le dis, en corrigeant la loi ancienne: "Si ton frère a péché contre toi, va, reprends-le en particulier entre lui et toi seul. S'il t'écoute, tu as de nouveau gagné ton frère et, en même temps, tu as gagné tant de bénédictions de Dieu. Et si ton frère ne t'écoute pas mais te repousse, entêté dans sa faute, toi, pour qu'on ne dise pas que tu es complice de la faute ou indifférent au bien spirituel de ton frère, prends avec toi deux ou trois témoins sérieux, bons, sûrs, et reviens avec eux vers ton frère et, en leur présence, répète avec bienveillance tes observations afin que les témoins puissent, de leur bouche, dire que tu as fait tout ce que tu as pu pour corriger saintement ton frère. Car c'est le devoir d'un bon frère, puisque le péché, qu'il a commis à ton égard, est une blessure pour son âme et que tu dois te préoccuper de son âme. Si cela aussi ne sert à rien, fais-le savoir à la synagogue pour qu'elle le rappelle à l'ordre au nom de Dieu. S'il ne se corrige même pas dans ce cas et s'il repousse la synagogue ou le Temple comme il t'a repoussé, considère-le comme un publicain et un païen". Cela, faites-le avec ceux qui sont vos frères par le sang ou ceux qui vous sont liés par une fraternité d'amour. Car, même avec votre prochain le plus éloigné, vous devez agir avec sainteté sans avidité, sans être inexorables, sans haine. Et quand ce sont des différends pour lesquels il est nécessaire de s'adresser aux juges et que tu y vas avec ton adversaire, Moi, je te dis, ô homme, qui souvent te trouves par ta faute dans une plus mauvaise situation, de t'efforcer, pendant que tu es en chemin, de te réconcilier avec lui que tu aies tort ou raison. Car la justice humaine est toujours imparfaite et généralement l'astuce l'emporte sur la justice et le coupable pourrait passer pour innocent, et toi, innocent, pour coupable. Et alors il t'arriverait non seulement de ne pas voir reconnu ton droit mais de perdre aussi ton procès et, alors que tu es innocent, d'être considéré comme coupable de diffamation et alors le juge t'enverrait à l'exécuteur de justice qui ne te laisserait pas aller tant que tu n'aurais pas payé le dernier centime. Sois conciliant. Ton orgueil en souffre? Très bien. Ta bourse se vide? Mieux encore. Il suffit que croisse ta sainteté. N'ayez pas un amour nostalgique de l'or. Ne soyez pas avides de louanges. Faites que ce soit Dieu qui vous loue. Faites en sorte de vous constituer un grand trésor au Ciel. Et priez pour ceux qui vous offensent pour qu'ils se repentent. Si cela arrive, eux-mêmes vous rendront honneur et vous restitueront vos biens. S'ils ne le font pas, Dieu y pensera. Allez, maintenant, car c'est l'heure du repas. Qu'il reste seulement les mendiants pour s'asseoir à la table des apôtres. La paix soit avec vous.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 3 septembre 2017, Vingt-deuxième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,21-27.
Pierre avait dit à Jésus : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant.» À partir de ce moment, Jésus le Christ commença à montrer à ses disciples qu'il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t'en garde, Seigneur ! cela ne t'arrivera pas. » Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route ; tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive.Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera.Quel avantage en effet un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s'il le paye de sa vie ? Et quelle somme pourra-t-il verser en échange de sa vie ? Car le Fils de l'homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 5, Ch 34, p 222 - CD 5, piste 85 -
Jésus a dû quitter la ville de Césarée de Philippe dès les premières lueurs du matin, car maintenant elle est déjà loin avec ses montagnes, et la plaine entoure de nouveau Jésus qui se dirige vers le lac de Méron pour aller ensuite vers celui de Génésareth. Il a avec Lui tous les apôtres et les disciples qui étaient à Césarée. Mais une caravane si nombreuse sur la route n'étonne personne, car on rencontre déjà d'autres caravanes qui se dirigent vers Jérusalem, des caravanes d'israélites ou de prosélytes qui viennent de tous les lieux de la Diaspora et qui désirent rester quelque temps dans la Cité Sainte pour entendre les rabbis et respirer longuement l'air du Temple.Ils avancent rapidement, sous un soleil déjà haut sur l'horizon, mais qui ne gêne pas encore car c'est un soleil de printemps qui joue avec les feuilles nouvelles et les branches fleuries et qui fait naître des fleurs, des fleurs, des fleurs, de tous côtés. La plaine, qui précède le lac, n'est qu'un tapis fleuri et l'œil, en se tournant vers les collines qui l'entourent, les voit couvertes des touffes blanches, légèrement rosées, ou franchement roses, ou roses presque rouges, des différents arbres fruitiers ou bien, en passant près des rares maisons des paysans ou près des maréchaleries çà et là le long de la route, il se réjouit des premiers rosiers fleuris dans les jardins, le long des haies ou contre les murs des maisons. “Les jardins de Jeanne doivent être tout en fleurs” fait remarquer Simon le Zélote. “Le jardin de Nazareth aussi doit paraître un panier plein de fleurs. Marie est la douce abeille qui va d'un rosier à l'autre, et de ceux-ci aux jasmins qui ne vont pas tarder de fleurir, aux lys dont les boutons paraissent déjà sur les tiges, et elle cueillera le rameau d'amandier comme elle le fait toujours, et même elle cueillera le rameau du poirier ou du grenadier pour le mettre dans l'amphore dans sa petite pièce. Quand nous étions enfants nous lui demandions chaque année: "Pourquoi gardes-tu toujours un rameau de l'arbre en fleurs et qu'au contraire tu n'y mets pas les premières roses?" Et elle répondait: "Parce que sur ces pétales je vois écrit un ordre qui me vint de Dieu et que je sens l'odeur pure de la brise céleste". Tu t'en souviens, Jude?” demande Jacques d'Alphée à son frère. “Oui, je m'en souviens. Et je me rappelle que, devenu homme, j'attendais avec anxiété le printemps pour voir Marie se déplacer dans son jardin sous les nuées de ses arbres en fleurs et à travers les haies des premières roses. Je n'ai jamais vu de spectacle plus beau que celui de cette éternelle jeune fille glissant parmi les fleurs, au milieu des vols de colombes…” “Oh! allons vite la voir, Seigneur! Que moi aussi je voie tout cela!” supplie Thomas. “Nous n'avons qu'à accélérer la marche et reposer très peu la nuit, pour arriver à temps à Nazareth” répond Jésus. “Tu me fais ce plaisir, Seigneur?” “Oui, Thomas. Nous irons tous à Bethsaïda, et puis à Capharnaüm, et là nous nous séparerons, nous pour aller en barque à Tibériade et puis à Nazareth. De cette façon nous tous, sauf les juifs, nous prendrons des vêtements plus légers. L'hiver est fini.” “Oui, et nous allons dire à la Colombe: "Lève-toi vite, ô ma bien-aimée, et viens car l'hiver est passé, la pluie est finie, il y a des fleurs sur la terre… Debout, ô mon amie, et viens, colombe qui restes cachée, montre-moi ton visage, et fais-moi entendre ta voix".” “Bravo, Jean! Tu sembles un amoureux qui chante sa chanson à sa belle!” dit Pierre. “Je le suis. Je le suis de Marie. Je ne vois pas d'autre femme qui éveille mon amour. Il n'y a que Marie, que j'aime de tout moi-même.” “Je le disais moi aussi, il y a un mois. N'est-ce pas, Seigneur?” dit Thomas. “Je crois que nous sommes tous énamourés d'elle. Un amour si élevé, si céleste!… Tel qu'il n'y a que cette Femme qui puisse l'inspirer. Et l'âme aime complètement son âme, l'esprit aime et admire son intelligence, l'œil l'admire et se complaît dans sa grâce pure qui donne une affection sans trouble, tout comme quand on regarde une fleur… Marie, la Beauté de la terre et, je crois, la Beauté du Ciel…” dit Mathieu. “C'est vrai! C'est vrai! Tous nous voyons en Marie ce qu'il y a de plus doux dans la femme. À la fois l'enfant pure et la mère très douce. Et on ne sait pas si on l'aime plus pour l'une ou l'autre de ces grâces…” dit Philippe. “On l'aime parce que c'est "Marie". Voilà!” dit Pierre sentencieusement.Jésus les a entendus parler et il dit: “Vous avez tous bien parlé. Simon Pierre a très bien parlé. On aime Marie parce que c'est "Marie". Je vous ai dit, en allant à Césarée, que seuls ceux qui uniront une foi parfaite à un amour parfait arriveront à connaître le vrai sens des mots: "Jésus, le Christ, le Verbe, le Fils de Dieu et le Fils de l'homme". Mais maintenant aussi je vous dis qu'il y a un autre nom lourd de sens. Et c'est celui de ma Mère. Seulement ceux qui uniront une foi parfaite à un amour parfait arriveront à connaître le vrai sens du nom "Marie", de la Mère du Fils de Dieu. Et le vrai sens commencera à apparaître clairement aux vrais croyants et aux vrais aimants dans une heure redoutable de déchirement, quand celle qui a enfanté sera suppliciée avec celui qui est né d'elle, quand la Rédemptrice rachètera avec le Rédempteur, aux yeux de tout le monde et pour tous les siècles des siècles.” “Quand?” demande Barthélémy alors qu'ils se sont arrêtés sur les bords d'un gros ruisseau où boivent de nombreux disciples. “Arrêtons-nous ici pour partager le pain. Le soleil est au midi. Ce soir nous serons au lac de Méron et nous pourrons raccourcir le chemin avec de petites barques” répond évasivement Jésus.Tous s'assoient sur l'herbe, tendre et attiédie par le soleil, des bords du ruisseau, et Jean dit: “C'est dommage d'abîmer ces petites fleurs si gentilles. On dirait des morceaux de ciel tombés ici sur les prés.” Il y a des centaines et des centaines de myosotis. “Elles renaîtront plus belles demain” dit Jacques à son frère pour le consoler. “Elles ont fleuri afin de faire au-dessus des mottes une salle de banquet pour le Seigneur.” Jésus offre et bénit la nourriture et tous se mettent à manger allègrement. Les disciples, comme autant de tournesols, regardent tous vers Jésus qui est assis au milieu de la rangée de ses apôtres. Le repas est vite fini, assaisonné de sérénité et d'eau pure. Mais, comme Jésus reste assis, personne ne bouge. Les disciples aussi s'approchent pour entendre ce que dit Jésus que ses apôtres interrogent, et ils l'interrogent encore sur ce qu'il a dit avant de sa Mère. “Oui. Parce qu'être ma Mère selon la chair, se serait déjà une grande chose. Pensez que l'on se rappelle Anne d'Elcana parce que mère du prophète Samuel. Mais lui n'était qu'un prophète, et pourtant on se souvient de sa mère parce qu'elle l'a engendré. Par conséquent le souvenir de Marie serait accompagné des plus grands éloges parce qu'elle a donné au monde Jésus le Sauveur. Mais ce serait peu par rapport à ce que Dieu exige d'elle pour compléter la mesure requise pour la rédemption du monde. Marie ne décevra pas le désir de Dieu. Elle ne l'a jamais déçu. Depuis la requête d'un amour total a celle d'un sacrifice total, elle s'est donnée et elle se donnera. Et quand elle aura consommé le plus grand sacrifice, avec Moi, pour Moi, et pour le monde, alors les vrais fidèles et les vrais aimants comprendront le vrai sens de son Nom. Et dans les siècles des siècles, il sera accordé de le savoir à tout véritable fidèle, à tout véritable aimant. Le Nom de la Grande Mère, de la sainte Nourrice qui allaitera dans les siècles des siècles les enfants du Christ par ses pleurs, pour les faire croître à la Vie des Cieux.” “Pleurer, Seigneur? Elle doit pleurer ta Mère?” demande l'Iscariote. “Toute mère pleure, et la mienne pleurera plus que toute autre.” “Mais pourquoi? J'ai fait quelquefois pleurer ma mère parce que je ne suis pas toujours un bon fils. Mais Toi! Tu ne donneras jamais de douleur à ta Mère.” “Non. En effet je ne lui donne pas de douleur en tant que Fils, mais je lui en donnerai en tant que Rédempteur. Il y en aura deux qui feront verser à ma Mère des pleurs qui n'auront pas de fin: Moi pour sauver l'Humanité, et l'Humanité par son continuel péché. Tout homme qui a vécu, vit ou vivra coûte des larmes à Marie.” “Mais pourquoi?” demande Jacques de Zébédée, étonné. “Parce que tout homme me coûte des tortures à Moi, pour le racheter.” “Mais comment peux-tu dire cela de ceux qui sont morts ou de ceux qui ne sont pas encore nés? Te feront souffrir ceux qui sont vivants, les scribes, les pharisiens, les sadducéens, par leurs accusations, leurs jalousies, leurs méchancetés, mais rien de plus” affirme, sûr de lui, Barthélémy. “Jean-Baptiste a été tué aussi… et ce n'est pas le seul prophète qu'Israël ait tué, et le seul prêtre du Vouloir éternel, tué parce qu'il était mal vu de ceux qui désobéissent à Dieu.” “Mais Toi, tu es plus qu'un prophète et plus que le Baptiste lui-même, ton Précurseur. Tu es le Verbe de Dieu. La main d'Israël ne se lèvera pas sur Toi” dit Jude Thaddée. “Tu le crois, mon frère? Tu es dans l'erreur” lui répond Jésus. “Non. Cela ne peut être! Cela ne peut arriver! Dieu ne le permettra pas! Ce serait avilir pour toujours son Christ!” Jude Thaddée est si agité qu'il se lève.Jésus aussi l'imite et il regarde fixement son visage pâle, ses yeux sincères. Il dit lentement: “Et pourtant il en sera ainsi” et il abaisse son bras droit qu'il tenait levé, comme pour jurer.Tous se lèvent et se serrent encore davantage autour de Lui, une couronne de visages affligés, mais plus encore incrédules, et des murmures circulent dans le groupe: “Certainement… si c'était ainsi… le Thaddée aurait raison.” “Ce qui est arrivé au Baptiste, c'est mal. Mais cela a exalté l'homme, héroïque jusqu'à la fin. Si cela arrivait au Christ, il en serait diminué.” “Christ peut être persécuté, mais pas avili.” “L'onction de Dieu est sur Lui.” “Qui pourrait croire encore, s'il te voyait à la merci des hommes?” “Nous ne le permettrons pas.” Le seul qui se tait est Jacques d'Alphée. Son frère l'attaque: “Tu ne parles pas? Tu ne réagis pas? Tu n'entends pas? Défends le Christ contre Lui-même!”Jacques, pour toute réponse, porte les mains à son visage et il s'écarte un peu en pleurant. “C'est un sot!” prononce son frère. “Peut-être moins que tu ne penses” lui répond Hermastée, et il continue: “Hier, en expliquant la prophétie, le Maître a parlé d'un corps décomposé qui se recompose et d'un corps qui par lui-même ressuscite. Je pense que quelqu'un ne peut ressusciter si d'abord il n'est pas mort.” “Mais il peut être mort de mort naturelle, de vieillesse. Et c'est déjà beaucoup pour le Christ!” réplique le Thaddée, et plusieurs lui donnent raison. “Oui, mais alors ce ne serait pas un signe donné à cette génération qui est beaucoup plus vieille que Lui” observe Simon le Zélote. “Bien! Mais il n'est pas dit qu'il parle de Lui-même” réplique le Thaddée, entêté dans son amour et dans son respect. “Personne, s'il n'est pas le Fils de Dieu, ne peut par lui-même se ressusciter, de même que personne, s'il n'est pas le Fils de Dieu, ne peut être né comme il est né. Moi, je le dis. Moi qui ai vu la gloire de sa naissance” dit Isaac sûr de lui dans son témoignage.Jésus, les bras croisés, les a écoutés parler en les regardant à tour de rôle. Maintenant il fait signe qu'il va parler et il dit: “Le Fils de l'homme sera livré aux mains des hommes parce qu'il est le Fils de Dieu, mais parce qu'Il est aussi le Rédempteur de l'homme. Et il n'y a pas de rédemption sans souffrance. Ma souffrance atteindra le corps, la chair et le sang, pour réparer les péchés de la chair et du sang. Elle sera morale pour réparer les péchés de l'âme et des passions. Elle sera spirituelle pour réparer les fautes de l'esprit. Elle sera complète. Aussi, à l'heure fixée, je serai pris dans Jérusalem, et après avoir beaucoup souffert, de la part des Anciens et des Grands Prêtres, des scribes et des pharisiens, je serai condamné à une mort infamante. Et Dieu laissera faire parce qu'il doit en être ainsi, car je suis l'Agneau qui expie pour les péchés du monde entier. Et dans une mer d'angoisse, que partagera ma Mère et quelques autres personnes, je mourrai sur le gibet. Trois jours après, par ma seule volonté divine, je ressusciterai pour une vie éternelle et glorieuse comme Homme et je serai de nouveau Dieu au Ciel avec le Père et l'Esprit. Mais auparavant je devrai souffrir toutes sortes d'opprobres et avoir le cœur transpercé par le Mensonge et la Haine. ”Un chœur de cris scandalisés s'élève dans l'air tiède et parfumé du printemps.Pierre, le visage effrayé, et scandalisé lui aussi, prend Jésus par le bras et l'amène un peu à part en Lui disant doucement à l'oreille: “Oh! Seigneur! Ne dis pas cela. Ce n'est pas bien. Tu vois? Eux se scandalisent. Tu tombes dans leur estime. Pour aucune raison tu ne dois permettre cela; mais aussi, une pareille chose ne t'arrivera jamais. Pourquoi donc l'envisager comme vraie? Tu dois monter toujours davantage dans l'estime des hommes si tu veux t'affirmer, et tu dois terminer, peut-être, par un dernier miracle comme celui de réduire en cendres tes ennemis. Mais ne jamais t'avilir et te rendre pareil à un malfaiteur que l'on punit.” Et Pierre paraît un maître ou un père affligé qui fait des reproches pleins d'un amour angoissé à un fils qui a dit une sottise.Jésus, qui s'était un peu penché pour écouter le murmure de Pierre, se redresse sévère, avec des éclairs dans les yeux, mais des éclairs de courroux, et il crie fort pour que tous entendent et que la leçon serve à tous: “Va loin de Moi, toi qui en ce moment es un satan qui me conseille de manquer à l'obéissance envers mon Père! C'est pour cela que je suis venu! Non pour les honneurs! Toi, en me conseillant l'orgueil, la désobéissance, la dureté sans charité, tu tentes de m'amener au mal. Va! Tu es pour Moi un scandale! Tu ne comprends pas que la grandeur réside non dans les honneurs mais dans le sacrifice et que ce n'est rien de paraître un ver pour les hommes si Dieu nous regarde comme des anges? Toi, homme sot, tu ne comprends pas ce qui est grandeur pour Dieu et raison de Dieu et tu vois, juges, entends, parles, avec ce qui est de l'homme.” Le pauvre Pierre reste anéanti sous ce reproche sévère; il s'écarte mortifié et il pleure… Et ce ne sont pas les larmes de joie de quelques jours auparavant, mais les larmes de désolation de quelqu'un qui comprend qu'il a péché et qu'il a fait souffrir celui qu'il aime. Et Jésus le laisse pleurer. Il se déchausse, relève le vêtement et passe à gué le ruisseau. Les autres l'imitent en silence. Personne n'ose dire un seul mot. En arrière de tous, se trouve le pauvre Pierre qu'Isaac et le Zélote essaient en vain de consoler. André se retourne plusieurs fois pour le regarder, et puis il murmure quelque chose à Jean qui est tout affligé. Mais Jean secoue la tête en signe de refus.Alors André se décide. Il court en avant, rejoint Jésus, l'appelle doucement avec une crainte visible: “Maître! Maître!…”Jésus le laisse appeler plusieurs fois. À la fin, il se retourne, l'air sévère et il demande: “Que veux-tu?” “Maître, mon frère est affligé… il pleure…” “Il l'a mérité.”  “C'est vrai, Seigneur. Mais lui, c'est toujours un homme… Il ne peut pas toujours bien parler.” “En effet aujourd'hui il a très mal parlé” répond Jésus. Mais il est déjà moins sévère et un éclair souriant adoucit son œil divin.André s'enhardit et prolonge sa plaidoirie en faveur de son frère: “Mais tu es juste et tu sais que c'est son amour pour Toi qui l'a fait errer…” “L'amour doit être lumière et non pas ténèbres. Il l'a rendu ténèbres et s'en est enveloppé l'esprit.” “C'est vrai, Seigneur. Mais les bandes on peut les enlever quand on veut. Ce n'est pas comme d'avoir l'esprit ténébreux. Les bandes, c'est l'extérieur. L'esprit, c'est l'intérieur, le noyau vivant… L'intérieur de mon frère est bon.” “Qu'il enlève alors les bandes qu'il s'est mises.” “Certainement il le fera, Seigneur! Il y est déjà occupé. Retourne-toi et regarde comme il est défiguré par les larmes que tu ne consoles pas. Pourquoi es-tu si sévère avec lui?” “C'est parce qu'il a le devoir d'être "le premier" comme je lui ai fait l'honneur de l'être. Celui qui reçoit beaucoup doit donner beaucoup…” “Oh! Seigneur! C'est vrai, oui. Mais ne te souviens-tu pas de Marie de Lazare? De Jean d'Endor? D'Aglaé? De la Belle de Corozaïn? De Lévi? À eux tu as tout donné… et eux ne t'avaient donné que l'intention de se racheter… Seigneur!… Tu m'as écouté pour la Belle de Corozaïn et pour Aglaé… Ne m'écouterais-tu pas pour ton et mon Simon qui a péché par amour pour Toi?”Jésus abaisse ses yeux sur le doux qui se fait audacieux et pressant en faveur de son frère, comme il le fut, silencieusement, pour Aglaé et la Belle de Corozaïn, et son visage resplendit de lumière: “Va appeler ton frère” dit-il “et amène-le ici.” “Oh! merci, mon Seigneur! J'y vais…” et il s'éloigne, en courant rapide comme l'hirondelle. “Viens, Simon. Le Maître n'est plus en colère contre toi. Viens, il veut te le dire.” “Non, non. Moi, j'ai honte… Il y a trop peu de temps qu'il m'a fait des reproches… Il me veut pour m'en faire encore…” “Comme tu le connais mal! Allons, viens! Tu crois que je pourrais t'amener pour te faire encore souffrir? Si je n'étais pas certain que c'est une joie qui t'attend, je n'insisterais pas. Viens.” “Mais que vais-je Lui dire?” dit Pierre en se mettant en route un peu à regret, freiné par ses sentiments humains, excité par son esprit qui ne peut se passer de la condescendance de Jésus et de son amour. “Que vais-je Lui dire?” continue-t-il à demander. “Mais rien! Montre-lui ton visage, et cela suffira” dit André pour encourager son frère.Tous les disciples, à mesure que les deux les dépassent, regardent les deux frères et sourient, comprenant ce qui arrive.Ils rejoignent Jésus. Mais Pierre s'arrête au dernier moment. André ne fait pas d'histoires. En le poussant énergiquement comme il le fait à la barque pour la pousser au large, il le pousse en avant. Jésus s'arrête… Pierre lève son visage… Jésus abaisse le sien… Ils se regardent… Deux grosses larmes roulent sur les joues toutes rougies de Pierre…“Viens ici, grand enfant irréfléchi, que je te serve de père en essuyant ces larmes” dit Jésus, et il lève la main sur laquelle est encore la marque du coup de pierre de Giscala, et il essuie avec les doigts ces deux larmes. “Oh! Seigneur! M'as-tu pardonné?” demande Pierre en tremblant, en prenant la main de Jésus dans les siennes et en le regardant avec deux yeux de chien fidèle qui veut se faire pardonner par son maître fâché. “Je ne t'ai jamais condamné…” “Mais avant…” “Je t'ai aimé. C'est amour de ne pas permettre qu'en toi prennent racine des déviations de sentiment et de sagesse. Tu dois être le premier en tout, Simon Pierre.” “Alors… alors tu m'aimes bien encore? Tu me veux encore? Ce n'est pas que je veuille la première place, tu sais? Il me suffit même d'avoir la dernière, mais être avec Toi, à ton service… et mourir à ton service, Seigneur, mon Dieu!” Jésus lui passe son bras autour des épaules et le serre tout contre Lui. Alors Simon, qui n'a pas quitté l'autre main de Jésus, la couvre de baisers… heureux. Et il murmure: “Combien j'ai souffert!… Merci, Jésus.” “Remercie ton frère, plutôt. Et sache à l'avenir porter ton fardeau avec justice et héroïsme. Attendons les autres. Où sont-ils?”Ils se sont arrêtés où ils étaient quand Pierre a rejoint Jésus, pour laisser au Maître la liberté de parler à son apôtre mortifié. Jésus leur fait signe d'avancer. Et avec eux, se trouvent quelques paysans qui avaient laissé leur travail dans les champs pour venir interroger les disciples.Jésus a toujours la main sur l'épaule de Pierre et il dit: “Par ce qui est arrivé, vous avez compris que c'est une chose sévère que d'être à mon service. C'est à lui que j'ai adressé le reproche, mais il était pour tous, parce que les mêmes pensées étaient dans la plus grande partie de vos cœurs, ou bien formées ou en germe. De cette façon je les ai brisées, et celui qui les cultive encore montre qu'il ne comprend pas ma Doctrine, ma Mission, ma Personne.Je suis venu pour être le Chemin, la Vérité et la Vie. Je vous donne la Vérité par ce que j'enseigne. Je vous aplanis le Chemin par mon sacrifice, je vous le trace, je vous l'indique. Mais la Vie, je vous la donne par ma mort. Et souvenez-vous que quiconque répond à mon appel et se met dans mes rangs pour coopérer à la rédemption du monde doit être prêt à mourir pour donner aux autres la Vie. Ainsi quiconque veut venir à ma suite doit être prêt à se renoncer, à renier son vieux lui-même avec ses passions, ses tendances, ses habitudes, ses traditions, ses pensées, et me suivre avec son nouveau lui-même. Que chacun prenne sa croix comme Moi je la prendrai. Qu'il la prenne même si elle lui semble trop infamante. Qu'il laisse le poids de sa croix écraser son lui-même humain pour libérer son lui-même spirituel, auquel la croix ne fait pas horreur mais au contraire est un point d'appui et un objet de vénération, car l'esprit sait et se souvient. Et qu'il me suive avec sa croix. Est-ce qu'à la fin du chemin l'attendra la mort ignominieuse comme elle m'attend? Il n'importe. Qu'il ne s'afflige pas, mais au contraire qu'il se réjouisse, car l'ignominie de la terre se changera en une grande gloire au Ciel, alors que ce sera un déshonneur d'être lâche en face des héroïsmes spirituels. Vous ne cessez de dire que vous voulez me suivre jusqu'à la mort. Suivez-moi alors, et je vous conduirai au Royaume par un chemin âpre mais saint et glorieux, au terme duquel vous conquerrez la Vie qui ne change pas pour l'éternité. Cela sera "vivre". Suivre, au contraire, les chemins du monde et de la chair, c'est "mourir". De cette façon si quelqu'un veut sauver sa vie sur la terre il la perdra, tandis que celui qui perdra sa vie sur la terre à cause de Moi et par amour pour mon Évangile, la sauvera. Mais réfléchissez: à quoi servira à l'homme de gagner le monde entier si ensuite il perd son âme?Et encore gardez-vous bien, maintenant et à l'avenir, d'avoir honte de mes paroles et de mes actions. Cela aussi serait "mourir". En effet celui qui aura honte de Moi et de mes paroles au milieu de cette génération sotte, adultère et pécheresse, dont j'ai parlé, et espérant en tirer protection et avantages la flattera en me reniant, Moi et ma Doctrine, et en jetant les paroles qu'il a eues dans les gueules immondes des porcs et des chiens pour avoir en récompense des excréments en guise de paiement, celui-là sera jugé par le Fils de l'homme quand il viendra dans la gloire de son Père et avec les anges et les saints pour juger le monde. Lui alors rougira de tous ces adultères et fornicateurs, de ces lâches et de ces usuriers et il les chassera de son Royaume, parce qu'il n'y a pas de place dans la Jérusalem céleste pour les adultères, les lâches, les fornicateurs, les blasphémateurs et les voleurs. Et en vérité je vous dis qu'il y a ici certains de ceux qui sont présents parmi ceux et celles qui sont mes disciples qui ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu se fonder le Royaume de Dieu, avec son Roi qui aura reçu la couronne et l'onction.” Ils reprennent leur marche en parlant avec animation pendant que le soleil descend lentement dans le ciel…
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 27 août 2017, Vingt-et-unième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,13-20.
Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? » Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. » Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Messie.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 5, Ch 31, p 208 - CD 5, piste 79 -
La plaine côtoie le Jourdain avant qu'il se jette dans le lac de Méron. Une belle plaine sur laquelle de jour en jour croissent plus luxuriantes les céréales et fleurissent les arbres à fruits. Les collines, au-delà desquelles se trouve Cédès, sont maintenant derrière des pèlerins qui, transis de froid, cheminent vivement aux premières lumières du jour, en jetant un œil d'envie sur le soleil qui s'élève et en le cherchant dès que ses rayons touchent les prés et caressent les frondaisons. Ils doivent avoir dormi à la belle étoile, ou au mieux dans un pailler, car les vêtements sont froissés et conservent des brins de paille et des feuilles sèches qu'ils enlèvent à mesure qu'ils les découvrent à la lumière plus forte.Le fleuve s'annonce par son bruissement, qui paraît puissant dans le silence matinal de la campagne, et par une rangée serrée d'arbres aux feuilles nouvelles qui tremblent à la brise légère du matin. Mais on ne le découvre pas encore, Enseveli comme il l'est dans la plaine plate. Quand ses eaux bleues, grossies de nombreux petits torrents qui descendent des collines à l'ouest, se voient scintillantes dans la verdure nouvelle des rives, on est presque sur le bord.“Suivons-nous la rive jusqu'au pont, ou bien passons-nous le fleuve ici?” demandent-ils à Jésus qui était seul, pensif, et qui s'est arrêté pour les attendre.“Voyez s'il y a une barque pour passer. Il vaut mieux aller par ici…” “Oui. Au pont qui est justement sur la route pour Césarée Panéade, nous pourrions rencontrer de nouveau quelqu'un envoyé sur nos traces” observe Barthélémy renfrogné en regardant Judas. “Non, ne me regarde pas de travers. Moi, je ne savais pas que l'on devait venir ici, et je n'ai rien dit. Il était facile de deviner que, de Séphet, Jésus serait allé aux tombes des rabbis et à Cédès. Mais je n'aurais jamais pensé qu'il voudrait pousser jusqu'à la capitale de Philippe. Eux l'ignorent donc, et nous ne les trouverons pas par ma faute, ni par leur volonté. À moins d'avoir Belzébuth pour les conduire” dit calme et humble l'Iscariote.“C'est bien, parce qu'avec certaines gens… Il faut avoir l'œil et surveiller les paroles, ne pas laisser de traces de nos projets, il faut faire attention à tout. Autrement notre évangélisation se changera en une fuite perpétuelle” réplique Barthélémy. Jean et André reviennent. Ils disent: “Nous avons trouvé deux barques. On passe pour une drachme par barque. Descendons sur le bord.”Et dans les deux petites barques ils passent, en deux fois, sur l'autre rive. La plaine plate et fertile les accueille aussi en cet endroit. Une plaine fertile mais peu peuplée. Seuls les paysans qui la cultivent y ont leur maison. “Hum! Comment allons-nous faire pour le pain? Moi, j'ai faim. Et ici… il n'y a pas même les épis philistins… De l'herbe et des feuilles, des feuilles et des fleurs. Je ne suis ni une brebis ni une abeille” murmure Pierre à ses compagnons qui sourient de sa remarque.Jude Thaddée se retourne - il était un peu en avant - et il dit: “Nous achèterons du pain au premier village.” “Pourvu qu'ils ne nous fassent pas fuir” termine Jacques de Zébédée. “Gardez-vous, vous qui dites de faire attention à tout, de prendre le levain des pharisiens et des sadducéens. Il me semble que vous êtes en train de le faire, sans réfléchir à ce que vous faites de mal. Soyez attentifs! Gardez-vous!” dit Jésus.Les apôtres se regardent l'un l'autre et chuchotent: “Mais que dit-il? Le pain nous a été donné par cette femme du sourd-muet et par l'hôte de Cédès. Et il est encore ici. Le seul que nous avons. Et nous ne savons pas si nous pourrons en trouver à prendre pour notre faim. Pourquoi donc dit-il que nous achetons aux pharisiens et aux sadducéens du pain avec leur levain? Peut-être ne veut-il pas qu'on achète dans ces villages…” Jésus, qui était de nouveau tout seul en avant, se retourne de nouveau. “Pourquoi avez-vous peur de rester sans pain pour votre faim? Même si tous ici étaient sadducéens et pharisiens, vous ne resteriez pas sans pain à cause de mon conseil. Ce n'est pas du levain qui se trouve dans le pain que je parle, par conséquent vous pourrez acheter où vous voudrez le pain pour vos ventres. Et si personne ne voulait vous en vendre, vous ne resteriez pas non plus sans pain. Ne vous souvenez-vous pas des cinq pains dont se rassasièrent cinq mille personnes? Ne vous rappelez-vous pas que vous avez. ramassé douze paniers pleins de restes? Je pourrais faire pour vous, qui êtes dix et qui avez un pain, ce que j'ai fait pour cinq mille avec cinq pains. Ne comprenez-vous pas à quel levain je fais allusion? À celui qui fermente dans le cœur des pharisiens, des sadducéens et des docteurs, contre Moi. C'est la haine et c'est l'hérésie. Or vous êtes en train d'aller vers la haine comme s'il était entré en vous une partie du levain pharisaïque. On ne doit pas haïr même celui qui est notre ennemi. N'ouvrez pas, même un soupirail, à ce qui n'est pas Dieu. Derrière le premier élément en entreraient d'autres contraires à Dieu. Parfois, pour vouloir combattre les ennemis à armes égales, on finit par périr ou être vaincu. Et une fois vaincus, vous pourriez à leur contact absorber leurs doctrines. Non. Ayez charité et réserve. Vous n'avez pas encore en vous suffisamment pour pouvoir les combattre, ces doctrines, sans en être infectés. Car certains éléments qu'elles ont, vous les avez vous aussi. Et la rancœur à leur égard en est un. Je vous dis encore qu'ils pourraient changer de méthode pour vous séduire et vous enlever à Moi, en usant de mille gentillesses, en se montrant repentis, désireux de faire la paix. Vous ne devez pas les fuir. Mais quand ils chercheront à vous donner leurs doctrines, sachez ne pas les accueillir. Voilà ce qu'est le levain dont je parle: l'animosité qui est contraire à l'amour, et les fausses doctrines. Je vous le dis: soyez prudents.” “Ce signe que les pharisiens demandaient hier, c'était du "levain", Maître?” demande Thomas. “C'était du levain et du poison.” “Tu as bien fait de ne pas le leur donner.” “Mais je le leur donnerai un jour.” “Quand? Quand?” demandent-ils, curieux. “Un jour…” “Et quel signe est-ce? Tu ne le dis pas même à nous, tes apôtres? Pour qu'on puisse le reconnaître tout de suite” demande Pierre désireux de savoir. “Vous, vous ne devriez pas avoir besoin d'un signe.”“Oh! ce n'est pas pour pouvoir croire en Toi! Nous ne sommes pas des gens à avoir de nombreuses pensées, nous. Nous en avons une seule: t'aimer” dit vivement Jacques de Zébédée. “Mais les gens, vous qui les approchez si familièrement plus que Moi, et sans la crainte que je peux leur inspirer, que disent-ils que je suis? Et comment définissent-ils le Fils de l'homme?” “Certains disent que tu es Jésus, c'est-à-dire le Christ, et ce sont les meilleurs. D'autres t'appellent Prophète, d'autres seulement Rabbi, et d'autres, tu le sais, te disent fou et possédé.” “Quelques-uns pourtant se servent pour Toi du nom que tu te donnes et ils t'appellent: "Fils de l'homme".” “Et certains aussi disent que cela ne peut-être, parce que le Fils de l'homme c'est une chose bien différente. Et cela n'est pas toujours négation car, au fond, ils admettent que tu es plus que Fils de l'homme: tu es le Fils de Dieu. D'autres, au contraire, disent que tu n'es même pas le Fils de l'homme, mais un pauvre homme que Satan agite ou que bouleverse la folie. Tu vois que les opinions sont nombreuses et toutes différentes” dit Barthélémy. “Mais pour les gens, qu'est-ce donc que le Fils de l'homme?” “C'est un homme où sont toutes les vertus les plus belles de l'homme, un homme qui réunit en lui-même toutes les qualités requises d'intelligence, de sagesse, de grâce, dont nous pensons qu'elles étaient en Adam et certains, à ces qualités, ajoutent celle de ne pas mourir. Tu sais que déjà circule le bruit que Jean Baptiste n'est pas mort, mais seulement transporté ailleurs par les anges et qu'Hérode, pour ne pas se dire vaincu de Dieu, et plus encore Hérodiade, ont tué un serviteur et, après l'avoir décapité, ont présenté comme le cadavre du Baptiste le corps mutilé du serviteur. Les gens racontent tant de choses! Ainsi plusieurs pensent que le Fils de l'homme est Jérémie ou bien Élie, ou l'un des Prophètes et même le Baptiste en personne, en qui étaient grâce et sagesse et qui se disait le Précurseur du Christ. Le Christ: l'Oint de Dieu. Le Fils de l'homme: un grand homme né de l'homme. Un grand nombre ne peut admettre, ou ne veut pas admettre, que Dieu ait pu envoyer son Fils sur la terre. Tu l'as dit hier: "Ne croiront que ceux qui sont convaincus de l'infinie bonté de Dieu". Israël croit davantage dans la rigueur de Dieu que dans sa bonté…” dit encore Barthélémy.“Oui. En effet ils se sentent si indignes qu'ils jugent impossible que Dieu soit assez bon pour envoyer son Verbe pour les sauver. Ce qui fait obstacle à leur croyance c'est la dégradation de leurs âmes” confirme le Zélote, et il ajoute: “Tu dis que tu es le Fils de Dieu et de l'homme. En effet, en Toi, se trouve toute grâce et toute sagesse comme homme. Et je crois réellement que quelqu'un qui serait né d'Adam en état de grâce t'aurait ressemblé pour la beauté, l'intelligence et toute autre qualité. Et en Toi brille Dieu pour la puissance. Mais qui peut le croire de ceux qui se croient dieux et qui mesurent Dieu sur eux-mêmes, dans leur orgueil démesuré? Eux, les cruels, les haineux, les rapaces, les impurs, ils ne peuvent certainement pas penser que Dieu ait poussé sa douceur jusqu'à se donner Lui-même pour les racheter, son amour pour les sauver, sa générosité pour se livrer à l'homme, sa pureté pour se sacrifier parmi nous. Ils ne le peuvent pas, eux qui sont si impitoyables et pointilleux pour rechercher et punir les fautes.” “Et vous, qui dites-vous que je suis? Dites-le vraiment d'après votre jugement, sans tenir compte de mes paroles et de celles d'autrui. Si vous étiez obligés de me juger, qui diriez-vous que je suis?” “Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant” s'écrie Pierre en s'agenouillant, les bras tendus en haut, vers Jésus qui le regarde avec un visage tout lumineux et qui se penche afin de le relever pour l'embrasser en disant:“Tu es bienheureux, ô Simon, fils de Jonas! Car ce n'est pas la chair ni le sang qui te l'ont révélé, mais mon Père qui est dans les Cieux. Dès le premier jour que tu es venu vers Moi, tu t'es posé cette question, et parce que tu étais simple et honnête, tu as su comprendre et accepter la réponse qui te venait du Ciel. Tu n'avais pas vu les manifestations surnaturelles comme ton frère et Jean et Jacques. Tu ne connaissais pas ma sainteté de fils, d'ouvrier, de citoyen comme Jude et Jacques, mes frères. Tu n'as pas profité d'un miracle et tu ne m'as pas vu en accomplir, et je ne t'ai pas donné de signe de ma puissance comme je l'ai fait et comme l'ont vu Philippe, Nathanaël, Simon le Cananéen, Thomas, Judas. Tu n'as pas été subjugué par ma volonté comme Mathieu le publicain. Et pourtant tu t'es écrié: "Il est le Christ!" Dès la première heure que tu m'as vu, tu as cru et jamais ta foi n'a été ébranlée. C'est pour cela que je t'ai appelé Céphas, et pour cela c'est sur toi, Pierre, que j'édifierai mon Église et les puissances de l'Enfer ne prévaudront pas contre elle. C'est à toi que je donnerai les clefs du Royaume des Cieux. Et tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les Cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les Cieux, ô homme fidèle et prudent dont j'ai pu éprouver le cœur. Et ici, dès cet instant, tu es le chef auquel il faut donner l'obéissance et le respect comme à un autre Moi-même. Et c'est tel que je le proclame devant vous tous.”Si Jésus avait écrasé Pierre sous une grêle de reproches, les pleurs de Pierre n'auraient pas été aussi forts. Il pleure et éclate en sanglots, le visage sur la poitrine de Jésus. Des pleurs qui n'auront leur égal que dans ceux incoercibles de sa douleur d'avoir renié Jésus. Maintenant ce sont des pleurs faits de mille sentiments humbles et bons… Un peu encore de l'ancien Simon -le pêcheur de Bethsaïda qui, à la première annonce de son frère, avait dit en riant: “Le Messie t'apparaît!… Vraiment!” incrédule et plaisant mais un peu de l'ancien Simon s'effrite sous ces pleurs pour faire apparaître, sous la couche mince de son humanité, toujours plus nettement le Pierre, Pontife de l'Église du Christ.Quand il lève son visage, timide, confus, il ne sait faire qu'un geste pour dire tout, pour promettre tout, pour se donner tout entier à son nouveau ministère: celui de jeter ses bras courts et musclés au cou de Jésus et de l'obliger à se pencher pour l'embrasser, en mêlant ses cheveux et sa barbe un peu hérissés et grisonnants, aux cheveux et à la barbe soyeux et dorés de Jésus, le regardant ensuite d'un regard adorant, affectueux, suppliant de ses yeux un peu bovins, luisants et rougis par les larmes qu'il a versées, en tenant dans ses mains calleuses, larges, épaisses, le visage ascétique du Maître penché sur le sien, comme si c'était un vase d'où coulait une liqueur vivifiante… et il boit, boit, boit douceur et grâce, sécurité et force, de ce visage, de ces yeux, de ce sourire…Ils se séparent enfin, reprenant leur route vers Césarée de Philippe et Jésus dit à tous: “Pierre a dit la vérité. Beaucoup en ont l'intuition, vous vous la connaissez. Mais vous, pour l'instant, ne dites à personne ce qu'est le Christ, dans la vérité complète qui vous est connue. Laissez Dieu parler dans les cœurs comme Il parle dans le vôtre. En vérité je vous dis que ceux qui, à mes affirmations et aux vôtres apportent la foi parfaite et le parfait amour, arrivent à savoir le vrai sens des mots: "Jésus, le Christ, le Verbe, le Fils de l'homme et de Dieu".”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie  http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 20 août 2017, Vingtième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 15,21-28.
Jésus s'était retiré vers la région de Tyr et de Sidon. Voici qu'une Cananéenne, venue de ces territoires, criait : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. » Mais il ne lui répondit rien. Les disciples s'approchèrent pour lui demander : « Donne-lui satisfaction, car elle nous poursuit de ses cris ! »Jésus répondit : « Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues d'Israël. » Mais elle vint se prosterner devant lui : « Seigneur, viens à mon secours ! » Il répondit : « Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. - C'est vrai, Seigneur, reprit-elle ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »Jésus répondit : « Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! » Et, à l'heure même, sa fille fut guérie.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 5, Ch 19, p 125 - CD 5, piste 46 -
“Le Maître est-il avec toi?” demande le vieux paysan Jonas à Jude Thaddée qui entre dans la cuisine. Déjà le feu est allumé pour chauffer le lait et réchauffer la pièce, car il fait un peu froid dans ces premières heures d'une matinée de fin janvier, je crois, ou de début février. La matinée est très belle mais le froid est un peu piquant. “Il doit être sorti pour prier. Il sort souvent à l'aube, quand il sait qu'il peut être seul. Il va bientôt arriver. Pourquoi le demandes-tu?” “Je l'ai demandé aussi aux autres, qui maintenant se sont dispersés pour le chercher, car il y a une femme à côté, avec mon épouse. C'est une femme d'un village d'au-delà de la frontière et je ne sais pas vraiment dire comment elle a su que le Maître est ici, mais elle le sait et elle veut Lui parler.” “C'est bien. Elle Lui parlera. Peut-être est-elle celle qu'il attend, avec une fillette malade. C'est son esprit qui l'aura conduite ici.” “Non. Elle est seule, elle n'a pas d'enfant avec elle. Je la connais bien, parce que les villages sont si voisins… et la vallée appartient à tous. Et puis, moi je pense qu'il ne faut pas être cruel avec les voisins, même phéniciens, pour servir le Seigneur. Je peux me tromper mais…” “C'est aussi ce que dit toujours le Maître, qu'il faut avoir pitié de tous.” “C'est ce qu'il fait, n'est-ce pas?” “Oui.” “Anna m'a dit aussi, que même maintenant on le traite mal. Mal, toujours mal!… En Judée, comme en Galilée, partout. Pourquoi donc Israël est-il si mauvais avec son Messie? Je veux parler des plus grands parmi nous d'Israël, car le peuple l'aime.” “Comment sais-tu ces choses?” “Oh! je vis ici, au loin, mais je suis un fidèle israélite. Il me suffit d'aller au Temple pour les fêtes d'obligation pour savoir tout le bien et tout le mal! Et le bien on le connaît moins que le mal, parce que le bien est humble et ne fait pas de réclame. Les bénéficiaires devraient le proclamer, mais peu nombreux sont ceux qui sont reconnaissants après avoir reçu des grâces. L'homme reçoit le bienfait et il l'oublie… Le mal, au contraire, fait résonner ses trompettes et il fait retentir ses paroles, même aux oreilles de ceux qui ne veulent pas entendre. Vous, qui êtes ses disciples, ne savez-vous pas à quel point, au Temple, on dénigre et on accuse le Messie? Les scribes ne font plus d'instructions que sur son compte. Je crois qu'ils se sont fait un recueil d'instructions sur la manière d'accuser le Maître et de faits qu'ils présentent comme des motifs valables d'accusation. Et il faut avoir la conscience très droite et ferme et libre, pour savoir résister et juger avec sagesse. Lui, est-il au courant de ces manœuvres?” “Il les connaît toutes. Et nous, plus ou moins, nous sommes aussi au courant, mais Lui ne s'en frappe pas. Il continue son travail et le nombre des disciples ou des croyants augmente chaque jour.” “Que Dieu veuille qu'ils tiennent jusqu'à la fin, mais l'homme est instable dans ses pensées. Il est faible… Voici le Maître qui vient vers la maison avec trois disciples.” Et le vieillard sort, suivi de Jude Thaddée, pour vénérer Jésus qui, plein de majesté, se dirige vers la maison.“La paix soit avec toi, aujourd'hui et toujours, Jonas.” “Gloire et paix avec Toi, Maître, toujours.” “La paix à toi, Jude. André et Jean ne sont-ils pas encore revenus?” “Non, et je ne les ai pas entendus sortir. Personne. J'étais fatigué et j'ai dormi comme une souche.” “Entre, Maître. Entrez. L'air est frais ce matin. Dans le bois il devait faire très froid. Il y a ici du lait chaud pour tout le monde.” Ils sont en train de boire le lait et tous, sauf Jésus, y trempent de bons morceaux de pain, quand surviennent André et Jean avec Anna, le berger. “Ah! tu es ici? Nous revenions pour dire que nous ne t'avions pas trouvé…” s'écrie André.Jésus donne le salut de paix aux trois, et ajoute: “Vite, prenez votre part et partons car je veux être, avant le soir, au moins au pied de la montagne d'Aczib. Ce soir commence le sabbat.” “Mais, mes brebis?” Jésus sourit et répond: “Elles seront guéries après que je les aurai bénies.” “Mais je suis à l'orient de la montagne! Et Toi, pour cette femme, tu vas au couchant…” “Laisse faire Dieu, et Lui pourvoira à tout.” Le repas est fini, et les apôtres montent prendre les sacs de voyage pour le départ. “Maître… cette femme qui est là… tu ne l'écoutes pas?” “Je n'ai pas le temps, Jonas. La route est longue et, du reste, je suis venu pour les brebis d'Israël. Adieu, Jonas. Que Dieu te récompense de ta charité. Ma bénédiction est sur toi et sur tous tes parents. Allons.” Mais le vieillard se met à crier à tue-tête: “Enfants! Femmes! Le Maître part! Accourez!” Et comme une nichée de poussins éparpillés dans un pailler accourent au cri de la mère poule qui les appelle, ainsi de tous les côtés de la maison accourent femmes et hommes occupés à leurs travaux ou encore à moitié endormis, et les enfants à moitié nus qui sourient avec leurs visages à peine éveillés… Ils se serrent autour de Jésus qui est au milieu de l'aire, et les mères enveloppent les enfants dans leurs jupes pour les garantir de l'air, ou bien les serrent dans leurs bras jusqu'à ce qu'une servante accoure avec des petits vêtements qui sont vite passés.Mais voilà qu'accourt une femme qui n'est pas de la maison, une pauvre femme en pleurs, honteuse… Elle marche courbée, presque en rampant et, arrivée près du groupe au milieu duquel se trouve Jésus, elle se met à crier: “Aie pitié de moi, ô Seigneur, Fils de David! Ma fillette est toute tourmentée par le démon qui lui fait faire des choses honteuses. Aie pitié parce que je souffre tant et que je suis méprisée par tous à cause de cela. Comme si ma fille était responsable de faire ce qu'elle fait… Aie pitié, Seigneur, Toi qui peux tout. Élève ta voix et ta main et commande à l'esprit impur de sortir de Palma. Je n'ai que cette enfant et je suis veuve… Oh! ne t'en va pas! Pitié!…”En effet Jésus qui a fini de bénir les membres de la famille et qui a réprimandé les adultes d'avoir parlé de sa venue - et eux s'excusent en disant: “Nous n'avons pas parlé, crois-le, Seigneur!” - s'en va montrant une dureté inexplicable envers la pauvre femme qui se traîne sur les genoux en tendant des bras suppliants, haletante alors qu'elle dit: “C'est moi, moi qui t'ai vu hier pendant que tu passais le torrent, et j'ai entendu qu'on te disait: "Maître". Je vous ai suivis parmi les buissons et j'ai entendu leurs conversations. J'ai compris qui tu es… Et ce matin, je suis venue alors qu'il faisait encore nuit, pour rester ici sur le seuil comme un petit chien jusqu'au moment où Sara s'est levée et m'a fait entrer. Oh! Seigneur, pitié! Pitié! D'une mère et d'une petite!” Mais Jésus marche rapidement, sourd à tout appel. Ceux de la maison disent à la femme: “Résigne-toi! Il ne veut pas t'écouter. Il l'a dit: c'est pour ceux d'Israël qu'il est venu…”Mais elle se lève, à la fois désespérée et pleine de foi, et elle répond: “Non. Je le prierai tant qu'il m'écoutera.” Et elle se met à suivre le Maître ne cessant de crier ses supplications qui attirent sur le seuil des maisons du village tous ceux qui sont éveillés et qui, comme ceux de la maison de Jonas, se mettent à la suivre pour voir comment la chose va finir.Les apôtres pendant ce temps se regardent entre eux étonnés et ils murmurent: “Pourquoi agit-il ainsi? Il ne l'a jamais fait!…” Et Jean dit: “A Alexandroscène il a pourtant guéri ces deux.” “C'étaient des prosélytes, pourtant” répond le Thaddée. “Et celle qu'il va guérir maintenant?” “Elle est prosélyte, elle aussi” dit le berger Anna.“Oh! mais que de fois il a guéri aussi des gentils ou des païens! La petite romaine, alors?…” dit André désolé, qui ne sait pas se tranquilliser de la dureté de Jésus envers la femme cananéenne.“Je vais vous dire ce qu'il y a” s'exclame Jacques de Zébédée. “C'est que le Maître est indigné. Sa patience est à bout, devant tant d'assauts de la méchanceté humaine. Ne voyez-vous pas comme il est changé? Il a raison! Désormais il ne va se donner qu'à ceux qu'il connaît. Et il fait bien!” “Oui. Mais en attendant, elle nous suit en criant, avec une foule de gens à sa suite. Lui, s'il veut passer inaperçu, a trouvé moyen d'attirer l'attention même des arbres…” bougonne Mathieu.“Allons Lui dire de la renvoyer… Regardez ici le beau cortège qui nous suit! Si nous arrivons ainsi sur la route consulaire, nous allons être frais! Et elle, s'il ne la chasse pas, ne va pas nous lâcher…” dit le Thaddée fâché, qui de plus se retourne et dit à la femme: “Tais-toi et va-t-en!” Et ainsi fait Jacques de Zébédée. Mais la femme ne s'impressionne pas des menaces et des injonctions et continue de supplier.“Allons le dire au Maître, qu'il la chasse, Lui, puisqu'il ne veut pas l'écouter. Cela ne peut pas durer ainsi!” dit Mathieu, alors qu'André murmure: “La pauvre!” et Jean ne cesse de répéter: “Moi, je ne comprends pas… Moi, je ne comprends pas…” Il est bouleversé, Jean, de la façon d'agir de Jésus.Mais désormais, en accélérant leur marche, ils ont rejoint le Maître qui s'en va rapidement comme si on le poursuivait. “Maître! Mais renvoie cette femme! C'est un scandale! Elle crie derrière nous! Elle nous fait remarquer de tout le monde! La route se remplit toujours plus de passagers… et beaucoup la suivent. Dis-lui qu'elle s'en aille.” “Dites-le-lui, vous. Moi, je lui ai déjà répondu.”“Elle ne nous écoute pas. Allons! Dis-le-lui, Toi. Et avec sévérité.”Jésus s'arrête et se retourne. La femme prend cela pour un signe de grâce, et elle hâte le pas, elle élève le ton déjà aigu de sa voix et son visage pâlit car son espoir grandit.“Tais-toi, femme, et retourne chez toi! Je l'ai déjà dit: "Je suis venu pour les brebis d'Israël". Pour guérir les malades et rechercher celles d'entre elles qui sont perdues. Toi, tu n'es pas d'Israël.”Mais la femme est déjà à ses pieds et les baise en l'adorant et en tenant serrées ses chevilles, comme si elle était une naufragée qui a trouvé un rocher où se réfugier, et elle gémit: “Seigneur, viens à mon secours! Tu le peux, Seigneur. Commande au démon, Toi qui es saint… Seigneur, Seigneur, tu es le Maître de tout, de la grâce comme du monde. Tout t'est soumis, Seigneur. Je le sais. Je le crois. Prends donc ce qui est en ton pouvoir et sers-t-en pour ma fille.” “Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants de la maison et de le jeter aux chiens de la rue.” “Moi, je crois en Toi. En croyant, de chien de la rue je suis devenue chien de la maison. Je te l'ai dit: je suis venue avant l'aube me coucher sur le seuil de la maison où tu étais, et si tu étais sorti de ce côté là, tu aurais buté contre moi. Mais tu es sorti de l'autre côté et tu ne m'as pas vue. Tu n'as pas vu ce pauvre chien tourmenté, affamé de ta grâce, qui attendait pour entrer en rampant où tu étais, pour te baiser ainsi les pieds, en te demandant de ne pas le chasser…”“Il n'est pas bien de jeter le pain des enfants aux chiens” répète Jésus.“Mais pourtant les chiens entrent dans la pièce où le maître mange avec ses enfants, et ils mangent ce qui tombe de la table, ou les restes que leur donnent les gens de la maison, ce qui ne sert plus. Je ne te demande pas de me traiter comme une fille et de me faire asseoir à ta table. Mais donne-moi, au moins, les miettes…” Jésus sourit. Oh! comme son visage se transfigure dans ce sourire de joie!…Les gens, les apôtres, la femme, le regardent avec admiration… sentant que quelque chose va arriver.Et Jésus dit: “Oh! femme! Grande est ta foi. Et par elle tu consoles mon esprit. Va donc, et qu'il te soit fait comme tu veux. Dès ce moment, le démon est sorti de ta petite. Va en paix. Et comme de chien perdu tu as su vouloir être chien domestique, ainsi sache à l'avenir être fille, assise à la table du Père. Adieu.” “Oh! Seigneur! Seigneur! Seigneur!… Je voudrais courir pour voir ma Palma chérie… Je voudrais rester avec Toi, te suivre! Béni! Saint!” “Va, va, femme. Va en paix.” Et Jésus reprend sa route alors que la cananéenne, plus agile qu'une enfant, s'éloigne en courant, suivie de la foule curieuse de voir le miracle…“Mais pourquoi, Maître, l'as-tu faite tant prier pour ensuite l'écouter?” demande Jacques de Zébédée. “A cause de toi et de vous tous. Cela n'est pas une défaite, Jacques. Ici, je n'ai pas été chassé, ridiculisé, maudit… Que cela relève votre esprit abattu. J'ai déjà eu aujourd'hui ma nourriture très douce, Et j'en bénis Dieu. Et maintenant allons trouver cette autre qui sait croire et attendre avec une foi assurée.”“Et mes brebis, Seigneur? Bientôt je devrai prendre une autre route que la tienne pour aller à ma pâture…” Jésus sourit, mais ne répond pas.Il est beau d'aller, maintenant que le soleil réchauffe l'air et fait resplendir comme des émeraudes les feuilles nouvelles des bois et les herbes des prairies, changeant en chaton tout calice de fleur à cause des gouttes de rosée qui brillent dans les pétales multicolores des fleurettes des champs. Et Jésus va, souriant. Et les apôtres, qui ont subitement repris courage, le suivent en souriant…Ils arrivent au carrefour. Le berger Anna, mortifié, dit: “C'est ici que je devrais te quitter… Tu ne viens donc pas guérir mes brebis? Moi aussi, j'ai foi, et je suis prosélyte… Me promets-tu, au moins, de venir après le sabbat?” “Oh! Anna! Mais tu n'as pas encore compris que tes brebis sont guéries depuis le moment où j'ai levé la main vers Lesemdan? Va donc, toi aussi, pour voir le miracle et bénir le Seigneur.” Je crois que la femme de Loth, quand elle eut été changée en sel, n'a pas été différente du berger qui est resté comme il était, un peu incliné mais la tête relevée vers Jésus pour le regarder, un bras à demi tendu en l'air… Il semble être une statue. Et on pourrait lui mettre l'inscription: “Le Suppliant.” Mais ensuite il se redresse et se prosterne, en disant: “Béni, sois-tu! Toi, bon! Toi, saint!… Mais je t'ai promis beaucoup d'argent, et ici, je n'ai que quelques drachmes… Viens, viens chez moi après le sabbat…” “Je viendrai, non pour l'argent mais pour te bénir encore pour ta simple foi. Adieu, Anna. La paix soit avec toi.” Et ils se séparent…
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/