"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe Paul VI
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
Print Friendly and PDF

Dimanche 26 décembre 2010, Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 2,13-15.19-23. 
Après la visite des mages à Bethléem, l'ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu'à ce que je t'avertisse, car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr. » Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l'enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu'à la mort d'Hérode. Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète : D'Égypte, j'ai appelé mon fils. Après la mort d'Hérode, l'ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte et lui dit : « Lève-toi ; prends l'enfant et sa mère, et reviens au pays d'Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l'enfant. » Joseph se leva, prit l'enfant et sa mère, et rentra au pays d'Israël. Mais, apprenant qu'Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s'y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth. Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris 
Correspondance dans "l'Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 1, Ch 58, p 217 - CD 1, piste 91 - 
Je vois en esprit la scène suivante:
C’est la nuit. Joseph dort sur sa couchette dans sa chambre minuscule. Un sommeil tranquille de qui se repose de beaucoup de travail accompli honnêtement et soigneusement. Je le vois dans l’obscurité de la pièce, à peine amoindrie par un filet de lumière lunaire qui entre par la fente de la fenêtre à peine entrebâillée mais pas fermée complètement, comme si Joseph avait chaud dans ce petit local, ou comme s’il voulait avoir ce petit filet de lumière pour pouvoir se régler sur l’aube et se lever promptement. Il repose sur un côté, et dans son sommeil sourit à je ne sais quelle vision, qu’il a, à un songe. Mais le sourire se change en effroi. Il soupire profondément comme s’il avait un cauchemar et s’éveille en sursaut. Il s’assied sur le lit, se frotte les yeux et regarde autour de lui. Il regarde vers la petite fenêtre d’où vient le filet de lumière. La nuit est profonde, mais il saisit le vêtement étendu au pied du lit, et toujours assis sur le lit l’enfile sur la tunique blanche aux manches courtes qu’il a sur la peau. Il écarte les couvertures, met les pieds à terre et cherche ses sandales. Il les enfile et les lace. Il se lève et se dirige vers la porte en face de son lit, pas celle qui est sur le côté du lit et qui conduit à la pièce où furent accueillis les Mages. Il frappe doucement, à peine un tic-tic, avec l’extrémité des doigts. Il doit comprendre qu’on l’invite à entrer, car il ouvre précautionneusement la porte et la referme sans bruit. Avant de se diriger vers la porte, il a allumé une petite lampe à huile à une seule flamme et s’éclaire avec elle. Il entre, dans une chambre un peu plus grande que la sienne et où se trouve une couchette basse près d’un berceau. Il y a déjà une veilleuse allumée dont la petite flamme qui tremble dans un coin semble une petite étoile lumineuse faible et dorée qui permet de voir sans gêner le sommeil de qui dort. Mais Marie ne dort pas. Elle est agenouillée près du berceau dans son vêtement clair et elle prie, veillant Jésus qui dort tranquillement. Jésus qui a l’âge où je l’ai vu dans la vision des Mages. Un enfant d’un an environ, beau, rose et blond avec sa jolie petite tête aux cheveux bouclés enfoncée dans l’oreiller et une main fermée sous la gorge. “Tu ne dors pas?” demande Joseph à voix basse, étonné. “Pourquoi? Jésus n’est pas bien?” “Oh, non! Il est bien. Je prie. Mais je dormirai après. Pourquoi es-tu venu, Joseph?” Marie parle en restant à genoux comme elle était. Joseph parle à voix très basse pour ne pas éveiller le Bébé mais avec animation. “Il faut partir tout de suite d’ici, mais tout de suite. Prépare le coffre et un sac avec tout ce que tu peux y mettre. Je préparerai le reste. J’emporterai le plus de choses possible… À l’aube nous fuyons. Je le ferais encore plus tôt, mais je dois parler à la propriétaire de la maison…” “Mais pourquoi cette fuite?” “Je t’expliquerai après, c’est pour Jésus. Un ange me l’a dit: Prends l’Enfant et la Mère et fuis en Égypte ". Ne perds pas de temps. Je vais préparer tout ce que je puis.” Pas besoin de dire à Marie de ne pas perdre de temps. Dès qu’elle a entendu parler d’un ange, de Jésus et de fuir, elle a compris qu’il y a danger pour sa Créature et a bondi debout plus pâle avec son visage de cire, en portant angoissée une main sur son cœur. Elle a commencé à marcher, rapide et légère, à ranger les vêtements dans le coffre et dans un grand sac qu’elle a étendu sur son lit encore intact. Elle est angoissée mais elle ne perd pas la tête, elle fait les choses avec empressement mais aussi avec ordre. De temps en temps en passant près du berceau, elle regarde le Bébé qui dort, sans savoir. “As-tu besoin d’aide?” demande de temps à autre Joseph en passant la tête à la porte entrebâillée. “Non, merci” répond toujours Marie. Seulement quand le sac est plein et il doit être lourd, elle appelle Joseph pour qu’il l’aide à le fermer et à l’enlever du lit. Mais Joseph ne veut pas qu’on l’aide et se débrouille seul en prenant le long paquet et en le portant dans sa petite pièce. “Est-ce que je dois prendre les couvertures de laine?” demande Marie. “Prends le plus possible, car le reste nous le perdrons. Mais prends tout ce que tu peux. Ce sera utile parce que… parce que nous devons rester loin longtemps, Marie!…” Joseph est très triste en disant cela. Et pour Marie on peut penser ce qu’il en est. Elle plie en soupirant ses couvertures et celles de Joseph, qui les lie avec une corde. “Nous laisserons les courtepointes et les nattes” dit-il en ficelant les couvertures. “Même si je prends trois ânes, je ne peux trop les charger. Nous avons à parcourir une longue et pénible route, en partie à travers les montagnes et en partie dans le désert. Couvre bien Jésus. Les nuits seront tellement froides dans les montagnes et le désert. J’ai pris les cadeaux des Mages qui nous seront utiles là-bas. Tout ce que j’ai, je le dépense pour acheter les deux ânes. Nous ne pouvons pas les renvoyer et je dois payer comptant. Je vais sans attendre l’aube. Je sais où les trouver. Toi, finis de tout préparer” et il sort. Marie recueille encore quelque objet, puis après avoir observé Jésus, elle sort et revient avec des petits vêtements qui paraissent encore humides, peut-être lavés de la veille. Elle les plie, les enroule dans un linge et les met avec le reste. Plus rien. Elle se tourne et voit dans un coin un petit jouet de Jésus: une petite brebis taillée dans le bois. Elle la prend en sanglotant et la baise. Le bois porte les traces des petites dents de Jésus et les oreilles de la brebis sont toutes mordillées. Marie caresse cet objet sans valeur, taillé dans un morceau de bois blanc, mais de si grand prix pour elle parce que il lui dit l’affection de Joseph pour Jésus et lui parle de son Bébé. Elle le joint aux autres objets sur le coffre fermé. Maintenant il n’y a vraiment plus rien. Jésus seulement dans son berceau. Marie pense qu’il faudrait bien préparer le Bébé. Elle va au berceau et le remue un peu pour réveiller le Petit. Mais il gémit un instant, se retourne et continue de dormir. Marie caresse doucement les boucles de ses cheveux. Jésus ouvre sa petite bouche pour bailler. Marie se penche et le baise sur la joue. Jésus achève de se réveiller. Il ouvre les yeux. Il voit la Maman et sourit et tend ses mains vers son sein. “Oui, amour de ta Maman. Oui, le lait. Avant l’heure habituelle… Mais tu es toujours prêt à sucer ta Maman, mon saint petit agneau!” Jésus rit et joue en agitant ses petits pieds hors des couvertures agitant les bras avec une de ces joies enfantines, si charmantes à voir. Il appuie ses pieds contre l’estomac de sa Maman, se courbe et appuie sa tête blonde sur son sein. Puis il se rejette en arrière et rit en saisissant les cordons qui ferment le vêtement de Marie et en essayant de l’ouvrir. Dans sa chemisette de lin, il apparaît très beau, grassouillet, rose comme une fleur. Marie se penche et restant ainsi en travers du berceau dont elle se fait une protection, elle pleure et rit à la fois, pendant que le Bébé babille avec ces paroles - qui n’en sont pas - de tous les bébés et où on distingue nettement “Maman”. Il la regarde étonné de la voir pleurer. Il étend la main vers les larmes claires qui sillonnent les joues de Marie et la mouille en faisant des caresses. Puis dans cette délicieuse attitude, il s’appuie de nouveau sur le sein maternel, se serre tout contre en le caressant de sa petite main. Marie baise sa chevelure, le prend, s’assied et l’habille. Voilà: le petit vêtement de laine est enfilé et ses pieds ont chacun des sandales minuscules. Elle lui donne le lait et Jésus suce avidement le bon lait de sa Maman. Quand il lui semble qu’à droite il n’en vient plus qu’un peu, il s’en va chercher à gauche et rit, et ce faisant il regarde par en dessous sa Maman. Puis il s’endort, la tête sur le sein de Marie, sa petite joue rose et ronde contre le sein blanc et arrondi de sa Mère. Marie se relève, doucement et le dépose sur la courte pointe de son lit. Elle le couvre de son manteau. Elle va au berceau et plie les petites couvertures. Elle se demande si elle doit prendre aussi le petit matelas. Il est si petit! Elle peut le prendre. Elle le met, avec l’oreiller, près des objets qui sont déjà sur le coffre. Et elle pleure sur le berceau vide, pauvre Maman, persécutée dans sa Créature! Joseph revient: “Es-tu prête? Jésus l’est-il aussi? As-tu pris ses couvertures, sa petite couchette? Nous ne pouvons emporter le berceau, mais au moins qu’il ait son petit matelas, le pauvre Petit qu’ils cherchent à faire mourir!” “Joseph!” Elle pousse un cri pendant qu’elle s’accroche au bras de Joseph. “Oui, Marie, à le faire mourir! Hérode veut sa mort… parce qu’il en a peur… pour son pouvoir royal, il a peur de cet Innocent, ce fauve immonde. Que fera-t-il quand il apprendra qu’il est en fuite, je ne sais. Mais nous serons loin alors. Je ne crois pas qu’il se vengera en le cherchant jusqu’en Galilée. Déjà il serait trop difficile de découvrir que nous sommes Galiléens et encore moins de Nazareth, et qui nous sommes, exactement. À moins que Satan ne l’aide pour le remercier d’être pour lui un serviteur dévoué. Mais… si cela arrivait… Dieu nous aidera de son côté. Ne pleure pas Marie. Te voir pleurer m’afflige bien plus que de devoir partir pour l’exil.” “Pardonne-moi, Joseph! Ce n’est pas pour moi que je pleure, ni pour le peu de bien que je perds. C’est pour toi… Tu as déjà dû tellement te sacrifier! Et maintenant tu vas te trouver sans clients, sans maison! Combien je te coûte, Joseph!” “Combien? Non, Marie. Tu ne me coûtes pas. Tu me consoles. Toujours. Ne pense pas à demain. Nous avons les richesses des Mages. Elles nous aideront pour les premiers temps. Puis, je trouverai du travail. Un ouvrier honnête et capable se débrouille, tout de suite. Tu as vu ici. Je n’arrivais pas à trouver du temps pour tout faire.” “Je sais, mais qui te guérira de ta nostalgie?” “Et toi, qui te guérira de la nostalgie de la maison qui t’est si chère?” “Jésus. En le possédant j’ai encore ce que j’ai eu là-bas.” “Et moi, possédant Jésus, je possède la patrie que j’espérais retrouver il y a quelques mois. Je possède mon Dieu. Tu vois que je n’ai rien perdu de ce qui par-dessus tout m’est cher. Il nous suffit de sauver Jésus et alors tout nous reste. Même si nous ne devions plus voir ce ciel, ces campagnes et celles plus chères de la Galilée, nous aurions tout parce que nous l’avons, Lui. Viens, Marie, l’aube commence à poindre il est temps de saluer notre hôtesse et de charger nos affaires. Tout ira bien.” Marie se lève obéissante. Elle s’enveloppe dans son manteau pendant que Joseph fait un dernier paquet qu’il emporte en sortant. Marie soulève délicatement le Bébé, l’enveloppe dans un châle et le serre sur son cœur. Elle regarde les murs qui l’ont abritée des mois durant et les effleure de la main. Bienheureuse maison qui as mérité d’être aimée et bénie par Marie! Elle sort. Elle traverse la petite pièce qui était celle de Joseph, elle entre dans l’autre pièce. La propriétaire, toute en larmes, la baise et la salue. Soulevant un coin du châle, elle baise au front le Bébé qui dort tranquille. Ils descendent le petit escalier extérieur. Il y a une première clarté de l’aube qui permet tout juste de distinguer les objets. Dans cette pénombre on aperçoit les trois montures. La plus robuste porte les charges. Les autres ont la selle. Joseph s’applique à bien disposer le coffre et les paquets sur le bât du premier âne. Je vois empaquetés et posés sur le haut du sac les outils de charpentier. De nouveau, adieux et larmes, puis Marie monte sur son âne, pendant que la propriétaire tient Jésus à son cou et le baise une dernière fois avant de le rendre à sa Mère. Joseph aussi monte en selle après avoir attaché son âne à celui qui porte les bagages pour être libre de tenir l’ânon de Marie. La fuite commence pendant que Bethléem, qui rêve encore à la scène fantasmagorique des Mages, dort tranquillement, inconsciente de ce qui l’attend.
C’est la fin de la vision.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Samedi 25 décembre 2010, Nativité du Seigneur Jésus-Christ, solennité (messe de la nuit)

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,1-14.
En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre - ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. - Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine. Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David. Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu'ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L'ange du Seigneur s'approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d'une grande crainte, mais l'ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l'Evangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 1, Ch 49, p 180 - CD 1, piste 74 -
(...) La lune est au zénith et elle cingle tranquille dans un ciel tout constellé. Les étoiles paraissent des clous de diamant enfoncés dans un immense baldaquin de velours bleu foncé. Et la lune rit au milieu avec sa figure toute blanche d’où descendent des fleuves de lumière laiteuse qui donnent une teinte blanche au paysage. Les arbres dépouillés de leur feuillage se détachent plus grands et sombres sur cette blancheur, pendant que les murets qui surgissent çà et là ressemblent à du lait caillé. Une maisonnette, dans le lointain, semble être un bloc de marbre de Carrare. Sur ma droite, je vois un endroit enclos sur deux côtés par une haie de ronces et sur les deux autres par un mur bas et grossier. Ce mur soutient le toit d’une sorte de hangar qui, à l’intérieur de l’enceinte est construit partie en maçonnerie, partie en bois en sorte qu’en été on doit en lever la partie faite en bois et le hangar se change en portique. De là, sort de temps en temps un bêlement intermittent et bref. Ce doit être des brebis qui rêvent ou qui croient l’aube proche à cause du clair de lune. C’est une clarté, excessive même, tant elle est intense, et qui s’accroît comme si l’astre s’approchait de la terre ou étincelait par suite d’un mystérieux incendie. Un berger s’avance sur le seuil. Il lève le bras à hauteur du front pour ménager ses yeux et regarde en l’air. Il semble impossible qu’on doive s’abriter de la clarté de la lune, mais elle est si vive qu’elle éblouit, en particulier celui qui sort d’un enclos, d’ordinaire ténébreux. Tout est calme, mais cette clarté est étonnante. Le berger appelle ses compagnons. Ils s’amènent tous à la porte. Un tas d’hommes hirsutes, de tous âges. Il y a des adolescents et d’autres qui déjà blanchissent. Ils commentent le fait étrange et les plus jeunes ont peur, spécialement un garçon d’une douzaine d’années qui se met à pleurer, s’attirant les moqueries des plus vieux. “De quoi as-tu peur, sot que tu es?” lui dit le plus vieux. “Tu ne vois pas que l’air est tranquille? Tu n’as jamais vu un clair de lune? Es-tu toujours resté sous la robe de la maman comme un poussin sous la poule couveuse? Mais, tu en verras des choses! Une fois j’étais allé vers les monts du Liban, plus loin encore. Je montais. J’étais jeune et la marche ne me fatiguait pas. J’étais riche aussi à cette époque… Une nuit, je vis une lumière telle que je pensai qu’Élie allait revenir avec son char de feu. Le ciel était tout embrasé. Un vieux - le vieux c’était lui - me dit: "Un grand événement va bientôt se produire dans le monde". Et pour nous ce fut un événement: l’arrivée des soldats de Rome. Oh! tu en verras si tu vis…” Mais le pastoureau ne l’écoute plus. Il semble n’avoir plus peur. En effet, il quitte le seuil et s’esquive de derrière les épaules d’un berger musclé derrière lequel il s’était réfugié et sort dans le pare qui se trouve devant le hangar. Il regarde en l’air et marche comme un somnambule ou comme s’il était hypnotisé par quelque chose qui le captive totalement. À un moment il crie: “Oh!” et reste comme pétrifié, les bras légèrement ouverts. Les autres se regardent, étonnés. “Mais qu’a donc ce sot?” dit quelqu’un. “Demain je le ramène à sa mère. Je ne veux pas d’un fou pour garder les brebis” dit un autre. Et le vieux qui a parlé précédemment dit alors: “Allons voir avant de juger. Appelez aussi les autres qui dorment et prenez des bâtons. Il y a peut-être une mauvaise bête ou des malandrins…” Ils rentrent, ils appellent les autres bergers et sortent avec des torches et des matraques. Ils rejoignent l’enfant. “Là, là” murmure-t-il en souriant. “Au-dessus de l’arbre regardez cette lumière qui arrive. On dirait qu’elle s’avance sur un rayon de lune. La voilà qui approche. Comme elle est belle!” “Moi, je ne vois qu’une clarté un peu vive.” “Moi aussi.” “Moi aussi” disent les autres. “Non. Je vois quelque chose qui ressemble à un corps” dit un autre en qui je reconnais le berger qui a donné le lait à Marie. “C’est un… c’est un ange!” crie l’enfant. “Le voilà qui descend et s’approche… Par terre! À genoux devant l’Ange de Dieu!” Un “Oh!” prolongé et respectueux s’élève du groupe des bergers qui tombent le visage contre terre et paraissent d’autant plus frappés par l’apparition qu’ils sont plus âgés. Les plus jeunes sont à genoux et regardent l’ange qui s’approche toujours plus, et s’arrête en l’air déployant ses grandes ailes, blancheur de perles dans la blancheur lunaire qui l’enveloppe, au-dessus du mur d’enceinte. “Ne craignez pas, je ne vous porte pas malheur. Je vous apporte la nouvelle d’une grande joie pour le peuple d’Israël et pour tous les peuples de la terre.” La voix angélique, c’est une harpe harmonieuse qui accompagne des voix de rossignols. “Aujourd’hui, dans la cité de David, est né le Sauveur.” À ces mots, l’ange ouvre plus grandes ses ailes et les agite comme par un tressaillement de joie et une pluie d’étincelles d’or et de pierres précieuses paraît s’en échapper. Un véritable arc-en-ciel qui dessine un arc de triomphe au-dessus du pauvre pare. “… le Sauveur qui est le Christ.” L’ange brille d’une lumière plus éclatante. Ses deux ailes, maintenant arrêtées et tendues vers le ciel semblent deux voiles immobiles sur le saphir de la mer, semblent deux flammes qui montent ardentes. “… Christ, le Seigneur!” L’ange replie ses ailes de lumière et s’en couvre comme d’un survêtement de diamant sur un habit de perles, il s’incline comme pour adorer avec les bras serrés sur le cœur et le visage qui disparaît, incliné comme il est sur la poitrine, dans l’ombre du haut des ailes repliées. On ne voit plus qu’une forme allongée et lumineuse, immobile pendant la durée d’un Gloria. Mais voici qu’il bouge. Il rouvre les ailes et lève son visage où la lumière s’épanouit en un sourire paradisiaque et il dit: “Vous le reconnaîtrez à ces signes: dans une pauvre étable, derrière Bethléem, vous trouverez un bébé enveloppé dans des langes couché dans une mangeoire d’animaux, parce que pour le Messie, il n’y a pas eu de toit dans la cité de David.” En disant cela, l’ange devient grave, même triste. Mais des Cieux arrive une foule - oh! quelle foule! - une foule d’anges qui lui ressemblent, une échelle d’anges qui descendent dans l’allégresse, éclipsent la lune par leur lumière paradisiaque. Ils se rassemblent autour de l’ange annonciateur, en agitant leurs ailes, en répandant des parfums, en une harmonie musicale où toutes les voix les plus belles de la création se retrouvent, mais portées à la perfection de leur sonorité. Si la peinture est l’effort de la matière pour devenir lumière, ici la mélodie est l’effort de la musique pour exprimer aux hommes la beauté de Dieu, et entendre cette mélodie c’est connaître le Paradis, où tout est harmonie de l’amour qui de Dieu se donne, se répandant pour réjouir les bienheureux et retourner de ceux-ci à Dieu et Lui dire: “Nous t’aimons!” Le “Gloria” angélique se répand en ondes de plus en plus étendues sur la campagne tranquille, ainsi que la lumière. Les oiseaux unissent leurs chants pour saluer cette lumière précoce et les brebis leurs bêlements pour ce soleil anticipé. Mais moi, comme déjà dans la grotte pour le bœuf et l’âne, j’aime croire que ce sont les animaux qui saluent leur Créateur, venu au milieu d’eux pour les aimer comme Homme et en plus que comme Dieu. Le chant décroît, et la lumière aussi pendant que les anges remontent aux Cieux… Les bergers reviennent à eux-mêmes. “As-tu entendu?” “Allons-nous voir?” “Et les animaux?” “Oh! il ne leur arrivera rien. Allons pour obéir à la parole de Dieu!…” “Mais, où aller?” “N’a-t-il pas dit qu’il était né aujourd’hui et qu’il n’avait pas trouvé de logement à Bethléem?” Et le berger qui a donné le lait c’est lui qui parle maintenant. “Venez, je sais. J’ai vu la femme et elle m’a fait de la peine. Je lui ai indiqué un endroit pour elle, parce que je pensais bien qu’elle ne trouverait pas de logement et à l’homme je lui ai donné du lait pour elle. Elle est si jeune et si belle. Elle doit être bonne comme l’ange qui nous a parlé. Venez, venez. Allons prendre du lait, des fromages, des agneaux et des peaux tannées de brebis. Ils doivent être très pauvres et… qui sait quel froid pour Celui que je n’ose nommer! Et penser que j’ai parlé à la Mère comme à une pauvre épouse!…” Ils vont au hangar et en sortent, peu après, portant qui des récipients de lait, qui des fromages ronds enveloppés dans des filets de sparterie, qui des paniers avec un agneau bêlant, qui des peaux de brebis apprêtées. “Moi je porte une brebis qui a eu un agneau il y a un mois. Son lait est excellent. Il pourra leur être utile si la femme en manque. Elle me semblait une bambine, et si pâle!… Un teint de jasmin, au clair de lune” dit le berger du lait. Et il les conduit. Ils s’en vont éclairés par la lune et des torches après avoir fermé le hangar et l’enceinte. Ils vont par les sentiers champêtres, à travers des haies de ronces dépouillées par l’hiver. Ils font le tour de Bethléem et arrivent à l’étable non par le chemin qu’avait suivi Marie, mais en sens contraire. Ainsi ils ne passent pas devant les grottes mieux aménagées mais trouvent immédiatement le refuge qu’ils cherchent. Ils s’approchent au trou. “Entre!” “Moi, je n’ose pas.” “Entre, toi.” “Non.” “Regarde au moins.” “Toi, Lévi qui as vu l’ange le premier, cela veut dire que tu es plus bon que nous, regarde.” Vraiment ils l’avaient d’abord traité de fou… mais maintenant il leur est utile que le gamin ose ce que eux n’osent pas. L’enfant hésite mais se décide ensuite. Il s’approche du refuge, écarte un peu le manteau… et s’arrête en extase. “Que vois-tu?” lui demandent-ils anxieux à voix basse. “Je vois une femme toute jeune et belle et un homme penché sur une mangeoire et j’entends… j’entends un bébé qui pleure et la femme lui dit d’une voix… oh! quelle voix!” “Que dit-elle?” “Elle dit: "Jésus, mon tout petit! Jésus, amour de ta Maman! Ne pleure pas, mon petit Enfant!" Elle dit: "Oh! si je pouvais te dire: ‘Prends le lait, mon tout petit’. Mais je ne l’ai pas encore!" Elle dit: "Tu as si froid, mon amour! Le foin te pique. Quelle douleur pour ta Maman de t’entendre pleurer ainsi! Sans pouvoir te soulager". Elle dit: "Dors, ma petite âme! Mon cœur se fend de t’entendre et de voir tes larmes". Elle le baise et réchauffe ses petits pieds avec ses mains. Elle est penchée abaissant ses mains sur la mangeoire.” “Appelle! Montre que tu es là!” “Moi non. Vous plutôt qui nous avez conduit et la connaissez.” Le berger ouvre la bouche et se borne à un soupir bruyant. Joseph se retourne et vient à la porte. “Qui êtes-vous?” “Des bergers. Nous vous apportons de la nourriture et de la laine. Nous venons adorer le Sauveur.” “Entrez.” Ils entrent dans l’étable qui s’éclaire à la lumière des torches. Les vieux poussent les jeunes devant eux. Marie se retourne et sourit: “Venez” dit-elle. “Venez!” et elle les invite de la main et par son sourire et elle prend le garçon qui a vu l’ange et l’attire à elle, tout près de la crèche. Et l’enfant regarde, radieux. Les autres, invités aussi par Joseph, s’avancent avec leurs cadeaux. Et puis, avec des paroles brèves, émues, les déposent aux pieds de Marie. Et puis, ils regardent le petit Bébé qui pleure doucement et ils sourient, émus et heureux. L’un d’eux plus hardi dit: “Prends, Mère, elle est soyeuse et propre. Je l’avais préparée pour le bambin qui va bientôt naître chez nous, mais je te la donne. Mets ton Fils dans cette laine, elle sera douce et chaude.” Et il offre une peau de brebis, une très belle peau avec une longue toison de laine toute blanche. Marie soulève Jésus et l’en enveloppe. Elle le montre aux bergers qui, à genoux sur la litière du sol, le regardent extasiés. Ils se font plus hardis et l’un d’eux propose: “Il faudrait Lui donner une gorgée de lait ou mieux de l’eau et du miel. Mais nous n’avons pas de miel. On en donne aux tout petits. J’ai sept enfants, je suis au courant…” “Voilà du lait. Prends, Femme.” “Mais il est froid. Il faut du chaud. Où est Élie? C’est lui qui a la brebis.” Élie doit être l’homme au lait, mais il n’est pas là. Il s’est arrêté dehors et regarde par une fente et il est perdu dans l’obscurité de la nuit. “Qui vous a amenés ici?” “Un ange nous a dit de venir et Élie nous a conduits. Mais où est-il à présent?” Un bêlement de la brebis le trahit. “Avance, on demande de toi.” Il entre avec la brebis, intimidé d’être le plus remarqué. “C’est toi?” dit Joseph qui le reconnaît. Et Marie lui sourit en disant: “Tu es bon.” Ils traient la brebis, et trempant l’extrémité d’un linge dans le lait chaud et écumeux, Marie baigne les lèvres au Petit qui suce cette douceur crémeuse. Ils sourient tous, et plus encore lorsque avec le coin de la toile encore entre les lèvres, Jésus s’endort dans la tiédeur de la laine. “Mais vous ne pouvez rester ici. Il fait froid et humide. Et puis… avec cette odeur d’animaux! Ça ne va pas… et…. ça ne va pas pour le Sauveur.” “Je le sais” dit Marie avec un grand soupir. “Mais il n’y a pas de place pour nous à Bethléem.” “Prends courage, ô Femme. Nous allons te chercher une maison.” “Je vais en parler à ma patronne” dit l’homme au lait, Élie. “Elle est bonne. Elle vous accueillera, dut-elle vous céder sa pièce. Dès qu’il va faire jour, je lui en parle. Elle a sa maison toute pleine, mais elle vous donnera une place.” “Pour le Petit au moins. Moi et Joseph, n’importe si nous restons encore par terre. Mais pour le Petit…” “Ne soupire pas, Femme, j’y pense. Je raconterai à beaucoup de gens ce qui nous a été dit. Vous ne manquerez de rien. Pour le moment, prenez ce que notre pauvreté peut vous donner. Nous sommes des bergers…” “Nous sommes pauvres, nous aussi” dit Joseph. “Et ne pouvons vous dédommager.” “Oh! nous ne voulons pas! Même si vous le pouviez nous ne le voudrions pas! Le Seigneur nous a déjà récompensés. La paix, il l’a promise à tout le monde. Les anges disaient: "Paix aux hommes de bonne volonté". Mais à nous, il l’a déjà donnée car l’ange a dit que cet Enfant, c’est le Sauveur, le Christ, le Seigneur. Nous sommes pauvres et ignorants, mais nous savons que les Prophètes disent que le Sauveur sera le Prince de la Paix et à nous il a dit d’aller l’adorer. Ainsi il nous a donné sa paix. Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et gloire à celui qui est son Christ! Et toi, sois bénie, Femme qui l’as engendré! Tu es Sainte puisque tu as mérité de le porter! Commande-nous, comme une Reine, car nous serons contents de te servir. Que pouvons-nous faire pour toi?” “Aimer mon Fils, et avoir toujours dans le cœur vos pensées de maintenant.” “Mais pour toi, tu ne désires rien? Tu n’as pas de parents à qui faire savoir que ton Fils est né?” “Oui, j’en aurais. Mais ils ne sont pas près d’ici. Ils sont à Hébron…” “J’y vais moi” dit Élie. “Qui sont-ils?” “Zacharie, le prêtre, et Elisabeth ma cousine.” “Zacharie, oh! Je le connais bien. En été je vais sur ces montagnes où il y a de riches et beaux pâturages et je suis l’ami de son berger. Quand je vais te savoir arrangée, je vais chez Zacharie.” “Merci, Élie.” “De rien. C’est grand honneur pour moi, pauvre berger, d’aller parler au prêtre et de lui dire: "Le Sauveur est né".” “Non. Tu lui diras: "Marie de Nazareth, ta cousine, a dit que Jésus est né, et de venir à Bethléem".” “C’est ainsi que je dirai.” “Dieu t’en récompense, je me souviendrai de toi, de vous tous…” “Tu parleras à ton Enfant de nous?” “Oui.” “Je suis Élie.” “Moi Lévi.” “Moi Samuel.” “Moi Jonas.” “Moi Isaac.” “Moi Tobie.” “Moi Jonathas.” “Et moi Daniel.” “Et Siméon, moi.” “Et moi, mon nom est Jean.” “Moi je m’appelle Joseph et mon frère Benjamin, nous sommes jumeaux.” “Je me rappellerai vos noms.” “Il nous faut partir… Mais nous reviendrons… Et nous t’en amènerons d’autres pour adorer!…” “Comment revenir au pare en laissant ce Petit?” “Gloire à Dieu qui nous l’a montré!” “Fais-nous baiser son habit” dit Lévi avec un sourire d’ange. Marie lève doucement Jésus et, assise sur le foin, présente aux baiser, les pieds minuscules, enveloppés d’un linge. Ceux qui ont de la barbe se l’essuient d’abord. Tous, presque, pleurent et quand ils doivent partir, ils sortent à reculons, laissant leur cœur près de la crèche… La vision se termine ainsi pour moi: Marie assise sur la paille avec l’Enfant sur son sein et Joseph qui accoudé au bord de la crèche, regarde et adore.
(...) Les bergers sont les premiers adorateurs du Corps de Dieu. En eux il y a toutes les qualités requises pour être des adorateurs de mon Corps, âmes eucharistiques. Une foi assurée: ils croient à l’ange promptement et aveuglément. La générosité: ils donnent toute leur richesse au Seigneur. L’humilité: ils s’approchent des personnes plus pauvres humainement d’eux, modestement, avec des actes qui n’humilient pas, et se disent leurs serviteurs. Le désir: ce qu’ils ne peuvent donner d’eux-mêmes, ils s’ingénient promptement à le procurer avec un zèle courageux. La promptitude de l’obéissance: Marie désire que Zacharie soit averti et Élie y va tout de suite. Il ne remet pas à plus tard. L’amour, enfin: ils ne peuvent s’arracher de la crèche, et toi tu dis: "Ils y laissent leur cœur". C’est bien dit. Mais ne faudrait-il pas se comporter ainsi, même avec mon Sacrement? C’est une autre chose, mais c’est pour toi seule que je le dis: remarque à qui se montre d’abord l’ange et qui mérite d’éprouver les sentiments affectueux de Marie. Au jeune garçon, Lévi. À qui a une âme d’enfant, Dieu se montre et montre ses mystères. Il lui permet d’entendre les paroles divines et celles de Marie. Et qui a une âme d’enfant a aussi la sainte hardiesse de Lévi et dit: "Fais-moi baiser le vêtement de Jésus". Il le dit à Marie, parce que Marie est toujours celle qui vous donne Jésus. Elle, la porteuse de l’Eucharistie, Elle le Ciboire Vivant. Qui va à Marie me trouve. Qui me demande à Elle me reçoit par Elle. Le sourire de ma Mère, quand une créature Lui dit: "Donne moi ton Jésus, que je l’aime" fait briller les Cieux d’une plus vive et joyeuse splendeur, tant elle en a de la joie. Dis-lui donc: "Fais-moi baiser le vêtement de Jésus, fais-moi baiser ses plaies". Et ose encore davantage. Dis-lui: "Fais reposer ma tête sur le cœur de ton Jésus pour y puiser la béatitude". Viens et repose-toi, comme Jésus au berceau, entre Jésus et Marie.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie. http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 19 décembre 2010, Quatrième Dimanche de l'Avent

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 1,18-24. 
Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ. Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret. Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela arriva pour que s'accomplît la parole du Seigneur prononcée par le prophète: Voici que la Vierge concevra et elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d'Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris 
Correspondance dans "l'Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 1, Ch 42, p 155 - CD 1, piste 63 - 
 Après cinquante trois jours, la Maman recommence à se manifester avec cette vision qu’Elle me dit de noter dans ce livre. La joie renaît en moi, parce que voir Marie, c’est posséder la joie. Je vois donc le petit jardin de Nazareth. Marie file à l’ombre d’un pommier à la frondaison touffue et surchargé de fruits qui commencent à rougir. On dirait des joues d’enfants arrondies et rosées. Mais Marie n’a pas ces belles couleurs. Le teint que ses joues avaient à Hébron a disparu. Le visage est pâle comme de l’ivoire. Seules les lèvres y dessinent une courbe de pâle corail. Sous les paupières abaissées, deux ombres obscures, et le bord des yeux est gonflé comme après des pleurs. Je ne vois pas les yeux, parce qu’elle a la tète plutôt inclinée, attentive à son travail, et plus encore à des pensées attristantes car je l’entends soupirer comme quelqu’un qui souffre douloureusement dans son cœur. Elle est toute habillée de blanc, de vêtements de lin blancs parce qu’il fait très chaud, bien que la fraîcheur encore intacte des fleurs me dise que c’est le matin. Elle a la tête découverte et le soleil qui joue avec le feuillage du pommier, remué par un vent très léger, et qui filtre en faisant des raies de lumière sur la terre brune des parterres, dessine des ronds lumineux sur sa tête blonde et sur les cheveux qui ont des reflets d’or pur. De la maison ne vient aucun bruit, ni non plus du voisinage. On entend le murmure d’un filet d’eau qui coule dans une vasque au fond du jardin. Marie sursaute en entendant un coup frappé résolument à la porte extérieure de la maison. Elle pose sa quenouille et son fuseau et se lève pour aller ouvrir. Bien que son habit soit souple et ample, elle n’arrive pas à cacher complètement la rondeur du bassin. Elle se trouve en face de Joseph. Elle pâlit jusqu’aux lèvres. En ce moment son visage semble une hostie tant il est exsangue. Marie regarde d’un œil qui interroge avec tristesse. Le regard de Joseph paraît suppliant. Ils gardent le silence, en se regardant. Puis Marie ouvre la bouche: “A cette heure, Joseph? As-tu besoin de quelque chose? Que veux-tu me dire? Viens.” Joseph entre et ferme la porte. Il ne parle pas encore. “Parle Joseph, qu’est-ce que tu veux?” “Ton pardon.” Joseph s’incline comme s’il voulait s’agenouiller. Mais Marie, toujours si réservée pour le toucher, le prend résolument par les épaules et l’en empêche. La couleur va et vient sur le visage de Marie, tantôt rouge, tantôt pâle comme il était avant. “Mon pardon? Je n’ai rien à te pardonner, Joseph. Je n’ai qu’à te remercier encore de tout ce que tu as fait ici en mon absence et pour l’amour que tu me portes.” Joseph la regarde et je vois deux grosses larmes qui se forment dans la cavité de son œil profond. Elles restent comme sur le bord d’un vase et puis roulent sur les joues et sur la barbe. “Pardon, Marie. J’ai manqué de confiance. Maintenant, je sais. Je suis indigne d’avoir un tel trésor. J’ai manqué de charité. Je t’ai accusée en mon cœur. Je t’ai accusée sans justice puisque je ne t’avais pas demandé de me dire la vérité. J’ai failli envers la Loi de Dieu en ne t’aimant pas comme je me serais aimé…” “Oh! non! Tu n’as pas manqué!” “Oui, Marie. Si j’avais été accusé d’un pareil crime, je me serais défendu. Toi… Je ne t’ai pas permis de te défendre, puisque j’allais prendre une décision sans t’interroger. Je t’ai manqué en t’offensant par un soupçon. Rien qu’un soupçon, c’est une offense, Marie. Qui soupçonne méconnaît. Je ne t’ai pas connue comme je le devais. Mais pour la douleur que j’ai soufferte… trois journées de supplice, pardonne-moi, Marie.” “Je n’ai rien à te pardonner. Mais plutôt je te demande pardon de la douleur que je t’ai causée.” “Oh! oui, quelle douleur ç’a été! Quelle douleur! Regarde. Ce matin, on m’a dit que j’avais des cheveux blancs sur les tempes et des rides sur le visage. Plus de dix ans de vie se sont écoulés en ces jours. Mais pourquoi, Marie, as-tu été humble au point de me cacher à moi, ton époux, ta gloire, et permettre que je te soupçonne?” Joseph n’est pas à genoux, mais il est tellement courbé que c’est tout comme, et Marie pose sur sa tête sa petite main en souriant. Il semble qu’elle l’absolve. Elle dit: “Si mon humilité n’avait pas été parfaite, je n’aurais pas mérité de concevoir Celui qu’on attendait. Celui qui vient annuler la faute d’orgueil qui a ruiné l’homme. Et puis j’ai obéi… Dieu m’a demandé cette obéissance. Elle m’a coûté tellement… pour toi, pour la douleur que tu en éprouverais. Mais je n’avais qu’à obéir. Je suis la servante de Dieu et les serviteurs ne discutent pas les ordres qu’ils reçoivent. Ils les exécutent, Joseph, même s’ils leur font pleurer du sang.” Marie pleure doucement en disant cela. Si doucement que Joseph tout courbé ne s’en aperçoit que quand une larme tombe à terre. Alors il redresse la tête et - c’est la première fois que je le vois faire cela - il serre les petites mains de Marie dans ses mains fortes et hâlées et baise l’extrémité de ces doigts délicats qui sortent comme des boutons de pêcher de l’étreinte des mains de Joseph. “Maintenant il faut pourvoir, parce que…” Joseph n’ajoute rien, mais regarde le corps de Marie, qui s’assied tout de suite, pour ne pas rester ainsi exposée au regard qui se pose sur elle. “Il faudra faire vite. Je viendrai ici… Nous accomplirons le mariage… La semaine prochaine, ça va…?” “Tout ce que tu fais est bien Joseph. Tu es le chef de la maison moi, je suis ta servante.” “Non, c’est moi qui suis ton serviteur. Je suis le bienheureux serviteur de mon Seigneur qui grandit en ton sein. Toi, tu es la bénie entre toutes les femmes d’Israël. Ce soir, je préviendrai les parents. Et après… quand je serai ici, nous travaillerons pour préparer tout à sa venue… Oh! comment pourrai-je recevoir dans ma maison mon Dieu? Dans mes bras Dieu? J’en mourrai de joie!… Je ne pourrai jamais oser le toucher!…” “Tu le pourras, comme moi je le pourrai, avec la grâce de Dieu.” “Mais toi, c’est toi. Moi, je suis un pauvre homme, le plus pauvre des fils de Dieu!…” “Jésus vient pour nous qui sommes pauvres, pour nous faire riches en Dieu. Il vient vers nous deux, parce que nous sommes les plus pauvres et que nous le reconnaissons. Réjouis-toi, Joseph. La race de David a le Roi qu’elle attendait et notre maison devient plus fastueuse que le palais royal de Salomon, car ici il y aura le Ciel et nous partagerons avec Dieu le secret de paix que plus tard les hommes apprendront. Il grandira parmi nous et nos bras seront un berceau pour le Rédempteur qui grandit, et nos fatigues Lui procureront le pain… Oh! Joseph! Nous entendrons la voix de Dieu nous appeler "père et Mère!" Oh!…” Marie pleure de joie. Des larmes si heureuses! Et Joseph, agenouillé maintenant à ses pieds, pleure, la tête cachée dans l’ample vêtement de Marie qui descend en faisant des plis sur le pauvre carrelage de la petite pièce. La vision se termine là.


Marie dit: “Que personne n’interprète d’une manière inexacte ma pâleur. Elle ne provenait pas d’une crainte humaine. Humainement j’aurais dû m’attendre à la lapidation. Mais ce n’était pas le motif de ma crainte. Je souffrais de la douleur de Joseph. Même la pensée qu’il m’aurait accusée ne me troublait pas en elle-même. Seulement il me déplaisait qu’en s’arrêtant à la pensée de m’accuser il manquât à la charité. Quand je le vis, mon sang ne fit qu’un bond à cause de cela. C’était le moment où un juste aurait pu offenser la Justice en manquant à la charité. Et qu’un juste y manquât, lui qui n’y manquait jamais, cela m’aurait causé la plus extrême douleur. Si je n’avais pas porté l’humilité à son extrême limite comme je l’ai dit à Joseph, je n’aurais pas mérité de porter en moi Celui qui, pour effacer l’orgueil de la race humaine s’anéantissait, Lui, qui était Dieu, jusqu’à devenir un homme. Je t’ai fait voir cette scène qu’aucun évangile ne rapporte parce que je voulais attirer l’attention des hommes trop étrangère aux conditions essentielles pour plaire à Dieu et recevoir dans le cœur sa continuelle venue. Foi. Joseph a cru aveuglément à la parole du messager céleste. Il ne demandait qu’à croire parce qu’il était sincèrement convaincu que Dieu est bon et qu’à lui, qui avait espéré dans le Seigneur, le Seigneur n’aurait pas réservé la douleur d’être trahi, trompé, bafoué par son prochain. Il ne demandait qu’à croire en moi, parce que, honnête comme il l’était, il ne pouvait penser qu’avec douleur que les autres ne le fussent pas. Il vivait la Loi, et la Loi dit: "Aime ton prochain comme toi-même". Nous nous aimons tellement que nous nous croyons parfaits même quand nous ne le sommes pas. Pourquoi alors cesser d’aimer le prochain à la pensée qu’il est imparfait? Charité absolue. La charité qui sait pardonner, qui veut pardonner. Pardonner d’avance, en excusant dans son cœur les défauts du prochain. Pardonner tout de suite en accordant toutes les circonstances atténuantes au coupable. Humilité absolue comme la charité. Savoir reconnaître qu’on a manqué, même par une simple pensée, et ne pas avoir l’orgueil, plus nuisible encore que la faute qui précède, de se refuser à dire: "Je me suis trompé". Dieu excepté, tout le monde se trompe. Quel est celui ou celle qui peut dire: "Je ne me trompe jamais"? Et l’humilité encore plus difficile: celle qui sait tenir cachées les merveilles de Dieu en nous, quand il n’est pas nécessaire de les faire connaître pour Lui en donner la louange, pour ne pas déprécier le prochain qui n’a pas reçu ces dons particuliers de Dieu. S’il le veut, oh! s’il le veut, Dieu se révèle Lui-même en son serviteur! Elisabeth me "vit" telle que j’étais, mon époux me reconnut pour ce que j’étais, quand ce fut l’heure pour lui de le savoir. Laissez au Seigneur le soin de vous proclamer ses serviteurs. Il en est amoureusement pressé, car toute créature qu’Il élève à une mission particulière, est une gloire nouvelle qui s’ajoute à la sienne infinie, parce que c’est le témoignage de ce qu’est l’homme tel que Dieu le voulait: une perfection mineure qui reflète son Auteur. Restez dans l’ombre et dans le silence, ô privilégiés de la Grâce, pour pouvoir entendre les uniques paroles qui sont "vie", pour pouvoir mériter d’avoir au-dessus de vous et en vous le Soleil qui éternellement resplendit. Oh! Lumière plus que bienheureuse, qui es Dieu, qui es la joie de tes serviteurs, resplendis sur ces serviteurs qui t’appartiennent, qu’ils en exultent en leur humilité en te louant, Toi seul qui disperses les orgueilleux, mais qui élèves les humbles qui t’aiment, jusqu’aux splendeurs de ton Royaume.”  
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 12 décembre 2010, Troisième Dimanche de l'Avent, année A.

 Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11, 2-11. 
 Jean le Baptiste, dans sa prison, avait appris ce que faisait le Christ. Il lui envoya demander par ses disciples : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! » Tandis que les envoyés de Jean se retiraient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu'êtes-vous allés voir au désert ? un roseau agité par le vent ?. . . Alors, qu'êtes-vous donc allés voir ? un homme aux vêtements luxueux ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Qu'êtes-vous donc allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu'un prophète. C'est de lui qu'il est écrit : Voici que j'envoie mon messager en avant de toi, pour qu'il prépare le chemin devant toi. Amen, je vous le dis : Parmi les hommes, il n'en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui.
 Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris 
 Correspondance dans "l'Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 4, Ch 129, p 279 - CD 4 (1er cd), piste 118 - 
 Jésus est seul avec Mathieu qui, blessé à un pied, n'a pas pu aller prêcher avec les autres. Mais cependant des malades et des gens désireux d'entendre la Bonne Nouvelle occupent la terrasse et l'espace libre du jardin pour l'entendre et obtenir son aide. Jésus achève son discours en disant: “Après avoir contemplé ensemble la grande phrase de Salomon: "C'est dans l'abondance de la justice que se trouve la plus grande force" je vous exhorte à posséder cette abondance parce que c'est la monnaie qu'il faut pour entrer dans le Royaume des Cieux. Demeurez avec ma paix et que Dieu soit avec vous.” Puis il se tourne vers les pauvres et les malades - et, dans beaucoup de cas, ce sont à la fois l'un et l'autre - et il écoute avec bonté leurs doléances, donne un secours en argent, conseille par ses paroles, guérit par l'imposition des mains et par la parole. Mathieu, à ses côtés, fait la distribution de l'argent. Jésus écoute avec attention une pauvre veuve qui Lui parle en pleurant de la mort imprévue de son mari menuisier, à son établi, survenue quelques jours auparavant: “Je suis accourue pour te chercher ici, et toute la parenté du mort m'a accusée d'être inconvenante et dure de cœur, et maintenant elle me maudit. Mais moi, j'étais venue parce que je sais que tu ressuscites et je sais que, si j'avais pu te trouver, mon mari serait ressuscité. Tu n'y étais pas… Maintenant lui est dans le tombeau depuis deux semaines… et je reste avec cinq enfants… Les parents me haïssent et ne m'aident pas. J'ai des oliviers et des vignes. Pas beaucoup, mais ils me donneraient du pain pour l'hiver si je pouvais les garder jusqu'à la récolte. Mais je n'ai pas d'argent car l'homme, depuis quelque temps, n'était pas en bonne santé. Il travaillait peu et, pour se soutenir, mangeait et ne buvait que trop. Il disait que le vin lui faisait du bien… au contraire, il a fait le double mal de le tuer et de dissiper les économies déjà réduites par son peu de travail. Il allait finir un char et un coffre, et avait mis en chantier deux lits, des étagères et des tables. Mais maintenant… Rien n'est fini, et mon garçon n'a pas encore huit ans. Je vais perdre l'argent… Je devrai vendre l'outillage, le bois. Le char et le coffre, je ne peux même pas les vendre comme tels, bien qu'ils soient presque terminés, et je devrai les céder comme bois de chauffage. Et l'argent ne suffira pas car, moi, ma mère âgée et malade, et cinq enfants, nous sommes sept personnes… Je vendrai le vignoble et les oliviers… Mais tu sais comme est le monde… Il étrangle ceux qui sont dans le besoin. Dis-moi, que dois-je faire? Je voulais garder l'établi et les outils pour le fils qui connaît déjà quelque chose du bois… je voulais garder la terre pour vivre, et pour doter mes filles…” Il est en train d'écouter tout cela quand un remue-ménage parmi les gens l'avertit qu'il y a quelque chose de nouveau. Il se retourne pour voir et voit trois hommes qui se fraient un chemin à travers la foule. Il se tourne de nouveau pour parler à la veuve: “Où habites-tu?” “A Corozaïn, près du chemin qui mène à la Fontaine Chaude. Une maison basse entre deux figuiers.” “C'est bien. Je viendrai finir le char et le coffre, et tu les vendras à ceux qui les ont commandés. Attends-moi demain à l'aurore.” “Toi! Toi, travailler pour moi!” l'étonnement suffoque la femme. “Je reprendrai mon travail et je te donnerai la paix. En même temps, aux gens sans cœur de Corozaïn, je donnerai une leçon de charité.” “Oh! oui! Sans cœur! S'il y avait eu encore le vieil Isaac! Il ne m'aurait pas laissée mourir de faim. Mais lui est retourné vers Abraham…” “Ne pleure pas. Va-t-en tranquille. Voilà ce dont tu as besoin pour aujourd'hui. Demain, Moi je viendrai. Va en paix.” La femme se prosterne pour baiser ses vêtements et s'en va plus tranquille. “Maître trois fois saint, puis-je te saluer?” demande l'un des trois hommes qui sont survenus et qui se sont arrêtés respectueusement derrière Jésus, en attendant qu'il congédie la femme, et qui ont donc entendu la promesse de Jésus. Et cet homme qui salue, c'est Manaën. Jésus se tourne et dit avec un sourire: “Paix à toi, Manaën! Tu t'es donc souvenu de Moi?” “Toujours, Maître. Et j'avais décidé de venir te trouver chez Lazare ou au Jardin des Oliviers pour être avec Toi. Mais avant la Pâque, le Baptiste a été pris. Il a été repris par trahison, et moi je craignais qu'en l'absence d'Hérode, venu à Jérusalem pour la Pâque, Hérodiade ne commandât de tuer le Saint. Elle n'a pas voulu aller à Sion pour les fêtes, disant qu'elle était malade. Malade, oui, de haine et de luxure… Je suis allé à Macheronte pour surveiller… et retenir la femme perfide qui serait capable de tuer de sa main… Et elle ne le fait pas par crainte de perdre la faveur d'Hérode qui… par peur ou par conviction, défend Jean, en se limitant à le garder en prison. En ce moment Hérodiade a fui la chaleur accablante de Macheronte pour aller dans un château qui lui appartient. Et je suis venu avec mes amis et disciples de Jean. Il les a envoyés pour t'interroger et je me suis uni à eux.” Les gens, entendant parler d'Hérode et comprenant quel est celui qui en parle, s'empressent avec curiosité autour du groupe de Jésus et des trois. “Que vouliez-vous me demander?” demande Jésus après les échanges de salutations avec les deux austères personnages. “Parle, Manaën, toi qui sais tout, et Lui es plus attaché” dit l'un des deux. “Voici, Maître. Tu dois être indulgent si, par trop d'amour, les disciples arrivent à se méfier de Celui qu'ils croient opposés à leur maître ou désireux de le supplanter. C'est ce que font les tiens et de même ceux de Jean. C'est une jalousie compréhensible qui montre tout l'amour des disciples pour leurs maîtres. Quant à moi… je suis impartial, et eux qui sont avec moi peuvent le dire, car je te connais et je connais Jean, et je vous aime avec justice, au point que t'aimant Toi, pour ce que tu es, j'ai préféré faire le sacrifice de rester près de Jean parce que je le vénère, lui aussi, pour ce qu'il est, et actuellement parce qu'il est plus en danger que Toi. Maintenant, à cause de cet amour qu'attisent par leur rancœur les pharisiens, eux sont arrivés à douter que tu es le Messie. Et ils l'ont avoué à Jean, croyant lui faire plaisir en lui disant: "Pour nous, c'est toi qui es le Messie. Il ne peut y avoir quelqu'un de plus saint que toi". Jean a commencé par leur faire des reproches en les appelant blasphémateurs et puis, après les reproches, avec plus de douceur, il leur a expliqué tout ce qui te désigne comme le vrai Messie. Enfin, voyant qu'ils n'étaient pas encore persuadés, il a pris deux d'entre eux, ceux-ci, et leur a dit: "Allez le trouver et dites-lui en mon nom: 'Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?' ". Il n'a pas envoyé les disciples autrefois bergers, car eux croient et il n'aurait servi à rien de les envoyer. Mais il a choisi parmi ceux qui doutent pour qu'ils t'approchent et que leurs paroles dissipent les doutes de ceux qui sont comme eux. Je les ai accompagnés pour pouvoir te voir. J'ai parlé. Toi, maintenant, apaise leurs doutes.” “Mais ne nous crois pas hostiles, Maître! Les paroles de Manaën pourraient te le faire penser. Nous… nous… Nous connaissons depuis des années le Baptiste et nous l'avons toujours vu saint, pénitent, inspiré. Toi… nous ne te connaissons que par les paroles d'autrui. Et tu sais ce qu'est la parole des hommes… Elle crée et détruit renommée et louange par le contraste entre ceux qui exaltent et ceux qui dénigrent, comme un nuage se forme et se dissipe par l'effet de deux vents contraires.” “Je sais, je sais. Je lis dans votre esprit, et vos yeux lisent la vérité dans ce qui vous entoure, de même que vos oreilles ont entendu mon entretien avec la veuve. Cela suffirait pour vous persuader. Mais je vous dis: observez ce qui m'entoure. Ici, il n'y a pas de riches ni de jouisseurs, il n'y a pas de personnes scandaleuses. Mais des pauvres, des malades, des israélites honnêtes qui veulent connaître la Parole de Dieu. Et rien d'autre. Celui-ci, celui-là, cette femme, et puis cette fillette, et ce vieillard sont venus ici malades et maintenant ils sont en bonne santé. Interrogez-les et ils vous diront ce qu'ils avaient et comment je les ai guéris, et comme ils sont maintenant. Faites, faites. Moi, pendant ce temps, je parle avec Manaën” et Jésus va se retirer. “Non, Maître. Nous ne doutons pas de tes paroles. Donne-nous seulement une réponse à apporter à Jean, pour qu'il voie que nous sommes venus et pour qu'il puisse se baser sur elle pour persuader nos compagnons.” “Allez rapporter ceci à Jean: "Les sourds entendent, cette fillette était sourde et muette. Les muets parlent, et cet homme était muet de naissance. Les aveugles voient". Homme, viens ici. Dis-leur ce que tu avais” dit Jésus en prenant un miraculé par le bras. Celui-ci dit: “Je suis maçon, et il m'est tombé sur la figure un seau plein de chaux vive. Elle m'a brûlé les yeux. Depuis quatre ans j'étais dans les ténèbres. Le Messie a humecté mes yeux desséchés avec sa salive et ils sont redevenus plus frais que quand j'avais vingt ans. Qu'il en soit béni.” Jésus reprend: “Et avec les aveugles, les sourds, les muets guéris, se redressent les boiteux et courent les estropiés. Voilà ce vieillard qui était tout à l'heure déformé et qui maintenant est droit comme un palmier du désert et agile comme une gazelle. Se guérissent les maladies les plus graves. Toi, femme, qu'avais-tu?” “Un mal au sein pour avoir trop donné de lait à des bouches voraces et le mal, avec le sein, me rongeait la vie. Maintenant, regardez” et elle entrouvre son vêtement, montrant son sein intact et elle ajoute: “Ce n'était qu'une plaie et ma tunique encore couverte de pus le montre. Maintenant je m'en vais à la maison mettre un vêtement propre. Je suis forte et heureuse. Alors que seulement hier j'étais mourante, amenée ici par des gens charitables, et si malheureuse… à cause des enfants qui allaient être sans mère. Louange éternelle au Sauveur!” “Vous entendez? Et vous pouvez interroger le chef de la synagogue de cette ville sur la résurrection de sa fille et, en allant à Jéricho, passez par Naïm. Informez-vous au sujet du jeune homme ressuscité en présence de toute la ville et au moment où on allait le mettre au tombeau. Vous pourrez ainsi rapporter que les morts ressuscitent. Que beaucoup de lépreux sont guéris, vous pouvez le savoir dans de nombreuses localités d'Israël, mais si vous voulez aller à Sicaminon, cherchez-en parmi les disciples et vous en trouverez plusieurs. Dites donc à Jean que les lépreux sont purifiés. Et dites, puisque vous le voyez, que la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Et bienheureux celui qui ne sera pas scandalisé à mon sujet. Dites cela à Jean. Et dites-lui que je le bénis avec tout mon amour.” “Merci, Maître. Bénis-nous aussi avant notre départ.” “Vous ne pouvez partir par cette chaleur. Soyez donc mes hôtes jusqu'au soir. Vous vivrez pendant un jour la vie de ce Maître qui n'est pas Jean, mais que Jean aime parce qu'il sait qui il est. Venez à la maison. Il y fait frais et je vous restaurerai. Adieu, mes auditeurs. La paix soit avec vous” et après avoir congédié les foules, il rentre à la maison avec les trois hôtes… … Je ne sais pas ce qu'ils disent pendant ces heures de chaleur étouffante. Ce que je vois maintenant, ce sont les préparatifs du départ des deux disciples pour Jéricho. Il semble que Manaën reste car on n'a pas amené son cheval avec les deux ânes robustes devant l'ouverture du mur de la cour. Les deux envoyés de Jean, après plusieurs inclinations au Maître et à Manaën, montent en selle et se retournent encore pour regarder et saluer jusqu'à ce qu'un détour de la route les dérobe à la vue. Beaucoup de gens de Capharnaüm se sont rassemblés pour voir ce départ, car la nouvelle de la venue des disciples de Jean et la réponse que leur a faite Jésus ont fait le tour du pays et je crois aussi des autres pays voisins. Je vois des personnes de Bethsaïda et de Corozaïn, qui se sont présentées aux envoyés de Jean en demandant de ses nouvelles et en lui envoyant leurs salutations - ce sont peut-être d'anciens disciples du Baptiste - qui restent maintenant en groupe avec des gens de Capharnaüm pour commenter. Jésus, avec à son côté Manaën, va rentrer dans la maison en parlant. Mais les gens se pressent autour de Lui, curieux d'observer le frère de lait d'Hérode et ses manières pleines de respect pour Jésus et ils désirent parler avec le Maître. Il y a aussi Jaïre, le chef de synagogue mais, grâce à Dieu, il n'y a pas de pharisiens. C'est justement Jaïre qui dit: “Jean sera content! Non seulement tu lui as envoyé une réponse exhaustive mais aussi, en les retenant, tu as pu les instruire et leur montrer un miracle.” “Et puis, quel miracle!” dit un homme. “J'avais amené exprès ma fillette aujourd'hui pour qu'ils la voient. Elle n'a jamais été aussi bien et, pour elle, c'est une joie de venir trouver le Maître. Vous avez entendu, hein? sa réponse? "Je ne me souviens pas de ce que c'est que la mort. Mais je me souviens qu'un ange m'a appelée en me faisant passer à travers une lumière de plus en plus vive au bout de laquelle était Jésus. Et comme je l'ai vu alors, avec mon esprit qui revenait en moi, je ne le vois plus maintenant. Vous et moi, en ce moment, nous voyons l'Homme, mais mon esprit a vu le Dieu renfermé dans l'Homme". Et comme elle est devenue bonne, depuis lors! Elle l'était bonne, mais maintenant c'est vraiment un ange. Ah! pour moi, que tous disent ce qu'ils veulent, il n'y a de saint que Toi!” “Mais Jean aussi est saint” dit quelqu'un de Bethsaïda. “Oui, mais il est trop sévère.” “Il ne l'est pas davantage pour les autres que pour lui-même.” “Mais il ne fait pas de miracles et l'on dit qu'il jeûne pour être comme un mage.” “Et pourtant il est saint” la discussion s'étend dans la foule. Jésus lève la main et l'étend avec le geste habituel qu'il a quand il réclame le silence et l'attention parce qu'il veut parler. Le silence se fait tout de suite. Jésus dit: “Jean est saint et grand. Ne regardez pas ses manières de faire ni l'absence de miracles. En vérité je vous le dis: "C'est un grand du Royaume de Dieu". C'est là qu'il apparaîtra dans toute sa grandeur. Plusieurs se lamentent de ce qu'il était et est sévère jusqu'à paraître dur. En vérité je vous dis que lui a fait un travail de géant pour préparer les voies du Seigneur. Et celui qui travaille ainsi n'a pas de temps à perdre en mollesses. Ne disait-il pas lui, quand il était le long du Jourdain, les paroles où Isaïe l'annonce, lui et le Messie: "Toute vallée sera comblée, toute montagne sera abaissée, les voies tortueuses seront redressées et les voies raboteuses aplanies" et cela pour préparer les voies au Sauveur et Roi? Mais, en vérité, il a fait, lui, plus que tout Israël pour me préparer la route! Et qui doit abattre les montagnes et combler les vallées, redresser les chemins et rendre douces les montées pénibles, ne peut que travailler avec rudesse. C'est qu'il était le Précurseur et il ne me devançait que de quelques lunes et il fallait que tout soit fait avant que le Soleil soit haut sur le jour de la Rédemption. Ce jour est arrivé, le Soleil monte pour resplendir sur Sion et de là sur tout le monde. Jean a préparé la route, comme il le devait. Qu'êtes-vous allés voir dans le désert? Un roseau que le vent courbe dans toutes les directions? Mais qu'êtes-vous allés voir? Un homme vêtu souplement? Mais ces gens habitent les maisons des rois, enveloppés de vêtements souples et servis avec respect par mille serviteurs et courtisans, courtisans eux aussi d'un pauvre homme. Ici, il y en a un. Demandez-lui s'il n'a pas de dégoût pour la vie de cour et de l'admiration pour le rocher solitaire et rugueux sur lequel en vain se ruent la foudre et la grêle et sur lequel luttent les vents imbéciles pour l'arracher alors qu'il reste solide avec l'élan de toutes ses parties vers le ciel, avec sa pointe qui d'en haut prêche la joie tant elle est élancée, pointue comme une flamme qui s'élève. Voilà ce qu'est Jean. C'est ainsi que le voit Manaën car il a compris la vérité de la vie et de la mort, et il voit la grandeur là où elle se trouve, même si elle se cache sous des apparences sauvages. Et vous, qu'avez-vous vu en Jean quand vous êtes allés le voir? Un prophète? Un saint? Je vous le dis: il est plus qu'un prophète. Il est plus que beaucoup de saints, plus que des saints car c'est lui dont il est écrit: "Voici que J'envoie devant vous mon ange pour préparer ton chemin devant Toi". Ange. Réfléchissez. Vous savez que les anges sont de purs esprits créés par Dieu à sa ressemblance spirituelle, servant de lien entre l'homme: perfection de la création visible et matérielle, et Dieu: perfection du Ciel et de la Terre, Créateur du Royaume spirituel et du règne animal. Dans l'homme, même le plus saint, il y a toujours la chair et le sang pour mettre un abîme entre lui et Dieu. Et l'abîme s'approfondit par suite du péché qui alourdit même ce qu'il y a de spirituel dans l'homme. Voici alors que Dieu crée les anges, créatures qui atteignent le sommet de l'échelle de la création comme les minéraux en marquent la base, les minéraux, la poussière qui forme la terre, les matières inorganiques en général. Purs miroirs de la Pensée de Dieu, flammes qui s'appliquent à agir par amour, prêts pour comprendre, empressés d'agir, libres dans leur volonté comme nous, mais d'une volonté toute sainte qui ignore les révoltes et l'entraînement du péché. Voilà ce que sont les anges adorateurs de Dieu, ses messagers auprès des hommes, nos protecteurs, qui nous donnent la Lumière qui les enveloppe et le Feu qu'ils recueillent de leur adoration. Jean est appelé: "ange" par la parole prophétique. Eh bien, je vous le dis: "Parmi ceux qui sont nés de la femme, il ne s'en est jamais levé un plus grand que Jean Baptiste". Et pourtant le plus petit du Royaume des Cieux sera plus grand que lui-homme. Car quelqu'un du Royaume des Cieux est fils de Dieu et non fils de la femme. Tendez donc tous à devenir citoyens du Royaume. Que vous demandiez-vous l'un à l'autre?” “Nous disions: "Mais est-ce que Jean sera dans le Royaume? Et comment y sera-t-il?"“ “Lui, en son esprit est déjà du Royaume et il y sera après la mort comme un des soleils les plus brillants de l'éternelle Jérusalem. Et cela à cause de la Grâce qui, en lui, est sans défaut et à cause de sa propre volonté. Car il a été et il est violent même avec lui-même, pour une fin sainte. A partir du Baptiste le Royaume des Cieux appartient à ceux qui savent le conquérir par la force opposée au Mal et ce sont les violents qui le conquièrent. Car maintenant, on connaît ce qu'il faut faire et tout est donné pour cette conquête. Ce n'est plus le temps où ne parlaient que la Loi et les Prophètes. Eux ont parlé jusqu'à Jean. Maintenant c'est la Parole de Dieu qui parle et elle ne cache pas un iota de ce qu'il faut savoir pour cette conquête. Si vous croyez en Moi, vous devez donc voir Jean comme l'Élie qui doit venir. Qu'entende qui a des oreilles pour entendre. Mais, à qui comparerai-je cette génération? Elle est semblable à celle que décrivent ces garçons qui, assis sur la place, crient à leurs compagnons: "Nous avons joué et vous n'avez pas dansé; nous avons entonné des lamentations et vous n'avez pas pleuré". De fait, est venu Jean qui ne mange ni ne boit, et cette génération dit: "Il peut agir ainsi, car il a le démon qui l'aide". Le Fils de l'homme est venu, qui mange et boit, et ils disent: "C'est un gros mangeur et un buveur, ami de publicains et de pécheurs". Ainsi la Sagesse voit ses fils lui rendre justice! En vérité je vous le dis que seuls les tout petits savent reconnaître la vérité parce qu'il n'y a pas de malice en eux.” “Tu as bien parlé, Maître” dit le chef de la synagogue. “Voilà pourquoi ma fille, encore sans malice, te voit tel que nous n'arrivons pas à te voir. Et pourtant cette ville et celles voisines voient déborder sur elles ta puissance, ta sagesse et ta bonté et, je dois le reconnaître, elles ne progressent qu'en méchanceté à ton égard. Elles ne se repentent pas et le bien que tu leur donnes produit une fermentation de haine envers Toi.” “Comment parles-tu, Jaïre? Tu nous calomnies! Nous sommes ici parce que fidèles au Christ” dit quelqu'un de Bethsaïda. “Oui. Nous. Mais combien sommes-nous? Moins de cent sur trois villes qui devraient être aux pieds de Jésus. Parmi ceux qui manquent, et je parle des hommes, la moitié est hostile, un quart indifférent, l'autre je veux penser qu'il ne peut pas venir. N'est-ce pas une faute aux yeux de Dieu? Et est-ce qu'Il ne punira pas toute cette rancœur et cet entêtement dans le mal? Parle Toi, Maître, qui sais et qui, si tu te tais, c'est à cause de ta bonté mais pas parce que tu ignores. Tu es généreux et on prend cela pour de l'ignorance et de la faiblesse. Parle donc, et que ta parole puisse secouer au moins les indifférents, puisque les méchants ne se convertissent pas mais deviennent toujours plus méchants.” “Oui, c'est une faute et elle sera punie. Car le don de Dieu ne doit jamais être méprisé ni servir à faire du mal. Malheur à toi, Corozaïn, malheur à toi Bethsaïda, vous qui faites un mauvais usage des dons de Dieu? Si à Tyr et à Sidon il y avait eu les miracles produits parmi vous déjà depuis longtemps, vêtus de cilice et couverts de cendre, ses habitants auraient fait pénitence et seraient venus à Moi. Aussi je vous dis que pour Tyr et Sidon on usera d'une plus grande clémence que pour vous le jour du Jugement. Et toi, Capharnaüm, tu crois que seulement pour m'avoir donné l'hospitalité tu seras exaltée jusqu'au Ciel? Tu descendras jusqu'à l'enfer. Car si à Sodome avaient été faits les miracles que je t'ai donnés, elle serait encore florissante, parce qu'elle aurait cru en Moi et se serait convertie. Aussi il y aura plus de clémence pour Sodome au jour du Jugement dernier, parce qu'elle n'a pas connu le Sauveur et sa Parole et par conséquent sa faute est moins grande, que pour toi qui as connu le Messie et entendu sa parole et ne t'es pas convertie. Cependant, puisque Dieu est juste, pour ceux de Capharnaüm, de Bethsaïda et de Corozaïn qui ont cru et se sanctifient en obéissant à ma parole, on usera d'une grande miséricorde. Car il n'est pas juste que les justes soient englobés dans la ruine des pécheurs. Pour ce qui concerne ta fille, Jaïre, et la tienne, Simon, et ton enfant, Zacharie, et tes petits-enfants, Benjamin, je vous dis qu'eux qui sont sans malice voient déjà Dieu. Et vous voyez comme leur foi est pure et travaille en eux, unie à la sagesse céleste et au désir de charité que les adultes ne possèdent pas.” Et Jésus, levant les yeux vers le ciel qui s'assombrit vers le soir, s'écrie: “Je te remercie, ô Père, Seigneur du Ciel et de la Terre, d'avoir caché ces choses aux sages et aux savants et de les avoir révélées aux petits. C'est ainsi, Père, parce que c'est ainsi qu'il t'a plu de le faire. Tout m'a été remis par mon Père, et personne ne le connaît en dehors du Fils et de ceux auxquels le Fils aura voulu le révéler. Et Moi, je l'ai révélé aux petits, aux humbles, aux purs, car Dieu se communique à eux, et la vérité descend comme une semence sur les terres libres, et sur elle le Père fait pleuvoir ses lumières pour qu'elle s'enracine et produise une plante. En vérité le Père prépare ces esprits de ceux qui sont petits par l'âge ou par leur volonté pour qu'ils connaissent la vérité et que j'aie la joie de leur foi.”
 Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie. http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 5 décembre 2010, Deuxième Dimanche de l'Avent, année A

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 3,1-12. 
En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. » Jean est celui que désignait la parole transmise par le prophète Isaïe : A travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. Jean portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain venaient à lui, et ils se faisaient baptiser par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. Voyant des pharisiens et des sadducéens venir en grand nombre à ce baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient? Produisez donc un fruit qui exprime votre conversion, et n'allez pas dire en vous-mêmes : 'Nous avons Abraham pour père' ; car, je vous le dis : avec les pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. Moi, je vous baptise dans l'eau, pour vous amener à la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu ; il tient la pelle à vanner dans sa main, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier. Quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris 
Correspondance dans "l'Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 2, Ch 3, p 17 - CD 2, piste 4 - 
Paroles de Jésus: “Ce que tu as écrit le 30 janvier pourrait donner occasion à ceux qui doutent, d’avancer leurs "mais" et leurs "si". C’est Moi qui vais répondre à ta place. Tu as écrit: "…quand je vois ainsi, mes forces physiques et particulièrement cardiaques subissent une grande dispersion". Il y aura certainement des "docteurs de l’impossible" qui diront: "C’est la preuve que ce qui lui arrive est humain, parce que le surnaturel procure toujours force et jamais faiblesse". Qu’ils m’expliquent alors pourquoi les grands extatiques, après une extase au cours de laquelle ils ont dépassé les possibilités humaines en supprimant la douleur, le poids de la matière conséquences de blessures internes et d’importantes hémorragies, jouissant d’une félicité qui les fait paraître beaux, même physiquement restent, dès que l’extase cesse, évanouis par terre, de façon à faire penser que leur âme s’est séparée d’eux. Qu’ils m’expliquent aussi pourquoi après quelques heures de la plus atroce agonie qui répète la mienne, telle que celle de ma servante Thérèse, telles que furent les agonies de ma sainte Gemma et de beaucoup d’autres âmes que mon amour et leur amour a rendu dignes de vivre ma Passion ces personnes reprennent ou reprenaient une force et un équilibre physique que les personnes les plus saines ne possèdent pas. Je suis le Maître de la vie et de la mort, de la santé et de la maladie. J’use de mes serviteurs à mon gré, comme d’un joli fil qui serait un jouet entre mes mains. Le miracle, en toi, un des miracles réside en ceci. Dans l’état physique où te trouves, état qui se prolonge miraculeusement, c’est que tu puisses arriver à cette béatitude sans en mourir, éprouvant ces transports alors que tu te trouves dans un état de prostration qui pour d’autres empêcherait même les pensées les plus rudimentaires. Le miracle réside dans cette vitalité qui reflue en toi en ces heures comme elle a reflué dans les heures où tu as écrit mes dictées ou celles des autres Esprits qui t’apportent leur céleste parole. Le miracle réside dans cette réacquisition subite de la force, après que la joie a consumé en toi ce reste de vitalité qui te reste pour écrire. Mais cette vitalité, c’est Moi qui te la transfuse. C’est comme du sang qui de Moi passe en tes veines épuisées, comme un flot qui se déverse sur une rive et l’arrose. La rive reste arrosée tant que le flot la baigne puis de nouveau reste aride jusqu’à un nouveau flot. C’est comme une opération qui te vide de mon Sang jusqu’à une nouvelle transfusion. Toi, pour ton compte, tu n’es qu’un rien. Tu es un pauvre être en agonie, qui travailles parce que je le veux, pour ce que j’ai en vue. Tu es une pauvre créature qui ne vaut que par ton amour. Tu n’as pas d’autres mérites. Amour et désir d’être pour d’autres, cause d’amour pour ton Dieu. C’est cela qui justifie ton être et ma bienveillance de te conserver en vie alors que, humainement parlant, depuis longtemps ton être aurait dû se désagréger dans la mort. Le sentiment d’être redevenue une "loque" comme tu dis, lorsque j’ai cessé de te porter avec Moi dans les champs de la contemplation et de te parler est pour toi et pour les autres la preuve que tout ce qui arrive, arrive par mon unique vouloir. Si quelqu’un pense humainement qu’avec le même vouloir et le même amour je pourrais te guérir et que ce serait la meilleure manière de prouver mon amour et ma bienveillance, je réponds que j’ai toujours conservé la vie à mes serviteurs, tant que j’ai jugé que leur mission devait continuer, mais je ne leur ai jamais procuré une vie humainement heureuse parce que mes missions se réalisent dans et par la souffrance et que d’autre part mes serviteurs n’ont qu’un désir semblable au mien: souffrir pour racheter. Il ne faut donc pas parler de "dispersion des forces", mais dire: "Après que la bonté de Jésus fait disparaître mon état d’infirmité pour ses intentions et pour ma joie, je reviens à ce que sa bonté m’a accordé d’être: crucifiée par son amour et pour son amour". Et maintenant vas de l’avant avec une obéissance pleine d’amour.”

A la même date le 3 - 2 - 44, au soir :

Je vois une plaine inhabitée et sans végétation. Il n’y a pas de champs cultivés, quelques rares plantes formant çà et là des touffes, comme des familles de végétaux là où le sol a un peu de profondeur et se trouve moins aride. Remarquez que se terrain aride et inculte est à ma droite alors que le Nord se trouve derrière moi, et se prolonge pour moi dans la direction du Sud. A gauche, en revanche, je vois un fleuve aux berges plutôt basses qui coule lentement lui aussi du Nord au Sud. D’après le mouvement très lent de l’eau, je comprends que son lit n’a pas une pente très forte et que ce fleuve coule dans une sorte de dépression de la plaine. Le courant est à peine suffisant pour empêcher la stagnation de l’eau et la formation d’un marécage. L’eau n’a pas de profondeur: c’est un point où l’on aperçoit le fond. J’estime qu’il n’y a pas plus d’un mètre de profondeur, un mètre et demi -au maximum. Large comme l’Arno vers S. Miniato-Empoli: je dirais vingt mètres. Mais je n’ai pas le coup d’œil et mes estimations sont approximatives. Pourtant l’eau est d’un azur légèrement vert à proximité des berges où l’humidité du sol entretient une bande verte touffue qui réjouit l’œil fatigué de cette morne étendue de pierres et de sable qui s’étend indéfiniment en avant. Cette voix intérieure dont je vous ai expliqué que j’entends m’expliquer ce que je dois remarquer et savoir, m’avertit que je vois la vallée du Jourdain. Je l’appelle vallée, parce que c’est l’appellation habituelle de la place où coule un fleuve, mais ici, il me parait inexact de lui donner ce nom parce que une vallée suppose des collines et dans le voisinage je n’en vois pas trace. En résumé, je me trouve près du Jourdain, et l’espace désolé que j’aperçois sur ma droite est le désert de Juda. Si parler de désert est juste pour désigner ce lieu inhabité et sans trace du travail de l’homme, il convient moins à l’idée que nous nous faisons du désert. Ici, pas de dunes du désert comme nous le concevons, mais seulement une terre dénudée parsemée de pierres et de débris, comme sont les terrains d’alluvions après une crue. Dans le lointain, des collines. Et puis, près du Jourdain une grande paix, une ambiance spéciale qui dépasse celle d’un paysage ordinaire, quelque chose qui rappelle ce qu’on ressent sur les bords du lac Trasimène. C’est un lieu qui évoque des vols angéliques et des voix célestes. Je ne sais pas bien exprimer ce que j’éprouve, mais j’ai le sentiment de me trouver dans un lieu qui parle à l’esprit. Pendant ces observations, je vois la scène envahie par les gens le long - par rapport à moi - de la rive droite du Jourdain. Il y a beaucoup d’hommes et une grande variété d’habillements. Quelques-uns semblent des gens du peuple, d’autres des riches, il y en a assez, plusieurs paraissent des pharisiens, avec leurs vêtements ornés de franges et de galons. Au milieu, debout sur un rocher un homme que je reconnais du premier coup pour le Baptiste bien que ce soit la première fois que je le vois. Il parle à la foule et je vous assure que sa prédication manque plutôt de douceur. Jésus a appelé Jacques et Jean "les fils du tonnerre". Mais alors quel nom donner à ce fougueux orateur? On pourrait pour Jean Baptiste parler de coup de foudre, d’avalanche, de tremblement de terre, tant il est impétueux et sévère dans son discours et ses gestes. Il parle de la venue du Messie et exhorte les auditeurs à préparer leurs cœurs en les débarrassant de ce qui les encombre et en redressant leurs pensées. Mais c’est un parler frénétique et rude. Le Précurseur n’a pas la main légère de Jésus pour soigner les blessures des cœurs. C’est un médecin qui les met à nu, fouille et taille sans pitié. Pendant que je l’écoute - je ne rapporte pas ses paroles, parce que ce sont celles des Évangélistes mais qui dévalent en un discours torrentiel - je vois s’avancer le long d’un sentier le long de la bordure herbeuse et ombragée qui côtoie le Jourdain, mon Jésus. Ce chemin de campagne, plutôt sentier que chemin, semble dessiné par les caravanes et les voyageurs qui pendant des années et des siècles l’ont parcouru pour arriver à un point où le fond du lit se relève et permet de passer à gué. Le sentier continue sur l’autre rive du fleuve et se perd dans la verdure de l’autre berge. Jésus est seul. Il marche lentement et en avançant il arrive derrière Jean. Il avance sans bruit, tout en écoutant la voix tonnante du Pénitent du désert, comme si Jésus était aussi une des nombreuses personnes qui venaient vers Jean pour se faire baptiser et se préparer à la purification pour la venue du Messie. Rien ne distingue Jésus des autres gens. Il semble un homme du peuple pour son vêtement, un seigneur pour la beauté de ses traits, mais aucun signe divin ne le distingue de la foule. Cependant on dirait que Jean sent une particulière émanation spirituelle. Il se retourne et identifie tout de suite la source de cette émanation. Il descend vivement du rocher qui lui servait de chaire et s’en, va d’un air dégagé vers Jésus qui est arrêté à quelques mètres d’un groupe et s’appuie au tronc d’un arbre. Jésus et Jean se fixent un moment. Jésus, avec son regard d’azur, si doux. Jean avec son œil sévère, très noir, plein d’éclairs. Les deux, vus rapprochés sont l’antithèse l’un de l’autre. Tous les deux grands - c’est leur unique ressemblance - ils sont différents pour tout le reste. Jésus blond, aux longs cheveux peignés, au teint blanc ivoire, aux yeux d’azur, au vêtement simple, mais majestueux. Jean, hirsute aux cheveux noirs qui retombent à plat sur les épaules et taillés en escalier, avec une barbe noire coupée à ras qui lui couvre presque tout le visage qui n’empêche pas de découvrir ses joues creusées par le jeûne, des yeux noirs fiévreux, la peau bronzée par le soleil et les intempéries et le poil épais qui la couvre, demi nu avec son vêtement de peau de chameau retenu à la taille par une ceinture de peau et qui lui couvre le torse, descendant à peine au-dessous de ses flancs amaigris et laissant à droite les côtes découvertes, les côtes sur lesquelles se trouve, unique tissu, la peau tannée par l’air. En vis à vis, on dirait un sauvage et un ange. Jean, après avoir fixé sur Lui son regard pénétrant, s’écrie: “Voici l’Agneau de Dieu. Comment peut-il se faire que mon Seigneur vienne vers moi?” Jésus répond tranquillement: “C’est pour accomplir le rite de pénitence.” “Jamais, Seigneur. C’est moi qui dois venir à Toi pour être sanctifié, et c’est Toi qui viens vers moi?” Et Jésus, en lui mettant une main sur la tête, parce que Jean s’était incliné devant Jésus, lui répond: “Permets que tout se fasse comme je veux, pour que s’accomplisse toute justice et que ton rite achemine les hommes vers un plus haut mystère et qu’il leur soit annoncé que la Victime est dans ce monde.” Jean l’observe avec un œil dont une larme adoucit le regard, et le précède vers la rive. Jésus enlève son manteau et sa tunique, gardant une sorte de caleçon court et descend dans l’eau où se trouve déjà Jean. Jean le baptise en Lui versant sur la tête de l’eau du fleuve, avec une sorte de tasse suspendue à sa ceinture et qui semble être une coquille ou une demi-calebasse séchée et vidée. Jésus est proprement l’Agneau, l’Agneau dans la blancheur de sa chair, la modestie de ses traits, la douceur de son regard. Pendant que Jésus remonte sur la rive, et qu’après s’être vêtu, il se recueille en prière, Jean le montre à la foule et témoigne de l’avoir reconnu au signe que l’Esprit de Dieu lui avait indiqué et qui désignait infailliblement le Rédempteur. Mais je suis polarisée par le spectacle de Jésus qui prie et je ne vois plus que cette figure lumineuse qui se détache sur le fond vert de la rive.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...