"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe Paul VI
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
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Dimanche 8 novembre 2009, Trente-deuxième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,38-44.
Dans son enseignement, Jésus disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à sortir en robes solennelles et qui aiment les salutations sur les places publiques, les premiers rangs dans les synagogues, et les places d'honneur dans les dîners. Ils dévorent les biens des veuves et affectent de prier longuement : ils seront d'autant plus sévèrement condamnés. » Jésus s'était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait la foule déposer de l'argent dans le tronc. Beaucoup de gens riches y mettaient de grosses sommes. Une pauvre veuve s'avança et déposa deux piécettes. Jésus s'adressa à ses disciples : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a tout donné, tout ce qu'elle avait pour vivre. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 9, Ch 15, p 99 - CD 9, piste 36 -
(...) L'endroit se remplit de gens qui vont et qui viennent dans tous les sens. Il y a des prêtres et des fidèles, des hommes, des femmes et des enfants. Les uns passent, d'autres s'arrêtent, écoutent les docteurs, d'autres qui mènent des agneaux ou portent des colombes se dirigent vers d'autres endroits, peut-être pour les sacrifier. Jésus reste appuyé à sa colonne, il regarde et ne parle pas. Par deux fois même il a été interrogé par les apôtres et il a fait signe que non, mais il n'a pas parlé. Il observe avec beaucoup d'attention et, d'après son expression, il semble juger ceux qu'il regarde. Son regard et tout son visage me rappelle l'aspect que je Lui ai vu dans la vision du Paradis, quand il jugeait les âmes dans le jugement particulier. Maintenant, naturellement, c'est Jésus, Homme; là-haut, c'était Jésus Glorieux, et donc encore plus imposant. Mais les changements d'expression du visage, qui observe fixement, sont les mêmes. Il est sérieux, scrutateur, mais si parfois il est d'une sévérité à faire trembler le plus effronté, parfois aussi il est si doux, d'une tristesse souriante, que son regard paraît une caresse. Il semble ne rien entendre, mais il doit tout écouter. En effet, quand d'un groupe éloigné de quelques mètres, rassemblé autour d'un docteur, s'élève une voix nasillarde qui proclame: “Plus que tout autre commandement est valable celui-ci: que tout ce qui est pour le Temple aille au Temple. Le Temple est au-dessus du père et de la mère et si quelqu'un veut donner à la Gloire du Seigneur tout ce qu'il a, il peut le faire et en sera béni car il n'y a pas de sang ni d'affection supérieure au Temple” Jésus tourne lentement la tête dans cette direction et regarde d'un air… dont je ne voudrais pas qu'il s'adresse à moi. Il paraît regarder l'ensemble. Mais quand un petit vieux tremblant s'apprête à gravir les cinq marches d'une espèce de terrasse qui est près de Jésus, et semble conduire à une autre cour plus intérieure, et pointe son bâton et tombe presque en s'empêtrant dans son vêtement, Jésus allonge son long bras, le saisit et le soutient et ne le laisse que quand il le voit en sûreté. Le petit vieux lève son visage ridé, regarde son grand sauveur et murmure une parole de bénédiction, et Jésus lui sourit et caresse sa tête à moitié chauve. Puis il revient contre sa colonne et s'en détache encore une fois pour relever un enfant qui glisse de la main de sa mère et tombe à plat ventre, et tombe justement à ses pieds, en pleurant, contre la première marche. Il le relève, le caresse, le console. La mère, confuse, remercie. Jésus lui sourit aussi et lui rend le petit. Mais il ne sourit pas quand passe un pharisien bouffi d'orgueil, ni non plus quand passent en groupe des scribes et d'autres dont je ne sais pas qui ils sont. Ce groupe salue avec de grands gestes et des courbettes. Jésus les regarde si fixement qu'il semble les transpercer, et salue mais sans chaleur. Il est sévère. Un prêtre aussi passe et ce doit être un gros bonnet parce que la foule s'écarte et le salue, et lui passe fier comme un paon. Jésus lui donne un long regard, un regard tel que celui-ci, qui pourtant est plein d'orgueil, baisse la tête. Il ne salue pas, mais il ne résiste pas au regard de Jésus. Jésus cesse de le regarder pour observer une pauvre petite femme, vêtue de marron foncé, qui monte honteuse les marches et va vers un mur où se trouvent des têtes de lions ou autres animaux du même genre, la bouche ouverte. Beaucoup s'y rendent, mais Jésus paraissait ne pas s'en occuper. Maintenant, au contraire, il suit la démarche de la petite femme. Son œil la regarde avec pitié et devient d'une grande douceur quand il la voit allonger une main et jeter dans la bouche de pierre de l'un de ces lions quelque chose. Et quand la pauvrette, en se retirant, passe près de Lui, il lui dit le premier: “Paix à toi, femme.” Celle-ci, stupéfaite, lève la tête interdite. “Paix à toi” répète Jésus. “Va, car le Très-Haut te bénit.” Cette pauvre femme reste bouche bée, puis murmure un salut et s'en va. “Elle est heureuse dans son malheur” dit Jésus en sortant de son silence. “Maintenant elle est heureuse car la bénédiction de Dieu l'accompagne. Écoutez, amis, et vous qui êtes autour de Moi. Voyez- vous cette femme? Elle n'a donné que deux piécettes, moins qu'il n'en faut pour payer le repas d'un passereau en cage, et pourtant elle a donné davantage que tous ceux qui, depuis l'ouverture du Temple à l'aurore, ont versé leur obole au Trésor du Temple. Écoutez. J'ai vu des riches en grand nombre mettre dans ces bouches des sommes capables de la rassasier pendant une année et de revêtir sa pauvreté qui n'est décente que parce qu'elle est propre. J'ai vu des riches qui, avec une satisfaction visible, mettaient des sommes avec lesquelles on aurait pu rassasier les pauvres de la Cité Sainte pendant un jour ou plus, et leur faire bénir le Seigneur. Mais, en vérité, je vous dis que personne n'a donné plus qu'elle. Son obole est charité, l'autre ne l'est pas. Elle est générosité, l'autre ne l'est pas. Elle est sacrifice, l'autre ne l'est pas. Aujourd'hui cette femme ne mangera pas car elle n'a plus rien. Il lui faudra d'abord travailler pour un salaire pour qu'elle puisse donner du pain à sa faim. Elle n'a pas de richesses en réserve; elle n'a pas de parents qui gagnent pour elle. Elle est seule. Dieu lui a enlevé parents, mari et enfants, lui a enlevé le peu de bien qu'ils lui avaient laissé, et plus que Dieu le lui ont enlevé les hommes; ces hommes qui maintenant, avec de grands gestes, vous les voyez?, continuent de jeter à l'intérieur leur superflu dont une grande partie est extorquée par l'usure aux pauvres mains de ceux qui sont faibles et qui ont faim. Eux disent qu'il n'y a pas de sang ni d'affection supérieurs au Temple et de cette façon enseignent à ne pas aimer le prochain. Moi, je vous dis qu'au-dessus du Temple, il y a l'amour. La Loi de Dieu est amour et Il n'aime pas qui n'a pas pitié de son prochain. L'argent superflu, l'argent soufflé par l'usure, par la rancœur, par la dureté, par l'hypocrisie, ne chante pas la louange de Dieu et n'attire pas sur le donateur la bénédiction céleste. Dieu le rejette. Il engraisse cette caisse, mais ce n'est pas de l'or pour l'encens: c'est de la boue qui vous submerge, ô ministres, qui ne servez pas Dieu mais votre intérêt; mais c'est un lacet qui vous étrangle, ô docteurs, qui enseignez une doctrine de votre invention; mais c'est un poison qui vous corrode ce reste d'âme que vous avez encore, ô pharisiens. Dieu ne veut pas ce qui reste. Ne soyez pas des Caïns. Dieu ne veut pas ce qui est le fruit de la dureté. Dieu ne veut pas ce qui élevant une voix plaintive dit: "Je devais rassasier un affamé, mais on m'a refusé pour étaler leurs fastes là-dedans. Je devais aider un vieux père, une mère chancelante, et on m'a refusé parce que cette aide n'aurait pas été connue du monde, et je dois résonner ma sonnerie pour que le monde voie le donateur". Non, rabbi qui enseignes que ce qui est reste doit être donné à Dieu et qu'il est permis de refuser au père et à la mère pour donner à Dieu. Le premier commandement c'est: "Aime Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ton intelligence, de toute ta force". Ce n'est donc pas le superflu, mais ce qui est notre sang qu'il faut Lui donner, en aimant souffrir pour Lui. Souffrir, non pas faire souffrir. Et s'il en coûte beaucoup de donner parce qu'il est désagréable de se dépouiller des richesses, et que le trésor est le cœur de l'homme, vicieux par nature, c'est justement parce qu'il en coûte qu'il faut donner. Par justice: car tout ce que l'on a, on l'a par la bonté de Dieu. Par amour: car c'est une preuve d'amour d'aimer le sacrifice pour donner de la joie à ceux qu'on aime. Souffrir pour offrir. Mais souffrir. Non pas faire souffrir, je le répète. Car le second commandement dit: "Aime ton prochain comme toi-même". Et la loi précise qu'après Dieu, les parents sont le prochain à qui l'on a l'obligation de donner honneur et aide. Je vous dis donc en vérité que cette pauvre femme a compris la loi mieux que les sages, et qu'elle est justifiée plus que tout autre et bénie, puisque dans sa pauvreté elle a tout donné à Dieu alors que vous, vous donnez le superflu et le donnez pour grandir dans l'estime des hommes. Je sais que vous me haïssez parce que je parle ainsi. Mais tant que cette bouche pourra parler, elle parlera de cette façon. Vous joignez votre haine pour Moi au mépris pour la pauvresse que je loue. Mais ne croyez pas faire de ces deux pierres un double piédestal pour votre orgueil. Ce sera la meule qui vous broiera. Allons. Laissons les vipères se mordre pour augmenter leur venin. Que celui qui est pur, bon, humble, contrit et qui veut connaître le vrai visage de Dieu, me suive.” Jésus dit: “Et toi, à qui rien ne reste puisque tu m'as tout donné, donne-moi ces deux dernières piécettes. Devant tant que tu m'as donné, elles sembleront, pour les étrangers, un rien. Mais pour toi qui n'as plus qu'elles, elles sont tout. Mets-les dans la main de ton Seigneur. Et ne pleure pas. Ou du moins: ne pleure pas seule. Pleure avec Moi qui suis le seul qui puisse te comprendre et qui te comprends sans la brume d'humanité qui est toujours un voile intéressé pour la vérité.” Les apôtres, les disciples et la foule le suivent en groupes compacts quand il revient à l'endroit de la première enceinte qui est presque à l'abri du mur d'enceinte du Temple, là où il y a un peu de fraîcheur car la journée est absolument étouffante. Comme le terrain est bouleversé par les sabots des animaux, semé de pierres que les marchands et les changeurs emploient pour fixer leurs enclos et leurs tentes, les rabbis d'Israël n'y viennent pas. Ils permettaient de faire un marché dans le Temple, mais ils éprouvaient du dégoût à porter les semelles de leurs sandales là où sont mal dissimulés les restes des quadrupèdes expulsés de là il y a peu de jours… Jésus n'en a pas de dégoût et il se réfugie là, dans un cercle nombreux d'auditeurs. Pourtant, avant de parler, il appelle près de Lui ses apôtres auxquels il dit: “Venez et écoutez bien. Hier vous vouliez savoir beaucoup des choses que je vais vous dire maintenant, et auxquelles hier je faisais de vagues allusions quand nous reposions dans le jardin de Joseph. Soyez donc bien attentifs, car ce sont de grandes leçons pour tous et surtout pour vous, mes ministres et mes continuateurs. Écoutez. Sur le siège de Moïse s'assirent au temps qu'il fallait les scribes et les pharisiens. Tristes heures celles-là pour la Patrie. Une fois terminé l'exil de Babylone, et une fois reconstruite la nation grâce à la magnanimité de Cyrus, ceux qui dirigeaient le peuple se rendirent compte de la nécessité de reconstruire aussi le culte et la connaissance de la Loi. Car malheur au peuple qui ne les a pas pour sa défense, guide et soutien, contre les plus puissants ennemis d'une nation que sont l'immoralité des citoyens, la révolte contre les chefs, la désunion entre les différentes classes et partis, les péchés contre Dieu et contre le prochain, l'irréligion, tous éléments de désagrégation pour eux-mêmes et cause des punitions célestes qu'ils provoquent! S'élevèrent donc les scribes, ou docteurs de la Loi, pour pouvoir enseigner le peuple qui, parlant la langue chaldéenne, héritage du dur exil, ne comprenait plus les Écritures écrites en pur hébreu. S'élevèrent pour aider, des prêtres, en nombre insuffisant pour s'acquitter du devoir d'enseigner les foules. Un laïcat docte et consacré pour honorer le Seigneur en portant sa connaissance chez les hommes et en amenant à Lui les hommes. Ce laïcat eut sa raison d'être et il fit aussi du bien. Car, rappelez-le-vous tous même les choses qui, à cause de la faiblesse humaine, dégénèrent ensuite, comme ce fut le cas pour celle-là qui s'est corrompue au cours des siècles, ont toujours quelque chose de bon et au début, du moins, une raison d'être, à cause de quoi le Très-Haut leur permet de s'élever et de durer, jusqu'au moment où la dégénérescence arrivant à son comble, le Très-Haut les disperse. Vint ensuite l'autre secte des pharisiens, de la transformation de celle des assidéens, qui surgit pour soutenir par la morale la plus rigide et l'obéissance la plus intransigeante à la Loi de Moïse et l'esprit d'indépendance de notre peuple, quand le parti helléniste s'étant formé sous la pression et les séductions commencées au temps d'Antiochus Epiphane et devenues bientôt des persécutions contre ceux qui ne cédaient pas aux pressions du roi rusé, qui plus que sur ses armes comptait sur la désagrégation de la foi dans les cœurs pour régner sur notre Patrie, tentait de nous rendre esclaves. Rappelez-vous également ceci: craignez plutôt les alliances faciles et les flatteries d'un étranger que ses légions. En effet, tant que vous serez fidèles aux lois de Dieu et de la Patrie, vous vaincrez même si vous êtes encerclés par des armées puissantes, mais quand vous serez corrompus par le poison subtil donné comme un miel enivrant par l'étranger qui a formé des desseins contre vous, Dieu vous abandonnera à cause de vos péchés, et vous serez vaincus et assujettis, sans que votre faux allié livre une bataille sanglante contre vous. Malheur à celui qui n'est pas sur le qui-vive comme une sentinelle vigilante et ne repousse pas l'embûche subtile d'un voisin astucieux et faux, ou d'un allié, ou d'un maître qui commence sa domination chez les particuliers, en affaiblissant leurs cœurs et en les corrompant par des usages et des coutumes qui ne sont pas nôtres, qui ne sont pas saints, et qui par conséquent nous rendent désagréables au Seigneur! Malheur! Rappelez-vous toutes les conséquences subies par la Patrie parce que certains de ses fils ont adopté les usages et les coutumes de l'étranger pour gagner ses bonnes grâces et jouir. C'est une bonne chose que la charité envers tous, même envers les peuples qui ne partagent pas notre foi, qui n'ont pas nos usages, qui nous ont nui au cours des siècles. Mais l'amour pour ces peuples, qui sont toujours notre prochain, ne doit jamais nous faire renier la Loi de Dieu et de la Patrie par le calcul de quelque profit soutiré ainsi aux voisins. Non. Les étrangers méprisent ceux qui sont serviles jusqu'à répudier les choses les plus saintes de la Patrie. Ce n'est pas en reniant son Père et sa Mère: Dieu et la Patrie, que l'on obtient le respect et la liberté. Il fut donc un bien qu'au bon moment se dressèrent aussi les pharisiens pour faire une digue contre le débordement fangeux des usages et des coutumes étrangers. Je le répète: toute chose qui surgit et qui dure a sa raison d'être. Et il faut la respecter pour ce qu'elle a fait, sinon pour ce qu'elle fait. Que si elle est coupable, désormais, il n'appartient pas aux hommes de l'insulter et encore moins de la frapper. Il y a quelqu'un qui sait le faire: Dieu et Celui qu'Il a envoyé et qui a le droit et le devoir d'ouvrir la bouche et d'ouvrir vos yeux pour que vous et eux connaissiez la pensée du Très-Haut et agissiez avec justice. Moi, et aucun autre. Moi, parce que je parle par ordre divin. Moi, parce que je puis parler n'ayant en Moi aucun des péchés qui vous scandalisent quand vous les voyez faits par des scribes et des pharisiens, mais que, si vous le pouvez, vous faites vous aussi.” Jésus, qui avait commencé doucement son discours, a élevé graduellement la voix et dans ces dernières paroles elle est puissante comme une sonnerie de trompettes. Hébreux et gentils sont appliqués et attentifs pour l'écouter. Si les premiers applaudissent Jésus quand il rappelle la Patrie et qu'il nomme ouvertement par leurs noms les étrangers qui les ont assujettis et fait souffrir, les seconds admirent la forme oratoire du discours et se félicitent d'assister à ce discours digne d'un grand orateur, disent-ils entre eux. Jésus abaisse de nouveau la voix quand il recommence à parler: “Cela, je vous l'ai dit pour vous rappeler la raison d'être des scribes et des pharisiens, comment et pourquoi ils se sont assis sur le siège de Moïse, comment et pourquoi ils parlent et que leurs paroles ne sont pas vaines. Faites donc ce qu'ils disent, mais n'imitez pas leurs actions. Car ils disent d'agir de telle manière, mais ensuite ne font pas ce qu'ils disent qu'il faut faire. En fait ils enseignent les lois d'humanité du Pentateuque, mais ensuite ils chargent les autres de fardeaux énormes, impossibles à porter, inhumains, alors que pour eux-mêmes ils ne lèvent même pas le petit doigt non pour porter ces fardeaux mais même pour les toucher. Leur règle de vie, c'est d'être vus et remarqués et applaudis pour leurs œuvres, qu'ils font de manière qu'on les voie, pour en être loués. Et ils contreviennent à la loi de l'amour car ils aiment à se définir séparés et méprisent ceux qui ne sont pas de leur secte et ils exigent de leurs disciples le titre de maîtres et un culte qu'eux-mêmes ne donnent pas à Dieu. Ils se croient des dieux pour la sagesse et la puissance; ils veulent être supérieurs au père et à la mère dans le cœur de leurs disciples; ils prétendent que leur doctrine surpasse celle de Dieu et exigent qu'on la pratique à la lettre même si elle altère la vraie Loi, inférieure à cette dernière plus que ne l'est cette montagne comparée à la hauteur du Grand Hermon qui domine toute la Palestine. Certains d'entre eux sont hérétiques en croyant, comme les païens, à la métempsycose et à la fatalité, en niant les uns ce que les premiers admettent et, de fait sinon effectivement, ce que Dieu même a indiqué comme la foi, quand Il s'est défini le Dieu unique auquel doit aller le culte et a dit que le père et la mère viennent immédiatement après Dieu, et comme tels ont le droit d'être obéis plus qu'un maître qui n'est pas divin. Si maintenant je vous dis: "Celui qui aime son père et sa mère plus que Moi, n'est pas apte au Royaume de Dieu", ce n'est pas pourtant pour vous inculquer l'indifférence pour les parents que vous devez respecter et aider et il n'est pas permis de leur enlever un secours en disant: "C'est l'argent du Temple", ou l'hospitalité en disant: "Ma charge me le défend", ou la vie en disant: "Je te tue parce que tu aimes le Maître", mais c'est pour que vous ayez pour vos parents l'amour qu'il faut, c'est-à-dire un amour patient et fort dans sa douceur, qui sait - sans arriver à la haine pour le parent qui pèche ou afflige, en ne vous suivant pas sur le chemin de la Vie, la mienne - qui sait choisir entre ma loi et l'égoïsme familial et la violence familiale. Aimez vos parents, obéissez-leur pour tout ce qui est saint. Mais soyez prêts à mourir, non à donner la mort mais à mourir, je dis, s'ils veulent vous amener à trahir la vocation que Dieu a mise en vous d'être les citoyens du Royaume de Dieu que je suis venu former. N'imitez pas les scribes et les pharisiens, divisés entre eux bien qu'ils affectent d'être unis. Vous, disciples du Christ, que vous soyez vraiment unis, une seule chose pour les autres, les chefs pleins de douceur à l'égard des sujets, les sujets pleins de douceur envers les chefs, une seule chose dans l'amour et le but de votre union: conquérir mon Royaume et être à ma droite dans l'éternel Jugement. Rappelez-vous qu'un royaume divisé n'est plus un royaume et ne peut subsister. Soyez donc unis entre vous dans l'amour pour Moi et pour ma doctrine. Que l'uniforme du chrétien, tel sera le nom de mes sujets, soit l'amour et l'union, l'égalité entre vous pour les vêtements, la communauté des biens, la fraternité des cœurs. Tous pour chacun, chacun pour tous. Que celui qui possède, donne humblement. Que celui qui n'a pas, accepte humblement et expose humblement ses besoins à ses frères, en les sachant tels; et que les frères écoutent affectueusement les besoins des frères, se sentant vraiment tels pour eux. Souvenez-vous que votre Maître a eu souvent faim, froid et mille autres besoins et privations, et les a exposés humblement aux hommes, Lui, Verbe de Dieu. Rappelez-vous que sera récompensé celui qui a pitié, quand il ne donnerait qu'une gorgée d'eau. Rappelez-vous qu'il vaut mieux donner que recevoir. Que dans ces trois souvenirs le pauvre trouve la force de demander sans se sentir humilié, en pensant que je l'ai fait avant lui, et de pardonner si on le repousse, en pensant que bien des fois on a refusé au Fils de l'homme la place et la nourriture que l'on donne au chien qui garde le troupeau. Et que le riche trouve la générosité de donner ses richesses, en pensant que le vil argent, l'odieux argent que Satan fait rechercher et qui cause les neufs dixièmes des ruines du monde, si on le donne par amour se change en une gemme immortelle et paradisiaque. Soyez vêtus de vos vertus. Qu'elles soient grandes, mais connues de Dieu seul. Ne faites pas comme les pharisiens qui portent les phylactères plus larges et les franges plus longues et qui aiment les premiers sièges dans les synagogues et les marques de respect sur les places et veulent que le peuple les appelle: "Rabbi". Vous n'avez qu'un seul Maître: le Christ. Vous, qui dans l'avenir serez les nouveaux docteurs, je parle à vous, mes apôtres et mes disciples, souvenez-vous que Moi seul suis votre Maître. Et je le serai encore quand je ne serai plus parmi vous. Parce que la Sagesse est la seule maîtresse d'enseignement. Ne vous faites donc pas appeler maîtres car vous êtes vous-mêmes des disciples. N'exigez pas le nom de père et ne le donnez à personne sur la Terre, parce qu'un seul est le Père de tous: votre Père qui est dans les Cieux. Que cette vérité vous donne la sagesse de vous sentir vraiment tous frères entre vous, aussi bien ceux qui dirigent que ceux qui sont dirigés, et aimez-vous par conséquent comme de bons frères. Et qu'aucun de ceux qui dirigent ne se fasse appeler guide, car il n'y a qu'un seul guide pour vous tous: le Christ. Que le plus grand d'entre vous soit votre serviteur. Ce n'est pas s'humilier que d'être le serviteur des serviteurs de Dieu, mais c'est m'imiter, Moi, qui ai été doux et humble, toujours prêt à avoir de l'amour pour mes frères en Adam et à les aider avec la puissance que j'ai en Moi comme Dieu. Et je n'ai pas humilié la divinité en servant les hommes. En effet le vrai roi c'est celui qui sait dominer pas tant les hommes que les passions de l'homme: et en tête de toutes le sot orgueil. Rappelez-vous: celui qui s'humilie sera exalté et celui qui s'exalte sera humilié. La Femme, dont le Seigneur a parlé dans le second livre de la Genèse, la Vierge dont il est question dans Isaïe, la Mère-Vierge de l'Emmanuel, a prophétisé cette vérité des temps nouveaux en chantant: "Le Seigneur a renversé les puissants de leur trône et Il a élevé les humbles". La Sagesse de Dieu parlait sur les lèvres de Celle qui était Mère de la Grâce et Trône de la Sagesse. Et je répète les paroles inspirées qui m'ont loué, uni au Père et à l'Esprit Saint, dans nos œuvres admirables quand, sans offense pour la Vierge, Moi, l'Homme, je me formais dans son sein sans cesser d'être Dieu. Que ce soit une règle pour ceux qui veulent enfanter le Christ dans leurs cœurs et arriver au Royaume du Christ. Il n'y aura pas de Jésus: le Sauveur; pas de Christ: le Seigneur; et il n'y aura pas de Royaume des Cieux pour ceux qui sont orgueilleux, fornicateurs, idolâtres, qui s'adorent eux-mêmes et leur propre volonté. Malheur donc, à vous, scribes et pharisiens hypocrites, qui croyez pouvoir fermer par vos sentences impraticables - et réellement si elles étaient confirmées par Dieu, ce serait des serrures inviolables pour la majorité des hommes - qui croyez pouvoir fermer le Royaume des Cieux à la face des hommes qui élèvent leur esprit vers lui pour trouver de la force dans leur pénible journée terrestre! Malheur à vous qui n'y entrez pas, qui ne voulez pas y entrer car vous n'accueillez pas la Loi du céleste Règne, et n'y laissez pas entrer les autres qui sont devant cette porte que vous, par votre intransigeance, renforcez par des fermetures que Dieu n'y a pas mises. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, qui dévorez le bien des veuves sous prétexte de faire de longues prières. À cause de cela vous subirez un jugement sévère! Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, qui allez par terre et par mer, en dépensant des biens qui ne vous appartiennent pas, pour faire un seul prosélyte et, quand vous l'avez fait, le rendez fils de l'enfer, deux fois pire que vous! Malheur à vous, guides aveugles, qui dites: "Si quelqu'un jure par le Temple, son serment n'est rien, mais s'il jure par l'or du Temple alors il reste lié par son serment". Sots et aveugles! Et qu'est-ce qui compte le plus: l'or, ou le Temple qui sanctifie l'or? Et qui dites: "Si quelqu'un jure par l'autel son serment ne vaut rien, mais s'il jure par l'offrande qui est sur l'autel, alors son serment est valide, et il reste lié par son serment". Aveugles! Qu'y a-t-il de plus grand: l'offrande, ou l'autel qui sanctifie l'offrande? Celui donc qui jure par l'autel jure par lui et par toutes les choses qui sont dessus, et celui qui jure par le Temple jure par lui et par Celui qui l'habite, et celui qui jure par le Ciel jure par le Trône de Dieu et par Celui qui y est assis. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, qui payez la dîme de la menthe et de la rue, de l'anis et du cumin, et ensuite négligez les préceptes les plus graves de la Loi: la justice, la miséricorde et la fidélité. Ce sont elles les vertus qu'il fallait avoir, sans laisser de côté les autres choses moins importantes! Guides aveugles qui filtrez les boissons de crainte de vous contaminer en avalant un moucheron qui s'est noyé, et ensuite avalez un chameau sans vous croire immondes pour cela. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, qui lavez l'extérieur de la coupe et du plat, mais qui êtes intérieurement remplis de rapines et d'immondices. Pharisien aveugle, lave d'abord l'intérieur de ta coupe et de ton plat, de façon que l'extérieur aussi devienne propre. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, qui volez dans les ténèbres comme des oiseaux de nuit pour vos œuvres de péché et négociez pendant la nuit avec les païens, les voleurs et les traîtres, et ensuite, le matin, après avoir effacé les signes de vos marchés occultes, montez au Temple, bien vêtus. Malheur à vous qui enseignez les lois de la charité et de la justice contenues dans le Lévitique, et qui êtes ensuite avides, voleurs, faux, calomniateurs, oppresseurs, injustes, vindicatifs, pleins de haine, et en arrivez à abattre celui qui vous ennuie, même s'il est de votre sang, et à répudier la vierge qui est devenue votre épouse, et à répudier les enfants que vous avez eus d'elle parce qu'ils sont infirmes, et à accuser d'adultère votre femme qui ne vous plaît plus, ou de maladie immonde, pour être débarrassés d'elle, vous, qui êtes impurs dans votre cœur libidineux même si vous ne paraissez pas tels aux yeux des gens qui ne connaissent pas vos actions. Vous êtes semblables à des sépulcres blanchis qui semblent beaux du dehors, mais qui à l'intérieur sont remplis d'os de morts et de pourriture. C'est la même chose pour vous. Oui, la même chose! Du dehors, vous semblez justes, mais à l'intérieur vous tes remplis d'hypocrisie et d'iniquité. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, qui élevez des tombeaux somptueux aux prophètes et embellissez les tombes des justes en disant: "Si nous avions vécu au temps de nos pères, nous n'aurions pas été complices de ceux qui ont versé le sang des prophètes et nous n'y aurions pas participé". Et ainsi vous témoignez contre vous que vous êtes les descendants de ceux qui ont tué vos prophètes. Et vous du reste, comblez la mesure de vos pères… O serpents, race de vipères, comment échapperez-vous à la condamnation de la Géhenne? Voilà que pour cela, Moi, Parole de Dieu, je vous dis: Moi, Dieu, je vous enverrai de nouveaux prophètes et sages et scribes. Et de ceux-ci vous en tuerez une partie, vous en crucifierez une partie, vous en flagellerez une partie dans vos tribunaux, dans vos synagogues, hors de vos murs, et en partie les poursuivrez de ville en ville, jusqu'à ce que retombe sur vous tout le sang des justes répandu sur la Terre, depuis le sang du juste Abel jusqu'à celui de Zacharie fils de Barachie, que vous avez tué entre l'atrium et l'autel parce que, par amour pour vous, il vous avait rappelé votre péché pour que vous vous en repentiez en revenant au Seigneur. C'est ainsi. Vous haïssez ceux qui veulent votre bien et vous rappellent par amour sur les sentiers de Dieu. En vérité je vous dis que tout cela est sur le point d'arriver, et le crime et ses conséquences. En vérité je vous dis que tout cela s'accomplira sur cette génération. Oh! Jérusalem! Jérusalem! Jérusalem, qui lapides ceux qui te sont envoyés et qui tues tes prophètes! Combien de fois j'ai voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et tu n'as pas voulu! Maintenant voilà, écoute, ô Jérusalem! Maintenant voilà, écoutez vous tous qui me haïssez et haïssez tout ce qui vient de Dieu. Maintenant voilà, écoutez vous qui m'aimez et qui serez entraînés dans le châtiment réservé à ceux qui persécutent les envoyés de Dieu. Et écoutez vous aussi qui n'êtes pas de ce peuple, mais qui m'écoutez quand même, vous qui écoutez pour savoir qui est Celui qui vous parle et qui prédit sans avoir besoin d'étudier le vol, le chant des oiseaux, ni les phénomènes célestes et les viscères des animaux sacrifiés, ni la flamme et la fumée des holocaustes, parce que tout ce qui est futur est présent pour Celui qui vous parle. "Cette maison qui est la vôtre vous sera laissée déserte. Moi je vous dis, dit le Seigneur, que vous ne me verrez plus jusqu'à ce que vous disiez vous aussi: 'Béni Celui qui vient au nom du Seigneur' ".” Jésus est visiblement las et échauffé, à la fois par la fatigue d'un discours prolongé et tonnant et par la chaleur étouffante de cette journée sans vent. Bloqué contre le mur par une multitude, fixé par des milliers de pupilles, sentant toute la haine qui de dessous les portiques de la Cour des Païens l'écoute, et tout l'amour ou au moins l'admiration qui l'entoure, sans souci du soleil qui tombe sur les échines et sur les visages rougis et en sueur, il apparaît vraiment épuisé. Il a besoin de réconfort et il le cherche en disant à ses apôtres et aux septante-deux qui, comme autant de coins, se sont ouverts lentement un passage dans la foule et qui maintenant sont au premier rang, barrière d'amour fidèle autour de Lui: “Sortons du Temple et allons au grand air parmi les arbres. J'ai besoin d'ombre, de silence et de fraîcheur. En vérité je vous dis que ce lieu semble déjà brûler du feu de la colère céleste.” Ils Lui fraient un passage non sans mal et peuvent ainsi sortir par la porte la plus proche où Jésus s'efforce, mais inutilement, d'en congédier un grand nombre. Ils veulent le suivre à tout prix. Les disciples pendant ce temps observent le cube du Temple qui étincelle au soleil qui est presque au midi, et Jean d'Éphèse fait observer au Maître la puissance de la construction: “Regarde quelles pierres et quelles constructions!” “Et pourtant d'elles, il ne restera pas pierre sur pierre” dit Jésus. “Non? Quand? Comment?” demandent plusieurs. Mais Jésus ne le dit pas. Il descend le Moriah et sort de la ville en passant par Ophel et par la porte d'Ephraïm ou du Fumier et en se réfugiant au cœur des jardins du roi d'abord, c'est-à-dire tant que ceux qui, sans être apôtres ni disciples, se sont obstinés à le suivre, et s'en vont lentement quand Manaën, qui a fait ouvrir le lourd portail, se présente imposant, pour dire à tous: “Allez. N'entrent ici que ceux que je veux.” Ombre, silence, parfums de fleurs, arômes de camphre et d'œillets, de cannelle, de lavande et de mille autres plantes odorantes, et bruissements de ruisseaux, certainement alimentés par les sources et citernes voisines, sous des galeries de feuillages, gazouillis d'oiseaux, font de cet endroit un lieu de repos paradisiaque. La ville semble éloignée de plusieurs milles avec ses rues étroites, assombries par les archivoltes ou ensoleillées jusqu'à en être éblouissantes, avec ses odeurs et ses puanteurs d'égouts qui ne sont pas toujours nettoyés, et des rues parcourues par trop de quadrupèdes pour être propres, surtout celles d'importance secondaire. Le gardien des jardins doit connaître très bien Jésus car il le salue à la fois avec respect et familiarité, et Jésus lui demande des nouvelles de ses enfants et de sa femme. L'homme voudrait recevoir Jésus dans sa maison, mais le Maître préfère la paix fraîche, reposante, du vaste jardin du roi, un vrai pare de délices. Et avant que les deux infatigables et très dévoués serviteurs de Lazare s'en aillent prendre le panier de nourriture, Jésus leur dit: “Dites à vos maîtresses de venir. Nous resterons ici quelques heures avec ma Mère et les disciples fidèles, et ce sera si doux…” “Tu es très fatigué, Maître! Ton visage le dit” observe Manaën. “Oui. Tellement que je n'ai pas eu la force d'aller plus loin.” “Mais je t'avais offert ces jardins plusieurs fois en ces jours. Tu sais si je suis content de pouvoir t'offrir paix et réconfort!” “Je le sais, Manaën.” “Et hier, tu as voulu aller dans ce triste lieu dont les approches sont si arides, si étrangement dépouillé dans sa végétation cette année! Si proche de cette triste porte!” “J'ai voulu faire plaisir à mes apôtres. Ce sont des enfants, au fond, de grands enfants. Vois-les là-bas comme ils se restaurent gaiement!… Tout de suite oublieux de ce qui se trame contre Moi au-delà de ces murs…” “Et oublieux que tu es si affligé… Mais il ne semble pas qu'il y ait beaucoup lieu de s'alarmer. L'endroit me semblait plus dangereux d'autres fois.” Jésus le regarde et se tait. Que de fois je vois Jésus regarder et se taire ainsi, en ces derniers jours! Puis Jésus se met à regarder les apôtres et les disciples. Ils ont enlevé leurs couvre-chefs, leurs manteaux et leurs sandales pour se rafraîchir le visage et les extrémités dans les frais ruisselets, imités par plusieurs des septante-deux disciples qui maintenant sont beaucoup plus nombreux, je crois, et qui, tous unis par la fraternité d'idéal, se jettent çà et là pour se reposer, un peu à part pour laisser Jésus se reposer tranquillement. Manaën aussi se retire pour le laisser en paix. Tous respectent le repos du Maître extrêmement fatigué. Il s'est réfugié sous une tonnelle de jasmins en fleurs qui fait office de cabane, isolée par un circuit d'eau qui court en bruissant par un petit canal où plongent herbes et fleurs. C'est un vrai refuge de paix auquel on accède par un petit pont large de deux palmes et long de quatre, avec une balustrade fleurie par toute une guirlande de corolles de jasmins. Les serviteurs reviennent avec plusieurs d'autres, car Marthe a voulu pourvoir aux besoins de tous les serviteurs du Seigneur, et ils disent que leurs maîtresses ne vont pas tarder de venir. Jésus fait appeler Pierre et lui dit: “Avec Jacques mon frère, bénis, offre et distribue comme Moi je le fais.” “Distribuer oui, mais bénir non, Seigneur. C'est à Toi qu'il revient d'offrir et de bénir, pas à Moi.” “Quand tu étais à la tête de tes compagnons, loin de Moi, ne le faisais-tu pas?” “Si. Mais alors… j'étais obligé de le faire. En ce moment tu es avec nous, et c'est Toi qui bénis. Cela me paraît meilleur quand c'est Toi qui offres pour nous et nous distribues…” et le fidèle Simon embrasse son Jésus, assis épuisé dans cette ombre, et il penche la tête sur ses épaules, heureux de pouvoir le serrer et l'embrasser ainsi… Jésus se lève et lui fait ce plaisir. Il va vers les disciples, offre la nourriture, la bénit, la partage, les regarde manger avec plaisir et leur dit: “Dormez ensuite, reposez-vous pendant que c'est l'heure, et pour que vous puissiez ensuite veiller et prier quand vous aurez besoin de le faire, et pour que la fatigue et l'épuisement n'accablent pas de sommeil vos yeux et votre esprit quand il sera nécessaire que vous soyez dispos et bien éveillés.” “Tu ne restes pas avec nous? Tu ne manges pas?” “Laissez-moi me reposer. C'est de cela seulement que j'ai besoin. Mangez, mangez!” Il caresse en passant ceux qu'il trouve sur son chemin, et revient à sa place… Douce, suave est la venue de la Mère près de son Fils. Marie s'avance avec assurance, car Manaën, qui a veillé près du portail étant moins las que les autres, lui indique l'endroit où se trouve Jésus. Les autres, et il y a toutes les disciples hébraïques et des romaines la seule Valéria, s'arrêtent quelque temps en silence pour ne pas réveiller les disciples qui dorment à l'ombre des feuillages des arbres, semblables à des brebis allongées dans l'herbe. C'est l'heure de sexte. Marie entre sous la tonnelle de jasmins sans faire crisser le petit pont de bois et le gravier du sol, et avec encore plus de précautions elle approche de son Fils qui, vaincu par la fatigue, s'est endormi la tête sur une table de pierre qu'il y a là-dessous. Son bras gauche Lui sert d'oreiller sous son visage caché par ses cheveux. Marie s'assied patiemment près de son Fils fatigué. Elle le contemple… tant… et elle a sur ses lèvres un sourire douloureux et affectueux alors que sans bruit des larmes tombent sur son sein. Mais si ses lèvres sont closes et muettes, son cœur prie avec toute la force qu'il possède, et la puissance de cette prière et de son souffle est trahie par ses mains jointes sur ses genoux, serrées, entrecroisées pour ne pas trembler et pourtant secouées d'un léger tremblement. Des mains qui ne se disjoignent que pour chasser une mouche importune qui veut se poser sur le Dormeur et pourrait l'éveiller. C'est la Mère qui veille son Fils, le dernier sommeil de son Fils qu'elle puisse veiller. Si le visage de la Mère, dans ce mercredi pascal, est différent de celui de la Mère au jour de la naissance du Seigneur, car la douleur le rend pâle et déprime ses traits, c'est la même pureté du regard affectueux, le même soin tremblant qu'elle avait quand, penchée sur la crèche de Bethléem, elle protégeait de son amour le premier sommeil inconfortable de son Enfant. Jésus fait un mouvement et Marie essuie rapidement ses yeux pour ne pas montrer de larmes à son Fils. Mais Jésus ne s'est pas éveillé, son visage a seulement changé de position, pour se tourner de l'autre côté et Marie, reprenant son immobilité, continue de le veiller. Mais quelque chose brise le cœur de Marie. C'est d'entendre son Jésus pleurer en dormant et dans un murmure confus, car il parle la bouche serrée contre son bras et son vêtement, il nomme le nom de Judas… Marie se lève, s'approche, se penche sur son fils. Elle suit ce murmure confus, les mains pressant son cœur. Le discours de Jésus, interrompu, mais pas au point qu'on ne puisse pas le suivre, fait comprendre qu'il rêve et rêve de nouveau le présent et le passé et puis l'avenir, jusqu'à ce qu'il se réveille en sursaut comme pour fuir quelque chose d'horrible. Mais il trouve la poitrine de sa Mère, les bras de sa Mère, le sourire de sa Mère, la douce voix de sa Mère, son baiser, ses caresses et son voile qui passe légèrement sur son visage pour essuyer ses larmes et sa sueur en disant: “Tu étais mal à l'aise et tu rêvais… Tu es en sueur et las, mon Fils.” Elle Lui peigne ses cheveux en désordre, Lui essuie le visage et le tient embrassé, appuyé sur son cœur, ne pouvant le prendre sur ses genoux comme quand il était petit. Jésus lui sourit en disant: “Tu es toujours la Mère. Celle qui console. Celle qui dédommage de tout. Ma Mère!” Il la fait asseoir près de Lui, lui abandonnant la main sur ses genoux, et Marie prend cette longue main, si distinguée et pourtant si robuste, d'artisan, dans ses petites mains, elle caresse les doigts et le dos, en lissant les veines qui s'étaient gonflées pendant qu'elle pendait durant le sommeil. Elle essaie de le distraire… “Nous sommes venues. Nous sommes toutes là, même Valéria. Les autres sont à l'Antonia. C'est Claudia qui les a voulu, "elle est profondément attristée" a dit son affranchie. Elle dit, je ne sais pour quelle raison, qu'elle présage beaucoup de larmes. Superstitions!… Seul Dieu connaît les choses…”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

1 commentaire:

  1. Pourquoi sont-ils sourds à tes paroles ? Leur orgueil les perdra ceux qui construisent un monde sans Dieu.

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