"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe Paul VI
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
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Dimanche 27 juin 2010, Treizième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,51-62.
Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem. Il envoya des messagers devant lui ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. Mais on refusa de le recevoir, parce qu'il se dirigeait vers Jérusalem. Devant ce refus, les disciples Jacques et Jean intervinrent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire ? » Mais Jésus se retourna et les interpella vivement. Et ils partirent pour un autre village. En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. » Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer la tête. » Il dit à un autre : « Suis-moi. » L'homme répondit : « Permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père. » Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le règne de Dieu. » Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d'abord faire mes adieux aux gens de ma maison. » Jésus lui répondit : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas fait pour le royaume de Dieu. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 8, Ch 36, p 312 - CD 8, piste 114 -
Tersa est tellement environnée d'oliveraies luxuriantes qu'il faut en être bien proche pour remarquer que la ville est là. Une enceinte de jardins potagers d'une fertilité merveilleuse fait pour les maisons un dernier abri contre le vent. Dans les jardins, la chicorée, les salades, les légumes, les jeunes plantes de cucurbitacées, les arbres fruitiers, les tonnelles, fondent et entrelacent leurs verts de nuances variées. Les fleurs apportent la promesse des fruits et les petits fruits promettent leurs délices. Les petites fleurs de la vigne et celles des oliviers plus précoces pleuvent, au passage d'un petit vent plutôt énergique, et saupoudrent le sol d'une neige blanche verte. De derrière un rideau de roseaux et de saules qui ont poussé près d'un canal desséché mais au fond encore humide, en entendant le bruit des pas de ceux qui arrivent, émergent les huit apôtres envoyés en avant précédemment. Ils sont visiblement inquiets et affligés et font signe de s'arrêter. Ils courent en avant. Quand ils sont assez proches pour qu'on puisse les entendre sans qu'ils aient besoin de crier, ils disent: “En allez-vous! En allez-vous! En arrière, dans la campagne. On ne peut entrer dans la ville. Pour un peu ils nous lapideraient. Écartez-vous, là, dans ce bosquet et nous allons parler…” Ils poussent en arrière dans le fond du canal desséché Jésus, les trois apôtres, le garçon, les femmes, impatients de s'éloigner sans être vus, et ils disent: “Qu'on ne nous voie pas ici. Partons! Partons!” Inutilement Jésus, Jude et les deux fils de Zébédée cherchent à savoir ce qui est arrivé. Inutilement ils disent: “Mais Judas de Simon? Mais Élise?” Les huit ne veulent rien entendre. Marchant dans le fouillis des tiges et des plantes aquatiques, les pieds lacérés par les joncs, frappés au visage par les saules et les roseaux, glissant sur la vase du fond, s'accrochant aux herbes, s'appuyant aux bords, se couvrant de boue, ils s'éloignent ainsi, poussés par derrière par les huit qui marchent avec la tête presque tournée pour voir si de Tersa il sort quelqu'un à leur poursuite. Mais sur la route il n'y a que le soleil qui commence le crépuscule, et un chien maigre qui erre. Finalement ils sont près d'un fourré de ronces qui sert de limite à une propriété. Derrière le fourré, un champ de lin dont le vent fait onduler les hautes tiges qui commencent à sortir leurs fleurs de couleur bleu ciel. “Là, là-dedans. En restant assis, personne ne nous verra, et à la tombée de la nuit nous partirons…” dit Pierre en essuyant sa sueur…” “Où?” demande Jude d'Alphée. “Nous avons les femmes.” “Nous irons n'importe où. Du reste les prés sont pleins de foin coupé, cela fera un lit. Pour les femmes, nous ferons des tentes avec nos manteaux et nous veillerons.” “Oui. Il suffit de ne pas être vus et de descendre à l'aube vers le Jourdain. Tu avais raison, Maître, de ne pas vouloir la route de Samarie. Pour nous qui sommes pauvres, il vaut mieux les voleurs que les samaritains!…” dit Barthélemy encore hors d'haleine. “Mais qu'est-il arrivé en somme? C'est Judas qui a fait quelque…” dit le Thaddée. Thomas l'interrompt: “Judas a reçu certainement des coups. J'en suis fâché pour Élise…” “Tu as vu Judas?” “Moi, non. Mais il est facile d'être prophètes. S'il s'est dit ton apôtre, certainement il a été frappé. Maître, ils ne veulent pas de Toi.” “Oui, ils se sont tous révoltés contre Toi.” “Ce sont de vrais samaritains.” Ils parlent tous ensemble. Jésus impose le silence à tous et il dit: “Qu'un seul parle. Toi, Simon le Zélote, qui es le plus calme.” “Seigneur, c'est vite dit. Nous sommes entrés dans la ville, et personne ne nous a dérangés tant qu'ils n'ont pas su qui nous sommes, tant qu'ils ont cru que nous étions des pèlerins de passage. Mais nous avons demandé - il fallait bien le faire - si un homme jeune, grand, brun, vêtu de rouge et avec un taleth à bandes rouges et blanches, accompagné d'une femme âgée, maigre, avec des cheveux plutôt blancs que noirs et un vêtement gris très foncé, étaient entrés dans la ville et s'ils avaient cherché le Maître galiléen et ses compagnons. Alors ils se sont fâchés tout de suite… Peut-être nous n'aurions pas dû parler de Toi. Nous nous sommes certainement trompés… Mais dans les autres endroits nous avions été accueillis si bien que… Je ne comprends pas ce qui est arrivé!… Ils semblaient des vipères ceux qui, il y a seulement trois jours, étaient respectueux avec Toi!…” Le Thaddée l'interrompt: “Travail de juifs…” “Je ne crois pas. Je ne le crois pas à cause des reproches qu'ils nous ont fait et de leurs menaces. Moi, je crois… Ou plutôt je suis sûr, nous sommes sûrs que la cause de la colère des samaritains c'est que Jésus a repoussé leur offre de protection. Ils criaient: "Partez! Partez! Vous et votre Maître! Il veut aller adorer sur le Moriah. Qu'il y aille, et qu'il meure, Lui et tous les siens. Il n'y a pas de place parmi nous pour ceux qui ne nous considèrent pas comme amis, mais seulement comme des serviteurs. Nous ne voulons pas d'autres ennuis si ce n'est pas compensé par le profit. Des pierres au lieu de pain pour le Galiléen, les chiens pour l'attaquer au lieu de maisons pour l'accueillir". Ainsi parlaient-ils et ils en disaient davantage. Et comme nous insistions pour savoir au moins ce qu'il en était de Judas, ils ont pris des pierres pour nous frapper et ils ont réellement lancés les chiens. Et ils criaient entre eux: "Mettons-nous près de toutes les entrées. Si Lui vient, nous nous vengerons". Nous avons fui. Une femme - il y a toujours quelqu'un de bon, même parmi les mauvais - nous a poussés dans son jardin et de là nous a conduits par un sentier entre les jardins jusqu'au canal qui était sans eau, car on avait irrigué avant le sabbat et elle nous a cachés là. Et puis elle nous a promis de nous donner des nouvelles de Judas. Mais elle n'est plus venue. Mais attendons-la ici, car elle a dit que si elle ne nous trouve pas dans le canal, elle viendra ici.” Il y a de nombreux commentaires. Certains continuent d'accuser les juifs. Certains font à Jésus un léger reproche, un reproche voilé sous les mots: “Tu as parlé trop clairement à Sichem et puis tu t'es éloigné. Pendant ces trois jours, ils ont décidé qu'il est inutile qu'ils s'illusionnent et qu'ils se fassent tort pour quelqu'un qui ne les satisfait pas… et ils te chassent…” Jésus répond: “Je ne me repens pas d'avoir dit la vérité et de faire mon devoir. Maintenant ils ne comprennent pas. D'ici peu, ils comprendront ma justice et me vénéreront plus que si je ne l'avais pas respectée, et qui est plus grande que l'amour que j'ai pour eux.” “Voilà! Voilà la femme sur la route. Elle ose se faire voir…” dit André. “Ne va-t-elle pas nous trahir, hein?” dit Barthélemy soupçonneux. “Elle est seule!” “Elle pourrait être suivie par des gens cachés dans le canal…” Mais la femme, qui avance avec un panier sur la tête, continue sa route et dépasse les champs de lin où attendent Jésus et les apôtres et puis elle prend un sentier et disparaît… pour réapparaître à l'improviste derrière ceux qui l'attendent et qui se retournent presque effrayés en entendant le froissement des herbes. La femme parle aux huit qu'elle connaît: “Voilà! Pardonnez-moi si je vous ai fait beaucoup attendre… Je ne voulais pas qu'on me suive. J'ai dit que j'allais chez ma mère… Je sais… Et j'ai apporté ici de quoi vous restaurer. Le Maître… Qui est-ce? Je veux le vénérer.” “Voici le Maître.” La femme, qui a déposé son panier, se prosterne en disant: “Pardonne la faute de mes concitoyens. S'il n'y avait pas eu des gens pour les exciter… Mais ils en ont influencé un grand nombre à propos de ton refus…” “Je n'ai pas de rancœur, femme. Lève-toi et parle. As-tu des nouvelles de mon apôtre et de la femme qui était avec lui?” “Oui. Chassés comme des chiens, ils sont en dehors de la ville, de l'autre côté, attendant qu'il fasse nuit. Ils voulaient revenir vers Enon pour te chercher. Ils voulaient venir ici, sachant que leurs compagnons y étaient. J'ai dit que non, qu'ils ne le fassent pas. Qu'ils restent tranquilles et que je vous conduirai vers eux et je le ferai dès le crépuscule. Par un heureux hasard, mon époux est absent et je suis libre de quitter la maison. Je vous conduirai chez une de mes sœurs, mariée sur les terres de la plaine. Vous dormirez là sans dire qui vous êtes, pas à cause de Mérod, mais à cause des hommes qui sont avec elle. Ce ne sont pas des samaritains: ils sont de la Décapole, établis ici. Mais il vaut mieux…” “Que Dieu te récompense. Les deux disciples ont-ils été blessés?” “L'homme un peu. La femme pas du tout. Et certainement le Très-Haut l'a protégée car elle, fièrement, a protégé son fils de sa personne quand les habitants ont pris des pierres. Oh! quelle femme courageuse! Elle criait: "C'est ainsi que vous frappez quelqu'un qui ne vous a pas offensés? Et vous ne me respectez pas, moi qui le défends et qui suis mère? N'avez-vous pas de mères, vous tous qui ne respectez pas quelqu'une qui a engendré? Êtes-vous nés d'une louve, ou bien vous êtes vous faits de boue et de fumier?" et elle regardait les agresseurs en tenant son manteau ouvert pour défendre l'homme et, pendant ce temps, elle reculait en le poussant hors de la ville… Et maintenant encore elle le réconforte en disant: "Que le très-Haut veuille, ô mon Judas, faire de ce sang répandu pour le Maître un baume pour ton cœur". Mais il est peu blessé. L'homme a peut-être plus de peur que de mal. Mais maintenant prenez et mangez. Pour les femmes il y a du lait qu'on vient de traire et du pain avec du fromage et des fruits. Je n'ai pas pu cuire de la viande, j'aurais trop tardé. Ici il y a du vin pour les hommes. Mangez, pendant que le soir descend puis, par des chemins sûrs, nous irons trouver les deux, et ensuite chez Mérod.” “Que Dieu te récompense encore” dit Jésus et il offre et distribue la nourriture, en mettant de côté deux parts pour ceux qui sont éloignés. “Non. Non. J'ai pensé à eux et leur ai porté sous mes vêtements des œufs et du pain, avec un peu de vin et d'huile pour les blessures. Mangez, pendant que je surveille la route…” Ils mangent, mais l'indignation dévore les hommes, et les femmes accablées sont nonchalantes. Toutes, sauf Marie de Magdala. Ce qui effraie et humilie les autres a toujours pour elle l'effet d'une liqueur qui excite les nerfs et son courage. Les yeux lancent des éclairs vers la ville hostile. Seule la présence de Jésus qui a déjà dit de ne pas avoir de rancœur, retient des paroles méprisantes. Ne pouvant parler ni agir, elle déverse sa colère sur le pain innocent qu'elle mord d'une manière tellement significative que le Zélote ne peut se retenir de lui dire en souriant: “Heureusement pour les gens de Tersa qu'ils ne peuvent tomber entre tes mains! Tu ressembles à un fauve enchaîné, Marie!” “J'en suis un. Tu as vu juste. Et aux yeux de Dieu j'ai plus de mérite de me retenir d'entrer là-bas, comme ils le méritent, que pour tout ce que j'ai fait jusqu'ici pour expier.” “Brave, Marie! Dieu t'a pardonné des fautes plus grandes que la leur.” “C'est vrai. Eux t'ont offensé, toi, mon Dieu, une fois, et suggestionnés par autrui. Et moi… de nombreuses fois… et par ma propre volonté… et je ne puis être intransigeante ni orgueilleuse…” Elle rebaisse les yeux sur son pain sur lequel tombent deux larmes. Marthe lui met la main sur les genoux en lui disant à voix basse: “Dieu t'a pardonnée. Ne te mortifie plus… Rappelle-toi ce que tu as eu: notre Lazare…” “Je ne me mortifie pas. C'est de la reconnaissance, c'est de l'émotion… Et la constatation que je n'ai pas encore cette miséricorde que j'ai si largement reçue… Pardonne-moi, Rabboni!” dit-elle en levant ses yeux splendides auxquels l'humilité a rendu leur douceur. “On ne refuse jamais le pardon à qui est humble de cœur, Marie.” Le soir descend, en teintant l'air d'une nuance délicate de violet. Les choses un peu éloignées se confondent. Les tiges de lin dont la grâce était si visible, se fondent à présent en une masse sombre. Les oiseaux se taisent dans les feuillages. La première étoile s'allume. La première cigale fait retentir son crissement dans l'air. C'est le soir. “Nous pouvons aller. Ici, dans les champs, on ne nous verra pas. Venez avec assurance. Je ne vous trahis pas. Je ne le fais pas pour en tirer profit. Je demande seulement au ciel la pitié, car de pitié, nous en avons tous besoin” dit la femme en soupirant. Ils se lèvent, ils la suivent. Ils passent au large de Tersa, au milieu des champs et des jardins déjà obscurs, mais pas assez loin pour ne pas voir les hommes autour des feux au point de départ des routes… “Ils nous guettent…” dit Mathieu. “Maudits!” siffle Philippe entre ses dents. Pierre ne parle pas, mais il agite ses bras vers le ciel dans un appel ou une protestation muette. Mais Jacques et Jean de Zébédée qui se sont parlé sans arrêt là-bas, un peu en avant des autres, reviennent sur leurs pas pour dire: “Maître, si Toi, à cause de la perfection de ton amour, tu ne veux pas recourir au châtiment, veux-tu que nous le fassions? Veux-tu que nous disions au feu du ciel de descendre et de consumer ces pécheurs? Tu nous as dit que nous pouvions tout ce que nous demandions avec foi et…” Jésus qui marchait un peu penché, comme s'il était fatigué, se redresse brusquement et les foudroie de deux regards qui étincellent à la lumière de la lune. Les deux reculent en silence, effrayés devant ce regard. Jésus, en les fixant toujours ainsi, leur dit: “Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes. Le Fils de l'homme n'est pas venu pour perdre les âmes mais pour les sauver. Vous ne vous rappelez pas ce que je vous ai dit? J'ai dit dans la parabole du bon grain et de l'ivraie: "Pour l'instant laissez le bon grain et l'ivraie croître ensemble, car à vouloir les séparer maintenant, vous risqueriez d'arracher le bon grain avec l'ivraie. Laissez-les donc jusqu'à la moisson. Au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs: ramassez maintenant l'ivraie et liez-la en bottes pour la brûler et rentrez le bon grain dans mon grenier".” Jésus a déjà modéré son indignation envers les deux qui, à cause d'une colère qu'avait suscitée leur amour pour lui, demandaient de punir ceux de Tersa et qui maintenant se tiennent tête basse devant Lui. Il les prend par le coude, l'un à droite, l'autre à gauche, et se remet en route en les conduisant ainsi et en parlant à tous qui s'étaient serrés autour de Lui quand il s'était arrêté. “En vérité, je vous dis que le temps de la moisson est proche, ma première moisson, et pour beaucoup, il n'y en aura pas une seconde. Mais - louons-en le Très-Haut -certains qui dans mon temps n'ont pas su devenir épi de bon grain, après la purification du sacrifice pascal renaîtront avec une âme nouvelle. Jusqu'à ce jour, je ne m'acharnerai contre personne… Après ce sera la justice…” “Après la Pâque?” demande Pierre. “Non. Après le temps. Je ne parle pas de ces hommes, de maintenant. Je regarde les siècles futurs. L'homme ne cesse de se renouveler comme les moissons dans les champs, et les récoltes se suivent. Et Moi, je laisserai ce qu'il faut pour que ceux qui viendront à l'avenir puissent se faire bon grain. S'ils ne le veulent pas, à la fin du monde, mes anges sépareront l'ivraie du bon grain. Alors ce sera le Jour éternel de Dieu seul. Pour l'instant, dans le monde, c'est le jour de Dieu et de Satan. Le Premier semant le Bien, le second jetant parmi les semences de Dieu son ivraie de damnation, ses scandales, ses iniquités, ses semences qui font naître l'iniquité et les scandales. Car toujours il y aura des gens pour exciter contre Dieu, comme ici, avec ceux-ci qui, en vérité, sont moins coupables que ceux qui les poussent au mal.” “Maître, chaque année on se purifie à la Pâque des Azymes, mais toujours on reste ce qu'on était. Est-ce que peut-être ce sera différent cette année?” demande Mathieu. “Très différent.” “Pourquoi? Explique-nous.” “Demain… Demain, ou quand nous serons en route, et que Judas de Simon sera avec nous, je vous le dirai.” “Oh! oui. Tu nous le diras et nous nous rendrons meilleurs… En attendant, pardonne-nous, Jésus” dit Jean. “Je vous ai bien appelé par votre vrai nom. Mais le tonnerre ne fait pas de mal. La foudre, oui, peut tuer. Pourtant souvent le tonnerre annonce la foudre. Ainsi en arrive-t-il à celui qui n'enlève pas de son esprit tout désordre contre l'amour. Aujourd'hui il demande de pouvoir punir. Demain il punit sans demander. Après -demain il punit même sans raison. Il est facile de descendre… Aussi je vous dis de vous dépouiller de toute dureté de cœur envers votre prochain. Faites comme je fais, et vous serez sûrs de ne pas vous tromper. M'avez-vous peut-être jamais vu me venger de quelqu'un qui m'afflige?” “Non, Maître. Tu…” “Maître! Maître! Nous sommes ici, Élise et moi. Oh! Maître, quel souci pour Toi! Et quelle peur de mourir…” dit Judas de Kériot en débouchant de derrière des rangs de vigne et en courant vers Jésus. Une bande lui entoure le front. Élise, plus calme, le suit. “Tu as souffert? Tu as craint de mourir? La vie t'est-elle tellement chère?” demande Jésus en se dégageant de Judas qui l'embrasse et pleure. “Pas la vie. Je craignais Dieu. Mourir sans ton pardon… Je ne cesse pas de t'offenser. J'offense tout le monde. Même elle… Et elle m'a répondu en me servant de mère. Je me suis senti coupable et j'ai craint la mort…” “Oh! crainte salutaire, si elle peut te rendre saint! Mais moi, je te pardonne, toujours, tu le sais. Il suffit que tu aies la volonté de te repentir. Et toi, Élise, as-tu pardonné?” “C'est un grand enfant déchaîné. Je sais être indulgente.” “Tu as été courageuse, Élise. Je le sais.” “Si elle n'avait pas été là! Je ne sais pas si je t'aurais revu, Maître!” “Tu vois donc que ce n'est pas par haine, mais par amour qu'elle était restée près de toi… N'as-tu pas été blessée, Élise?” “Non, Maître. Les pierres tombaient tout autour de moi sans me blesser, mais mon cœur a été très angoissé en pensant à Toi…” “Tout est fini désormais. Suivons la femme qui veut nous conduire dans une maison sûre.” Ils se remettent en route en prenant un petit chemin éclairé par la lune… qui s'en va vers l'orient. Jésus a pris l'Iscariote par le bras et il est en avant avec lui. Il lui parle doucement. Il essaie de travailler son cœur secoué par la peur passée du jugement de Dieu: “Tu vois, Judas, comme il est facile de mourir. La mort est toujours aux aguets autour de nous. Tu vois comme ce qui nous paraît une chose négligeable quand nous sommes pleins de vie devient une chose grande, effroyablement grande, quand la mort nous effleure. Mais pourquoi vouloir avoir ces peurs, se les créer pour les trouver en face de soi au moment de mourir, alors qu'avec une vie sainte, on peut ignorer l'épouvante du proche jugement de Dieu? Ne te semble-t-il pas qu'il vaut la peine de vivre en juste pour avoir une mort tranquille? Judas, mon ami, la divine, paternelle miséricorde a permis cet événement pour qu'il fût un appel à ton cœur. Il est encore temps pour. toi, Judas… Pourquoi ne veux-tu pas donner à ton Maître qui va mourir la grande, la très grande joie de te savoir revenu au Bien?” “Mais peux-tu encore me pardonner, Jésus?” “Et te parlerais-je ainsi, si je ne le pouvais pas? Comme tu me connais peu encore! Moi, je te connais. Je sais que tu es comme quelqu'un qui est saisi par une pieuvre géante. Mais si tu voulais, tu pourrais encore te libérer. Oh! tu souffrirais, certainement. T'arracher à ces chaînes qui te mordent et t'empoisonnent serait douloureux. Mais après quelle joie, Judas! Tu crains de ne pas avoir la force de réagir contre ceux qui te suggestionnent? Moi, je puis t'absoudre à l'avance du péché de transgression du rite pascal… Tu es un malade. Pour les malades, la Pâque n'est pas obligatoire. Personne n'est plus malade que toi. Tu es comme un lépreux. Les lépreux ne montent pas à Jérusalem, tant qu'ils sont tels. Crois, Judas, que de comparaître devant le Seigneur avec un esprit immonde tel que le tien, ce n'est pas l'honorer, mais l'offenser. Il faut d'abord…” “Pourquoi, alors, ne me purifies-tu pas et ne me guéris-tu pas?” demande Judas, déjà dur, récalcitrant. “Je ne te guéris pas! Quand quelqu'un est malade, il cherche à se guérir par lui-même, à moins que ce ne soit un tout petit ou un sot qui ne sait pas vouloir…” “Traite-moi comme de telles personnes. Traite-moi en sot, et pourvois Toi-même, à mon propre insu.” “Ce ne serait pas juste, parce que tu peux vouloir. Tu sais ce qui est bien et ce qui est mal pour toi. Et il ne servirait à rien que je te guérisse sans ta volonté de rester guéri.” “Donne-la-moi aussi.” “Te la donner? T'imposer alors une volonté bonne? Et ton libre arbitre? Que deviendrait-il alors? Que serait ton moi d'homme, de créature libre? Succube?” “Comme je suis succube de Satan, je pourrais l'être de Dieu!” “Comme tu me blesses, Judas! Comme tu transperces mon cœur! Mais pour ce que tu me fais, je te pardonne… Succube de Satan, as-tu dit. Moi, je ne disais pas cette chose redoutable…” “Mais tu la pensais parce qu'elle est vraie et que tu la connais, s'il est vrai que tu lis dans les cœurs des hommes. S'il en est ainsi, tu sais que je ne suis plus libre de moi… Il m'a pris et…” “Non. Il s'est approché de toi, en te tentant, en t'essayant, et tu l'as accueilli. Il n'y a pas de possession s'il n'y a pas au début une adhésion à quelque tentation satanique. Le serpent insinue sa tête entre les barreaux serrés mis pour défendre les cœurs, mais il n'entrerait pas si l'homme ne lui élargissait pas un passage pour admirer son aspect séducteur, pour l'écouter, pour le suivre… Alors seulement l'homme devient succube, possédé, mais parce qu'il le veut. Dieu aussi flèche des cieux les lumières très douces de son paternel amour, et ses lumières pénètrent en nous. Ou plutôt: Dieu, à qui tout est possible, descend dans le cœur des hommes. C'est son droit. Pourquoi alors l'homme qui sait qu'il devient esclave, succube de l'Horrible, ne sait-il pas se rendre serviteur de Dieu, ou plutôt fils de Dieu, et pourquoi chasse-t-il son Père très Saint? Tu ne me réponds pas? Tu ne me dis pas pourquoi tu as préféré Satan à Dieu, pourquoi tu as voulu Satan? Mais il serait encore temps pour te sauver! Tu sais que je vais à la mort. Personne ne le sait comme toi… Je ne refuse pas de mourir… Je vais. Je vais à la mort, parce que ma mort sera la Vie pour tant d'hommes. Pourquoi ne veux-tu pas être de ceux-ci? Est-ce que ce sera pour toi seulement, mon ami, mon pauvre ami malade, que ma mort sera inutile?” “Elle sera inutile pour tant de gens, ne te fais pas d'illusions. Tu ferais mieux de fuir et de vivre loin d'ici, de jouir de la vie, d'enseigner ta doctrine, car elle est bonne, mais ne pas te sacrifier.” “Enseigner ma doctrine! Mais qu'est-ce que j'enseignerais désormais de vrai, si je faisais le contraire de ce que j'enseigne? Quel Maître serais-je si je prêchais l'obéissance à la volonté de Dieu et ne la faisais pas? L'amour des hommes, et qu'ensuite je ne les aimais pas? Le renoncement à la chair et au monde et qu'ensuite j'aimais ma chair et les honneurs du monde, le refus de donner le scandale et qu'ensuite je scandalisais non seulement les hommes, mais les anges? C'est Satan qui parle par toi en ce moment, comme il a parlé à Ephraïm, comme tant de fois il a parlé et agi, par ton intermédiaire, pour me troubler. Je les reconnais toutes ces actions de Satan, accomplies grâce à toi, et je ne t'ai pas haï, je n'ai pas éprouvé de lassitude de toi, mais seulement de la peine, une peine infinie. Comme une mère qui suit les progrès d'un mal qui amène son fils à la mort, j'ai observé la progression du mal en toi. Comme un père qui ne regrette rien pourvu qu'il trouve des remèdes pour son fils malade, Moi je n'ai rien épargné pour te sauver, j'ai surmonté les répugnances, les indignations, les amertumes, les découragements… Comme un père et une mère désolés, désillusionnés de toute puissance terrestre, se tournent vers le Ciel pour obtenir la vie d'un fils, ainsi j'ai gémi et je gémis pour implorer un miracle qui te sauve, te sauve, te sauve sur le bord de l'abîme qui déjà s'ouvre sous tes pieds. Judas, regarde-moi! Sous peu mon Sang sera répandu pour les péchés des hommes. Il ne m'en restera pas une goutte. Le boiront la terre, les pierres, les herbes, les vêtements de mes persécuteurs et les miens… le bois, le fer, les cordes, les épines du nabacà… et le boiront les esprits qui attendent le salut… Est-ce que toi seul tu ne veux pas le boire? Moi, pour toi seul, je donnerais tout le Sang que j'ai. Tu es mon ami. Comme on meurt volontiers pour l'ami! Pour le sauver! On dit: "Je meurs, mais je continuerai de vivre dans l'ami auquel j'ai donné la vie". Comme une mère, comme un père qui continuent de vivre dans leur descendance même après qu'ils se sont éteints. Judas, Moi, je t'en supplie! Je ne demande rien d'autre en cette veille de ma mort. Au condamné, les juges eux-mêmes, même les ennemis accordent une ultime grâce, exaucent le dernier désir. Moi, je te demande de ne pas te damner. Je ne le demande pas tant au Ciel qu'à toi, à ta volonté… Pense à ta mère, Judas. Que sera ta mère, ensuite? Que sera le nom de ta famille? Je fais appel à ton orgueil, il est plus fier que jamais, pour te défendre contre ton déshonneur. Ne te déshonore pas, Judas. Réfléchis. Les années passeront et les siècles, les royaumes et les empires tomberont, les étoiles perdront leur éclat, la configuration de la Terre changera, et tu seras toujours Judas, comme Caïn est toujours Caïn, si tu persistes dans ton péché. Les siècles auront une fin et il restera seulement le Paradis et l'Enfer. Dans le Paradis et dans l'Enfer, pour les hommes ressuscités et accueillis âmes et corps, pour l'éternité, là où il est juste qu'ils soient, tu seras toujours Judas, le maudit, le plus grand coupable, si tu ne te repens pas. Je descendrai pour libérer les esprits des Limbes, je les tirerai en foules du Purgatoire, et toi… je ne pourrai t'attirer où je suis… Judas, je vais mourir, j'y vais heureux, car elle est venue l'heure que j'attendais depuis des millénaires: l'heure de réunir les hommes à leur Père. Il y en a beaucoup que je ne réunirai pas. Mais le nombre des sauvés que je contemplerai en mourant me consolera du déchirement de mourir inutilement pour un si grand nombre. Mais, c'est Moi qui te le dis, il sera terrible de te voir parmi ces derniers, toi, mon apôtre, mon ami. Ne me donne pas cette inhumaine douleur!… Je veux te sauver, Judas. Te sauver. Regarde. Nous descendons au fleuve. Demain, à l'aube, quand tous dorment encore, nous le passerons, nous deux, et tu iras à Bozra, à Arbela, à Aëra, où tu veux. Tu connais les maisons des disciples. À Bozra, cherche Joachim et Marie, la lépreuse que j'ai guérie. Je te donnerai un écrit pour eux. Je dirai que pour ta santé, il te faut un repos tranquille dans un air différent. Et c'est la vérité, malheureusement, puisque tu as l'esprit malade et l'air de Jérusalem te serait mortel. Mais eux croiront qu'il s'agit de ton corps. Tu resteras là jusqu'à ce que je vienne t'en tirer. À tes compagnons, Moi, j'y penserai… Mais ne viens pas à Jérusalem. Tu vois? Je n'ai pas voulu des femmes, sauf des plus courageuses parmi elles, et celles qui par leur droit de mère doivent être près de leurs enfants.” “La mienne aussi?” “Non. Marie ne sera pas à Jérusalem…” “C'est la mère d'un apôtre, elle aussi, et elle t'a toujours honoré.” “Oui, elle aurait le droit comme les autres d'être près de Moi, elle qui m'aime avec une parfaite justice. Mais c'est justement pour cela qu'elle n'y sera pas. Parce que je lui ai dit de ne pas y être, et elle sait obéir.” “Pourquoi ne doit-elle pas y être? Qu'a-t-elle de différent de la mère de tes frères et de celle des fils de Zébédée?” “Toi. Et tu sais pourquoi je te le dis. Mais si tu m'écoutes, si tu vas à Bozra, j'enverrai prévenir ta mère et je la ferai accompagner pour qu'elle, qui est si bonne, t'aide à guérir. Crois-le: nous seuls t'aimons ainsi, sans mesure. Ils sont trois qui t'aiment dans le Ciel: le Père, le Fils, l'Esprit Saint, qui t'ont contemplé et qui attendent ta décision pour faire de toi la gemme de la Rédemption, la proie la plus grande arrachée à l'Abîme; et ils sont trois sur la Terre: ta mère, ma Mère et Moi. Rends-nous heureux, Judas! Nous du Ciel, nous de la Terre, ceux qui t'aiment d'un amour véritable.” “Tu le dis: il n'y en a que trois qui m'aiment; les autres… non.” “Pas comme nous, mais ils t'aiment tant. Élise t'a défendu. Les autres étaient inquiets pour toi. Quand tu es éloigné, tous te portent dans leur cœur et ont ton nom sur leurs lèvres. Tu ne connais pas tout l'amour qui t'entoure. Celui qui t'opprime te le cache. Mais crois à ma parole.” “Je te crois et je chercherai à te satisfaire. Mais je veux agir de moi-même. C'est de moi-même que j'ai erré, c'est de moi-même que je dois guérir du mal.” “Il n'y a que Dieu qui puisse agir de Lui-même. Cette pensée est de l'orgueil. Dans l'orgueil se trouve encore Satan. Sois humble, Judas. Prends cette main qui t'offre son amitié. Réfugie-toi sur ce cœur qui s'ouvre pour te protéger. Ici, avec Moi, Satan ne pourrait te faire du mal.” “J'ai essayé d'être avec Toi… Je suis descendu toujours plus… C'est inutile!” “Ne dis pas cela! Ne dis pas cela! Repousse le découragement. Dieu peut tout. Serre-toi à Dieu. Judas! Judas!” “Tais-toi! Que les autres n'entendent pas…” “Tu te préoccupes des autres et non de ton esprit? Malheureux Judas!…” Jésus ne parle plus, mais il continue de rester à côté de l'apôtre jusqu'à ce que la femme, qui était en avant de quelques mètres, entre dans une maison qui émerge d'un bois d'oliviers. Alors Jésus dit à son disciple: “Je ne dormirai pas cette nuit. Je prierai pour toi, et je t'attendrai… Que -Dieu parle à ton cœur. Et toi, écoute-le… Je resterai ici où je suis maintenant pour prier, jusqu'à l'aube… Rappelle-le-toi.” Judas ne Lui répond pas. Les autres sont arrivés et aussi les femmes, et tous restent ensemble en attendant le retour de la samaritaine. Elle ne tarde guère à revenir. Elle a avec elle une autre femme qui lui ressemble et qui les salue en disant: “Je n'ai pas beaucoup de pièces car j'ai déjà les moissonneurs qui pour le moment travaillent aux oliviers. Mais j'ai un grand grenier avec beaucoup de paille. Pour les femmes, j'ai de la place. Venez.” “Allez! Moi je reste ici à prier. La paix à vous tous” dit Jésus. Et pendant que les autres s'en vont, il retient sa Mère pour lui dire: “Je reste à prier pour Judas, ma Mère. Aide-moi, toi aussi…” “Je t'aiderai, mon Fils. Peut-être renaît-il en lui la volonté?” “Non, Maman. Mais nous devons faire comme si… Le Ciel peut tout, Maman!” “Oui. Et moi, je puis encore avoir des illusions. Pas Toi, mon Fils. Tu sais, mon Saint Fils! Mais moi, je t'imiterai toujours. Va et sois tranquille, mon amour! Même quand tu ne pourras plus lui parler parce qu'il te fuira, j'essaierai de te l'amener. Que seulement le Père très Saint écoute ma souffrance… Me laisses-tu prier avec Toi, Jésus? Nous prierons ensemble et ce sera autant d'heures pour te posséder pour moi seule…” “Reste, Maman. Je t'attends ici.” Marie s'en va rapidement et revient de même. Ils s'assoient sur leurs sacs, aux pieds des oliviers. Dans le grand silence, on entend le bruissement du fleuve peu éloigné, et le chant des cigales semble puissant dans le grand silence de la nuit. Puis, c'est le chant des rossignols. Une chouette rit et un petit duc pleure. Les étoiles se déplacent lentement dans le firmament où elles sont reines, maintenant que la lune qui est couchée ne les offusque plus. Puis un coq rompt l'air tranquille de son cri vibrant. Beaucoup plus loin, à peine perceptible, un autre coq lui répond. Puis de nouveau le silence rompu par un arpège de gouttes qui tombent des tuiles d'une maison toute proche sur le pavé qui l'entoure. Et puis un nouveau bruissement dans les feuillages comme s'ils secouaient l'humidité de la nuit et un cri isolé d'un oiseau qui se réveille, et en même temps un changement, dans le ciel, un retour de la lumière. C'est l'aube. Et Judas n'est pas venu… Jésus regarde sa Mère, blanche comme un lys contre l'olivier sombre, et il lui dit: “Nous avons prié, Mère. Notre prière, Dieu s'en servira…” “Oui, mon Fils. Tu es pâle comme la mort. Vraiment toute ta vitalité s'est exhalée pendant cette nuit, pour presser sur les portes des Cieux et sur les décrets de Dieu!” “Toi aussi, tu es pâle, Mère. Grande est ta fatigue.” “Grande est ma douleur, à cause de ta douleur.” La porte de la maison s'ouvre avec précaution… Jésus tressaille. Mais ce n'est que la femme qui les a conduits, qui sort sans faire de bruit. Jésus soupire: “J'ai espéré que j'avais pu me tromper!” La femme s'avance avec son panier vide. Elle voit Jésus. Elle le salue et allait continuer, mais Lui l'appelle et lui dit: “Que le Seigneur te récompense pour tout. Je voudrais pourtant, mais je n'ai rien avec Moi.” “Je ne voudrais rien, Rabbi. Aucune compensation. Mais si je ne veux pas d'argent, il y a une chose que je voudrais pourtant. Et celle-là, tu peux me la donner!” “Quoi, femme?” “Que change le cœur de mon époux. Et cela tu peux le faire parce que tu es vraiment le Saint de Dieu.” “Va en paix. Il te sera fait comme tu le demandes. Adieu.” La femme s'en va rapidement vers sa maison qui doit être bien triste. Marie commente: “Une autre malheureuse. C'est pour cela qu'elle est bonne!…” Se montre depuis le grenier la tête ébouriffée de Pierre, et derrière elle le visage lumineux de Jean, et puis le profil sévère du Thaddée et le visage brunâtre du Zélote et le visage maigre du jeune Benjamin… Ils sont tous réveillés. Voici que de la maison sort, la première de toutes, Marie de Magdala et derrière Nique, et puis les autres. Toutes sont réunies et la femme qui leur a donné l'hospitalité apporte une seille de lait encore écumeux. Alors apparaît l'Iscariote. Il n'a plus sa bande mais le bleu du coup qu'il a reçu lui colore la moitié du front et l'œil est encore plus sombre dans le cercle violâtre. Jésus le regarde. Judas regarde Jésus, et puis tourne la tête ailleurs. Jésus lui dit: “Achète à la femme ce qu'elle peut nous fournir. Nous allons en avant. Rejoins-nous.” Et réellement Jésus s'éloigne après avoir salué la femme. Tous le suivent.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

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